Arrivé à l’âge de 22 ans à Ancenis, où il a connu la Division 2, le natif de Mbour au Sénégal s’est rapidement fait un nom et surtout un surnom. L’ex-entraîneur charismatique des Voltigeurs, club qu’il a rejoint il y a 33 ans, vient de passer le flambeau, pour de bon cette fois, afin de mieux se consacrer à son poste de manager général. Portrait d’un sage qui place l’humain, l’éducation et le mental au coeur du jeu.

Par Anthony BOYER, à Châteaubriant / mail : aboyer@13heuresfoot.fr / Photos Philippe LE BRECH, 13HF  (sauf mentions)

Châteaubriant. Son château médiéval du XIe siècle. Son équipe de football qui déjoue les pronostics en National 1 (ex-N2) depuis 6 ans. Et Pape Daouda Leye ! Papy comme tout le monde l’appelle ici. « Mes parents m’ont appelé Pape Daouda pour faire honneur à mon grand-père, qui s’appelait Daouda. Quand je suis arrivé en France en provenance du Sénégal, le coach d’Ancenis, Miklos Béres, a transformé « Pape » en « Papy » ! Depuis tout le monde m’appelle comme ça. Bon, maintenant que je suis vieux (il a 63 ans !), je suis un vrai papy même si je n’ai pas encore de petits enfants (rires) ! »

33 ans de vie de « Château » !

Dans cette ville de 12 000 âmes, située au nord du département de Loire-Atlantique, au milieu d’un triangle formé de Rennes (55 km), Nantes (70 km) et Angers (70 km), « Papy » est sans doute le Castelbriantais le plus connu. Peut-être encore plus que le maire, Alain Hunault, à la tête de la ville depuis 2001.

Aujourd’hui, le natif de Mbour, à 80km de Dakar, affiche 33 ans de vie à « Château » – le diminutif de Châteaubriant -, où il est arrivé comme joueur en 1993, à l’âge de 30 ans, au sortir de son inoubliable épopée au RC Ancenis, le voisin (50 km). Cela fait un moment qu’il pense à sa reconversion. Entraîneur, agent, médiateur, serviteur, conciliateur, mentaliste, père, grand frère, sage ? Papy sera tout cela à la fois, même s’il n’a pas que très peu utilisé son diplôme d’agent sportif agréé FFF : « Je l’ai passé parce que je voyais bien les dérives, les problèmes qu’il y avait, avec des joueurs mal préparés, mal entourés, dont certains étaient à la rue, sans papiers, je voulais les aider. »

« Je suis un Mbourois ! »

Papy a 22 ans, à l’été 1986, lorsqu’il arrive à Paris, pour étudier. « Mon père était professeur d’histoire-géographie à Mbour et aussi président du club de foot, le Stade Mbour, ma mère institutrice, mon oncle député maire… J’ai grandi à Mbour et après mon brevet au collège, il a fallu que j’aille au lycée à Dakar. Je suis de la « petite côte » comme on dit là-bas. Mais je suis bien plus qu’un Sénégalais, je suis un Mbourois ! C’est ma ville, ma mère y vit encore. »

Ses parents ne veulent pas entendre parler de foot. Pour eux, seules les études comptent. Et ce sera en France. « Ma tante et mon oncle, Moussa Sagna Fall, champion d’Afrique de saut en hauteur, recordman d’Afrique (2m26 en juillet 1982 au meeting de Paris), habitaient Montreuil. Moussa était à l’Insep et mes premiers pas de footballeur, je les ai fait là-bas. Je l’accompagnais aux entraînements, je baignais dans le monde du sport même si je n’ai jamais rien fait d’autre que du foot ! Ce que je voulais, c’était faire des études de droit, et finalement, ce sont mes enfants qui les ont faites ! »

Recruté par un certain Jean-Claude…

Au Sénégal, Pape Daouda ne joue pas en championnat. Tout juste dispute-t-il des tournois inter-quartiers pendant les grandes vacances. « Je me suis vraiment mis au foot en arrivant en France, grâce à une personne, Jean-Claude (il ne se souvient plus de son nom de famille), que j’ai rencontrée Porte de Clignancourt, alors que je faisais un petit match comme ça… Il aidait les jeunes africains et m’a demandé si je voulais jouer en club. Il m’a emmené faire un essai avec le RC Ancenis, le club était en Division 4. Tout est parti de là ! Et c’est comme ça que je suis devenu footballeur ! »

À l’essai contre… Châteaubriant !

