Le président du leader de la poule A, bien placé pour la montée en Ligue 3, n’en démord pas : selon lui, le retour du foot professionnel à La Roche passe par son projet vendéen selon lequel un maximum de clubs du département deviendraient actionnaires et donc copropriétaires. Une idée qui n’a pas fait l’unanimité. Mais le chef d’entreprise est déterminé : avec lui, c’est un peu « qui m’aime me suive ».

Par Anthony BOYER / Mail : aboyer@13heuresfoot.fr / Photos : Philippe Le Brech

Entretien réalisé mardi 21 avril 2026

Christophe Chabot, président du Vendée FC La Roche. Photo Emma Chabot

Cinquante minutes. C’est à peu près le temps qu’a duré cet entretien en visio avec Christophe Chabot, à quatre jours de la réception au stade Henri-Desgrange d’Angoulême. A ce moment-là, le Vendée FC La Roche-sur-Yon, le club qu’il préside à nouveau depuis son retour en 2020 (président une première fois en 2010, il avait cédé sa place en 2015 tout en demeurant partenaire principal), caracolait en tête de la poule A de National 2, avec 7 longueurs d’avance sur les Girondins de Bordeaux. Presque un gouffre à cinq journées du terme. Jamais cette saison en tout cas les Yonnais n’avaient eu une telle marge sur leur principal concurrent. Mais le match nul concédé en fin de rencontre face aux Charentais (1-1) a vu l’écart se réduire à 5 points, Bordeaux s’imposant dans le même temps à Dinan-Léhon (3-1).

Il reste quatre matchs aux joueurs de Frédéric Reculeau, qui tenteront ce samedi à Poitiers de renouer avec la victoire (ils restent sur deux nuls et une défaite), pour terminer le travail. Ce ne sera évidemment pas simple face à une équipe qui lutte pour son maintien.

Premier, premier ex-aequo, deuxième…

Photo Philippe Le Brech

C’est évidemment au conditionnel que le sujet « Ligue 3 » a été évoqué avec le PDG des vérandas Akena, leader sur le marché français et même européen. Christophe Chabot, qui est un personnage dans le monde du football et dans la vie active, ceci dit sans péjoration aucune, a balayé l’actualité de son club, marquée par des résultats sportifs excellents depuis l’arrivée de Frédéric Reculeau en juillet 2022, en National 3 (accession en N2 dès la première saison) mais aussi avant, puisque le Vendée FC La Roche-sur-Yon sortait de trois exercices probants entre 2019 et 2022, achevés respectivement à la 1ere place (en 2020 et 2021) et à la 2e place (en 2022) en N3.

Enfin, deux fois 1er… pas vraiment si l’on se fie au classement officiel. Ce n’est pas remuer le couteau dans la plaie que de rappeler qu’à l’issue de la première des deux saisons avortées par la Covid-19, en 2019-2020, les instances avaient « pondu » en dernière minute un règlement fatal à La Roche pour départager des équipes ex aequo, souvenez-vous, c’était cette fameuse histoire de quotient, dont un autre club, Hauts-Lyonnais, avait également été victime. Quant à la saison suivante, elle s’arrêta prématurément en septembre après 8 matchs, à la première place bien sûr, sans qu’aucune montée ni descente ne soit attribuée.

Quatre défaites seulement seize mois !

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Le temps a passé, il a fallu se relever et pas qu’une fois : à l’issue de la saison 2023/2024, qui marquait son retour, 20 ans après, en National 2, c’est au goal-average direct cette fois que La Roche-sur-Yon n’est pas monté en National alors qu’il avait fini ex aequo avec Paris 13 Atletico ! Encore un coup dur à avaler. Encore de la malchance qu’il a fallu évacuer. C’est que l’on ne se remet pas facilement d’un tel coup du sort !

Ces événements contraires, Christophe Chabot (66 ans) et toute son équipe ont puisé dedans pour repartir au combat encore plus armés et plus forts. Certes quelques semaines, quelques mois même ont été nécessaires pour évacuer la déception de la non-montée en National il y a 2 ans, mais ensuite, une fois la machine lancée, personne ou presque n’est parvenue à l’arrêter. Car depuis le mois de février 2025 et le début de la phase retour du précédent exercice, seules trois équipes sont parvenues à « mater » les joueurs de Frédéric Reculeau : les Girondins de Bordeaux à deux reprises, cette saison (3-0) et la saison passée (1-0), à Chaban-Delmas, Les Herbiers (J6, 2-0) et tout récemment l’Aviron Bayonnais (1-0). Et à domicile, les Yonnais n’ont plus perdu depuis le 14 décembre 2024, à Bordeaux justement, la bête noire… du moins l’ancienne bête noire puisque la quatrième tentative, le 21 mars dernier, à Desgrange cette fois, fut la bonne : victoire 1 à 0 devant six mille spectateurs et une première place à la clé !

Six mille spectateurs, ou plutôt six mille Vendéens, comme l’a bien relayé Christophe Chabot après cette belle fête. Si le chef d’entreprise, qui parle un peu comme il respire, a pointé cette nuance, ce n’est évidemment pas par hasard : il y a deux ans, il s’est lancé dans un projet de club vendéen, dont le but est de rassembler à La Roche-sur-Yon un maximum de clubs du département, désireux de participer à l’aventure. Sous-entendu, de prendre quelques parts dans la SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif par actions simplifiés) créée à l’automne 2024, en même temps que fut adoptée la nouvelle appellation, le Vendée FC La Roche-sur-Yon, à la place de La Roche Vendée Football.

Une question d’histoire et d’identité

Photo Philippe Le Brech

L’intérêt, outre l’arrivée de quelques capitaux financiers, est avant tout de fédérer. Le Barça, Bastia, Sochaux ou Le Mans ont dans un passé récent opté pour ce modèle économique même si l’on ne parle pas là de « socios » mais plutôt de partenariat avec des clubs vendéens dont certains n’ont pas manqué de réagir.

Il faut dire que cette idée en a crispé quelques-uns dans le département, et pas des moindres : le district tout d’abord, ce qui a valu au Vendée FC de rajouter la mention « La Roche-sur-Yon » afin d’éviter toute confusion, et quelques gros clubs comme Le Poiré-sur-Vie, Challans et bien entendu Les Herbiers, chacun ayant son histoire et sa propre identité.
Malgré tout, Christophe Chabot, qui vient de perdre un match le 22 mars dernier à la mairie de Bretignolles-sur-Mer, où il s’est représenté après avoir administré la commune de 2001 à 2020, avance bille en tête. Avec lui, c’est un petit peu « qui m’aime me suive », à une autre nuance prêt. Il l’a laissé entendre dans l’entretien, si sa personnalité dérange, il est prêt à s’éclipser… pour le bien du football vendéen. Pour le bien de son club vendéen. Parce qu’en football, c’est toujours une histoire d’hommes.

Interview

Christophe Chabot : « Je veux faire un grand club vendéen »

Photo Philippe Le Brech

Président, revenons sur les dernières élections municipales que vous avez perdues à Brétignolles…
En 2001, quand j’ai été élu la première fois, j’avais pris l’engagement de ne pas aller au-delà de trois mandats, parce que je considérais que c’était déjà beaucoup. En 2020, j’ai donc laissé la place à un de mes proches, comme convenu avec tout le monde, mais il s’est avéré que cette personne (Frédéric Fouquet, Ndlr) ne s’est pas très bien comportée avec l’équipe, qui m’a donc demandé de revenir. Sous la pression amicale de nombreux amis, je suis revenu, mais un peu en marche arrière, et je l’ai payé. Je crois que je n’ai pas fait la campagne qu’il fallait pour être élu. C’est comme ça. Ceci dit, c’est une magnifique expérience que d’être maire de sa commune et Bretignolles reste un lieu de vie où je suis très-très intégré.

Vous n’avez pas l’air très déçu…
La déception était là, bien sûr, le soir des résultats. J’ai aussi été déçu d’être contraint de revenir parce qu’on a été très-très déçu par mon successeur. Je me permets de dire « on » parce que c’est un avis général. Quand un maire ne fait qu’un seul mandat, c’est qu’il n’a pas bien fait le boulot. Il a été prié de laisser sa place. Alors quand vous prévoyez de revenir, vous organisez votre vie pour ça, parce que je sais ce que c’est que la fonction pour l’avoir déjà occupée.

« On a perdu une élection imperdable »

Christophe Chabot, président du Vendée FC La Roche. Photo Emma Chabot

Avez-vous commis des erreurs pendant cette campagne ?
J’ai commis l’erreur de me croire sollicité par l’intégralité de la commune, or ce n’était pas le cas. On a un peu été négligent. On a vécu sur notre bilan qui était très bon, mais on n’a pas fait la campagne qu’il fallait. En fait, je pense qu’on a perdu une élection imperdable. Cela a été une surprise pour tout le monde, y compris pour nos opposants je crois, qui n’étaient pas prêts du tout, et d’ailleurs, un mois après, ils ne sont toujours pas en place (rires). On a péché, peut-être pas par orgueil, mais sans doute par assurance.

Il y a eu un phénomène aussi que l’on constate partout, notamment en Vendée : j’ai un profil qui plaît de moins en moins dans cette fonction. J’ai une certaine réussite professionnelle, je suis multi-casquettes avec le club de football, et je crois pouvoir dire que chez les moins de 40 ans, parce que c’est dans cette tranche d’âge que cela s’est passé, j’ai une gueule qui ne convient plus. Il faut dire les choses comme elle sont. J’incarne une forme de réussite, en toute modestie, et j’ai tout à fait le profil de l’autodidacte pour qui ça marche un peu trop partout, et ça ne plaît plus, en tout cas pour des fonctions comme celles-ci. On s’en est rendu compte et je l’accepte bien volontiers. Mais on ne l’avait pas vu venir. On voyait ça comme une formalité.

Vous parliez des moins de 40 ans… ceux-là même qui n’étaient pas là en 2001 quand vous avez été élu ou qui n’étaient pas nés…
Pour l’anecdote, et c’est assez dingue, on s’est fait « sortir » surtout dans un secteur qui a voté à 80 % contre moi, et ce secteur, c’est celui de la génération à laquelle j’ai permis d’acheter des terrains il y a 25 ans, à des prix défiant toute concurrence, à la place des privés. On a installé 150 jeunes ménages à cet endroit-là, ça montre bien le choc culturel. Il s’est vraiment passé quelque chose, sans doute des maladresses de ma part. On a quand même assisté à beaucoup de dégagisme en Vendée, avec des maires qui se sont fait « dégager » et qui ne s’y attendaient pas du tout. Il y a l’usure du pouvoir aussi, et puis, en 25 ans, vous dites non à beaucoup de gens, pour des permis, pour des terrains, et on se fait des ennemis aussi.

« Reculeau-Guillou, c’est un duo magique ! »

Frédéric Reculeau (à gauche) et Benjamin Guillou. Photo Philippe Le Brech

Parlons du Vendée FC La Roche-sur-Yon. Un constat s’impose : depuis l’arrivée de Frédéric Reculeau à la tête de l’équipe, les résultats sont exceptionnels (1)
Oui, et pour « Fred », ce fut un travail de longue haleine, parce qu’il y avait longtemps qu’on voulait qu’il revienne dans un projet vendéen. C’était quelque chose de construit. Après, oui, on a une certaine réussite sportive depuis 4 ans, mais les 4 années précédentes avant son arrivée aussi. On était déjà tout près du N2. J’ai considéré que l’on pouvait avoir une nouvelle ambition pour ce club depuis que Frédéric Reculeau ET, j’insiste sur le « ET », Benjamin Guillou, son adjoint, sont là, parce que je dois dire qu’ils sont deux, ils sont tellement complémentaires, dans leur façon de se comporter, dans leur façon de faire… C’est un duo magique ! Depuis 4 ans, ce duo constitue la fondation de notre projet. Mais la réussite sportive représente vraiment les fondations du projet actuel.
(1) Depuis son arrivée en 2022, Frédéric Reculeau a dirigé 110 matchs de championnat pour un bilan de 58 victoires, 29 nuls et 20 defaites.

