L’entraîneur de Paris 13 Atletico s’est fendu d’une publication dimanche sur sa page Facebook, dans laquelle il annonçait diriger vendredi, à Villefranche, son 300e match de championnat au 3e échelon ! On a recompté avec lui : ce n’est pas (encore) pour tout de suite, mais pour très bientôt ! Explications.

Par Anthony BOYER et Philippe LE BRECH

Les différents réseaux sociaux ont commencé à « s’affoler » ! Dimanche, le nouvel entraîneur de Paris 13 Atletico, Stéphane Rossi (62 ans), a posté un message sur sa page Facebook dans lequel il indique que, vendredi 14 août 2026, à Villefranche-Beaujolais, il dirigera son 300e match de championnat au 3e échelon du football français. Erreur ! Contacté dans la foulée de sa publication, Stéphane Rossi a déroulé le fil de ses matchs en National / Ligue 3.

Il s’est avéré que l’entraîneur corse, passé notamment par CA Bastia, Bastia-Borgo, Borgo, Sporting-club de Bastia, Cholet, Bourges et Concarneau (liste non exhaustive !), sera sur le banc pour la … 289e fois à Villefranche-Beaujolais, vendredi soir ! En effet, avant le lancement de cette nouvelle Ligue 3, Stéphane Rossi comptabilisait 287 matchs au 3e niveau (il a également beaucoup entraîné en Ligue 2, National 2, National 3 et dans les championnats régionaux, si bien qu’il faille peut-être doubler ce chiffre pour arriver à son total de matchs dirigés tout au long de sa carrière !). Avec la première journée de Ligue 3 (victoire 1 à 0 face à QRM), cela fait donc … 288 !

Voici le détail des matchs UNIQUEMENT dirigés en National / L3 :

2012-13 CA Bastia : 38 matchs

2014-15 CA Bastia : 34 matchs

2015-2016 CA Bastia : 22 matchs (il re:mplace Christian Bracconi, intronisé en début de saison).

2016-17 CA Bastia : 34 matchs

2019-20 SO Cholet : 8 matchs (il remplace Romain Revelli à la trêve avant que la saison ne soit stoppée par la FFF début mars 2020 en raison de la Covid-19).

2020-21 SO Cholet : 34 matchs

2021-22 FC Bastia-Borgo : 22 matchs (il remplace Albert Cartier le 4 novembre 2021, après 12 journées de championnat. Il en disputera donc 22).

2022-2023 SO Cholet : 31 matchs (départ le 1er mai 2023, à l’issue de la J31, à trois journées de la fin).

2024-25 US Concarneau : 32 matchs

2025-26 US Concarneau : 32 matchs

2026-27 Paris 13 Atletico : 1 match le 7/08/2026, série en cours…

Total = 288 matchs au 11 août 2026

Merci à Stéphane Rossi pour sa collaboration précieuse dans ce décompte. Il fêtera donc son 300e match sur le banc lors de la journée 13 de Ligue 3, le samedi 21 novembre, au Puy-en-Velay !

Lire aussi / Stéphane Rossi « Je ne cherche pas la lumière »

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C’était le 10 août 2022 ! Il y a 4 ans déjà, naissait le site www.13heuresfoot.fr ! A l’occasion de cet anniversaire, Martin Kadem, alias « tinokdm » sur Instagram, a réalisé une vidéo ! Il a tout bien résumé ! Bon visionnage et merci à lui !

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Par Anthony BOYER

C’était THE INFO de la première journée de Ligue 3, vendredi ! Elle a été relayée partout ! Mais elle est erronée. Non, Fahd EL KHOUMISTI, le nouvel attaquant du Stade Malherbe de Caen, n’est pas le meilleur buteur de l’histoire de la Ligue 3 / ex-National. Du moins pas encore ! À vrai dire, cela ne saurait tarder. Comme l’a confirmé notre site partenaire Footamateur.fr, c’est bien Christophe ROUVE, le monsieur « Sète », qui détient toujours le record, avec 91 buts. Et encore… Dans un entretien confié chez nous, il y a 3 ans, l’intéressé, qui n’a fait qu’une seule infidélité au club de SA Ville, à Frontignan, le temps d’une saison, revendique même la paternité de « 140 à 150 buts marqués » dans sa carrière, mais cela comprend aussi les buts inscrits en National 2, en Ligue 2 et même en DH, en fin de carrière, quand le club a été rétrogradé, et qu’il jouait défenseur central à plus de 40 ans !

Si ces statistiques ne sont pas « officielles », c’est tout simplement parce qu’à l’époque de la création du championnat National, en 1993-1994, les classements des buteurs n’étaient pas encore bien répertoriés comme aujourd’hui. Néanmoins, il n’y avait qu’une seule personne sur terre pour sortir les vrais chiffres : Philippe LE BRECH. La bible du football amateur, c’est lui. D’ailleurs, avec Denis et Odiel TROCH, il avait collaboré pour une vraie bible du football dans les années 2000, avec le fameux « DT foot », sorte de dictionnaire ultra-détaillé sur les clubs et les joueurs, de la première division à la division d’Honneur (Régional 1). On peut donc faire confiance à notre Philippe « national » !

En inscrivant un triplé vendredi face à Valenciennes, Fahd El Khoumisti a certes dépassé le duo composé de Kevin Lefaix  et du nouvel entraîneur de l’US Mandelieu en N2 (ex-N3), Cyril Arbaud, (88 buts contre 87), mais il lui en reste encore 4 à marquer pour devenir THE GOAT OF GOALS !

Le classement des meilleurs buteurs de l’histoire en L3/National : 1. Christophe Rouve (91); 2. Fahd El Khoumisti (88); 3. Kevin Lefaix et Cyril Arbaud (87 buts). 

En haut à gauche : Christophe Rouve; en haut à droite : Fahd El Khoumisti; en bas à gauche : Kevin Lefaix; en bas à droite : Cyril Arbaud.
  • Lire aussi :

Fahd El Khoumisti : « J’ai l’impression que je n’en suis qu’au début »

Kevin Lefaix : des terrains de foot aux parcours de footgolf !

Cyril Arbaud : « J’ai préféré rester grand chez les petits ! »

Philippe Le Brech : la bible du football amateur

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Après 33 ans d’un championnat National certes passionnant bien que hybride et bâtard, place enfin à la Ligue 3 Betclic ! Cette nouvelle compétition fédérale, calquée sur des critères proches de la Ligue 2, est censée se rapprocher encore un peu plus du football professionnel. Avec ce premier exercice historique et homogène, c’est bien le début d’une nouvelle ère !

Par Jean-Michel ROUET, Anthony BOYER et Philippe LE BRECH

Depuis le temps qu’on en parlait, la voilà enfin ! Réclamée depuis des années par la majorité de ses acteurs, la Ligue 3 s’ouvre ce vendredi. Son appellation le dit bien : elle s’inscrit dans la continuité de la Ligue 1 McDonald’s et de la Ligue 2 BKT car elle devient à son tour un championnat entièrement professionnel, quoique toujours géré par la Fédération Française de Football. Cette dernière y consacre d’ailleurs un budget de 12,3 millions d’euros cette saison (dont 70% redistribués directement aux clubs), contre 5,8 millions lors du dernier exercice de National en 2025-26.
Et comme ses deux cousines de l’étage du dessus, elle aussi a son naming ! Le 30 juillet dernier, la FFF a officialisé son partenaire-titre, Betclic. La Ligue 3 s’appellera donc « Ligue 3 Betclic » pour les trois premières saisons (jusqu’en juin 2029). Aucun montant n’a filtré quant à la somme déboursée par cette entreprise française spécialisée dans les jeux d’argent et de hasard en ligne, partenaire de la FFF depuis 2021.
Jonathan Beaulieu, le milieu de terrain du promu, le Vendée FC La Roche-sur-Yon. Photo Vendée FC
Mais la route a été très longue pour en arriver là. Le National, créé en 1993 au moment où l’ancienne Division 2 (aujourd’hui Ligue 2) est passée de deux à une poule, et au moment où la Division 3 à six groupes est devenu le National 2 avec les réserves pros (CFA), s’est d’abord disputé à deux groupes avant, en 1997, de passer à un groupe unique à 20 clubs puis à 18 pendant trois décennies.
Le National était une compétition open, mais où les clubs pros devenaient de plus en plus nombreux au fil des ans, au point de devenir majoritaires lors de la saison 2024-25 (10 sur 17 !). Mais c’était aussi un championnat hybride, mal ficelé, entre clubs de statures différentes, ou se multipliaient les défaillances économiques. D’ailleurs les deux dernières éditions du National se sont jouées à 17 au lieu de 18. Il n’y a eu qu’un seul relégué en 2025 (Nîmes Olympique) et deux seulement cette année (le Stade Briochin et la Berrichonne de Châteauroux).
Bien sûr, les clubs auraient préféré un environnement plus favorable pour ce grand saut dans le monde pro. Ils rêvaient de droits TV en sensible hausse, mais dans un football en crise, on en est loin. Mais au moins la Ligue 3 existe enfin, alors, découvrons là !
Gabriel Santos, le nouveau coach de Quevilly Rouen, arrivé du SC Aubagne Air Bel. Photo QRM

LES 18 PARTICIPANTS

Amiens SC (Relégué L2), SC Aubagne Air Bel, SC Bastia (relégué L2), Football Bourg-en-Bresse / Péronnas 01, SM Caen, AS Cannes (promu de N2), US Concarneau, FC Fleury 91, Vendée FC La Roche-sur-Yon (promu de N2), Le Puy-en-Velay FC, US Orléans, Paris 13 Atletico, Quevilly Rouen Métropole, FC Rouen 1899, US Thionville Lusitanos (promu de N2), Valenciennes FC, FC Versailles 78, FC Villefranche-Beaujolais.

LA FORMULE

– Les deux premiers accéderont directement à la Ligue 2. Un système de barrage mettra aux prises le 3e du championnat contre 6e et le 4e contre le 5e sur un match sec, et les deux vainqueurs s’affronteront, sur un match sec à nouveau, pour avoir le droit de défier le 16e de Ligue 2 en match aller-retour. A l’issue de ces deux matchs (match retour sur le terrain de l’équipe supérieure hiérarchiquement), l’ultime billet pour la Ligue 2 sera délivré.
– Les trois derniers de Ligue 3 (16e, 17e, 18e) seront relégués en National 1 (ex-National 2).
Vincent Viot, le gardien de l’US Concarneau. Photo USC.

LA PROGRAMMATION / LIGUE 1+

Vous pouvez désormais profiter de vos soirées du vendredi ! Pour des raisons de programmation souhaitée par son nouveau diffuseur, Ligue 1+, on jouera le samedi à 14h45 avec le match phare avancé au jeudi 20h45. Cette programmation type ne débutera qu’avec la 4e journée car la Journée 1 aura lieu ce vendredi 7 août (à 20h45), la Journée 2 le vendredi 14 août (à 19h) et la Journée 3 le… jeudi 20 août (à 20h45), sans aucun match décalé.
Les premiers matches décalés au jeudi, eux, seront Caen-Bastia (27 août, J4), FC Rouen-Valenciennes (3 septembre, J5), Cannes-Amiens (10 septembre, J6), Bastia-Cannes (17 septembre, J7) et Caen-FC Rouen (24 septembre, J8). Au moment où nous écrivons ces lignes les matchs décalés des journées suivantes n’ont pas encore été déterminés.
A noter qu’il n’y aura aucun match décalé lors des deux dernières journées de championnat (J33 le vendredi 14 mai 2027 et J34 le 21 mai 2027). Les rencontres seront chacune diffusées en multiplex intégral sur Ligue 1+ , diffuseur exclusif de la Ligue 3 pour les trois prochaines saisons (309 rencontres, saison régulière + play-offs).
Plus d’infos sur le site de la FFF : cliquez ici
Le nouveau milieu de terrain du FC Versailles, Alexis Dos Santos, évoluait à Lusitanos / Saint-Maur la saison passée. Photo FC Versailles.

LA LICENCE CLUB

450 000. C’est, en Euros, le montant maximal de l’aide fédérale par club pour cette première saison de Ligue 3 (contre 180 000 euros en 2022-23 et 300 000 euros en 2025-2026). Il intègre une nouvelle politique d’aide aux déplacements pour l’ensemble des clubs d’un montant de 50 000 euros. Ce montant maximal sera atteint sous réserve du respect de critères renforcés dans le cadre de la Licence Club FFF, plus exigeante et destinée à améliorer les structures et les infrastructures des clubs, toujours dans un souci de professionnalisation. Calquée sur celle de la Ligue 2, mais plus allégée, la Licence Club délivre un certain nombre de points en fonction des tribunes, de la pelouse, de la politique RSE, de la sécurité, des espaces réservés, etc.
Voir les différents critères de la Licence Clubcliquez ici
Une aide inédite à la relégation pour les clubs qui descendent de de Ligue 3 en National 1 a également été mise en place : 60 000 euros pour la première saison ; 30 000 euros pour la deuxième saison (cette aide s’ajoutant aux montants perçus par les clubs de National 1).
Laurent Peyrelade, le nouvel entraîneur du SC Bastia. Photo SCB

LE « FOOTBALL VIDEO SUPPORT », L’INNOVATION

Cette nouvelle Ligue 3 va servir de laboratoire à une innovation majeure : le Football Vidéo Support. Il n’y aura pas d’arbitre vidéo, pas de VAR comme en Ligue 1, mais un système allégé qui permettra à chaque entraîneur de disposer de deux challenges par match pour solliciter l’assistance video sur une action entrant dans le champ d’application du protocole VAR. Cette technologie répond à une volonté d’innover en matière d’arbitrage. Sa mise en place est directement corrélée à l’intégration d’un quatrième arbitre.
Le joueur de l’US Thionville Lusitanos, Gauthier Laurens, arrive de Furiani Agliani en N2. Photo USTL.

CE QUI CHANGE VRAIMENT

La FFF voulait, avec l’arrivée de la Ligue 3, un championnat plus structuré, tout simplement plus professionnel. Ce qui l’a amené à changer certains critères qui n’évoluaient pas dans le désormais ancien championnat National. Voici les principales évolutions « juridiques », « techniques » et « administratives » !

Création d’une société commerciale : les clubs de Ligue 3 ont l’obligation de constituer une société commerciale (en National, certains fonctionnaient encore en association régie selon la loi 1901). 

Budgets, finances : pour éviter les dépôts de bilan de fin de saison comme c’est malheureusement souvent arrivé par le passé, des règles de régulation financière ont été édictées par la FFF, mais ne seront appliquées qu’à compter de la prochaine saison 2027-28. La masse salariale des clubs sera par rapport aux produits d’exploitation (ratio) sera progressivement plafonné (60 % puis 50 % et 40 % les saisons suivantes). Une « luxury tax » sera appliquée en cas de dépassement du ratio; cette taxe s’apparente à contribution de solidarité et sera redistribuée ensuite au reste du championnat.Enfin, les pertes nettes prévisionnelles non couvertes par des fonds propres devront faire l’objet d’un préfinancement dès le début de saison

– Feuilles de match : dorénavant, les coachs peuvent coucher 18 joueurs sur la feuille de match (11 titulaires et 7 remplaçants dont un gardien), au lieu de 16 jusqu’alors en National. Pour ce qui est des remplacements, ils sont toujours au nombre de 5 maximum, répartis en trois séquences. Attention, chaque joueur dispose de 10 secondes pour sortir du terrain lorsqu’il est remplacé, sous peine de sanction ! Quant aux joueurs blessés, ils devront, comme lors de la dernière coupe du Monde, patienter une minute en bord de touche avant de revenir sur le terrain !

– Dérogation. Elle existe encore cette saison pour les clubs évoluant sur un terrain en synthétique. Cette dérogation exceptionnelle d’une saison est accordée aux clubs qui évoluaient encore sur synthétique en 2025-2026. Ils ont jusqu’au 30 juin 2027 pour se mettre en conformité et basculer sur du gazon naturel (ou hybride).

– Repêchage : la date butoir du 17 juillet ? C’est terminé ! Jusqu’à présent, aucun repêchage en National n’était possible à compter de cette date. Désormais, en Ligue 3, en cas de place vacante ou de procédure de rétrogradation tardive, un repêchage est possible jusqu’à la veille de la première journée. Un championnat à 17 comme récemment en 2023 et en 2024 (c’est également arrivé dans un passé plus lointain) ne sera donc plus possible. 

– Contrat des joueurs : c’était le sujet le plus « touchy » de cette Ligue 3. Quid des avantages sociaux pour les joueurs pros ? En National, la majorité des joueurs avait un contrat fédéral. En Ligue 3, les clubs ont obligation d’obtenir un statut professionnel auprès de la FFF, ce qui permet aux joueurs de signer un contrat professionnel Ligue 3 (obligation pour un club d’avoir 16 joueurs sous contrat professionnel Ligue 3 à plein temps). En ce qui concerne le pécule de fin de carrière, qui existe en L1 et en L2 (*), et la couverture sociale, les joueurs bénéficieront d’une sécurité juridique accrue (maintien de salaire en cas d’arrêt de travail, cotisations de retraite et prévoyance alignées sur les standards professionnels). Ceci n’était possible que dans la mesure où tous les clubs passaient en société commerciale.