Photo Philippe Le Brech

Évidemment, Papy doit se justifier auprès de sa famille, de son papa surtout, qui attend de son fils qu’il poursuive ses études : « Il était très impactant. Quand le recruteur m’a trouvé cet essai, il a fallu que je le dise à mon père. L’essai s’était bien passé, en plus, ce qui est marrant, c’est que c’était à Châteaubriant ! Avec le président Michel Jestin, on a convenu que je passe des diplômes et qu’à chaque fois que j’en obtiendrais, on les enverrait à mon père. C’est comme ça que j’ai pu en passer, pour lui prouver que je faisais quelque chose, et pas que du foot. Après, il n’était pas idiot, il savait bien que je commençais à percer, que l’on commençait à parler un peu de moi dans les journaux locaux. Je préparais aussi mon avenir, et ça, il le voyait. « 

Michel Jestin : « Il m’a demandé un tapis ! »

« Je me souviens bien de son arrivée, raconte Michel Jestin, président du RC Ancenis de 1985 à 1992, puis président du Stade Brestois et de Vannes; il m’a dit « Président, mettez-moi à l’essai », et ensuite, la première chose qu’il m’a demandé, c’est un tapis, pour qu’il puisse faire sa prière ».

À Ancenis, celui qui est devenu « Papy » évolue au poste de libéro. « Quand j’étais petit, j’étais attaquant (rires). C’est mon instituteur, à l’école primaire, quand on faisait des matchs inter-écoles le mercredi après-midi, qui m’a fait jouer derrière un jour. En fait, je venais de marquer, j’étais sorti, puis il m’a de nouveau fait entrer, derrière cette fois. On avait gagné 1 à 0 et je n’ai plus bougé de la défense après ça (rires) ! »

Ancenis, sept ans de bonheur !

Au RC Ancenis, sa bande et lui écrivent les plus belles pages de l’histoire du club. Et vivent l’une des plus belles histoires du football amateur, du football de « terroir » ! En 1989, le club accède en Division 3 puis, deux ans plus tard, en Division 2 ! Dans le petit stade de la Davrays, sur les bords de Loire, il y a presque autant de monde pour supporter les Tangos que d’habitants !

« Je jouais derrière le stoppeur, j’étais la deuxième lame, rigole encore Papy Leye, devenu l’un des symboles de cette épopée. Au début, je jouais avec Laurent Lepin et ensuite avec Pascal Robert, aujourd’hui directeur général à Brest. En D3, on est monté avec la meilleure défense. On disait aux attaquants, « marquez un but et vous verrez, on s’occupe du reste et on n’en encaissera pas ! » et souvent, ça se passait comme ça (rires). C’était des grands moments ».

Pascal Robert : « Papy mettait la 2e lame ! »

« On a joué ensemble pendant trois saisons, se souvient Pascal Robert; les deux premières, en D3 et en D2, ont été magnifiques. Je peux dire que c’étaient les meilleures années de ma carrière ! Avec Papy, on était proches. On jouait ensemble en défense centrale, moi j’étais gaucher, je mettais la première couche, et lui était droitier, et mettait la deuxième (rires) ! On était assez costauds derrière. »

« Ancenis m’a appris l’Occident »

Les Tangos du RC Ancenis, en 1991-92, en Division 2. Photo RCASG

Quand il arrive en Division 4, Papy touche 1475 francs (225 euros). « Là, mon oncle me dit « Ce n’est pas possible, tu ne peux pas vivre avec ça » mais je lui ai dit « Laisse moi quelques mois, tu verras, ça ne restera pas à 225 euros », parce que dans ma tête, c’était clair. Bien sûr, personne ne me connaissait en France, il fallait que je fasse mes preuves. Même si mes parents n’avaient pas besoin d’argent, j’avais quand même la possibilité de participer un peu à l’éducation de mes soeurs. L’épouse du président Jestin m’a beaucoup aidé, à gérer les courses, l’argent, elle faisait des plats, et puis, quand j’ai commencé à être performant, je pouvais aller au resto ! Je dis toujours qu’Ancenis m’a appris l’Occident ».

En 2020, dans le journal Presse Océan, l’ancien coach emblématique du RC Ancenis (de 1965 à 1994), le « sorcier » Miklos Béres (décédé en 2021 à Sète à l’âge de 85 ans), dira, à propos de Papy : « J’en ai connu des bons joueurs, mais il y a en a un qui était exceptionnel, Papy Leye, l’actuel entraîneur des Voltigeurs de Châteaubriant. Un garçon remarquable sur le plan humain. Avant une grave blessure au genou, il était l’un des meilleurs libéros de D2. »

« La formation, ce n’est pas seulement créer des centres »

Avec les frères jumeaux Melih et Semih Altikulac en 2022/23. Photo Philippe Le Brech