Photo Philippe Le Brech

Ces dernières saisons avec la Covid-19 en N3, l’histoire du quotient, la première place ex aequo en N2 avec Paris 13 Atletico, le sort a semblé s’acharner. Comment avez-vous fait pour surmonter tout ça ?
Cette histoire de quotient… On en avait été d’autant plus victime que Châteaubriant, qui est monté en N2 à notre place, avait un match en moins, qu’ils auraient dû jouer sur un terrain de repli, mais bon, voilà. On a aussi joué de malchance dès notre première saison de N2, en terminant premier ex aequo, mais devancé au goal-average direct pour Paris 13 Atletico. Alors là… Cela a été dur de se relever de ça.

C’est aussi pour ça que l’on a raté notre première partie de saison suivante, en 2024/25, parce que, si vous regardez, pendant deux ans et demi, on a été en tête, sauf pendant les cinq premiers mois de l’an passé, ou on a été moralement et psychologiquement touché. On avait aussi perdu beaucoup de nos joueurs à cause de la non-montée. Il a fallu reconstruire, remotiver les troupes, nous remotiver nous-mêmes aussi. Et depuis que l’on a remis un nouvel effectif entre les mains de « Fred » et de Benjamin, on a un parcours exceptionnel, avec seulement 4 défaites en 16 mois, dont deux contre Bordeaux.

« Je prends du plaisir à voir jouer l’équipe »

Dans un long entretien chez nous, Frédéric Reculeau s’était épanché sur votre cas et aussi sur la fusion avortée avec son ancien club, Luçon, en 2016. Il semblait vraiment vous en vouloir. Le voir signer chez vous en 2022 était loin d’être une évidence : comment avez-vous fait ?
Je crois qu’on a trouvé les mots justes. Et il y a Michel (Reculeau, le papa de Frédéric) dans tout ça. Pour Luçon, « Fred » n’avait qu’une version des faits jusqu’à ce que l’on se rencontre. On a discuté. Il s’était passé des choses, on ne va plus en parler. « Fred » l’avait mal pris, je le comprends très bien, et c’est toujours un peu douloureux pour lui. Parce que c’est une histoire familiale.

Tellement familial que Michel Reculeau est lui aussi venu à La Roche-sur-Yon, un an avant son fils…
Michel est un personnage hors-norme, attachant, le plus « attachiant » même que j’ai jamais rencontré. Et comme il est très attachant, je lui ai redonné une chance. Sa présence a été un élément déterminant pour que son fils vienne. Michel est resté trois ans avec nous. Trois ans qui se sont bien passés. On a ensuite trouvé un accord pour se séparer en bons termes et il est d’ailleurs toujours au club comme actionnaire de la SCIC, dans laquelle il a des parts.

Le 11 au coup d’envoi contre Bordeaux. Photo Philippe Le Brech

Du coup, comment cela se passe avec Frédéric Reculeau ?
« Fred » est très respectueux et très renfermé aussi. Je le trouve parfait dans son rôle d’entraîneur. Il a une science du jeu, un projet de jeu. Il a un comportement et une relation avec les joueurs que je trouve excellents, et tout le monde y trouve son compte. Je prends du plaisir à voir jouer La Roche même si parfois on se fait très peur (rires), notamment quand je vois les joueurs faire certains gestes dont je sais qu’ils sont imposés par le coach (rires) ! Ce qui est paradoxal, c’est qu’on joue peu vers l’avant et on marque énormément de buts, c’est donc que ça fonctionne, et en plus on n’a pas de véritable buteur. On en avait un (Mathieu Villette, 16 buts la saison passée) mais il est parti (à Bordeaux) (*). S’il veut revenir, ils sera le bienvenu (rires).

(*) Ndlr : cette saison, après 26 journées, Ibrahima Keita et Alexis Araujo sont respectivement à 15 et 9 buts.

« On ne fédère pas encore assez de monde »

Hormis les deux « affiches » face aux Herbiers et Bordeaux, qui ont rassemblé 4500 et 6000 personnes, quelles est l’affluence au stade Henri-Desgrange ?
On est entre 1000 et 1200 de moyenne. On ne fédère pas encore suffisamment de supporters. C’est aussi dû à la présence de nombreux clubs qui évoluent dans les championnats nationaux en Vendée, on en a un tous les 10 kilomètres ou presque ! Il y a Fontenay-le-Comte, Les Herbiers, Le Poiré, La Châtaigneraie, nous, Challans, etc.

Le stade Henri-Desgrange a fait le plein (6000 spectateurs) face à Bordeaux, le mois dernier. Photo Philippe Le Brech

Après le match de Bordeaux, vous avez dit « On était 6000 Vendéens », comme pour bien appuyer l’idée de votre projet de club vendéen : mais chaque club a son identité non ? Même si La Roche-sur-Yon est la préfecture du département, cela ne doit pas être simple de vouloir réunir tout le monde ?
On est un peu tous victimes du succès du football en Vendée, de tous ces clubs. Il y a une raison identitaire : déjà, nous sommes le département en France qui compte le plus de clubs en National 2 et National 3. On doit être à 7 clubs. Il y a une explication simple : le modèle économique vendéen est tellement puissant que dans chaque clocher, il y a une « super-entreprise », propriété d’un enfant du pays. Et qui dit enfant du pays dit volonté de faire prospérer son clocher, et l’esprit clocher est tellement important que l’on se retrouve à disputer des rencontres de National 2 entre La Roche et Le Poiré, comme cela s’est produit la saison passée, alors que les deux villes ne sont seulement séparées que de 7 km, alors qu’on a chacun près de 2 millions d’euros de budget… Donc quand je vois ça, je me dis qu’on passe à côté d’un truc.

Photo Philippe Le Brech

Je représente une frange de gens qui sont représentatifs du football de haut niveau en Vendée ; on a d’ailleurs 10 000 Vendéens qui alimentent les tribunes de la Beaujoire à Nantes pour les matches de Ligue 1. Depuis 7 ou 8 ans, notre projet, auquel on a donné corps ensuite avec l’arrivée de « Fred » Reculeau, c’est de fédérer le football vendéen, les clubs vendéens, autour du club de La Roche-sur-Yon, qui a quand même une histoire même si l’histoire est beaucoup plus belle aux Herbiers.

Mais on a chez nous une histoire permanente sur laquelle on a toujours le leadership, c’est la formation des jeunes. Depuis 40 ans, tous les meilleurs footballeurs de Vendée sont passés dans nos équipes de jeunes : l’exemple concret, c’est le tournoi mondial minimes de Montaigu, où sur 15 jeunes de l’équipe de Vendée, 12 viennent de La Roche, et c’est comme ça depuis toujours. Ce ne sont pas forcément des Yonnais, mais on fédère tous les jeunes vendéens autour de la formation. Je ne revendique rien, je dis juste que c’était le cas avant que je n’arrive, on a pérennisé ça, ce qui fait que l’on a les meilleurs équipes de jeunes du département. Donc on reste un club relativement formateur.

« Être en Ligue 2 un jour avec 50 clubs copropriétaires »

La joie après le succès face à Bordeaux en mars dernier. Photo Philippe Le Brech

Revenons sur votre projet de club vendéen : aujourd’hui, concrètement, où en est-il ?
Ce projet est né au moment de la création de la SCIC en 2024. On va fédérer un certain nombre d’acteurs économiques qui viennent des quatre coins du département, et on va aussi fédérer des clubs de foot, et là, la particularité de notre SCIC, c’est la création d’un collège qui prévoit d’avoir comme associés les clubs de de football vendéens. Notre projet à terme, notre ambition mesurée mais déterminée, c’est d’être un jour en Ligue 2 avec 50 clubs vendéens qui soient copropriétaires du Vendée Foot, et ça c’est unique. Quand on l’a annoncé il y a deux ans, ça a fait grincer des dents, même chez des copains présidents que j’avais avertis au préalable; j’ai fait le tour des « popotes » pour aller présenter le projet, au District, à la Ligue, à la Fédération, au Département, à la Région, et je savais qu’il y aurait une réaction épidermique de quelques clubs concurrents comme à Fontenay, aux Herbiers et au Poiré-sur-Vie.

Mais je savais aussi que l’idée infuserait si nous avions les résultats sportifs, et c’est ce qui est en train de se produire en ce moment. Donc on y va doucement mais surement. Aujourd’hui, on a sollicité 15 clubs pour nous rejoindre : 12 ont dit oui dont l’organisation du tournoi mondial de Montaigu, qui sera associé à nous. Si on a la chance d’accéder en Ligue 3, le projet va marcher, on est confiant là-dessus. Nous sommes en capacité de fédérer des acteurs économiques. Je le répète, la locomotive de tout ça, c’est la réussite sportive. On va rentrer dans cette phase : si nous montons, derrière, on va structurer dur (sic) et notre projet va fonctionner.

Photo Philippe Le Brech

Votre projet est à la fois original et unique, mais vous comprenez que cela puisse paraître intéressé ?
Le projet est unique ! La Fédération, la DNCG, y’en a plein qui trouvent que c’est une super idée ! On parle toujours de ce qui ne va pas, mais je peux vous dire que tous les petits clubs rêvent d’avoir un club professionnel en Vendée. Dans le département, on doit être 136 ou 137 clubs : l’idée, c’est qu’ils achètent des actions dans la SCIC, une, cinq ou six, et qu’ils deviennent nos associés.

Alors ça n’a pas fait plaisir aux Herbiers, à Fontenay ou au Poiré, mais je suis dans le football depuis toujours, j’ai été président du club de Bretignolles où on a fait 8 montées en 15 ans, je suis passé par tous les niveaux, forcément, ça aide dans la connaissance du milieu. Quand Denis Rousseau, qui fut président de Challans (N3) pendant 37 ans, me dit que ça couine lorsque les partenaires de son club est partenaire de La Roche, c’est pour qu’on fait ce projet vendéen, avec l’appellation « Vendée ».

« La Roche tout seul, ça ne m’intéresse pas »

La joie après le succès face à Bordeaux en mars dernier. Photo Philippe Le Brech

Mais vous comprenez que des clubs comme Les Herbiers ou Le Poiré, qui ont une identité propre, et qui de surcroît ont des chefs d’entreprise comme vous à leur tête, puissent avoir une réaction « épidermique » comme vous dites ?
Le premier club que je suis allé voir, c’est Le Poiré, on est à 7km les uns des autres, je leur ai même proposé qu’on s’associe et qu’on joue chez eux, parce que parfois, le stade Henri-Desgrange, en hiver, il est vide, c’est un cimetière. Vous savez, ce que j’aime dans le foot, c’est des stades avec la main courante, comme à Saint-Malo où on est allé jouer dimanche (le 12 avril, 1-1), c’est extraordinaire, j’adore ! Les Herbiers aussi, je suis jaloux, là-bas, tout est bien, ça pue le football dans ces clubs.

Photo Philippe Le Brech

Un de mes amis, c’est André Liébot, le patron de K-Line, une des plus grandes boîtes vendéennes, partenaire des Herbiers : je leur ai aussi proposé de faire quelque chose ensemble, de construire un stade aux Essarts, à mi-chemin entre les deux clubs, et comme ça, le problème était réglé. Ils ont dit « non », je les comprends. Le Poiré, eux, ont été poli sur le sujet. Ce que je veux, c’est faire un grand club vendéen. Je ne suis pas Yonnais, j’habite sur la côte; ça n’intéresse pas Les Herbiers et Le Poiré ? Bon, bah on le fait tout seul.

Je voulais être force de proposition, mais après, qu’on ne vienne pas me reprocher de ne pas leur avoir proposé; à La Roche-sur-Yon, il y a aussi l’ESOF, avec qui on a essayé de fusionner trois fois en quinze ans, et on n’y est pas parvenu, à chaque fois cela a coûté son poste au président et récemment à la présidente (Malika Bousseau et Nicolas Racaud, Ndlr). Deux clubs concurrents distants de 500 mètres dans la même ville : cette situation-là aussi est catastrophique. Ce club yonnais va avoir comme associé tous les clubs de Vendée avec lesquels on mettra en place des échanges, un partenariat, un groupement d’achats; on va mutualiser plein de choses. On est sur un super-projet, c’est passionnant !

Et La Roche-sur-Yon tout seul ne peut pas y arriver ?
Si, peut-être, mais ça ne m’intéresse pas. J’ai toujours fait comme ça dans ma vie professionnelle : fédérer, créer des des équipes autour d’un projet, c’est ce que j’aime. Je passe mon temps à racheter des concurrents, parfois des petits concurrents.