(*) Le pécule est un capital versé aux joueurs professionnels lorsqu’ils arrêtent leur carrière. Il fonctionne comme une caisse de prévoyance collective.

DES EFFECTIFS CHAMBOULÉS

Le troisième niveau national enregistre tous les étés des bouleversements d’effectifs, plus ou moins importants selon les cas, en général de 30% à 70%, voire plus ponctuellement. Une nouvelle règle a été mise en place, mais n’entrera en vigueur que la saison prochaine : les effectifs seront en effet limités à 20 joueurs sous contrat fédéral maximum par club, hors joueurs de moins de 21 ans et hors joueurs formés dans la Ligue régionale d’appartenance du club. Parmi les équipes attendues pour jouer le haut du tableau, il y a eu beaucoup plus de changements au FC Rouen où à Valenciennes qu’à Caen, Fleury ou Versailles. Il y a aussi un club où tout a été refait du sol au plafond, le FBBP 01 (Bourg en Bresse / Péronnas) :  nouvelle direction avec un nouveau président (Germain Targowski), nouvel entraîneur (Nicolas Rabuel, ex-Epinal en N2), une bonne vingtaine de nouveaux joueurs et une quinzaine de départs (voir la composition des effectifs des clubs plus bas).
Après huit saisons en Ligue 2 (et aussi une en Ligue 1), l’attaquant Malik Tchokounté redescend d’un étage et signe au FC Rouen. Photo Bernard Morvan / FC Rouen

DES BANCS (RELATIVEMENT) STABLES

On a connu des étés plus agités dans les staffs, comme en 2024 par exemple, avec un seul entraîneur de National sur la ligne de départ déjà présent un an plus tôt (Maxime d’Ornano, au FC Rouen) ! Cette fois, sept des dix huit entraîneurs étaient déjà là à l’entame de la saison dernière, en National : Régis Brouard (FC Rouen), Hervé Della Maggiore (Orléans), Jordan Gonzalez (Versailles), Stéphane Dief (Le Puy), Fabien Pujo (Villefranche), Julien François (Thionville) et Frédéric Reculeau (La Roche-sur-Yon).
Cinq arrivés en cours de saison poursuivent leur mission : Karim Masmoudi (Aubagne Air Bel), Mathieu Chabert (Cannes), Alain Pochat (Amiens), Gaël Clichy (Caen) et Pierre Blois (Valenciennes).
Karim Masmoudi était arrivé sur le banc d’Aubagne Air Bel en cours de saison l’an passé. Photo SC Aubagne Air Bel
Les coachs qui prennent place sur un nouveau banc sont au nombre de six : Gabriel Santos (QRM), Laurent Peyrelade (Bastia), Stéphane Rossi (Paris 13 Atletico), Nicolas Rabuel (Bourg), Maxime d’Ornano (Fleury) et Stéphane Moulin (Concarneau). Cinq sur ses six-là connaissent déjà la division : Gabriel Santos, Stéphane Rossi, Maxime d’Ornano et Stéphane Moulin étaient respectivement à la tête d’Aubagne, Concarneau, Caen et Valenciennes la saison passée. Laurent Peyrelade, lui, a déjà entraîné en National à Rodez et Versailles. Seul Nicolas Rabuel, arrivé d’Epinal, ne connaît pas la division : avec lui, Pierre Blois et Julien François, restés sur les bancs du VAFC et de l’US Thionville Lusitanos, effectueront leur bizutage à cet échelon !
Pierre Blois (32 ans) sera le plus jeune coach de Ligue 3 cette saison, talonné de près par Jordan Gonzalez (36 ans, FC Versailles).
Et si on vous dit « 352 » ? C’est le nombre de matchs dirigés en National par Alain Pochat (avant la J1 de ce vendredi 7 août). Des 18 coachs sur la ligne de départ, le natif d’Annecy mais Bayonnais d’adoption, aux commandes du relégué Amiens SC, où il était arrivé en mars dernier en Ligue 2, est celui qui a dirigé le plus de matchs à cet échelon. Il n’avait plus fréquenté la division depuis son passage au FBBP 01, lors de la saison 2022/23.
Alain Pochat n’est pas le seul coach à avoir « de la bouteille » dans cette nouvelle Ligue 3, qui accueille, quatre ans après, Frédéric Reculeau et ses 279 matchs avec Luçon, Les Herbiers et Avranches. Quelques « habitués » sont là aussi : le « doyen » de 62 ans Stéphane Rossi (289 matchs), Hervé Della Maggiore (252 matchs), Mathieu Chabert (191 matchs) et même Régis Brouard qui, s’il a surtout officié en Ligue 2, connaît bien la division, découverte avec Nîmes il y a plus de 20 ans (209 matchs de National).
A la tête de l’Amiens SC, où il était arrivé la saison passée en Ligue 2, Alain Pochat sera cette saison le coach le plus expérimenté de la division. Photo Amiens SC.

VILLEFRANCHE L’HABITUÉ

Dans une division qui a brassé beaucoup de clubs ces dernières années, le FC Villefranche-Beaujolais se distingue par sa permanence régulière à ce niveau, avec une neuvième saison consécutive ! On n’est pas encore sur la série record de Cannes (10 saisons d’affilée de 2001 à 2011), de Boulogne-sur-Mer (2014 à 2024) ou d’Avranches (2012 à 2022), mais ça se rapproche !
On vante à juste titre la pertinence de la stratégie économique et sportive des Caladois qui ont enchaîné le très bon (barragiste pour l’accession en L2 en 2021 et 2022) et les parcours du combattant : 12e la saison écoulée, 15e en 2025 et même un repêchage administratif en 2024 grâce aux malheurs des Chamois Niortais, exclus par la DNCG.
Le maintien semble encore l’objectif le plus raisonnable pour l’équipe de Fabien Pujo.
Au FC Villefranche-Beaujolais, l’attaquant Adama Diakité (ici lors de la saison 2024-25) effectue son retour ! Photo FCVB

LES FAVORIS

Mathieu Bodmer, le nouvel homme fort du Stade Malherbe du Caen de Kylian M’Bappé, estimait lundi dans une interview à L’Equipe qu’aucune hiérarchie ne ressortait réellement de ce championnat ouvert et dur à décrypter. Nous partageons l’analyse. Difficile néanmoins de ne pas placer son nouveau club parmi les favoris, même si la jeunesse du groupe de Gaël Clichy, impose la prudence. Mais un poids lourd comme le Stade Malherbe ne peut pas rester indéfiniment à ce niveau..
La Ligue 3 pourrait être très normande si le FC Rouen – barragiste malheureux pour la Ligue 2 en mai dernier contre Laval (1-1 et 0-1) – concrétise ses légitimes ambitions. Sinon, il faudra regarder vers les clubs qui sortent d’un beau parcours et ne sont pas passés loin des barrages la saison dernière : Fleury (4e), Versailles (5e) et Orléans (6e).
Au FC Fleury, Pascal Bovis, le président (à gauche) a engagé un nouvel entraîneur, Maxime d’Ornano. Photo FC Fleury.

A la ramasse après sa rétrogradation de Ligue 2 (10e) malgré un budget XXL, Valenciennes semble présenter cette saison beaucoup plus de garanties, avec un effectif mieux adapté au niveau et un jeune coach maison, Pierre Blois (32 ans), qui arrive de la formation.
Concarneau et Le Puy-en-Velay ont des profils de trouble-fête, mais la surprise pourrait venir d’un des trois promus, l’AS Cannes, qui a les moyens humains et financiers de ne pas traîner à ce niveau très longtemps avec un entraîneur (Mathieu Chabert) qui connaît ce championnat par cœur, et qui a déjà vécu trois montées en Ligue 2 avec Béziers (en 2018), le Sporting-club de Bastia (en 2021) et Dunkerque (en 2023). Mais « Il ne faut pas croire que Cannes c’est le PSG », a averti Chabert dimanche sur le site Lequipe.fr.
Amiens et Bastia, les relégués de Ligue 2 ? L’histoire récente souligne à quel point la transition a été compliquée pour leurs prédécesseurs (Concarneau, Caen, Valenciennes, QRM) qui ont beaucoup ramé l’année de leur descente. Mais l’Amiens SC d’Alain Pochat – spécialiste du niveau – a revu tout son logiciel et la reconstruction prometteuse a été confiée au jeune directeur sportif Lucas Clément, acteur majeur du renouveau de l’US Boulogne Côte d’Opale.

Les clubs souhaient la création d’un championnat harmonieux, homogène… Il est certain que, sur le plan sportif, le cru 2026-2027 n’a jamais semblé aussi homogène !

Le Paris 13 Atletico a misé sur l’expérience du défenseur Christophe Diedhiou. Photo Paris 13 At.

LES PROMUS

Ne serait-ce que par son histoire, l’AS Cannes n’est pas tout à fait un promu comme les autres. Et peu de ses rivaux de Ligue 3 ont à leur disposition un aussi bel effectif avec des joueurs qui ont connu l’élite (Julien Lopez, auteur d’une superbe reprise de volée contre l’AS Roma en amical, Sébastien Corchia, Cheikh Ndoye) et d’autres qui sont des références de la Troisième Division. Les deux autres promus arrivent de beaucoup plus loin. Issu d’une fusion entre deux clubs de R2 en 2021, l’US Thionville Lusitanos sort de quatre accessions en cinq ans et sa dynamique positive inspire confiance. Le club lorrain s’est adapté à tous les niveaux proposés autour d’un président, François Ventrici, et d’un coach Julien François, dont le bilan est remarquable : ce dernier, ancien joueur pro à Metz, au Havre, à Grenoble, à Tours et à Grenoble notamment, prendra place sur le banc mosellan pour la sixième saison de suite. Il devra aussi, tout comme son compère de Versailles Jordan Gonzalez, supporter la charge de travail supplémentaire eu égard à son admission à la formation du BEPF. Pour Thionville, le plus dur est à venir…
L’ex-attaquant de l’Aviron Bayonnais, Robin Legendre, porte désormais les couleurs de l’US Orléans. Photo USO Foot Loiret

À La Roche-sur-Yon, l’histoire du foot s’est longtemps articulée autour de deux clubs, le FC Yonnais et l’AEP Bourg-sous-la-Roche qui ont même connu la Division 2, à tour de rôle, en 1983 et en 1984, avant de fusionner en 1989 !
Aujourd’hui, le Vendée Football Club La-Roche-sur-Yon du président Christophe Chabot retrouve un niveau que la ville n’a plus connu depuis 2003. Son entraîneur, Frédéric Reculeau, arrivé en National 3 en 2022, ne débarque pas en L3 dans l’inconnu. Il a déjà coaché trois clubs en National (Luçon, Les Herbiers, Avranches) avec une marque de fabrique – la qualité de jeu – et beaucoup de joueurs de qualité qui pourraient en surprendre plus d’un.

Julien Lopez, qui sort de 9 saisons au Paris FC, dont 8 saisons pleines en Ligue 2, s’est engagé chez le promu Cannois. Photo AS Cannes.

LA LUTTE POUR LE MAINTIEN

Ce sera à nouveau l’objectif principal de deux des plus petits budgets du championnat, le SC Aubagne Air Bel et le Paris 13 Atletico qui entament leur troisième saison consécutive à ce niveau. Le club provençal, 6e en 2025, roi des bonnes pioches et dénicheur de talents, s’est même déjà mêlé aux meilleurs et pourrait encore surprendre. Les Parisiens restent sur deux places de 14e. Tout en ne quittant pas le XIIIe arrondissement, et la proximité du boulevard périphérique sud, ils vont changer de dimension en s’installant au stade Charléty, plus conforme au niveau, à la place du petit stade Pelé (ex-Boutroux) où aura quand même lieu le premier match, vendredi contre QRM. Un premier duel très important.
Quevilly Rouen Métropole, où l’historique président Michel Mallet n’est pas passé loin de céder le club cet été avant, finalement, de se raviser, s’est sauvé de justesse en mai. Les Normands vont encore très probablement lutter pour leur survie avec un nouveau coach, Gabriel Santos, loué pour son travail à Aubagne : le Portugais connaît bien le football français, où il a longtemps oeuvré dans l’ombre, comme adjoint en Ligue 2. Idem pour le FBBP01 (Bourg-en-Bresse / Péronnas) où Nicolas Rabuel, arrivé d’Epinal (N1), n’aura pas d’autre choix que de lancer beaucoup de néophytes de la division, souvent très jeunes.
Au FBBP01, on mise sur l’attaquant de Saint-Pryvé/Saint-Hilaire, Ikauar Mendes ! Il croisera la route de son club formateur, le FC Rouen. Photo FBBP01

LES PRINCIPALES DATES

– Journée 1 : vendredi 7 août 2026
– Journée 17 (fin des matches aller) : vendredi 23 janvier 2027
– Journée 34 (dernière journée) : vendredi 21 mai 2027
– Play-off d’accession (demi-finales, places 3 à 6) : mardi 25 mai 2027
– Play-off d’accession (finale) : vendredi 28 mai 2027
– Barrage d’accession Ligue 2 / Ligue 3 : match aller mardi 1er juin 2027 chez le club de L3 et match retour dimanche 6 juin 2027 chez le club de L2.
– Coupe de France : entrée en lice des clubs de Ligue 3 le 11 octobre au 5e tour
Après deux échecs en 2020 et en 2023, Le Puy-en-Velay FC (ici le gardien Mathis Carvalho) est enfin parvenu à se maintenir au 3e échelon, au terme d’une superbe saison. Photo Le Puy-en-Velay FC.

LA PREMIERE JOURNEE

Vendredi 7 août 2026 à 20h45 (multiplex sur Ligue 1+ avec prise d’antenne à 20h15)
  • FC Rouen – AS Cannes (Ligue 1+ canal 2)
  • SM Caen – Valenciennes FC (Ligue 1+ canal 3)
  • SC Bastia – Le Puy-en-Velay FC (Ligue 1+ canal 4)
  • VFC La Roche-sur-Yon – FC Versailles (Ligue 1+ canal 5)
  • US Concarneau – US Orléans LF (Ligue 1+ canal 6)
  • FC Fleury 91 – Amiens SC (Ligue 1+ canal 7)
  • Paris 13 Atletico – Quevilly Rouen Métropole (Ligue 1+ canal 8)
  • Football Bourg-Péronnas 01 – FC Villefranche Beaujolais (Ligue 1+ canal 9)
  • SC Aubagne Air-Bel – US Thionville Lusitanos (Ligue 1+ canal 10)
Le calendrier complet de la saison 2026-2027 : cliquez ici
Anthony Mandrea, le gardien du Stade Malherbe de Caen. Photo SMC

LES EFFECTIFS DES CLUBS (2026-2027)

  • Amiens SC
    Entraîneur Alain POCHAT

Arrivées : Marvin ADELAÏDE (Le Puy-en-Velay), Rémy BOISSIER (Valenciennes), Mathis COLIN (Haguenau), Enzo COUTO (Bourges), Victor DELINS (Pays de Cassel), Alvin DOUCET (Andrézieux-Bouthéon), Gatien FOLL (Angoulême), Côme FROMAGER (Lorient B), Alexis GIACOMINI (Bayonne), Nolan HÉRISSÉ (Mâcon), Ely JULIEN (Dinan/Léhon), Adrien JULLOUX (Nancy), Lucas LLORT (Angoulême), Keny MBALA (Vertou), Antoine NUSS (Haguenau), Calvin OBIN (Valenciennes B), Yannick PANDOR (Lens), Anthony RIBELIN (Le Mans), Dan SINATÉ (Angers), Zourab SOPROMADZE (Avranches)

Restent : Oscar AÏSSAT (M) Mamadou CAMARA (D) Messy MANITU (M) Thomas MONCONDUIT (M) Enzo SOMON (M), Cazim SULJIC (Nancy)

Départs : Daniel AKINLEYE (Bastia) Lou ALEXANDRE (Thaon-les-Vosges) Arvin APPIAH Teddy AVERLANT (Guingamp) Siaka BAKAYOKO (Caykur Rize, Turquie) Paul BERNARDONI (Teuta, Albanie) Josué CHIBOZO (Ponferradina, Espagne) Ibrahim Cheick Junior FOFANA (Westerlo, Belgique) Ilyes HAMACHE (Cambuur, Pays-Bas) Carraro INJAI (Torres Vedras, Portugal) Kylian KAÏBOUE (Iraklis Tessalonique, Grèce) Gaël KAKUTA (Arrêt) Yoan KORÉ (retour prêt Paris FC) Antoine LÉAUTEY (retour prêt Reims) Aboubacar LÔ (Laval) Victor LOBRY (Sochaux) Coleen LOUIS (Bâle, Suisse) Rayan LUTIN Jan MLAKAR (Maribor, Slovénie) Joseph NDUQUIDI (retour prêt Metz) Samuel NTAMACK (Piast Gliwice, Pologne) Peterson PAUL (Furiani/Agliani) Jérôme ROUSSILLON Ibou SANÉ (retour prêt Metz) Alexis SAUVAGE (Reims) Alvero SKELLY (retour prêt Werder Brême, Allemagne).

