En seulement cinq saisons, l’US Thionville Lusitanos, née en 2021 de la fusion de deux clubs et de l’alchimie entre un maire passionné, un chef d’entreprise déterminé et un coach ambitieux, est passée du Régional 2 à la Ligue 3 ! Une ascension fulgurante qui ne doit rien au hasard et qui en fait aujourd’hui le 2e club professionnel de Moselle, derrière le grand FC Metz.

Par Anthony BOYER, à Thionville / mail : aboyer@nicematin.fr / Photos Philippe LE BRECH, 13HF  (sauf mentions)

François Ventrici, président de l’USTL depuis 2021. Photo Philippe Le Brech

À Thionville, le bonheur est simple comme deux coups de fil ! Le premier, celui passé fin 2019 par François Ventrici à Julien François pour lui confier une mission maintien au CSO Amnéville, le club de National 3 qu’il préside. Le second, celui du maire de Thionville, Pierre Cuny, qui, en 2021, a décroché son combiné pour appeler François Ventrici, démissionnaire d’Amnéville.

Dans la presse locale, Ventrici, PDG du groupe SynergiePlus, une entreprise qu’il a fondée avec son épouse et spécialisée dans l’installation et la maintenance de systèmes de chauffage et de génie climatique (15 millions d’euros de CA), à la tête d’Amnéville depuis 6 ans, demande un rendez-vous avec le premier édile de la Ville, Éric Munier, après que ce dernier a décidé de réduire la subvention municipale de 150 000 à 100 000 euros. Une pilule qui ne passe pas en pleine période de Covid : « J’attends encore son appel. Il a toujours refusé de me rencontrer. J’avais dit à ce moment-là que si je n’avais pas de nouvelles de sa part, je prendrais mes responsabilités en démissionnant. Mais c’était du bluff. Et finalement c’est Pierre Cuny, le maire de Thionville, qui m’a téléphoné. Voilà comment tout a commencé ! ».

Cinq ans après, le club, qui est devenu tout d’abord l’US Thionville Lusitanos après la fusion le 2 mai 2021 du Thionville FC et du Thionville AS Portugais Saint-François, tous deux pensionnaires de Régional 2, a grimpé de 4 divisions en seulement 5 saisons !

Le pays des trois frontières

Photo Philippe Le Brech

François Ventrici (52 ans), originaire de Moyeuvre-Grande, entre Metz et Thionville, a donc trouvé ce qu’il cherchait pour mener à bien son projet : une ville dynamique et un maire ambitieux, qui aime le sport. Et ça fait toute la différence. « J’avais une idée en tête depuis une quinzaine d’années, née d’un constat très simple. La Moselle est un très beau département, riche de plus d’un million d’habitants, avec un tissu économique important, de belles entreprises. C’est le pays des trois frontières : on est à 15 minutes de Luxembourg, 25 minutes de l’Allemagne et une demi-heure de la Belgique. Il n’était pas normal que le département n’ait qu’un seul grand club, le FC Metz. Je l’ai toujours revendiqué auprès des instances, qu’elles soient nationales, régionales ou départementales. Je me suis dit que ce serait quand même bien d’avoir un deuxième « grand club » en Moselle, bien sûr, pas en Ligue 1 ou en Ligue 2, mais plutôt en National. Je trouvais que ce championnat (devenu cet été la Ligue 3) était tout à fait dans les cordes d’une ville d’un tel potentiel. Avec Pierre Cuny, j’ai trouvé un maire qui avait le même projet que le mien, et qui a très vite compris l’intérêt du sport et en particulier du football pour sa ville, un vecteur extraordinaire en terme de communication. Aujourd’hui, Thionville est connue dans toute la France, ce qui n’était pas le cas il y a quelques années en arrière. »

Au bon endroit au bon moment

Connue dans toute la France, notamment celle du football, grâce aussi à la belle médiatisation qui a accompagné le lancement de cette nouvelle Ligue 3 professionnelle, à la fois sur les réseaux sociaux, où l’on a senti un réel engouement et un phénomène de curiosité, et à la télévision, avec les retransmissions sur la chaîne Ligue1+. Quelque part, l’US Thionville Lusitanos est arrivée au bon en droit au bon moment.

Le succès de l’USTL ne repose pas seulement sur la rencontre de deux hommes ambitieux. Il faut y associer le troisième homme, l’entraîneur, Julien François, 47 ans depuis lundi. Entre l’ancien milieu de terrain professionnel du FC Metz (et aussi de Grenoble, Tours, Gazelec Ajaccio en L2) et François Ventrici, l’histoire a commencé… à Amnéville justement !

Julien François, un pari gagnant

Julien François, sur le banc de l’USTL pour la 6e saison consécutive. Photo Philippe Le Brech

Adjoint d’Albert Cartier au Gazelec Ajaccio, le Messin de naissance passe donc ce fameux entretien d’embauche par téléphone avec le chef d’entreprise, qui cherche à redonner un nouvel élan à l’équipe Amnéville, engluée en bas de tableau de National 3.

Le 5 décembre 2019, il est nommé à la tête du CSOA en remplacement de Pascal Janin, démissionnaire. Trois victoires, trois nuls et une défaite plus tard, le club grimpe à la 9e place (sur 14) et sauve sa tête au moment de l’arrêt brutal du championnat, Covid oblige.

La saison suivante est tronquée, stoppée dès le mois de septembre 2020 après seulement sept journées : Amnéville (1 victoire, 2 nuls et 4 défaites) est 14e et dernier, certes à seulement 3 points du 8e, mais qu’importe, le club est sauvé puisque la FFF a tout gelé.

Pour Julien François, la suite va s’écrire, elle aussi, à Thionville : « Avec Julien, ça a tout de suite matché, poursuit François Ventrici, qui a aussi présidé le club de Rosselange dans les années 2000, la commune limitrophe de Moyeuvre-Grande. Julien était encore en Corse quand on a fait cet entretien téléphonique et je lui ai donné le poste sans hésiter. Tout le monde nous voyait morts et on s’est sauvés. Après, c’est tout naturellement que je lui ai proposé de nous suivre à Thionville, où les ambitions étaient plus relevées, les moyens aussi. Il a fait le choix de me suivre et je crois qu’aujourd’hui, il ne le regrette pas. On est sur la même longueur d’onde. »

Il fallait avoir un certain cran et un certain courage aussi pour repartir en Régional 2, surtout après avoir entamé une carrière de coach en National 3, niveau convenable pour apprendre et s’aguerrir, de surcroît quand on a foulé des pelouses de Ligue 1 et Ligue 2 l’espace de 450 matchs !

Ce pari, ce tour de force même, a fonctionné : « Quand j’ai parlé de Thionville à Julien, je lui ai simplement dit « Fais-moi confiance et dans 3 ans on sera en National 2 » ! Et trois ans après, on était en National 2 ! J’avais un vrai plan. Après, bien sûr, soit le plan fonctionne, soit il ne fonctionne pas. Il s’avère que ça a marché. C’est vrai qu’à notre arrivée en 2021, on était en Régional 2, mais en fait, dans notre approche, on fonctionnait plutôt comme un club de N3 au quotidien. Jamais on ne s’est considéré comme un club de R2 même si c’était notre niveau. On a toujours eu un coup d’avance sur le plan sportif et c’est pour ça qu’on a réussi à chaque fois à franchir un palier. »

« Julien (François) finira en Ligue 1 »

Bryan Labissiere, milieu de terrain de l’USTL. Photo Philippe Le Brech

Forcément, avec de telles résultats, et avec la réputation qu’il est en train de se forger, Julien François, qui passe en parallèle son diplôme du BEPF cette saison, va susciter des convoitises. D’ailleurs, peut-être en a-t-il déjà suscité ? « J’en suis convaincu, il finira en Ligue 1, assure le président, grand fan de la Juventus de Turin. Julien est un gros bosseur. Avec lui, rien n’est dû au hasard ou à la chance, c’est dû au travail. C’est quelqu’un de déterminé, qui veut atteindre ses objectifs. Il a toutes les qualités pour aller au très-très haut-niveau. Si je m’attends à le perdre un jour ? Je sais bien que cela arrivera, mais on va essayer de le garder le plus longtemps possible même si je suis conscient qu’à un moment donné, il partira, parce que c’est le jeu, je n’ai aucun souci avec ça. »

Travail, détermination, des qualités que l’on retrouve aussi le président, qui aime rappeler qu’avec Amnéville, il avait attaqué la FFF quand son club, promu en N3, avait été interdit d’accession. Il avait finalement obtenu gain de cause et obligé les instances à réintégrer son équipe alors que la saison de N3 avait commencé depuis sept journées ! « Je n’ai pas la prétention de dire que j’ai beaucoup de qualités mais si j’en ai une, c’est bien celle -ci : quand je crois en quelque chose, j’y vais à fond, et en général ça marche. Il ne faut jamais lâcher. Tout le monde m’a pris pour un cinglé quand j’ai attaqué la Fédération mais on a gagné. Au départ, la DNCG a refusé la montée parce qu’on avait des capitaux propres négatifs, or il y avait un règlement qui disait qu’il devait être positifs. Mais ce règlement aurait dû apparaître au moins un an avant et cela n’a pas été le cas, et c’est cela que nous avons contesté. »

Seulement 17% de défaites en cinq ans !

Photo Philippe Le Brech

L’ascension fulgurante de l’USTL ne s’est pas arrêtée en National 2. Après un premier exercice 2024-25 très convaincant, ponctué à la 4e place, l’équipe mosellane a survolé la saison 2025-26, au point de se rapprocher du record historique du CS Sedan Ardennes à ce même niveau (13 victoires consécutives en 2019-2020 en N2), n’échouant qu’à la 12e marche après 11 succès de rang. Si bien que, très vite, Thionville a tué tout suspense pour la montée en Ligue 3. Plus surprenant encore, les coéquipiers du capitaine Cachito Wanduka ont très vite pris la mesure du monde professionnel, en s’installant en tête de cette nouvelle Ligue 3 à l’issue des trois premières journées (trois succès consécutifs en ouverture !).

Ce n’est pas fini : depuis son arrivée il y a presque 5 ans, Julien François a dirigé 141 matchs de championnat (chiffres arrêtées à la J7 de Ligue 3) pour un bilan impressionnant de 88 victoires (62,5 %), 29 nuls (20,5 %) et 24 défaites (17%). Qui dit mieux ?

Jusqu’où vont-ils aller et, surtout, jusqu’à quand cela va-t-il durer ? Un premier élément de réponse a déjà été apporté : l’USTL a ralenti son rythme (trois nuls et une lourde défaite 0-4 à domicile contre le FC Rouen lors de ses quatre derniers matchs) mais reste installé dans le premier tiers du classement (5e) avant la venue, ce samedi (20h45), dans ce bon vieux stade Guentrange (prononcez « Gainetrange ») d’une autre belle surprise, le promu vendéen de La Roche-sur-Yon, 2e et toujours invaincu (4 victoires et 3 nuls).

5206 spectateurs en 1979, le record, en D2 !

La sortie du tunnel au stade Guentrange, derrière le terrain, comme à Thonon ! Photo 13HF

Posé à environ 3 kilomètres du centre-ville de Thionville (comptez 35 à 40 minutes de marche), ce stade des années 70, qui a une âme et du charme, porte le nom d’un quartier prisé et résidentiel. Son long « tunnel » avec ces escaliers sous terre, la sortie des joueurs sur le côté, près du poteau de corner, rappellent un peu le côté pittoresque du stade Moynat, à Thonon-les-Bains.

L’histoire retient qu’il a déjà abrité une équipe de football professionnelle – la Sportive Thionvilloise, ancien nom du club – entre 1979 et 1981, en Division 2, juste avant un dépôt de bilan, un retour en Division 4 (l’équivalent du N2 aujourd’hui) et un changement de nom (Thionville FC).

Le 29 septembre 1979, il a même établi un record lors de la venue de l’AJ Auxerre, avec 5206 spectateurs. Mais durant ces deux saisons de D2, l’affluence moyenne étaient légèrement en dessous de 2500.

Quand on voit qu’aujourd’hui, l’USTL a disputé ses trois premiers matchs à domicile à chaque fois à guichets fermés (3000 spectateurs), on mesure mieux le nouvel engouement suscité par le récent parcours et les résultats de l’équipe. Et encore, le stade Guentrange aurait pu accueillir plus de monde contre Caen (4-2), Paris 13 Atletico (1-1) et Rouen (0-4) : « Actuellement, la jauge est de 3000, poursuit François Ventrici, mais sur nos trois premiers matchs, on avait le potentiel pour faire 5000, parce qu’on a refusé beaucoup de monde. La commission de sécurité est passée lundi (21 septembre), elle a donné un avis favorable pour augmenter la jauge à 4700, cela devrait être officialisé mi-octobre. Vous voyez, tout cela prend son sens ! C’est ce que je vous disais, il y vraiment la place pour un 2e grand club en Moselle, parce qu’il y a un vrai engouement. On est dans un bassin de population qui est quand même important, la preuve, au stade, il y a du monde. »

Un public « bourgeois » à Guentrange ?

Un public « bourgeois » au stade Guentrange ? Photo 13HF

Du monde, mais pas beaucoup de bruit. Et c’est vraiment surprenant. Voire déconcertant. A tel point que même le coach du FC Rouen, Régis Brouard, a été surpris de l’ambiance feutrée lorsque son équipe est venue jouer à Guentrange (le 12 septembre, journée 6, succès 4 à 0), lui qui s’attendait à un chaudron et avait mis ses joueurs en garde.

Mais à défaut de chaudron, et malgré les efforts de la quinzaine de supporters du nouveau kop « Brigade Thionvilloise 26 », ce fut une ambiance de cathédrale. Et la physionomie du match n’a rien à voir là-dedans. Alors, Guentrange, public de spectateurs ? Gérard, 66 ans, et Jean-Marie, 79 ans, tous deux abonnés et habitués des anciens bancs en bois de la grande tribune couverte – ils ont été remplacés par des sièges numérotés cet été -, ont leur explication : « Ici, à Thionville, ce n’est pas un public chaud, mais un public bourgeois ». Ventrici : « On a un public varié, familial, avec beaucoup de partenaires. c’est vrai qu’il n’est pas très pas démonstratif mais je vous assure que l’on a eu de belles ambiances, comme contre Valenciennes en Coupe de France il y a 2 ans, ou contre Caen récemment en championnat. »

Bourgeois. Le mot est lâché. Et peut surprendre dans une ville à l’image industrielle, qui a fait sa renommée autour de la sidérurgie, mais c’est oublier que beaucoup d’habitants de Thionville et son agglomération travaillent au Luxembourg où les salaires sont plus élevés. C’est oublié aussi que Thionville a opéré sa mue (mobilité, transition verte, etc.), où l’impact du travail frontalier au Luxembourg se fait fortement ressentir. « C’est dû aussi à l’emplacement géographique et à la proximité des frontières, plus précisément celle du Luxembourg, étaye Ventrici. Il y a un énorme pouvoir d’achat à Thionville parce que la plupart des gens travaillent au Luxembourg, où les salaires sont, sans exagérer, au moins le double, donc on peut dire que c’est un peu bourgeois ».

Une stratégie tarifaire payante

Gérard et Jean-Marie, fidèles habitués du stade Guentrange. Photo 13HF

Cette « bourgeoisie » n’est en tout cas pas la raison de l’augmentation des abonnements annuels en tribune, qu’ont bien noté Gérard et Jean-Marie, nos deux fidèles supporters, qui, contrairement au président – « J’étais trop jeune » – ont connu les grandes heures de la Division 2 et vu jouer ceux qui ont fait l’histoire, les Nicolas Braun, Bobby Brown, Eric Bedouet, Fernand Jeitz ou le gardien Patrick Barth, pour ne citer qu’eux. « L’an passé, on payait 100 euros en tribune pour la saison et cette année, c’est passé à 280 euros. Et la place au match, toujours en tribune, est passée de 10 à 20 euros » déplorent-ils.

François Ventrici assume cette augmentation et la justifie : « Pour être aux normes de la Ligue 3, la Ville a réalisé une première phase de travaux cet été (pour un coût d’environ 920 000 euros, Ndlr), notamment dans la tribune où le nombre de places assises, avec l’installation des sièges numérotés et les places réservées aux partenaires, aux VIP, aux collectivités territoriales, est passé de 1800 l’an passé à 1500 environ. Du coup, il restait moins de places assises à commercialiser et on a fait le choix d’augmenter le prix en tribune, que l’on a jugé correct, parce que d’une part, c’est quand même la tribune, et d’autre part, cela permettait d’avoir plus de monde en gradins, tout autour du terrain, où c’est beaucoup moins cher. La stratégie a plutôt bien marché. Je n’avais pas d’intérêt à faire des prix à moindres coûts en tribune. Bien sûr, on aurait pu faire 15 euros le match, mais voilà… Les gradins, c ‘est 7 euros, et l’abonnement annuel est à 50 euros, c’est très accessible. Et cela permet de contenter un public pour qui le tarif en tribune ne convient pas. »

Des travaux en trois phases à Guentrange

Face à la tribune, il est prévu de couvrir les gradins. Photo 13HF

Cette politique tarifaire fonctionne : Guentrange est plein ! Et un stade plein, même vétuste, ça fait plaisir à voir et donne de belles images. Tout ça, c’est bon pour les souvenirs même si François Ventrici pense à l’avenir et notamment au développement à la fois structurel et sportif de l’USTL.

Structurel, avec, à terme, la couverture des « pourtours » : « Dans le projet de travaux sur 3 ans du stade acté par la municipalité, l’étape numéro 2 sera de couvrir tous les gradins, ce qui fera un joli stade fermé. L’idée, c’est vraiment d’améliorer Guentrange qui me plaît et me convient. Je préfère avoir un stade de 5000 places rempli plutôt qu’un de 10 000 à moitié vide. C’est ma vision ».

Sportif, avec l’installation durable de l’équipe fanion dans cette nouvelle Ligue 3 professionnelle, la montée en U19 Nationaux chez les jeunes (l’USTL compte déjà une équipe en U17 Nationaux) et la création d’un centre de formation : « Chez nous, ça bosse très-très bien chez les jeunes ! On s’est laissé trois ans pour créer un centre de formation. Chaque année, on a une petite dizaine de jeunes qui partent dans de plus gros clubs et on voit bien qu’au centre de formation du FC Metz, le club voisin, c’est dur d’y entrer, les places sont comptées. Un garçon comme Rémi Himbert (Olympique Lyonnais) est passé chez nous. Il nous manque juste les infrastructures. On envisage de construire un bâtiment, c’est un projet porté par un bailleur social avec l’aide des collectivités territoriales. »

« Avec le FC Metz, on ne veut pas forcer les choses »

Photo Philippe Le Brech

« Beaucoup de gens sont déçus par le FC Metz, le club que l’on supporte dans la région, poursuivent Gérard et Jean-Marie, qui suivent attentivement l’échauffement de leur équipe. Nous allons voir les matchs à Saint-Symphorien aussi, et comme beaucoup, nous sommes déçus. Mais il n’y a pas de rivalité entre les deux clubs. Simplement, on trouve étonnant que le FC Metz ne prête pas de joueurs à Thionville. »

« On a un lien avec le FC Metz, appuie François Ventrici, et ce, depuis des années. Avec le président Bernard Serin, qui est un monsieur extraordinaire, on bosse ensemble, mais on ne veut pas forcer les choses. Bien sûr, j’entends les gens qui disent « Tiens, il n’y a pas de joueurs prêtés par le FC Metz à Thionville », mais il faut que les joueurs nous intéressent et il faut aussi qu’ils veuillent bien venir chez nous, ça ne se fait pas comme ça. Si demain il y a une opportunité, on la saisira ».

« Je trouve que cette Ligue 3 est extraordinaire ! »

Photo 13HF

Cinq ans et quatre mois après la naissance du projet US Thionville Lusitanos, voilà le club de la deuxième ville du département dans le monde pro, en Ligue 3. Et l’on voit bien, compte tenu du début de saison (3 victoires, 3 nuls et 1 défaite avant la journée 8 face à La Roche-sur-Yon), que les joueurs de Julien François ne sont pas là pour faire de la figuration.

L’objectif est clair : assurer le maintien et pérenniser le club à cet échelon, que François Ventrici juge idoine : « Je trouve cette Ligue 3 extraordinaire, vraiment ! Il faut être conscient de ce qu’était le National avant, un championnat amateur pas télévisé, qui avait beaucoup d’inconvénients, moins reconnu, et là, avec la L3, les choses sont carrées. J’estime que c’est vraiment le bon rapport qualité-prix, même si je n’aime pas trop cette expression. La L3 est pro, ok, mais ça reste à taille humaine, avec des budgets encore raisonnables, même si c’est beaucoup d’argent. Cette saison, le club est passé en société (SAS) et nous allons avoir 3 millions d’euros de budget, contre 1,6 l’an passé en N2. Je pense que si on bosse bien, avec ça, on peut se maintenir. Chez nous, la moyenne des salaires est de 2500 balles pour les joueurs. On est loin de la L2 ou de la L1, où là, c’est un autre monde. Et puis, je ne sais pas si ça me plairait d’y aller, parce que ce que j’aime en Ligue 3, c’est que le volet sportif peut encore être prioritaire sur le volet financier, alors qu’en L2 et en L1, c’est le financier qui prime, on ne parle que de trading, on fait jouer le petit jeune prometteur pour mieux le vendre, et ça, ça me plaît moins. En L3, on peut encore se préserver de ça. Ce championnat, c’est un bon compromis ».

La fusion, une vraie réussite

quelques membres de la Brigade Thionvilloise 26, ici à Fleury. Photo Jules Schaub / USTL

Cinq ans et quatre mois après le lancement de l’USTL, François Ventrici est parvenu à ses fins : accéder en National/L3 ! Chose qu’il n’avait pu réaliser à Amnéville. Alors, Thionville, une revanche pour le chef d’entreprise ? « Pas du tout, assure-t-il, catégorique; c’est l’aboutissement d’un projet qui me tenait à cœur. Moi, ce que je voulais, c’était réaliser mon projet de National. Vous savez, Amnéville était un projet qui me tenait à coeur. Je donnais de mon temps, de mon argent, je m’investissais beaucoup, malheureusement, j’avais un maire qui n’était pas sport en général et encore moins foot et là, avec Thionville, j’en ai un autre qui est tout l’inverse et qui voulait un gros projet, ça a matché, et la preuve, les résultats ont suivi. Aujourd’hui, la page Amnéville est vraiment fermée : je n’ai aucune rancoeur, on y a fait de belles choses et ça reste un club que je suis, même si en ce moment ils ont de grosses difficultés. »

À Guentrange, on croise aussi du beau monde. Sylvain Kastendeuch, l’ancienne gloire du FC Metz, monsieur « zéro carton rouge », est là : aujourd’hui, il arbore une nouvelle casquette après celle de l’UNFP. Il est ambassadeur du territoire Thionville Fensch Agglomération. L’on croise aussi des Portugais. Beaucoup de Portugais. Rien que de très normal, c’est aussi leur club. Certains sont bénévoles, et savent accueillir. Ils sont discrets, courtois, dévoués et serviables. Leur influence se fait ressentir. Visiblement, la fusion s’est bien passée.

Photo 13HF

« Oui, ça se passe bien, confirme François Ventrici, c’est une très grosse fierté, une vraie satisfaction, d’avoir ramené leur club à ce niveau. Quand je les ai rencontrés avant la fusion, je leur ai dit « Soit on reste petit, chacun dans notre coin, ou soit on se met ensemble et on fait un gros club dans le but de rêver un peu ! Et tout le monde a adhéré à mon discours. On a ramé tous ensemble dans le même sens. Aujourd’hui, si l’USTL en est là, ce n’est pas le succès du président ou du coach, ou de quelques hommes, c’est un tout, c’est une alchimie, une victoire collective. On a voulu avoir ce deuxième grand club en Moselle, on l’a construit ensemble. C’est une fierté. L’USTL n’est pas un club qui marche à coups de porte-monnaie et moi je ne suis pas un président qui vient avec tout son fric et qui le met sur la table, non, ça, ça ne me plaît pas. Ici, c’est le travail. On a un petit peu de moyens, ok, mais chacun apporte sa pierre à l’édifice et le fric, on va aller le chercher, on va ramener des partenaires. C’est ce qui fait notre réussite. »

Samedi 26 septembre 2026 – Ligue 3 BetClic (journée 8), à 20h45 : US Thionville Lusitanos – Vendée FC La Roche-sur-Yon, à 20h45 (en direct sur Ligue1+)

Lire aussi / Julien François « Je ne suis pas l’entraîneur copain » : https://13heuresfoot.fr/actualites/julien-francois-thionville-lusitanos-je-ne-suis-pas-lentraineur-copain/

  • Texte : Anthony BOYER / mail : aboyer@13heuresfoot.fr
  • Photos : Philippe LE BRECH , 13heuresfoot et USTL
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François Ventrici, le président. Photo Philippe Le Brech
Photo 13HF
Photo Jules Schaub / USTL
Karim Bouhmidi. Photo Philippe Le Brech
Wildrief Bedfian. Photo Philippe Le Brech
Enzo Montet. Photo Philippe Le Brech
Samir Bouzar. Photo Philippe Le Brech
Alexis Gouletquer. Photo Philippe Le Brech
Cachito Wanduka. Photo Philippe Le Brech
Bourama Diarra. Photo Philippe Le Brech
David Luvualu. Photo Philippe Le Brech
Simon Kalambayi. Photo Philippe Le Brech
Samed Kilic. Photo Philippe Le Brech
Muamer Aljic. Photo Philippe Le Brech
Kylian Tubio. Photo Phlippe Le Brech
Beaucoup de monde devant les stands. Photo 13HF
3000 spectateurs ont garni le stade Guentrange de Thionville lors des trois premiers matchs de Ligue 3. Photo 13HF

 

 

 

 

Près de 20 ans de présence au club, neuvième saison consécutive dans la peau de l’entraîneur principal… Le coach des « Genôts », qui avait repris l’équipe en Régional 2 en 2018 après une carrière de joueur et d’éducateur chez les jeunes, affiche une fidélité rare en même temps que des résultats sportifs probants, avec quatre accessions à son actif.

Par Anthony BOYER, au Poiré-sur-Vie / mail : aboyer@13heuresfoot.fr / Photos : Philippe LE BRECH et 13HF

Photo Philippe Le Brech

Making of. Avec Rabie Zeroual, on avait prévu de se rencontrer au stade Henri-Desgrange, à La Roche-sur-Yon, la commune où il réside, à l’occasion du match de Ligue 3 face à Cannes. Sauf que l’actuel coach du Poiré-sur-Vie, le club de National 1 situé à quinze minutes de la préfecture de Vendée, est resté à la porte, devant les guichets. Complet ! L’ancien joueur de La Roche (43 ans) faisait donc partie des quelque 500 personnes qui se sont vues refuser l’entrée, faute de place, une péripétie qui a d’ailleurs poussé le club phare du département à pondre un communiqué afin de s’excuser.

Pas grave, Rabie Zeroual est allé voir le match chez Lucas Pezant, son adjoint au Poiré. Et le lendemain matin, il est venu nous chercher à 8 heures pour une petite visite guidée des installations du stade de l’Idonnière, au Poiré-sur-Vie, avant de se prêter au jeu de l’interview, bien installé dans le bureau du staff technique. On le remercie chaleureusement pour ça, car nous étions « veille de match » (déplacement à Saint-Brieuc pour la journée 1 de N1). Le natif de Poitiers (Vienne) a consacré une heure et demie de son temps précieux pour nous, et quand on sait l’emploi du temps très chargé des techniciens… « L’article sortira après ton deuxième match de championnat » le prévient-on.

Photo 13HF

Le deuxième match, c’est Saint-Malo. Juste après celui de Saint-Brieuc. Saint-Malo, Saint-Brieuc, difficile de faire plus difficile pour commencer la saison, surtout pour un promu, même si le club a déjà affronté ces deux équipes il y a deux saisons, après la première accession. Seulement voilà, cet exercice 2024-2025 fut raté dans les grandes largeurs. Et si celui qui vient de commencer s’annonce également compliqué, ce ne sont pas les trois premiers revers, à Saint-Brieuc donc (1-0), face à Saint-Malo à l’Idonnière (0-4) et à Granville (2-1), qui vont saper le moral des troupes, armées pour se maintenir.

Les deux grosses cylindrées, annoncées comme les favoris du championnat avec Bayonne et Angoulême aussi, sont passées : place maintenant au « vrai » championnat, celui qui concerne un peu plus les Genôts. Celui de la deuxième partie de tableau. Finalement, il a fallu attendre la 4e journée pour assister à la première victoire du Poiré-sur-Vie, samedi dernier, face à Saumur Olympique (2-0, buts de Mathias Lopes et Emilien Chauvet). On espère simplement qu’ils n’attendront pas la 11e journée pour remporter leur deuxième succès comme cela avait été le cas durant la saison cauchemar évoquée plus haut, surtout qu’il n’y en avait pas eu d’autre par la suite. Quant à cet article, il est paru un peu plus tard que prévu finalement. Personne ne nous en tiendra rigueur !

Entretien / Rabie Zeroual :

« Il y a des valeurs fortes chez nous »

Photo Philippe Le Brech

Peux-tu retracer ton parcours en ballon ?
Je suis né le 8 juillet 83 à Poitiers mais à l’âge de 4 ans, on est parti à Ancenis, pour le travail de mon père, où j’ai commencé à jouer au foot, en débutant. J’ai gravi les catégories jusqu’en équipe première, qui, à l’époque, était en DH. Mais j’ai connu Ancenis en Division 2 ! J’avais 10 ans quand le club était pro (entre 1991 et 1993), j’étais à fond, j’allais voir les matchs au stade de la Davrays. Puis, quand j’avais 20 ans, La Roche-sur-Yon m’a contacté pour jouer : j’y ai passé 4 saisons, de 2003 à 2007, avant de signer au Poiré-sur-Vie, et 19 ans après, je suis encore là ! En fait, je n’ai connu que trois clubs.

Tu as donc connu Ancenis en Division 2 ?
Bien sûr ! J’avais 10 ans ! Je jouais en lever de rideau et j’étais ramasseur de balles. Je regardais comment les pros s’échauffaient, je me souviens de plein de joueurs de la D2 et du National, Mustapha Ousfane, Daouda « Papy » Leye, Bruno Périer, Bruno Clément, Roland Guela, Marc Eschbach, et aussi Bruno Vérien bien sûr, qui a ensuite entraîné l’équipe et qui m’a pris avec lui en seniors, en DH, en 2002. Je me souviens même du record historique du nombre de spectateurs au stade de la Davrays : c’était le derby contre Angers, en Division 2, il y avait 5526 spectateurs ! Je crois que c’est affiché au club (Ndlr, le chiffre exact est 5543, le 13 février 1993, désolé Rabie, mais tu n’étais pas loin !!).