Vous tablez sur combien de clubs actionnaires du Vendée FC La Roche ?
L’idée, c’est avoir 50 clubs vendéens partenaires. Imaginez un jour qu’on soit en Ligue 2 et qu’on dise que ces 50 clubs sont copropriétaires, je trouve cette idée géniale ! Leur présence sera symbolique parce qu’on sait bien qu’il faudra des fonds privés. Franchement, c’est un super projet. Il y a eu des réactions négatives relayées par la presse il y a 2 ans mais maintenant ça y est, le projet a infusé, on est d’accord avec la Ligue, le District, le Département et si on monte en Ligue 3, ça va fonctionner.

« Le Stade Rochelais, c’est THE modèle »

La joie après le succès face à Bordeaux en mars dernier. Photo Philippe Le Brech

Il y a aussi un point que vous avez soulevé : beaucoup de clubs du département sont associés à un grand chef d’entreprise, on pense à la famille Cougnaud au Poiré, à vous à La Roche, aux Herbiers…
Oui et comme je vous l’ai dit, malheureusement, Le Poiré ne s’associera pas. J’ai une relation polie et courtoise avec les Cougnaud, et extrêmement amicale avec André Liébot (K-Line), on est même intime. Les Cougnaud, quand je suis allé les voir pour fusionner, j’étais prêt à leur laisser les clés. Il n’y a pas d’histoire d’ego là-dedans, mais bon, ils sont dans le foot depuis 40 ans, alors pour eux, La Roche, c’est non ! Mais ce n’est pas sur eux que je mise.

Il y a au bas mot entre 50 et 70 très grosses entreprises en Vendée, qui ne sont partenaires d’aucun club de foot aujourd’hui, et qui n’attendent qu’une chose, qu’on soit véritablement les leaders du football dans le département. Beaucoup sont au rugby à La Rochelle : vous n’imaginez pas le nombre d’entreprises vendéennes qui mettent entre 25 000 euros et 150 000 à 200 000 euros par an au Stade Rochelais, c’est hallucinant. La Rochelle, c’est THE modele.

Mon projet c’est de faire en sorte que l’on ne soit pas tributaire d’un homme, d’un groupe, d’une entreprise. C’est aussi pour ça que je voudrais qu’au fil du temps, le groupe Akena ou ma holding familial (PACHA) ne soyons plus les actionnaires majoritaires du club, et c’est ce qu’a très bien réussi à faire le Stade Rochelais. Le président, Vincent Merling, détient 7 ou 8 % du club, c’est un choix, ça lui donne une force extraordinaire. Il faut aller chercher toutes ces entreprises qui ne sont pas encore partenaires.

« Le stade Desgrange, il est bien… quand il est plein ! »

Le stade Henri-Desgrange. Photo Vendée FC La Roche-sur-Yon

Parlons du stade Henri-Desgrange : il est bien ce stade pour jouer en Ligue 3, non ?
Il est bien quand il est plein ! C’est vrai que l’autre jour, avec 6500 personnes contre Bordeaux, on a vécu quelque chose qui nous a fait un bien considérable, dans tous les domaines (rires), mais je vous garantis que certains soirs d’hiver, quand on est entre 500 ou 1000 et qu’il fait froid, c’est tristounet. Et puis on a un énorme problème, le rugby (Fédérale 2) joue avec nous, et là, c’est un « gros » sujet. Si on monte en Ligue 3, on ne sait pas comment ça va se passer. Déjà, pour le stade, on aurait une année dérogatoire.

On sait d’autant moins comment cela va se passer qu’il y a un paramètre nouveau : la mairie vient de changer. Cette saison, on a eu joué matchs sur le terrain annexe en synthétique, sur lequel on a marqué plein de buts, OK, et c’est super, mais dans des conditions d’accueil catastrophiques, sans tribune, pratiquement sans spectateur… C’est pour ça, on va avoir rendez-vous avec la mairie dans les prochains jours, parce que même s’il ne faut pas vendre la peau de l’ours, il faut quand même anticiper les choses. On a le devoir de travailler sur le dossier Ligue 3, même si on n’y est pas encore. Attention, je ne suis pas en train de vous dire que je m’y vois déjà, mais je dois faire mon boulot. L’objectif, c’est d’avoir un nouveau stade pour la Ligue 2, on a un projet qui est presque prêt.

Frédéric Reculeau entraîne l’équipe fanion depuis 2022. Photo Philippe Le Brech

Pour être transparent, l’ancien maire voulait le faire aux Oudairies à côté du basket, mais nous pensions que ce n’était pas là qu’il fallait faire ce stade, pour plein de raisons, juridiques tout d’abord, car cela aurait conduit à des procédures de 5 à 8 ans en raison de la proximité des habitations, et ensuite pour un problème énorme de parking. On essayait de convaincre le maire de le mettre ailleurs, maintenant on va voir avec la nouvelle municipalité. On préfère attendre deux ou trois années de plus.

Notre module de stade est prêt, le cahier des charges est prêt, il est en cours de dessin avec les architectes qui font ça bénévolement, c’est Denis Rousseau justement, l’ex-président de Challans, qui préside cette commission. Voilà, quand je vous parlais de projet vendéen… Il n’est pas le seul « président » autour de moi, il y e a 7 ou 8, et pas des moindres, comme Michel Reculeau ou Alain Duret, et d’autres qui sont toujours à la tête de petits clubs comme Saint-Cécile. On est vraiment en train de fédérer les Vendéens. Ce sont eux qui travaillent sur cette commission. On espère pouvoir rentrer dans ce nouveau stade d’ici 3 à 5 ans, mais on mise plutôt sur 5 ans.

Pourquoi ne pas rénover Desgrange ?
Rénover Desgrange ? Cela pourrait aussi être une solution, mais il y a deux conditions à ça : faire disparaître la piste autour, parce qu’à un moment donné, il faut faire des choix. Le cyclisme à La Roche-sur-Yon justifie-t-il de garder la piste ? La deuxième condition, c’est d’avoir le terrain pour nous à 100 %. Aujourd’hui, on est des nomades : quand on termine le match le vendredi soir ou le samedi soir, on vide les frigos du bar, on enlève les affiches, on remet tout en ordre pour que le rugby puisse s’installer le dimanche, c’est un truc de dingue.

« On a beaucoup de bon sens en Vendée »

Photo Philippe Le Brech

Quid de votre budget actuel et de votre budget en Ligue 3 si vous montez ?
Cette année, il est d’1,6 million d’euros. En Ligue 3, si on monte, on pense qu’on peut jouer le maintien avec un million de plus. On ne fera pas n’importe quoi n’importe comment. On a une vertu commune en Vendée, c’est qu’on a beaucoup de bon sens; je veux être un bon gestionnaire et un bon père de famille. Je ne supporte pas l’idée qu’une collectivité doive se substituer en fin d’année au club pour boucher les trous. Cela m’énerve considérablement. C’est une situation dans laquelle je ne veux pas me retrouver. C’est aussi un sujet de discussion avec les élus, parce que c’est le cas de certains clubs qui connaissent des difficultés financières et sportives à La Roche-sur-Yon. La prime à l’incompétence ou à l’irrespect des engagements pris, ça suffit quoi ! Je veux que l’on reste raisonnable.

Et si votre idée de club vendéen n’était pas aussi une manière de « réveiller » les Yonnais ? Parce qu’il faut l’avouer, il n’y a pas non plus un engouement de folie autour du club à La Roche, qui n’est pas une ville de foot…
On n’a pas une véritable identité yonnaise, d’ailleurs, moi-même, je ne suis pas Yonnais. Beaucoup de dirigeants du club viennent de villages voisins. La Roche est une ville extrêmement sportive, je crois qu’il y a 70 clubs dont 4 clubs de football, mais on n’est pas une ville de foot. Par contre, tous les Vendéens sont nostalgiques de l’époque des années 80 et 90 quand La Roche-sur-Yon jouait en Division 2. J’avais 20 ans quand on a battu Marseille, Lyon et Saint-Etienne ! Il y a d autres clubs qui font le plein à La Roche, mais c’est un plein tout relatif parce qu’il y a 1000 ou 1500 places, au basket, au hockey-sur-glace.

« Il nous manque une âme »

Photo Philippe Le Brech

Est-ce qu’il ne manque pas aussi au club une belle campagne de coupe de France pour construire son histoire, comme l’ont fait Calais, Quevilly à l’époque, Les Herbiers ou plus récemment Le Puy ?
Je crois pouvoir vous dire, et cela va vous surprendre, que ni Frédéric Reculeau, ni moi, ne sommes calibrés pour la coupe de France. On est allé en 32e de finale contre Brest l’an passé, OK, mais à part ça, on s’est toujours fait sortir contre des équipes plus petites. J’ai tellement donné la priorité au championnat que jamais on ne s’est battu pour être une équipe de coupe de France.

Maintenant, si on a l’opportunité de faire un parcours un jour, on le fera, mais je vois bien que « Fred », la coupe, ce n’est pas son truc, et même à Luçon déjà, c’était le cas. On partage cette vision championnat-championnat, donc pour le moment ce n’est pas grave. Même si je reste persuadé qu’avoir des carrières régulières contribue à créer l’histoire d’un club, on l’a bien vu avec Les Herbiers. Encore faut-il avoir un vrai club, et ce n’est pas forcément le cas de La Roche, il nous manque une âme; ça ne me vexe pas d’entendre ça. On a besoin de réussir plus que les autres pour ça.

Mais si le club accède en Ligue 3, il devra se structurer, et ce dans de nombreux domaines, pas que sportivement…
Alors ça, c’est un peu plus mon domaine. Structurer le club comme une entreprise, je sais le faire. C’est mon coeur de métier même. Il y aura l’arrivée d’une ou deux personnes clés, à commencer par un directeur général notamment : si je la personne ciblée nous rejoint, ce sera la meilleure recrue du club la saison prochaine ! En Ligue 3, si on monte, on va passer un autre cap.

National 2 (journée 27) / samedi 25 avril 2026 à 18h : Stade Poitevin – Vendée FC La Roche-sur-Yon, au stade Michel-Amand 1

Alexis Araujo. Photo Philippe Le Brech
Clarck Nsikulu. Photo Philippe Le Brech
Tom Renaudineau. Photo Philippe Le Brech
Evan Morel. Photo Philippe Le Brech
Enzo Valentim. Photo Philippe Le Brech
Thomas Allemand. Photo Philippe Le Brech
Matys Vrignon. Photo Philippe Le Brech
Momar Ndiaye. Photo Philippe Le Brech
Matthieu Mahop. Photo Philippe Le Brech
Matthieu Jacob. Photo Philippe Le Brech
Jonathan Beaulieu. Photo Philippe Le Brech
Jason Buaillon. Photo Philippe Le Brech
Ibrahima Keita. Photo Philippe Le Brech
Imbadillahi Ahamada. Photo Philippe Le Brech
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De la Promotion d’Honneur à la Coupe du Monde, l’histoire d’un entraîneur/sélectionneur brillant qui, à 49 ans, vient de conquérir le Graal avec la République Démocratique du Congo, qualifiée pour la Coupe du Monde ! Son courage, son goût du défi, sa soif d’apprendre, son envie de découverte, son ambition et son art du management marquent un parcours du combattant jalonné d’une dizaine d’étapes en Afrique, où il a acquis énormément d’expérience en même temps qu’il s’est forgé une réputation et construit un palmarès.

Par Anthony BOYER / Mail : aboyer@13heuresfoot.fr / Photos : 13HF

Reportage réalisé dans le Var, samedi 11 avril 2026.

Sébastien Desabre n’était pas né quand le Zaïre a participé, en 1974, à sa seule Coupe du monde. C’était il y a 52 ans. C’était 33 ans avant que cette nation, la première d’Afrique subsaharienne à se qualifier pour une phase finale, ne devienne la République démocratique du Congo, en 1997.
C’était aussi deux ans avant la naissance, à Valence, dans la Drôme, en août 1976, de celui qui vient de conduire les Léopards à une deuxième Coupe du monde, à partir du 11 juillet prochain, aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique.