À Ancenis, l’esprit est plus que familial. C’est une petite commune, tout le monde se connaît. Et sur le terrain, les joueurs sont des guerriers. « Pour moi, il y a deux personnalités marquantes : Michel Jestin, le président, et Niklos Béres, l’entraîneur, un personnage. J’ai beaucoup de respect pour Miklos, on était resté en contact. Il m’a marqué parce que c’était plus qu’un entraîneur. Il savait gérer les hommes, parce que sincèrement, quand tu arrives d’Afrique, ce n’est pas la même chose. C’est ce que je déplore aujourd’hui : aucune structure n’existe pour eux. Il faudrait que, dans chaque club, une personne s’occupe de les aider, de les accompagner, ou alors leur trouver une famille d’accueil. Faire les papiers, gérer l’argent, surtout que l’on sait bien que, souvent, ils font vivre leurs familles, préparer l’avenir, passer des diplômes, apprendre la langue, communiquer… Comment vous faites si vous ne maîtrisez pas la langue du pays dans lequel vous êtes ? Pour comprendre ce que vous explique le coach ? Leur apprendre tout ça, c’est important. »

« Il y a un travail d’éducation à faire. La formation, ce n’est pas seulement créer des centres, investir sur des joueurs en se disant « lui on va le vendre 12 millions ou ce ceci ou celà ». La formation, c’est aussi préparer les joueurs à la vie adulte, préparer des hommes, or nous, en France, on prépare des joueurs. J’ai l’impression que, pour un club français, une fois que son joueur a pris l’avion, qu’il a obtenu son visa, qu’il a signé son contrat, on ne s’occupe plus de lui, sauf de l’aspect football. C’est pour ça que l’on voit beaucoup de gamins qui ont du talent mais qui ne percent pas, parce qu’ils ne sont pas prêts quand ils arrivent en France. Parce qu’il y a les agents, les parents, l’argent… « 

Créer une identité de Castelbriantais

Avec son président, « Jeff » Viol. Photo Philippe Le Brech

À l’issue de la saison 1992-93, la seconde en Division 2, le RC Ancenis est relégué dans le nouveau championnat National. Papy, lui, s’est blessé au genou et quitte le club. Il signe aux Voltigeurs de Châteaubriant, en CFA2. Et 33 ans après, il y est toujours !

« Ancenis et Châteaubriant sont deux villes assez proches, même si Château est un peu plus grande. Quand j’arrive chez les Voltigeurs, le club est en N3, mais il n’y a pas d’éducateurs diplômés. Très vite, je me suis occupé de l’école de foot, de la structuration des jeunes, de la réserve. Mon idée, c’était de créer une identité de Castelbriantais qui fasse que l’on soit mieux reconnu. Il fallait décomplexer les gamins de chez nous et casser cette image de « ploucs », de « bouseux », parce que c’est comme ça qu’on nous qualifiait quand on allait jouer à Nantes par exemple. Il fallait que les équipes adverses, quand elles venaient chez nous, se disent « Ah oui, on va à Château, ça ne va pas être facile ». Pour ça, on a mis en place des éducateurs qui partagent la même philosophie. Donc ces gamins, plus tard, je les ai mis à la tête d’équipes de jeunes pour les encadrer, je les ai poussés à passer des diplômes d’état, et aujourd’hui, dans toute cette génération, pas mal sont devenus entraîneurs. »

« C’est comme ça que le club a progressé et impulsé des choses. Un garçon comme Mickaël Fresnais faisait partie de cette génération, j’en profite pour lui rendre hommage (il est décédé le 12 septembre dernier à l’âge de 48 ans). C’est quelqu’un qui a beaucoup donné pour le club, il y a joué, il a été éducateur… Grâce à ça, on est devenu un club structuré, avec des éducateurs diplômés qui accompagnent, c’était la base. Il fallait compenser notre handicap géographique. Le problème, c’est que l’on a du mal à avoir des équipes de jeunes en « Nationaux », parce que les gamins, quand ils ont le bac, ils partent, alors que des clubs comme Vertou ou Carquefou, eux, peuvent prendre recruter des joueurs de la région nantaise, juste à côté. La seule fois où Châteaubriant est monté en Nationaux, on n’a pas pu recruter, parce qu’aucun parent ne voulait faire 60 ou 80 bornes pour amener son gamin de 15 ans au club. On s’est dit : « Ok, pourquoi ne pas faire jouer les gamins de notre club de 16 ou 17 ans en seniors. Aujourd’hui, Château on est reconnu et on sort quelques gamins, on est suivi, on donne aussi la chance aux jeunes joueurs qui après s’en vont, on a eu des Sambou Soumano (Lorient, QRM et aujourd’hui Reims), Nabil Homssa (Montpellier) et bien sûr tout récemment Samba Diop (Stade Brestois). »

Babacar Leye, l’héritier

L’équipe 2026-27 des Voltigeurs, le 26 septembre avant le match de Pontivy : les joueurs rendent hommage à Mickaël Fresnais, dirigeant disparu. Photo Voltigeurs de Ch.