Autres départs ? Ilies ABDELKRIM (M) Foly AMEGATSE (D) Amine CHABANE (D) Ilan DAF (M) Corneille DIARRASSOUBA (D) Nordine KANDIL (M) Louis MOUSSIER (A) Yanis RAFII (A) Nathan TALBOT (D) Aly TRAORÉ (A)

L’effectif :

– Gardiens : Victor DELINS (N°1), Calvin OBIN (N°16),Yannick PANDOR (N°40)

– Défenseurs : Adrien JULLOUX (N°2), Keny MBALA (N°4), Anthony RIBELIN (N°12), Enzo COUTO (N°14), Antoine NUSS (N°19), Lucas LLORT (N°20), Dan SINATÉ (N°27), Mamadou CAMARA (N°29)

– Milieux : Thomas MONCONDUIT (N°5), Gatien FOLL (N°6), Oscar AÏSSAT (N°7), Cazim SULJIC (N°8), Zourab SOPROMADZE (N°10), Côme FROMAGER (N°11), Alexis GIACOMINI (N°17), Messy MANITU (N°18), Rémy BOISSIER (N°22), Nolan HÉRISSÉ (N°23), Enzo SOMON (N°24)

– Attaquants : Marvin ADELAÏDE (N°9), Mathis COLIN (N°15), Alvin DOUCET (N°21), Ely JULIEN (N°28)

  • SC Aubagne Air Bel
    Entraîneur Karim MASMOUDI

Arrivées : Malik AHAMADI (Marseille B), Bilal BENOSMANE (Vierzon), Walid BOUAZIZ (UF Touraine), Karim CISSÉ (Saint-Étienne), Rayane DOUCOURÉ (Red Star), Brahima DOUKANSY (Petrolu Ploiesti, Roumanie), Axel EZAN (Mamer, Luxembourg), Adame FAIZ (Lille B), Sabri HATTAB (Rumilly/Vallières), Aymen SADI (Toulouse), Jebryl SAHRAOUI (Saint-Étienne), Issiaka TOURÉ (Saint-Etienne B), Ritchy VALMÉ (Monaco B), Yohan ZEMOURA (Versailles), Bryan DABO (sans club), Anisse BEL Brahim (Saint-Quentin)

Restent : Soiyir AHAMADA (M) Moustakim ASSOUMANI (D) Jordan GIL (G) Tiago MOREIRA VICENTE (G) Mohamed NEHARI (D) Adam OUDJANI (M) Nohan PARMENTIER (M) Adem TAFNI (A) Bilel TAFNI (A)

Départs : Hadi BENTEBBAL (RFCU Luxembourg, Luxembourg) Mokrane BENTOUMI (retour prêt Le Havre) Djamal Eddine BERRABHA (Aïn Témouchent, Algérie) Kalil BOUALI Sofiane BOUDRAA Nohim CHIBANI (Saint-Gilles, Belgique) Ilan CURIUS (Cavigal Nice U19) Raimane DAOU (Concarneau) Mathieu DIABY (Quevilly/Rouen) Souleymane DOUKARA Billal EL KADDOURI El Omar FARDI (Montredon Bonneveine Marseille) Mohamed HAMEK (Sétif, Algérie) Nasuir Dine HAMIDOU (Istres) Kylian MADI (Auxerre B) Enzo MAYILLA (retour prêt Saint-Étienne) Kassim M’DAHOMA Ronny Ulrich Jordan MIMB BAHENG (Pau) Abdallah MOHAMED ABDALLAH (Velez Mostar, Bosnie-Herzégovine) El Asrar MOHAMED Ousseynou NDIAYE Matthias NOUICHI Christopher ROCCHIA (Valenciennes) Karim TLILI (Nîmes)

L’effectif :

– Gardiens : Issiaka TOURÉ (N°1), Tiago MOREIRA VICENTE (N°16), Jordan GIL (N°30)

– Défenseurs : Aymen SADI (N°2), Axel EZAN (N°3), Ritchy VALMÉ (N°4), Rayane DOUCOURÉ (N°5), Mohamed NEHARI (N°26), Moustakim ASSOUMANI (?), Anisse BEL Brahim (?)

– Milieux : Karim CISSÉ (N°10), Bryan DABO (N°14), Adam OUDJANI (N°18), Malik AHAMADI (N°21), Walid BOUAZIZ (N°22),Soiyir AHAMADA (N°24), Jebryl SAHRAOUI (N°27), Bilal BENOSMANE (N°28), Nohan PARMENTIER (N°33), Brahima DOUKANSY

– Attaquants : Adem TAFNI (N°6), Sabri HATTAB (N°7),Yohan ZEMOURA (N°9), Bilel TAFNI (N°11), Adame FAIZ (N°37)

  • SC Bastia
    Entraîneur Laurent PEYRELADE

Arrivées : Daniel AKINLEYE (Amiens), Lakhdar BELAL (Blois), Mohamed Amine BOUMAAOUI (Bourg-en-Bresse/Péronnas retour prêt), Théo DE PERCIN (Auxerre), Erawan GARNIER (Lens), Isaac MONNIER (Lorient), Lucas PAUSÉ (Metz B), Clément RODRIGUES (Le Puy-en-Velay)

Restent : Gustave AKUESON (D) Yahya BATHILY (M) Ruben BELIANDJOU (A) Maxime BLÉ (A) Sacha CONTENA (G) David DJÉDJÉ (D) Joachim EICKMAYER (M) Josselin JANNEH (M) Tom MEYNADIER (D) Mattéo PETRIGNANI (M) Anthony RONCAGLIA (D) Jérémy SEBAS (A) Félix TOMI (A) Alexandre ZAOUAI (M) Noah ZILLIOX (D)

Intègrent l’effectif : Dramane DIARRA (M) Nassim DOUCE BOUMAZA (D) Cheik FOFANA (G) Daouda TAMBA (A)

Départs : Zakaria ARISS (Caykur Rize, Turquie) Donovan BASSET (Saint-Brieuc) Florian BOHNERT (Hansa Rostock, Allemagne) Amine BOUTRAH (Bursa, Turquie) Tom DUCROCQ (Guingamp) Julien FABRI (Furiani/Agliani) Juan José GUEVARRA POSSU (Leon, Espagne) Dominique GUIDI Issiaka KARAMOKO Victor LEBAS SILVA (Bourg-en-Bresse/Péronnas) Mehdi MERGHEM (Dundee United, Écosse) Lisandru OLMETA (Torres Vedras, Portugal) Nicolas PARRAVICINI Johnny PLACIDE (Arrêt) Christophe VINCENT (Furiani/Agliani)

L’effectif :

– Gardiens : Sacha CONTENA, Théo DE PERCIN, Cheik FOFANA, Lucas PAUSÉ

– Défenseurs : Gustave AKUESON, David DJÉDJÉ, Nassim DOUCE BOUMAZA, Tom MEYNADIER, Isaac MONNIER , Anthony RONCAGLIA, Noah ZILLIOX

– Milieux : Yahya BATHILY, Lakhdar BELAL, Dramane DIARRA, Joachim EICKMAYER, Josselin JANNEH, Mattéo PETRIGNANI, Alexandre ZAOUAI

– Attaquants : Daniel AKINLEYE, Ruben BELIANDJOU, Maxime BLÉ, Mohamed Amine BOUMAAOUI, Erawan GARNIER, Clément RODRIGUES, Jérémy SEBAS, Daouda TAMBA, Félix TOMI

  • Football Bourg-en-Bresse Péronnas 01
    Entraîneur Nicolas RABUEL

Arrivées : Esteban ALBERTO (Nîmes), Grégory COELHO (Blois), Noah DÉDÉ-LHOMME (Laval B), Adam DIHAD (Istres), Mounir EL HAJJAMI (Borgo), Mahmoud ELWAKIL (Dinan/Léhon), Tom FRAYSSINOUS (Beauvais) Aness GHARBI (Fos-sur-Mer), Tom GOMES (Pau) Amine GROUNE (Sarrebruck, Allemagne), Youssouf KANOUTÉ (Quevilly/Rouen), Alvin KRIZOUA (Beauvais), Victor LEBAS SILVA (Bastia), Ikauar MENDES (Saint-Pryvé/Saint-Hilaire), Lenny MONFORT (Dijon), Exauce MPEMBÉLÉ BOULA (Paris 13), Onesime MUEPU NGOIE (Bordeaux B), Pierre POPP (Chalon-sur-Saône), Aymen SABRI (Orléans B), Rayan SOUICI (Fujairah SC, Emirats Arabes Unis), Mathéo TYBURN (Oissel)

Restent : Yassine ABRAOU (M) Elhadj Mohamed KEITA (A) Quentin LACOUR (D) Arthur MAZUY (G) Romain MURO (D) Mouhamed Kara SEYE (G)

Départs : Destin BANZOUZI Benjamin BESIC (Boulogne-sur-Mer) Teddy BOULHENDI (retour prêt Nice) Mohamed Amine BOUMAAOUI (retour prêt Bastia) Mathéo BODMER (retour prêt Le Havre) Sidi CISSÉ (retour prêt Nancy) Mamadou CONTÉ Arsène Jonathan DO MARCOLINO ROGOMBE (retour prêt Rennes) Francis KEMBOLO LUYÉLÉ Cheikh Ahmed Tidiane KOITÉ (Anderlecht, Belgique) Roman LASPALLES (Villefranche-sur-Saône) Andy LOGBO (retour prêt Le Havre) Mamadou MAGASSOUBA (Limonest/Dardilly/Saint-Didier) Jules MEYER (CSKA 1948 Sofia, Bulgarie) Naïm MOUADDEB Andy PEMBÉLÉ Rayan SLIMANI Mohamed SYLLA Beimarse TANKIEV (Bayonne) Saikou TOURAY (Kuopio, Finlande) Nathan VITRÉ

L’effectif :

– Gardiens : Lenny MONFORT (N°1), Arthur MAZUY (N°16), Mouhamed Kara SEYE (N°30), Pierre POPP (N°40)

– Défenseurs : Adam DIHAD (N°4), Quentin LACOUR (N°5), Grégory COELHO (N°12), Victor LEBAS SILVA (N°17), Youssouf KANOUTÉ (N°18), Esteban ALBERTO (N°21), Aymen SABRI (N°25), Romain MURO (N°27), Noah DÉDÉ-LHOMME (N°29)

– Milieux : Rayan SOUICI (N°6), Onesime MUEPU NGOIE (N°7), Tom FRAYSSINOUS (N°8), Yassine ABRAOU (N°11), Alvin KRIZOUA (N°14), Mathéo TYBURN (N°19), Tom GOMES (N°22), Mounir EL HAJJAMI (N°23)

– Attaquants : Ikauar MENDES (N°9), Mahmoud ELWAKIL (N°10), Elhadj Mohamed KEITA (N°20), Exauce MPEMBÉLÉ BOULA (N°24), Amine GROUNE (N°26), Aness GHARBI (N°28)

  • SM Caen Calvados BN
    Entraîneur Gaël CLICHY

Arrivées : Dennis APPIAH (Saint-Étienne), Nazim BABAÏ (Monaco B), Freddy BOMO (Bellinzone, Suisse), Mohamed-Amine EL IDRISSI (Paris Saint-Germain B), Fahd EL KHOUMISTI (Orléans), Sach M’BAKA (Poitiers), Nassim TITEBAH (Rouen)
Restent Zoumana BAGBEMA (M) Diabé BOLUMBU (D) Ivann BOTELLA (A) Yannis CLEMENTIA (G) Belkacem DALI AMAR (M) Salim DIAKITÉ KABA (A) Maxime ETUIN (D) Armand GNANDUILLET (A) Mohamed HAFID (A) Diabé KANOUTÉ (M) Josué KIMBOMA KIZITO (M) Anthony MANDRÉA (G) Parfait MANDANDA (G) Léo MILLINER (M) Samuel NOIREAU-DAURIAT (A) Keelyan PORTUT (A) Mathis ROMDER (D) Gabin TOMÉ (M)

Intègrent l’effectif : Ryan TUTU MAYANGILA (G) Hugo LAMOULIATTE (D)

Départs : Diéudonné Gaucho DEBOHI (Rakow Czestochowa, Pologne) Adama DIAKITÉ (Villefranche-sur-Saône) Alexandre DUVILLE-PARSEMAIN (Moreirense Guimaraes, Portugal) Vinicius GOMES (Le Puy-en-Velay) Valentin HENRY (Plougonvelin) Ronny LABONNE (Steaua Bucarest, Roumanie) Okpo Katcho Guy Williams MAZIÉ (Bravo Ljubljana, Slovénie) Leandro MORANTE (Cannes) Yann Gérard M’VILA (Arrêt) Lorenzo RAJOT (Pau) Souleymane SAGNAN (retour prêt Lens)

L’effectif :

– Gardiens : Anthony MANDRÉA (N°1), Yannis CLEMENTIA (N°13), Parfait MANDANDA (N°30), Ryan TUTU MAYANGILA (N°40)

– Défenseurs : Nassim TITEBAH (N°2), Diabé BOLUMBU (N°3), Sacha M’BAKA (N°4), Dennis APPIAH (N°12), Nazim BABAÏ (N°13), Hugo LAMOULIATTE (N°19), Maxime ETUIN (N°26)

– Milieux : Belkacem DALI AMAR (N°5), Josué KIMBOMA KIZITO (N°6), Freddy BOMO (N°18), Gabin TOMÉ (N°21), Léo MILLINER (N°24), Zoumana BAGBEMA (N°25), Mohamed-Amine EL IDRISSI (N°27)

– Attaquants : Samuel NOIREAU-DAURIAT (N°8), Fahd EL KHOUMISTI (N°9), Ivann BOTELLA (N°10), Armand GNANDUILLET (N°11), Keelyan PORTUT (N°20), Mohamed HAFID (N°22), Salim DIAKITÉ KABA (N°29)

  • AS Cannes
    Entraîneur Mathieu CHABERT

Arrivées : Quentin BEUNARDEAU (Red Star), Samuel DIÉ (Lens B), Yanis HADJEM (Boussu-Bois, Belgique), Loup HERVIEU (Fleury-Mérogis), Alan KÉROUÉDAN (Rouen), Julien LOPEZ (Paris FC), Ahmed MAJID (Angoulême), Cédric MAKUTUNGU (Annecy), Leandro MORANTE (Caen)

Restent : Houssen ABDERRAHMANE (D) Maxime BLANC (M) Enzo CAUMONT (M) Sébastien CORCHIA (D) Aboubaka DOSSO (G) Raphaël GERBEAUD (A) Cédric GONCALVES DE FREITAS (A) George MORGAN (A) Loup-Diwan GUEHO (D) Almike MOUSSA NDIAYE (M) Cheikh NDOYE (M) Malhory NOC (A) Brice OGGAD (A) Grégoire PINEAU (D) Jonas SMITH (D) Fabio VANNI (G)

Intègrent l’effectif : Jihed FERCHICHI (A) Ange TAOU (M) Maël TRAN-VAN (D) Logan VARELA (D)

Départs : Chafik ABBAS (Almelo, Pays-Bas) Jérémy AYMES (Arrêt) Sory DOUMBOUYA (Nîmes) Joris GOUACHE Hamza HAFIDI Jonathan MAMBU KIMVUIDI (Chasselay GOAL FC) Ryan SYLVA (Andrézieux-Bouthéon)

L’effectif :

– Gardiens : Quentin BEUNARDEAU (N°1), Fabion VANNI (N°30), Aboubaka DOSSO (N°50)

– Défenseurs : Cédric MAKUTUNGU (N°3), Grégoire PINEAU (N°5), Sébastien CORCHIA (N°12), Loup-Diwan GUEHO (N°17), Jonas SMITH (N°19), Leandro MORANTE (N°24), Houssen ABDERRAHMANE (N°27), Yanis HADJEM (N°28), Maël TRAN-VAN (N°33), Logan VARELA (N°37)

– Milieux : Loup HERVIEU (N°4), Enzo CAUMONT (N°8), Maxime BLANC (N°10), Cheikh NDOYE (N°15), Ahmed MAJID (N°18), Julien LOPEZ (N°20), Almike MOUSSA NDIAYE (N°25), Ange TAOU (N°36)

– Attaquants : Cédric GONCALVES DE FREITA (N°6), Malhory NOC (N°7), George MORGAN (N°9), Alan KÉROUÉDAN (N°11), Raphaël GERBEAUD (N°23), Brice OGGAD (N°26), Samuel DIÉ (N°29), Jihed FERCHICHI (N°35)

  • US Concarneau
    Entraîneur Stéphane MOULIN

Arrivées : Demba YATTARA (Tubize Braine-le-Comte / BEL), Kaïs BENABDELOUAHED (Bobigny/Bagnolet/Gagny), Raimane DAOU (Aubagne/Air Bel), Charles DIVIALLE-CORBIÈRE (Helsingor, Danemark), Stan JANNO (Saint-Brieuc), Grégory LAFONTAINE (Furiani/Agliani), Baptiste MACON (Lorient B), Lucas ROSIER (Rennes B), Aly SIDIBÉ (Troyes B)

Restent : Valentin CENTATIEMPO (G) Omar DAF (A) Flavio DA SILVA (A) Baptiste ETCHEVERRIA (D) Garland GBELLÉ (M) Loïc GOUJON (M) Jimmy HALBY-TOURÉ (D) Glenn HOCQUET (M) Sacha INQUEL (D) Nicolas MERCIER (M) Mathéo NTUMI (A) Pierre PATRON (G) Mathis PICOULEAU (M) Djessine SEBA (D) Thibault SINQUIN (M) Jules VARVAT (A) Vincent VIOT (G)

Intègre l’effectif : Youssef BEN MAHMOUD (M)

Départs : Sohan BALDONI (Debrecen, Hongrie) Rudy BOULAIS Noa EGRET (Pontivy Stade) Guillaume JANNEZ (Locminé) Pierre JOUAN (Bayonne) Amédé KABONGO Amadou SEYDI Youssouf SOUKOUNA (First Vienna, Autriche) Gauthier SYLVESTRE (Bondues) Jordan TELL (Gifu, Japon), Amadou SEYDI (Skënderbeu Korçë / Albanie).