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À quel poste évoluais-tu ?
J’étais attaquant chez les jeunes et je suis passé arrière gauche quand je suis arrivé en seniors à La Roche. J’ai joué jusqu’en CFA, la première année au Poiré et aussi lors de la dernière année en N2, en 2010/11, la saison de la montée en National. Mais j’ai très peu joué cette saison-là, même si je faisais partie du groupe. Parce qu’en parallèle, je passais mon brevet d’état et j’étais aussi éducateur à temps partiel au club, avec la responsabilité de l’école de foot. Ce fut vraiment une saison très coûteuse en énergie et en fin d’exercice, avec l’accession en National, le développement du club chez les jeunes, j’ai obtenu un poste de salarié à temps plein : je suis devenu responsable de l’école de foot.

Avant de passer à plein temps en 2011, tu travaillais à côté du foot ?
Oui, jusqu’en 2010, quand j’étais encore joueur, j’étais aussi surveillant dans un établissement scolaire, au collège Renoir, à La Roche-sur-Yon; j’ai fait ça pendant 5 ans. C’était le deal avec mon père, il fallait que j’ai un bac+2, du coup, j’ai obtenu un diplôme, j’ai passé un BTS Assistant de Gestion PME-PMI (aujourd’hui devenu le BTS GPME, pour Gestion de la PME). Au début, ça m’a servi, quand je suis devenu responsable de l’école de foot, parce qu’il a fallu beaucoup communiquer avec les parents, les institutions, le District, la Ligue, faire des présentations PowerPoint, ça m’a servi aussi pour avoir un peu de crédit auprès des enfants, etc., et ça m a aidé pour formaliser les dossiers du BEF et du DES.

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Aujourd’hui, tu peux entraîner jusqu’en N2. Envisages-tu un jour de te présenter au BEPF et rêves-tu du monde pro ?
J’aimerais me présenter au BEPF, oui, d’autant que j’ai les pré-requis, puisque ça fait déjà 7 saisons que j’entraîne entre N2 et N3. Mais je ne l’ai pas encore fait. Il faut que j’en discute avec mes dirigeants, parce que cela a un coût. Cela dépend également du projet du club. Je sais que les places sont chères : chaque année, ils sont une quarantaine à se présenter pour seulement dix places, mais déjà, il faut postuler. De toute façon, pour moi, c’est important de continuer à me former, à m’ouvrir, ce que je fais, je discute avec d’autres coachs, j’échange sans cesse, et dès que je le peux, je vais voir des séances d’entraînement. J’en parlais encore récemment avec mon staff, hier soir, il y avait le match La Roche-sur-Yon / Cannes, on évoquait ces coachs-là, les Fred Reculeau, les Mathieu Chabert, on est obligé de rester connectés, parce qu’il y a de plus en plus de jeunes coachs qui arrivent, avec de nouvelles idées. Fred Reculeau a fait quelque chose de fort : après avoir longtemps entraîné en National, quand il s’est retrouvé sans club, il est redescendu en National 3 pour entraîner La Roche-sur-Yon alors qu’il a le BEPF depuis des années, c’est fort !

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Tu la trouves comment cette jeune génération d’entraîneurs qui arrivent ?
Je trouve qu’elle a plus de culture foot que la nôtre. Elle a plus d’informations qui lui parviennent et il y a plus de médias aussi, de réseaux sociaux. Aujourd’hui, on ne peut plus entraîner comme moi je l’ai été il y a 20 ans : il faut que ça soit cohérent, qu’il y ait un projet de jeu clair, qu’il y ait du sens dans tout ce que l’on fait. Idem dans le management : avant, c’était très directif et aujourd’hui, il faut réussir à convaincre un groupe d’adhérer au même projet.

Au Poiré, un nom revient constamment, celui de la famille Cougnaud, à la tête du club depuis 25 ans : quelle relation as-tu avec elle ?
J’avais 24 ans quand je suis arrivé au club, j’en ai 43 aujourd’hui… Quand je suis arrivé, c’était Patrice Cougnaud le président, et aujourd’hui c’est son frère Jean-Yves, mais Patrice est encore présent. J’ai une relation saine avec Jean-Yves Cougnaud, une relation de confiance. Les Cougnaud, ce sont des gens simples, qui savent ce qu’ils veulent : chez eux, l’humilité et le travail sont des valeurs fortes. Je partage les mêmes valeurs. Ils veulent travailler avec des gens qui sont dans cet esprit-là. Tu sais, ils sont là depuis le début de l’année 2000 : d’abord, c’était leur papa qui était à la tête du club. Ils sont de la commune, tout le monde les connaît, ils sont ancrés ici. Ils ont vraiment un lien fort avec le club, ils y ont joué aussi ! Et surtout, ils laissent les gens travailler.

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C’est pour cette raison que, malgré la descente de N2 en N3 en 2025 après quatre montée, ils t’ont conforté à la tête de l’équipe ?
On se voit souvent avec mes dirigeants. Pas toujours pour parler du sportif. Et là, quand on est descendu en National 3 l’année dernière, j’ai eu mon rendez-vous de fin de saison, on a discuté, ils m’ont demandé des explications, mon ressenti, les raisons de la descente, etc., même si on avait déjà eu des discussions pendant la saison. J’ai apporté mes arguments. Je leur ai dit que si mon histoire avec Le Poiré-sur-Vie devait se terminer comme ça, eh bien ce serait une déception, surtout que je n’avais jusqu’à présent connu que des montées, de R2 en R1, de R1 en N3, de N3 en N2… Mais je l’aurais compris. Finalement, je pense que mes dirigeants voulaient avoir une stratégie à long terme et ils m’ont prolongé de deux ans.

Tu descends et tes dirigeants te prolongent : c’est rare !
Je ne m’y attendais pas. J’étais en fin de contrat. C’est une grande preuve de confiance mais c’est vrai que dans le foot, personne ne fait ça ! Attention, quand j’ai eu ce rendez-vous de fin de saison avec eux, je n’y suis pas allé avec la tête sous le couperet, pas du tout, c’était un échange. Ils cherchaient à comprendre, tout simplement.

Après coup, pourquoi êtes-vous descendus de N2 en N3 en 2025 ?
On s’est planté. Complètement. Quand La Roche-sur-Yon est monté de N3 en N2 il y a 3 ans, j’étais allé les voir, et je m’étais dit que la marche n’était pas si grande, du coup, on a quasiment conservé tout le monde, environ 90 % de l’effectif, et on a juste pris un joueur par ligne. On a commencé le championnat avec deux recrues et on « prend une tarte » dès notre premier match, on en prend 4 à Bourges (défaite 4-2) puis on perd à Saumur (3-1), et là, on s’est dit il fallait recruter. Et on recrute 9 joueurs ! Mais le problème, c’est que quand la saison a déjà commencé, tu n’as pas les premiers choix, et même pas les seconds, parce que tu es Le Poiré-sur-Vie. En plus, quand on recrute, on est déjà en difficulté sportivement… Toutes les semaines, voire toutes les deux semaines, un joueur arrivait, et ça a cassé la dynamique. Ceux qui étaient là lors de la montée et qui étaient installés se sont dits « Ah ouaip, deux ou trois mauvais résultats, et ça y est ? On disparaît ? » et c’est comme ça que l’on s’est retrouvé avec un groupe de 30 joueurs, dont une dizaine de recrues. Là, c’est impossible à manager, ça ne peut pas marcher, et le vestiaire est devenu très compliqué à gérer. Pourtant, on avait des bons joueurs, mais on n’avait pas d’équipe. Le discours était dilué. Je faisais tout sauf entraîner. Je m’occupais même de trouver des logements aux joueurs !

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Le club n’a pas de directeur sportif : un choix assumé ?
Oui. Mais depuis cette année, on a pris Arnaud Bosquet pour nous donner un coup de main dans le recrutement, il est basé à Amiens, mais sinon, au Poiré, on fonctionne en circuit très court : il y a le président et l’entraîneur pour le sportif, et le staff consulte. Amener une personne de l’extérieur ? Pour cela, il faut qu’elle connaisse bien connaître le contexte du Poiré, qui est une petite commune. Il y a des valeurs fortes chez nous : accessibilité, proximité, famille, humilité, simplicité… On est constamment au contact des gens. Alors si on ramène quelqu’un de Paris par exemple, il faut le briefer. Parce que chez nous, toutes ces valeurs sont très importantes. L’humilité, la simplicité, ce sont des valeurs qui me correspondent.

Le club a aussi une autre particularité : celle d’avoir volontairement quitté le National en 2015 pour repartir à un niveau plus bas. Aucun club ne fait ça !
C’est vrai ! On a quitté le National alors qu’on s’est maintenu sportivement il y a 11 ans, mais le club a décidé de ne pas se réengager parce que les contraintes administratives et économiques de l’époque étaient trop importantes. Ce n’était pas viable sur le long terme. A l’époque, la décision des dirigeants avait choqué et marqué. J’étais éducateur à ce moment-là. En plus, rien n’avait filtré. Les dirigeants ont été bons dans la communication : ils ont expliqué leur décision et, surtout, ils sont restés au club ! En fait, ils ont juste fermé une page et en ont ouvert une autre, et ça a redonné une nouvelle impulsion forte. C’était un choix courageux, parce qu’on voit tellement de clubs qui déposent le bilan, qui disparaissent. Chez nous, il n’y a rien eu de tout ça. Stratégiquement, ils ont super bien géré la situation, en anticipant les choses, c’était très fort de leur part. Ils ont gardé le club viable. On peut même dire que c’était un coup de maître car cela a remis de l’élan au club, avec de la jeunesse, des éducateurs, et on voit les résultats aujourd’hui. Le club ne fait pas n’importe quoi.

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Mais quitter le National de cette manière, ce fut un coup dur tout de même, non ?
Pas un coup dur, non, je ne vois pas les choses comme ça, même si de l’extérieur, on peut l’interpréter comme ça. Mais sincèrement, non. Il y a eu de la déception, bien sûr, mais on a eu les exemples de Carquefou et de Luçon à côté de chez nous, en National. Les Cougnaud ont expliqué la situation et évité le dépôt de bilan, parce qu’en tant que salarié du club (responsable technique des jeunes), j’aurais pu être impacté, mais finalement pas du tout. Ils comptaient sur les forces vives du club pour prendre le relais. C’est là qu’on voit la force des Cougnaud : ils ont beaucoup d’expérience. Ce sont des chefs d’entreprise, avec une vision à 5 ou 10 ans. Du coup, la saison suivante, on est reparti au niveau de la réserve en CFA2 avec Loïc Lambert aux commandes. Benjamin Guillou, qui a joué au club, a pris la réserve et je suis devenu son adjoint. Mais sportivement, cette saison-là n’a peut-être pas été bien préparée et on est descendu de CFA2 en DH. C’est là où les jeunes sont montés en U17 Nationaux, pendant 4 saisons. « Benji » (Benjamin Guillou), lui, a pris la tête de l’équipe Une, le club est remonté en CFA2 et puis, en 2018, est arrivée la rétrogradation administrative en Régional 2… Là, « Benji » est parti aux Herbiers avec Stéphane Masala, et on m’a confié l’équipe 1 seniors en Régional 2.

Avec succès, puisque le club est remonté 5 fois, donc 4 fois sans descente…
C’est dur de monter ! Même de R2 en R1 ! Mais toutes les accessions sont dures. On dit que les deux montées les plus dures sont de N3 en N2 et de N2 en National. L’avantage, au Poiré, c’est que l’environnement est très stable. Le président laisse travailler, le coach entraîne, les joueurs jouent, le comité directeur est force de proposition et à la fin, le président décide. Ici, chacun doit rester à sa place, et ça fonctionne très bien. En fait, à chacun son domaine.

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Encore une particularité propre au Poiré : l’affluence au stade de l’Idonnière. On sent qu’ici, comme en Vendée d’ailleurs, il y a un vrai public.
Il y a toujours une belle affluence au stade de l’Idonnière, et puis il faut dire qu’on a eu beaucoup de derbys en National 3, c’est la folie ! Cet été, en match de préparation, on a joué contre Saint-Philibert (N2) en amical, il y avait 700 personnes. En amical ! Personnellement, moi, j’aime beaucoup les derbys. On se connaît tous, il y a Charly Charrier aux Sables d’Olonne (directeur sportif), il a joué ici aussi, et Charles Devineau, qui était mon voisin à La Roche, entraîne La Châtaigneraie, on est tous assez proches. Et puis les derbys, ça stimule les joueurs, il y a une bonne intensité. Ce sont des matchs qui amènent du monde au stade, qui apportent de la ferveur. On en gagne, on en perd, c’est comme ça ! Je me souviens, en N2, il y a 2 ans, on s’est fait « taper » par Les Herbiers et La Roche, mais en National 3, j’en ai gagné beaucoup (rires) ! Je sais que Fred Reculeau, en N3, avec La Roche, n’aimait pas trop les derbys, moi c’est l’inverse. Une saison, on a eu jusqu’à sept derbys dans notre groupe en N3 !

Cette saison en N1 (ex-N2), tu vois qui en haut de tableau ?
Je vois bien Saint-Malo ou Saint-Brieuc, qui est entraîné par Julien Fradet (ex-coach des Sables d’Olonne en N3), qui a joué ici et à La Roche, où on était ensemble.

C’est quoi, ton style de jeu ?
J’aime le 4-3-3 sans ballon, pour défendre, et le 3-4-3 avec ballon, avec la sentinelle qui vient s’insérer un peu plus au milieu et qui fait jouer les autres. Je l’utilise depuis 6 ans. La fois où j’ai le moins pratiqué ce système, c’était en National 2 il y a 2 saisons, parce qu’on avait eu beaucoup de changements dans l’équipe comme je disais, et puis, ça ne se fait pas comme ça.

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Le Poiré est-il attractif ? Recrutes-tu les joueurs en fonction du système de jeu ?
Oui, je fais le recrutement par rapport à ça, c’est plus facile aussi de recruter en N3, comme la saison passée, quand on est descendu. Parce le club du Poiré-sur-Vie est un peu connu quand même dans la Ligue, et a une bonne image, celle d’un club stable. Par contre, c’est vrai que lorsque l’on monte en N2, on reste le petit, et là, c’est plus difficile, on n’est pas les premiers choix des joueurs, qui vont d’abord chercher à « taper » des autres clubs comme Saint-Brieuc, Saint-Malo, Angoulême, Avranches ou Les Herbiers, et parfois, on se retrouve avec les 5e ou 6e choix. C’est frustrant, surtout que c’est bien précis : par exemple, les joueurs que je veux recruter, qui rentrent dans le projet de jeu, comme des excentrés qui jouent intérieur, un milieu qui vient s’insérer et fait jouer les autres, etc., c’est difficile de les avoir, car on ne peut pas rivaliser avec les clubs que je t’ai cités. On est entre deux eaux encore aujourd’hui. Un joueur expérimenté, il ne connaît pas Le Poiré-sur-Vie, ça ne lui parle pas, il faut lui répéter deux fois le nom du club (rires !), alors que si tu lui dis Cannes, Nîmes, Toulon, qui sont au même niveau que le nôtre, c’est différent. En fait, la commune n’est pas connue à l’échelle nationale. On doit composer avec ça aussi.

Depuis cette saison, les joueurs du Poiré s’entraînent le matin…
Oui, cela n’était plus arrivé depuis 2015 et l’époque du National. Petit à petit, des choses se mettent en place. Cela faisait partie des points d’amélioration que l’on avait relevés après l’échec de 2025 avec les dirigeants. Il fallait qu’on passe un cap.

Tu parlais tout à l’heure d’un esprit « Poiré » : on voit que dans ton staff, l’ancrage local est présent…
Oui. Nicolas Pavageau, le préparateur physique, je le connais depuis 2009, il était professeur d’EPS au collège de la commune et quand on a commencé à structurer le club au niveau des jeunes, ensemble, on a monté une section sportive au collège ensemble. Avec Cyrille Minguet, l’entraîneur des gardiens, on se connaît depuis 2003, on était ensemble à La Roche. Pareil avec l’entraîneur adjoint, qui est un historique, Thomas Sanogo, on a joué ensemble à La Roche aussi, il est là depuis 2006, et cette année, il a la responsabilité du pôle post-formation. On est un staff proche.

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Parlons d’Oswald Tanchot, celui qui a permis au club de se développer et de se faire un nom : onze ans après, son empreinte et son héritage sont-ils encore là ?
Oui. Oswald a passé 4 saisons ici (2011 à 2015). Je me suis inspiré de lui. Le travail au quotidien, la méthodologie, la structure des séances, la vision du foot, le joueur très important dans l’équilibre de l’équipe, qui s’insère, qui régule le milieu, qui fait jouer les autres, ce truc-là, il le faisait déjà, mais un peu différemment, avec Kevin Das Neves à l’époque, un joueur qui ne payait pas de mine et pourtant très important dans l’équilibre de l’équipe, un peu à la Jonathan Beaulieu aujourd’hui à La Roche… Tout ça, c’est lui ! La salle de musculation, le matériel, le lieu de vie que tu vois ici, c’est lui aussi qui a impulsé tout ça avec les dirigeants bien sûr. Oswald fonctionnait déjà en circuit court; ça a toujours été bien comme ça.

Nostalgique de la période Tanchot ?
Pas nostalgique, non, mais ce qui est sûr, c’est que cette période m’a beaucoup aidé dans ma construction d’éducateur et de coach. J’essayais de passer un maximum de temps avec lui. Je voyais bien qu’il pouvait aller loin, c’est un passionné, il connaissait tout, il avait une grosse culture générale, c’est un grand curieux. Je suis un peu pareil : j’ai toujours envie d’apprendre, de me former, d’aller voir les autres, d’échanger, et Oswald est un peu comme ça. Il a aidé le club à s’installer au niveau national.

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Le Poiré, laboratoire avant le passage en professionnel ?
C’est vrai qu’il n’y a pas eu qu’Oswald. Grégory Gaillard, préparateur physique du Stade Rennais, est passé par Le Poiré, Steeven Manda aussi, il est aujourd’hui prépa à l’AS Monaco. Ghislain Chemin, entraineur des gardiens, est ensuite allé au Havre et à Reims, ainsi que Francis Liaigre, ancien joueur du club, où il a entraîné les U17 et qui entraîne aujourd’hui les U17 Nationaux de Nantes. On en a connu du monde ici (rires) ! L’entraîneur du FC Dieppe (N1), Djillali Bekkar et le directeur sportif de Nîmes Olympique, Anthony Dupré, sont passés au Poiré aussi. Pour moi, c’est très enrichissant, idem quand je vais passer des formations à Clairefontaine, on côtoie des Rio Mavuba (entraîneur de Bordeaux), des Cédric Hengbart (entraîneur d’Avranches), des Guillaume Allanou (président du Stade Briochin et ex-coach du club) des Yacoub Yassine (ex-coach de Chantilly), Olivier Blondel (entraîneur des gardiens à l’OM) et plein d’autres, c’est super-enrichissant, ça permet de m’ouvrir, d’élargir mon réseau. Des garçons comme William Stanger, qui entraîne les U19 Nationaux de Rennes, c’est la famille du Poiré ! On pourrait faire un groupe WhastApp avec tous ceux qui sont passés ici !

C’était qui, ton idole de jeunesse ?
Ici, on est très impacté par le FC Nantes, forcément. Mon père m’amenait à la Beaujoire quand j’étais jeune, et il y avait un joueur franco-marocain qui jouait, Noureddine Naybet, et comme je suis marocain d’origine… Et plus tard, de se retrouver éducateur au Poiré à affronter des équipes coachés par Stéphane Da Rocha, Stéphane Ziani, des joueurs nantais que j’admirais, et de pouvoir échanger avec eux, c’était incroyable pour moi et quelque chose de fort. Sinon, je suis un fan inconditionnel de Zidane. Il a fait avancer son sport, comme un Tiger Woods au golf ou un Mohamed Ali à la boxe.

Te souviens-tu de ton premier match en Division 1 comme spectateur ?
Un Nantes/Saint-Etienne, à la Beaujoire, au début des années 90, mais je n’ai plus l’année. Je me revois en train de monter les marches et de découvrir le stade… Quelle émotion ! C’était une époque où Nantes faisait jouer pas mal de jeunes issus de la formation du club. Au Poiré, ça nous a inspiré, car on a pas mal de jeunes formés au club qui jouent en équipe fanion, , comme Leny Vincent (19 ans), et certains sont là depuis longtemps, je pense par exemple à Théo Boucard (25 ans), Maxence Blé (24 ans) ou Yoan Pinson (28 ans), ils sont là aussi pour transmettre les valeurs, je trouve que pour l’âme du club, c’est important.

Samedi 19 septembre 2026 – Championnat National 1 (J5) : FC Lorient B – Vendée Le Poiré-sur-Vie, à 17h, au stade André Badoil à Ploemeur

  • Texte : Anthony BOYER / mail : aboyer@13heuresfoot.fr
  • Photos : Philippe LE BRECH et 13heuresfoot
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Nommé en février dernier à la tête de Valenciennes pour un simple intérim, puis reconduit cet été, le Nordiste, grand fan d’Arsenal, n’est pas seulement ce coach de 32 ans, un âge qui en fait le plus jeune de la division, il est aussi celui qui bouscule les codes et n’hésite pas à imposer ses idées et sa personnalité, mélange de proximité et d’autorité. Le tout sur un ton parfois cash et directif.

Par Anthony BOYER – mail : aboyer@13heuresfoot.fr / Photos : Philippe LE BRECH

Parce que la Ligue 3 est ce championnat fourre-tout, qui lance et révèle de jeunes joueurs et permet à d’anciens pros de « finir » leur carrière, l’on y trouve toutes sortes de profils. Même constat pour les coachs, et les dinosaures sont légion à cet échelon (Pochat, Brouard, Chabert, Reculeau, Moulin, Rossi, Della Maggiore, Peyrelade et même Pujo), certains traînant leurs guêtres depuis plus de 20 ans.

Et puis, il y a la très jeune garde, incarnée par Pierre Blois (32 ans), l’entraîneur de Valenciennes, véritable ovni de la division. Nommé le 17 février en remplacement de Stéphane Moulin pour un intérim avant d’être confirmé jusqu’en fin de saison, il a finalement été officialisé à son poste le 29 juillet dernier, à une semaine de la reprise de la nouvelle Ligue 3. C’est très tard, direz-vous, mais l’explication est simple. Officieusement, en interne, l’intéressé avait l’assurance de sa hiérarchie d’être à la tête de l’équipe cette saison, simplement, il fallait régler les problèmes administratifs liés à son admission au BEPF (en Écosse), ce qui a pris du temps.

Première licence à Valenciennes à 6 ans

Photo Philippe Le Brech

Pierre Blois est né le 24 mai 1994 à Condé-sur-l’Escaut – à 900 mètres de la frontière belge et à 15 kilomètres de Valenciennes. C’était un an et quatre jours après la triste affaire VA-OM, épisode le plus marquant de cette décennie pour le club de l’Escaut. Il n’a donc pas vécu ce traumatisme mais connaît l’histoire par cœur.

Quand il a signé sa première licence au VAFC, en 2000, à l’âge de 6 ans, le club, alors en pleine phase de reconstruction, pansait encore cette plaie très longue à se refermer. Il végétait entre le CFA (N1 aujourd’hui) et le National (Ligue 3) mais allait ensuite renaître de ses cendres, au point de retrouver la Ligue 1 en 2006, pour un bail de 8 saisons.

Pendant un peu plus de 45 minutes, dimanche après-midi, Pierre Blois, coupe de cheveux impeccable, vêtu du nouveau maillot collector commercialisé quatre jours plus tôt – il explique pourquoi il le porte à la fin de l’entretien -, s’est prêté au jeu de l’interview.

La déception du match nul obtenu sur le terrain du FC Rouen (1-1, 5e journée), moins de 48 heures auparavant, était ravalée, en même temps que son club publiait un communiqué lié à l’événement marquant de cette soirée : le dysfonctionnement du Football Video Support (FVS).

Appelé par le coach nordiste pour vérifier si le penalty sifflé en faveur des Normands était justifié, l’arbitre, Mr Dasque, n’a pu visionner les images en raison d’une incompréhensible panne technique (un câble débranché ?). Il s’en est donc tenu à son coup de sifflet initial, et voilà comment VAFC s’est retrouvé mené 1 à 0 juste avant la pause après le penalty de Malik Tchokounté.

« Une putain d’injustice »

Le discours mobilisateur de Pierre Blois dans les vestiaires, à la pause, que l’on peut visionner sur le compte Instagram du club, s’il a produit son effet, a également permis de découvrir quelques-unes des facettes de sa personnalité. Grand, imposant, Pierre Blois a de l’aura. Il est écouté, pas seulement parce qu’il parle fort et que son timbre de voix est grave, mais parce qu’il est autoritaire, direct et cash : « Y’a une putain d’injustice » (…) « Lâchez les chevaux » (…) « Vous êtes capables ». Et aussi très expressif et nerveux sur un terrain, tout l’inverse en dehors !

Son parcours, sa personnalité, ses expériences de joueur (latéral/défenseur central) et d’entraîneur, son âme de formateur, ses idées de jeu, son image, son tempérament – très démonstratif sur un banc -, le coach de VAFC a évoqué tout ça. Seuls deux sujets n’ont pas obtenu son aval : sa vie privée et les clubs voisins de Ligue 1 ! On vous laisse deviner lesquels !

Interview
« Il n’y a pas un chemin tout tracé, mais des chemins… »

Entretien réalisé dimanche 6 septembre 2026

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Pierre, revenons sur ton parcours…
J’ai commencé le foot à 6 ans, au VAFC. Je me souviens de mon premier éducateur, monsieur (Patrick) Maigret. Il était en binôme avec Cédric Rjillo, qui était aussi attaquant au club. J’ai passé 2 ans à Valenciennes puis je suis allé au LOSC de l’âge de 8 à 11 ans. J’aurais pu rester à Lille mais c’était quand même à 60 kilomètres de chez moi, mon père m’emmenait quatre fois par semaine, c’était compliqué. Du coup, je suis revenu à Valenciennes pendant 4 ans et à l’issue de ma saison en 14 ans Fédéraux, j’ai été remercié. De là, je suis parti à Lesquin une saison, à 15 ans, puis à l’USL Dunkerque où j’ai disputé ma meilleure saison avec les 17 ans Nationaux. Ce qui m’a permis d’avoir quelques sollicitations. Je suis allé à Mouscron pendant 3 ans, en Belgique. Le club évoluait en D2 mais ça me permettait d’intégrer l’équipe réserve et de faire mon cursus universitaire. Après ça, j’ai joué un an à Courtrai, toujours en Belgique : là, j’étais entre le groupe pro et la réserve. En fait, j’ai le parcours d’un jeune joueur qui ne parvient pas à s’imposer en équipe pro.

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Quand on habite, comme toi, aussi près de la Belgique, cela explique que tu sois tourné vers ce pays…
Pas tellement en fait. Aujourd’hui, j’y vais pour aller chercher des frites (rires !). J’y ai joué 4 ans, donc je connais un peu le foot là-bas.

Après ton expérience belge, tu reviens en France…
Oui, je joue à Neuville-en-Ferrain, près de Tourcoing, pendant 3 ans, en Régional 2 et en Régional 1. C’est d’ailleurs à ce moment-là que je commence à entraîner des équipes de jeunes. Ensuite, j’ai joué à l’Iris club de Croix en R2 et en N2, et quand j’ai intégré la formation au VAFC (en 2021, adjoint en U17 Nationaux), j’ai mis mon parcours de joueur de côté. J’avais quand même gardé une licence pendant deux ans, pour jouer avec des potes à Villeneuve-d’Ascq, en Régional 3. Le club n’existe plus aujourd’hui. Je ne m’entraînais quasiment pas de la semaine, et je jouais le dimanche. Il y avait notamment Jonas Vanschamelhout, qui est l’entraîneur des U19 ans Nationaux de l’USL Dunkerque, et Romain Decool, le directeur du recrutement du Havre.

À 100 % au football depuis cette année

Tu évoquais ton cursus universitaire : tu as un diplôme de masseur-kinésithérapeute, c’est ça ?
Oui, j’ai fait mes études jusqu’à l’âge de 21 ans, j’étais en école de kiné à Lille, à l’IKPO (Institut de Kinésithérapie Podologie Orthopédie), pendant 3 ans. J’ai redoublé une année de médecine aussi avant ça.

Si le foot tourne mal, tu peux toujours te reconvertir…
Mais je bossais ! Même encore l’an passé, j’étais dans un cabinet de kiné. Je ne me consacre au football à 100% que depuis cette saison. Avant, je faisais les deux.

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Tu as commencé à entraîner dès l’âge de 21 ans : c’était une vocation ? Comment cela s’est-il matérialisé ?
C’était en 2016, à Neuville-en-Ferrain, avec des U14, en binôme avec Stéphane Debailleul, on est monté en U15 R1. Cela a duré deux saisons. J’ai toujours été attiré par ça. Petit, je passais mes nuits sur Football manager et sur LFP manager. J’ai aussi eu deux coachs, Frédéric Basire à Dunkerque et Jérémy Dos Santos en réserve à Mouscron, qui m’ont donné cette envie de mettre ça en pratique, de matérialiser tout ça. Fred Basire, c’était l’aspect mental, et Jérémy Dos Santos (son coach à l’Iris Croix aussi, Ndlr), lui, a changé ma manière de voir le jeu et le système d’entraînement.

À Mouscron, il y a eu Philippe Saint-Jean aussi chez les pros, pour son aura et son management. Quand je rentrais des séances d’entraînement, je notais tout ce que l’on avait fait, je me disais qu’un jour, je m’en servirais pour mes premières séances. Après ma saison à Courtrai, j’ai su que je ne ferais pas carrière comme joueur, alors j’ai décidé de franchir le cap à Valenciennes (arrivée en 2021 au centre), ça m’a plu et derrière, j’ai enchaîné.

Ndlr : après avoir entraîné les U14, U15 et U18 de l’Iris Croix entre 2018 et 2021, Pierre Blois a entraîné les U17 nationaux de VAFC (adjoint + entraîneur principal), les U19 Nationaux et la réserve.

« Je ne suis pas du tout revanchard »

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Supporter de Valenciennes ?
Quand j’ai commencé à jouer au club, mon père m’amenait à tous les matchs ! Je me souviens que l’équipe était en National quand je suis allé au stade Nungesser la première fois. C’était contre Sète. Ils étaient montés en Ligue 2 à la fin de la saison (Ndr, en 2003, lire plus bas). On avait l’abonnement, on y allait avec ma soeur aussi, pendant une bonne dizaine d’années. Quand je n’ai pas été conservé, je n’y suis plus retourné.