Il y a aussi un certain Babacar Leye, son fils, qui vient de signer son premier contrat professionnel à Pau, en Ligue 2. « Avec Babacar, les valeurs de travail, c’était quelque chose de non négociable. Jeune, il avait beaucoup de talent et des clubs le suivaient, donc à un moment donné, avec le coach Stéphane Mottin, on s’est dit : « Comment on fait avec lui » ? Babacar ne pouvait pas rester en U17. Pour progresser, il fallait lui proposer autre chose, alors on l’a intégré à l’équipe de N3 à l’âge de 16 ans. Il a d’abord joué en DH puis en équipe première à 17 ans. C’était le compromis pour ne pas qu’il parte. Ce n’est pas moi qui l’ai intégré, je n’étais pas l’entraîneur à ce moment-là. Quand Babacar est parti à Nantes (2020-23), il avait déjà son bac, il était en 2e année de fac, il avait des horaires aménagés, puis quand il est revenu à Châteaubriant en N2, il avait sa licence de STAPS. Il a ensuite passé une 2e licence, mais c’était plus compliqué parce que c’était à Lille. Finalement, pour lui, c’est arrivé sur le tard, il a signé pro à 25 ans, mais c’était son choix (il a 26 ans aujourd’hui). Il a toujours ses potes à Château, c’est un vrai castelbriantais, c’est sa ville ! »

Alors, Babacar en Ligue 2, une fierté pour le papa ? « Je l’ai tellement chambré avec ça ! Je lui disais tout le temps : « Mais toi, tu n’as jamais joué en Ligue 2 ! », et même encore aujourd’hui, on parle de lui comme le fils de Papy Leye (rires), je le branche, je lui dis « Toi, tu n’as pas encore ton prénom (rires) ! Mais quand il est rentré en jeu pour son premier match (J2, face à Dijon, le 14 août), et qu’il a marqué, il m’a appelé après et m’a dit « Est-ce que toi, tu as marqué en Ligue 2 ? » et je lui ai dit « non », et il m’a répondu « Bon bah voilà… » (rires) ! Mais j’avais beaucoup marqué en Division 3 ! »

Deux « infidélités »

Le château du XIe siècle, à l’entrée de la ville, à Châteaubriant. Photo 13HF

S’il évoque Stéphane Mottin, entraîneur des Voltigeurs de 2012 à 2017, c’est parce que Papy n’a pas toujours été à la tête de l’équipe fanion. Au total, il a tout de même fait deux longs mandats, de 1999 à 2012 (13 saisons) et de 2018 à 2025 (7 saisons). Il a aussi fait deux petites infidélités.

La première, pendant deux saisons, chez le voisin, l’Amicale Laïque de Châteaubriant : « C’est le club rival des Voltigeurs. j’y suis allé en 1996 parce que …. Je ne sais pas si c’est mon côté rebelle… Je connaissais très bien le coach là-bas, Bruno Leroy, un ami. Il m’avait beaucoup aidé. J’avais perdu mon épouse à ce moment-là. Il a arrêté d’entraîner et m’a demandé de prendre la suite. Cela a été mal perçu mais l’idée, c’était aussi de dire, « Voilà, une ville de 12 000 a-t-elle besoin d’avoir deux clubs et de se taper dessus ? Je le pensais sincèrement avant, je le pense encore… On aurait pu faire un seul club à Châteaubriant. L’Amicale est en Première division de District aujourd’hui, c’est un club bien organisé, qui travaille bien aussi, mais il y a des querelles autres que sportives. »

L’autre infidélité n’en est pas vraiment une : « Quand je pars entraîner Ancenis en 2013, je me dis que c’est le moyen de rendre au club, alors en DHR, ce qu’il m’a apporté. J’y avais des amis, l’un d’eux m’a relancé, ça s’est fait naturellement. Leur coach est parti en août, beaucoup de joueurs l’ont suivi, du coup ils se sont retrouvés dans la m… . J’étais tellement redevable. Je savais que la situation était très compliquée. J’y suis resté 3 ans. C’est un regret parce qu’il y avait des bons formateurs et une bonne génération de jeunes joueurs, même si des directions prises ne m’ont pas convenu. J’ai quand même pu redonner à Ancenis une partie de tout ce que le club m’avait apporté. »

Ses enfants, sa fierté

Photo Philippe Le Brech

Hormis ces deux courtes parenthèses, Papy n’a jamais bougé de Châteaubriant : « Je voulais que mes enfants aient une vie stable et équilibrée. Pour moi, l’essentiel était de les accompagner, pas de déménager tous les deux ans à cause du foot. Ils ne se débrouillaient pas trop mal à l’école. La priorité pour eux, c’était les études. J’ai pris ça de mon père. Le plus grand a un Master de droit du sport, il bosse au Luxembourg. La deuxième a un Master 2 en droit des assurance et la petite dernière est en 3e année de STAPS. Mes deux premiers enfants ont perdu leur mère en très bas âge, je me suis remarié, et voilà. »

Papy n’oublie pas non plus de citer, parmi les personnes qui ont énormément compté, l’actuel président des Voltigeurs, Joseph « Jeff » Viol : « Un lien fort nous unit avec lui et sa famille. Jeff, c’est aussi un peu le deuxième papa de Babacar. J’ai connu son papa, qui s’appelle Joseph lui aussi et qui a été président des Voltigeurs. »