47e ticket, juste avant l’Irak

Sébastien Desabre, chez lui, dans le Var, le 11 avril 2026. Photo 13HF/AB

Le Mexique, la sélection de la RDC connaît : mardi 31 mars dernier, à Guadalaraja, elle a battu la Jamaïque (1-0 après prolongation) et décroché le 47e ticket pour la Coupe du monde, quelques heures avant que l’Irak ne s’octroie le 48e et dernier ticket d’une épreuve élargie. Un exploit grandeur nature pour une sélection emmenée, coachée, managée, entraînée, dirigée, guidée, on ne sait plus très bien quel verbe utiliser, par ce Français brillant, parti pour faire des études de médecine après son bac, avant de revoir ses plans.

Encore méconnu du grand public dans l’Hexagone, le « Sorcier blanc », comme on l’appelle dorénavant au Congo, est devenu un héros dans ce pays d’Afrique, où il a posé les pieds en octobre 2022 après sa seule et unique expérience française en pro, en Ligue 2, aux Chamois Niortais, 12 ans après sa première expérience de l’autre côté de la Méditerranée, à l’ASEC Mimosas d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, en 2010.

Au Cannet-Rocheville, avec Christian Lopez

A l’époque, Sébastien Desabre entraîne l’équipe seniors de Rocheville, un quartier du Cannet, tout près de Cannes, qu’il a fait grimper de deux divisions en deux ans, de DHR en CFA2. Il côtoie l’ancien international des Bleus et légende de l’AS Saint-Etienne, Christian Lopez, qui a commencé le foot à 11 ans dans le même club : c’est Lopez qui, désireux de se consacrer au poste d’entraîneur général, avait soufflé le nom de Desabre, entraîneur de la réserve, au président Jean-Marie Principiano pour prendre sa succession à la tête des … Verts du Cannet (et non pas de Saint-Etienne !). Le pari était risqué. Il sera gagnant.

Des paris, d’autres dirigeants d’autres clubs en feront avec Desabre, dont le parcours, riche, jalonné d’obstacles et d’aventures humaines, de titres également (1), force l’admiration. Parce qu’il faut avoir du cran, du courage, de la détermination et de l’ambition pour quitter la Côte d’Azur, sa famille, ses enfants, ses amis, à tout juste 34 ans, afin de tenter l’aventure. Tenter l’inconnu. Tenter l’impossible. Tenter le pari.

Quand Hervé Renard le propose à l’ASEC Mimosas

Photo capture d’écran 13HF

Mais « bouger » n’a jamais été un écueil pour ce fils de banquier, habitué très tôt à régulièrement déménager, changer de région, se construire, tout reconstruire. Et il faut aussi que des gens pensent à vous, fassent le lien, vous donnent leur chance. Hervé Renard fait partie de ceux-là.

Celui qui n’est pas encore double vainqueur de la coupe d’Afrique des nations (avec la Zambie en 2012 et avec la Côte d’Ivoire en 2015) et qui cherchent lui aussi à se frayer un chemin dans le milieu des entraîneurs pros, met Desabre en relation avec l’ASEC Mimosas d’Abidjan, à la recherche d’un coach. Renard habite Cannes, il connaît Desabre, qui lui a envoyé un CV, et quand il n’est pas avec Claude Leroy en sélection avec le Ghana ou, plus tard, seul avec la Zambie, il est un spectateur discret et très observateur dans les tribunes azuréennes lors des matchs amateurs. « J’habitais pas loin du stade Maurice-Jeanpierre au Cannet, et je venais voir des matchs de temps en temps quand j’étais en stand-by, raconte Hervé Renard; un jour, le président de l’ASEC Mimosas Abidjan, Roger Ouegnin, que je connais, et qui est d’ailleurs toujours président, me propose de venir entraîner son équipe, je lui réponds que non, que je me positionne plutôt sur des sélections. Il me demande alors si je connais quelqu’un, et c’est là que je pense à Sébastien. Je lui en parle, il est intéressé, et je fais le lien. Je ne suis pas allé plus loin dans les discussions (rires). Sébastien était jeune, l’âge c’était important, et puis bien sûr que j’avais décelé un truc chez lui. Un leadership, une intelligence… »

Intelligence. Le mot revient souvent dans la bouche des interlocuteurs qui l’ont connu. C’est le cas de Philippe Pineau, ancien gardien de but et ex-coéquipiers à Mougins et au Cannet-Rocheville, en réserve, qui l’a employé à Languazur, un organisme de formation destiné aux entreprises : « Seb’ était râleur et un peu rebelle sur le terrain, mais c’est quelqu’un de très intelligent. C’était très courageux de sa part de partir. Il était conseiller en formation, il proposait des formations aux entreprises. Il avait besoin de passer ses diplômes et on était parvenu à financer sa formation. »

« Je dois avouer que l’on ne se connaît pas plus que cela, poursuit Hervé Renard. On n’est pas des proches comme il peut l’être avec Sébastien Migné (sélectionneur d’Haïti). On s’envoie des messages, c’est tout, on se félicite après des matchs. Si je lui en ai envoyé un après la qualification de la RDC pour le Mondial ? Obligé, normal ! Bravo à lui, bravo pour son parcours en qualifications, où il y a eu beaucoup d’étapes. »

Desabre, Migné, Renard, Leroy…

A la tête de l’équipe du Cannet-Rocheville en 2007. Photo 13HF/AB

Renard, Desabre, Migné. Encore un Sébastien. Encore un sélectionneur – français – qualifié pour la Coupe du monde ! Migné, qui a côtoyé Renard à Vallauris, a entraîné le FC Mougins, à coté de Cannes, en Promotion d’honneur, où évoluait un certain… Desabre. A Mougins, Migné et Desabre apprennent à se connaître. Aujourd’hui, ils sont les meilleurs amis du monde. Ils seront encore meilleurs amis au Mondial, l’un avec Haïti, l’autre avec la RDC. Le mentor, Renard, devait être là lui aussi, avec l’Arabie Saoudite (il s’est fait limoger le 16 avril 2026). Et le précurseur, le chef, Claude Leroy, ne saura plus où donner de la tête.

Samedi dernier, Sébastien Desabre nous a reçus dans son pied-à-terre du haut-var (il habite Kinshasa), où il profite, au calme, de quelques jours de repos après la tempête congolaise. En plus de nous accorder un entretien de près d’une heure, deux cafés et un cadeau aussi magnifique qu’inattendu se sont rajoutés sur la table du salon, à côté du calepin, du stylo et du téléphone-enregistreur. Magnéto Seb !

Entretien

« La Coupe du Monde, c’était l’objectif principal de ma carrière »

Sébastien, commençons par ta personnalité. La première chose qui nous vient à l’esprit, c’est ta discrétion. Est-un choix ? Ou est-ce ta nature ?
C’est vrai, je ne mets pas beaucoup en avant. C’est ma nature. J’aime bien être discret, rester concentré sur ce que je fais au football. Et puis j’aime être tranquille quand je rentre de mission africaine aussi, parce qu’on est quand même pas pal sollicité en Afrique. Je l’ai beaucoup été dans les pays dans lesquels j’ai travaillé. Mon poste fait aussi que j’ai un devoir de représentation. J’ai toujours été comme ça et je me satisfait de ça.

Quand on ne te connaît pas, tu peux sembler froid, distant aussi… Est-ce une protection ?
On me l’a déjà dit ! Ce n’est pas une protection, parce que je suis quelqu’un de simple, avec qui on peut parler de tout, même si de prime abord, je peux paraître comme ça. C’est ma nature d’être tranquille, de prendre le temps, de se découvrir avec les gens que t’as envie de découvrir. Cela vient aussi de la pression que l’on peut avoir en Afrique, où je suis passé par des gros clubs, avec beaucoup de supporters, beaucoup de fans; à un moment donné, tu as envie de rentrer pour souffler, et être un peu tranquille, au calme.

« La pression, on s’y habitue »

Photo capture d’écran 13HF

Tu évoques la pression : on a l’impression que tu la gères bien, comme si elle glissait sur toi…
Les premières vraies pressions que j’ai eues, c’est au début, quand je suis parti sur le continent africain. j’ai senti qu’il y avait beaucoup d’attente. Mais après, tu t’y habitues. Et puis la pression quotidienne est inhérente à la fonction, et en plus, il y a de plus en plus de médiatisation, de réseaux sociaux aussi. Les gens, les fans, prennent position, forcément, c’est le football, c’est la folie, il y a beaucoup d’attente.

Et puis je suis passé par des gros-gros clubs en Afrique, comme le Wydad Casablanca, avec des matchs couperets, des derbys… Je ne veux pas dire que l’on s’y habitue mais à force, tu es fataliste, tu es là, tu ne dois pas te laisser perturber par tout ça, tu restes concentré sur l’enjeu, donc tu rentres dans une forme de recul, tu te recentres sur le jeu. C’est ce que j’essaie de faire, car on gère le match, on est à l’intérieur du match. Je prends l’exemple des changements : depuis qu’ils sont passés de 3 à 5, l’entraîneur a encore plus d’impact sur le jeu. On ne peut pas constamment se laisser indirectement influencer. C’est pour ça qu’il faut se protéger. J’ai un tableau avec tous les matchs que j’ai fait, dans tous les pays où je suis passé, avec tous les résultats, je crois que j’en suis à 380 matchs… A un moment donné, forcément, on s’habitue. Ce n’est pas comme au début, quand tu es jeune, que tu arrives, et que tu as un peu plus la boule au ventre.

La pression, les médias, c’est dur à gérer aussi en RDC ?
Sur la sélection, j’ai un staff de 22 personnes dont une personne dédiée aux médias. C’est un gros avantage. Cela permet de faire le tampon. Il sait ce que je souhaite et ce que je ne souhaite pas. Mais sur les réseaux sociaux, les Congolais sont un million, donc il y a de la folie, de la passion, des fausses informations aussi, auxquelles je ne réponds pas. Après, c’est comme partout, il y a des bons journalistes et des moins bons. Et il y a des personnes qui s’improvisent un peu journalistes. Il faut savoir maîtriser ce domaine, avoir les bonnes relations, être vrai. Il faut intégrer tout ça, parce que derrière, il y a toute une économie du football. Je préfère ne pas m’exprimer souvent, mais quand je parle, voilà, je dis les choses, je donne des informations.

Les clés du management

Sébastien Desabre, chez lui, dans le Var, le 11 avril 2026. Photo 13HF/AB

Au niveau de la médiatisation, tu as vu l’évolution depuis ton arrivée ?
Oui, il y a beaucoup plus de monde, de réseaux sociaux, de structuration aussi car aujourd’hui, il y a cinq ou six médias-sites qui prennent l’ascendant, et ça peut vite être la foire d’empoigne entre les uns et les autres. Mais ce qui est beau en Afrique, c’est que le football, c’est 24h sur 24, à la télé… Il y a des championnats comme le Maroc ou l’Algérie qui ont des chaînes dédiées au foot, donc il faut bien qu’ils trouvent de la matière, et parfois, la matière… Je ne regarde pas, mais j’ai Instagram, Twitter (X) et Facebook, parce que tu dois être présent sur la place pour pouvoir répondre aux informations si tu estimes que c’est nécessaire. Mais je ne suis pas très actif.

On a une mise en veille, on regarde, on surveille ce qui se dit, mais je ne suis pas influencé par ça. Et puis, compte tenu de notre fonction, on doit prendre de la hauteur par rapport à tout ça, on ne peut pas répondre à chaque fois qu’il y a une fausse information mais quand on a des messages à faire passer, on a l’officier-media qui peut s’en charger, c’est déjà arrivé. J’ai déjà provoqué des réactions, des articles ou des conférences de presse. Je n’ai pas eu de grosses crises à gérer. Les crises que l’on peut avoir, ce sont celles des résultats. De toute façon, personne ne fait l’unanimité à 100 %.

Photo capture d’écran 13HF

Ce qui frappe aussi chez toi, c’est ton éloquence, ton intelligence… Tu es quelqu’un de cultivé, d’ouvert, tu as des diplômes, ça vient d’où ?
De l’éducation. Au départ, je m’orientais vers la médecine. J’ai fait un bac scientifiques, un BTS d’analyse médicale, j’ai fait une année de médecine et je me suis orienté, par le biais du club du Cannet-Rocheville à l’époque, où j’ai pu intégrer une entreprise de formation, Languazur, grâce à Philippe Pineau, que je connaissais du FC Mougins. Avec Jean-Pierre Santoni, on a pu développer cette entreprise de formation professionnelle dédiée aux entreprises justement, et très tôt, très jeune, ça m’a permis d’avoir les premières clés en matière de management, parce qu’il fallait gérer des salariés, des adultes, j’avais 23 ou 24 ans.