Tu n’as pas été conservé au VAFC et aujourd’hui tu es à la tête de l’équipe Une : est-ce une revanche pour toi ?
Non, pas du tout. C’est mon parcours, ça m’a amené autre chose. J’étais timide avant, introverti, ça m’a fait grandir et ça m’a endurci. C’est ce moment post-Valenciennes, à Lesquin, à Dunkerque, qui a changé mon état d’esprit et qui m’a inculqué un mental de battant. Donc non pas du tout revanchard. Si je n’ai pas été conservé, c’est que ça devait se passer comme ça. Cela ne m’a pas empêché de faire un petit parcours après. En fait, mon parcours, il est à l’image de cette histoire de diplôme en Écosse, on voit qu’il n’y a pas un chemin tout tracé, mais DES chemins. Et celui-là, quelque part, c’était celui qu’on a choisi de me faire suivre. Chaque expérience apporte des choses, et sans cet épisode, peut-être que je n’aurais pas vécu toutes ces choses qui m’ont beaucoup apporté et que je n’aurais peut-être pas eues si j’avais été conservé.

« J’avais dit à mon père qu’un jour, je serais sur la pelouse de VAFC »

Du coup, cela doit être une fierté pour toi d’entraîner Valenciennes ?
Oui. Je me souviens, une fois, on marchait le long du Stade Nungesser avec mon père un soir de match, le Stade du Hainaut était au fond, en construction. Je devais avoir 12 ou 13 ans. Mon père m’a demandé : « Tu seras sur la pelouse avec un maillot de VA un jour ? » Je lui avait dit « Oui, un jour, j’y serai ». Même si ce n’est pas en tant que joueur, c’est en tant que coach. Comme quoi, c’est une belle histoire que je vis en ce moment.

À 32 ans, tu es le plus jeune coach des trois premières divisions françaises : ça te « saoule » que l’on dise toujours cela de toi ?
Non. Et honnêtement, je m’en fous (sic), je ne m’attache pas ça. Je dis toujours qu’il n’y a pas de chemin tracé. Et le mien, c’est celui-là.

Tu es plutôt un entraîneur jeune ou un jeune entraîneur ?
C’est des « conneries » tout ça (sic), ça fait 10 ans que j’entraîne !

Photo Philippe Le Brech

La saison passée, tu avais repris l’équipe en cours de saison, et cette année, tu as totalement préparé cette nouvelle saison : ce n’est pas le même métier, n’est-ce-pas ?
Non pas du tout, en plus, quand on arrive en février avec Rudy (Mater), c’est pour deux ou trois semaines. Dans la tête, on se dit ça. On a eu de la chance que ça se passe bien, on a eu de bons résultats, il y a eu une bonne dynamique qui s’est créée. Parce qu’il était prévu que l’on retourne en équipe réserve. En fait, ça s’est passé comme dans mes rêves et on a fini la saison comme ça.

Il faut reconnaître aussi que l’effectif avait beaucoup de qualité, il y avait des bons joueurs, d’ailleurs, on en avait parlé avec Stéphane (Moulin, son prédécesseur) : c’est juste que la mayonnaise n’a pas pris. Maintenant, préparer une saison, c’est très différent. Les attentes aussi sont différentes. Et puis il y a un recrutement à préparer, je ne suis pas tout seul, VAFC appartient à un groupe (Sport Republic). Bien sûr, j’ai des requêtes, il y a des joueurs que j’ai choisis, d’autres qui sont arrivés par ailleurs, c’est normal. Ce qui est différent aussi, c’est que je sens qu’il y a une attente plus grande. L’an passé, avec Rudy, on n’avait pas trop de pression même si on était là pour sauver le club. Une fois le maintien assuré, on a eu plus de liberté. On nous a demandés de faire jouer les jeunes pour les évaluer. Du coup, les résultats sont devenus secondaires. Là, cette fois, il faut faire la meilleure saison possible.

« On paie un peu l’histoire du club »

Photo Philippe Le Brech

Justement, au VAFC, qui entame sa 4e saison au 3e niveau, les attentes sont grandes, de par l’histoire du club et ses longs passages en 1re et 2e division : as-tu un objectif de montée cette année ?
Je suis d’accord. Pour moi, VAFC est un club de L1 ou L2, nos installations sportives le montrent aussi. Le constat que l’on a fait est le suivant : on a un environnement exigeant qui est dans l’attente, mais il y a les faits aussi. On a fini 10e la saison passée, et l’année d’avant, le club a fini 9e. Cela fait plusieurs années que le club est instable, qu’il a vu défiler beaucoup de coachs.

Alors oui, l’attente est gigantesque autour du club, mais la réalité c’est qu’aujourd’hui on joue avec un excentré droit et un excentré gauche qui évoluaient en 4e et en 5e division l’année dernière. Nous, le staff, on le sait, on en a conscience, on est là pour construire. Donc ça passera par de la patience. Mais l’environnement, il n’a pas conscience de cela. Il faut être patient. Je pense que l’on paie un peu l’histoire du club. Pour répondre à la question, on a dit qu’on partait sur un projet de 2 ans. Il n’y a pas vraiment d’objectif de montée, et le discours général, c’est juste de faire mieux que l’an passé. Après, en interne, on a un objectif avec les joueurs.

Lancer des jeunes, cela doit te convenir, pour toi qui a une âme de formateur ?
C’est vrai que depuis notre arrivée, on a lancé 7 ou 8 jeunes du centre de formation. J’aime bien développer des joueurs, les accompagner. En ce moment, comme on a beaucoup de blessures et que le recrutement s’est fini tard, on a intégré beaucoup de jeunes qui jouent. Par la suite, il faudra trouver le juste milieu et ouvrir la porte quand c’est vraiment le bon moment. Il ne faut pas non plus que cela devienne trop facile pour eux.

« Je n’aime pas trop me renier »

Photo Philippe Le Brech

Tu aimes que ton équipe joue comment ?
Quand je regarde les équipes que j’ai dirigées avant, mon football est plutôt offensif, positif, attractif, avec et sans ballon, même si j’avoue que je suis en train de m’adapter en ce moment… On en parlait récemment avec Jordan (Gonzalez, entraîneur du FC Versailles) : quand il est arrivé en National, il s’était un peu adapté lui aussi, parce qu’il voulait attaquer, dominer les matchs, avoir tout le temps le ballon, défendre haut, mais je me rends compte, et je le vois bien sur notre début de saison, que l’on est obligé de nous adapter.

À Paris 13 Atlético, on a 62 % de possession et on perd 2-1 sur deux transitions. Je n’aime pas trop me renier mais c’est pourtant ce que je suis obligé de faire en ce moment pour prendre des points. J’espère juste que je vais pouvoir remettre en place ce que je fais depuis mon début de parcours d’entraîneur, c’est à dire un football plus attractif que ce que l’on fait en ce moment.

Ton style de jeu préférentiel, c’est le 4-2-3-1 ?
Les styles de jeu, ça varie… Oui, une défense à 4, et en base défensive, en 4-2-3-1, et quand on a le ballon, ça bouge. Mais les systèmes, ça ne veut plus rien dire.

« Après la défaite à Paris 13, on s’est remis en question »

Photo Philippe Le Brech

En Ligue 3, on voit que, souvent, les équipes qui gagnent ne sont pas forcément celles qui ont le ballon, que beaucoup jouent en contre-attaque…
Après notre match perdu à Paris 13, on s’est beaucoup remis en question avec le staff, et même déjà après le match de Caen, quand on a pris 4-0 (J1)Il n’y avait pas tout à jeter à Caen, parce qu’on a essayé de les chasser tout terrain, mais à l’arrivée, on a pris 6 buts sur ces deux matchs.

On a regardé beaucoup de matchs, notamment des matchs des équipes de tête comme La Roche-sur-Yon, Rouen et même Versailles parce qu’à ce moment-là, Versailles venait de gagner deux matchs, et il y a une constante chez ces équipes, qui jouent avec deux attaquants, qui ne prennent pas beaucoup de buts, qui sont disposées en 3-5-2 ou 4-4-2 losange. Beaucoup de buts sont marqués en transition ou sur coups de pied arrêtés, c’est vraiment une particularité de ce championnat. On a axé nos deux dernier matchs là-dessus, sur l’aspect défensif, pour reconstruire. Mais j’ai hâte de remettre un peu plus d’allant et de vie dans notre style de jeu, ce qui me correspondrait un peu plus.

Tu as la réputation d’être un entraîneur cérébral, porté sur la tactique, avec une âme de formateur, doté d’une autorité naturelle : toi, tu te définirais plutôt comment ?
Je suis proche des joueurs. J’essaie de ne pas changer ma manière d’être même si, depuis que je suis numéro 1 en pro, il faudrait que je prenne un peu plus de distance mais je n’y arrive pas, c’est ma nature de beaucoup discuter avec eux, de déconner avec eux quand c’est le moment. C’est ma manière d’être. Je suis humble aussi.

Photo Philippe Le Brech

C’est vrai que tu n’as pas une énorme différence d’âge avec certains joueurs, dont certains sont plus âgés même, comme Gaëtan Courtet…
Oui mais quand il faut faire des choix, je les fais. J’ai mis sur le banc des joueurs qui ont une carrière de L1, je fais le cri de guerre avec eux quand on gagne, je fais le con avec eux. Je suis de la même génération que notre capitaine Samir Belloumou par exemple. Bryan Passi a 3 ans de moins que moi, Gaëtan Courtet a 5 ans de plus, bien sûr, il y a ce côté générationnel mais c’est ce qui nous a fait réussir la saison passée, quand on repris l’équipe, il y avait cette proximité et cette légèreté, ça nous a servi, parce qu’on n’a pas eu beaucoup de temps : deux jours après notre nomination, il y avait déjà un match de championnat sur le synthétique de Paris 13 et la semaine suivante, on recevait Caen.

Tu la trouves comment, cette nouvelle Ligue 3 ?
Elle est plus dure que les autres années. Beaucoup d’équipes peuvent monter, les équipes qui veulent jouer se font punir, ce n’est pas facile de trouver le bon dosage. En L2 et en L1, c’est plus ouvert, plus technique et il y a moins d’erreurs. C’est mon sentiment. La L3 est un championnat particulier : certains joueurs auraient plus de facilité à jouer en L1.

Le staff technique de VAFC 2026-27. Entraîneur : Pierre Blois. Adjoints : Rudy Mater, Samuel Goethals; entraîneur des gardiens : Damien Perquis; vidéo : Matthieu Coppin; préparateur physique : Valentin Romero; médical : docteur Marc Chasselat; kiné : Lucas Vinchon et Matthieu Saison; intendant : Eddy Duquesnoy.

Pierre Blois, du tac au tac

Photo Philippe Le Brech

Je vais te donner quelques dates et quelques années en lien avec VAFC, pour tester tes connaissances sur le club, mais ce n’est pas un piège hein ! 1913 ?
Facile, c’est l’année de création du club !

1935 ?
Euh… Un titre peut-être ?

Non, mais une place de vice-champion de D2 qui permet au club d’accéder en D1 pour la première fois. Question suivante : 26 juillet 2011 ?
L’ouverture du stade du Hainaut, j’avais 17 ans ! Rudy (Mater) jouait encore !

Samedi 12 avril 2003 ?
En 2003 ? Le titre de champion de Ligue 2 et on monte en Ligue 1, non ?

Non, ce n’est pas ça…
Je ne l’ai pas celui-là…

C’est le jour du match Valenciennes-Sète, en National, tu avais 8 ans…
Ah oui ok (rires) ! Mon premier match en spectateur à Nungesser ! Tribune présidentielle, victoire 2 à 0 de Valenciennes je crois de mémoire !

Exact, 2 à 0, buts de Silvestri et Bourgeois.
Je me souviens qu’Orlando (Silvestri) jouait, il a aussi été entraîneur adjoint au club en L2.

Rétro / 12 avril 2023 – Championnat National / Valenciennes – Sète 2-0 (1-0). Stade Nungesser. 3915 spectateurs. Arbitre : M. Cailleux. Buts : Silvestri (1′), Bourgeois (57′). L’équipe de Valenciennes : Lambay – Savigny, Piorun, Pochot, Vigier – Toraman, Assou, Mater (Cadiou 60′), Silesvtri (Lachaab 84′), Bottelin (Traoré 74′), Bourgeois. Entraîneur : Didier Ollé-Nicolle. 

29 juillet 2026 ?
L’officialisation de ma nomination cette saison.

Photo Philippe Le Brech

Exact. D’ailleurs, comment psychologiquement as-tu vécu cette période estivale, quand il a fallu préparer une saison de Ligue 3 alors même que le club ne t’avait pas officialisé au poste d’entraîneur, en raison du diplôme ?
Je savais que j’allais être l’entraîneur de l’équipe donc j’avais déjà switché. C’est plus en raison du diplôme. Là, je suis dans un processus de tests depuis le mois d’avril, et la dernière étape, c’était la réponse de l’Écosse pour savoir si j’étais admis, et on a eu la réponse positive début juillet, donc quand j’ai effectué la reprise des entraînements avec Valenciennes, on ne le savait pas encore, même si on m’avait laissé entendre que ce serait bon. Après, il a fallu attendre trois semaines avant de signer mon contrat parce qu’il y avait des démarches à effectuer en France. En fait, j’ai su que je serais pris la veille du match amical de Dunkerque. Je m’étais dit dans ma tête que ce serait bon, donc j’étais vraiment focus sur l’équipe.

Passer son BEPF en Écosse, c’est inédit comme solution, ça ?
En France, pour la VAE (Validation des Acquis de l’Expérience), le timing était trop serré pour rendre les documents à temps. Là, je passe vraiment le BEPF, mais en Écosse, et c’est sur 2 ans. J’ai des cessions de deux jours où je dois y aller, d’ailleurs j’y vais mardi soir (entretien réalisé dimanche 6 septembre). Jusqu’à la trêve hivernale j’y vais deux fois, la deuxième fois en présentielle, ce sera en décembre. Entre-temps, j’ai des cours de deux jours en visio, mais je peux les suivre l’après-midi, après les entraînements. Il y aura des stages aussi. Je dois en trouver un et il y en a un autre que l’on va nous trouver. J’ai fait des demandes. J’attends les réponses.

Photo Philippe LE BRECH

Peux-tu citer trois ou quatre internationaux qui ont joué à Valenciennes ?
Steve Savidan déjà, même s’il n’a qu’une sélection et qu’il jouait à Caen quand il a été pris en équipe de France, Jean-Pierre Papin le ballon d’or, Serge Masnaghetti, Dayot Upamecano.

Le joueur le plus capé de l’histoire du VAFC ?
Bah oui, c’est mon adjoint, Rudy (Mater) !

Et le record historique de Valenciennes, tu le connais ? C’est une histoire de buts, inscrits dans un laps de temps très court ?
Non, ça ne me vient pas.

Il s’agit du triplé inscrit dans le laps de temps le plus rapide, 7 minutes ! Il est l’oeuvre de Serge Masnaghetti, contre Nice, en 1966. Le record a été battu depuis (Loïs Openda, 3 buts en 4 minutes et 30 secondes, en 2023 !).
Pour Masnaghetti, j’aurais dit 3 buts en 4 minutes mais je me serais enflammé (rires) !

20 mai 1993 ?
Ah… Mon père m’en a tellement parlé… C’est l’affaire VA-OM. Je n’étais pas né. J’ai vu des vidéos, c’est une cicatrice pour le club, les supporters. J’ai vécu des Valenciennes-Marseille plus tard, c’était chaud.

Le joueur emblématique de Valenciennes ?
Rudy (Mater).

Le coach le plus emblématique ?
Antoine Kombouaré.

Le match de légende de l’histoire du club ?
Contre Marseille, quand Steve Savidan marque d’un pointu sur coup franc… (le 15 août 2007, victoire de VAFC, 2-1, doublé de Savidan).

Le 2e but de Steve Savidan à la 87e minute du match VAFC-OM

VALENCIENNES – MARSEILLE : 2-1 (0-0). 15 août 2007, stade Nungesser. 16 018 spectateurs. Arbitre : M. Hamer. Buts : Savidan (62e, 87e) pour VA Ziani (57e) pour Marseille. Avertissements aux Valenciennois Mater (28e), Jeovânio (38e) aux Marseillais Cana (48e), Cheyrou (63e).

– VALENCIENNES : Penneteau Mater, Ouaddou (cap.), Chelle, Rippert (Ducourtioux, 71e) Doumeng (Belmadi, 68e), Sanchez, Jeovânio, Bezzaz (Roudet, 58e) Savidan, Pujol. Entraîneur : Antoine Kombouaré.

– MARSEILLE : Carasso Beye, Rodriguez, Givet, Bonnart Ziani, Cheyrou (Oruma, 76e), M’Bami (Ayew, 89e), Cana, Zenden (Valbuena, 56e) Cissé. Entraîneur : Albert Emon.

L’ancien stade Nungesser, en 2003. Photo A.B./13HF

Un souvenir du stade Nungesser ?
La tribune de Fer, pour l’ambiance.

Dernier match auquel tu as assisté comme spectateur ?
L’an passé, Valenciennes – Stade Briochin, en National, trois jours avant que l’on ne prenne l’intérim (1-2). Sinon je suis allé voir des matchs en Angleterre, je suis fan du foot anglais et d’Arsenal ! Je suis allé voir aussi Aston Villa et Southampton. Tous les ans, j’essaie d’aller voir un match ou deux d’Arsenal.

Dernier match regardé à la télé ?
Fleury contre Villefranche en Ligue 3 (rires !) On reçoit Fleury samedi.

Dernier film vu au cinéma ?
Avatar 3 je crois.

Des passions en dehors du foot ?
J’aime bien courir et partir en vacances, voyager.

Une destination de vacances ?
J’adore la Grèce.

Dernier livre lu ?
« Ma vie en Rouge et blanc » d’Arsène Wenger.

Une chanson que tu écoutes en ce moment ?
Café con ron (Bad Bunny).

Chanteurs, groupes ?
J’aime bien Drake, et après, je suis plutôt musique « old school », Céline Dion, Jean-Jacques Goldman.

« Au foot, je suis sanguin »

Photo Philippe Le Brech

Tes qualités selon toi dans la vie de tous les jours ?
Gentil, sociable, passionné, entier. Je suis un Gémeaux, je suis calme dans le vie de tous les jours mais au foot, c’est une catastrophe, je suis sanguin, je démarre au quart de tour. Je sais ce que je veux et je veux arriver à ce que je veux quand ça ne tourne pas dans mon sens. Je suis un peu cash.

Défaut ?
Je suis impatient, et perfectionniste, trop peut-être, même si ce n’est pas forcément un défaut mais moi je le prends comme tel, parce que ça me frustre beaucoup quand on ne gagne pas ou quand on ne fait pas les choses comme que je le souhaite.

Qu’apprécies-tu chez les gens ?
L’honnêteté.

Que détestes-tu ?
L’injustice ? J’ai été servi jeudi à Rouen avec la vidéo. On a eu une main évidente aussi contre Bourg qui n’est pas sifflée, l’arbitre vient s’excuser dans le vestiaire à la fin, pareil à Rouen avec cette histoire de vidéo, ça deux fois déjà.

« La vidéo, c’est une catastrophe »

Avec son homologue du FC Rouen, Régis Brouard. Photo Philippe Le Brech

Tu vois la différence entre la Ligue 3 et le National ?
J’aime bien ce qui est fait en terme de communication, les multiplex, c’est stylé, mais il y a juste la vidéo (la FVS, Ndlr) qui est une catastrophe.

Une ville, un pays ?
Londres et l’Angleterre.

Une couleur ?
Rouge. Mes clubs préférés jouent en rouge.

Un chiffre ?
Le 24 ! Non, je rigole, le 5 ! Je suis né un 24 mai mais je préfère le 5, le chiffre du chef de la défense (rires).

Le 11 de VAFC à Rouen, le 3 septembre dernier (1-1)

Tu as des tatouages ?
Non, je déteste ça !

Une manie, un rituel ?
Oui, le jour de match, il faut toujours que je fasse la même chose. Lever à la même heure, écouter les mêmes chansons, mettre le même caleçon (rires)…

Plat, boisson ?
Moules-frites ! Et je suis addict du coca-cola même si j’essaie de me calmer !

Sur une île déserte, tu emmènerais quoi ?
Un ballon ! Non, à manger ! Je suis un gros mangeur.

Animal ?
Un chien, un labrador.

Ton idole de jeunesse ?
Thierry Henry, Zinédine Zidane.

« Le soleil se lèvera quand même demain ! »

Photo Philippe LE BRECH

Un personnage historique ?
J’aime bien le mythe de la Reine d’Angleterre. Sinon, rien à voir, mais je paierais cher pour faire un resto avec Arsène Wenger et Arteta !

Un héros ?
Rocky Balboa.

Un dicton, un proverbe ?
« Life goes on » et « Le soleil se lèvera quand même demain ».

Peux-tu répéter le premier avec l’accent s’il te plaît ?
« Life goes on » !

La joie des Valenciennois après le but de Rayane Ekra à Rouen (1-1). Photo Philippe LE BRECH

Ah ouaip, pas mal l’accent !
Il vaut mieux, parce que l’accent écossais, c’est chaud (rires) ! J’ai déjà pu m’en rendre compte en visio (rires).

Le don de la nature que tu aimerais avoir ?
C’est personnel ça : j’aimerais pouvoir faire revivre mes grands-parents.

Merci Pierre, l’entretien est terminé !
C’est passé vite ! C’est cool ce format !

Juste une dernière chose : c’est quoi ce maillot que tu portes ?
C’est le 3e jeu de maillot, je l’ai mis pour le montrer à ma famille, là, je leur ai promis (le maillot, qui se distingue par des motifs de dentelle ton sur ton, est un hommage au savoir-faire textile de la ville de Caudry, Ndlr).

Samedi 12 septembre 2026 – Championnat Ligue 3 (6e journée) : VAFC – FC Fleury 91, à 14h45, au stade du Hainaut

  • Texte : Anthony BOYER / mail : aboyer@13heuresfoot.fr
  • Photos : Philippe LE BRECH
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Le Ligérien de 36 ans incarne cette nouvelle génération de jeunes techniciens guidés par le jeu, la transmission, l’accompagnement, le travail et une ambition professionnelle assumée. Itinéraire d’un passionné obsessionnel, à la tête du club des Monts d’Or depuis fin janvier 2025, et auteur d’un sauvetage spectaculaire dès son arrivée.

Par Joël PENET – Mail : contact@13heuresfoot.fr / Photos Philippe LE BRECH

Formé à l’US Feurs, club emblématique de la Loire, près de Saint-Etienne, Pierre Thimonier (36 ans) a construit son parcours autour de deux passions indissociables : le jeu et la transmission. Il découvre très tôt les exigences du football amateur, entre investissement quotidien, dépassement de soi et nécessité de concilier terrain, études et vie professionnelle.

Son parcours de joueur (jusqu’au niveau N3) est pourtant loin d’être un long fleuve tranquille. Une pubalgie, trois ruptures des ligaments croisés et plusieurs opérations viennent freiner sa progression. Mais ces épreuves contribuent aussi à façonner sa personnalité : « J’avais souvent l’impression d’être freiné par les blessures, d’être sans arrêt en réathlétisation et en reconstruction » confie-t-il.

Á 16 ans, il encadre des jeunes

Photo Philippe Le Brech

Une période difficile qui renforce sa passion pour l’entraînement. Car, au-delà du terrain, c’est bien dans le rôle d’éducateur qu’il trouve rapidement sa véritable vocation. Dès l’âge de 16 ans, le natif de Saint-Priest-en-Jarez, dans la Loire (ne pas confondre avec Saint-Priest dans le Rhône !), il commence à encadrer des équipes de jeunes. Une évidence pour celui qui se définit avant tout comme un passionné de l’apprentissage : « Ce n’est pas parce que l’on comprend que l’on sait faire et ce n’est pas parce que l’on maîtrise que c’est acquis. Le football évolue très vite et il y a un vrai travail à faire sur la transmission. »
Au fil des années, il multiplie les expériences, affine sa méthode et gravit progressivement les échelons du football amateur. Une évolution qui le conduit au GOAL FC en 2022, un club dont il apprécie immédiatement la dimension humaine et les ambitions sportives. Au sein du club rhodanien, Pierre Thimonier occupe successivement plusieurs fonctions : entraîneur de l’équipe réserve, adjoint de l’équipe première en National puis entraîneur principal. Des responsabilités qui lui permettent d’aborder toutes les facettes du métier, de la formation des jeunes joueurs à la gestion d’un groupe seniors.

Son parcours témoigne d’une progression patiemment construite, guidée par une remise en question permanente : « Plus les années passent, plus on comprend qu’on ne sait finalement pas grand-chose » reconnaît-il avec humilité. Entre expérience du terrain, passion pour la formation et ambition assumée, il incarne une nouvelle génération d’entraîneurs issus du football amateur. Un technicien qui ne cache pas ses objectifs : « Je ne me fixe aucune limite. Je veux aller dans le monde professionnel. » Une ambition forte, portée par une conviction simple : dans le football, le travail reste le meilleur moyen de transformer les rêves en réalité.

Entretien
« L’intensité ne se résume pas à courir : c’est décider vite, analyser vite et agir vite »

Les débuts du joueur

Photo Philippe Le Brech

Pierre, avant d’être entraîneur, tu as été joueur. Comment le football est-il entré dans ta vie ?
Comme beaucoup d’enfants, j’ai toujours eu un ballon dans les pieds. Mon parcours n’a rien d’exceptionnel (sourire). J’ai commencé dans mon petit club de Villechenève (Rhône) et j’ai suivi un parcours assez classique, en prenant une licence chaque saison jusqu’à l’âge de 32 ans.

Tu as effectué toute ta formation à l’US Feurs. Quels souvenirs gardes-tu de tes premières années dans ce club ?
L’US Feurs occupe une place très importante dans ma vie. C’est un club familial qui m’a vu grandir, progresser et me construire, aussi bien en tant que joueur qu’en tant qu’entraîneur. Il y a évidemment le côté sportif, mais il y a surtout le côté humain. Mes témoins de mariage et certains de mes amis les plus proches sont issus de cette période. Cet été, lors des 80 ans du club, j’ai eu l’occasion de revoir beaucoup de personnes qui ont marqué mon parcours. Cela m’a rappelé à quel point ce club a compté dans ma vie. J’y ai effectué la plus grande partie de ma carrière de joueur jusqu’en CFA 2 (N3). Ensuite, mes études et ma vie professionnelle m’ont conduit vers Paris. J’ai suivi un cursus en STAPS, obtenu une licence en entraînement sportif, puis le CAPEPS avant de devenir professeur d’EPS. Mon parcours de joueur est resté relativement modeste, notamment à cause des blessures. J’ai connu une pubalgie, trois ruptures des ligaments croisés et plusieurs opérations. Mais, paradoxalement, ces épreuves ont renforcé mon envie d’entraîner. Je prenais autant de plaisir à transmettre qu’à jouer.

Tu as évolué en National 3. Qu’est-ce que cette expérience t’a appris sur les exigences du football amateur ?
Cette période m’a appris à faire preuve de résilience. Entre mes études en faculté de sport, les blessures à répétition et les longues phases de rééducation, j’ai souvent eu l’impression d’être freiné dans ma progression. En même temps, j’ai eu la chance d’évoluer aux côtés de joueurs expérimentés qui m’ont beaucoup apporté. Aujourd’hui encore, je m’inspire de certains d’entre eux. J’ai compris que le football était avant tout une aventure collective, fondée sur la complémentarité et la capacité à créer une véritable synergie au sein d’un groupe. En 2019, j’ai décidé de me consacrer exclusivement à ma carrière d’entraîneur.

La naissance d’une vocation d’entraîneur

Photo Philippe Le Brech

Tu as commencé à entraîner à seulement 16 ans. Pourquoi avoir choisi de t’investir aussi tôt dans l’encadrement ?
Le côté apprentissage m’a toujours passionné. Je suis convaincu que comprendre quelque chose ne signifie pas forcément savoir le transmettre. Et ce n’est pas parce qu’on maîtrise un sujet qu’il est définitivement acquis. Le football évolue en permanence. Il faut sans cesse apprendre, s’adapter et réfléchir à la manière dont on transmet les connaissances aux joueurs.

Tu as entraîné pratiquement toutes les catégories de jeunes. En quoi cette expérience a-t-elle façonné ta vision du football ?
On apprend très vite à faire preuve d’humilité. Quand on débute, on pense parfois avoir trouvé certaines réponses parce que les résultats sont bons. Mais plus les années passent, plus on comprend qu’on ne sait finalement pas grand-chose. Ce qui fonctionne dans un contexte ne fonctionne pas forcément dans un autre. Chaque génération, chaque groupe et chaque environnement sont différents. Cette remise en question permanente fait partie intégrante du métier.

Quelles sont les principales différences entre l’entraînement des jeunes et celui des seniors ?
Lorsque j’entraînais les jeunes, j’accordais énormément d’importance au contenu et au développement des joueurs, parfois davantage qu’au résultat. Avec le recul, je me demande parfois si c’était la bonne approche. Aujourd’hui, je pense qu’il faut réussir à concilier les deux. Chez les seniors, le résultat est omniprésent. Il influence les choix, l’environnement et la manière de travailler. La principale différence réside dans la culture de la compétition. Chez les seniors, la volonté de gagner est permanente. La peur de la défaite est beaucoup plus présente et c’est un aspect qu’il faut apprendre à gérer quotidiennement.

Quelles ont été les plus grandes difficultés rencontrées lors de tes débuts comme entraîneur ?
La plus grande difficulté a été d’apprendre à prendre de la distance sur le plan affectif. Lorsqu’on entraîne, il faut être capable d’accompagner tout le monde tout en gardant suffisamment de recul pour prendre les bonnes décisions.

L’arrivée à GOAL FC

Photo Philippe Le Brech

En 2022, tu rejoins GOAL FC. Qu’est-ce qui t’a convaincu d’intégrer ce projet ?
J’avais envie d’apprendre et de continuer à progresser en tant que jeune entraîneur. Le projet correspondait parfaitement à mes attentes. J’allais prendre en charge l’équipe réserve tout en évoluant dans un environnement encadré par des entraîneurs expérimentés au niveau de l’équipe première. Le club est ambitieux tout en conservant une dimension humaine. C’est ce qui m’a séduit.