« Chaque année, on nous prédit la charrette ! »

Laurent Di Bernardo, l’actuel entraîneur des Voltigeurs. Photo Philippe Le Brech

Depuis 2020, les Voltigeurs sont en N2 (N1 aujourd’hui). Et depuis 2020, ils déjouent les pronostics (le club avait également évolué en CFA/N2 de 2015 à 2017) : « Chaque année, on nous prédit la charrette, mais on a l’habitude parce que personne ne lâche dans le club. Ce n’est pas rien d’exister à ce niveau, d’avoir fait un parcours en coupe il y a quelques années (8e de finale en 2021, éliminé par Montpellier 1 à 0). Les gens voient bien que l’on se bat et malgré le peu de moyens, ils en veulent toujours plus. Cette année, on a essayé de faire des efforts, pour que le nouveau coach, Laurent Di Bernardo, ait les joueurs à sa disposition le matin ou l’après midi, ce qui n’était pas le cas l’an passé avec Michel (Audrain), mais on est encore loin des standards des autres clubs et ce n’est pas non plus une garantie de réussite. L’an passé, les entraînements commençaient à midi parce que des joueurs travaillaient, on arrivait à s’entendre avec les entreprises pour les libérer à 11h30, et ils reprenaient à 14h30, donc ils mangeaient des sandwichs avant d’aller bosser, ce n’est pas bien du tout. »

Une fois, les Voltigeurs ne sont pas passés loin de la montée en National. C’était l’année de la Covid, en 2021. Le club était 2e au moment de l’arrêt du championnat derrière Saint-Pryvé/Saint-Hilaire : « On avait une grosse équipe, de très bons jeunes, que l’on a perdus évidemment… Il y a deux ans aussi, on avait une équipe talentueuse, on avait battu Bordeaux. »

« Aux Voltigeurs, on sait qui on est »

Lutter chaque année pour se maintenir, n’est-ce pas trop usant à la longue ? « Si, mais on sait qui on est, donc on est préparé à ça, on ne pas vendre du rêve aux gens. Quand on voit le rendu, des gamins qui grandissent, qui s’épanouissent, certains qui signent pro, ça fait plaisir. Quand on parle de Châteaubriant en bien, c’est la meilleure des publicités, pour nous, pour la ville, pour le maire. Tu sais, on a quand même certaines choses ici et quand on s’en va, on se rend compte de ce que l’on a perdu. J’ai toujours dit que la France était un pays formidable : les gens sont au paradis ici et ils pensent qu’ils vivent en enfer, alors que c’est un super pays, tu as accès à la culture, à tout, mais ils se plaignent… Tu te rends compte, mes enfants sont allés gratuitement à l’école, au collège, au lycée, ils ont fait des études supérieures, ça n’a rien couté. Au contraire, ils ont eu des aides, mais si tu vas aux États-Unis, ce n’est pas pareil. Pour les Voltigeurs, c’est pareil : les gens ne se rendent pas compte de ce que l’on réalise depuis des années. »

Un public fidèle

Toujours du monde au Stade Ville en bois. Photo 13HF

L’une des force des Voltigeurs, c’est aussi le public fidèle et nombreux au Stade Ville en bois. Car autant en centre-ville, c’est calme le samedi, autant au Stade, les gens se réunissent. « On est un club du Pays de la Mée, et ici, dans le nord du département, les gens aiment le foot, et ils nous le rendent bien. Chaque année on a 700 à 800 spectateurs à domicile. Le stade, un peu à l’anglaise, est très convivial. Le maire a fait un énorme boulot car on a tout à Châteaubriant, en termes d’infrastructures, de commerces, on a aussi l’université virtuelle (campus connecté Châteaubriant-Derval) et l’IUT. Maintenant, après le bac, des gamins peuvent rester. C’est vrai que c’est une ville calme; dès qu’il y a un petit truc, ça prend des proportions énormes. Je travaille aussi à la Ville. J’étais animateur et maintenant, je suis le référent dans le quartier de La Ville aux Roses, où c’était un peu compliqué, avec quelques incivilités. J’ai un rôle de médiateur. Pour l’instant, ça se passe bien, on a réussi à réinstaurer le dialogue avec les gamins du quartier. »

Ce qui frappe aussi, à Châteaubriant, c’est… le Château, à l’entrée de la ville. Un joyau. « On y va pour faire les photos officielles du club, mais c’est vrai que ça pourrait être une bonne idée de le faire visiter aux joueurs. D’autant que l’on passe devant tous les jours. Quand je le fais découvrir à des amis, ils font toujours Waouh ! » L’idée est lancée.