Cela m’a permis aussi de prendre du recul par rapport aux problématiques humaines, et ça, ça me sert beaucoup aujourd’hui. Le poste de sélectionneur, avant, c’était 80 % de coaching et 20 % de gestion, puis c’est passé à du 50/50. Sur un poste de sélectionneur comme le mien, je dirais même que c’est 70 % de gestion, de management global. Si tu n’arrives pas à gérer le côté management humain, c’est compliqué. J’ai été en avance jeune là-dessus, ça m’a permis peut-être d’un peu plus mature professionnellement par rapport à ça. Et puis j’ai fait des erreurs de management très tôt aussi, dans le foot. Quand tu es jeune, tu crois tout savoir, comme tout le monde au final. Donc je me suis remis en question. Tu prends une ou deux claques et ça permet d’avancer.

J’ai dit à mon père : « Non, moi, je reste à Cannes ! »

Et cette ouverture d’esprit, ça vient d’où ?

Avec Christian Lopez, sur le banc du Cannet-Rocheville, en 2007. Photo 13HF/AB

C’est mon histoire de vie aussi, parce que mon père a beaucoup bougé dans différentes régions, on déménageait souvent. Il était banquier au Crédit Lyonnais, à la gestion privée. Il gérait des fortunes. En fait, je l’ai suivi. Je suis né à Valence mais je n’y suis resté qu’un an. Ensuite on a déménagé à Chalon-sur-Saône, puis à Epinal dans les Vosges, à Sens près d’Auxerre et enfin à Cannes, où je suis arrivé quand j’étais en classe de première. Et quand mon père a encore déménagé en Avignon, cette fois, j’ai dit « Non, moi je reste à Cannes, je suis bien là (rires) ! » J’avais 19 ans, j’étais intégré. Il m’a dit « OK, mais tu te débrouilles ».

C’est pour ça qu’il a fallu aussi que, en parallèle de mes études, je me « monnaie » un peu auprès des clubs de Mougins et de Rocheville (Cannet-Rocheville). J’avais fait un remplacement à l’hôpital des Broussailles à Cannes (devenu hôpital Simone-Veil) pendant quelques mois, en hématologie, après mon BTS biologie analyse médicale, et quand la personne que je remplaçais est revenue, je me suis dit « soit tu retournes travailler dans un laboratoire, soit tu travailles dans un club ». J’ai eu l’opportunité à Mougins d’avoir un emploi avec le club, toujours grâce à Philippe Pineau, et ensuite je suis parti à Rocheville, je jouais en équipe Une, et quand ils ont changé d’entraîneur, j’ai pris en charge la réserve, en Première division de District. J’étais entraîneur-joueur et on est monté en PHB ! Christian Lopez, qui entraînait la PHA, est monté en DHR mais il voulait prendre du recul : c’est lui qui m’a propulsé à la tête de la DHR avec l’aval de Jean-Marie Principiano, le président, une personne très importante pour moi, et tout est parti de là ! On est monté en DH puis en CFA2. J’ai démissionné de la société de Philippe Pineau et j’ai crée mon poste de salarié à plein temps au club de foot du Cannet, de 2007 à 2010, avant de partir en Afrique.

Joueur, tu avais un niveau régional…
Oui, j’étais un joueur amateur de niveau régional, gaucher, milieu de terrain. Bon, quand j’entraînais en CFA2, une fois, je me suis « fait rentrer tout seul » en cours de match et j’ai marqué aussi (rires) ! Toutes les connaissances que j’ai aujourd’hui, hormis les copains d’enfance, elles viennent du football, de Mougins et de Rocheville. Je suis toujours en contact avec les personnes que j’ai connus dans ces clubs à cette époque, mais j’y suis peu retourné. Je ne suis pas souvent ici, et quand je viens, je souffle.

« J’ai pris un risque »

Avec Le Cannet-Rocheville, en 2007. Photo 13HF/AB

Quand tu es parti du Cannet-Rocheville en octobre 2010 pour aller en Côte d’Ivoire, à l’ASEC Mimosas à Abidjan, c’était réfléchi ou c’était un coup de tête ? Et pourquoi l’Afrique ?
C’était le fait de se dire, voilà, avec Le Cannet-Rocheville, on était monté de DHR en DH puis de DH en CFA2, et à un moment donné, je m’apercevais que, pour quelqu’un avec mon profil, issu du milieu amateur, si je voulais encore « monter », j’étais bloqué. J’avais le DEF. Du coup, j’ai envoyé des CV à tout le monde, dont un à Hervé Renard, et un jour, Hervé m’a appelé : il était en stage avec le Ghana quand il était adjoint de Claude Leroy, à Abidjan, et à l’ASEC Mimosas, ils cherchaient un coach. C’est comme ça qu’il m’a mis en relation avec le club.

J’y suis allé, on était deux coachs à être reçus, il y avait aussi un entraîneur suisse, qui avait gagné la coupe du monde U20 je crois, je ne me souviens plus de son nom, et j’ai été recruté. Avec Hervé, on se connaissait, on avait joué une fois ensemble, il connaît bien mon beau-frère Thierry Pedrazzoli, qui est dans le giron, il a joué à Grasse et aussi à Mougins avec moi, il est président du club de foot du pays de Fayence (Var).

En partant dans l’inconnu, tu as pris un risque énorme, non ?
Oui, j’ai pris un risque. Je suis parti seul. J’avais signé deux ans, quasiment au même salaire qu’à Rocheville, mais pour que ma deuxième année soit validée, il fallait soit que je gagne le championnat, soit que je gagne la coupe, soit que j’aille en demi-finale de la Ligue des Champions. Finalement, on a gagné la coupe, 5-4 aux tirs au but (sourire), et mon contrat a été prolongé d’un an ! J’y suis resté deux ans et demi.

« En Afrique, tu passes un baccalauréat chaque week-end »

Avoir une sélection, c’était quelque chose que tu avais en tête depuis longtemps ?

Avec le président du Cannet-Rocheville, Jean-Marie Principiano, en 2007. Photo 13HF/AB

Oui, c’était une évolution sportivement. En France, les gens ne connaissent pas trop le marché des entraîneurs en Afrique. Là-bas, on regarde un CV, on dit « tu as fait un an ici, tu as fait un an là-bas, tu as beaucoup bougé », mais ce n’est pas le même marché. En Afrique, tu prépares ton équipe et ton match comme si tu passais un baccalauréat tous les week-ends. En club, ce n’est pas la même mise en place tactique qu’une sélection, et je recherchais ça, mettre un vrai projet global en place, voir si ça fonctionne. Ce n’est pas la même mise en place sportive non plus, qui est axée sur le long terme. En club, tu ne peux pas faire ça.

Par exemple, à l’Espérance de Tunis ou au Wydad (Casablanca), en cas de mauvais résultats, tu t’en vas. Ce n’est pas du tout la même chose. Là, en sélection, tout le monde te fait confiance, tu as le temps, tu peux vraiment avoir un impact sur la durée. En Ouganda, j’ai mis en place un projet sportif; on a récupéré des joueurs, on s’est qualifié pour la CAN, on a passé les poules, on s’est fait éliminer par le Sénégal en 2019. C’est ce qui me plaît aussi avec le Congo, une sélection qui a un passé, qui a eu et qui a de très-très bons joueurs. Mais la clé, c’était à Niort.

A Niort ?? Peux-tu expliquer ?
A Niort, c’était particulier, mais franchement, j’ai passé deux années magnifiques là-bas (de 2020 à 2022, en L2). Je me suis régalé avec une équipe jeune, mais bon, sur la troisième saison, on n’était plus sur la même longueur d’ondes avec le président Mikaël Hanouna, qui voulait faire du trading. Il vendait tout.

« Niort ? J’avais envie d’avoir un contrat d’entraîneur pro en France »

Comment as-tu atterri à Niort ?
C’est Karim (Fradin, l’ancien président) qui me fait venir, ça se passe bien, j’étais content d’avoir un président « foot », sauf que quand on revient de stage de préparation en Bretagne, il m’invite au restaurant et là il me dit qu’il a vendu le club. Bon… Après, je comprends, quand je suis arrivé, il ne pouvait pas tout me dire, c’est le business. Mikaël Hanouna prend la suite et le projet s’oriente totalement sur le trading. OK, je l’accepte, un an, deux ans, on a vendu pas mal de joueurs, mais à un moment donné, pour ta progression personnelle, tu as besoin de te fixer de réels objectifs sportifs. J’avais déjà refusé des projets en Afrique. Et puis la RDC est arrivée… Je savais qu’il y avait un potentiel au Congo, qu’il y avait une grosse marge de progression.

A l’époque, le timing a surpris (le championnat de Ligue 2 venait de commencer) et, surtout, ton départ a fuité dans les médias…

La fête après le match de la montée en CFA2 avec Le Cannet-Rocheville. Photo 13HF/AB

En fait, les gens ne le savent pas, mais voilà ce qui s’est passé. A Niort, j’avais un contrat de 2+1. Après la deuxième saison et un bon maintien en Ligue 2, assuré tôt, je fais part à Mikaël Hanouna de mon souhait de ne pas faire ma 3e année, c’était en avril ou mai, je ne sais plus. Je le fais par correction, ça laisse le temps au club de préparer la suite, sauf qu’il n’accepte pas. A ce moment-là, quand je lui dis « j’arrête’, je n’ai rien. Mais je cherchais à progresser.

Plus tard, on a un deuxième entretien. Là, je commençais à avoir des clubs qui me sollicitaient, Hanouna n’a pas lâché, il n’a pas accepté ma démission et c’est devenu tendu, parce que je ne voulais pas commencer la préparation. On n’a même pas parlé de salaire ! De toute façon, à Niort, je n’y suis pas allé pour l’argent : ce que je touchais était loin de ce que j’avais pu toucher en Afrique. Finalement, on se met d’accord pour que je fasse la préparation. Et arrive le Congo ! On allait à Annecy lors de la première journée, on recevait Bastia pour la 2e journée et ensuite, après ces deux matchs, on s’était mis d’accord pour que je parte. On gagne à Annecy et juste avant de jouer à Bastia, ça sort dans les médias.

Tu dis que tu n’es pas allé à Niort pour l’argent, mais pour quelles raisons alors ?
J’avais envie d’avoir un contrat professionnel d’entraîneur en France, parce que je viens du monde amateur.

Tu voulais prouver quelque chose, en somme…
Non, c’est juste l’opportunité qui a fait que. On avait envie de se poser avec mon épouse. J’ai découvert une région magnifique, on a adoré les Deux-Sèvres, on a acheté une maison là-bas, c’était vraiment bien. C’était un club familial, avec des jeunes, c’est dommage qu’il n’y ait plus rien aujourd’hui. Et après, tu dois avancer, tu continues ta carrière.

« Je n’ai pas de plan de carrière »

Revenir un jour en France, c’est dans un coin de ta tête ?
Je n’ai pas de plan de carrière. Mon plan, très tôt, c’était d’aller à la coupe du Monde. Jeune, c’était vraiment mon objectif, je me le suis fixé dès que j’ai entraîné, à 25 ans. Je me suis toujours dit, « tu es entraîneur de foot, tu veux devenir entraîneur professionnel et avoir la chance de vivre de ta passion »… J’ai appris sur le terrain. J’ai fait beaucoup de sacrifices professionnels et familiaux aussi. Et il y a une chose aussi : j’ai la particularité de n’avoir jamais été adjoint. J’ai toujours été numéro 1. Donc quand tu es toujours numéro 1, tu dois t’ouvrir, pour voir comment les choses se passent.

En fait, tu voulais avoir une sélection pour te donner la chance d’aller en coupe du Monde ?
L’objectif principal de ma carrière d’entraîneur, c’était d’arriver à entraîner en coupe du monde avec une équipe nationale. C’est un truc de fou ! En fait, j’y ai toujours cru. Quand je prends l’Ouganda, c’est aussi pour ça : je me dis, j’ai une sélection, je vais voir comment ça fonctionne, je vais apprendre, grandir encore, me faire un nom pour pouvoir être légitime et prendre des équipes qui peuvent aller à la Coupe du monde, parce que je garde toujours cette idée en tête. Et c’est ce qui s’est passé avec le Congo. J’ai rencontré à Paris le ministre des sports de l’époque, Serge Tshembo Nkonde, je connais bien le pays : tu ne peux pas, si tu n’as pas un certain nombre d’années d’expérience de l’Afrique en général, réussir au Congo, car il y a des clés, des codes, une expérience que tu dois connaître. Sinon c’est difficile.