Comment décrirais-tu l’identité du club ?
GOAL FC est un club assez paradoxal. Vu de l’extérieur, on a l’impression d’une structure immense avec un nombre impressionnant de licenciés. Mais, au quotidien, le fonctionnement du club repose sur une équipe relativement restreinte, composée de personnes passionnées et investies. Cette proximité constitue une véritable force, notamment grâce à l’énergie transmise par le président.

Quelles ont été tes premières missions en arrivant au club ?
J’ai remplacé Mickaël Mendez, qui devenait directeur sportif et quittait son poste d’entraîneur de la réserve. C’était un championnat que je connaissais bien, ce qui a facilité mon adaptation.

« Le plaisir doit être omniprésent »

Le travail sur la formation

Photo Philippe Le Brech

Pourquoi la tranche d’âge 14-15 ans est-elle si importante dans la construction d’un joueur ?
C’est une période charnière. À cet âge-là, beaucoup de jeunes vivent football du matin au soir. Ils mangent football, respirent football et leur principale préoccupation reste le terrain. Leur capacité d’écoute est exceptionnelle. Ils sont particulièrement réceptifs aux apprentissages, qu’ils soient techniques, tactiques ou moteurs. Ce sont de véritables éponges et c’est probablement la période la plus importante pour transmettre une culture du jeu.

Tu parles souvent d’un équilibre entre le plaisir et l’exigence. Comment appliques-tu ce principe au quotidien ?
J’essaie toujours de me poser la même question : est-ce que j’aurais aimé vivre cette séance lorsque j’étais joueur ? Le plaisir doit rester omniprésent, mais il ne doit jamais être opposé à l’exigence. Être exigeant ne signifie pas uniquement demander plus d’efforts. Cela peut aussi passer par le dépassement de soi, la capacité à souffrir ensemble ou encore l’envie de progresser collectivement.

Peut-on être à la fois un club formateur et un club ambitieux ?
Oui, totalement. Former des joueurs demande du temps. C’est un processus qui ne produit pas des résultats immédiats. Mais la formation et l’ambition sont parfaitement compatibles, à condition d’accepter que la progression s’inscrive dans la durée.

« Patience, écoute, caractère »

Quelles sont les qualités indispensables pour qu’un jeune puisse intégrer un groupe seniors ?
Je retiendrais trois qualités : la patience, l’écoute et le caractère. Les jeunes joueurs talentueux sont souvent impatients. Ils veulent jouer immédiatement. Pourtant, l’intégration dans un groupe seniors demande du temps. Il faut continuer à travailler avec rigueur et sérieux, même lorsqu’on ne joue pas. L’écoute est également essentielle. Les jeunes qui progressent le plus sont souvent ceux qui savent s’appuyer sur l’expérience des anciens. Enfin, il faut avoir du caractère. Il ne faut jamais s’excuser d’être là.

L’expérience avec l’équipe première

Photo Philippe Le Brech

À GOAL FC, tu as été l’adjoint de Fabien Pujo en National (en 2023-24). Qu’as-tu appris à ses côtés ?
Fabien est un passionné du jeu. Il est constamment dans la recherche. Le métier d’entraîneur ne s’arrête jamais. On réfléchit sept jours sur sept, 24 heures sur 24. Il faut analyser, observer et anticiper en permanence. Il regarde énormément de matchs, quel que soit le championnat en France, en Angleterre… Mais ce qui m’a le plus marqué, c’est l’importance qu’il accorde à l’aspect humain. J’étais un jeune entraîneur très centré sur le jeu et la possession du ballon. Il m’a permis de comprendre qu’il existait beaucoup d’autres paramètres, surtout lorsque chaque point devient déterminant.

Comment passe-t-on du rôle d’adjoint à celui d’entraîneur principal ?
J’ai eu la chance d’effectuer cette transition dans un environnement que je connaissais parfaitement. Lorsque j’ai pris mes fonctions (en janvier 2025), nous étions derniers du groupe en N2 (N1 aujourd’hui). Beaucoup nous considéraient déjà comme condamnés. Je n’avais rien à perdre. Les résultats sont rapidement arrivés. Nous avons réalisé le 4e meilleur parcours sur la 2e partie de saison, ce qui nous a finalement permis d’être repêchés.

Justement, comment le club a vécu à travers toi cet épisode ?
Je dirais que cet épisode n’a finalement pas été particulièrement traumatisant au niveau du club. La stabilité du staff a été rapidement actée, avec un travail mené avec Enzo Reale (conseiller sportif du club) pour anticiper les deux scénarios possibles. Il y avait donc une certaine sérénité en interne, même si les joueurs, eux, étaient dans l’attente d’une réponse concernant le repêchage en N2 (N1 aujourd’hui), dont l’officialisation est intervenue assez tardivement. Le club s’y était préparé, mais cette incertitude a rendu la construction de l’effectif plus compliquée.

Le management d’un vestiaire change-t-il lorsqu’on entraîne une équipe première ?
Oui, parce qu’on entraîne avant tout des hommes et non pas uniquement des footballeurs. Chaque vestiaire est différent. Chaque groupe développe une relation particulière avec son entraîneur : les entretiens individuels, les stages de cohésion et tous les moments informels sont essentiels. Il faut apprendre à connaître les joueurs en profondeur pour comprendre leur fonctionnement.

La formation du coach

Photo Philippe Le Brech

Pourquoi était-il important pour toi d’obtenir le DES ?
Le DES est indispensable pour entraîner au niveau auquel j’évolue aujourd’hui. C’est une sorte de passeport. Mais, au-delà du diplôme, la richesse de la formation réside surtout dans les échanges. On apprend évidemment grâce aux contenus proposés par la Fédération, mais on apprend surtout grâce aux autres entraîneurs. Clairefontaine permet de créer un réseau et d’échanger sur des méthodes de travail très différentes.

Le diplôme change-t-il la manière d’entraîner ?
J’ai des principes et une méthodologie assez affirmés. Mais considérer que tout est acquis serait une erreur. Retourner en formation permet justement de se remettre en question. Même les plus grands entraîneurs continuent d’apprendre. C’est cette capacité à évoluer qui permet de continuer à progresser.

Philosophie et management

Comment définirais-tu ta philosophie de jeu en trois mots ?
Je dirais : acteur, courageux et ambitieux. J’aime les équipes qui prennent des initiatives, avec ou sans ballon. J’aime les équipes capables d’imposer leur rythme, de récupérer le ballon haut et de perturber l’adversaire.

Quel entraîneur t’inspire le plus aujourd’hui ?
Je ne pourrais pas en citer un seul. J’admire la capacité de Pep Guardiola à se réinventer en permanence. J’apprécie aussi le courage et la radicalité de Marcelo Bielsa. J’aime l’énergie de Jürgen Klopp, l’intelligence situationnelle de Pierre Sage et la qualité des relations humaines développées par Carlo Ancelotti. J’essaie surtout de me nourrir de différentes influences.

« L’intensité, c’est décider vite, analyser vite et agir vite »

Comment crée-t-on une culture de travail dans un club amateur ?
J’ai récemment lu une interview de Habib Beye dans laquelle il expliquait avoir placé l’intensité au centre de son projet. Cette idée me parle beaucoup. Mais l’intensité ne se résume pas à courir davantage. L’intensité, c’est décider vite, analyser vite et agir vite. Dans le football moderne, le temps est devenu une ressource précieuse. Chaque détail compte. C’est pour ça qu’on essaie d’optimiser chaque séance afin d’éviter toute perte de temps.

Les ambitions et l’avenir

Photo Philippe Le Brech

Où t’imagines-tu dans cinq ou dix ans ?
Je suis quelqu’un d’ambitieux et je ne me fixe aucune limite. Je pense qu’il faut rêver grand tout en restant humble. Mon objectif est clair : je veux découvrir le football professionnel. Certains trouveront peut-être cette ambition présomptueuse, mais je l’assume totalement.

Quels sont les défis du football amateur aujourd’hui ?
Le football évolue vers une professionnalisation de plus en plus importante. L’arrivée de la Ligue 3 est venue confirmer une tendance déjà existante. Aujourd’hui, les clubs de National fonctionnent déjà selon des modèles très proches du monde professionnel.

« Être capable de reconnaître mon équipe sans même regarder le banc de touche »

Comment GOAL FC peut-il continuer à se développer ?
GOAL FC est un club atypique. On a parfois l’impression d’un « village gaulois » perdu au milieu des terrains, mais cette singularité peut devenir une véritable force. Le club dispose d’ambitions importantes, notamment en matière d’infrastructures. À nous, sur le plan sportif, d’être à la hauteur de ces ambitions.

Si tu devais résumer ton parcours en une phrase ?
Je dirais que c’est le parcours d’un entraîneur passionné qui essaie de compenser l’absence d’une carrière de joueur professionnel par le travail. Mon ambition est simple : être capable de reconnaître mon équipe sans même regarder le banc de touche.

Pierre Thimonier du TAC au TAC

Sur le terrain de Bobigny, la saison passée. Photo Philippe Le Brech

Le dernier film que tu as regardé ?
Le Comte de Monte-Cristo. Un grand film populaire, une vraie histoire de revanche, de patience et de détermination. Le genre de film dans lequel tu rentres facilement et qui te tient jusqu’au bout.

La dernière série que tu as dévorée ?
GIGN. J’aime tout ce qui touche à ces unités : la préparation, la maîtrise de soi, la solidarité et la capacité à rester lucide sous une pression extrême. Il y a forcément des choses qui me parlent en tant qu’entraîneur.

Le dernier livre que tu as lu ?
Carlo Ancelotti – Mes secrets d’entraîneur. J’aime lire des entraîneurs qui ont connu le très haut niveau. Chez Ancelotti, ce qui m’intéresse particulièrement, c’est sa manière de manager les hommes et les ego, avec beaucoup de calme et d’intelligence.

Le dernier match auquel tu as assisté en tant que spectateur ?
Un match de jeunes. J’aime regarder le football là où il est encore spontané, avec moins de calcul et parfois beaucoup de fraîcheur.

Le dernier match qui t’a fait vibrer devant ta télévision ?
PSG-Bayern en Ligue des champions, sur la double confrontation aller-retour. Du très haut niveau, énormément d’intensité et cette sensation permanente que chaque détail peut faire basculer la qualification. C’est ce football-là qui me fait vibrer.

Le dernier stade que tu as découvert ?
Le Groupama Stadium à Lyon. C’est incontestablement un très bel outil, moderne et impressionnant.

Photo Philippe Le Brech

L’application que tu consultes le plus dans une journée ?
WhatsApp. Entre le staff, les joueurs, le travail et l’organisation du quotidien, difficile d’y échapper.

La première chose que tu fais en te levant ?
J’embrasse ma femme et mes filles et je pars au boulot ! Je déjeune même souvent sur la route : chaque minute de sommeil gagnée est bonne à prendre.

La dernière chanson que tu as écoutée ?
Ma fille, de Kofs. C’est aussi l’une de mes chansons préférées.

Le joueur que tu prends le plus de plaisir à regarder actuellement ?
Vitinha. J’aime son intelligence de jeu, sa capacité à jouer sous pression et à donner le tempo. Il voit souvent les choses une seconde avant les autres.

L’entraîneur qui t’inspire aujourd’hui ?
Luis Enrique. Pour ses convictions, son exigence et sa capacité à donner une identité très forte à son équipe. Il veut gagner, évidemment, mais avec une vraie idée de la manière dont il veut le faire.

Le meilleur conseil que l’on t’a donné ?
« N’écoute pas les critiques de personnes dont tu n’écouterais pas les conseils. » Avec le temps, je trouve cette phrase de plus en plus juste.

Le mot que tes joueurs utilisent le plus pour te décrire ?
Passionné. Et selon les jours, je pense que certains diraient même obsessionnel ! (rires) Quand j’aime quelque chose, j’ai du mal à le faire à moitié. Ça peut être une qualité comme un défaut.

Le mot qui te définit le mieux ?
Bienveillant. L’exigence est importante pour moi, mais elle doit toujours avoir pour objectif de faire progresser les gens.

Le plat que tu pourrais manger toute la semaine ?
Un burger. Malheureusement, je ne suis clairement pas dans la team healthy, à mon grand désespoir !

Photo Philippe Le Brech

Le café du matin ou la sieste de l’après-midi ?
Le café du matin. Sans hésitation.

Ville ou campagne ?
Campagne. Pour le calme et pour couper un peu.

Mer ou montagne ?
Mer. Pour l’horizon et la sensation de déconnexion.

Un endroit où tu aimerais partir en vacances demain ?
La Corse. La mer, la montagne, le soleil… tout ce qu’il faut pour vraiment couper.

Une qualité indispensable chez un joueur ?
L’intelligence. Pas uniquement l’intelligence tactique : savoir comprendre une situation, ses partenaires, un moment du match et ce dont le collectif a besoin.

Une qualité indispensable chez un entraîneur ?
La capacité d’adaptation. Il faut avoir des convictions fortes sans devenir prisonnier de ses certitudes. On entraîne des hommes avant d’entraîner un système.

Le plus grand défaut du football amateur ?
Tout ce qui peut parasiter l’environnement du joueur. Dans le semi-professionnel notamment, certains jeunes sont très mal accompagnés et parfois conseillés par des personnes qui défendent davantage leurs propres intérêts que ceux du joueur. À un âge où ils auraient justement besoin d’un entourage solide et bienveillant, ça peut faire beaucoup de dégâts.

Le plus beau souvenir de ta carrière de joueur ?
Les vestiaires. Avec le temps, tu oublies certains résultats ou certaines actions, mais beaucoup moins les personnes avec lesquelles tu les as vécus.

Le plus beau souvenir de ta carrière d’entraîneur ?
Les tournois à l’étranger avec les jeunes de Pontcharra. Certains quittaient leur famille ou partaient à l’étranger pour la première fois, parfois avec des moyens modestes. Pouvoir leur faire vivre une expérience dont certains me parlent encore aujourd’hui, ça a énormément de valeur à mes yeux. Bien au-delà du résultat sportif.

Le match que tu aimerais rejouer ?
Créteil, à l’extérieur, la saison dernière. Un match complètement fou, près d’une dizaine de buts (5-4 pour Créteil !) et énormément de rebondissements, qui nous échappe dans les toutes dernières secondes. Typiquement le genre de match que tu refais cent fois dans ta tête après coup.

« L’accompagnement, l’éducation et la transmission »

Avec Florian Raspentino. Photo Philippe Le Brech

Le joueur avec lequel tu aurais aimé partager le terrain ?
Zinédine Zidane, sans hésiter. C’était mon idole de jeunesse. Au-delà du joueur exceptionnel, j’aurais aimé ressentir de l’intérieur cette capacité qu’il avait à rendre le football simple et à donner l’impression que le temps ralentissait autour de lui.

Si tu n’avais pas travaillé dans le football, quel métier aurais-tu exercé ?
C’est assez facile pour moi de me projeter puisque je suis également enseignant d’EPS et que j’ai longtemps travaillé comme éducateur, en foyer et en centre. Finalement, il y a un fil conducteur dans tout ça : l’accompagnement, l’éducation et la transmission.

Un rituel avant un match ?
Le crâne rasé à la perfection (rires) ! Je ne sais pas si ça me fait gagner des matchs, mais au moins, quoi qu’il arrive, je suis impeccable sur le banc. Plus sérieusement, j’aime aussi avoir quelques minutes seul avant le match. Je repasse les choses importantes dans ma tête. Ensuite, quand je retrouve les joueurs, toute mon attention est tournée vers eux.

Trois mots pour définir GOAL FC ?
Ambition. Identité. Travail.

Un rêve qu’il te reste à accomplir ?
Connaître une montée avec un groupe que j’ai construit. Aller chercher quelque chose que peu de gens pensaient possible au départ et vivre cette aventure avec les joueurs et le staff. C’est pour ce genre d’émotions qu’on fait ce métier.

Championnat National 1 (Journée 3) – samedi 5 août 2026 – Bourges FC / GOAL FC, à 18h, au stade Jacques-Rimbault, à Bourges. 

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  • Texte : Joël PENET / mail : contact@13heuresfoot.fr
  • Photos : Philippe LE BRECH
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Le coactionnaire et directeur général, plus discret que son binôme Alexandre Mulliez, dont il loue la complémentarité et l’association, évoque une passion entrepreneuriale et assume un management différent, basé sur le développement des gens et la collaboration. Malgré les obstacles, le FC Versailles (Ligue 3)  avance à contre-courant, toujours sans stade et avec un modèle économique à réinventer. Autant de défis complexes à relever. 

Par Anthony BOYER / mail : aboyer@13heuresfoot.fr

Making of

La dernière fois que j’ai regardé une série à la télé, c’était à la fin des années 80. C’était Dallas. Alors, je ne sais pas ce qui m’a pris ce lundi de début août, je me suis avalé d’une traite les six épisodes de la saison 1 de « Le Club », la série consacrée au FC Versailles. J’ai vu que la saison 2 était disponible. Ce sera pour plus tard.

Plus de 35 ans se sont écoulés entre les deux séries. Est-ce que j’ai manqué quelque chose durant tout ce temps ? Tout le monde m’assure que oui. « Mais tu n’as pas vu celle-ci ? Ni celle-là ? » Désolé, non. Mais dans quel monde je vis ?

Disons-le franchement, en regardant « Le Club », je cherchais aussi un angle différent dans l’optique d’interviewer Alexandre Mulliez, le président du FC Versailles. Celui que l’on voit partout. Qui a déjà (presque) tout dit. Omniprésent sur les réseaux sociaux, au point d’être surnommé par ses détracteurs « le président LinkedIn ».

Et puis, Fabien Lazare est apparu comme une évidence. Un personnage clé de la série. Plus discret. Plus en retrait. Dans l’ombre. Posé. Mesuré. Le coactionnaire et CEO du club (directeur général). Pourquoi n’avais-je pas pensé à lui avant ?

« Quand on est spectateur, on ne connaît qu’un millième de ce que c’est que gérer un club »

Capture écran Canal+

Le Vauclusien de 37 ans, natif de Carpentras, donne peu d’interviews. J’ai cherché. J’ai trouvé trace d’un très long entretien pour le site de l’EDHEC-Alumni, au demeurant très intéressant, où il retrace son parcours et se met à la place des étudiants : « Ils me sollicitent parfois pour des conseils et m’envoient des messages, malheureusement, et je m’en excuse, je n’ai pas assez de temps pour répondre. »

En tout cas, Fabien Lazare n’a pas tardé à répondre à mon message, lorsque je l’ai sollicité pour un entretien. Il a dit oui d’emblée. Il connaissait le site 13heuresfoot.

Ce diplômé de l’EDHEC Business school de Lille, titulaire d’un Master, s’est donc lancé dans le football il y a un peu plus de 3 ans, aux côtés d’Alexandre Mulliez, qu’il a rencontré à Auchan et pour lequel il a travaillé pendant près d’un an.

Pendant une heure, il a évoqué son enfance dans un milieu agricole, en Provence, au pied des cerisiers de l’entreprise familiale (et au pied du Mont Ventoux !), son rêve de devenir pro quand il était ado, son parcours, le monde de l’entrepreneuriat et le FC Versailles bien sûr, où, avec son binôme Alexandre Mulliez, il forme un tandem indissociable dont la principale difficulté est de construire un club sans stade et sans véritable ancrage, mais avec une conviction forte : au foot, jouer ne suffit plus. « Quand on est spectateur, on ne connaît qu’un millième de ce que c’est que gérer un club ». 

Entretien / Fabien Lazare :

« Ce qui nous excite, c’est le challenge à relever et la dimension entrepreneuriale »

L’équipe du FC Versailles 2026-2027. Photo Philippe Le Brech

Fabien, alors, c’est comment, le foot ?

C’est dur. Dur et passionnant à la fois. C’est l’ambivalence du métier. Je n’avais jamais prévu de diriger un club de football un jour dans ma carrière. En revanche, comme beaucoup d’enfants, j’avais rêvé de devenir joueur professionnel. Quand on découvre ce milieu, on se rend compte que, quand on est seulement spectateur, quand on est à l’extérieur, on ne connaît qu’un millième de ce que c’est vraiment que gérer un club. Et nous, à Versailles, cela va même au-delà de gérer, c’est construire un club de foot. On ne part pas totalement de zéro, parce qu’il y a quelques fondations, mais elles sont fragiles.

La particularité d’un club de foot, c’est la diversité des métiers et des activités. Pour créer un modèle économique viable, jouer ne suffit pas. C’est bien plus complexe. Il faut savoir créer du contenu pour attirer une communauté, vendre du merchandising, organiser des matchs et des événements B2B pour les partenaires, être une agence créative pour proposer des choses aux marques. Dans un club, il y a des dizaines de métiers. C’est une plateforme presque infinie de développement de métiers potentiels.

« On peut penser qu’on se la pète, mais c’est une stratégie pour exister »

Cela fait beaucoup de paramètres…

Photo FCV

Il faut appréhender tout ça avec une énergie qui varie d’une semaine à l’autre en fonction des résultats sportifs et avec un niveau d’exposition et de regards extérieurs très élevés. On est scrutés. C’est encore plus vrai pour nous, parce que nous communiquons beaucoup. Certains peuvent penser que l’on se la pète, mais c’est une stratégie pour exister. C’est indispensable quand on reprend un club comme Versailles, qui, entre guillemets, n’existe pas encore comme club de football et n’a pas d’histoire. Cela rend la tâche encore plus complexe. D’autant plus que le contexte économique est compliqué, dans un monde où le modèle économique d’un club de foot n’existe plus, du moins, ne tient plus la route. 

À cela s’ajoute une autre complexité : c’est notre manière de faire les choses pour réussir. Notre modèle de management consiste à miser sur le développement des personnes qui nous accompagnent. Cela prend plus de temps que si nous considérions les gens comme des pions. Nous, on prend le temps de les faire monter en compétences. Quand on ajoute tout ça, ça rend la chose hyper complexe. Mais on se nourrit de cette complexité. Avec Alex (Mulliez), on en parlait récemment : si demain on nous proposait d’être à la tête d’un grand club, cela ne nous intéresserait pas forcément. Ce qui nous excite, c’est le challenge à relever et la dimension entrepreneuriale.

« J’étais un numéro 10 à l’ancienne »

Racontez-vous votre parcours footballistique ?

Fabien Lazare, à ses débuts au football. Photo DR

J’ai commencé à jouer à Villes-sur-Auzon, le petit club de mon village, puis à Carpentras jusqu’à mes 13 ans 1re année. Ensuite, je suis allé à la MJC Avignon. En 13 ans 2e année, on avait fini 2es derrière Burel en DH. Burel avait refusé la montée, donc on avait été proposés pour monter en 14 ans Fédéraux. À ce moment-là, j’étais en sélection de Ligue Méditerranée. L’entraîneur de la MJC nous avait appelés pour savoir s’il pouvait compter sur nous, parce qu’il voulait faire une équipe pour monter. Finalement, des parents ont eu peur. Ils n’ont pas voulu que leurs fils jouent avec cet entraîneur, qui avait la réputation d’être un peu « fou ». Donc on n’est pas montés. C’était une opportunité en or. Mon père, ça l’a rendu dingue. Cet épisode m’a marqué.

Je suis retourné à Carpentras en 15 ans Excellence, puis au Pontet, en 15 ans 2e année, en DH. J’ai aussi joué avec les 18 ans 1re année, en équipe réserve et quelques matchs en équipe première. Ensuite, je me blesse au péroné, c’est devenu compliqué, je suis parti à Bédoin, près de Villes-sur-Auzon. J’ai tout de même gagné la Coupe de district Rhône-Durance en 13 ans avec la MJC Avignon, en 15 ans avec Le Pontet et en 17 ans avec Bédoin contre Le Pontet, mon ancien club ! Puis je suis parti en études. J’ai continué un peu, pour m’amuser. J’ai découvert le futsal aussi, mais j’ai arrêté le foot en club.

À quel poste jouiez-vous ?

Dans la maison familiale, avec le maillot de l’OM. Photo DR

J’étais numéro 10, à l’ancienne. L’organisateur du jeu, celui qui aimait faire des passes. Malheureusement, j’ai connu le futsal trop tard. Le futsal développe des aptitudes que l’on ne développe pas de la même manière dans le foot à onze : les gestes plus rapides, la prise d’information, l’efficacité dans les petits espaces. Au futsal, je me suis aussi découvert une capacité à marquer des buts. Si j’avais connu ce sport à l’époque, j’aurais peut-être été un joueur de foot plus complet, j’aurais marqué plus de buts !

« Je suis né avec les cassettes vidéo de l’OM ! »

Et les études ?

Après une classe préparatoire de 2 ans à Nîmes, j’ai intégré l’EDHEC à Lille, un choix qui a surpris mes amis du sud, mais contre toute attente, ce furent 4 années incroyables. Mon dossier n’avait pas été retenu à Lyon et dans le classement des écoles de commerce, c’est la meilleure que j’ai eue. Des potes dans ma « prépa » m’avaient dit « Tu verras, Lille, tu ne vas pas regretter », ils avaient raison ! Je suis un mec de la campagne : Nîmes, déjà, c’était une grande ville, mais alors Lille ! On oublie vite la météo là-bas ! On sortait tout le temps, c’est une ville étudiante, j’ai passé quatre années géniales. Je n’étais pas le plus assidu dans les études, mais j’ai rejoint la « Junior Entreprise » (1) et ce fut une véritable révélation : j’ai pu vite faire mes premiers pas dans l’entrepreneuriat, je voulais découvrir, voir ce que cela faisait d’avoir des responsabilités. J’ai rapidement fait chef de projet, responsable du développement commercial, et la 3e année, j’ai pris la présidence de l’association. 

(1)  Une « Junior-Entreprise » est une association étudiante, sorte de cabinet-conseil qui permet aux étudiants de réaliser des missions rémunérées pour de vraies entreprises. 

Vous alliez voir des matchs du LOSC à l’époque ?

Avec Patrice Haddad, le président du Red Star. Photo Philippe Le Brech

À ce moment-là, c’en était terminé du stade Grimonprez-Jooris, du coup le LOSC jouait à Villeneuve-d’Ascq. J’étais allé voir Lens en Ligue 2 contre Nîmes avec un ami nîmois. 

En bon sudiste, vous êtes plutôt fan de l’OM, non ?

Oui. Ma famille aussi. Je suis né avec les cassettes vidéo de la Ligue des champions ! Je me souviens du fameux 5-4 contre Montpellier. Ce sont des souvenirs marquants.

Et un joueur marquant, à l’OM ?

Didier Drogba. Pourtant, il n’est resté qu’une saison. Je ne sais pas trop expliquer pourquoi. On devait aller voir le match contre Newcastle, celui où il avait inscrit un doublé (demi-finale retour de la Coupe UEFA, 2-0, le 6 mai 2004) mais la personne qui devait nous apporter les billets devant le stade n’est jamais venue… On est rentrés à la maison et on a vu la fin du match à la télé.

Vous n’étiez pas supporter d’Arles-Avignon ?

Non. Il n’y a jamais eu de ferveur autour d’Arles-Avignon.

Les Lazare, famille de footeux ?

Mon père est fan de foot, il a joué gardien et défenseur. Mon frère a joué attaquant aussi. Toute ma jeunesse, je tapais dans les murs, je jouais dans les champs, je passais mon temps avec un ballon. Je revois encore l’étendoir de ma mère : j’imaginais une lucarne et je frappais. Pendant la période des cerises, je jonglais. Je pouvais faire 1500 jongles. 

« Mes parents souffrent par procuration »

Dans la série « Le Club », on voit votre famille souffrir, on voit votre père Didier souffrir pendant les matchs du FC Versailles… Pourquoi leur infliger ça ?

Mon grand-père aussi a regardé la série ! Être supporter, déjà, c’est dur. Mais être supporter de son fils qui est à la tête du club, c’est encore plus dur. Mes parents m’ont toujours laissé faire un peu ce que je voulais. Ils m’ont laissé cette liberté de tracer ma voie. Le seul truc qu’ils m’ont dit, c’est : « Ne te drogue jamais. Fais ce que tu veux, à partir du moment où tu ne te drogues pas. » Je n’ai jamais fumé une cigarette de ma vie. Mes parents souffrent par procuration. Ils souffrent dans toutes mes aventures parce qu’ils sont inquiets pour moi. Je leur ai dit de me laisser tranquille et de ne pas s’en faire, même si je sais qu’ils sont là pour moi. J’ai envie de faire ce qui me plaît. Ma motivation dans les métiers, ce n’est pas d’être millionnaire. C’est de me lever tous les matins en étant content d’aller travailler. Le travail prend une place très importante dans la vie. Et ils savent que je travaille beaucoup.

Votre papa semble vraiment tenir une place importante…

C’est lui qui m’avait encouragé à prendre le poste de secrétaire général d’Auchan France pour avoir quelque chose de plus stable, de plus gratifiant, parce qu’avant, quand j’avais la boîte de fruits et légumes, je n’étais pas payé. Alors oui, c’est dur de voir ma famille souffrir, mon père surtout. En plus, dans le football, on est sous le feu des projecteurs, on est exposé, et on vous tombe dessus assez fortement. Là, le rôle d’Alex (Mulliez) est important : c’est lui le paratonnerre. Le fait de ne pas être exposé sur les réussites, c’est aussi une contrepartie protectrice. Quand c’est plus dur, ils tapent sur Alexandre Mulliez, alors que je suis aussi architecte du projet.

Mes parents sont contents de voir que ça va un peu mieux, mais ils savent que l’équilibre est fragile. J’ai dû les convaincre aussi de passer dans la série. Ils ne voulaient pas se montrer, ni montrer où ils habitaient. Mais dans tous les cas, cela nous fera des souvenirs à vie.

On a quand même l’impression qu’ils souffrent beaucoup plus que vous…

Oui. C’est l’amour des parents. Je sais ce que c’est maintenant que je suis papa (un petit garçon de 8 mois). Avant, je ne pouvais pas le savoir. Toute l’attention est tournée vers son enfant. On se soucie de lui. Ça change tout.

« Je ne pourrais pas faire autre chose qu’entrepreneur »

Le travail, c’est une valeur forte dans votre famille, une famille d’agriculteurs : vous auriez pu, vous aussi, travailler dans la production de cerises ?

Avec Salomon Kashala (directeur sportif) et Alexandre Mulliez (co-actionnaire et président). Photo Philippe Le Brech

C’est vrai, mes parents sont producteurs de cerises, même s’ils ont aussi fait de la fraise et un peu de tout. Ils se sont spécialisés dans la cerise. Carpentras, c’est aussi le pays de la fraise, mais chez nous, c’est surtout la cerise. Mais je n’ai jamais voulu faire ce métier. Je sentais qu’il fallait que je fasse autre chose. Ce n’était pas ma passion première.