« J’ai 63 ans, cette fois, le terrain, c’est terminé ! »

Avec Florian Plantard, son ex-adjoint, et Christian Sagna, le directeur sportif. Photo Philippe Le Brech

Depuis cet été, Papy n’est plus l’entraîneur de l’équipe de N1. Déjà, l’an passé, il avait pris du recul pour se consacrer au rôle de manager général, mais la démission de Michel Audrain, son successeur, après seulement trois journées de championnat l’avait conduit à reprendre du service prématurément. « Avec Michel, malheureusement, ça n’a pas collé. Ce qu’on lui a proposé ne correspondait pas à ce qu’il avait vécu avant et à ce qu’il attendait, même s’il savait qu’on était un club particulier, atypique, car ici, c’est système D. Il était en décalage, le fossé était trop grand. »

Rappelé au chevet de son club, Papy continue en parallèle ses autres missions : « J’ai poursuivi mon rôle de manager, c’était lourd. Avec 600 licenciés, on ne peut pas se permettre de ne pas avoir quelqu’un pour s’occuper du club, surtout que l’on a un staff « court » de trois personnes. J’étais coach et aussi un peu directeur sportif, manager, et avec mon adjoint, Flo (Florian Plantard), qui a arrêté l’an dernier, on s’occupait de tout, les ballons pas gonflés, le planning des minibus… Quand il y a un problème, c’est moi qu’on appelle. Je me souviens que, l’an passé, un joueur m’a dit « Toi, t’es le mécanicien d’ici » ! C’est vrai, c’est mon club, je connais tous les recoins, tous les bénévoles, mais j’ai 63 ans, je ne peux plus courir partout. Le terrain, c’est prenant, et sincèrement, j’ai donné. L’an passé, on m’a poussé à reprendre. Mais cette fois, le terrain, c’est terminé. Manager, c’est un boulot à part entière. Il y avait des trous dans la raquette et il fallait que le club grandisse. On n’avait personne entre le sportif et le reste. Avec le président Jeff Viol, on avait convenu qu’il fallait quelqu’un pour s’occuper de tout ça, comme dans la plupart des clubs de N2 même N3. »

Aucun défaut, vraiment ?

Papy Leye, c’est aussi un discours, une vision, une manière de s’exprimer et d’exprimer les choses, calmement. Avec clairvoyance et bienveillance. Tel un sage. Difficile de trouver des défauts chez ce personnage discret et charismatique.

« Papy, c’est un mec extraordinaire, un mec incroyable, renchérit son ancien président, Michel Jestin, installé aujourd’hui à Carantec, près de Morlaix (Finistère). Même blessé, il voulait jouer ! J’ai eu beaucoup de bonheur à l’avoir au club, à Ancenis. Il était capitaine, il avait un coeur énorme. C’était un battant sur le terrain, il poussait les autres, ne lâchait rien. Franchement, c’est difficile de lui trouver des défauts, de dire quelque chose de négatif sur lui. Il a vécu un grand malheur en perdant son épouse, qui travaillait chez le papa de l’actuel président Jeff Viol. Avec Papy, on s’appelle de temps en temps mais c’est vrai que cela fait un moment que je ne suis pas allé à Châteaubriant. L’aventure à Ancenis, ça a crée des liens formidables. J’étais allé à Mbour au Sénégal voir son papa, c’était un sage dans la ville. »

Photo 13HF

Pascal Robert conserve lui aussi un excellent souvenir de Papy : « Je me souviens d’une photo de lui où on le voyait tacler et il avait les deux jambes autour de la tête de son adversaire, ça m’a marqué ! Papy pouvait être dur sur le terrain, mais il était l’inverse en dehors, bienveillant et foncièrement gentil. Par moments, en match, on avait l’impression qu’il convulsait, il y avait comme des étoiles dans ses yeux, et puis, hop, il repartait au charbon. On a gardé le contact, de même que j’ai gardé le contact avec Michel Jestin, que j’avais ensuite rejoint à Brest en 1993, mais aujourd’hui, j’échange plus souvent avec son président, Jeff Viol, surtout depuis que l’on a signé un partenariat avec les Voltigeurs de Châteaubriant dans le cadre de la passerelle de développement mise en place avec l’académie de l’Armor FC à Diamniadio au Sénegal. »

Et l’actuel directeur général du Stade Brestois de poursuivre, un brin nostalgique : « C’est dommage, parce que l’on s’est perdu de vue avec les joueurs du RC Ancenis… Avec les réseaux sociaux, on pourrait dans un premier temps se recontacter, créer un groupe WhatsApp, mais il faudrait que quelqu’un s’en occupe, il faut du temps… »

« Respect, le mot le plus important de la langue française »