Sébastien Desabre, chez lui, dans le Var, le 11 avril 2026. Photo 13HF/AB

Tu avais posé des conditions ?
Oui, mais j’en avais une seule : c’était celle d’être sélectionneur-manager. Sélectionneur simple, ce n’était pas possible. Là, je m’occupe de TOUTE la sélection : cela va du staff en passant par le recrutement. Je suis en relation directe avec la société qui s’occupe de la logistique, je regarde tout, les équipements, le design, les matchs amicaux, etc.

Bien sûr, je ne fais pas tout, il y a un staff, mais je délègue. C’est du management. Et à la fin, je valide pour être certain que le cadre est totalement professionnel. Comme ça, quand je vais chercher un joueur binational qui joue en Premier League par exemple, que je lui présente le projet, que je lui dis « Chez nous, ça se passe comme ça et comme ça », eh bien, c’est exactement ce qui se passe. Le joueur est dans les meilleures conditions. Lui, il s’engage à amener le maximum de son potentiel et nous on s’engage à lui mettre la structure qui va lui permettre de s’exprimer. C’est important. Le ministre a accepté ça. Tous les pays ne l’acceptent pas. C’est ça qui fait que tu as beaucoup plus d’impact que sur une sélection classique.

J’ai utilisé 55 joueurs, dont 30 à qui j’ai offert leur première sélection. Surtout des binationaux que je suis allé chercher, comme Aaron Wan-Bissaka de West Ham ou Axel Tuanzebe de Burnley, qui a marqué le but de la qualification face à la Jamaïque, et pour ça, c’est moi qui me déplace. Je vais voir les familles, les agents, je suis très autonome là-dessus. Je suis beaucoup en voyage pour aller voir les joueurs.

Du coup, j’ai la chance de voir beaucoup de gros matchs de très haut niveau, en Bundesliga, en Premier League, en Espagne, et ça aussi, en termes de construction de coach, c’est super enrichissant. Tu apprends à chaque match. Pour cette raison-là également, sélectionneur, c’est un poste qui est fantastique. Après, une autre chance, dans ce mandat-là, c’est d’avoir un comité de normalisation (Conor) à la Fédération avec simplement quatre personnes pour gérer les aspects administratifs et financiers. Et de fait, le sportif était de mon ressort.

« On est organisé comme l’équipe de France »

Un article de presse, en 2007. Photo 13HF/AB

Ta chance également, entre guillemets, c’est d’avoir eu des résultats rapidement…
Encore une fois, c’est une prise de risque et on a eu la chance de faire, oui, de faire des résultats au début, de disputer aussi une superbe Coupe d’Afrique des Nations, avec une demi-finale, donc ça te fortifie. Les joueurs cadres, les Chancel Mbemba ou Cédric Bakambu, se sont mis de suite dans le projet, parce qu’on a réussi à évoluer très vite dans le professionnalisme, l’encadrement et la structure.

Aujourd’hui, on est organisé comme l’équipe de France quand elle se déplace, on va dans les mêmes standards d’hôtel, et ainsi de suite. Dans un pays de 100 millions d’habitants, qui reste un pays avec des moyens, avec un président de la République (Félix Tshisekedi) qui est « foot », qui nous soutient, et ça c’est l’une des clés, le football reste toujours un vecteur social. Parce que les gens ne s’imaginent pas (il souffle), on joue dans des stades de 120 000 spectateurs ! Et quand le match est à 20h, c’est déjà rempli à 14h, c’est incroyable ! En RDC, la réussite de la sélection nationale, c’est leur fierté, je le vois quand je suis à l’aéroport, les gens te remercient, il ne faut pas oublier que ce sont des pays en guerre (conflit avec le Rwanda, Ndlr), ils ont besoin d’évacuer.

La guerre, c’est forcément quelque chose qui te parle, tu l’as vécue de près en Côte d’Ivoire…
Lors de mes première années à Abidjan, j’ai été exfiltré par l’Armée française après neuf jours d’isolement, c’était entre les deux tours de l’élection présidentielle qui opposait Laurent Gbagbo à Alassane Ouattara. On s’est fait tirer dessus, ça a été chaud. Toutes ces expériences font que l’on devient meilleur ensuite dans le management.

« Mes joueurs sont fantastiques ! »

Au coup de sifflet final libérateur au Mexique, à 120e, quand la RDC a validé son ticket pour le Mondial en battant la Jamaïque (1-0 a.p.), tu as pensé à qui, à quoi ?

Au moment de son départ du Cannet-Rocheville, en 2010, avec les amis du club. Photo 13HF/AB

La première chose qui m’est venue à l’esprit, c’est « ça y est » ! On avait mis ça en place depuis trois ans et demi. On avait UN SEUL objectif : se qualifier à la Coupe du Monde. Pour effacer les 52 ans d’absence. Pour toutes les générations. Et il faut être honnête aussi, on a pris une petite revanche parce que contre le Sénégal, dans le dernier match de la phase de poule, on menait 2 à 0 mais on n’est pas arrivé à tenir le score… Forcément tu as ta part de responsabilité là-dedans, tu perds 3-2, ça veut dire que tu es tout près de la Coupe du Monde pendant ce match et finalement, tu perds, et là, tu recules de cinq matchs en arrière.

On s’est retrouvé dans une situation où, pour aller à la Coupe du Monde, tu es obligé de gagner au Togo, tu es obligé de gagner contre le Soudan, contre le Cameroun, contre le Nigeria et contre la Jamaïque. Le groupe a eu cette résilience-là. Les joueurs sont fantastiques, très professionnels. Au final, ce parcours-là est incroyable, on a eu des gros-gros matchs. Il fallait ça pour atteindre l’objectif. Et puis il y a la satisfaction d’être arrivé à mettre quelque chose en place avec mon staff. On a partagé tous ensemble, parce que je ne suis pas seul.

Ndlr : Le 9 septembre 2025, le Sénégal, mené 2 à 0, s’était finalement imposé 3-2 à la 87e et avait terminé en tête de son groupe avec 24 points, devant la RDC, 22 points, en tête avant cet ultime match.

Ce match contre le Sénégal, tu l’avais en tête encore…
Non, parce que le Sénégal mérite sa qualification. Au tirage au sort des groupes de qualification, on est tombé avec la meilleure équipe d’Afrique selon moi, celle qui a les meilleurs joueurs. Donc là, quand tu sais que tu es avec eux, et que tu sais qu’il n’y a qu’une seule équipe qui y va (à la coupe du Monde), tu te dis « bon »… Mais, on avait fait match nul chez eux, on était premiers quand on les a reçus, donc on a fait des super-qualifs aussi par rapport au tirage au sort. L’histoire est comme ça. Il fallait que l’on en passe par là, c’est encore plus beau, on s’en souviendra encore plus, c’est génial !

« Sébastien Migné est comme un frère »

Sélectionneur ou entraîneur de club : que préfères-tu ?

En 2002, lorsqu’il était joueur, au FC Mougins. Photo G.M.

Sélectionneur, tu fais 10 à 12 matchs dans l’année, sauf quand il y a la CAN, il y a les 5 rassemblements, les 60 séances d’entraînement que tu dois faire alors qu’en club, tu en fais 250. Donc quand tu aimes entraîner, le terrain, les matchs, tout ça, ça te manque un peu. Quand tu es en club pendant 2 ou 3 ans, tu es dans le « tube », tu ne récupères jamais. Pour avoir eu la chance de faire les deux, je peux dire que je n’ai pas de préférence.

Pour moi, c’est le projet sportif qui est intéressant, même si le terrain, quand tu es sélectionneur, ça manque un peu au quotidien. Et puis, quand tu perds en club, tu as tout de suite un match qui arrive, tu enchaînes; là, en sélection, une fois que tu as tes dates FIFA, ça dure 8 jours, et après, il n’y a pas de cession de rattrapage, tu dois attendre les prochaines échéances pendant 2 mois. Après, c’est sûr que tu as un petit peu plus de temps libre quand tu es sélectionneur.

Renard, Migné, toi… On dirait que vous êtes une famille, avec Claude Leroy en chef, c’est un peu ça ?
On est en contact assez souvent. Je vois beaucoup Sébastien (Migné), qui est comme un frère, on est très proche familialement. Avec Hervé (Renard), on se téléphone parfois ou on s’envoie des messages, et Claude (Leroy), je le vois sur les matchs, il est toujours là. Je l’ai toujours dit, Claude a été le précurseur, avec Philippe Troussier et d’autres. Hervé a été l’adjoint de Claude au début (avec le Ghana, en 2007-2008), Seb’ a pris la place d’Hervé comme adjoint ensuite (avec Oman en 2008 avant de l’accompagner pendant de nombreuses années sur différentes sélections).

Moi, j’ai été un peu en dehors de ça parce que j’ai fait ma carrière comme numéro 1, sans passer par la case adjoint, avec des réussites, des échecs, en me construisant un peu tout seul même si tu as besoin d’aide extérieure. Il y a eu des rencontres dans ma vie qui m’ont permis de prendre des virages. Et puis il y a cette entraide entre nous : on est content les uns pour les autres, et pas du tout en concurrence.

Contre la Jamaïque, sur le banc, on a bien vu ta chemise blanc et la crinière blanche, qui était blonde avant (!), un look qui rappelait celui d’un certain Hervé Renard !
On ne choisit pas forcément nos couleurs sur le banc ! On est tributaire des réunions techniques avec les arbitres. L’histoire, sur ce match, c’est que l’arbitre central devait avoir un maillot rouge. Quand j’ai vu ça, je me suis dit « parfait », parce que moi, j’aime bien être en noir. La raison est simple : même par 31 degrés à l’ombre, les auréoles, on ne les voit pas (rires) ! Mais la veille, l’arbitre argentin a décidé de se mettre en noir, donc je n’ai pas eu trop le choix (rires) !

Si tu es assez réservé en dehors du terrain, tu es beaucoup plus démonstratif sur le banc…
Oui, je parle, je vis le match, je mets cette énergie dans cet espace temps, mais pas de manière démesurée, parce que tu dois discuter avec ton staff, prendre des décisions, avoir une réflexion tactique, penser aux changements. En fait, je discute beaucoup avec mon staff pendant le match, j’aime bien prendre les avis des uns et des autres, même si je ne les suis pas toujours.

« Ce fut un parcours du combattant »

Face à la Jamaïque, on a senti un match très tactique, on a senti le poids de l’enjeu aussi…
On avait beaucoup préparé tactiquement et stratégiquement cette rencontre. On a joué à 15h sous 31 degrés, avec beaucoup de pression. Dans un match comme ça, c’était l’un ou l’autre. Donc tu ne te livres pas. Ce n’était pas le match de l’année, mais j’ai de bons joueurs, qui jouent dans les meilleurs clubs européens, et même la Jamaïque, qui pouvait nous emmener aux penalties, a de très bons joueurs. Après, sur le nombre d’occasions, je pense que c’est logique; ça s’est débloqué sur un coup de pied arrêté. Ce sont des phases de jeu très importantes. On les travaille beaucoup. Contre le Cameroun, au match précédent, on avait débloqué la situation aussi sur coup de pied arrêté, à la dernière minute (Chancel Mbemba à la 90’+1). Là, pareil.

Tu réalises que tu vas aller à la coupe du Monde, ou pas encore ?
Là, on a des réunions le matin, on est en train de définir les matchs amicaux, les lieux des stages, etc. Il ne faut pas oublier qu’avec l’Irak, on est les derniers à s’être qualifiés. Pour la petite histoire, on est les avant-derniers, puisqu’on a joué à 15h et que l’Irak a joué à 21h ! C’est fou ! On a fait 13 matchs de qualifs’ pour y arriver ! On a commencé notre campagne en novembre 2023. Ce fut un parcours du combattant, on a eu des matchs comme au Soudan du Sud où il a fallu jouer sur un synthétique… On a eu une capacité d’adaptation très importante.

« Dans ma tête, je sais ce que j’aimerais faire »

En France, tu n’es pas encore très connu, sauf des spécialistes évidemment : n’as-tu pas envie d’y entraîner à nouveau un jour, afin d’être reconnu ?