L’effectif :

– Gardiens : Vincent VIOT (N°1), Valentin CENTATIEMPO (N°16), Pierre PATRON (N°40)

– Défenseurs : Kaïs BENABDELOUAHED (N°2), Sacha INQUEL (N°3), Baptiste ETCHEVERRIA (N°5), Djessine SEBA (N°6), Charles DIVIALLE-CORBIÈRE (N°24), Grégory LAFONTAINE (N°25), Jimmy HALBY-TOURÉ (N°27), Demba YATTARA (N°?).

– Milieux : Mathis PICOULEAU (N°8), Garland GBELLÉ (N°10), Nicolas MERCIER (N°11), Youssef BEN MAHMOUD (N°21), Baptiste MACON (N°22), Loïc GOUJON (N°23), Thibault SINQUIN (N°26), Glenn HOCQUET (N°28), Raimane DAOU (N°29)

– Attaquants : Jules VARVAT (N°7), Stan JANNO (N°9), Lucas ROSIER (N°14), Aly SIDIBÉ (N°17), Flavio DA SILVA (N°18), Omar DAF (N°19), Mathéo NTUMI (N°20)

  • FC Fleury 91
    Entraîneur Maxime D’ORNANO

Arrivées : Souleymane ANNE (Al-Kharitiyat, Qatar), Amine BOUKEMOUCHE (Lens B), Heraba GASSAMA (Nantes B), Ali ROUBA (Mulhouse), Titouan THOMAS (Laval), Yannis VERDIER (Châteauroux)

Restent : Gaël ALETTE (G) Franck ANGONG EBOLO (M) Clément BADIN (M) Marvyn BELLIARD (A) Freddy COLOMBO (D) Kevin FARADE (A) Nadir HOMSSA (M) Morgan Blaise JEAN-PIERRE (D) Hamadou KARAMOKO (D) Valentin LAVIGNE (A) Grégoire LEFEBVRE (M) Romain LELEVÉ (M) Yoann LE MÉHAUTÉ (M) Antoine PETIT (G) Thomas PLISSON (D) Jonathan RIVAS MAROUANI (A) Jovanie TCHOUATCHA (D) Quentin VOGT (D)

Intègrent l’effectif : Kylian CAILLE (A) Ababacar THIAM (D)

Départs : Hugo AUBOURG (Orléans) Enzo BOVIS (Arrêt) Khalil GANNOUN (Chambly) Loup HERVIEU (Cannes) Judicaël KIKANDU MAKENGO Stéphane LAMBESE Baptiste LECLERC Paul America Jawa MARA Trey Ethan VIMALIN

L’effectif :

– Gardiens : Antoine PETIT (N°1), Amine BOUKEMOUCHE (N°16), Gaël ALETTE (N°40)

– Défenseurs : Freddy COLOMBO (N°2), PLISSON Thibaut (N°3), Quentin VOGT (N°4), Ababacar THIAM (N°5), Jovanie TCHOUATCHA (N°21), Morgan Blaise JEAN-PIERRE (N°25), Hamadou KARAMOKO (N°26), Heraba GASSAMA (N°27), Ali ROUBA (N°29)

– Milieux : Grégoire LEFEBVRE (N°6), Romain LELEVÉ (N°8), Yoann LE MÉHAUTÉ (N°10), Titouan THOMAS (N°12), Franck ANGONG EBOLO (N°15), Clément BADIN (N°22), Nadir HOMSSA (N°28)

– Attaquants : Yannis VERDIER (N°7), Souleymane ANNE (N°9), Jonathan RIVAS MAROUANI (N°11), Kylian CAILLE (N°13), Marvyn BELLIARD (N°14), Valentin LAVIGNE (N°17), Kevin FARADE (N°19)

  • Vendée FC La Roche-sur-Yon
    Entraîneur Frédéric RECULEAU

Arrivées : Cheick Djibril BANGOURA (Saint-Malo), Yohan BARET (Chambly), Kamil BENSOULA (TFC Dubaï, Émirats Arabes Unis), Ruben EVORA MONIZ (Challans), Eden GASSAMA (Guingamp), Antoine NAKKACHI (Les Sables-d’Olonne), Mattéo RABUEL (Saint-Brieuc), Mansour SAMB (Horsens, Danemark), Matthieu VILLETTE (Bordeaux)

Restent : Imbadillahi AHAMADA (G) Thomas ALLEMAND (D) Alexis ARAUJO (A) Jonathan BEAULIEU (M) Jean-Charles BEHLOW (D) Nino BONI (A) Sofiane CHOUBANI (M) Matthieu JACOB (D) Moïse MAHOP (D) Evan MOREL (M) Momar N’DIAYE (M) Jules RAUX (G) Tom RENAUDINEAU (M) Gatien VIOLLEAU (M) Matys VRIGNON (M)

Intègrent l’effectif : Mathéo BARBOTEAU (A) Shaim DEKKICHE (M) Lilian MARTINET (A)

Départs : Jason BUAILLON (GFC Ajaccio) Aymeric FAURAND-TOURNAIRE (retour prêt Laval) Ibrahima KEITA (Neuchâtel Xamax, Suisse) Sidi KEITA (Les Herbiers) Aristide MATETA (Saint-Brieuc) Clarck NSIKULU Jean SCHMIDT (Les Sables-d’Olonne) Enzo VALENTIM (UF Touraine)

L’effectif :

– Gardiens : Imbadillahi AHAMADA (N°1), Jules RAUX (N°16), Antoine NAKKACHI (N°30)

– Défenseurs : Moïse MAHOP (N°2), Jean-Charles BEHLOW (N°4), Thomas ALLEMAND (N°5), Yohan BARET (N°14), Matthieu JACOB (N°15),  Mattéo RABUEL (N°18), Eden GASSAMA (N°21)

– Milieux : Kamil BENSOULA (N°8), Momar N’DIAYE (N°10), Matys VRIGNON (N°17), Evan MOREL (N°22), Sofiane CHOUBANI (N°23), Jonathan BEAULIEU (N°26), Tom RENAUDINEAU (N°28), Gatien VIOLLEAU (N°29), Shaim DEKKICHE (N°35)

– Attaquants : Mansour SAMB (N°9), Cheick Djibril BANGOURA (N°13), Matthieu VILLETTE (N°19), Alexis ARAUJO (N°20), Ruben EVORA MONIZ (N°25), Nino BONI (N°33), Mathéo BARBOTEAU (N°34), Lilian MARTINET (N°36)

  • Le Puy-en-Velay FC
    Entraîneur Stéphane DIEF

Arrivées : Lilian BARET (Lille B), Florian BOULET (Boulogne-sur-Mer), Ismaïl CISSÉ (Bayonne), Mahamadou DEMBÉLÉ (Dinamo Samarqand, Ouzbékistan), Ilan DUCOURTIOUX (Lens B), Marvin EMMANUEL (Racing CF), Anis FATAHINE (Paris FC B), Michaël FATY (Saint-Brieuc), Vinicius GOMES (Caen), Saki KOUASSI (Boulogne-sur-Mer), Raouf MROIVILI (Villefranche-sur-Saône), Théo RAMOUSSE (Clermont-Ferrand B), Wesley Gbalou ZAHIBO (Orléans)

Restent : Matis CARVALHO (G)Thomas GHALEM (D) Antoine GAUTHIER (M) Josselin GROMAT (M) Julien JACQUAT (A) Mathis MAZAUDIER (A) Plamedi NSINGI MBALA (A) Edson SEIDOU (D) Renald XHEMO (M)

Départs : Marvin ADELAÏDE (Amiens) Salim AKKAL (Setif, Algérie) Ismaïl BOULEGHCHA (Dijon) Axel DARNAUD (Alès) Yann DIEBOLD (Créteil) Cheick DOUMBIA (retour prêt Rodez) Hermann ESMEL (Laval) Moussa FATY (Dijon) Jules GUETTE (Saint-Priest) Jullian LASSABLIÈRE (Sucs et Lignon Yssingeaux) Yanis MARONNE (Sedan) Idris MOHAMED (Metz) Clément RODRIGUES (Bastia retour prêt) Abdelnour SOUALHIA (Telstar Velsen, Pays-Bas) Maël ZOGBA (Valenciennes)

L’effectif :

– Gardiens : Matis CARVALHO (N°1), Théo RAMOUSSE (N°30)

– Défenseurs : Vinicius GOMES (N°2), Edson SEIDOU (N°3), Ismaïl CISSÉ (N°4), Mahamadou DEMBÉLÉ (N°5), Wesley Gbalou ZAHIBO (N°6), Saki KOUASSI (N°7), Anis FATAHINE (N°13), Thomas GHALEM (N°19)

– Milieux : Raouf MROIVILI (N°8), Renald XHEMO (N°10), Antoine GAUTHIER (N°18), Lilian BARET (N°21), Josselin GROMAT (N°23), Ilan DUCOURTIOUX (N°27)

– Attaquants : Mickaël FATY (N°9), Marvin EMMANUEL (N°11), Mathis MAZUDIER (N°14), Plamedi NSINGI MBALA (N°17), Florian BOULET (N°20), Julien JACQUAT (N°29)

  • US Orléans Loiret Foot
    Entraîneur Hervé DELLA MAGGIORE

Arrivées : Hugo AUBOURG (Fleury-Mérogis), Enzo BALENGA (Bourgoin-Jallieu), Ylian BAPTISTE (Romorantin-Lanthenay), Boubacar DIAKHABY (Saint-Brieuc), Mathéo GUIHENEUF (Chauray), Mondy PRUNIER (Boussu-Bois, Belgique), Lilian RAILLOT (Paris 13), Stéphan MOUSSIMA NGOH (Belfort), Idrissa SEYDI (Rouen)

Restent : Youness AOULADZIAN (M) Ange BAILLY (D) Grégory BERTHIER (M) Mamadou DIABY (D) Mamadou DIAKO (M) Noory ELAZOUZI (M) Fei-Hong FAHAM (G) Jimmy GIRAUDON (D) Guillaume KHOUS (M) Robin LEGENDRE (A) Marius LEMAÎTRE (D) Johann OBIANG (D) Sidney OBISSA (D) Adham RIBEIRO (A) Cameron ZEKOU (D)

Départs : Pape Ibnou BA Marvin BAUDRY Celal BOZKURT (Trabzon 1461, Turquie) Arsène COUREL (Saint-Maur-des-Fossés Lusitanos) Florent DA SILVA (Guingamp) Fahd EL KHOUMISTI (Caen) Kouroufiat KÉBÉ (Nancy) Mohamed KEITA Steven LUYAMBULA BIWA (Rodez) Jordan MOREL (Dunkerque) Esteban MOUTON (Laval) Warren NGAKO NGAHA Wesley Gbalou ZAHIBO (Le Puy-en-Velay)

L’effectif :

– Gardiens : Fei-Hong FAHAM (N°1), Stéphan MOUSSIMA NGOH (N°30)

– Défenseurs : Enzo BALENGA (N°4), Mamadou DIABY (N°5), Hugo AUBOURG (N°6), Jimmy GIRAUDON (N°8), Boubacar DIAKHABY (N°17), Ange BAILLY (N°20), Sidney OBISSA (N°24), Marius LEMAÎTRE (N°28), Johann OBIANG (N°29), Cameron ZEKOU (N°33)

– Milieux : Mamadou DIAKO (N°7), Guillaume KHOUS (N°10), Grégory BERTHIER (N°12), Youness AOULADZIAN (N°14), Noory ELAZOUZI (N°15), Lilian RAILLOT (N°21)

– Attaquants : Mondy PRUNIER (N°9), Robin LEGENDRE (N°19), Idrissa SEYDI (N°25), Adham RIBEIRO (N°26), Ylian BAPTISTE (N°31)

  • Paris 13 Atletico
    Entraîneur Stéphane ROSSI

Arrivées : Omar BEZZEKHAMI (Rouen), Fodié CAMARA (Racing CF), Hady CAMARA (Seraing, Belgique), Ibrahim CAMARA (Racing CF), Christophe DIEDHIOU (Lusitanos Saint-Maur), Enzo-Noël DODÉ (Sochaux), Matthéo GUENDEZ (Nancy), Mamadou KÉBÉ (Grasse), Ibrahim KONÉ (Saint-Maur-des-Fossés Lusitanos), Inza KONÉ (Colombus Crew B, USA), Jésah MABEPA AYESSA ONDZE (Sans Club), Étienne MICHUT (Rio Ave, Portugal), Stacy MISIATU NZUMBI (Bobigny/Bagnolet/Gagny), Qays SALHI (Sans Club), Aboubacar SIDIBÉ (Sochaux), Axel TEMPERTON (Rouen), Bonota TRAORÉ (Quevilly/Rouen)

Restent : Abdelmalek AMARA (A) Sacha BERNARD (G) Nicolas BERNARDINO GODIER (D) Noa DONAT (M) Leny MARTHE (M) Mohamed OUADAH (M) Jordan POHA (D) / Équipe B Thomas MAURIN BOURDIL (D)

Départs : Abdourahmane BARRY (Versailles) Cheikhou CISSÉ Moustapha DABO (retour prêt Nantes B) Ottman DADOUNE (Chasselay GOAL FC) Moussa DIARRA (Saint-Maur-des-Fossés Lusitanos) Ousmane DRAMÉ Bruno ECUÉLÉ MANGA Yannick ETILÉ (Chambly) Marvin GAKPA (Rouen) Mel LASME Loïs MARTINS (Avranches) Bilal MEROUGA Damien MESPLÉ (Saint-Maur-des-Fossés Lusitanos) Exauce MPEMBÉLÉ BOULA (Bourg-en-Bresse/Péronans) Tiago OLIVEIRA CASTRO (Santa-Maria de Feira, Portugal) Ambroise OYONGO BITOLO Lilian RAILLOT (Orléans) Soumaïla SANGARÉ Oumar SIDIBÉ Moussa Germain SANOU Cheick Omar TRAORÉ Lucas VALÉRI (Saint-Maur-des-Fossés Lusitanos)

L’effectif :

– Gardiens : Sacha BERNARD (N°16), Axel TEMPERTON (N°30),Mahmoud SYLLA (N°40)

– Défenseurs : Hady CAMARA (N°2), Christophe DIEDHIOU (N°4), Jordan POHA (N°5), Enzo-Noël DODÉ (N°18), Jésah MABEPA AYESSA ONDZE (N°20), Nicolas BERNARDINO GODIER (N°24), Stacy MISIATU NZUMBI (N°26), Qays SALHI (N°28)

– Milieux : Ibrahim CAMARA (N°6), Mohamed OUADAH (N°7), Omar BEZZEKHAMI (N°8), Matthéo GUENDEZ (N°21), Étienne MICHUT (N°22), Fodié CAMARA (N°27), Noa DONAT (N°29)

– Attaquants : Bonota TRAORÉ (N°9), Abdelmalek AMARA (N°10), Aboubacar SIDIBÉ (N°11), Leny MARTHE (N°13), Mamadou KÉBÉ (N°17), Ibrahim KONÉ (N°19), Inza KONÉ (N°23)

  • Quevilly Rouen Métropole
    Entraîneur Gabriel TAVARES MINHAVA DOS SANTOS

Arrivées : Junior BURBAN (Saint-Malo), Ricardo COUTINHO DA SILVA (FAR Rabat B, Maroc), Mathieu DIABY (Aubagne/Air Bel), Evan GAFOUR (Toulon), Youssef GAZZAOUI (Hyères), Mathis HAMDI (Le Mans), Ewan HORNECH (Saint-Étienne B), Schinear MOPILA (Châteauroux), Noah NDÉKÉ (Rouen), Marius ROS (Bayonne), Djibril SARR (Nîmes), Djiby SECK (Caen B), Mathys SILISTRIE (Rennes), Warren TCHIMBEMBÉ (Chauray)

Restent : Shurwin BOUÉKOU MAHANIA (M) Samuel COME RUIZ (A) Yacine GAYA (D) Théo PIONNIER BERTRAND (D) Virgile THÉRÉSIN (D) Timothé VIEL (G)