Photo 13HF

Ces compliments vont faire chaud au coeur de Papy, à qui l’on a demandé d’évoquer ses qualités et défauts. « Je le répète toujours à mes enfants et à mes joueurs, à mes yeux, le mot le plus important de la langue française, c’est le mot respect. Il ne faut jamais donner l’occasion à l’autre de vous manquer de respect. J’essaie juste d’être ce que je suis : l’homme est le produit de son hérédité, de son niveau social. Mon héritage, c’est celui-là, ce sont mes parents qui m’ont inculqué le respect. Mon père m’a dit un jour, avant de prendre l’avion : « Quand tu arrives dans un village, tout le monde est nu, donc tu te mets nu ». C’était ça, être capable de s’adapter, de transmettre. Il faut qu’on arrive à vivre ensemble : le peuple français a une faculté de pardonner, de se relever, et surtout d’absorber les choses. J’ai bossé au CCAS (Centre communal d’action sociale) à Châteaubriant, je côtoyais des SDF, et quand on voit les parcours de vie de ces gens-là, qui ont tout perdu, tu te dis « Je n’ai pas le droit de me plaindre ». Mon principal défaut ? C’est peut-être de trop faire confiance, de ne pas prendre de risques. J’aurais pu partir quand j’étais joueur, même quand j’étais entraîneur, pour gagner plus d’argent, j’aurais pu utiliser un peu plus ma carte d’agent, mais je voulais la stabilité pour ma famille. Je suis fier de ce que j’ai fait, je ne regrette rien, ce sont mes choix, cela vient de mon éducation. »

Le mental, son dada

Photo Philippe Le Brech

Le volet que l’on n’a pas abordé avec Papy, c’est le mental. Un sujet qui, là encore, lui tient à coeur. Selon lui, c’est un aspect indispensable au football. « Aux Voltigeurs, on a beaucoup bossé sur ce point et si on en est là aujourd’hui, c’est aussi grâce au mental, parce que ça joue. Conditionner les joueurs, leur dire les choses, c’est important. Quand mes enfants revenaient de l’école avec 16 de moyenne, la première question que je leur posais, c’était « Est-ce que vous auriez pu avoir 18 ? » S’ils me disaient oui, alors je leur disais que 16, ce n’était pas bien. Quand on peut avoir 18, il faut avoir 18. Au foot, c’est pareil : récemment, un joueur à qui je disais tu as perdu un ou deux ballons me répondait « Oui, mais j’ai fait ceci ou cela de bien avant », OK… Mais il ne faut jamais se contenter de ce que l’on fait, de ce que l’on a. Pour réussir dans le foot, il faut être capable de faire sa propre autocritique, de se mettre devant une glace, d’être dur et exigeant avec soi-même. Je prépare les joueurs à ça, parce que si quelqu’un lui fait une remarque, ça passe moins bien, il y a cette fierté… »

« Cet été, on a fait des matchs amicaux de bon niveau, on était bien lancé, et puis, arrive le premier match de la saison contre Avranches : 3e minute, on fait une erreur, on prend un but, puis un deuxième avant la mi temps… Donc toute la préparation que l’on avait fait avant s’est écroulée en 45 minutes et on a traîné ça pendant quelques semaines : ça, c’est l’aspect mental. C’est important d’amener les joueurs à parler de contenu et pas de résultat : contre Pontivy, on a fait 86 bonnes minutes, on mène 2 à 0, mais on a fait 2-2 parce que ça va vite, les équilibres sont extrêmement fragiles. Parfois ça marche, parfois ça ne marche pas, sans que l’on ne sache pourquoi. On a changé beaucoup de joueurs cette saison. Sur notre 11 de départ, 3 ou 4 étaient là l’an passé. Le milieu de terrain qui a fini le match contre Pontivy avait 21 ans de moyenne d’âge. Peut-être qu’avec une équipe qui a plus de bouteille, on n’aurait pas perdu ces ballons en milieu de terrain, parce qu’on aurait eu plus de maîtrise, on aurait géré. Quand on analyse factuellement, on voit qu’il nous manque ce joueur d’expérience, capable de casser le jeu, de dire « On n’y va pas ». Ce sont des choses qui arrivent. Simplement, il ne faut pas retomber dans la spirale comme après Avranches. On est en construction, il faut laisser du temps, le coach (Laurent Di Bernardo) fait du super boulot, il s’est admirablement intégré au club, au contexte. Ce qu’il fait, c’est très consistant, les joueurs ont tout intérêt à l’écouter, parce que le travail est bien fait. »

Autonomie, accompagnement, éducation

Un samedi après-midi calme en centre-ville : au stade, il y a plus de monde ! Photo 13HF

Papy a également des principes éducatifs. Il est toujours de bon conseil – « C’est mon côté africain ! » – et aide à sa manière les joueurs africains qui débarquent en France pour le foot, livrés à eux-mêmes : « Beaucoup de clubs professionnels français recrutent en Afrique des jeunes joueurs qui ne sont pas prêts, car ils n’ont pas l’âge « mental ». Je veux dire, un gamin qui a 18 ou 20 ans et qui arrive d’Afrique, il faut considérer qu’il a 15 ou 16 ans, et là, il y a toute une éducation à faire. Les clubs devraient mettre en place un accompagnement mais ne le font pas. Moi, j’ai eu la chance d’en avoir un quand je suis arrivé en France en 1986, à l’âge de 22 ans, grâce à la famille du président Michel Jestin, grâce au coach d’Ancenis aussi, Miklos Béres, grâce au maire d’Ancenis de l’époque, Edouard Landrin. Quelque part, j’ai été adopté, protégé par cette ville, par ces personnes envers qui je suis redevable et qui ont fait ce que je suis aujourd’hui ».