Parlez-nous de vos expériences dans le domaine agricole ?

Avec plusieurs producteurs agricoles, on avait monté une sorte de coopérative (AAA pour Agriculture Avenir Ambition) pour développer des stands de fruits et légumes en vente assistée dans les magasins Auchan. Malheureusement, la personne qui avait eu cette idée avec qui je me suis associé, Loïc Popioleck, est décédée pendant le Covid. Il était agent d’agriculteurs et aussi agent de footballeurs. Il mettait en relation les bons agriculteurs avec les grandes enseignes de distribution. C’est lui, par exemple, qui a fait travailler mon père avec Grand Frais. Perdre un associé, ce n’est pas un épisode facile. J’ai essayé de tenir la société, dont j’avais pris la direction générale, jusqu’au bout. Il serait fier de voir l’aventure que l’on est en train de mener avec Alexandre.

Mais vous n’avez jamais travaillé dans l’entreprise familiale, « Cerises Lazare » ?

Un cerisier au pied du Mont Ventoux, dans le Vaucluse : bienvenue chez les Lazare !

Si, j’ai travaillé un peu dans l’entreprise de mon père, mais pas longtemps. Quelques mois. Juste avant le projet de coopérative AAA. Mon idée première était de refondre l’identité visuelle de la marque, de refaire le site internet et de développer le e-commerce en direct, notamment à Paris. J’avais commencé à travailler sur le site e-commerce, avec l’idée de distribuer directement aux détaillants et aux particuliers à Paris. Mon business plan était prêt. Jusqu’au moment où je me suis fait embarquer dans l’aventure AAA. Vous savez, je ne suis pas un gros contributeur de l’entreprise familiale, il faut être clair là-dessus. Mon père a tout construit avec mon grand-père avant lui. Et c’est mon frère Florent qui a tout repris. 

Grandir au milieu des cerises, forcément, cela vous a donné le goût de ce fruit ?

Ce n’est pas mon fruit préféré ! Sans doute parce que j’en ai trop mangé. J’essaie quand même d’en ramener au bureau de temps en temps !

Ces expériences dans le domaine agricole, ça vous a apporté quoi ?

Cela m’a donné le goût de l’entrepreneuriat et la liberté de construire ce que l’on veut. Mon père travaillait beaucoup, il se levait à 4 heures, mais il avait aussi une forme de liberté : rentrer à 13 heures, manger avec nous, faire sa sieste, repartir travailler… Il avait un équilibre de vie. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui, je ne pourrais pas faire autre chose qu’entrepreneur.

« Je n’ai pas besoin de communication pour exister »

Dans la série Le Club, Alexandre Mulliez est très présent. Vous êtes beaucoup plus discret. C’est un choix ?

Avec Fabien Pujo, coach du FC Villefranche, lors d’un match FC Versailles – FCVB. Photo Philippe Le Brech

Il y a plusieurs facteurs. Je n’ai pas besoin de communication pour exister. Pour la série, il a fallu beaucoup de débats avec Alex pour me persuader de la faire. Je préfère vivre dans l’ombre. Après, une fois qu’on est dedans, on s’habitue, on se prête au jeu. C’est aussi un choix stratégique de répartition des rôles. Nous sommes tous les deux coactionnaires, mais nous avons des rôles différents en fonction de nos qualités et de nos capacités. On se répartit bien les tâches. On a aussi appris à orienter nos rôles respectifs pour apporter un maximum de valeur au club. Et puis il y a un facteur logique : Alexandre Mulliez, ça fait plus parler. C’est normal. Le club, au final, c’est une combinaison de personnes. C’est ce qui fait le charme de cette aventure. Ce qui nous regroupe tous, ce sont des valeurs communes.

Êtes-vous sollicité par les médias ?

Pas par les grands médias. Ce sont surtout des jeunes, des étudiants, des gens qui veulent en savoir plus sur la gestion opérationnelle, sur l’entrepreneuriat. Je n’ai pas le temps de leur répondre et je pense que certains doivent se dire que je suis un con parce que je ne réponds pas. Mais j’ai tellement de sujets à traiter… On a énormément de sollicitations, encore plus depuis la série, notamment sur LinkedIn. Cela apporte beaucoup de richesse, mais cela prend aussi beaucoup de temps.

« Avec Alex, on ne se cache rien »

Vous avez immédiatement accepté ma demande d’interview, alors que vous êtes discret dans les médias : pourquoi ?

Ce que j’aime dans ce que vous faites sur votre site 13heuresfoot, c’est que vous allez moins en surface et plus en profondeur. Votre valeur ajoutée est là-dedans. Vous essayez de comprendre les hommes, d’aller chercher l’histoire des gens. C’est authentique. C’est ce qui me plaît. Je vais vous faire une confidence : c’est en lisant aussi un article sur votre site de Jordan (Gonzalez), avant même de le rencontrer, quand on cherchait un entraîneur, qu’on l’a mieux connu. 

  • Alexandre Mulliez est-il au courant de cet entretien ?

Oui. Avec Alex, on ne se cache rien. Et il y a aussi Cédric (Landu), qui gère les relations presse.

  • Vous décidez ensemble ?
Avec Alexandre Mulliez. Capture écran Canal+

Nous sommes trois actionnaires, avec une structure, All time (2) gérée par le frère de Charles Leclerc. C’est lui qui a fait la mise en relation avec Pierre Gasly. Ils ont une toute petite part. Avec Alex, nous détenons plus de 90 % des parts du club. Pour les décisions, cela dépend du niveau. Les décisions courantes, opérationnelles, les micro décisions, je prends l’exemple du choix de maillots, on les gère directement avec nos équipes. Les gros sujets stratégiques et structurants, on les prend à deux avec Alex.

Alex gère la levée de fonds que l’on mène en ce moment. On définit ensemble les critères des personnes que l’on veut faire entrer. On définit la vision et la stratégie globale du club ensemble. Il apporte beaucoup de valeur sur la capacité à aller chercher des investisseurs, des partenaires, à se connecter avec des personnes qui peuvent faire aller les choses beaucoup plus vite. Moi, je suis davantage sur la gestion humaine au quotidien : manager les personnes au club, les faire grandir. Évidemment, nos sujets se croisent, c’est juste que la différence se fait surtout dans la répartition des tâches. 

(2) All Time est une entreprise cofondée par Lorenzo Tolotta-Leclerc, le frère aîné du pilote de Formule 1 Charles Leclerc. Cette structure est spécialisée dans l’accompagnement et le conseil aux sportifs de haut niveau et s’occupe de gérer leur carrière et leur patrimoine.

Votre lien avec Alexandre Mulliez dépasse-t-il le cadre du football ?

Oui. On est devenus amis. Ce qui a été étonnant, c’est qu’il m’a tout de suite fait confiance à Auchan, où le lien a été fluide très vite. Vu le temps que l’on a passé ensemble, on se connaît par cœur. À part nos femmes respectives, on est probablement les personnes qui se connaissent le mieux. On parle de tout : santé, famille… Pas trop de politique, parce que c’est un sujet dans lequel je n’ai pas envie de rentrer. Mais il y a un lien de confiance qui va bien au-delà du foot.

Vous êtes pourtant très différents…

Avec Jordan Gonzalez (entraîneur), Salomon Kashala, et Alexandre Mulliez. Photo Philippe Le Brech

Oui mais nous avons un socle de valeurs communes très fort : la bienveillance, le travail, la remise en question, la sincérité, l’entièreté. Alex est une personne entière. S’il était snob, s’il ne considérait pas les gens, s’il s’en foutait d’eux, je ne serais jamais avec lui. Je peux vous assurer qu’il est vraiment soucieux des gens et de les aider. On a fait le tour des magasins Auchan ensemble pendant un an, il sait que c’est grâce aux gens qui ont travaillé qu’il a la vie qu’il a aujourd’hui.

Que vous apportez-vous mutuellement ?

À Auchan, c’est lui qui m’a mis au « Lean Management » (3). Il m’a fait lire sur le sujet, puis il m’a présenté son projet : revenir à la culture et à l’ADN d’Auchan, responsabiliser les gens sur le terrain, considérer que tout le monde a une intelligence et qu’il faut développer le potentiel de chacun. Je ne pouvais qu’être aligné avec lui. Je me nourris aussi de lui. Il a des traits de caractère que je n’ai pas et que je devrais parfois avoir davantage. Il me pousse à confronter plus certaines situations, à dire plus les choses. Et moi, j’essaie de lui apporter de la tempérance, de la patience. On se complète. Je pense que l’on devient meilleurs en se côtoyant.

(3) Le « Lean Management » est un système de gestion qui vise à  mieux satisfaire les clients en développant continuellement les compétences des salariés et leur capacité à travailler ensemble.

Vous êtes le seul à pouvoir lui dire non ?

Photo Philippe Le Brech

Non. Mais il y a peu de personnes capables de lui dire ce qu’elles pensent réellement. Et il y a peu de personnes qu’il écoute, en qui il a confiance et dont il tient compte. Les autres personnes du club ont aussi tissé une relation de confiance avec lui. On est devenus un groupe. C’est la confiance qui permet d’accepter la vulnérabilité, de s’ouvrir, de dire et d’entendre les choses. Demain, si Salomon Kashala (le directeur sportif), Jordan Gonzalez (l’entraîneur) ou d’autres personnes lui font remonter un truc, il sera ouvert. Et moi, je les encourage à le faire. 

« Le manque d’ancrage, c’est le sujet le plus dur »

Quel est l’aspect le plus compliqué que vous ayez eu à gérer depuis votre arrivée il y a 3 ans, que vous n’aviez pas suffisamment appréhendé ?

Le stade Georges-Lefèvre, à Saint-Germain-en-Laye, où évolue actuellement le FC Versailles en Ligue 3. Photo Philippe Le Brech

Le manque d’ancrage, en lien avec l’impossibilité de jouer dans notre stade à Versailles. Je crois qu’Alex avait rencontré assez rapidement Gervais Martel (ex-président du RC Lens), qui lui avait dit : « Mais tu es fou de reprendre un club sans infrastructure. » Avec le recul, si nous avions eu la connaissance du football que nous avons aujourd’hui, peut-être que nous ne serions pas allés dans ce projet. Mais d’un autre côté, notre côté fleur bleue, notre naïveté, nous permet d’être ici aujourd’hui. Et je pense que c’est une bonne chose.

En arrivant, Alex est allé voir le maire, qui lui a dit : « Je vous préviens tout de suite, il n’y aura jamais de foot à Versailles. » On s’est dit qu’il fallait tisser une relation de confiance avec lui. Au départ, on n’était pas SDF. On avait le stade Jean-Bouin. Certes, cela nous coûtait très cher, 60 000 euros par match, mais on se disait : on est Versailles, on a le côté Paris-Versailles, on a ce stade magnifique qui nous permet de nous projeter sur 15 ans. On pensait pouvoir construire notre histoire là-bas. C’était un investissement, ça allait prendre du temps pour développer les hospitalités, mais c’était un outil incroyable. On s’était dit qu’on était tranquilles. On avait même négocié une prolongation pour y rester.

Au final, perdre cette possibilité-là, être totalement déracinés de notre ville, parce qu’on ne s’entraîne pas à Versailles, cela pèse énormément. On se rend compte que l’on n’est pas un acteur de la ville de Versailles. Les gens ne nous connaissent pas suffisamment, même si ça s’est un peu amélioré. La réalité, c’est que l’on devrait être tout le temps dans la ville. On a installé nos bureaux à Versailles, mais ce n’est pas suffisant. Je n’ai plus les statistiques exactes en tête, mais je crois que 20 à 25 % de notre public est versaillais, environ 30 % vient du 92 et de Paris, et autour de 50 % du 78.

L’ancien maire de Tours (2017-20), Christophe Bouchet (et ancien président de l’OM) avait eu cette phrase il y a une dizaine d’années : pour réussir, un club professionnel doit réunir le bassin économique, les infrastructures et la volonté politique…

Il nous en manque deux. Et c’est vrai que cela rejoint votre question précédente : ce que l’on n’avait pas appréhendé, c’est la volonté politique. C’est le plus dur. Je le dis d’ailleurs dans la saison 2 : une personne peut faire que ton projet réussisse ou bien peut faire mourir ton club. On ne l’avait pas perçu. Si le stade de Versailles avait été tout bétonné, impossible à développer, on l’aurait accepté. Mais là, il y a Montbauron, dans la ville, avec 6000 places, il y a déjà eu 17 000 personnes ici. C’est là que l’on se rend compte de l’aberration du truc. Cela nous a fait perdre énormément de temps et d’argent. Cela se compte en millions d’euros.

« Le soutien politique, c’est la plus grande complexité »

Dans la série, et dans les médias, on vous voit visiter des grandes enceintes, évoquer des grands projets : pourquoi ne pas envisager un projet plus raisonnable au départ et évolutif ?

Capture écran Canal+

C’est ce que l’on a en tête depuis le début. On a plusieurs temporalités. Aujourd’hui, on travaille sur un potentiel projet pour étudier la possibilité d’aménager une tribune de 3000 places au stade Georges-Lefèvre à Saint-Germain-en-Laye. On sait que l’on doit travailler sur le long terme aussi. On a beaucoup de discussions avec des présidents, et certains, comme Thierry Gomez, nous disent que ça peut aller très vite au-dessus. On l’a vu au Mans, qui est passé du National à la Ligue 1 en deux saisons. J’aimerais que ça nous arrive un jour, bien sûr (sourire). Mais même en Ligue 2, on passe déjà un « step » important et on peut très vite être à l’étroit. Cette tribune de 3000 places dont je vous parle, en Ligue 3, je pense que l’on peut la remplir sans trop de difficulté avec le travail que l’on fait. L’outil stade, dans un club où le modèle économique est compliqué, reste quelque chose de très stratégique.

En parallèle, on continue de prospecter avec d’autres villes ou communautés d’agglomération autour de Versailles, pour trouver un site qui permette, à terme, de faire sortir de terre un stade raisonnable, plutôt autour de 15 000 places, qui permette de se projeter dans la durée. On en revient au soutien politique : oui, c’est la plus grande complexité. Et nous n’en avions aucune idée.

Paris FC jouait devant quelques centaines de spectateurs il y a 20 ans au stade de la Porte de Montreuil, et même au début à Charléty : ça prouve bien que l’on peut y arriver… 

Oui mais ça prend du temps. On est convaincu que tout le travail que l’on fait va payer. Le gros point noir, qui limite notre projet, on l’a dit, c’est le stade. Puis on a quand même des soutiens, comme celui de la Région, qui nous accompagne en proximité. Sans eux, on ne peut pas réussir. 

« Notre ambition, c’est que Versailles ne soit plus seulement connu pour son château »

Si vous montez en Ligue 2, pourriez-vous envisager de changer de nom, par exemple FC 78 ?

En juin 2023, lors du rachat du club. Photo FCV

(Catégorique) Ah non, pas du tout ! Ce serait une erreur stratégique monumentale. Le nom Versailles fait la valeur de l’actif. Nous avons des discussions avec des communautés d’agglomération qui nous demandent si elles pourront associer leur nom. Bah non, jamais de la vie. Le nom Versailles, c’est la valeur intrinsèque du club. Aujourd’hui, on écrit notre histoire. On nous dit tout le temps que l’on n’en a pas. On en est conscient. On le sait. Mais on la construit. On construit cette légitimité par l’histoire, en lien avec le football. On commence à être crédibles. L’an passé, on a fini 5es. Nous sommes dans une Ligue 3 professionnelle. C’est cohérent.

À long terme, notre ambition est que Versailles ne soit plus seulement connu pour son château. On ne va pas renier le nom Versailles, qui est un atout fondamental pour créer un modèle économique. Il faut que la réalité soit connue des gens : si économiquement cela ne tourne pas, il n’y a pas de club de football, donc le nom Versailles, c’est un « asset »  (un actif, Ndlr) sur lequel on veut travailler et capitaliser. Sa légitimité comme nom de club de football doit se faire avec le temps. Quand, avec Alexandre Mulliez, nous regardions les clubs possibles à reprendre, on ne s’était pas arrêtés sur Versailles parce que, pour nous, Versailles n’était pas un club de foot. Mais on est en train de le faire devenir.

Même si vous n’êtes pas les bienvenus dans votre propre ville ?

Capture écran Canal+

Ce n’est pas tant que l’on n’est pas les bienvenus. Ce que vous dites, c’est le discours du maire : « On n’a pas besoin du foot pour rayonner. » C’est aussi le discours de quelques personnes à Versailles. Mais les gens oublient que la ville de Versailles, ce n’est pas seulement une typologie de personnes tournées vers la culture ou l’architecture. C’est faux. Aujourd’hui, beaucoup de personnes aimeraient pouvoir profiter du foot et de la manière dont on le conçoit, parce qu’on essaie de proposer quelque chose de différent. C’est cela que l’on veut casser et ça nous dérange que Versailles ne soit vue que sous un seul prisme et que le sport, notamment le sport de haut niveau, ne soit pas reconnu à sa juste valeur. Rien n’empêche une ville comme Venise ou Versailles d’être une ville sportive et d’accompagner le sport de haut niveau. Le sport a toute sa place avec la culture, l’architecture et l’histoire. L’exemple le plus fort, ce sont les Jeux olympiques : on a fait venir l’équitation au cœur du château de Versailles ! Combiner le sport avec une ville au patrimoine et à l’histoire exceptionnels, c’est là que ça peut faire des étincelles.

Notre enjeu est d’obtenir le soutien d’un maximum de personnes de notre communauté : entreprises, population, partenaires. Il faut devenir tellement  incontournable que les quelques avis des « puissants » de la ville, entre guillemets, qui pensent que Versailles, ce n’est que le château, voient que ce n’est pas forcément ce que pense la majorité. On ne fera pas changer d’avis certaines personnes individuellement. Mais si la population va dans notre sens, si on continue de progresser, d’attirer, si on monte en Ligue 2, s’il y a du monde au stade, au bout d’un moment, il ne faudra plus nous ignorer.

« On essaie d’être à l’intersection de plusieurs modèles »

Avez-vous un modèle de club ?

Photo FCV

On en a plusieurs. On essaie de s’inspirer de pas mal de clubs, de plusieurs typologies de clubs, et de se placer à l’intersection. Il y a des clubs qui ont une identité très forte, marquée par une culture qui dépasse le club. Je pense à l’Athletic Bilbao, au RC Lens, à Sankt Pauli. Il y a aussi des clubs-marques, avec une notoriété et une visibilité à l’international hyper fortes : Venise, Athens Kallithea, l’Inter Miami. Ce sont des clubs qui ont des attributs qui font qu’ils sont connus pour leurs marques. Ensuite, il y a les « smart performing clubs » : des clubs qui performent sportivement en le faisant intelligemment. Bodø/Glimt, Midtjylland, Nordsjælland, mais aussi des clubs de notre niveau, comme Boulogne-sur-Mer, qui a réussi à monter en Ligue 2 avec peu de moyens et qui a su appuyer sur tous les leviers de la performance, la stabilité, la cohésion, la fierté de porter le maillot, et pas seulement sur les leviers financiers.

Quand on imagine tous ces cercles qui se croisent, nous, notre objectif, c’est d’être au milieu de tout ça. C’est d’exploiter la puissance de la marque Versailles, de développer une culture de club, une identité hyper-forte. Aujourd’hui, c’est quoi Versailles ? C’est un club un peu différent, disruptif, créatif, qui casse les codes, etc., mais qui a des valeurs humaines très fortes avec la bienveillance, la considération, et qui peut réussir en faisant les choses intelligemment. Voilà ce qu’on essaie de porter. 

Pour ça, on essaie de trouver des leviers, comme le développement des gens, le recrutement des personnes qui ne sont pas forcément des stars tout de suite mais qui ont du potentiel, que cela soit sur le terrain ou en dehors, et que l’on va faire rentrer au club. Et avec le modèle que l’on va mettre en place, on va les aider à progresser, parce qu’on va leur apporter du soutien, de l’accompagnement, du développement, pour que progressivement on arrive à être meilleurs individuellement et collectivement.

Boulogne-sur-Mer, un club qui vous inspire ?

Jordan Gonzalez, l’entraîneur. Photo FCV

À Boulogne, j’ai vu quelque chose qui représente pour moi la quintessence du foot : tout le monde est pour le club, les gens viennent au stade à pied avec le maillot. On a discuté avec le président, Vincent Boutillier. Le soutien de la Ville est fort. Évidemment, nous ne sommes pas lotis de la même manière. Il y a une vraie culture foot là-bas. Et Boulogne est à l’équilibre ! On regarde les hospitalités, le nombre de places au stade, les salaires qu’ils avaient en National. C’est ça qui nous intéresse. On est un peu des chercheurs. On cherche en permanence. Depuis trois ans, on regarde ce qui se fait ailleurs, ce qui marche. À Boulogne, il y a un recrutement cohérent, des joueurs pas forcément chers, qui correspondent aux valeurs, qui ont la dalle, qui sont complémentaires. Il y a toute une manière de construire un effectif qui rentre dans la culture du club, avec des paramètres autour qui permettent de réussir. Je ne parle pas seulement de la compréhension tactique du joueur ou de ses capacités athlétiques. Je parle aussi de l’environnement bienveillant, de la qualité du coach.

Le Mans aussi est un exemple. Quand on voit qu’ils gardent 70 à 80 % de leur effectif de National et qu’ils montent ensuite, cela veut bien dire qu’il y a d’autres paramètres dans la performance. Laval est également inspirant. J’ai échangé avec Laurent Lairy, le président. J’aime comprendre d’où viennent les présidents, leur approche, leur manière de voir les choses. Le président de La Roche-sur-Yon (Christophe Chabot) nous a aussi conseillé de miser sur un seul truc : la stabilité. Avec Alex, on ne peut qu’être d’accord avec ça. Plus on connaît les gens, plus on monte en compétences ensemble. On est allés à Pau, à Dunkerque. On s’inspire de ce qui se fait ailleurs et on essaie de voir ce que l’on peut adapter chez nous, pour créer notre propre identité et notre propre culture.

« La Ligue 3 renvoie une image beaucoup plus professionnelle »

La Ligue 3 vient de commencer : voyez-vous une différence ?

Photo FCV

Je le vois sur la communication. Je ne sais pas si cela vient de mes algorithmes, mais j’ai l’impression que l’on a beaucoup parlé du lancement de la Ligue 3, notamment sur les réseaux sociaux, sur X, sur les gros comptes dédiés au foot. Un peu moins dans la presse écrite, peut-être. Être sur Ligue1+ est un vrai atout pour notre championnat. Avec Alex, on a poussé pour cette Ligue 3 aussi. L’image que cela renvoie est beaucoup plus professionnelle. Pour ce qui est du samedi après-midi à 14h45, il va falloir s’adapter. C’est plus facile à dire pour nous que pour d’autres clubs, comme Villefranche par exemple. Je comprends que pour eux, cela pose problème. Quand tu as des hospitalités, le samedi après-midi peut être une source de revenus importante et cela peut mettre certains clubs dans l’embarras. Mais être sur Ligue1+, qui a vocation selon moi à devenir la chaîne du football français, est important. Ils travaillent bien. Ils tentent des choses. Ce n’est pas parfait, mais à partir du moment où l’on se concentre sur le client, c’est-à-dire le fan, le spectateur, que l’on comprend ses besoins et qu’on lui apporte ce qu’il veut, il sera prêt à payer pour la qualité du contenu.

Quant aux nouvelles mesures, notamment le FVS (Football video support), à date, cela ne peut aider que sur des décisions vraiment flagrantes qui auraient pu être évitées. Avec seulement deux caméras, les angles ne permettent pas toujours de prendre de meilleures décisions. Notre dernier but à La Roche-sur-Yon a été refusé et il était impossible de savoir s’il y avait hors-jeu ou non. Sur le carton rouge que prend La Roche-sur-Yon, franchement, avec l’angle disponible, on ne peut pas vraiment voir. Ligue1+ en est conscient. Ils testent. C’est bien de l’avoir lancé. L’objectif est de voir comment améliorer le dispositif. Nous sommes pour l’innovation et la nouveauté. Cela va dans le bon sens.

Championnat Ligue 3 (Journée 4) – samedi 29 août 2026 – Amiens SC – FC Versailles, à 14h45, au stade Crédit Agricole La Licorne (en direct sur Ligue1+)

  • Texte : Anthony BOYER / X @BOYERANTHONY06 / mail : aboyer@13heuresfoot.fr
  • Photos : Philippe LE BRECH, FC Versailles, DR et captures écran Canal+
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On a refusé du monde jeudi soir aux guichets du stade Henri-Desgrange à La Roche-sur-Yon pour la venue de Cannes, où 6000 personnes sont venues encourager l’une des équipes surprises de ce début de saison ! Dans un communiqué, le club a présenté ses excuses et promis de revoir sa jauge. On appelle ça la rançon du succès.

Par Anthony BOYER, à La Roche-sur-Yon / Photos Philippe LE BRECH

6000 personnes ont assisté au match face à Cannes. Photo Philippe LE BRECH

C’est un des tubes de l’été en Ligue 3 ! Un tube à la mode, mais rien ne dit qu’il va durer lorsqu’arrivera l’automne même si tout le monde l’espère à La Roche-sur-Yon, où tout le monde garde encore en mémoire le début du précédent exercice, quand l’équipe évoluait en National 2 devant quelques centaines de spectateurs dans un stade Henri-Desgrange bien tristounet.

Mais le football a ceci de magique qu’en l’espace de quelques mois, tout a changé. Une mue s’est opérée. Après tout, ce sport est une histoire de cycle. Une histoire tout court, comme celle, nouvelle, que sont en train d’écrire les joueurs de Frédéric Reculeau, arrivé au club en 2023, en National 3. Une histoire comparable à un conte de fées qui est tout sauf un rêve, sinon, comment expliquer que les Rouge de La Roche soient soudain soutenus par 4000 spectateurs contre Versailles le 7 août dernier pour la journée inaugurale de ce nouveau championnat de Ligue 3 (victoire 3-2) puis par 6000 spectateurs quinze jours plus tard contre Cannes ?

La Vendée, terre de foot

Plusieurs raisons expliquent cet engouement soudain. En Vendée, terre de football, où les clubs « nationaux » sont légion, les amoureux du foot et les nostalgiques sont sevrés de haut niveau depuis le début des années 90 et la descente de D2 en National (en 1993) de La Roche Vendée Football.
De plus, les résultats depuis la prise de fonction de Reculeau sont exceptionnels, et la saison passée, achevée à la première place devant les Girondins de Bordeaux, avec lesquels le mano a mano a tenu en haleine tous les suiveurs, a ranimé la flamme dans une ville étrangement éteinte, endormie, dont le contraste avec sa proche voisine des Sables d’Olonne, tellement touristique, est saisissant.

Bordeaux, l’élément déclencheur ?

Fabuleux kop yonnais qui a donné de la voix 90 minutes durant ! Photo Philippe LE BRECH

Mais la présence d’un concurrent du calibre de Bordeaux et la notoriété qui allait avec, l’an passé, a donné à La Roche une nouvelle exposition médiatique, exacerbé par ce duel peu commun pour un championnat de 4e niveau, et qui est allé crescendo tout au long de l’exercice 2025-26.

D’ailleurs, contre les Bordelais, ils étaient 6500 spectateurs en mars dernier (1-0), de loin la meilleure affluence depuis des lustres, juste devant le derby face aux Herbiers (4500 spectateurs tout de même !). « C’est ça que l’on avait envie de vivre, lâchait tout sourire Christophe Chabot, le président du Vendée FC La Roche-sur-Yon (depuis 2020), après le match nul concédé contre Cannes vendredi (J3, 1-1); on l’a vécu parfois la saison passée, notamment contre Bordeaux et d’ailleurs, je pense que ce match a été un élément déclencheur, il y avait cet enthousiasme, le stade était plein, et puis il y a eu le scénario, avec ce carton rouge chez nous (pour Alexis Araujo), ce but à 6 ou 7 minutes de la fin… En fait, c’était un drama-match qui s’est fini en délivrance, et ça a même été le délire pour nous, à notre petit niveau ».

Une passion renaissante

En football, on le sait, les (bons) résultats amènent du monde. Mais au Vendée FC, ce nouveau succès populaire inattendu va bien au-delà des espérances de début de saison. Sans compter que le statut professionnel affublé à cette Ligue 3 attire les curieux et les passionnés, et ranime la flamme. Et puis, cette affiche La Roche / Cannes a ravivé des souvenirs avec un adversaire au nom et au passé prestigieux. « Je suis heureux de voir que je me suis trompé dans mes prévisions de début de saison, parce que j’avais tablé sur 1500 spectateurs pour le premier match contre Versailles et 2000 pour le suivant contre Cannes, et on a fait 4000 et 6000, s’étonnait presque le PDG des vérandas Akena, leader européen du marché. »

Ramener, rassembler, fédérer

Frédéric Reculeau, l’entraîneur de La Roche-sur-Yon. Photo Philippe LE BRECH

Si le dirigeant, qui avait déjà été à la tête du club entre 2010 et 2015, semblait étonné, c’est parce que « Les Vendéens sont en vacances et ne se sont pas encore forcément organisés pour venir aux matchs, mais ce public, ces 6000 spectateurs, c’est vraiment LA satisfaction de la soirée, c’est vraiment ça l’histoire de notre projet. C’est notre bonheur ! »

Un bonheur partagé par le chef d’orchestre de la réussite sportive, Frédéric Reculeau, auquel il ne faut pas oublier d’associer le fidèle adjoint Benjamin Guillou : « Le public, c’est vraiment une grosse satisfaction, confiait en conférence de presse l’ancien coach de Luçon, des Herbiers et d’Avranches, à chaque fois en National. Je ne sais pas si on peut dire que c’est parti, parce que c’est dangereux aussi… On avait remporté nos deux premiers matchs donc forcément, pour le troisième, les gens sont venus au stade pour nous voir gagner, pour faire la fête, malheureusement ce soir (jeudi dernier), on ne leur a pas donné cette possibilité d’aller chercher cette extase. Mais j’espère qu’on va arriver à convaincre les Vendéens par notre football, parce que c’est quand même plus sympa de vivre un match dans un stade plein. Nous, on essaie de leur donner du plaisir et face à Cannes, on a été en mesure de la faire parfois mais pas sur la durée du match. »

Chabot : « C’est le bonheur ! »

Christophe Chabot, le président. Photo Vendée FC La Roche

Et Christophe Chabot de poursuivre : « Voir tout ce monde au stade, c’est ça que l’on veut, c’est ramener, fédérer et rassembler les Vendéens autour d’un match en Vendée. C’est vrai que depuis notre montée en Ligue 3, on a senti que quelque chose se passait, que cela soit avec les partenaires, les collectivités, le public, les réseaux sociaux, mais je ne vous cache pas que tout cela va bien au-delà des résultats sportifs qui sont pour moi anecdotiques pour l’instant. Ne nous enflammons pas. Vous savez, dans les vestiaires, à Amiens, quand on a gagné (J2, 1-0), j’ai dit aux joueurs que, grâce à ce résultat, on allait faire 1000 personnes de plus que prévu contre Cannes ! Et puis, j’ai une certitude ancrée en moi depuis très longtemps : il y a un potentiel public en Vendée, où les gens aiment le football et rêvent de haut niveau, parce qu’ils sont frustrés depuis trop longtemps. Beaucoup vont à Nantes, à la Beaujoire, mais je le dis comme je le pense, ils se font « ch » là-bas. Franchement, je n’avais pas imaginé des résultats comme ça et surtout un tel enthousiasme. C’est le bonheur ! »

Reculeau : « Ça redonne un allant au football vendéen »

Photo 13HF

« Cela fait longtemps que le foot vendéen n a pas été mis en avant par une équipe qui évolue à ce niveau là, poursuit Frédéric Reculeau, qui a dirigé contre Cannes son… 292e match au 3e échelon national ! Il y a un phénomène de curiosité chez certains. J’ai croisé beaucoup de gens dans la semaine qui m’ont dit « Tiens je vais venir vous voir » et qui n’étaient pas venus au stade depuis très longtemps. Ce sont soit des passionnés soit des personnes qui reprennent goût au football à un niveau intéressant. En affrontant des clubs comme Cannes, et d’autres équipes de renom, différentes de celles que l’on l’avait l’habitude d’affronter, ça redonne un allant au football vendéen et un peu de vie dans le département. Parce que je ne vous cache pas que ces dernières saisons, entre la N3 et la N2, on a eu beaucoup de derbys et on commençait, comment dire, à s’y habituer, on revoyait sans cesse les mêmes matchs chaque saison. On se disait « Encore un derby ! ».