Départs : Marcellin ANANI Joseph ATANGANA MVONDO (Orléans) Kayne BONNEVIE (Limonest/Dardilly/Saint-Didier) Eliot BOUDET (Dieppe) Ismaïl BOUNEB (retour prêt Le Havre) Yanis DÉDÉ-LHOMME (Emmen, Pays-Bas) Namakoro DIALLO Kembo DILIWIDI (Dender, Belgique) Ouparine DJOCO Youssouf KANOUTÉ (Bourg-en-Bresse/Péronnas) Jordan LEBORGNE (Versailles) Ryan Edwards Kwedi MANDENGUÉ (retour prêt Auxerre) Jérémy MOUNSESSE (Torres Vedras, Portugal) Mehdi MOUJETZKY (Avranches) Junior NDIAYE (retour prêt Montpellier) Tony NJIKE (Farul Constanta, Roumanie) Lenny PIRRINGUEL Kapokyeng Panka SYLVA Jason TRÉ Bonota TRAORÉ (Paris 13) Noah VANDENBOSSCHE (Andrézieux-Bouthéon) Aeron ZINGA

L’effectif :

– Gardiens : Mathys SILISTRIE (N°16), Thimothé VIEL (N°40)

– Défenseurs : Marius ROS (N°2), Ewan HORNECH (N°3), Mathieu DIABY (N°4), Yacine GAYA (N°5), Mathis HAMDI (N°18), Youssef GAZZAOUI (N°19), Virgil THÉRÉSIN (N°26), Théo PIONNIER BERTRAND (N°27), Schinear MOPILA (N°28)

– Milieux : Evan GAFOUR (N°6), Warren TCHIMBEMBÉ (N°8), Djibril SARR (N°17), Shurwin BOUÉKOU MAHANIA (N°21), Noah NDÉKÉ (N°23)

– Attaquants : Samuel COME RUIZ (N°7), Junior BURBAN (N°9), Djiby SECK (N°11), Ricardo COUTINHO DA SILVA (N°29)

  • FC Rouen 1899
    Entraîneur Régis BROUARD

Arrivées : Bakari CAMARA (Nancy), Didier DESPREZ (Bula FC, Fidji), Salim DIABY (Dieppe), Marvin GAKPA (Paris 13), Jordy GASPAR (Pau), Issiaka KARAMOKO (Bastia), Zakary LAMGAHEZ (Agadir, Maroc), Ibrahima SAMOURA (Grasse), Noé SOMMER (Blois), Malik TCHOKOUNTÉ (Laval), Lisandru TRAMONI (Sans Club)

Restent : Clément BASSIN (D) Melvin BORNE (D) El Hadji Guiry EGNY (M) Valentin FUSS (A) Axel MARAVAL (G) Formose MENDY (D) Thomas SANGLIER (G) Amara TOURÉ (M) Sory TRAORÉ (A)

Intègrent l’effectif : Enzo FRÉBOURG (D) Joël VIANA (A)

Départs : Yazid AÏT MOUJANE Amadou BA-SY (Heart of Midlothian Edinburgh, Écosse) Omar BEZZEKHAMI (Paris 13) Mustapha BENZIA (Oissel) Sofiane BOUZAMOUCHA Antoine CARTILLIER (Rodez) Sérigné FAYE Enzo GENTON (retour prêt Lorient) Dany GOPROU (Valenciennes) Emric GOUMOT (Versailles) Alan KÉROUÉDAN (Cannes) Jason MBOCK (Créteil) Noah NDÉKÉ (Quevilly/Rouen) Samuel RENEL (retour prêt Red Star) Kenny ROCHA SANTOS Lucas ROYES (Colmar) Idrissa SEYDI (Orléans) Axel TEMPERTON (Paris 13) Nassim TITEBAH (Caen)

L’effectif :

– Gardiens : Axel MARAVAL (N°1), Didier DESPREZ (N°30),Thomas SANGLIER (N°40)

– Défenseurs : Melvin BORNE (N°3), Enzo FREBOURG (N°4), Jordy GASPAR (N°5), Zakary LAMGAHEZ (N°15), Clément BASSIN (N°18), Formose MENDY (N°22)

– Milieux : Noé SOMMER (N°11), Amara TOURÉ (N°12), Bakari CAMARA (N°13), Ibrahima SAMOURA (N°17), El Hadji Guiry EGNY (N°24), Salim DIABY (N°25), Marvin GAKPA (N°26)

– Attaquants : Valentin FUSS (N°7), Malik TCHOKOUNTÉ (N°9), Issiaka KARAMOKO (N°10), Lisandru TRAMONI (N°20), Sory TRAORÉ (N°21), Joël VIANA (N°29)

  • US Thionville Lusitanos
    Entraîneur Julien FRANÇOIS

Arrivées : Joseph ATANGANA MVONDO (Quevilly/Rouen), Bourama DIARRA (Furiani/Agliani), Fadel GOBIKATA (RFC Liège, Belgique), Simon KALAMBAYI (Hoffenheim, Allemagne), Gauthier LAURENS (Furiani/Agliani), Enzo MONTET (Laval), Kylian TUBIO (Colmar)

Restent : Muamer ALJIC (D) Wilfried BEDFIAN (G) Mohamed Karim BOUHMIDI (A) Samir BOUZAR ESSAIDI (D) Alexis GOULETQUER (A) Samed KILIC (M) Bryan LABISSIÈRE (A) Jérémy LAURATET (M) David LUVUALU (D) Jalil MOUSTAÏD (M) Antonin PARISOT (G) Marly RAMPONT D’AUDREMONT (D) Jules STEBE (D) Cachito WANDUKA (D)

Intègre l’effectif : Victor SIAT (D)

Départs : Vincent COLLET Leiho Zie Djibril COULIBALY Clément COUTURIER Chafik GOURICHY (Laval) Cheick Mory KONATÉ (retour prêt Red Star) Bridges LOUMOUAMOU NGOBOUMA Ayvens MARLU (Pagny-sur-Moselle) Valentin POINSIGNON Jules VITOUX (GFC Ajaccio)

L’effectif :

– Gardiens : Antonin PARISOT (N°16),Wilfried BEDFIAN (N°40)

– Défenseurs : Muamer ALJIC (N°6), Cachito WANDUKA (N°15), David LUVUALU (N°17), Victor SIAT (N°19), Bourama DIARRA (N°20), Samir BOUZAR ESSAIDI (N°23), Marly RAMPONT D’AUDREMONT (N°27), Jules STEBE (N°29)

– Milieux : Joseph ATANGANA MVONDO (N°5), Samed KILIC (N°8), Jalil MOUSTAÏD (N°22), Jérémy LAURATET (N°25), Enzo MONTET (N°26)

– Attaquants : Kylian TUBIO (N°7), Mohamed Karim BOUHMIDI (N°9), Bryan LABISSIÈRE (N°10), Gauthier LAURENS (N°11), Fadel GOBIKATA (N°12), Simon KALAMBAYI (N°14), Alexis GOULETQUER (N°21)

  • Valenciennes FC
    Entraîneur Pierre BLOIS

Arrivées : Zaïd AMIR (Istres), Noam BLÉ (Blois), Luka BOITEAU (Boulogne-sur-Mer), Rayane EKRA (Alès), Dany GOPROU (Rouen), Salif LEBOUATH (Pau), Vincent MARCEL (Villefranche-sur-Saône), Abou MEITÉ (Bobigny/Bagnolet/Gagny), Christopher ROCCHIA (Aubagne/Air Bel), Maël ZOGBA (Le Puy-en-Velay)

Restent : Charles ABI (A) Derrick ABU (D) Erinmwingbovo Jayden AIRIHIAVBERE (D) Samir BELLOUMOU (M) Nolann BOURICHON (D) Gaëtan COURTET (A) Daou DIOMANDÉ (M) Kylian KOUAKOU (A) Justin LACOMBE (G) Jean LOUCHET (G) Thibault MARÉCHAL (M) Célestin Emmanuel NYEMB (A) Bryan PASSI (D) Mabrouck ROUAI (M) Abdelwahed WAHIB (D)

Intègrent l’effectif ou équipe B : Lishad KOUASSI LECLERCQ (M) Kaïs LESUEUR (M) Dayann LYNION (A)

Départs : Stredair APPUAH (retour prêt Palerme, Italie) Rémy BOISSIER (Amiens) Alexandre COEFF Jules COLLET (Saint-Amand-les-Eaux) Quentin DAUBIN (Pau) Ahmed DIOMANDÉ Mouya IPIÉLÉ Emmanuel KOUM MBONDO (retour prêt Marseille) Loïck LANDRE Sakhalou NIAKATÉ El Hadary Ylan RAHERINAIAINA (retour prêt Paris FC) Rento TAKAOKA (retour prêt Saouthampton, Angleterre) Romain THOMAS (Arrêt)

L’effectif :

– Gardiens : Jean LOUCHET (N°1),Justin LACOMBE (N°40)

– Défenseurs : Derrick ABU (N°2), Nolann BOURICHON (N°4), Bryan PASSI (N°5), Maël ZOGBA (N°6), Christophe ROCCHIA (N°13), Noam BLÉ (N°17), Abou MEITÉ (N°20), Dany GOPROU (N°22), Saïf LEBOUATH (N°24), Abdelwahed WAHIB (N°28)

– Milieux : Mabrouck ROUAI (N°8), Daou DIOMANDÉ (N°10), Erinmwingbovo Jayden AIRHIAVBERE (N°12), Thibault MARÉCHAL (N°19), Vincent MARCEL (N°21), Samir BELLOUMOU (N°25), Luka BOITEAU (N°26),

– Attaquants : Charles ABI (N°7), Rayane EKRA (N°11), Gaëtan COURTET (N°18), Kylian KOUAKOU (N°23), Zaïd AMIR (N°27), Célestin Emmanuel NYEMB (N°29)

  • FC Versailles 78
    Entraîneur Jordan GONZALEZ

Arrivées : Rubens ADELAÏDE (Chambly), Ismaël AOUAD (Lens B), Abdourahmane BARRY (Paris 13), Simon CARA (Istres), Alexis DOS SANTOS (Lusitanos Saint-Maur), Emric GOUMOT (Rouen), Jordan LEBORGNE (Quevilly/Rouen), Artur ZAKHARYAN (Saint-Brieuc)

Restent : Deen ADEHOUMI (D) Gnoholi BADEY (D) Romain BASQUE (M) Raphaël CALVET (D) Kurtis CHADET (M) Bilal CISSÉ (D) Amir ETIEN (A) Mathias FISCHER (M) Shelton GUILLAUME (A) Alexis KABAMBA (A) Jawed KALAI (M) Djibril KHOUMA (D) Cédric ODZOUMO (A) Ali OUCHEN (M) Romain SALLARD (G) Jérémi SANTINI (D) Ryan TCHATO MBIAYI (D) Nathan YAVORSKY (G)

Intègre l’effectif : Samy BENHADDOU (M)

Départs : Kouassi Odilon Ryan ATOWOULA Hugo BARBET (Dinan/Léhon) Samir BEN BRAHIM (Guingamp) Ibrahima DOUCOURÉ (Avranches) Patrick KOFFI Djamal MOUSSADEK MEDOU-OTYÉ (Lausane/Ouchy, Suisse) Tom RENAUD (Heart of Midlothian Edinburg, Écosse) Soumaïla TRAORÉ (retour prêt Marseille) Yohan ZEMOURA (Aubagne/Air Bel)

L’effectif :

– Gardiens : Rubens ADELAÏDE (N°1), Romain SALLARD (N°16),Nathan YAVORSKY (N°30)

– Défenseurs : Jérémi SANTINI (N°2), Djibril KHOUMA (N°3), Raphaël CALVET (N°5), Emric GOUMOT (N°6), Mathias FISCHER (N°12), Gnoholi BADEY (N°13), Abdourahmane BARRY (N°15), Bilal CISSÉ (N°19), Ryan TCHATO MBIAYI (N°23), Deen ADEHOUMI (N°25)

– Milieux : Kurtis CHADET (N°4), Alexis DOS SANTOS (N°8), Jawed KALAI (N°10), Artur ZAKHARYAN (N°11), Romain BASQUE (N°14), Jordan LEBORGNE (N°18), Ismaël AOUAD (N°20), Samy BENHADDOU (N°22), Ali OUCHEN (N°24)

– Attaquants : Shelton GUILLAUME (N°7), Cédric ODZOUMO (N°9), Alexis KABAMBA (N°17), Simon CARA (N°21), Amir ETIEN (N°27)

  • FC Villefranche Beaujolais
    Entraîneur Fabien PUJO

Arrivées : Mathieu CACHBACH (Olympic Charleroi, Belgique), Marvin DE LIMA (Bayonne), Adama DIAKITÉ (Caen), Dembo GASSAMA (Bayonne), Roman LASPALLES (Bourg-en-Bresse/Péronnas), Paolo LIMON (Rennes), Boris MOLTENIS (Ponferradina, Espagne), Loïck PIQUIONNE (Châteauroux), Yohan TADÉ (Saint-Maur-des-Fossés Lusitanos), Jean-Pierre TIÉHI (Poli Lasi, Roumanie), Léo YOBÉ (Saint-Brieuc)

Restent : Anfane AHAMADA MZE (M) Malick ASSEF (A) Lenny DJAOUAD (M) Mourad LOUZIF (M) Gédéon M’BALA (M) Kemryk NAGERA (D) Cyril Loïc ONANA ETOGA (M) Saidou OUEDRAOGO (D) Sullivan PÉAN (G) Nassim SABIHI (A) Yacine SOFIANE (D) Marvin TSHIBUABUA (D) Titouan WILZIUS (G)

Intègrent l’effectif : Arthur DUFY (G) Titouan NORDÉ (A) Noan PERRAUD-CHATRE (M) Yohan SCORDO (M)

Départs : Bryan BAYEYE Ilian BOUDACHE (Istres) Lucas CAMELO (Créteil) Nathan Rupert DEKOKE Tristan GRIPPON Sambaly KEITA (Mantova, Italie) Ethan KENA KABEYA (retour prêt Clermont-Ferrand) Babacar LEYE (Pau) Cédric LUNARDI (Furiani/Agliani) Tailan MATIP NGOM (Mâcon) Vincent MARCEL (Valenciennes) Kenny MIXTUR (Sudtirol Bolzano/Bolzen, Italie) Raouf MROIVILI (Le Puy-en-Velay) Hamza SBAÏ Kevin TESTUD (Angoulême) Mathis TOUHO (Rodez)

L’effectif :

– Gardiens : Sullivan PÉAN (N°1), Titouan WILZIUS (N°16), Arthur DUFY (n°40)

– Défenseurs : Marvin TSHIBUABUA (N°4), Boris MOLTENIS (N°5), Fred ONDOA ONAMBÉLÉ (N°12), Mathieu CACHBACH (N°13), Roman LASPALLES (N°18), Kemryk NAGERA (N°19), Yacine SOFIANE (N°20), Dembo GASSAMA (N°23), Saidou OUEDRAOGO (N°25)

– Milieux : Mourad LOUZIF (N°7), Léo YOBÉ (N°10), Marvin DE LIMA (N°17), Yohan TADÉ (N°21), Paolo LIMON (N°22), Anfane AHAMADA MZE (N°28), Cyril Loïc ONANA ETOGA (N°29), Lenny DJAOUAD (N°33), Gédéon M’BALA (N°33), Noan PERRAUD-CHATRE (N°33), Yohan SCORDO (N°33)

– Attaquants : Loïck PIQUIONNE (N°9), Malick ASSEF (N°11), Jean-Pierre TIÉHI (N°14), Nassim SABIHI (N°26), Adama DIAKITÉ (N°27), Titouan NORDÉ (N°33)

  • Texte : Jean-Michel ROUET, Anthony BOYER et Philippe LE BRECH
  • Effectifs des clubs : Philippe LE BRECH
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Dans la tête de l’entraîneur provençal de 36 ans, qui évoque sa construction méthodique, sa rigueur au travail, son exigence, mais aussi ses doutes et ses remises en question. Le portrait d’un cartésien.

Par Anthony BOYER / aboyer@13heuresfoot.fr – Photos Philippe LE BRECH et Istres FC

Zaki Noubir connaît Marseille comme sa poche. Chaque quartier. Chaque recoin. Chaque arrondissement. Le 8e, là où il est né, à l’ancienne clinique La Renaissance. Le 10e, à La Sauvagère, là où il a passé la majeure partie de son enfance, pas très loin du massif des calanques.
Il connaît chaque terrain de foot aussi. Surtout ceux, forcément, qui l’ont vu jouer, grandir, se façonner, au point de devenir aujourd’hui un entraîneur respecté, diplômé (titulaire du DES), écouté. Un entraîneur rigoureux et méthodique, ce qui fait de lui quelqu’un de « cartésien ».

« J’aime lire »

Photo Philippe Le Brech

Si le Marseillais de 36 ans se définit comme tel, c’est non seulement parce qu’il a garni sa bibliothèque d’un premier livre intitulé « L’erreur de Descartes – la raison des émotions », d’Antonio Damasio (1994), mais aussi parce qu’il s’appuie sur ce que l’on appelle la méthode globale. Où le développement individuel du joueur est au coeur du projet et où le match est le point de départ et le point d’arrivée des séances de la semaine, lesquelles intègrent à la fois la dimension technique, tactique, psychologique et physique.