Bien sûr, l’époque n’était pas la même. Les familles d’accueil, ça se trouvait au coin de la rue. Mais aujourd’hui… Pourtant, le meilleur exemple, c’est celui de Zinédine Zidane, accueilli à Pégomas par la famille Elineau à son arrivée à Cannes, à l’âge de 14 ans : le nouveau sélectionneur des Bleus en garde toujours une grande gratitude. « On a deux joueurs à Château qui sont arrivés du Stade Brestois, avec qui on a signé une convention. On les accompagne, on va chez le dentiste par exemple, parce qu’on sait que la dentition, c’est très important. On les prépare sur le terrain et on essaie aussi de les rendre autonomes, afin qu’ils puissent se prendre en charge. »

« Aujourd’hui, on « tue » les gamins »

Photo Philippe Le Brech

L’accompagnement du jeune joueur africain qui arrive sur le sol français, ou plutôt sur l’herbe verte française, est visiblement un sujet qui lui tient à coeur : « Imaginez un gamin qui a 18 ans, qui arrive du Sénégal, qui n’a jamais gagné 50 ou 100 euros, et qui se retrouve avec 3000 ou 5000 euros par mois… On lui demande de tout gérer, les courses, les papiers, etc. C’est impossible. IMPOSSIBLE. Aujourd’hui, on « tue » les gamins, ou alors ils perdent beaucoup de temps et font des « petites » carrières alors qu’ils auraient pu mieux faire, ou bien ils se perdent, avec des agents, des parents ou des amis qui, tout d’un coup, découvrent qu’ils gagnent de l’argent. Et ils succombent à la tentation. C’est comme ça que le joueur se retrouve à cinq ou six personnes dans un appartement et là, pour la récupération, ce n’est pas l’idéal, pour la diététique non plus. On a « perdu » beaucoup de gamins à cause de tous ces détails. Éduquer un gamin, c’est lui donner tous les éléments pour que, quand il arrive à l’âge adulte, il soit en capacité de régler les problèmes qui se posent à lui. »

Évidemment, Papy Leye n’est pas Zidane, mais, comme lui, il a eu la chance d’avoir une famille d’accueil. Une très grande famille même, à Ancenis. « J’ai été pris en charge à mon arrivée en France, alors que je ne savais pas faire à manger, je ne savais pas faire le ménage… Tout ça, je l’ai appris au fur et à mesure. Les premiers joueurs sénégalais de l’académie Diambars, quand ils sont arrivés à Lille, ont été en famille d’accueil, ils ont bien réussi, ils ont bien mené leur carrière. Là, on a une loi de la Fifa interdit les transferts internationaux avant la majorité, donc un gamin sénégalais de moins de 18 ans ne peut pas venir en France : selon moi, c’est une connerie, parce que l’âge de maturité d’un footballeur, c’est 15 ou 16 ans, mais on est obligé de les garder au pays jusqu’à 18 ans. »

Les bienfaits de la famille d’accueil

Rendre le joueur autonome est vraiment quelque chose d’essentiel pour lui : « La saison passée, j’avais beaucoup d’Africains dans mon équipe à Château. Sur dix, il n’y en avait qu’un seul qui avait le permis. « Oui mais coach, si je suis en retard, c’est parce que je n’ai trouvé personne pour m’amener », bah ouep, c’est un problème. Alors on crée des centres de formation, c’est bien, mais on ne tient compte que d’un seul élément : le terrain de foot. Or le foot, ça ne représente que peu de choses. Ce sont tous ces autres aspects dont j’ai parlé avant que l’on n’a pas pris en compte et auxquels on devrait penser. Du coup, cette saison, il y a moins d’Africains dans l’équipe, parce que la FFF demande beaucoup de papiers administratifs, l’autorisation de travail, et pour le visa, il y a un délai à la préfecture, bref, dans la gestion, c’est compliqué. Nous, on veut bien les aider, certains se sont admirablement bien intégrés, mais à un moment donné, le club ne peut plus être impacté par tous ces problèmes. »

  • Texte : Anthony BOYER / mail : aboyer@13heuresfoot.fr
  • Photos : Philippe LE BRECH , 13heuresfoot et Voltigeurs de Châteaubriant
  • Suivez-nous sur nos réseaux sociaux (Facebook, X et Instagram) : @13heuresfoot
  • D’autres articles ? Visitez le site web : 13heuresfoot
  • Un commentaire, une suggestion, contactez-nous (mail) : contact@13heuresfoot.fr
Photo 13HF
Photo 13HF
Photo 13HF