Sébastien Desabre en 2007, au Cannet-Rocheville. Photo G. M.

Que je ne sois pas connu, ça ce n’est pas très grave. Aujourd’hui, la légitimité d’entraîner un club de Ligue 1 en France, on se l’est donné. Mon parcours fait que tu penses avoir les compétences pour le faire. Après, il y a déjà eu des contacts avec certains clubs, mais aujourd’hui, non. Et demain, ça peut être une possibilité.

Je suis sous contrat jusqu’en 2029 avec la RDC. Il y aura un avant et un après Coupe du Monde, où on va essayer de faire le maximum pour sortir de la poule; je pense que l’on est en capacité de passer la première phase au moins, et puis après on verra. En France, je n’aurai jamais la même aura que celle que j’ai en Afrique où, de par ma carrière, mes résultats, je sais que j’ai la capacité de continuer. Je ne fais pas de plan. Cela dépendra des opportunités. De toute façon, dans ma tête, je sais ce que j’aimerais faire. Là, pour l’instant, mon objectif, à moyen terme, c’est de faire une bonne Coupe du Monde avec la RDC. Pour l’objectif à long terme, on verra.

Sébastien Desabre, chez lui, dans le Var, le 11 avril 2026. Photo 13HF/AB

En France, on commence à voir de nouvelles têtes, de nouveaux jeunes entraîneurs, qui arrivent sur le marché, en Ligue 1, en Ligue 2…
Le marché est très difficile. Je sais qu’il y a de très bons coachs, très compétents, en National 2, en National, mais après, il faut avoir les opportunités. Et puis il y a les choix de carrière, les sacrifices, tout cela entre en ligne de compte. Quand je suis arrivé en Afrique à l’ASEC Mimosas, à Abidjan (en 2010), les Français étaient assez nombreux sur le continent, malheureusement, depuis, on est de moins en moins, parce que la France a fait le choix de limiter le nombre de diplôme du BEPF à 10 chaque saison, qui est aussi le diplôme de l’UEFA Pro, pendant que d’autres pays en délivrent dix fois plus par saison, comme le Portugal (90 par an), la Belgique ou l’Espagne, avec qui la France est en concurrence là-dessus.

Donc tous ces entraîneurs-là, compétents aussi, viennent sur le marché du travail en Afrique, ce qui fait que l’on a perdu des places, en raison du nombre et du manque de délivrance. C’est une stratégie différente. La FFF a voulu conserver un diplôme « high tech », difficile à obtenir, alors que d’autres pays ont ouvert ce diplôme. Et donc, certains coachs compétents sont barrés par ce fonctionnement. Quand je suis parti de France il y a 16 ans, ce n’était pas le cas. Et puis, on le voit bien aujourd’hui, le marché est difficile, le coach a perdu de sa superbe aussi : il est presque devenu un kleenex.

C’est quoi, l’objectif à long terme, ce que tu as dans un coin de ta tête ?
On verra…

(1) Sébastien Desabre a entraîné : ASEC Mimomas Abidjan (Côte d’Ivoire, 2010-12), Coton Club Garoua (Cameroun, 2012-13), Espérance Sportive Tunis (Tunisie, 2013-14), Clube Recreativo Desportivo Libolo (Angola, 2015), Dubaï Cultural SC (Emirats Arabes Unis, 2015-16), Jeunesse Sportive de Saoura (Algérie, 2016), Wydad Casablanca (Maroc, 2016-17), Ismaily SC (Egypte, 2017), équipe nationale d’Ouganda (2017-19), Pyramids FC (Egypte, 2019), Wydad Casablanca (Maroc, 2020), Chamois Niortais (2020-22), équipe nationale de la République Démocratique du Congo (depuis octobre 2022).
Palmarès : vainqueur de la coupe de Côte d’Ivoire, champion du Cameroun, champion d’Angola, champion du Maroc, champion de Tunisie, demi-finaliste de la CAN, finaliste de la coupe d’Egypte, qualification en coupe du monde, etc.

Avec la réserve de l’ES Cannet-Rocheville, en 2001 (debout, 6e en partant de la gauche. On reconnaît Philippe Pineau, debout, 2e en partant de la gauche). Photo G. M.
  • Texte : Anthony BOYER / X @BOYERANTHONY06 / mail : aboyer@13heuresfoot.fr
  • Photos : 13HF
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Pour le discret directeur sportif du Puy Foot 43, arrivé en septembre dernier, la 4e place de l’équipe a ouvert l’appétit du staff et des joueurs, d’autant qu’un succès contre Aubagne permettrait de recoller au 3e, le FC Rouen. Une situation inimaginable il y a quelques mois tant le club, en plein développement mais limité dans ses infrastructures, a mis du temps à entrer dans la compétition.

Par Anthony BOYER / Mail : aboyer@13heuresfoot.fr / Photos : Le Puy Foot 43

Reportage réalisé avant la rencontre face à Aubagne (défaite 1-2)

L’anecdote, racontée par Julien Converso et replacée dans le contexte actuel, permet de mieux comprendre comment l’ancien directeur sportif d’Orléans et de Quevilly Rouen, en Ligue 2, est arrivé au Puy, en septembre dernier.

Nous sommes en mai 2019. Le club de Haute-Loire, qui s’appelait toujours Le Puy Foot 43 Auvergne (avec la création d’une future SAS, il va changer d’appellation et devenir Le Puy-en-Velay FC, ce qui permettra de ne plus le confondre avec le site touristique du Puy du Fou en Vendée ou avec le département du Puy-de-Dôme !) dispute un match capital à Romorantin, à deux journées de la fin du championnat de N2. L’accession se joue entre Les Herbiers (1er), Andrézieux (3e) et l’équipe ponote (2e). Le MYF (Moulins-Yzeure Foot) d’un certain Stéphane Dief n’est pas loin derrière (4e), mais plus concerné par la montée.

Bienvenue en Sologne !

Photo LPF43

La veille de ce match dans le Loir-et-Cher, Julien Converso, alors directeur sportif à Orléans mais qui a conservé son domicile à Romorantin, reçoit chez lui Roland Vieira, le coach de l’époque (les deux hommes se sont connus à « Romo »), Christophe Gauthier, le président du Puy, et Olivier Miannay, le manager. C’est la découverte de la Sologne ! Le lien est noué.

Le lendemain, Les Ponots s’imposent au stade Jules-Ladoumègue 1-0 sur un but en fin de rencontre du capitaine Loïc Dufau, et profitent de la défaite du leader, Les Herbiers, à Andrézieux, pour s’emparer de la première place, à une journée de la fin ! Le Puy ne le sait pas encore, mais c’est le début d’une nouvelle ère…

Lors de l’ultime journée, la victoire contre Blois à Massot, 2 à 0, scelle l’accession en National, la première de l’histoire du club auvergnat. Quelques mois plus tard, à l’automne, Julien Converso est à l’origine du prêt de l’Orléanais Fahd El Khoumisti : son passage très apprécié à Massot va d’ailleurs relancer la carrière de l’attaquant, actuel meilleur buteur de National et troisième meilleur buteur de l’histoire du championnat derrière les retraités Kevin Lefaix (87 buts) et Cyril Arbaud (86).

Forcément, ce prêt réussi en 2019, quand bien même la saison n’ira pas à son terme, stoppée par la Covid, contribue à entretenir les bonnes relations et c’est presque logiquement que, 6 ans plus tard, Julien Converso est engagé au Puy pour prendre la suite d’Olivier Miannay, parti dans le projet Niel à Créteil. « J’avais déjà été en relation avec les dirigeants du Puy, notamment Philippe Thiebault, le directeur financier, et je connaissais très bien Olivier (Miannay) que j’avais rencontré la première fois quand il a commencé avec Jean-Marc Pilorget à Viry-Châtillon. Il a soufflé mon nom aux dirigeants, cela s’est fait. Olivier pensait que le club du Puy me correspondait. »

« Il fallait amener un peu d’expérience »

Avec le nouveau directeur général, Fabrice Breyton. Photo LPF43

L’officialisation de son arrivée au poste de directeur sportif est effective en septembre dernier, quelques jours après la nomination d’un nouveau directeur général, Fabrice Breyton. Forcément, à ce moment-là, la saison est déjà commencée. L’équipe constituée. Mais Julien Converso est depuis fin juillet au travail et en contact avec le coach Stéphane Dief, qui entame sa troisième saison gonflé à bloc, sa première en National, lui qui sort de deux saisons historiques avec le club, 1/4 de finaliste de la coupe de France et 2e de N2 derrière Aubagne en 2024, puis 1er de N2 en 2025 avec une accession à la clé dans l’antichambre de la Ligue 2, la troisième après 2019 et 2022 sous l’ère Roland Vieira.

« Mon arrivée correspond aussi à celle du nouveau directeur général, Fabrice Breyton. On a commencé en même temps, Lui s’occupe plus de l’administratif et du financier, moi du sportif. On est en relation permanente. Mais c’est vrai qu’avec Stéphane (Dief, le coach), on était en relation depuis fin juillet, on échangeait, on débriefait ensuite sur les matchs de championnat. Il y avait déjà un bon groupe à mon arrivée, il fallait simplement amener un peu d’expérience, ce que l’on a fait, recontextualise Julien Converso.« 

Un fauteuil pour cinq ?

Christophe Gauthier, président du Puy Foot 43. Photo 13HF

L’autre anecdote, plus récente, est plus… marrante ! C’était il y a seulement quelques jours. Un texto envoyé au président du Puy, Christophe Gauthier, dans lequel on écrit « Président, est-ce que vous y pensez le matin en vous rasant ? ». Le chef d’entreprise altiligérien, à la tête du club depuis 2010 après avoir été à la tête du club voisin de l’AS Taulhac, décroche le combiné et répond avec son accent auvergnat tellement caractéristique : « Mais de quoi parles-tu ? » lance-t-il. « De la 3e place », lui dit-on ! La réponse de Gauthier fuse : « Si on doit jouer la 3e place à la dernière journée, je m’arrangerai pour crever les pneus du bus de l’équipe pour qu’il n’arrive jamais au stade à Sochaux ! »

Bien sûr, c’est une boutade, mais c’est aussi une manière de prendre avec du recul et un peu de légèreté l’excellente situation sportive de l’équipe (4e) qui, à six journées de la fin du championnat, n’a jamais été aussi proche de cette fameuse 3e place, synonyme de barrage d’accession pour la Ligue 2. Une 3e place occupée par un FC Rouen qui n’a plus du tout le même rythme de champion que lors de la phase aller, et que lorgnent aussi logiquement le FC Fleury 91, le FC Versailles, deux équipes également à 3 points de Rouen, et l’US Orléans, à 4 points. Un fauteuil pour cinq, si l’on peut dire, puisque le FC Rouen, s’il n’est mathématiquement pas condamné à rester derrière les deux premiers, Sochaux et Dijon, n’a cependant plus les cartes en mains pour la montée directe, d’autant qu’il a un match en plus, jusqu’à aujourd’hui du moins.

« L’appétit vient en mangeant »

Évidemment, cette question autour de la place de barragiste, nous l’avons posée à Julien Converso : « La 3e place ? Je pense que ce sont surtout les joueurs et le staff qui y pensent, c’est normal, ce sont des compétiteurs. Mais c’est vrai que l’appétit vient en mangeant. Ce que je vois, c’est que les contenus de nos matchs sont globalement bons. Ce qui frappe aussi, c’est la qualité de jeu, elle est évidente et dans la continuité depuis deux ans, avec des redoublements de passes, des jeux à 3. Tout est fait pour aller gagner des matchs. On espère rester sur cette dynamique-là, mais quoi qu’il arrive, la saison sera bonne. Ce sera la première fois que Le Puy-en-Velay se maintiendra en National, qui deviendra la Ligue 3. Le staff fait un super travail et les gens prennent du plaisir à venir au stade Massot, où il faut que ce soit un spectacle. Et ce malgré la qualité du terrain ». Oui, parce que le hic, c’est la pelouse de Massot, dernière du classement des stades de National : « Un classement juste », selon Converso.