Une SCIC au capital grand ouvert

Photo Philippe LE BRECH

« Ce soir (jeudi), on a eu beaucoup de monde, appuyait Chabot. J’avais 22 ans quand on était 17 000 ici, on avait battu Saint-Etienne, Lyon et Marseille en Division 2, j’étais assis là (il montre l’endroit), sur le Vélodrome, parce qu’à l’époque, c’était comme ça, on avait le droit de s’asseoir tout autour du stade. Je le répète, j’ai l’intime l’intime conviction, et depuis longtemps, qu’il y a un potentiel énorme autour du football chez les Vendéens ».

Compte tenu de ce que l’on a vu contre Cannes, ce n’est pas nous qui dirons le contraire : le projet de club vendéen, ouvert aux clubs voisins et aux partenaires qui souhaitent prendre des parts dans la SCIC, prend forme. Croisé dans les allées, le président du club « Chamois Niortais Saint-Flô » (Régional 2), Florimond Labulle, originaire de La Roche-sur-Yon, fait partie du projet : « Il est né à 1 kilomètre d’ici, et puis prochainement, on va communiquer sur l’entrée dans le capital du tournoi Mondial Football de Montaigu. La dynamique est là, on a la chance d’avoir quelques résultats sympas, il faut en profiter mais la saison va être longue ».

Un stade Henri-Desgranges « mal foutu »

Photo Philippe LE BRECH

Si le public est bien LA grande satisfaction de ce match face à Cannes, et si la grosse centaine de supporters du Kop Yonnais n’a cessé, depuis la vétuste petite tribune qui fait face a la grande, de chanter et donner de la voix, réclamant même la Ligue 2, un hic demeure : on a refusé du monde au stade Henri-Desgrange ! Et ça, ajouté aux conditions non pas indignes, le mot est beaucoup trop fort, mais plus trop adaptées pour accueillir un tel public, cela fait tâche : « Ne m’en parlez pas mon cher monsieur, parce que si vous voulez me faire déprimer… enrageait Christophe Chabot. Ce soir, il y avait le maire, Romain Bossis. Je lui ai dit qu’on avait refusé 500 personnes aux guichets et il m’a répondu « Christophe, on accélère le projet de nouveau stade ».

Le problème du stade Henri-Desgrange, plutôt bien situé géographiquement, à 15 minutes à peine du centre-ville à pied, et qui a accueilli des grandes affiches, ce n’est pas tant sa taille, mais sa… fonctionnalité : c’est un peu la foire d’empoigne, quelque soit l’endroit où l’on se trouve, comme aux buvettes à l’étage, et même dans des lieux généralement inaccessibles pour le quidam, comme la salle d’accès devant le hall des vestiaires, près du tunnel. Partenaires, supporters, familles, dirigeants, officiels, bénévoles, tout le monde a vite fait de s’y croiser.

On a refusé 500 personnes aux guichets contre Cannes. Photo 13HF

Evidemment, de l’extérieur, cela confère un côté hyper-convivial, chaleureux et familial, mais à l’aube de la professionnalisation, cette ouverture aux quatre vents ne pourra pas durer. « Mal foutu vous dîtes le stade Henri-Desgrange ? Quand je suis entré sur la pelouse à Amiens la semaine dernière, j’avais les poils comme ça et je me suis dit Waouh, c’est pas possible, il est beau, ils l’ont repeint, poursuit Christophe Chabot ! Chez nous, le stade n’est ni fait ni à faire, c’est un bordel sans nom, mais d’un autre côté, c’est ce qui fait le charme de La Roche ».

La construction d’une enceinte de 10 000 places, « d’ici 3 à 5 ans » comme évoqué ces derniers mois dans les médias locaux, est un projet qui, peut-être, s’accélèrera et trouvera un site adapté… à Mouilleron-le-Captif, à 6 kilomètres du stade Desgrange, à mi-chemin entre La Roche-sur-Yon et Le Poiré-sur-Vie ? Rien n’est décidé.

Le mea culpa du club

Photo Philippe LE BRECH

Samedi, après le couac de jeudi soir, le club a publié un communiqué sur ses réseaux. On peut y lire, en substance : « Le Vendée Foot Club La Roche-sur-Yon tient à présenter ses plus sincères excuses aux supporters vendéens qui n’ont pu accéder au stade (…) C’est la première fois de notre histoire que nous sommes contraints de refuser du public. Laisser plusieurs centaines de personnes à la porte de Desgrange nous a beaucoup touchés. Nous allons nous employer à augmenter notre capacité d’accueil. »

OK, le stade n’est plus vraiment adapté au football moderne, mais il réussit tellement bien à l’équipe, qui n’a plus perdu dans son antre depuis le 14 décembre 2024 (contre Bordeaux). Un lustre !

Pour l’heure, le Vendée FC La Roche-sur-Yon savoure son début de saison (2 victoires et 1 nul) et entend bien surfer sur sa dynamique, tout en continuant à s’appuyer sur son nouveau buteur arrivé des Sables d’Olonne, Mansour Samb, prêté par l’AC Horsens, le club de D1 danois qu’il avait rejoint au mercato de janvier 2026. Auteur de 6 buts en 5 matchs de préparation, le « remplaçant » d’Ibrahima Keita (16 buts l’an passé), parti en Suisse à Neuchatel Xamax, en est déjà à 5 buts en 3 matchs officiels de Ligue 3, aussi bien que le goaleador de la division, Fahd El Khoumisti (SM Caen).

Photo Philippe LE BRECH
  • Texte : Anthony BOYER / X @BOYERANTHONY06 / mail : aboyer@13heuresfoot.fr
  • Photos : Philippe LE BRECH (sauf mentions spéciales)
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Les favoris, les revanchards, les ambitieux, les outsiders, le mercato, les dossiers administratifs, les nouveaux visages, les historiques, les records… État des lieux du championnat, qui ne s’appelle plus National 2, et qui ouvre dès vendredi 21 août avec deux matchs avancés à Granville et à Hyères. Bonne saison à tous, et que les meilleurs montent !

Par la rédaction

GROUPE A
Créteil a retenu la leçon

Le groupe A 2026-2027 était le groupe B la saison dernière puisqu’on y retrouve onze des seize clubs au départ (1) : ASC Biesheim, FC Borgo, US Chantilly, FC Chambly-Oise, FC Dieppe, SAS Epinal, EFC Feignies-Aulnoye, AS Furiani-Agliani, FR Haguenau et Saint Pryvé Saint Hilaire FC.
Chambly et Chantilly (14e et 15e du dernier championnat et repêchés) remplacent numériquement l’AS Beauvais-Oise, rétrogradé administrativement en Régional 2, et Wasquehal Football qui, lui, a carrément été liquidé. Trois clubs arrivent d’autres groupes (US Créteil, Lusitanos Saint-Maur et FC Montlouis) et deux sont promus de N2 (ex-N3), le Racing Club de France et l’US Le Pays du Valois, lequel atteint pour la première fois la quatrième division française.

Fabien Valeri, le spécialiste

Champion 2026, l’US Thionville Lusitanos, évolue donc en Ligue 3 désormais – déjà l’un des tubes de l’été en Ligue 3 (deux matchs, deux victoires !) – et son dauphin (Bourges FC) a été dirigé vers le groupe sud. Un favori semble néanmoins se détacher : racheté il y a un an par le richissime homme d’affaires Xavier Niel, Créteil s’est pourtant égaré pour terminer à une 8e place bien peu en rapport avec son statut. Le DG du club (Olivier Miannay) et son entraîneur (Jérôme Arpinon) ont retenu la leçon. Ils ont encore attiré beaucoup de joueurs de qualité, venus du dessus (Nouha Dicko, Lucas Camelo, Jason Mbock, Yann Diebold, Alex Rouquette), ou le prometteur Ylan Gomes (Haguenau). Cette fois, la mayonnaise semble prendre et, en quatre matches de préparation contre des adversaires de Ligue 3, le club cristolien est resté invaincu (deux victoires, deux nuls). Inutile d’aller chercher ailleurs le favori, même si les challengers ne manquent pas !

D’abord, le voisin val-de-marnais, Lusitanos / Saint-Maur, 3e en mai de son groupe et en lice pour la montée jusqu’à la dernière journée et la défaite à Cannes. L’entraîneur est certes parti (Helder Esteves à Nîmes) mais il a laissé la place à un spécialiste des accessions en Ligue 3 : Fabien Valeri. Ce dernier y a en effet fait monter le Paris 13 Atletico deux fois (2022, 2024) et en 2023, avec Chambly (3e), il a « fait le match » avec le FC Rouen.

Neuf nouveaux coachs !

Fabien Valeri est l’un des neuf nouveaux coaches dans ce groupe A. Les autres se nomment Yannis Rouani (Epinal), 32 ans, qui n’est autre que le fils de Slimane Rouani, milieu emblématique du club de la préfecture des Vosges dans les années 80 et 90 (358 matchs sous le maillot du SAS en Division 2, en Division 3 et en National). On trouve aussi Gary Coulibaly (Borgo), qui était l’adjoint d’Adrien Rossini, parti au Gallia Lucciana, Kevin Pradier (Biesheim), Vincent Rychen (Colmar), Valentin Guichard (Chambly), Fabrice Vandeputte (Chantilly), Luc Davaillon (Montlouis) et le plus jeune de tous, Valentin Quentier, 30 ans (Pays du Valois), qui arrive en voisin de la réserve de Chambly !

Deux d’entre eux connaissent parfaitement ce groupe puisqu’ils y exerçaient déjà la saison passée sous d’autres couleurs : Kevin Pradier à Blois (relégué) et Vincent Rychen à Biesheim. On soulignera aussi de profonds bouleversements d’effectif, à 80% ou davantage, à Biesheim, Chantilly, Montlouis, Pays du Valois, mais aussi chez deux outsiders à la montée, Chambly et Dieppe.

Vincent Rychen, nouveau coach de Colmar (Photo SR Colmar)

Chambly, une nouvelle ère

En Normandie, le coach Djilali Bekkar assume ce bouleversement voulu avec à l’horizon une accession en Ligue 3, objectif annoncé par ses dirigeants, et le plus rapidement possible ! Son équipe semble de fait supérieure à la précédente (7e après avoir longtemps figuré dans le top 3, un bon résultat pour un promu) mais l’est elle assez pour titiller les gros bras ?

Parmi ceux-ci, il y aura forcément le FC Chambly-Oise, qui sort d’une saison catastrophique (14e et repêché) au regard de ses ambitions. Mais tout a changé cet été dans le club de l’Oise qui a joué six saisons en Ligue 3 (National), de 2014 à 2019 et 2021-2022, et deux en Ligue 2 (2019-2021), plus au passage une demi-finale de Coupe de France en 2018 (0-2 contre Les Herbiers). Racheté par deux industriels canadiens (Stephan Tétrault et Jean-François Chenail), le club familial des Luzi est passé dans le mondialisme de la copropriété, rattaché au FC Supra Québec, l’autre club de ses nouveaux actionnaires. Le budget est en hausse sensible, l’entraîneur a changé (Valentin Guichard, arrivé de Châteauroux, remplace Stéphane Masala, parti au Racing FCU Luxembourg) et il ne reste plus qu’une poignée de grognards historiques dans l’effectif (le capitaine Thibault Jaques et le gardien Simon Pontdemé) dans un vestiaire peuplé de quinze renforts de choix … en attendant quelques autres !

Feignies-Aulnoye, le nouvel ambitieux

Deux autres équipes regardent également vers le haut : les Nordistes de Feignies-Aulnoye et les Corses de Furiani-Agliani. « 4e c’est bien, 1er c’est mieux » lâchait fin mai dans la presse Laurent Menissez, le président du club frontalier avec la Belgique, et acteur économique majeur de la Sambre avec son entreprise de boulangerie industrielle. Feignies-Aulnoye venait donc de prendre une belle 4e place et annonce aujourd’hui clairement sa volonté de se mêler à la lutte pour le titre : le coach Romain Courtin a conservé tous ses cadres – dont son buteur Mustapha Cissé (15 buts la saison passée) pourtant très convoité – et a enrichi son groupe de recrues bien ciblées.

Furiani Agliani encore mieux armé

5e en 2025-2026, l’AS Furiani Agliani de Romain Paturel semble aussi encore mieux armée, avec notamment le renfort de Christophe Vincent, le capitaine du Sporting Club de Bastia, mais aussi de Gwen Foulon, l’attaquant de Châteauroux, et des défenseurs Adrien Pianelli (Dudelange) et Leandro Alves (Biesheim). Le voyage à Erbajolo, le petit stade bastiais, sera donc plus périlleux que jamais.

Belle surprise de la saison passée (3e), Haguenau est-il capable de récidiver malgré la perte de joueurs majeurs (Colin et Nuss à Amiens L3, Gomes à Créteil N1) ? Saint-Pryvé / Saint-Hilaire (6e) a aussi perdu un homme fort (Ikauar Mendes, meilleur buteur du groupe, 16 buts, parti en Ligue 3 au FBBP 01) mais le club de la banlieue d’Orléans révèle tous les ans des talents grâce à un scouting performant.

Borgo (8e), Epinal (9e), qui devra se replier sur son terrain en synthétique pour les trois premiers matchs à domicile (la pelouse du stade de La Colombière, victime de la sécheresse, est impraticable), Biesheim (10e) et Colmar (11e) sortiront ils du ventre mou ou ne joueront ils encore que le maintien ?

Le maintien, ce sera le seul mot d’ordre à Chantilly, très rajeuni, et à Montlouis, qui part vraiment dans l’inconnu avec un nouveau coach, Luc Davaillon, beaucoup de nouveaux joueurs, dans un groupe qu’il ne connaît pas et sans son architecte Zakaria Tahri parti sur le banc du voisin de l’Union Foot Touraine, club repêché ce mardi en National 1 (1).

Kevin Pradier, nouveau coach de l’ASC Biesheim. Photo ASC Biesheim

Pays du quoi ? Pays du Valois !

Enfin que peuvent espérer les deux promus ? En 2023, le Racing faisait le match avec le FC Rouen pour la montée en Ligue 3 mais il vient de passer deux saisons en National 3 (N2 aujourd’hui) et, malgré la montée, il a dû laisser partir Marvin Emmanuel (meilleur buteur de N2 tous groupes confondus, 25 buts) qui a rejoint Le Puy en Ligue 3, un niveau où s’en vont aussi Ibrahim et Fodié Camara (Paris 13 Atletico) alors que le meneur Grégory Ayem est passé professionnel à Montpellier (Ligue 2). Ça fait beaucoup de départs pour ce club historique hélas toujours délocalisé à Poissy, mais le Racing est passé maître depuis longtemps dans l’art de dénicher des pépites dans les divisions inférieures d’Ile de France.

Enfin vous ne connaissez pas l’US Le Pays de Valois ? Vous êtes pardonnés. C’est le nouvel ovni du football de l’Oise, une histoire à la Chambly, débutée aussi en district, poursuivie par des fusions à un jet de pierre de l’aéroport Roissy CDG. Tout ça sur le petit synthétique du stade Olivier Lovighi, au Plessis-Belleville, bourg de 4 000 habitants. Mais avec tout de même quatre joueurs passés un moment par la case Ligue 1, Denys Bain et Yacouba Coulibaly au Havre, Baissama Sankoh à Guingamp et Metehan Guclu au PSG.

(1) L’Union Foot Touraine repêchée ? Vers une poule à 17 ?
L’Union Foot Touraine devrait être repêchée en National 1, comme l’a indiqué le site Footamateur ce mardi 18 août. Les explications en cliquant sur le lien : https://footamateur.ouest-france.fr/lunion-foot-touraine-jouera-bien-en-national-1-cette-saison/

  • La première journée de National 1
    Samedi 22 août 2026
    17h : Epinal SAS – FC Dieppe
    18h : Chantilly US – FC Montlouis; AS Furiani Agliani – EFC Feignies-Aulnoye; Créteil – SR Colmar; ASC Biesheim – Lusitanos/Saint-Maur; FSR Haguenau – FC Chambly; US Pays du Valois – Racing-club de France; Saint-Pryvé/Saint-Hilaire FC – FC Borgo.

GROUPE B
Enfin l’année de Saint-Malo ?

Toujours placé, jamais gagnant. C’est un peu le résumé des dernières saisons de l’US Saint-Malo, 5e en 2023, 2e en 2024, 3e en 2025 (après avoir survolé la première partie de saison) et 4e en mai dernier. Dans la cité corsaire, tout est réuni pour réussir : les moyens, le public, le stade, et une ville intra-muros magnifique (quand il fait soleil !), avec ses remparts. Et ses restaurants ! Tenez, on vous conseille les moules-frites de l’Assiette Gourmande, avec une mousse au chocolat maison en dessert, rue Jacques Cartier ! On y est allé deux fois, et on y retournerait bien une troisième fois, au printemps prochain, si l’équipe de Gwenaël Corbin, qui entame sa 5e saison à la tête des Diables Noirs (il était arrivé en février 2022), joue la montée !

Avec ou sans Bordeaux ?

Ils ont en tout cas ont livré une belle campagne de préparation, ont renforcé leur secteur défensif, et viennent d’enregistrer l’arrivée du milieu défensif formé à Lens, Grégoire Herbin. De plus, l’USSM est débarrassée de Bordeaux… pour le moment : car l’interminable feuilleton de l’été n’est toujours pas terminé. A l’heure où nous écrivions ces lignes, le CNOSF a recommandé le maintien de la sanction de la DNCG (exclusion des compétitions nationales, direction le championnat de Régional 1, premier match le 29 août à Saint-Médard-en-Jalles), mais le club, qui cumule 20 millions d’euros de dettes, et où les joueurs continuent de se préparer, a saisi en urgence le Tribunal administratif via un référé-suspension, dans le but d’être réintégré en National 1. Ce qui, le cas échéant, et malgré l’indignation de 10 présidents de clubs de la poule – dans un communiqué datant du 4 août, ils avaient dénoncé un « non-respect des règles financières imposées à tous » et évoqué un « traitement de faveur »), conduirait à jouer à 17 équipes. Ne rigolez pas, le cas s’est déjà produit : en 2010, Besançon avait été « réintroduit » en CFA (National 2) : conséquence, un championnat avec un nombre impair d’équipes et un exempt à chaque journée !

Un caillou supplémentaire dans la chaussure de la FFF, qui pensait en avoir fini avec ces procédures administratives … C’était sans compter sur l’US Avranches Mont-Saint-Michel. Le club de la Manche a estimé qu’il aurait dû être réintégré en National (Ligue 3 aujourd’hui) au motif que dans l’affaire du match FC Villefranche Beaujolais – Avranches du 1er décembre 2023 (2-0), le club rhodanien aurait dû avoir match perdu 3-0 avec un point de pénalité pour avoir aligné un joueur sous licence amateur malgré son passé professionnel, ce qui n’est pas autorisé en National (L3), or la FFF n’a pas appliqué son règlement, ordonnant que le match soit rejoué (victoire 3-1 du FCVB).

Une flopée d’outsiders

Julien Fradet, le nouveau coach du Stade Briochin. Photo Stade Briochin.

Et si on reparlait football ? Derrière Saint-Malo, cela va peut-être vous surprendre, mais on verrait bien Chauray et son joli recrutement et Granville, sur leur lancée de la deuxième partie de saison, créer la surprise.

Au Stade Briochin, Guillaume Allanou, nouveau titulaire du BEPF, a cédé son fauteuil d’entraîneur à Julien Fradet, passé par Les Sables d’Olonne et La Roche-sur-Yon : mais Allanou reste toujours président, directeur sportif et partenaire, et c’est déjà pas mal ! Après avoir participé à quatre reprises en six ans au championnat National, le relégué des Côtes d’Armor part sur un nouveau cycle avec l’ambition d’assurer d’abord le maintien. Mais vous connaissez les Griffons…

Avranches et Les Herbiers devraient cette saison encore figurer dans le premier tiers du classement, ou tout au moins le viser.
Angoulême, où David Giguel, lui aussi fraîchement diplômé du BEPF, conduira son équipe pour la 6e saison d’affilée, a attiré Kevin Testud : le milieu offensif a connu la Ligue 2 à Béziers et Annecy, et beaucoup la Ligue 3 (Orléans, Villefranche, Bourg-en-Bresse / Péronnas). Le club, abonné à la 6e place (2024, 2025, 2026), cherchera à se mêler à la lutte et surtout à mieux terminer son championnat après une très belle phase aller la saison passée. Il doit de toute façon mieux figurer encore.

Tarbes, deux montées en deux saisons

La surprise de l’an passé, l’Aviron Bayonnais (3e), cherchera à confirmer, ce qui ne sera pas une mince affaire : le club basque a perdu 18 joueurs sur un groupe de 23, ce qui fait beaucoup, et il a renouvelé son staff, avec à sa tête le Normand Alexandre Raulin (ex-adjoint à Caen, Rouen et au Red Star).

Tarbes, le promu des Pyrénées, soutenu par un public retrouvé qui apprécie l’identité de son équipe, avec les frères Fachan (l’un en attaque, Damien, l’autre à la baguette, Marc), pourrait jouer les trouble-fête, mais le club bigourdan, qui sort de deux accessions consécutives, doit digérer ce changement de statut et aussi se remettre de son dernier match amical contre le Bassin d’Arcachon, arrêté après l’heure de jeu pour cause de bagarre générale, et qui a laissé des traces sur le plan physique… Pas le meilleur moyen de préparer une nouvelle aventure en National 1, niveau que Tarbes n’avait plus connu depuis 2018.

Pontivy, 11 ans après !

Lors de la montée en National 1 de la GSI Pontivy, avec le terrain envahi ! Photo GSI Pontivy

Autre promue, la GSI Pontivy, qui retrouve elle aussi un niveau plus fréquenté depuis onze ans ! Les Vert et Blanc, entraînés par François Masson, ont validé leur ticket lors de la dernière journée en battant Vannes (3-2) dans un stade du Faubourg de Verdun en folie, et qui devra jouer son rôle de 12e homme. Pontivy, qui mise sur la continuité, a très vite bouclé son très maigre recrutement, amenant de l’expérience avec Madigoundo Diakité (32 ans), le latéral gauche du Stade Briochin. Quant au retour sur les terrains du milieu Franklin Wadja (31 ans), ancien pro à Lorient et Caen (Ligue 1), qui s’entraînait avec le groupe l’an passé, il n’aura finalement pas lieu.

Les Voltigeurs de Châteaubriant, où Laurent Di Bernardo (ex-Cesson, N3) a remplacé sur le banc l’historique Pape Leye (33 ans de présence au club, dont près de la moitié comme entraîneur !), ont tenté un coup en enrôlant l’ex-buteur de Saint-Quentin et d’Epinal, Hugo Chambon : le club de la Loire Atlantique visera un maintien plus tranquille, lui qui n’avait quitté l’avant-dernière place qu’à l’avant-dernière journée en mai dernier.

Saumur, trois ans de suite miraculé !

Pour l’Olympique Saumur, se retrouver une nouvelle fois encore à ce niveau devient presque une situation incongrue, voire inespérée : le club du Maine et Loire, où Nicolas Lemétayer (ex-coach du FC Challans) a remplacé Patrick Olive, parti entraîner la réserve pro du Stade Lavallois, a en effet été repêché pour la troisième fois en trois ans. Pas banal ! Le club du président Stéphane Montanier, qui a conservé l’essentiel de son groupe, s’est montré aussi un peu plus actif sur le marché des arrivées. Pour viser, cette fois, un maintien mathématique. L’objectif sera le même au Poiré-sur-Vie, où le coach Rabie Zeroual a réussi la performance de remonter immédiatement après la descente de 2025.

Après son départ de Concarneau qui a fait couler beaucoup d’encre cet été, le géant Guillaume Jannez (1m96), l’emblématique défenseur et capitaine des Thoniers, a trouvé un nouveau point de chute à Locminé/Saint-Colomban, où il tentera de conduire l’équipe de Florian Besnard vers un nouveau maintien. Enfin, après 10 saisons sur le banc de Dinan-Léhon, Stéphane Lamant a cédé sa place à Sylvain Didot, une décision qu’il a subie, puisque souhaitée par la direction.

  • La première journée de National 1
    Vendredi 21 août 2026
    19h : US Granville – Aviron Bayonnais FC.
    Samedi 22 août 2026
    18h : US Saint-Malo – GSI Pontivy; Olympique Saumur FC – Tarbes Pyrénées Foot; FC Lorient B – FC Chauray; Voltigeurs Châteaubriant – US Avranches MSM; Angoulême Charente FC – Dinan-Léhon FC; Locminé/Saint-Colomban – Vendée Les Herbiers FC; Stade Briochin – Le Poiré-sur-Vie FC.

GROUPE C
Du Sud au Centre en passant par l’Est !

On dirait le Sud… Après Angoulême, Anglet et Bergerac en 2024/25, Lusitanos/Saint-Maur, Créteil et Bobigny en 2025/2026, des clubs qui pour la plupart se demandent encore ce qu’ils faisaient dans cette poule – les clubs parisiens s’étaient d’ailleurs élevés l’été dernier, via une lettre commune envoyée à la FFF, contre leur présence dans ce groupe -, voici venus Châteauroux, Bourges et Troyes B. Bienvenue à eux ! Et surtout, bon courage ! Inutile donc de persister à appeler « Sud » une poule qui a perdu Cannes, promue en Ligue 3, et Grasse, rétrogradé en … Départemental 5 (!), et qui comprend sept clubs de la région Rhône-Alpes, quatre de la région Sud PACA, et deux de la région Occitanie.

Six nouveaux clubs sur seize

Michaël Napoletano, nouveau coach de Lyon La Duchère. Photo Lyon La Duchère.

Du coup, avec six nouveaux clubs sur seize, cette poule C est bien celle qui a subi le plus de changements, et après tout, ce n’est peut-être pas plus mal et cela évite une certaine routine, tout l’inverse de la poule B qui n’a vu que cinq nouveaux clubs sur seize, et donc pas de grands changements.
Mais cette découverte augmente le phénomène d’incertitudes : la plupart des clubs qui avaient l’habitude de s’affronter vont partir un peu plus souvent à l’aventure face à une nouvelle adversité. Elle augmente aussi le nombre de derbys : il y en aura plein, avec tous ces clubs du bassin lyonnais, jusqu’à Andrézieux.

Quid de l’équipe réserve de l’ESTAC, promue cette saison, et sans doute composée de très jeunes joueurs ? Là, c’est la grande inconnue. Châteauroux a tout d’un grand mais avec deux relégations en cinq ans, il faut tout reconstruire, des murs au plafond : du coup, l’on voit mal la Berrichonne, qui a nommé Xavier Dudoit au poste d’entraîneur, venir contester une hiérarchie que d’aucuns attribuent à Nîmes Olympique et à Bourges, les deux « ogres » annoncés de la poule. Xavier Dudoit, « monsieur Romorantin », sort de trois saisons dans le rôle de directeur sportif du club solognot, et sa dernière expérience de coach remonte à 2022-23, à Poitiers, en N2. Le retour de l’ancien capitaine et défenseur emblématique du club, Yannick Mboné, s’inscrit dans un projet d’image à redorer.

Nîmes et Bourges, les deux favoris

A Nîmes, qui a échoué d’un tout petit point l’an passé pour la montée en Ligue 3, le coach a changé : Helder Esteves a remplacé Mickaël Gas. Une décision qui n’a pas été du goût d’une partie des supporters des Crocodiles, et ils sont très nombreux dans le Gard (entre 5 et 8000 spectateurs le samedi aux Antonins !) et on connaît à la fois leur rôle et leur importance. Mais cette décision est assumée par le président Thierry Cenatiempo et le directeur sportif Anthony Dupré. Avec Lusitanos/Saint-Maur, Esteves, passé aussi par Annecy (sur le banc) et Créteil (directeur sportif), a fait des miracles. L’équipe gardoise a conservé une grosse ossature et attiré les attaquants Diawoye Diarra et Karim Tlili, tous deux en quête de rebond, Sory Doumbouya (Cannes), qui connaît bien le championnat, ainsi que le solide défenseur de Grasse, Maxime Corain. Et ce n’est peut-être pas fini. Le coach le sait : l’objectif, c’est la montée.

C’est la même mission qui a été confiée à Romain Revelli à Bourges, où la « remontada » de deuxième partie de saison l’an passé n’a pas suffi pour recoller aux basques de l’US Thionville Lusitanos, dont le cavalier seul a vite « tué » tout suspense. Depuis que le club de la préfecture du Cher a été racheté par Sadio Mané à l’automne 2023, le Bourges FC a changé de dimension mais toujours pas de championnat.