Dans sa bibliothèque désormais bien garnie – « J’aime lire » -, prend également place la biographie du journaliste-économiste Thibaud Leplat, « Le cas Mourinho (2013) » : « C’est la première que j’ai lue. Mourinho, c’est lui qui m’a donné le goût d’entraîner. Il m’a insufflé cette envie d’avoir un jour une équipe. J’aime sa confiance, ses idées, sa communication, son parcours fantastique. J’admire le personnage, ce qu’il dégage. Quant au livre d’Antonio Damasio, il est hyper-intéressant, il parle de l’aspect émotionnel, de l’aspect cognitif ».

« Parfois je passe plus de temps à regarder l’entraîneur que le match »

A Lusitanos/Saint-Maur la saison passée. Photo Philippe Le Brech

Forcément, quand on naît à Marseille, on aime sa ville, on aime son club… l’OM ! « J’habite à une minute de La Commanderie, le centre d’entraînement ! ». Mais il ne va pas souvent au Vélodrome. « Je préfère être posé chez moi, regarder des matchs sur les plateformes, tranquillement. Mais quand je me déplace sur un stade, c’est pour une raison, voir des amis ou voir un joueur. La dernière fois que je suis allé voir l’OM, c’était contre Newcastle en Ligue des Champions (en novembre 2025), je suis fan aussi de ce club, j’aime ce que propose leur coach, Eddie Howe. J’étais installé derrière leur banc, je suis arrivé tôt, j’ai filmé les échauffements, j’ai regardé sa posture… Parfois, je passe plus de temps à regarder l’entraîneur que le match ! »

L’actuel entraîneur d’Istres en N1 (*) n’a jamais joué pour l’OM, mais, vous le lirez plus loin, il y a entraîné les jeunes pendant quatre saisons, de 2011 à 2015 : « C’est pour ça que je n’ai jamais eu la chance d’aller sur les terrains de La Commanderie, sauf le lundi matin, mais c’était juste pour les « débriefs » de nos matchs ! Sinon, nous, on s’entraînait dans l’ancien campus. »

(*) Le National 2 a été remplacé cette saison par le National 1

« J’avais un niveau modeste »

Joueur, Zaki est un arrière gauche plutôt rapide, qui change de clubs comme de caleçons – « Je remue beaucoup moins depuis que je suis coach (rires) ! » – et qui, très vite, vers l’âge de 17/18 ans, s’oriente vers le rôle d’éducateur chez les jeunes. « J’ai tellement aimé cette période quand on était gamins. J’ai plein de souvenirs, d’anecdotes… J’avais un niveau modeste, je courais beaucoup, j’étais assidu, on allait aux entraînements en bus, en métro ou même parfois à pied avec les copains, mais j’ai tout de suite été attiré par ce rôle d’éducateur, par le fait d’avoir un groupe de jeunes joueurs à ma charge, de les faire progresser, de tisser des liens fraternels avec eux. En fait, cela a été un coup de foudre avec cette activité qui est aujourd’hui mon métier-passion. »

Vivaux Maronniers, le point de départ

Photo Istres FC

Petit, Zaki accompagne Yassine, son jeune frère, à tous ses entraînements, à Vivaux Marronniers Sports. Et assiste aux séances. « Un jour, des dirigeants, je pense à Richard Gallo, Fayçal Chelalli, et aussi le président Omar Keddadouche, qui est une personne importante dans mon quotidien, me proposent de prendre l’équipe II des benjamins Honneur, et c’est là, à Vivaux, que tout commence ! La première année, j’étais en duo avec un jeune entraîneur aussi. A ce moment-là, j’étais encore joueur, à La Sauvagère, le club de mon quartier, au sud de Marseille (les deux clubs ont fusionné en 2011 pour devenir l’ASC Vivaux Sauvagère 10e, Ndlr). C’est là que j’ai passé mon enfance, que mon amour du foot s’est éveillé. Nos journées, on les passait de 8h à 20h sur le grand stade de La Sauvagère, où il y avait de très-très bons joueurs. En fait, tout était sujet au foot. Je suis nostalgique de cette période-là ! ».

Il écume les clubs de Marseille

Zaki jouera ensuite au SC Cayolle, à l’US Michelis, à l’AS Sainte-Marguerite, aux Bosquets-Néréïdes et au FC Saint-Menet, un petit club du 11e arrondissement, en seniors, et même avec l’équipe III des seniors de l’OM : « On était des collègues, on se suivait, on changeait souvent de clubs ! ».

Maintenant qu’il est éducateur, Zaki développe ses compétences et met en application ses acquis dans différents clubs de la ville : Vivaux Marronniers, donc, au commencement, puis au FC Rouguière (U11, U13), à l’OM (école de foot, U11), au SC Air Bel (U17 Nationaux), à chaque fois avec les jeunes. A L’US Endoume-Catalans aussi, où il rejoint Thierry Falzon, un nom qui résonne bien dans le football marseillais, il s’occupe des U17 Excellence.  Et puis, après une saison à l’arrêt, c’est le grand saut chez les seniors, au FC Rousset, qui vient de monter en N3, « malheureusement, pendant la Covid-19 », avec le coach Nacim Abdelali. Puis direction Nîmes Olympique pour prendre la tête des U19 nationaux avant de rejoindre Karim Masmoudi, comme adjoint, à Hyères, en National 2.

« Je savais où je voulais aller »

A Lusitanos/Saint-Maur la saison passée. Photo Philippe Le Brech

Forcément, évoquer avec lui son parcours, ses étapes, sa construction, réveille en lui des souvenirs : « A Vivaux, je me souviens de mon premier match, contre l’ES Vieux Cyprès, derrière le centre commercial Auchan à Saint-Loup… Au FC Rouguière, il y avait ce côté familial : c’est un club qui souhaitait grandir, avec une belle génération de joueurs, j’y ai rencontré Abdel Bekaddour, une personne importante du club, il y avait Mohamed Simakan avec moi (Strasbourg, Leipzig, Al-Nassr). A l’OM, où j’ai atterri grâce à Freddy Assolen, un des gros recruteurs du club, et Robert Nazaretian, ce fut le grand boom psychologique et structurel : là c’est le travail, la rigueur, la posture, la communication, je passe des diplômes importants, j’évolue… J’étais en équipe 7 chez les jeunes à l’OM mais je savais où je voulais aller ! »

« Après, il y a le passage au foot à 11 à Endoume, pendant six mois, avec Thierry Falzon et Didier Samoun, deux rencontres importantes. Ils m’ont fait confiance. Ce sont mes premières années en U17. Et puis Franck Tognarelli, le directeur sportif du SC Air Bel (recruteur à l’AS Monaco), qui m’a donné le goût du recrutement et qui, depuis de nombreuses années, fait partie de mon cercle proche, et Chaïb Draoui, le président, me proposent de prendre les U17 DH à la mi-saison… et on monte ! Suivent trois années intenses en U17 Nationaux, on remporte des trophées, des joueurs rejoignent des clubs pros… Après mes quatre saison à Air Bel, j’ai des contacts pour intégrer des clubs professionnels, mais je suis barré par le diplôme. C’est là que je fais un arrêt d’an. Ensuite, j’ai la chance que Hakim Lahouel, qui est devenu un ami, directeur sportif au FC Rousset, me propose de rejoindre le club comme adjoint. Là, je passe des U17 au monde seniors ! Et puis Reda Hammache, le directeur sportif de Nîmes Olympique, me recrute pour prendre en charge les U19 Nationaux. Là, je rejoins un club de renom, malheureusement, je ne suis pas arrivé à la bonne période, il y a eu la fermeture du Centre, le départ massif de joueurs, j’ai dû travailler dans l’urgence mais j’ai rencontré des personnes fantastiques, Reda Hammache bien sûr, Mickaël Gas, Adil Hermach, Salim Fiorentino, Fadil Mohamedi le légendaire intendant… Quand Reda s’en va à la fin de la saison, je sens que le club prend une autre orientation et c’est là que Karim Masmoudi me demande de l’accompagner à Hyères, là encore comme adjoint. Je n’hésite pas. Même s’il y a la Covid, c’est intéressant parce que je me mesure une deuxième fois au monde seniors. Il y a ce goût de la compétition. J’apprivoise ce milieu-là.« 

À Hyères, l’apprentissage à vitesse grand V

À Hyères, en National 2, les rencontres sont enrichissantes : « Il y a Karim (Masmoudi), un coach intéressant humainement et sportivement, expérimenté. Il a beaucoup voyagé et a connu l’exigence du haut niveau. Avec lui, c’est l’apprentissage à vitesse grand V ! Il est coach à Aubagne aujourd’hui, en Ligue 3. Et puis, j’ai connu le président Mourad Boudjelall, quelqu’un d’humain, bienveillant, avenant, il comprend très vite les choses. Il est vraiment différent de l’image qu’il donne. Cette saison-là, à Hyères, je passe mon DES et je suis aussi entraîneur des U17 Régionaux du SC Montredon-Bonneveine, donc c’est une ultra-chargée, mais j’obtiens mon diplôme ! Je vais pouvoir passer de l’autre côté ».

Il refait toute sa base de données

A Lusitanos/Saint-Maur la saison passée. Photo Philippe Le Brech

L’autre côté, c’est s’asseoir sur un banc en seniors. Seul. Aux commandes. Mais les choses n’arrivent pas toutes seules. D’abord, il y a cette période creuse de quelques mois. « Après Hyères, je m’arrête, je souffle, je fais comme une année sabbatique. Je refais toute ma base de données joueurs, entraîneurs, équipes, j’analyse tout. »

L’année sabbatique dure en fait sept ou huit mois : « Benjamin Pastor, le directeur sportif d’Istres, m’appelle. Fin janvier 2025, le club provençal se sépare d’Anthony Sichi. Je rencontre « Benga » (le surnom de Benjamin Pastor) et Laurent Thomas, le manager général. Ils me proposent de prendre l’équipe avec l’objectif de se maintenir en National 2, ce que l’on a fait difficilement, surtout après les départs de deux joueurs, Samir Ben Brahim et Abderrezzek Saidi (à Versailles et à Sochaux). Dans la foulée, je fais venir Mohamed Abdallah et Karim Chaban, on arrache le maintien avec une victoire au Puy 1 à 0. A l’inter-saison, on décide de faire un « mix » entre la jeunesse et l’expérience. C’est là que le travail de base de données que j’avais effectué a servi : le vivier, le réservoir de joueurs de la région, l’analyse et les caractéristiques des joueurs, j’ai tout ça, et avec le directeur sportif, on travaille main dans la main, il me laisse un droit de parole, et je le remercie pour ça, pour sa confiance. »

« Je voulais casser l’image du garçon sûr de lui »

Photo Istres FC

Zaki évoque aussi à demi-mots une période plus sombre, pendant cet arrêt post-Hyères : « Je ne m’en rends pas compte, je fais comme une dépression, mais je ne me morfonds pas, c’est juste que je regarde des matchs toutes les nuits, je ne dors pas. Je me réfugie dans le foot. Mon épouse me dit de bouger un peu, alors je pars faire des stages d’observation. Je vais en Bretagne, à Vannes, à Concarneau avec Benoît Cauet. Je vais voir des matchs, beaucoup chez les jeunes, un peu en seniors. J’échange beaucoup avec  Osama Aroun (directeur technique de l’équipe nationale des Seychelles), qui me donne de bons conseils. En fait, il y a une grosse remise en question sur ma personne… Parce que j’avais l’image d’un garçon qui pouvait être trop sûr de lui. Je voulais casser ça. Pourtant, je ne pense pas être comme ça. C’est juste que je masque une forme de timidité. Plus jeune, on m’a collé une étiquette qui m’a joué des tours, même dans mon parcours de formation. Il faut apprendre à me connaître. Je dis toujours qu’il faut d’abord lire le livre avant de bruler sa couverture ! Mon entourage, ma famille, m’ont beaucoup aidé. Aujourd’hui, c’est fini tout ça. J’ai une phrase à ce sujet : « Un entraîneur est un éternel étudiant » ! On apprend notre métier au quotidien, on se remet à jour. J’aime ce que je fais. Je suis passionné. »

« Une carrière, ça se construit »

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Finalement, près de 20 après ses premiers pas d’éducateur, sans brûler aucune étape, le voilà sur le devant de la scène, pas loin de Marseille, à Istres, un club qui a longtemps connu le monde professionnel (National, Ligue 2 et même Ligue 1). En juin dernier, il a rempilé pour une saison supplémentaire, après deux maintiens assurés (9e et 7e), le deuxième avec la manière, après avoir flirté avec les premières places. « Je pense qu’une carrière, ça se construit. C’est ce que l’on m’a toujours inculqué. J’ai suivi ce conseil. J’ai appris mon métier dans les diverses catégories avec, à chaque fois, une certaine posture à avoir, un cadre d’apprentissage à installer, et toujours cette envie de faire progresser les joueurs, de leur donner le goût du football. Et puis, quand arrive le passage au foot à 11, la compétition entre en jeu, les aspects tactiques, techniques, athlétiques, aussi. Avoir connu toutes les générations a été un plus au moment d’appréhender le niveau seniors. Je n’ai pas beaucoup de qualités, je n’ai pas le talent de mes enfants (il est papa de trois garçons âgés de 6, 9 et 12 ans, tous licenciés au foot), mais en revanche, j’ai une résilience, une passion et une envie quotidienne de travailler qui font que j’ai envie d’avancer. »

« On ne peut pas dissocier éducateur et entraîneur »

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Cet été, le Provençal a été contacté, par des clubs de sa poule notamment : « Oui, c’est vrai, mais une chose est primordiale : à Istres, j’ai la confiance et l’adhésion de la direction. Le manager Laurent Thomas, qui peut être détaché émotionnellement, me fait confiance, et avec le directeur sportif, ils me mettent au centre du projet. Cela va être intéressant de continuer avec Istres, de confirmer la bonne saison de l’an passé dans un championnat de N1 que je vois plus homogène que l’an passé, d’apporter des axes d’amélioration » poursuit celui qui se considère autant comme éducateur qu’entraîneur : « On ne peut pas dissocier les deux. On forme des joueurs et on les entraîne dans le but de gagner. J’essaie de mettre la manière dans ce que l’on fait. On a un modèle de jeu, des organisations de jeu, des principes, mais les deux marchent de pair. »

Les principes, la philosophie de jeu, parlons-en ! Zaki Noubir, qui s’inspire aussi de Bielsa – « J’aime son acharnement au travail » – et Allegri – « J’ai eu la chance de le rencontrer à la Juventus, en stage d’observation, il jouait avec ce système que j’affectionne » – est un adepte du 3-4-3. « Ma conviction, c’est que l’entraîneur moderne, celui du XXIe siècle, est celui qui s’adapte à son contexte, à son environnement. Ma méthodologie de travail me permet de m’adapter à l’environnement. Parfois, on peut imposer sa philosophie, son style, son modèle de jeu, parfois non, d’où l’importance de travailler sur l’état d’esprit, sur les joueurs, sur les principes de jeu, sur les objectifs. Ici, à Istres, j’ai la chance de jouer dans ce système, même s’il y en a d’autres en option. On doit aussi surprendre de temps en temps. »

« Derrière un footballeur, il y a un homme »

Coach exigeant, voire énergivore, Zaki Noubir réclame beaucoup d’efforts, de courses, et aime que son équipe ait beaucoup de volume de jeu et mette de l’intensité. « Même si je ne suis pas un adepte de Guardiola, il a dit : « Pour pouvoir mettre en place son projet de jeu, il faut déjà avoir des joueurs qui, sur le plan athlétique, sont en capacité de répéter les efforts, modérés ou à haute intensité ». Et c’est un de mes socles importants dans mon projet de jeu. C’est ce qui fait que ça colle avec le club et avec les attentes de la direction à Istres. »

Et avec ses joueurs, il est plutôt… humain : « Derrière un footballeur, il y a un homme. J’analyse les profils que j’ai en face de moi pour passer les messages de la meilleure des manières. Certains ont besoin d’avoir un accompagnement plus dur, d’autres un accompagnement plus affectif. Ma force, c’est de m’adapter en fonction de la personne. Je n’ai pas de qualités à part entière, mais je suis très passionné par ce que je fais, je travaille à mes heures perdues, je mets de la rigueur, j’ai ces qualités-là. »

« Redonner un sens à ce club »