Des statistiques impressionnantes

Soir de match, au stade Massot. Photo LPF43

Ce que le nouveau directeur sportif voit aussi, c’est que Le Puy Foot se mesurera à quatre équipes du top 5 (contre Versailles, à Fleury, contre Dijon et à Sochaux) lors des quatre dernières journées : « Ça va être très compliqué. Lors des deux dernières journées, on reçoit Dijon, qui est leader, et après on va à Sochaux, qui est 2e. Pour l’instant, on n’a battu aucune des équipes du trio de tête. » Rien ne dit que cela ne changera pas…

Le natif de La Tronche, juste à côté de Grenoble, n’est pas aveugle : il voit bien que l’équipe ponote performe régulièrement cette saison. Trois statistiques le montrent bien.

  • 1. Promus en National en mai dernier, Le Puy a mis 7 journées avant de signer sa première victoire, à Saint-Brieuc, chez un autre promu (2-1), après un départ difficile sur le plan mathématique (3 points sur 18 possibles, 3 nuls et 3 défaites). Mais depuis cette fameuse J7, elle est tout simplement la 2e meilleure équipe du championnat derrière Dijon avec 41 points engrangés en 20 matchs, soit une allure de 2 points par match ! C’est remarquable.
  • 2. Depuis le début de la phase retour, l’équipe promue de N2 est 4e derrière Dijon, Sochaux et Fleury.
  • 3. L’équipe reste sur 4 victoires consécutives avant d’accueillir Aubagne et sur 7 matchs sans défaite (3 nuls et 4 victoires).

Des chiffres parlants, qui incitent au rêve ! « La 3e place est atteignable. Mais on ne va commencer à se projeter, même si c’est vrai que si l’on gagne contre Aubagne, on rejoint le FC Rouen au classement, qui est exempt. Après, bien sûr que c’est plaisant de jouer le haut de tableau. On se prend au jeu. »

17 ans passés à Romorantin

Stéphane Dief, le coach du Puy Foot 43. Photo LPF43

Pour Le Puy Foot 43, s’appuyer sur l’expérience de Julien Converso est important. À la fois pour poursuivre le développement du club dans le cadre de l’arrivée de la nouvelle Ligue 3 et de son cahier des charges assez lourd (la fameuse « licence club » qui, en fonction des différents critères à remplir, permet d’obtenir une dotation financière plus ou moins élevée, le minimum étant de 300 000 euros, le maximum de 400 000 euros).

Et aussi pour la connaissance de ce championnat si particulier, « même si le National d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celui d’avant ! C’est un championnat rigoureux, dur, qui est mis en avant. C’est un vrai tremplin aussi pour les jeunes. Et beaucoup de clubs du dessus viennent piocher dans ce championnat. Aujourd’hui, le National est vraiment pro. Même si des clubs n’ont pas ce statut, ils sont structurés comme tels. On sait que chez nous, par exemple, il y a un gros travail à faire, notamment pour remplir le maximum de critères de la licence club en Ligue 3, en termes d’infrastructures, car c’est là où le bât blesse. L’arrivée des nouveaux actionnaires s’inscrit justement dans cette volonté de professionnaliser et d’améliorer tout ça. On est aussi en relation constante avec les services de la municipalité pour y remédier. »

Photo LPF43

Avant de poser ses valises dans le chef-lieu de Haute-Loire, Julien Converso (50 ans) a pas mal bourlingué, même s’il est resté 17 ans à Romorantin, dont 14 au poste de DS, en National et en N2. Une fidélité rare aujourd’hui. « Je suis arrivé comme joueur à « Romo » en 2001, mais j’ai dû stopper ma carrière prématurément. J’ai eu une thrombose des artères du membre inférieur à la jambe droite, je ne pouvais plus poser le pied par terre ni même marcher. Les médecins ont mis du temps à diagnostiquer exactement ce que j’avais. Mes artères grêles étaient en mauvais état depuis ma naissance, et un jour, en championnat, je crois que c’était en décembre 2003, contre Pau, en National, j’ai pris un coup dessus, au niveau de la cheville, ça m a écrasé l’artère iléale. Après ça, j’ai fait des séjours à l’hôpital, jusqu’en 2010, où je devais suivre des traitements assez lourds. Parfois, je restais branché parfois pendant plusieurs semaines, 8 heures par jour, pour « filtrer » tout ça. C’était une période assez compliquée. »

Formé à Grenoble

Voilà pourquoi Julien a dû stopper tôt, à 28 ans, une carrière de joueur entamée à Grenoble, dans « son » club formateur, dans « sa » ville : « J’ai été ramasseur de balles à Grenoble ! Puis j’ai été aspirant, j’ai même fait mon premier match en pro à 17 ans, en 1992, en D2, et quand le club a déposé le bilan, en 1993, je suis parti à Louhans-Cuiseaux, où j’ai passé 6 ans. » Son poste ? Milieu défensif : « J’avais du volume de jeu mais je n’allais pas vite. En fait, je jouais simple, c’est ce qui est plus dur dans le foot je pense. Je récupérais le ballon et je le donnais proprement. » Un Didier Deschamps, en quelque sorte !

Il s’éveille au foot à Louhans-Cuiseaux !

C’est à Louhans, un club qui a énormément compté pour lui, que Julien « s’éveille » au foot. « J’ai été stagiaire pro puis pro pendant 4 ans ». En Saône-et-Loire, il connaît deux accessions de National en D2, la première en 1995 avec Alain Michel, la seconde avec Philippe Hinschberger en 1999. « Lors de la saison 1995-96, il y avait l’OM avec nous dans la poule de Super D2. Contre eux, il y avait plus de monde au stade de Bram, à Louhans, que dans l’ensemble de la ville ! Quand on les a reçus, il y avait 8000 spectateurs, c’est à dire plus de monde que la totalité de la ville (6500 habitants) ! Louhans, c’est un peu comme Le Puy, ce sont deux petites villes mignonnes, qui se ressemblent, même si Le Puy est beaucoup plus grand (19 000 habitants), avec des gens simples et sympathiques. Aujourd’hui, forcément, je regarde les résultats de mes anciens clubs, et ça me fait un peu mal au coeur pour certains, surtout pour Louhans qui est tombé en R1, c’est un club historique, avec un président emblématique comme Jacky Duriez. Il y a eu aussi Jean-Claude Guemon à Romo, qui m’a lancé comme DS. Ce sont un peu les mêmes personnages avec Christophe Gauthier au Puy. »

Reims, Gap, Le Negresco et « Romo »

La carrière de Julien se poursuit à Reims, en National, avec le regretté Manu Abreu (1999-2000) puis c’est le tournant. « Après Reims, je suis retourné à Grenoble quelque temps, où j’ai pris une brasserie, Le Negresco, avec un ami, Slim, que j’ai d’ailleurs revu il y a quelques jours. Il tient toujours l’établissement, 26 ans après, chapeau ! C’était une manière de préparer mon après-carrière. Quand je retourne à Grenoble, parfois, je vois Olivier Saragaglia, qui est adjoint à l’OM depuis peu de temps. On s’est connu au club, à Grenoble. Et puis, un jour, Bruno Steck, qui entraînait Gap, en DH, m’a appelé, et finalement j’ai signé un an, avec un deal : si je retrouvais un club, je pouvais partir ! On est monté en N3 avec Gap et c’est là que je suis parti à Romorantin en National après. Et il y a eu ce fameux match contre Pau, quand je prends ce coup et que je ne peux plus marcher… J’avais 27 ans. C’est là que je suis passé DS. Plus tard, en accord avec Romorantin, je bossais aussi comme recruteur avec Orléans puis avec Châteauroux. Et avant d’arriver au Puy, j’étais scout en France pour le club suisse de Neuchâtel Xamax. Mais c’est vrai qu’au départ, je n’envisageais pas forcément de faire ça. Pour moi, j’allais revenir à Grenoble. Et finalement, j’ai eu cette opportunité. »

Le discret

Photo LPF43

Forcément, avec de telles attaches grenobloises, il est logique de lui poser la question : pas de regret de ne pas faire partie de l’organigramme du GF38 ? « C’est vrai que je suis un vrai grenoblois, mais je n’ai aucun regret. J’aime bien revenir voir la famille et les amis de temps en temps, comme là, à Meylan, chez ma soeur, à son restaurant, « La mandibule », mais revivre à Grenoble, je ne sais pas si ça me plairait, raconte le papa de Mattéo (21 ans), Honorine (16 ans) et Zoé (11 ans). J’ai été habitué à partir très jeune de chez moi. Je connais encore des gens au GF38, dans le staff, j’ai été pensionnaire au centre de formation avec certains. Je connais aussi Max Marty, le manager général, depuis très longtemps, et Didier Garcin, le secrétaire général, on a joué ensemble. »

De Julien Converso, on a parlé de son expérience et de sa connaissances des différents championnats. L’on n’a pas évoqué sa personnalité. Discrète. Un caractère qui colle parfaitement avec l’image du club ponot, qui travaille et avance sans faire trop de bruit. « Oui, c’est vrai, la discrétion, c’est ce qui me caractérise le plus, je suis réservé au premier abord » confie celui qui n’a aucun réseau social, seulement WhatsApp ; « Je sais que tout le monde est sur LinkedIn maintenant, alors il faut que je m’y mette (rires) ! Mais bon, je communique déjà beaucoup avec WhatsApp, ça me suffit ! »

Au Puy, on lui demandera aussi de faire un peu de trading, une nouveauté pour un club qui ne cesse d’être dépouillé de ses meilleurs éléments, saison après saison : « Les transactions financières sont toujours un peu difficiles à négocier et à réaliser, mais faire quelques ventes, c’est un objectif aussi pour le club. On sera obligé de se séparer d’un ou de deux éléments cet été, pour faire des transferts, car il n’y a pas de droits TV. On doit absolument tenir compte de ce critère. »

Leur calendrier

Pour la place de 3e, qui permet de se qualifier pour le barrage aller-retour d’accession en Ligue 2, beaucoup de confrontations directes sont à disputer entre les cinq prétendants d’ici le clap de fin du championnat, le 16 mai prochain (dans le cas où Dijon et Sochaux terminent dans les deux premiers). Rappelons qu’en cas d’égalité entre deux équipes, ce n’est pas la différence de buts qui fai foi pour être départagé au classement, mais le goal-average direct, c’est à dire les confrontations directes. Idem si trois équipes ou plus sont ex-aequo (dans ce cas, un mini-championnat à 3, 4 ou 5, etc. départagera les clubs).

  • FC Rouen (3e, 47 points)

vendredi 10 avril : exempt
vendredi 17 avril : va à Concarneau
vendredi 24 avril : reçoit Aubagne
samedi 2 mai : reçoit Quevilly Rouen
samedi 9 mai : reçoit Versailles
vendredi 15 mai : va à Fleury

  • Le Puy Foot (4e, 44 pts)

vendredi 10 avril : reçoit Aubagne (1-2)
vendredi 17 avril : va à Quevilly Rouen
vendredi 24 avril : reçoit Versailles
vendredi 1er mai : va à Fleury
samedi 9 mai : reçoit Dijon
vendredi 15 mai : va à Sochaux

  • FC Fleury 91 (5e, 44 pts)

vendredi 10 avril : va à Sochaux (2-2)
vendredi 17 avril : reçoit Valenciennes
vendredi 24 avril : va à Châteauroux
samedi 2 mai : reçoit Le Puy
samedi 9 mai : va à Orléans
vendredi 15 mai : reçoit FC Rouen

  • FC Versailles (6e, 44 pts)

vendredi 10 avril : va à Valenciennes (défaite 1-0)
vendredi 17 avril : reçoit Châteauroux
vendredi 24 avril : va au Puy
vendredi 1er mai : reçoit Orléans
samedi 9 mai : va à Rouen FC
vendredi 15 mai : reçoit Saint-Brieuc

  • US Orléans (7e, 43 pts)

vendredi 10 avril : reçoit Concarneau (1-1)
vendredi 17 avril : reçoit Orléans
vendredi 24 avril : reçoit Quevilly Rouen
vendredi 1er mai : va à Versailles
samedi 9 mai : reçoit Fleury
vendredi 15 mai : va à Dijon

Vendredi 10 avril 2026 – Championnat National : Le Puy Foot 43 – Aubagne Air Bel, à 19h30, au stade Massot.

Voir le match en direct :

  • Texte : Anthony BOYER / X @BOYERANTHONY06 / mail : aboyer@13heuresfoot.fr
  • Photos : Le Puy Foot 43
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