14 coachs en 10 ans à Fréjus/Saint-Raphaël

Et derrière ? Tout le monde s’accorde à dire que Fréjus/Saint-Raphaël, qui sort d’un exercice raté, avec une succession de trois coachs (Thierry Malaspina, Michel Estevan puis Khemissi Khelil pour une mission maintien réussie de 6 journées avant de retourner avec la réserve, qu’il a fait monter en R1), a bien recruté. D’abord un coach : Loïc Chabas, qui, à 44 ans, sort de 35 ans de vie passionnelle au RC Grasse, dont 13 à la tête de l’équipe seniors, qu’il a menée de DH à des places régulières en haut de tableau en N2. Chabas n’est pas venu tout seul : il a emporté trois joueurs – Kevin Chatelain, Herman Ako et Erwin Gnahoré – et même un administratif pour la communication et le commercial (Antoine Campana). Dire que la mayonnaise doit prendre est un lieu commun et, surtout, une expression que peuvent employer tous les clubs, mais à Fréjus/Saint-Raphaël, dans un club qui change d’entraîneurs – 14 fois en 10 ans ! (1) – comme de chemises, c’est encore plus vrai. Parfois, un peu de stabilité ne ferait pas de mal. Chabas est prévenu.

Le Sporting-club de Toulon est un peu dans le même cas que son voisin varois distant de 90 km : la saison 2025-26 a été catastrophique. Les amoureux du club réclament inlassablement la démission de la direction ou la vente du club par son propriétaire Claude Joye, conseillé par Bafé Gomis, qui a fait venir un nouveau DS, Alexandro Furtado (ex-Béziers), tandis que Ghislain Anselmini, qui a remplacé Mohamed Sadani en cours de saison, a été reconduit après avoir assuré un maintien très mal embarqué. Youba Dramé (15 buts l’an passé avec GOAL FC en N2) et Anthony Payet (43 buts lors des deux dernières saisons avec Romorantin en N3), le frère de qui vous savez, seront chargés d’animer l’attaque.

Hyères, 17 ans de présence sans discontinuer, le record

Le troisième club varois, Hyères FC, fait toujours beaucoup mieux et avec peu de moyens, des idées, et un coach « local » qui entame sa 9e saison au club, Lilian Compan, et sa 7e sur le banc, après s’être occupé de l’association entre 2022 et 2024, quand Mourad Boudjellal était aux manettes. Hyères FC détient aussi un record : celui du plus long bail d’affilée à ce niveau. En effet, depuis sa descente de National en CFA (ex-N2) en 2010, le club co-présidé par les entrepreneurs Guillaume Sordello et Sébastien Billiez, n’a plus jamais quitté le 4e échelon, et cela fait… 17 saisons d’affilée que ça dure !

Andrézieux et Rumilly en outsiders

Roland Vieira, le coach d’Andrézieux. Photo ABFC

Loué l’an passé pour sa qualité de jeu et son rôle de trouble-fête, Andrézieux-Bouthéon tentera de faire au moins aussi bien (5e ex-aequo) sinon mieux, toujours avec Roland Vieira aux commandes, un entraîneur qui, rappelons-le, a connu deux accessions en National avec Le Puy-en-Velay, en 2019 et en 2022. Istres FC, avec Zaki Noubir, cherchera encore une fois à être le poil à gratter du championnat, en faisant des paris sur l’avenir. Une recette qui a les défauts de ses qualités : les meilleurs jeunes signent ensuite dans des clubs pros !

Sans faire de bruit, le GFA Rumilly-Vallières continue d’avancer, sereinement, avec le laborantin Cédric Rullier aux commandes : le club de Haute-Savoie, demi-finaliste de la coupe de France en 2021, vient de jouer les premiers rôles deux saisons de suite, avant de fléchir sur la fin. C’est là-dessus que Rumilly devra progresser, et s’il a gardé son ossature, il a bien étoffé son effectif, qui a enregistré l’arrivée de Valentin Jacob (ex-Annecy, Ajaccio, Dijon et Niort en Ligue 2).

Dans cette poule C, quatre équipes sont promues : Hauts-Lyonnais, le champion de France, Troyes B et le repêché Canet-en-Roussillon, qui bénéficie de la disparition des Girondins de Bordeaux. Et aussi Lyon La Duchère, à qui l’on promet « l’enfer » dans ce championnat, compte tenu des changements de l’intersaison (Inès Dahmani, nouvelle présidente) et de la vague de départs après l’accession de mai dernier, dont le dernier en date, celui de Medhi Boussaid (12 buts en 11 matchs l’an passé), parti à GOAL FC. Mais la présence de Michaël Napoletano à la tête d’une « Duch » rajeunie, peut faire gagner du temps : il connaît le championnat pour l’avoir côtoyé avec Saint-Priest, et aussi le bassin lyonnais, riche en pépites.

Enfin, Pour Limonest-Dardilly-Saint-Didier, qui accueille les attaquants Kamel Bennekrouf (Toulon) et Yaya Soumaré (Bourges), l’objectif de la formation de Jérémy Berthod, qui est finalement parvenue à se maintenir la saison passée après une phase aller passée dans le bas de tableau, sera à nouveau le maintien. Mais un meilleur maintien. Idem pour son proche voisin GOAL FC.

  • La première journée de National 1
    Vendredi 21 août 2026
    19h : Hyères FC – FC Limonest-Dardilly-Saint-Didier
    Samedi 22 août 2026
    17h : ESTAC B – Istres FC; 18h : GOAL FC – SC Toulon; Bourges FC – Andrézieux-Bouthéon FC; Etoile FC Fréjus/Saint-Raphaël – AS Saint-Priest; Lyon La Duchère – GFA Rumilly-Vallières; Hauts Lyonnais – La Berrichonne de Châteauroux; Canet Roussillon FC – Nîmes Olympique.

 

Les arrivées en National 1, club par club

Ces données sont proposées par Philippe Le BRECH. Elles sont susceptibles d’évoluer ou de comporter quelques erreurs. N’hésitez pas à nous contacter pour mettre à jour les mouvements de vos clubs (mail : contact@13heuresfoot.fr)

  • Andrézieux-Bouthéon (entraîneur Roland VIEIRA)

Arrivées
Déf Paul BENTAYOU (Dieppe)
Déf Malcolm MUSQUET (Mâcon)
Déf Cheikh SANÉ (Pau B)
Déf Ryan SYLVA (Cannes)
Mil Maxence RENOUD (Ceske Budejovice, République Tchèque)
Mil Noah VANDENBOSSCHE (Quevilly/Rouen)
Att Mathis LATIF (Beauvais)
Att Henry MENDES CRINACOBA (Le Havre Caucriauville)
Att Ahmed TRAORÉ (Trélissac)
Restent Mehdi BOUKHAROUBA (D) Louis CARNOT (M) Clidis DA SILVA (D) Yankuba JARJU (A) Axel JORJET (G) Kylian LE HER (D) Killian LE ROY (G) Jérémy MANGONZO (M) Tom MEYER (M) Elias MOUNJI (D) Lilian OLIVIER (G) Mathéo REMARS (M) Maël YAZID (D)
Intègrent l’effectif Maël DJENADI (X) Isaac MOKHLES (X) Enzo MORIN (X)

  • Angoulême (entraîneur David GIGUEL)

Arrivées
Gar Jason PERIAN (Fontenay-le-Comte)
Gar Ghjuvanni QUILICHINI (Bayonne)
Déf Lorick COTS (Saint-Pryvé/Saint-Hilaire)
Déf Nathan VITRÉ (Bourg-en-Bresse/Péronnas)
Déf Evan VONNER (Lège-Cap-Ferret)
Mil Issam BEN KHEMIS (Épinal)
Mil Théo MONTAVIT (Bayonne)
Att Léo FICHTEN (Fréjus/Saint-Raphaël)
Att Lilian FOURNIER (Mondorf-les-Bains, Luxembourg)
Att Kevin TESTUD (Villefranche-sur-Saône)
Restent Walid BENCHEIKH (M/A) Adel BOUAZZA (A) Anthony CASTERA (A) Théo CHAUVIER (D) Thomas DASQUET (M) Ibrahima DIABY (D) Mahamadou DIARRA (M) Victor ELISSALT (M/A) Romain ESCARPIT (A) Amine ESSOMBA (G) Mohamed HAMDI (D) Lucas MAKAN DUCLAU BILIOK (M) Alexis MIGNONNEAUD (G) Kevin PEYRAT (D) Mohamadou SACKO (A) Alexy SÉNAC (A) Axel THOMAS (D)
Intègre l’effectif Walid FLIFLA (X)

  • Avranches (entraîneur Cédric HENGBART)

Arrivées
Déf Ethan CLOAREC (Saint-Cyr-sur-Loire)
Déf Bryan DJILE NOKOUÉ (Dubai City, Emirats Arabes Unis)
Déf Aly-Enzo HAMON (Châteaubriant)
Déf Zacharie ISCAYE (Sans Club)
Déf Hereba SAVANE (Hespérange, Luxembourg)
Mil Loïs MARTINS (Paris 13)
Att Noah ADEKALOM (Les Herbiers)
Att Ibrahima DOUCOURÉ (Versailles)
Att Mehdi MOUJETZKY (Quevilly/Rouen)
Restent Anthony BEUVE (G) Charles BOATENG (M) Sasha DELESTRE (D) Emeric DUDOUIT (D) Noah FRANÇOISE (M) Killian GESMIER (M) Kenny HERBIN (A) Jessy PI (M) Paul TERRIEN (D)

  • Bayonne (entraîneur Alexandre RAULIN)

Arrivées
Gar Maxime DEBOVE (Reims B)
Gar Charly JAN (Sans Club)
Déf Jonathan ABONCKELET (Romorantin-Lanthenay)
Déf Manech BILLY (La Châtaigneraie)
Déf Youssouf KONÉ (Sans Club)
Déf Mathias LAVENETTE (Paris Saint-Germain B)
Déf Robin VERHAGHE (Pau B)
Déf Glenn YOUNOUSSE (Balagne)
Mil Pierre JOUAN (Concarneau)
Mil Nail KHEROUA (GFC Ajaccio)
Mil Tim REY (Colomiers)
Mil Beimarse TANKIEV (Bourg-en-Bresse/Péronnas)
Mil Nohan TRAORÉ (Alençon)
Att Jibril OTHMAN (Saint-Étienne B)
Restent Mario FORTUNATO (M) Elie LAPREVOTTE (M) Byani MPATA LAMA (D) Mehdi NFATI (M) Noa SAVIGNAC (A)

  • Biesheim (entraîneur Kevin PRADIER)

Arrivées
Gar Hugo RAUCH (Strasbourg B)
Gar Alexis WEBER (Hombourg-Haut)
Déf Mathis COHADE (Clermont-Ferrand B)
Déf Xavier DECROIX (Chantilly)
Déf Nolan HAMARD (Alès)
Déf Thomas NÉMOUTHÉ (Bobigny/Bagnolet/Gagny)
Déf Nathan RAMOS (Koetzingue)
Déf Mara WAGUE (Besançon Racing)
Mil Abdoulaye BARADJI (Bourges)
Mil Elie MAURIN (Alès)
Mil Samuel YEBRA (Mulhouse)
Att Gamaël DORVIL (Saint-Quentin)
Att Medhi KADI (Le Cannet-Rocheville)
Att Ansley PANELLE (Poitiers)
Restent Doel Osei BONSU (D) Jérôme IDIR (G) Mathis LOUISERRE (D) Alain REPPERT (A) Julien TELL (A)
Intègrent l’effectif Tom ARBEIT Léo CHUARD Louis-Valentin GRANER

  • Borgo (entraîneur Gary COULIBALY)

Arrivées
Déf Raphaël SUSINI (GFC Ajaccio U19)
Mil Paolo LEBAS DA SILVA (Lucciana)
Restent Francescu Ghjuvanni BARBONI (M) Guy-Marcel BAYALA (D) Walter COLLOVIGH (A) Cheick DOUMBIA (M) Enzo GARRIDO (G) Alexandre JOURDA (D) Younes KHEDIR (A) Vinicius Paco Philippe LANSADE (M) Jérémy MIZRAHI (D) Karim MOHAMED (D) Hugo MORALES (D) Julien PRENANT-CAPOROSSI (D) Valentin PRENANT-CAPOROSSI (M) Thomas SANTINI (A) Carlu SAVELLI (A) Andréa SCARPITTA (G) Charles VINCIGUERRA (M) SIA BUNTSCHU PAQUILLÉ

  • Bourges (entraîneur Romain REVELLI)

Arrivées
Gar Dava David AGOSSA (Beaucaire)
Gar Loïck MASSÉ (Firminy)
Déf Emmanuel LATRON (Bayonne)
Déf Paul LEHOUX (Andrézieux-Bouthéon)
Déf Malick LOPY (Les Herbiers)
Déf Florian RICARD (Bourges Moulon)
Mil Nianankoro DOUMBIA (Chantilly)
Mil Izhak HAMMOUDI (Le Mans)
Mil Alpha KUBOTA (Nîmes)
Mil Brimau NZIENGUI NZIENGUI (Chambly)
Att Pierre-Bertrand ARNÉ (Bordeaux)
Att Amadou Sadio DIALLO (Chambly)
Att Maguette DIOP (Tengueth, Sénégal)
Att Noah MARCHESSEAU (Lège-Cap-Ferret)
Restent Hamed BELEM (A) Hadj Abdoulaye COLY (A) Ibou Khole FAYE (M) Mamadou Lamine MASSALY (M) Baye Mayoro NDOYE (M) Valentin RABOUILLE (G) Ali SGHIOUARI (X) Sékou TRAORÉ (D)
Intègrent l’effectif Moussa MANSALY (G)
Ont joué en amical M. LOICK R. MERAULT A. DAVID Kenneth ROBY Seydouba SOUMAH

  • Canet-en-Roussillon (entraîneur Mathieu PUIG)

Arrivées
Déf Alexandre CHARRAT (Sans Club)
Déf Quentin HITTE (Bayonne)
Déf Raphaël PRAT (Albères/Argelès-sur-Mer)
Mil Anthony DECHERF (Biesheim)
Mil Momar GADJI (Colomiers)
Mil Luca PELISSIER (Pays de Cassel)
Mil Ilies SOUDANI (Colomiers)
Att Zanga KONÉ (Chambly)
Att Bilal TRAORÉ (Granville)
Restent Tony ALGRIN (D) Pablo BONNEIL (D) Enzo BOUCEBCI MELICH (A) Vincent DECKER (D) Aibou DIAMANKA I DIAMANKA (G) Samy EL KHIAR (M) Damien GRAVES (G) Quentin HITTE (D) Ibrahima MBOUP (M) Julien PUJOS (D) Chris SAINT-GERMAIN (A) Romain THOMAS (M) Mathéo TORRES (A) Benoît VERRECKEN (G) Abdessalam ZERKOUNE (D)

  • Chambly (entraîneur Valentin GUICHARD)

Arrivées
Gar Sacha CORTES (Biesheim)
Gar Yannick ÉTILE (Paris 13)
Déf Sadia DIAKHABI (Saint-Brieuc)
Déf Anderson GONCALVES (Châteauroux)
Déf Yanis KLITIM (Charleville-Mézières/Prix-les-Mézières)
Déf Rosario LATOUCHENT (Bourges)
Mil Edgar ADAM (Nancy B)
Mil Esteban GONÇALVES (Saint-Privé/Saint-Hilaire)
Mil Youri TABET (Racing CF)
Mil Théo TRINKER (Châteauroux)
Att Kemy AMICHE (Charleville-Mézières/Prix-les-Mézières)
Att Khalil GANNOUN (Fleury-Mérogis)
Att Anthony GEORGE (Bobigny/Bagnolet/Gagny)
Att Bilal MEHADJI (Créteil)
Att Noah RANDAZZO (GFC Ajaccio)
Restent Léon DELPECH (M) Thibault JAQUES (D) Nathan PASQUIER (A) Ababacar PAYE (D) Simon PONTDEMÉ (G) Johan ROTSEN (M)

  • Chantilly (entraîneur Fabrice VANDEPUTTE)

Arrivées
Gar Ewan DRAIS (Sans Club)
Gar Roman MAGLOIRE (Creil U19)
Gar Joris REVAULT (Colomiers)
Déf Gabriel DUBOIS (Colmar)
Déf Yanis LABAN (Saint-Brice-sous-Forêt)
Déf Adrien PAGERIE (Chambly)
Mil Ozkan CETINER (Biesheim)
Mil Thomas DA COSTA (Rousset)
Mil Dylan NZEZA PANZU SAKA (Chambly)
Att Christopher BOUSSEMART (Corte)
Att Dylan DUQUESNES (Pays de Cassel)
Att Ilan ERNOUX (Locminé)
Att Corentin LEMAIRE (Saint-Quentin)
Att Pierre-Alexandre SAJOUS (Saint-Maximin)
Restent Souleymane COULIBALY (D) Matias FERREIRA (D) Meizy ISSIFOU (M)

  • GOAL FC (entraîneur Pierre-Marie THIMONIER)

Arrivées
Déf Jordan DA COSTA (Neuville-sur-Saône)
Déf Jonathan MAMBU KIMVUIDI (Cannes)
Déf Youssoupha NDIAYE (Saint-Brieuc)
Mil El Medhi BOUSSAÏD (Lyon Duchère)
Att Kevin DA COSTA (Neuville-sur-Saône)
Att Ottman DADOUNE (Paris 13)
Att Tigran KHACHATRYAN (Limonest/Dardilly/Saint-Didier)
Att Abdelkrim KHALED (Toulon)
Att Dassiemou MAI (Limonest/Dardilly/Saint-Didier)
Att Khalil SAÏD (Saint-Priest U19)
Restent Sofiane BENDAOUD (M) Zéphir BEVER (D) Abdoul COULIBALY (G) Maxime D’ARPINO (D) Adrien DARRIOT (M) Baptiste DEDOLA (D) Mamadou Lamarana DIALLO (A) Aymen DJEDID (A) Loïc DUFAU (M) Yassin FEKIR (M) Thomas FONTAINE (D) Hugo HILT (M) Lucas MARSELLA (G) Ayoub MEFTAHI (M)
intègre l’effectif Jessim EL HARRAT (D)

  • Châteaubriant (entraîneur Laurent DI BERNARDO)

Arrivées
Gar Clément MILON (Saint-Malo)
Déf Yanis FOFANA (Angers B)
Déf Arnaud LUZAYADIO (Le Pays-du-Valois)
Déf Lassine SOUMAORO (Colmar)
Mil Assadillahi AHAMADA (Cesson-Sévigné)
Mil Bachir DIOP (Sans Club)
Mil Loris DUPONT (Dijon)
Att Godwin Kobby BENTIL (Grasse)
Att N’Famara DIABY (Les Herbiers)
Att Hugo CHAMBON (Québec, Canada)
Restent Abdou Karim DIALLO (A) Balamine DRAMÉ (G) Tiago DUARTE (M) Lemouya GOUDIABY (D) Arnaud GUEDJ (M) Evan GUYON (M) Clarence KEGONGO (A) Cheik Abdou Khadry KONATÉ (D) Ibrahima LEYE (D) Akhibou LY (A) Randy MAVINGA (M) Diabel NDIAYE (D) Eoghan NOLIN (D) Falimery Ferdinand RAMANAMAHEFA (M) Babacar Gueye SENE (A)
Intègre l’effectif Eugène BELLE WANGUE (A)

  • Châteauroux (entraîneur Xavier DUDOIT)

Arrivées
Gar Romane LEGRAND (UF Touraine)
Gar Sébastien RENOT (Sans Club)
Déf Aloïs BRANLARD (Poitiers)
Déf Bakary DIAWARA (Auda, Lettonie)
Déf Tristan GRIPPON (Villefranche-sur-Saône)
Déf Yannick Joseph MBONE (Sans Club)
Déf Beny MOUKILA M’PELÉ (Quevilly/Rouen B)
Mil Julien CHARPENTIER (Bourges)
Mil Romain CAUMET (Poitiers)
Att Jonathan LAVRI (Saran)
Att Noah BONGO BE ONDO BE (Dinan/Léhon)
Att Anddrys SOLVET (Reims B)
Restent Aymeric AHMED (M) Yanis CHAHID (M) Djibril DIARRA (D) Bakary SAKO (A) Paul WADE (M)
Intègrent l’effectif Levi AKPES (D) Amine BADIROU (X) Berni KASSY GHOY (A)

  • Chauray (entraîneur Yassine AZAHAF)

Arrivées
Déf Dan BOKELO (Poitiers)
Déf Sami BOUGHAMNI (Aytré)
Déf Mathis JOUVE (Dieppe)
Déf Maël SEDAGONDJI (Angoulême)
Déf Seydou WASSA (Bobigny/Bagnolet/Gagny)
Mil Naïl BELAGGOUNE (Wasquehal)
Mil Maxime BISLEAU (Fontenay-le-Comte)
Mil Ludovic FAUCHER (Poitiers)
Att Soufian AWRAGH (Les Sables-d’Olonne)
Att Ewan CHEGRA (Aigaleo, Grèce)
Att Jérôme LEMOINE CLÉMENT (Chasselay GOAL FC)
Att Mehdi MOUSSENI (Challans)
Att Warren NGAKO NGAHA (Orléans)
Restent Otchowan ABESE (D) Haris ALIC (M) Adekounle Samsom ALLAGBE KASSIFA (G) Owalabi Saturnin ALLAGBÉ KASSIFA (G) Benjamin BARCQ (M) Balamine CISSÉ (D) Gabin DELGUEL (D) Doua DEMBÉLÉ (A) Alexy DO ROGEIRO (M) Enzo DUGLEUX (A) Jilvaro LUYINGA (A) Matttéo MAYOULIKA (D) Awen Randy NOUMBISSI NOUMBISSI (D)

  • Colmar (entraîneur Vincent RYCHEN)

Arrivées
Gar Alexandre NAGOR (Sans Club)
Gar Lucas ROYES (Rouen)
Gar Naël TYRNER (Cavigal Nice U19)
Déf Niels CHIRAO (Bâle, Suisse)
Déf Datoumcaroul DOLE (Challans)
Déf Angel MARCHEGAY (Poitiers)
Déf Canarie UNJANQUI (Dole)
Mil Ibrahim MOHAMED (Dole)
Mil Kelvin WINTERSHEIM (Dijon B)
Att Espérance MABEKONDIASSON (Blois)
Restent Ali Vanomo BAMBA (D) Sébastien CHÉRÉ (M) Guillaume JACQUAT (D) Benjamin LE GALLOUDEC (M) Frank MAKANG NJEM (A) Morgan MOASRY (X) Ryan OWUSU (A) Ousmane Jean STEPHANUS (D)
Intègrent l’effectif Korab RASHITI (X) Marwan SABRI (X)

  • Créteil (entraîneur Jérôme ARPINON)

Arrivées
Déf Lucas CAMELO (Villefranche-sur-Saône)
Déf Sidi DIAGNE (Andrézieux-Bouthéon)
Déf Axel ROUQUETTE (Lustenau, Autriche)
Mil Adama NIAKATÉ (Istres)
Att Aymeric AHMED (Châteauroux)
Att Léo BOUCHET (Mâcon)
Att Nouha DICKO (Al Bataeh, Emirats Arabes Unis)
Att Yann DIEBOLD (Le Puy-en-Velay)
Att Ylan GOMES (Haguenau)
Att Jason MBOCK (Rouen)
Restent Sofiane BACHIRI (G) Zakaria BELKOUCHE (D) Mohamed BEN FREDJ (A) Youssef BOUJENFA (M) Hugo COINTARD (G) Arsène ELOGO GUINTANGUI (M) Ryan FERHAOUI (M) Abdeljalil HACHEM (M) Ibtoihi HADARI (A) Tommy IVA (D) Stanley KOUAMÉ (G) Adrien LOUVEAU (M) Aboubacar MAGNORA (D) Liamine MOKDAD (M) Touré NGOUYAMSA NONCHILI (D) Stéphan QUEMPER (D) Guillaume TATY (M) Barry Jay VAISSEAUX (D)

  • Dieppe (entraîneur Djilalli BEKKAR)

Arrivées
Gar Eliot BOUDET (Quevilly/Rouen)
Gar Brice COGNARD (Bobigny/Bagnolet/Gagny)
Gar Alan URIEV (Avranches)
Déf Yanis AFKIR (Namur, Belgique)
Déf Hamza CHAHID (Beauvais)
Déf Edgar DELBOS (Colmar)
Déf Allan ESER (Sans Club)
Déf Gaël GIBERT (Lexington, USA)
Déf Théo LEFEBVRE (Saumur)
Déf Ianis Aymar POLLA BOYOM (Istres)
Déf Ryan SABRI (Châteaubriant)
Mil Mattéo BÉGNINI (Belfort)
Mil Ylane CHERIF (Quevilly/Rouen B)
Mil Chris LYBOHY (Albères/Argelès-sur-Mer)
Mil Bastien MAGNIEZ (Les Mureaux)
Att Enzo PINOCHI (Borgo)
Att Yakine SAÏD (Créteil)
Att Kylian SILA (Angoulême)
Restent Nabil AMRANE (A) Enzo BEAUVAIN (M) Salim DIABY (M) Giovanny LAMIAUX (M) Hervé MALEBE (M) Batissaninque MENDES (D) Orhan SERTOGLU (A)

  • Dinan/Léhon (entraîneur Sylvain DIDOT)

Arrivées
Gar Hugo BARBET (Versailles)
Déf Martin LE GENDRE (Avranches)
Déf Léo ROUILLÉ (Saint-Brieuc)
Mil Mathéo DIDOT (Locminé)
Att Benjamin GUYOMARD (Vire)
Att Nathan LE GOUELLEC (Locminé)
Att Gabriel TUTU (Andrézieux-Bouthéon)
Restent Max DENIS (M) Lino DUFOUIL (M) Alexandre HUOT (D)S imon GAUDIN (D) Nolan HEURLIN (A) Hugo JACQUEMIN (M) Hugo JULIEN (D) Victor LEFEBVRE (M) James LE MARER (D) Gabriel MICHEL-VULCAIN (G) Abdoulkader THIAM (D) Anthony VERMET (M)
Intègrent l’effectif Malouan BOMPAIS (A) Mathew CAMPION (D) Youhen COTTAIN (X), AKINJOGUNLA, GAUTHIER

  • Épinal (entraîneur Yannis ROUANI)

Arrivées
Déf Yanis MOUATAZIL (Colmar)
Mil Madi CORREIA (Haguenau)
Mil Youssouf TANDIA (Nancy B)
Att Lucas BARRETO (Neuves-Maisons)
Att Enzo DAOUD (Bobigny/Bagnolet/Gagny)
Att Chéikné TRAORÉ (Chantilly)
Restent Oumar AMADOU (D) Angel BENARD (M) Thomas BERENGUIER (D) Naïm BOURESAS (A) Gaëtan BUSSMANN (D) Jérémy COLIN (M) Milan CORVINO (D) Nicolas DELPECH (M) Victor GLAENTZLIN (A) Léo HATIER (G) Bastien LAUNAY (D) Paul LÉONARD (D) Adel MAHAMOUD (A) Thomas ROCHE (G) Isaak UMBDENSTOCK (D) Hugo VALDENAIRE ( )
Dans l’effectif ? Gabin DEMANGE (G) DESPRES Justin (X)

  • Feignies/Aulnoye (entraîneur Romain COURTIN)

Arrivées
Gar Matthieu RONGIER (Rumilly/Vallières)
Déf Steevy MAZIKOU (Avranches)
Déf Paul MBELEK NOUGA (Bourges)
Déf Baptiste ROLLAND (Aarhus Fremad, Danemark)
Att Christopher PIEDANNA (Vimy)
Restent Jiannin BÉRÉNICE (D) Bryan BERNARD (G) Yacine CHAH (M) Moustapha CISSÉ (A) Thomas DE PARMENTIER (M) Pascal DUFOUR (D) Abdoulaye GORY (A) Randi GOTENI (M) Yassine HAOUARI (A) Giovanni HOSPITAL (M) Baptiste THIÉFIN (M) Florent VASSEUR (D) Maxime WACKERS (D)

  • Fréjus/Saint-Raphaël (entraîneur Loïc CHABAS)

Arrivées
Gar Henrique SANCHES TAVARES (Rousset)
Déf Kemil ABDALLAH (Grasse)
Déf Pablo BONNEIL (Canet-en-Roussillon) reste à Canet-en-Roussillon
Déf Kevin CHATELAIN (Grasse)
Déf Simon CHAVÉRIAT (Alès)
Déf Tobias WOUM WOUM (Angoulême)
Mil Herman AKO (Grasse)
Mil Erwin GNAHORÉ (Grasse)
Mil Yassine KICH (Rousset)
Mil Mahamadou KONTÉ (Istres)
Mil Abdou Rahmane THIOR (Bobigny/Bagnolet/Gagny)
Att Aymeric KISSY (Saint-Maur-des-Fossés Lusitanos)
Att Yapo Kader NCHOBI (Dieppe)
Restent Oussama ABDELJELIL (A) Yasser BALDÉ (D) Cantyn CHASTANG (M) Karl DE SOUZA (D) Mathis DIJOUX (G) Yanis EL KHEMIRI (M) Mohamed FADHLOUN (M) Baptiste FERRAND (D) Alexandre GAMEIRO DA CONCEIÇAO (D) Naël JABY (A) Ilyasse MAAMAR BEN HADJAR (D) Thomas NAVAUX (G)
Intègrent l’effectif Chahine BOUAOUNE (M) Cédric COURTOIS (D) Julien MOUILLON (D)

  • Furiani/Agliani (entraîneur Romain PATUREL)

Arrivées
Gar Julien FABRI (Bastia)
Gar Cédric LUNARDI (Villefranche-sur-Saône)
Gar Iwan ZARAGOZA (Spartak Varna, Bulgarie)
Déf Hugo FANTINI (Casinca)
Déf Adrien PIANELLI BALISONI (Dudelange, Luxembourg)
Mil Leandro ALVES (Biesheim)
Mil Nicolas CASANOVA (Bastia U19)
Mil Audran RUIZ (Dole)
Mil Christophe VINCENT (Bastia)
Att Gwen FOULON (Châteauroux)
Att Eghise Antonio PRODROMOU (Cagnes-sur-Mer/Le Cros-de-Cagnes U17)
Restent Othman AANKOUR (D) Nicolas BERTIL (A) Arnaud BINET (M) Ayoub BOUKRERIS (A) Jean-Louis CARLOTTI (G) Sébastien DA SILVA (A) Paolo FAURA (M) Anthony FELICIANO (D) Marc JOURDAN (M) Soufiane NOUALA (M) Jason PEYRONNET (D) Alexandre SALVADORI (D) Fabio TEIXEIRA LOPES (D) Axel THOUMIN (A) Thibault VALÉRY (D)