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S’il s’est adapté à son nouvel environnement chez les Violets, à 50 kilomètres de chez lui, il s’est aussi imprégné de l’histoire du club, de son écosystème. A Istres, il n’y a pas ou peu de ferveur. Le club, à l’image de son proche voisin Martigues, s’est construit dans l’ombre du géant olympien. De plus, depuis plus de 20 ans, Istres évolue à Fos-sur-Mer, dans un stade Parsemain surdimensionné, pas très convivial. « Je sais tout ça, poursuit-il; même si je n’ai pas connu l’ancien stade Bardin, qui a été démoli. J’étais trop jeune mais je l’ai vu en vidéo, il y avait une certaine ferveur, un certain engouement. Il n’y a pas un désamour, mais presque, parce qu’aller jouer à Fos… Les gens n’ont pas forcément envie d’y aller. Ils viendraient plus naturellement s’il y avait un stade à Istres. Je prends ça comme un challenge : mon objectif est aussi d’amener de l’attractivité, comme la saison passée, avec notre belle saison et notre parcours en coupe de France (élimination en 16e de finale contre Laval, club de Ligue 2). On a vu la tribune du bas, derrière les bancs de touche, remplie, ça m’a fait plaisir. On doit redonner de l’amour aux passionnés d’Istres, redonner un sens à ce club. »

« Je ne me fixe aucune limite »

C’est vrai que la saison passée, en février, Istres a flirté avec les premières places (3e après la journée 16, à 3 points du leader, Lusitanos-Saint-Maur), avant de craquer en mars : « Après le match de Laval en coupe, on a enchaîné par trois succès contre Créteil, Nîmes et Rousset, On n’était pas loin mathématiquement, on aurait pu jouer quelque chose. Février, c’est la période entonnoir, ça filtre; on avait réussi à passer ce step, mais on s’est écroulé en termes de points en mars, avec 2 nuls et 3 défaites. On a eu des blessures, de la fatigue, on a manqué de profondeur de banc, de fraîcheur, d’expérience aussi pour aller chercher quelque chose. Mais les joueurs ont fait le maximum. C’est dommage mais d’un objectif initial – un maintien aisé – on a pu avoir un petit avant-goût de haut de tableau, en étant, à un moment donné, dans la course à la montée. »

« Obtenir le BEPF, un réel objectif »

Photo Istres FC

Et après ? A seulement 36 ans, Zaki est encore un jeune entraîneur, qui ne se fixe « aucune limite ». « Aujourd’hui, j’ai la chance de vivre de ma passion. Je me souviens que, quand j’ai commencé, je traçais les lignes blanches du stade avec la brouette ! Franchement, je n’ai pas de plan, je suis avec une belle équipe d’Istres, je joue des matchs de championnat de National 1, des matchs de coupe de France… Bien sûr, l’idée, c’est de progresser, de faire progresser, de répondre à des attentes que la haute compétition réclame. J’ai un parcours linéaire, atypique, marqué par la remise en question, l’écoute, la passion. J’ai pris mon temps, là, j’ai 36 ans, c’est le moment ! J’ai la chance d’avoir une épouse qui me soutient et me suis depuis près de 15 ans, elle m’a connu quand j’étais jeune entraîneur à l’OM, j’ai aussi ma famille qui est derrière moi, mes frères, mes soeurs, ma mère. »

Côté diplôme, là encore, Zaki ne vise rien d’autre que le BEPF : « J’ai le DES, il ne me manque que ça. L’obtenir un jour, c’est un réel objectif. J’ai passé mes premiers diplômes d’initiateur 1 en 2008, j’avais 18 ans ! J’ai passé le BMF (Brevet de moniteur de football) avec une superbe promo, il y avait Pancho Abardonado, Ahmed Nouri, Emerse Fae, Fabien Campioni, j’ai passé le BEF en 2019, j’ai obtenu un diplôme d’analyste vidéo en 2017, quand il commençait à y avoir le boom de la vidéo, j’ai attendu mon heure pour entrer au DES… Suivre une formation dans ce lieu mythique, à Clairefontaine, quelle fierté pour moi, issu du football d’en bas ! ».

  • Texte : Anthony BOYER / X @BOYERANTHONY06 / mail : aboyer@13heuresfoot.fr
  • Photos : Philippe LE BRECH et Istres FC
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L’entraîneur gardois, arrivé en Normandie en décembre, raconte comment il a adapté sa vision du jeu et évolué dans sa réflexion pour mener à bien sa mission maintien en N2. Avant d’être adjoint à Martigues de Grégory Poirier – qui témoigne dans cet article -, puis de David Carré à QRM, il avait toujours clamé son envie d’être un numéro 1… sauf s’il sentait qu’il pourrait bénéficier d’une certaine liberté, la même qu’il laisse aujourd’hui à son staff à Granville.

Par Anthony BOYER / aboyer@13heuresfoot.fr – Photos Lorik LAURENT  – US Granville (sauf mentions)

Photos Lorik LAURENT  – US Granville

Un miracle pour les uns. Une récompense pour les autres. Journée 30 du dernier championnat de National 2, le 16 mai dernier. L’US Granville est toujours relégable. Cela fait 22 journées (dont 12 à la place de lanterne rouge) que ça dure. Mais depuis l’arrivée de Greg Scaffa aux commandes de l’équipe, début décembre 2025, la situation, bien que bancale au départ (les résultats ne sont pas arrivés tout de suite), n’a eu de cesse de s’améliorer. Les Normands ont grappillé des points, comblé l’écart abyssal avec le premier non-relégable et, surtout, ils ont fait une série – une seule défaite (à Dinan-Léhon, 4-2, J21) lors des quatorze derniers matchs, entre la J17 et la J30 – qui leur a permis de s’en sortir. Le miracle, la récompense, l’exploit, appelez-ça comme vous le voulez, sont arrivés à la 30e et dernière journée, avec cette victoire 1 -0 à Chauray et ce maintien acquis in extremis, au bénéfice d’une meilleure 14e place.

Il n’avait jamais entraîné en N2

Il serait facile d’imputer ce retournement de situation au successeur de Matthias Jouan, remercié fin novembre. Il est sans doute plus juste de parler de pari collectif réussi, même si dans le foot, les victoires sont souvent celles des joueurs et les défaites, celles des entraîneurs…
Le pari est d’autant plus réussi qu’il n’était pas gagné d’avance. Quand le natif de Bagnols-sur-Cèze, dans le Gard, a posé ses valises, ou plutôt son sac à dos, sur les bords de la Manche, il n’avait aucune référence comme numéro 1 sur un banc en National 2. Tout juste avait-il eu une expérience en N3, une saison, à Agde (en 2017), et trois autres à Lattes, en DH, tronquées par la Covid (entre 2018 et 2021).

« Je suis parti à Granville en mission »

Photos Lorik LAURENT  – US Granville

De plus, il ne connaissait personne à l’US Granville : « Quand j’arrive, je viens tout seul. Je ne me suis même pas posé la question de savoir où j’allais, avec qui j’allais bosser, si j’allais rencontrer des gens bien, s’ils allaient être derrière moi, raconte-t-il. Mon esprit, c’était « Je pars en mission, je dois l’accomplir, je vais essayer de faire au mieux ». Je me suis dit que c’était à moi d’emmener les gens, de faire en sorte qu’ils croient à ce que je vais apporter, et ça s’est bien passé. »

Il est important de remettre les choses dans leur contexte. Quand Grégory – « Personne ne m’appelle Grégory, même moi, je dis que je m’appelle Greg ! » – signe à Granville, il vient d’être débarqué de Quevilly-Rouen, en National, où il était l’adjoint de David Carré depuis l’été 2024 : « Là encore, à QRM, j’étais parti dans l’inconnu, sans rien connaître. Je savais juste que le club avait le statut pro, qu’il était stable et sérieux. En fait, je ne connaissais que l’entraîneur des gardiens, David Moulin, avec qui j’étais en STAPS à Montpellier. Et puis j’ai eu la belle surprise de rencontrer le coach David Carré : humainement, il est top, droit, honnête, avec des valeurs fantastiques. David, c’est quand même quelqu’un qui a connu la Ligue des champions avec Auxerre, quand il était adjoint de Jean Fernandez. »

« À Martigues, on m’a enlevé quelque chose que je méritais »

Pourtant, quelques jours seulement avant de signer à QRM, deux autres plans s’offraient à lui. Le premier : poursuivre une 4e saison au FC Martigues, en Ligue 2, comme adjoint de Grégory Poirier si ce dernier restait ou pas. Le second : suivre Grégory Poirier en cas de départ. « Sincèrement, à ce moment-là, à l’été 2024, je m’étais projeté avec Martigues en Ligue 2 ».

La blessure provençale n’est pas tout a fait refermée. La déception s’entend encore, elle n’est pas ravalée : « J’avais un accord oral avec Martigues mais finalement, Greg (Poirier) est parti (au Red Star) et je n’ai pas été renouvelé. Je ne l’ai pas forcément accepté, parce que je pense qu’on m’a enlevé quelque chose que je méritais. Cette décision, elle émane de Thierry Laurey. J’étais le seul du staff à Martigues qu’il ne connaissait pas. C’est la non-acceptation de cette décision qui fait que je pars, c’est une décision égoïste, tête baissée, à QRM, surtout qu’au Red Star, cela n’a pas pu se faire non plus avec Greg. »

« J’avais juré que je ne serais jamais adjoint ! »

Photos Lorik LAURENT  – US Granville

Avec « Greg » Poirier, trois saisons durant, les résultats sont exceptionnels sur le banc de Martigues : accession de N2 en National la première saison, en 2022, alors que le club provençal comptait jusqu’à 9 points de retard sur GOAL FC, puis accession manquée de peu en Ligue 2 en 2023, à deux journées de la fin mais au final, une belle 4e place, et enfin accession validée la troisième année, en 2024, avec ce fameux match contre Nîmes à la dernière journée dans un stade Francis-Turcan plein à craquer. Inoubliable.

Finalement, Greg Scaffa aura passé presque quatre ans et demi dans un rôle d’adjoint, lui qui, au début de sa carrière, jurait qu’il ne serait « jamais adjoint » ! « C’est vrai, j’avais dit ça. Parce que j’adore le poste de numéro 1. Je travaillais dans des logements sociaux à Montpellier et j’avais le foot à côté, et puis un jour, Greg Poirier m’appelle et me propose d’être son adjoint à Martigues, en National 2. Avec Greg, on est ami. On avait joué ensemble pendant plusieurs saisons à Arles, on faisait les allers-retours tous les deux depuis Montpellier. Je lui ai dit « Ecoute, avec toi, pourquoi pas ! ». On a tenté le truc et ça a fonctionné ».

Greg Poirier le connaît bien. Alors, pourquoi et comment a-t-il pensé à lui ? « On n’en a jamais trop parlé, poursuit Scaffa. Une fois, on s’est affronté en match amical, quand j’entraînais Agde, et lui entraînait Endoume. Peut-être qu’il a apprécié la manière de jouer de mon équipe, ou ma manière de fonctionner, je ne sais pas, après, moi, je ne suis pas sur les réseaux, je n’appelle pas beaucoup. Même avec Greg, on ne s’appelle pas beaucoup, mais j’ai suivi tous ses résultats, bien sûr, j’ai regardé quelques-uns de ses matchs avec le Red Star ».

Pour Greg Poirier, l’avoir à ses côtés dans un rôle d’adjoint à Martigues était, comme il le raconte plus bas, « logique et évident ». Le désormais ex-entraîneur du Red Star raconte la genèse de leur association et explique pourquoi il n’avait aucun doute quant à sa manière de devenir numéro 1.

Ses débuts d’entraîneur à Sète

Sa carrière d’entraîneur, Grégory Scaffa l’a véritablement entamée à la fin de celle de joueur, à Sète, en 2015. Il a alors 34 ans. « Quand je jouais encore, les dernières saisons, j’avais déjà la responsabilité d’une équipe de jeunes. Pendant trois ans, j’ai eu les U13 puis les U14 de Sète. Et ensuite, quand j’ai arrêté de jouer, un an après la remontée en N2, j’ai pris en charge la réserve, pendant deux saisons. Ensuite, j’ai basculé à Agde en National 3 une saison, puis Lattes (DH) pendant trois saisons, dont deux pendant la Covid. Avec Lattes, on est leaders à une journée de l’arrêt des championnats. Et la journée d’après, c’est Albères-Argelès qui est premier, et qui monte en N3 quand la saison est stoppée. »

Connaux, Nîmes, Beaucaire, Arles…

Joueur, Greg Scaffa est un milieu de terrain, plutôt numéro 6 ou numéro 8. Il commence le foot à Connaux, dans son village, près de Bagnols-sur-Cèze, à 40 minutes de Nîmes. En pupilles, quand il passe au foot à 11, il signe à Nîmes Olympique, où il reste quatre saisons : « En moins de 15 ans Nationaux, je ne jouais pas trop, alors je suis reparti dans mon village pendant une saison, et puis je signe à Beaucaire en moins de 17 ans. J’y suis resté pendant sept saisons. On a grimpé les échelons, jusqu’en National avec les seniors. Là, au bout de 10 matchs, contre Poitiers je crois, je me suis fait les croisés. J’ai repris en N3 la saison d’après quand le club est descendu sportivement et administrativement. Ensuite, j’ai joué 4 ans à Arles, en CFA2, CFA puis National, avec Michel Estevan, que j’avais eu à Beaucaire. »

La liberté d’exister dans un staff

Photos Lorik LAURENT  – US Granville

La suite le mène à Sète, une saison en National (2008-09), avec Fred Remola, puis à Raon-l’Etape (2009-10), avec Richard Déziré, en N2, toujours une saison, et à Béziers, qui vient de monter en N2, en 2010-11, avec ce même Fred Remola. « L’année d’après, je retourne à Sète, qui est tombé en DH. J’y ai passé 4 ans. On est monté en N3 puis en N2. J’ai fait la première saison en N2, en 2014/15 ».

C’est le moment que choisit Greg, titulaire du DES, pour lancer sa deuxième carrière dans le foot. Avec cette idée bien claire, donc : ne jamais être adjoint. « Finalement, je l’ai fait à Martigues 3 ans et à QRM une saison et demie ! Pourquoi j’ai changé d’avis ? Parce que pendant trois ans, Greg (Poirier) m’a laissé de la place dans son staff et je me suis épanouis dans ce rôle. Et quand j’ai discuté au téléphone avec David (Carré) avant de signer à QRM, j’ai senti que lui aussi allait me laisser de la place, que j’allais exister, qu’il y aurait un réel échange. Pourtant, avec David, on ne se connaissait pas, même si on avait participé ensemble à une formation d’analyste vidéo quand l’UFR Staps de Montpellier avait crée le DU, mais à l’époque, on n’avait pas échangé. David est quelqu’un d’assez réservé et je ne suis pas non plus quelqu’un qui va vers les gens. »

Cette liberté que lui ont donnée Grégory Poirier et David Carré, l’a-t-il rendue en retour aux personnes de son staff, à Granville ? « Ce poste d’adjoint, ça m’a fait évoluer, parce qu’à Agde, à Lattes, j’aimais contrôler les choses, même si je permettais déjà des choses à mon staff (1). Aujourd’hui, oui, clairement, je laisse la place qu’il faut à mes adjoints et je pense qu’ils en sont contents, qu’ils sont épanouis. »

(1) Le staff de l’US Granville est composé de : Hugo Pêcher, adjoint (aspect offensif), Arthur Marie, en charge de la préparation physique et de l’aspect défensif),  Henri Engoulou (adjoint en charge de la reathletisation), Simon Houivet (adjoint en charge des gardiens), Brandon Beduneau (adjoint en charge de la vidéo)  et Lilian Rose (adjoint installation terrain).

Jusqu’à 8 points de retard

Photos Lorik LAURENT  – US Granville

Après l’éviction de David Carré à Quevilly Rouen, en septembre dernier, il aurait pu en profiter pour souffler, lui qui n’avait jamais « coupé » en 10 ans. « C’est l’opportunité de devenir numéro 1 qui fait que je replonge immédiatement, poursuit-il; c’était l’occasion. Avec l’US Granville, j’avais un club qui me faisait confiance alors que je n’avais aucune expérience de numéro 1 en N2. Je me suis dit « je vais saisir ma chance et on verra », et ça a bien fonctionné. »

Pourtant, quand il arrive, les résultats se font attendre. Pour son premier match, à Poitiers, le 5 décembre (J12), l’équipe s’incline à la 90e sur un but d’Ismaël Houmadi. « Là, on se retrouve avec le directeur sportif, Clevid Dikamona, avec qui j’ai une relation énorme, et on s’est dit « les six prochains matchs, on ne les compte pas ». Peut-être qu’on allait tous les perdre, on ne savait pas, mais ce laps de temps de 6 matchs devait servir à mettre des choses en place, sans se prendre la tête. Finalement, on a fait deux défaites, un nul, à nouveau deux défaites, et à partir du 6e match, qu’on a gagné (contre Châteaubriant, 2-0, J18), on a attaqué une série qui nous a permis de nous maintenir à la fin, avec seulement une défaite en quatorze matchs, 4-2 à Dinan-Léhon. On a quand même eu jusqu’à 8 points de retard sur le 14e ! »

Dinan-Léhon, la prise de conscience

Le stade Louis Dior à Granville. Photo Philippe LE BRECH

Selon lui, le déclic s’est produit après Dinan : « On mène pourtant 2 à 0 et on perd 4 à 2. Je prends un gros coup derrière la tête. Là, beaucoup de monde pense que c’est mort. J’attrape les joueurs dans les vestiaires, les dirigeants sont là, on a une vraie discussion, je leur dis ce que je pense, comment je vois les choses et comment il va falloir être pour s’en sortir. J’ai parlé, puis ensuite j’ai laissé les joueurs prendre la parole, puis ce fut au tour du directeur sportif et enfin au président. On s’est dit les choses, sincèrement. Cela a duré au moins trente minutes. Mais on voyait qu’il n’y avait pas de tricheurs. Et à partir de la, dans les semaines qui ont suivi, j’ai dit au staff : « Les joueurs sont en train d’y croire ». Je sentais qu’il se dégageait quelque chose de cette équipe qui m’a laissé penser qu’on allait se maintenir, quelque chose que je n’avais pas ressenti avant cette discussion à Dinan. Attention, je ne suis pas en train de dire qu’elle a tout changé, mais en tout cas, elle a fait du bien. Après ça, j’ai trouvé que les joueurs étaient habités, persuadés eux aussi qu’ils allaient s’en sortir. »

« On était une équipe gentille »

A trois journées de la fin, Granville, désormais 15e sur 16, doit recevoir deux fois de suite, d’abord le leader, La Roche-sur-Yon, puis Avranches, avant de terminer à Chauray. « J’étais confiant mais je ne cache pas qu’après le match d’Avranches, quand on fait match nul (1-1 juste après le 0-0 face à La Roche), je me suis dit que ça allait être dur d’aller chercher le maintien à l’extérieur, mais les joueurs ont envoyé des messages, par leur comportement et leur investissement. Et moi, j’y ai toujours cru. » Et l’US Granville a gagné 1 à 0, et s’est maintenue !