  • Granville (entraîneur Grégory SCAFFA)

Arrivées
Gar Romain HERBINIÈRE (Marcq-en-Baroeul)
Gar Antonin LEVASSOR (Orléans U19)
Gar Léopold MAÎTRE (Bourges)
Déf Lassana DIAKHABY (Châteauroux)
Déf Evan FLOUZA (Moulins/Yzeure)
Mil Noan GÉRAUX (Brest B)
Mil Cheikh GUEYE (Limonest/Dardilly/Saint-Didier)
Mil Maxence LEGENTIL (Sans Club)
Mil Félix LEY (Andrézieux-Bouthéon)
Att Mouhamed DIOUF (Espaly-Saint-Marcel)
Restent Amay CAPRICE (D) Mathis CHERCHOUR (A) Joshua CURTIUS (D) Théo EMMANUELLI (D) Anthony HERBIN (G) Mathis LEMERAY (D) Tom LEPENANT (M) Enzo MISSE (A) Pierrick MOUNIAMA COUPAN (D) Allan RAMOS (M) Kylian SILVESTRE (A)

  • Haguenau (entraîneur Cédric DEUBEL)

Arrivées
Gar Maxime ADAM (Colmar)
Gar Marco GIAGNORIO (Schirrhein/Schirrhoffen)
Gar Marvin GOLITIN (Chantilly)
Déf Nathan DEHEPPE (Troyes)
Déf Souleymane FAYE (Dieppe)
Déf Roldi TCHKAMBOUD (Pacy-sur-Eure/Ménilles)
Déf Nathan TRONCHET (Le Mans)
Déf Brunnel TUTUANA THEUN TATUOM (Nancy B)
Att Benjamin CAMOLLI (Strasbourg U19)
Att Charly DAGNEAUX (Bastia B)
Att Eldji DIA (Borgo)
Restent Brayan BEAUMONT (A) Jérémie BRANCA (D) Quentin BUR (M) Boubacar CAMARA (A) Nazir CORREIA (M) Daoud DOUCOURÉ (D) Nicolas HINTENOCH (M) Erwann MADIHI (M) Amine MAZRAOUI (A) Romain METZGER (D) Léon MUNICH (D) Maxime NONNENMACHER (M) Hamza SALHI (D) Noah SCHULER (M) Christopher SHIASHIA (D), FAYE

  • Hauts-Lyonnais (entraîneur Ahmed AÏT-OUARAB)

Arrivées
Déf Léo LEBON (Colomiers)
Mil Nacim EL HASSANI (Mâcon)
Att Daniel COHEN AGAMI (Chassieu/Décines)
Att Maxime FLEURY (Chassieu/Décines)
Att Prince MOMBONG (Feurs)
Restent Adel BELAROUSSI (A) Gabin BESSON (M) Thomas BLOT (D) Hilal BOUGUERRA (M) Saïd Marwan BOULAGHLEM (M) Mohamed BOUSSAÏD (A) Clément CABATON (D) Loris COCHINI (G) Joris COTTIN (M) Aymeric DUMAS (A) Brian FENEUIL (A) Jordan HALAIMIA (D) Alex HOSPITAL (D) Noam LAINE (G) Gilali LEBRINI (D) Samy MESSILI (M) Romain PONÇET (D) Hugo THIZY (M) Isidore TISSOT (G)
Intègre l’effectif Noa BENRAMDANE (D)

  • Hyères (entraîneur Lilian COMPAN)

Arrivées
Déf Alex GUETT GUETT (Niederkorn, Luxembourg)
Mil Mattéo BROSSEL (University of New Hampshire, USA)
Mil Yanis LASRI (Grasse)
Mil Laurenzo MONTEIRO ALVARENGA (Nice)
Att Abdoulaye DIABY (Créteil)
Att Cheick Alan DIARRA (Rumilly/Valières)
Restent Florian ANDRÉANI (G) Abdsamad ANISS (M) Yohan BRUN (A) Hugues DANIEL (D) Mathéo DAZIANO (A) Yann DJABOU (D) Esteban HARI (M) Valentin HOGUET (D) Moussa KOUYATÉ (D) Erwan MOUTAULT (A) Dylan OKYERE (A) Tyrone SAKHO (M) Axel TRESSENS (A)
Intègrent l’effectif Alessandro DE MARCHI (G) Judi FROSSARD (M)

  • Istres (entraîneur Zaki NOUBIR)

Arrivées
Déf Bryan DJADJA (Dijon B)
Déf Nasuir Dine HAMIDOU (Aubagne/Air Bel)
Déf Maxime RENOIR (Beaucaire)
Mil William BAKU (Saint-Maur-des-Fossés Lusitanos)
Mil Ilian BOUDACHE (Villefranche-sur-Saône)
Mil Noah LAHMADI (Toulouse B)
Mil Franck ONDOA EDIMA (Saint-Priest)
Att Alexis EBRARD (Saint-Malo)
Att Tomili MOIRABOU (Carnoux-en-Provence)
Restent Salomon ABERGEL (D) Ben Salim BOINA (G) Bakary GASSAMA (M) Abdelkrim KHECHMAR (D) Matéo LOUBATIÈRES (M) Will Césaire MATIMBOU (G) Amine MOKHTARI (M) Landry NKULULU (M) Romain PEREZ (G) Nolan QUÉMARD (D) Thibault RELANGE (M) Mohamed SOUARÉ (A)
Intègrent l’effectif Gianni DICCHI (M) Mathis RICO (M)

  • Le Poiré-sur-Vie (entraîneur Rabie ZEROUAL)

Arrivées
Gar Roberto AHYI (Châtellerault)
Déf Melvin BACHELET (Beauvais)
Déf Chris Vianney GOTENI (Saint-Priest)
Déf Sacha LEMARIÉ (Granville)
Mil Bendan LEBAS (Les Herbiers)
Mil Bryan Clovis NGWABIJE (Dieppe)
Att Léo BOTZ (Brest B)
Att Lenny Alexis LÉONIL (Créteil)
Att Matias LOPES (Saint-Brieuc)
Att Julien TRICHET (Laval B)
Restent Edouardo Sory BATHILY (M) Noham BENSOULA (A) Léo BERLIN (D) Maxence BLÉ (D) Lilian BONNIN (A) Théo BOUCARD (M) Emilien CHAUVET (A) Ebenesere KOUDOU (G) Mathys LOURDIN (D) Davel Rodney MAYELA (A) Thomas ROMERO (M) Yoan PINSON (D) Bryan THORIN (A) Lény VINCENT (M)

  • Les Herbiers (entraîneur Laurent DAVID)

Arrivées
Gar Enzo SAUTEREAU (Angers B)
Déf Antoine LE PELTIER (Caen B)
Déf Augustin PASCAUD (Saint-Malo)
Déf Mathieu TAHMOUCH (Biesheim)
Mil Hugo BRETAGNE (Vire)
Mil Moussa GRANGE (Angers B)
Mil Titouan NIHOUARN (Pau)
Att Joe-Loïc AFFAMAH (Angoulême)
Att Sidi KEITA (La Roche-sur-Yon)
Att Abdraman TOURÉ (Dinan/Léhon)
Att Léo VINCENT (Chemillé)
Att Guillaume YENOUSSI (Bourges)
Restent Jérémy BILLY (A) Benjamin BRELIVET (M) Sony BUTROT (M) Jules CATHÉLINEAU (G) Redha FRESNEAU (D) Madiba GASSAMA (D) Bastien REMPP (G) Vilmy RISSONGA LEMBOMA (M) Alexandre TEGAR (D)

  • Limonest/Dardilly/Saint-Didier (entraîneur Jérémy BERTHOD)

Arrivées
Gar Kayne BONNEVIE (Quevilly/Rouen)
Déf Marwane BENHAMIDA (Saint-Priest)
Déf Théo BRAILLON (Feurs)
Mil Mamadou MAGASSOUBA (Bourg-en-Bresse/Péronnas)
Att Kamel BENNEKROUF (Toulon)
Att Yaya SOUMARÉ (Bourges)
Restent Davis ABANDA M’FOMO (D) Tristan BICHET (A) Simon CATELAND (M) Martin MIHAJLOVIC (M) Joseph OSTROWSKI (G) Bryan PELLIER (D) Matéo PERREIRA (G) Jordan RADOJEVIC (M) Florian RASPENTINO (A) Alexnadre ROSELLI (D) Mathis ROYET (D) Mouhamadou SINGOURA (A) Nathan TANARD (D)
Intègrent l’effectif Ilyas HINANE (X) Marvyn ZELIGOU (X)

  • Locminé/Saint-Colomban (entraîneur Florian BESNARD)

Arrivées
Déf Diakari DIARRA (Granville)
Déf Guillaume JANNEZ (Concarneau)
Déf Baptiste KERVICHE (Vannes)
Déf Lucas SALAÜN (Plabennec)
Mil Hamza BOURAJA (Alès)
Mil Ilyes LIM (Chauray)
Mil Khaled MESBAH (Vannes)
Att Antonin KERMORGANT (Saint-Renan)
Att Djibril KONTÉ (Colomiers)
Att Steven LE MOUELLIC (Ploërmel)
Restent Mathias BELHAJ (D) Evan DRÉAU (G) Achille DEGAN (M) Alexandre LAVENANT (D) Alexandre LE NÉDIC (D) Mario-Jason KIKONDA (M) Azaria OBAME (D) Jeffrey QUARSHIE (A) Benjamin RIO (D) Ibrahima SY (G)

  • Lyon La Duchère (entraîneur Michaël NAPOLETANO)

Arrivées
Gar Ismaïla DOUCOURÉ (Chassieu/DécinesCharpieu)
Déf Samy ACHOUR (Saint-Étienne B)
Mil Romain ANTUNES (Dieppe)
Mil Fares FARHI (Versailles B)
Mil Sandro MARCON (Limonest/Dardilly/Saint-/Didier)
Mil Malik PEISSON (Rousset)
Att Ismaïl MEDIOUNA (Givors)
Att Daniel ONANA (Vierzon)

  • Montlouis-sur-Loire (entraîneur Luc DAVAILLON)

Arrivées
Gar Léo TZOTZIS (UF Touraine)
Déf Benoît CACHENAUT (Poitiers)
Déf Axel DUDOIT (Romorantin-Lanthenay)
Déf Banfa FOFANA (Biesheim)
Déf Djegui KOÏTA (Jura Sud)
Déf Hugo VICART (Furiani/Agliani)
Mil Baptiste CANELHAS-REIFFERS (Romorantin-Lanthenay)
Mil Youssouf DIARRA (Poitiers)
Mil Alexandre VALBON (Biesheim)
Att Jean BOYER (Wasquehal)
Att Caumes CIMETIÈRE RYAM (Orléans U19)
Att Aboubacar DIAKHABY (UF Touraine)
Att Ismaël HOUMADI SOUFFOU (Grasse)
Att Malcom NGUÉA MANDANGUÉ (Cesson-Sévigné)
Att Luigi RIZALDOS (Bordeaux)
Restent Morgan BARBIER (A) Mohammed BERRABAH (D) Yannis BOUTOUIL (D) Théo BRIAN (D) Alexandre CASTRO (D) Yassin FAIZ (M) Jules Stéphane GODA (G) Mattys MALLET (A) Antoine REBELO (D) Noah SOURISCE (G)
Intègrent l’effectif Moussa ELAMINE Mathias ROUAULT

  • Nîmes (entraîneur Helder ESTEVES)

Arrivées
Déf Maxime CORAIN (Grasse)
Déf Pierre MBEMBA (Gijon, Espagne)
Mil Ilyes DOS SANTOS SEMEDO (Montreuil-sous-Bois)
Mil Joris SILVENTE (Marseille B)
Mil Karim TLILI (Aubagne/Air Bel)
Att Diawoyé DIARRA (Toulon)
Att Sory DOUMBOUYA (Cannes)
Restent Charif BENHAMZA (M) Najib BENNOUR (A) Gino CAOKI (D) Mouhamed COULIBALY (M) Clément DEPRÈS (A) Lucas DIAS (G) Moussa DIALLO (D) Diaby DOUCOURÉ (D) Ismaël DRAMÉ (D) Axel KEDVESI (G) Marowane KHALID (A) Evrald LOUBACKY (D) Pablo MARTINEZ (A) Oualid ORINEL (M) Vincent PIRES (D) Mickaël SALAMONE (G) Bissourou TOURÉ (A)

  • Pontivy (entraîneur François MASSON)

Arrivées
Déf Madigoundo DIAKITÉ (Saint-Brieuc)
Déf Louis TIRCO (Vire)
Restent Tom CLÉMENCE (D) Ibrahim ET TOUGUANI (A) Léo FAURE (D) Virgil GOMIS (A) Hugo GUIMARD (A) Malo JEGAT (M) Malo JESTIN (D) Aimen LARABA (M) Antoine LE CALLONEC (D) Kevin LE CORVAISIER (G) Yohan LE GAL (M) Eliot LE GOFF (M) Kilian LIRI (M) Ethan LOHÉZIC (M) Calvin MANGAN (D) Nolan NABE (M) Jenny NKASSA LIKIBI (A) Rayan SAÏDI (A) Malick SOGUE (G) Yanis TRÉHIN (D) Stéphan WELSH (D)

  • Racing Club de France (entraîneur Guillaume NORBERT)

Arrivées
Mil Rayan FORSA (Montrouge)
Mil Reda KADDOURI (Bobigny/Bagnolet/Gagny)
Mil Khalil MSA (Cergy-Pontoise)
Att Idriss FARES (Drancy)
Att Cheickné SAMASSA (Sainte-Geneviève-des-Bois)

  • Rumilly/Vallières (entraîneur Cédric RULLIER)

Arrivées
Gar Valentin BAUME (Colmar)
Déf Salimou TOURÉ (Chauray)
Mil Valentin JACOB (Annecy)
Mil Yoann MARTELAT (Lyon Duchère)
Mil Moïse MBAMBA YAMFU (Jura Sud)
Att Claude ATHEBA (Dieppe)
Att El Hadji Souleymane DETHIÉ SÈNE (FC Dakar Athlétic, Sénégal)
Att Amine SAÏD (Clermont-Ferrand)
Restent El Oihab ABDOU (D) Mathis DUTRUEL (D) Troy ECKENFELDER (A) Waïl ESSAFIANI (M) Jérémy FEJOZ (D) Maxence FORTIER (A) Quentin FOULEY (M) Nicolas GARBY (D) Marc LAURENT (D) Jordan LEMARIÉ (G) Cyril MARTIN-PICHON (M) Alexis MATIAS (D) Julien PEREZ (G) Léo PERRILLAT (G) Jonathan RUQUÉ (D) Tom VIARD (D)

  • Saint-Brieuc (entraîneur Julien FRADET)

Arrivées
Déf Damon BANSAIS (Avranches)
Déf Donovan BASSET (Bastia)
Déf Alexis TAÏPA (Saint-Malo)
Déf Souleyman TERRIEN (Orléans B)
Mil Killian CORENTHIN (Beauvais)
Mil Lucas DAURY (Saint-Malo)
Mil Frédéric LOKI (Gijon B, Espagne)
Mil Taylor PEREZ SALIBUR(Besançon Football)
Att Kemo KENNEH (Les Sables-d’Olonne)
Att Mohamed II MARA (Quessoy)
Att Aristide MATETA (La Roche-sur-Yon)
Restent Karim ACHAHBAR (A) Benjamin Brou ANGOUA (D) Julien BENHAÏM CASANOVA (M) Aimeric GOMIS MAILLARD (A) Franck L’HOSTIS (G) Dialy Kobaly NDIAYE (G)
Intègrent l’effectif Maxime ROUZIC (X) Axel THOMELIER (D) DIABY (G)

  • Saint-Malo (entraîneur Gwen CORBIN)

Arrivées
Gar Maxime PATTIER (Grenoble)
Déf Pierre BARDY (Bayonne)
Déf Mamadou KAMISSOKO (Angoulême)
Déf Louis MONNET
Déf Vivien TÉTART (Wasquehal)
Mil Sofiane HAMARD (Granville)
Mil Grégoire HERBIN (Hespérange, Luxembourg)
Att Daniel GLAO (Biesheim)
Att Tanguy GUÉRINEAU (Les Herbiers)
Att Quentin LE COZ (Saumur)
Restent Sofiane BARROUG (M) Lucas CAPOUE (A) Thibaut CILLARD (D) Antoine COTTEREAU (D) Tom DUPONCHELLE (D) Tom LEBEAU (M) Alexandre LEROYER (M) Tommy LE VERGE (D) Pierre MAGNON (M) Aser MANUEL PAJO (M) Gabin OLIÈRE (G)

  • Lusitanos/Saint-Maur (entraîneur Fabien VALÉRI)

Arrivées
Gar Arsène COUREL (Orléans)
Gar Damien MESPLÉ (Paris 13 )
Déf Moussa DIARRA (Paris 13)
Déf Axel DAUCHY (Créteil)
Mil Nicolas CALOIERO (UF Touraine)
Mil Yanis MIMOUN (Saint-Étienne B)
Mil Franck ONDOA EDIMA (Saint-Priest) n’est pas resté
Mil Lucas VALÉRI (Paris 13)
Att Abdel-Nour BOUHENNI (Saumur)
Att Evens JOSEPH (Chantilly)
Restent Jarod BALTAZAR (A) Florian DEXET (D) Lassana DIARRA (D) Melvyn DORÉMUS (D) Edwin ELODON (D) Bilal EL HAJJAM (A) Sayon KEITA (A) Amine MEFTAH (A) Paul MILLET (M) Gaël NSOMBI (A) Malick SAMBOU (A) Fabio SOARES PEREIRA (M)
Intègre l’effectif Bakary CHERIF (M)

  • Saint-Priest (entraîneur Alexis FAIVRE)

Arrivées
Gar Jules GUETTE (Le Puy-en-Velay)
Déf Nathanaël BAÏ (Créteil)
Déf Dylan BRUNETTON (Blois)
Déf Mafuta Glenn MBIMBA MAFUTA (Biesheim)
Déf Hugo OZÉE (Dole)
Mil Kelvin Patrick (FBBP 01)
Mil Ibrahim RAACHE (Annecy)
Att Maxime FOULON (GFC Ajaccio)
Att Tieri GODAME (Chauray)
Att Benjamin KINGUE (Canet-en-Roussillon)
Att Romain PERRET (Strassen, Luxembourg)
Restent Ilies BARDET (A) Erwan BELHADJI (A) Jérémy BOSSY (D) Maxence CHAPUIS (M) Sébastien FLOCHON (M) Zakaria GHLAM (X) Théo GONZALEZ (D) Fahim HADDAD (X) Anthony MAISONNIAL (G) Emmanuel NDUNGUI KUSINGAMA BIT (D) Capela NSINGI (A) Steven SÉANCE (D) Thomas VALTRIANI (M)

  • Saint-Pryvé/Saint-Hilaire (entraîneur Mathieu POUSSE)

Arrivées
Gar Enzo TOSTIVINT (Châteauroux)
Déf Joseph GYEBOAHO (Biesheim)
Déf Moussa KABA (Saran)
Déf Mory MARA (Beauvais)
Déf Diédié TRAORÉ (Saran)
Déf Lorik UKAJ (Chartres)
Mil Thomas COLLEAUX (Pontivy Stade)
Att Mody DOUCOURÉ (Châteauneuf-sur-Loire)
Restent Carnejy ANTOINE (A) Antoine BERNASQUE (M) Hugo BERNON (G) Yanis BOUSSEADEN (M) Hugo DA SILVA (M) Raphaël GALAS (M) Esteban GONÇALVES (M) Allan HUNOU (G) Fayçal LAAMARTI (D) Thibault LEMESLE (M) Bantsimba LOCKO (A) Kenny MAVUBA (M) Dorian MOUSSET (A) Gabriel OSEI YAW (D) Younesse SABRI (D) Joan SIBER (M)

  • Saumur (entraîneur Nicolas LEMÉTAYER)

Arrivées
Déf Kryss CHAPELLE (Rousset)
Déf Killian LE BER (Milizac)
Déf Jean-Paul MONTALBETTI (Challans)
Mil Namory KEITA (Châteaubriant)
Att Junior Ramdi ABDOURAHAMANI (Bressuire)
Att Bridge NDILU (Sans Club)
Att Lenny PAYRAUDEAU (Les Herbiers)
Restent Nathan BENMOUSSA (D) Quentin BIETTMANN (M) Mathis BOCHEREAU (D) Emmanuel BOOURGAUD (M) Alexis BRARD (G) Plamedi BUNI JORGE (M) Quentin GALVEZ-DIARRA (G) Tom GAUCHET (D) Lenny HÉRIN (M) Maël LANDELLE (D) Walim LGHARBI (M) Benjamin PILLIER (D) Raphaël PRIMAULT (A) Artur VIAUD (M) Martin VIDGRIN (M)
Intègre l’effectif Sacha DIDIER (D)

  • Tarbes (entraîneur Marc FACHAN)

Arrivées
Gar Clément KRZESEINSKI (Rodez B)
Gar Guillaume LESEC (Arcachon)
Déf Faouzi BENABED (Cosne-Cours-sur-Loire)
Déf Jarrison GASPAR (Sans Club)
Att Olivier CASSANGE (Biel-Bienne, Suisse)
Att Morgan CORREDOR (Rodez)
Att Giacomo PEREZ (Castanet-Tolosan)
Att Alexandre ZAHI (Balagne)
Restent Léo BALLARIN (M) Maxime DANNFALD (D) Damien FACHAN (M) Baptiste FAVRE (A) Hugo GARIE (M) Haoufou GUIRA (M) Ronan HOUDIN (M) Johan LECORNU (M) Thomas MARQUE (A) Christian MARQUES (G) Remy PETEILH (A) Florent POINTECOUTEAU (M) Lilian ROUME (D) Euclides SAMBU DJEME (D) Ugo TARBES (M)
Dans l’effectif ? Gabin BARREAU (A) Manuel DELGADO (A) Mike DOS SANTOS (M) Marthy GUILLOSSOU (A) Loan HERNANDEZ (G) Kouadio KOUAKOU (D) Matéo MARTINEZ (D) Mathieu PLANTON (M)Yannis SANKOUTCHA (A) Alexandre Thibaut BAQUE (D) YOKESSA (M)

  • Toulon (entraîneur Ghislain ANSELMINI)

Arrivées
Déf Andréas BERTIN (Dives-sur-Mer/Cabourg)
Déf Isaac DIOUF (Châtellerault)
Déf Naïm IGHBANE (Lyon Duchère)
Déf Francis NGOMBO (X)
Mil Ikrame ABDALLAH (Istres)
Mil Christian GYEBOAHO (Fréjus/Saint-Raphaël)
Mil Christian NSUNDI LANDU (Bourges)
Att Ryan BAKAYOKO (Sans Club)
Att Youba DRAMÉ (Chasselay GOAL FC)
Att Gil LAWSON (Épinal)
Att Anthony PAYET (Romorantin-Lanthenay)
Restent Mehrez BELKHECHINE (D) Abdeldjalil BOUAMEUR (D) Younes DIATTA (D) Christopher DILO (G) Cafimipon GOMIS (M) Baptiste GUYOT (D) Mathias HYVERNAT (G) Marius REYMOND (A) Lorenzo VINCI (D)
Intègrent l’effectif Oumarou MAGASSA (X)

  • Le Pays-du-Valois (entraîneur Valentin QUENTIER)

Arrivées
Gar Elnasry MISTOIHI (Bourges)
Déf Darnel KORÉ (Compiègne)
Déf Allan NENGOUÉ NOUMANO (Saint-Pryvé/Saint-Hilaire)
Déf Jessy ROTSEN (Charleville-Mézières/Prix-les-Mézières)
Déf Gwilhem TAYOT-SAVINA (Les Herbiers)
Déf Lassana SYLLA (Saint-Quentin)
Mil Denis AMEDOVSKI (Chambly)
Mil Houdayfa CAMARA (Beauvais)
Mil Ryan LAPLACE (Jura Sud)
Mil Makan SIDIBÉ (Sans Club)
Mil Aboubakar TOURÉ (Toulon)
Att Sponky MBIAGNIN (Aubervilliers)
Restent Lyes AKA (A) Zadi BLÉ (G) Yacouba COULIBALY (D) Makan DOUCOURÉ (M) Dalvin FELLICE (M) Metehan GÜCLU (A) Isaac LUNEKO (D) Justin MAAGA (G) Kevin Junior NGUECHOUNG (M) Baïssama SANKOH (M) Azzedine TOUFIQUI (M)
Intègre l’effectif Jean-Louis VOLTAIRE (M)

L’entraîneur de Paris 13 Atletico s’est fendu d’une publication dimanche sur sa page Facebook, dans laquelle il annonçait diriger vendredi, à Villefranche, son 300e match de championnat au 3e échelon ! On a recompté avec lui : ce n’est pas (encore) pour tout de suite, mais pour très bientôt ! Explications.

Par Anthony BOYER et Philippe LE BRECH

Les différents réseaux sociaux ont commencé à « s’affoler » ! Dimanche, le nouvel entraîneur de Paris 13 Atletico, Stéphane Rossi (62 ans), a posté un message sur sa page Facebook dans lequel il indique que, vendredi 14 août 2026, à Villefranche-Beaujolais, il dirigera son 300e match de championnat au 3e échelon du football français. Erreur ! Contacté dans la foulée de sa publication, Stéphane Rossi a déroulé le fil de ses matchs en National / Ligue 3.

Il s’est avéré que l’entraîneur corse, passé notamment par CA Bastia, Bastia-Borgo, Borgo, Sporting-club de Bastia, Cholet, Bourges et Concarneau (liste non exhaustive !), sera sur le banc pour la … 289e fois à Villefranche-Beaujolais, vendredi soir ! En effet, avant le lancement de cette nouvelle Ligue 3, Stéphane Rossi comptabilisait 287 matchs au 3e niveau (il a également beaucoup entraîné en Ligue 2, National 2, National 3 et dans les championnats régionaux, si bien qu’il faille peut-être doubler ce chiffre pour arriver à son total de matchs dirigés tout au long de sa carrière !). Avec la première journée de Ligue 3 (victoire 1 à 0 face à QRM), cela fait donc … 288 !

Voici le détail des matchs UNIQUEMENT dirigés en National / L3 :

2012-13 CA Bastia : 38 matchs

2014-15 CA Bastia : 34 matchs

2015-2016 CA Bastia : 22 matchs (il re:mplace Christian Bracconi, intronisé en début de saison).

2016-17 CA Bastia : 34 matchs

2019-20 SO Cholet : 8 matchs (il remplace Romain Revelli à la trêve avant que la saison ne soit stoppée par la FFF début mars 2020 en raison de la Covid-19).

2020-21 SO Cholet : 34 matchs

2021-22 FC Bastia-Borgo : 22 matchs (il remplace Albert Cartier le 4 novembre 2021, après 12 journées de championnat. Il en disputera donc 22).

2022-2023 SO Cholet : 31 matchs (départ le 1er mai 2023, à l’issue de la J31, à trois journées de la fin).

2024-25 US Concarneau : 32 matchs

2025-26 US Concarneau : 32 matchs

2026-27 Paris 13 Atletico : 1 match le 7/08/2026, série en cours…

Total = 288 matchs au 11 août 2026

Merci à Stéphane Rossi pour sa collaboration précieuse dans ce décompte. Il fêtera donc son 300e match sur le banc lors de la journée 13 de Ligue 3, le samedi 21 novembre, au Puy-en-Velay !

Lire aussi / Stéphane Rossi « Je ne cherche pas la lumière »

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C’était le 10 août 2022 ! Il y a 4 ans déjà, naissait le site www.13heuresfoot.fr ! A l’occasion de cet anniversaire, Martin Kadem, alias « tinokdm » sur Instagram, a réalisé une vidéo ! Il a tout bien résumé ! Bon visionnage et merci à lui !

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Par Anthony BOYER

C’était THE INFO de la première journée de Ligue 3, vendredi ! Elle a été relayée partout ! Mais elle est erronée. Non, Fahd EL KHOUMISTI, le nouvel attaquant du Stade Malherbe de Caen, n’est pas le meilleur buteur de l’histoire de la Ligue 3 / ex-National. Du moins pas encore ! À vrai dire, cela ne saurait tarder. Comme l’a confirmé notre site partenaire Footamateur.fr, c’est bien Christophe ROUVE, le monsieur « Sète », qui détient toujours le record, avec 91 buts. Et encore… Dans un entretien confié chez nous, il y a 3 ans, l’intéressé, qui n’a fait qu’une seule infidélité au club de SA Ville, à Frontignan, le temps d’une saison, revendique même la paternité de « 140 à 150 buts marqués » dans sa carrière, mais cela comprend aussi les buts inscrits en National 2, en Ligue 2 et même en DH, en fin de carrière, quand le club a été rétrogradé, et qu’il jouait défenseur central à plus de 40 ans !

Si ces statistiques ne sont pas « officielles », c’est tout simplement parce qu’à l’époque de la création du championnat National, en 1993-1994, les classements des buteurs n’étaient pas encore bien répertoriés comme aujourd’hui. Néanmoins, il n’y avait qu’une seule personne sur terre pour sortir les vrais chiffres : Philippe LE BRECH. La bible du football amateur, c’est lui. D’ailleurs, avec Denis et Odiel TROCH, il avait collaboré pour une vraie bible du football dans les années 2000, avec le fameux « DT foot », sorte de dictionnaire ultra-détaillé sur les clubs et les joueurs, de la première division à la division d’Honneur (Régional 1). On peut donc faire confiance à notre Philippe « national » !

En inscrivant un triplé vendredi face à Valenciennes, Fahd El Khoumisti a certes dépassé le duo composé de Kevin Lefaix  et du nouvel entraîneur de l’US Mandelieu en N2 (ex-N3), Cyril Arbaud, (88 buts contre 87), mais il lui en reste encore 4 à marquer pour devenir THE GOAT OF GOALS !

Le classement des meilleurs buteurs de l’histoire en L3/National : 1. Christophe Rouve (91); 2. Fahd El Khoumisti (88); 3. Kevin Lefaix et Cyril Arbaud (87 buts). 

En haut à gauche : Christophe Rouve; en haut à droite : Fahd El Khoumisti; en bas à gauche : Kevin Lefaix; en bas à droite : Cyril Arbaud.
  • Lire aussi :

Fahd El Khoumisti : « J’ai l’impression que je n’en suis qu’au début »

Kevin Lefaix : des terrains de foot aux parcours de footgolf !

Cyril Arbaud : « J’ai préféré rester grand chez les petits ! »

Philippe Le Brech : la bible du football amateur

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