« On a cherché la solidité et l’efficacité »

Photos Lorik LAURENT  – US Granville

Mais alors, qu’est-ce qui ne fonctionnait pas avant ce fameux match de Dinan ? « Il manquait cet état d’esprit de gagneurs, qui fait que vous n’acceptez pas la défaite. De la personnalité aussi. Je trouvais qu’on était une équipe gentille… On a bien évolué depuis… Déjà, à partir du match à Lorient (J19, 1-1), on a changé des choses tactiquement, on est devenu solide, on ne prenait quasiment plus de buts. Et puis, on a bien vu qu’il y avait des choses que l’on pouvait faire, et d’autres pas. On est passé à des choses très simples, très concrètes, et les joueurs ont adhéré au nouveau projet de jeu. Une fois, pourtant, je me suis trompé : c’est à La Roche-sur-Yon, à l’aller (J14, 4-2). Ce jour-là, il me manquait ma sentinelle et j’ai opté pour un 3-4-3 au lieu du 4-3-3 et on a pris un bouillon. Dans le vestiaire, j’ai dit que cette défaite était pour moi. On a gardé le 4-3-3 après mais on était quasiment en 6-3-1, on défendait quasiment à 6 joueurs dont 3 alignés, avec des excentrés, un bloc compact bas, sans chercher à presser haut. On voulait être solide. Ce n’est pas mon football, parce que moi, j’aime le jeu, mais à un moment donné, il fallait changer quelque chose. J’ai convaincu les joueurs que c’était en jouant comme ça qu’on allait y arriver. Au final, on avait quand même le ballon, on cherchait à faire des choses, on a très peu été mis en danger et on a marqué à quasiment tous les matchs. En fait, on a cherché la solidité et l’efficacité. »

Son système idéal : le 4-3-3

Photos Lorik LAURENT  – US Granville

On comprend entre les lignes que, pour parvenir à ses fins, Greg Scaffa a dû mettre de côté ses préceptes, jouer contre-nature. Et ça, c’est un signe de maturité : « Moi, j’aime le 4-3-3 avec une sentinelle et deux 8. Je suis fan de Guardiola : quand j’ai commencé à entraîner, la référence, c’était le Barça, qui faisait mal tout le monde. J’ai adoré aussi le PSG de Laurent Blanc. Et puis, on s’imprègne aussi des entraîneurs que l’on a eus : j’ai eu Michel Estevan pendant 10 ans à Beaucaire et à Arles, il m’a marqué par sa rigueur, sa malice, sa capacité à faire des montées, à transcender son groupe. »

Quand il évoque ce manque de caractère parfois, c’est parce qu’il a tellement fréquenté les championnats amateurs du sud-est de la France que, forcément, en arrivant dans la poule ouest de National 2, la différence de football fut criante : « L’US Granville, c’est un club tranquille, sain, familial, avec de belles valeurs, beaucoup de partenaires et de bénévoles. Tu te rends comptes, il y a 240 partenaires pour 13 000 habitants ! Ici, les dirigeants te laissent travailler, mais c’est vrai que, parfois, il manque ce caractère que j’ai connu en bas, dans le sud, où il y a beaucoup de matchs « à contexte », comme je les appelle. Là, en Bretagne, dans les Pays de la Loire, en Normandie, ça ne parle pas, ça joue, ce n’est pas la même mentalité. C’est une expérience différente pour moi; ça me fait évoluer en tant qu’entraîneur mais aussi en tant qu’homme. Je sais qu’après ça, je serai un entraîneur plus armé. »

« Dans le sud, on n’a pas de main courante ! »

Un autre point l’a également marqué : les mains courantes ! « Chez nous, dans le sud, ça n’existe pas ! J’en reviens à cette histoire de contexte : quand tu joues à Nîmes ou à Toulon par exemple, ce sont des matchs durs, avec du public, de la ferveur, tu affrontes des clubs qui ont une histoire. Ici dans l’ouest, c’est le foot et le jeu qui passent avant tout. C’est pour ça que cela m’a surpris de voir autant de mains courantes, avec des gens au bord du terrain, comme aux Herbiers, c’est bon enfant. Chez nous, il y a des grillages partout ! »

Le beau jeu de côté

Le stade Louis Dior à Granville. Photo Philippe LE BRECH

À Granville, Greg a aussi dû mettre le beau jeu de côté : « Avant d’être adjoint, j’étais un entraîneur hyper-dogmatique. J’aimais le football de possession, qui impose des choses à son adversaire, avec du jeu de position. Par exemple, Greg (Poirier), lui, est plutôt pragmatique : j’ai pris conscience à ses côtés de l’importance du résultat. Du coup, j’ai évolué, même si je veux toujours bien jouer au foot, bien faire jouer mes équipes, ne pas subir, un peu comme les entraîneurs modernes. Mais si on s’est maintenu cette saison avec Granville, c’est parce qu’à un moment donné, j’ai eu cette capacité à devenir plus pragmatique. Je me suis assis sur ce que j’aime pendant ces quelques mois. Je n’aurais pas été capable de faire ça à mes débuts d’entraîneur, parce que j’aurais eu la certitude de nous sauver avec mon football de possession, en essayant de tout le temps jouer, et je me serais trompé. »

Une suspension de 10 matchs

Photos Lorik LAURENT  – US Granville

Si la saison fut riche à tout point de vue, elle fut aussi émaillée d’un incident qui a nécessité une (autre) remise en question, sur sa personne cette fois. À Saint-Malo, Greg Scaffa a commis le geste de trop. Il repousse un adversaire, lui met la main au visage. La sanction tombe, inéluctable. Carton rouge. Et dix matchs de suspension. Il en a déjà purgé huit.

« Ce geste, je ne dois pas le faire, raconte Greg; pourtant, ce n’est pas mon tempérament. J’avais déjà pris un rouge en coupe de France, avec Lattes, pour une réflexion, mais c’était ironique, j’avais râlé après une faute, il n’y avait rien de méchant, j’avais même été surpris de la sanction. Là, c’est différent. Le joueur de Saint-Malo a parlé à mon banc, je lui ai dit de ne pas leur parler, il se retourne, il vient vers moi et je le pousse, la main au visage… Maintenant c’est fait… En plus, ce match, il se passait bien. Je suis calme normalement, même si j’élève la voix pour mes joueurs. J’essaie de ne pas m’occuper de ce qui se passe à côté, de rester focus uniquement sur mon équipe. »

À la reprise du championnat, le 22 août, le Gardois de 45 ans purgera son 9e match. « Dix matchs, c’est lourd. Je me suis remis en question. Quand il t’arrive ça, tu n’es pas fier de toi… L’exemple que je donne n’est pas bon. Après ça, on a vite fait de te coller une image. Mais à l’US Granville, les gens du club me connaissent et savent la personne que je suis. Ils ont tous été derrière moi, solidaires. Ce geste, ce n’est pas moi. »

« Ce qui marche, c’est la stabilité »

L’équipe de l’US Granville 2025-26. Photo Philippe LE BRECH

A l’arrivée, l’US Granville a atteint son objectif, le maintien, « mais quand tu te sauves à la dernière journée, c’est comme une accession ». Greg Scaffa ose la comparaison, et entend surfer sur la dynamique de 2026 : « Ce qui s’est passé a été fantastique, magnifique ! La relation entre nous tous a été consolidée. Mais il ne faut pas croire qu’il suffira juste d’entrer sur le terrain la saison prochaine pour faire une saison tranquille. Bien sûr, il s’est créé quelque chose entre les joueurs, on a trouvé un état d’esprit, il va falloir le garder, le faire évoluer, l’améliorer. »

Il va falloir aussi garder l’ossature : on a souvent vu des équipes en difficulté une saison jouer la suivante de manière libérée. « Le constat qui a été fait, c’est que les années précédentes, le club perdait 70 à 80% des joueurs. Il faut être rationnel : ce qui marche, c’est la stabilité. Cette saison, les joueurs ont adhéré, donc l’idée, c’est de mettre de la continuité. Quelques joueurs sont arrivés, d’autres vont encore nous rejoindre pour renforcer l’équipe afin de ne pas vivre les deux dernières saisons vécues par le club. Mais on ne se presse pas. »

 

Grégory Poirier :

« Il a fait un truc extraordinaire à Granville ! »

L’ex-coach de Martigues et du Red Star était en plein déménagement lorsqu’il a, pendant quelques minutes, pris le temps d’évoquer son ami et ex-adjoint, Greg Scaffa.

Avec Grégory Poirier, en 2023, au FC Martigues. Photo FCM

Pourquoi l’avoir choisi comme adjoint à Martigues ?
C’était logique. A ce moment-là, je n’avais pas eu de nouvelles de lui depuis un moment. On était proche quand on jouait à Arles, on faisait la route ensemble de Montpellier, tous les jours, ce n’était pas commun. Je savais qu’il entraînait en R1 (à Lattes) et j’avais eu des bons échos sur lui. Greg, c’est quelqu’un de passionné. Le directeur sportif de Martigues de l’époque, Djamal Mohamed, m’a suivi dans mon choix, surtout qu’il voulait vraiment que je sois bien staffé, et il a trouvé l’idée cohérente. Et la venue de Greg est devenue une évidence. On n’avait pas ciblé beaucoup de profils, mais lui en faisait partie. Je tenais à ce qu’il nous rejoigne, c’était assez naturel finalement.

Greg Scaffa dit que vous êtes proche, mais pour autant, vous ne vous appelez pas souvent…
On s’appelle de temps en temps ou on s’envoie un message… On a tous la tête dans le guidon… Cela n’a pas pu se faire avec lui au Red Star, mais on a gardé le contact. Il est assez casanier, moi aussi, lui encore plus. En terme de téléphone, on est un peu pareil (rires). Je suis content parce que, après Martigues, une aventure de fou, où on avait sur-performé pendant 2 ans, et même 3 ans, je repense à la deuxième saison, celle où on ne monte pas en L2, c’est celle où on a le mieux joué, on s’est régalé, et à la fin, je n’ai pas pu l’emmener avec moi au Red Star. Il devait rester à Martigues et il n’est pas resté. Franchement, le foot est déjà tellement ingrat et instable que j’étais vraiment content qu’il retrouve Quevilly Rouen juste après, qu’il voit un autre coach.

Soir d’accession en Ligue 2 avec le FC Martigues de Grégory Poirier (de dos). Photo FCM

Il a toujours dit qu’il était hors de question d’être adjoint, et pourtant, il l’a été avec toi pendant trois saisons, parce que, dit-il, tu laisses beaucoup de liberté…
Un coach doit avoir beaucoup d’énergie pour prendre les bonnes décisions, faire les bons choix. C’est tellement complexe d’avoir un plan de jeu, un projet de jeu, un vestiaire à gérer… Greg était bon pour créer et animer les séances, donc il n’y avait pas de raison de ne pas lui laisser de liberté. On n’était qu’en N2 la première année à Martigues mais je voulais déjà qu’on se projette comme une structure pro. La première saison, il n’y avait que Greg, et dès la deuxième année, j’avais deux adjoints pour les deux animations, offensive et défensive. Un staff, il faut l’impliquer si tu veux fédérer, pour lui donner de l’énergie sur la saison entière. Parce que c’est un marathon. Cela veut dire aussi de l’impliquer pour qu’il soit acteur : en plus d’être bon dans l’animation et la méthodologie d’entraînement, Greg, c’est quelqu’un qui alimentait le projet de jeu, et ça challenge le coach. Alors oui, il a cette personnalité de numéro 1, mais il est loyal, il a un bon fond, il est respectueux, et avec lui, je savais que je pouvais lui faire confiance dans pas mal de situations d’entraînement, dans le fait de partager des choses sur le plan de jeu, dans le management, dans les choix et les prises de décision. Il était là aussi pour être nourri. Et puis il y avait cette amitié entre nous. Je savais à qui j’avais affaire.

Photos Lorik LAURENT  – US Granville

Greg Scaffa dit aussi qu’avec toi, il a appris à devenir plus pragmatique, à aller à l’essentiel, à penser un peu plus au résultat…
Je me souviens qu’on a parlé de ça quand il a pris Granville, et c’est ce qu’il comptait faire là-bas. Lui et moi, en fait, on est très axé sur le jeu, on a besoin de prendre du plaisir par le jeu. Au Red star, on était encore plus dans cette culture du jeu, dans le fait de développer du jeu avec les moyens qu’on avait, c’est à dire faire beaucoup avec peu, mais si tu veux exister dans ce métier, il ne faut pas oublier de gagner. Tu dois générer des émotions, développer des joueurs, optimiser un effectif, faire du jeu si c’est possible, mais il faut valider tout ça par le fait de gagner des matchs, et c’est ce qu’on a réussi à faire à Martigues : je lui avais dit « ça, on va pouvoir le faire, mais peut-être dans trois mois, peut-être dans six mois, soit patient ». Je me souviens, au début, lors des premières séances, il me disait « mais Greg, tu ne leur dis rien aux joueurs ? », et je lui répondais « non, attend, pour l’instant, il faut gagner le vestiaire. On fera du jeu, et on sera très exigeant sur les principes de jeu dans un deuxième temps ». Et on l’a été après, et ça c’est vu, on a gagné 14 matchs sur 16 les six derniers mois. Mais au début, c’est plus de l’humain, on venait d’arriver, on prenait la suite d’Eric Chelle, qui était un Martégal, et qui était apprécié. Il faut avoir un process bien déterminé pour que chaque étape soit franchie, et à chaque fois aller chercher quelque chose de nouveau, sans oublier les acquis. Greg était assez impulsif et sanguin, il a appris à rester calme, il a évolué dans cette gestion que tu dois avoir quand tu es numéro 1. Cette passion, il l’avait. Il est franc, loyal, largement capable de gérer un groupe. Il fallait juste qu’il apporte cette gestion, cette efficacité, et ce pragmatisme, tout en mettant en place des choses, mais cela ne veut pas dire parce qu’on est efficace que l’on ne veut pas jouer au ballon, non. Pour faire avancer un projet de jeu, il ne faut pas distinguer les deux, mais il y a des étapes. Je sais que, pour ma part, cela passe aussi par des résultats.

Du coup, tu as suivi ses résultats à Granville ?
Bien sûr, et finalement, le choix de l’avoir pris était le bon. Une personne de l’entourage du club de Granville m’avait sollicité pour avoir mon ressenti, pour savoir s’il était capable de mener une opération maintien là-bas, en numéro 1, parce qu’ils avaient deux ou trois profils. Et j’avais dit, « ben oui ! » La preuve, il a fait un truc extraordinaire à Granville !

Photos Lorik LAURENT  – US Granville
Photos Lorik LAURENT  – US Granville
Photos Lorik LAURENT  – US Granville
Photos Lorik LAURENT  – US Granville
  • Texte : Anthony BOYER / X @BOYERANTHONY06 / mail : aboyer@13heuresfoot.fr
  • Photos : Lorik LAURENT – US Granville (sauf mentions spéciales)
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Le deuxième joueur le plus capé de l’histoire des Diables rouges, pur rouennais, a progressé au rythme de son club, de la DH jusqu’à la Ligue 3, mais avec le sentiment que l’on doutait parfois de ses qualités. Aujourd’hui, à 31 ans, le capitaine du club normand, reconverti piston gauche, est devenu le défenseur le plus efficace de la division. Portrait d’un garçon exemplaire, généreux, sensible et fidèle.

Par Anthony BOYER / aboyer@13heuresfoot.fr – Photos Bernard MORVAN – FC Rouen

Photo Bernard Morvan – FCR

C’est quand même fou de se dire que, le 11 décembre 1994, il y a un peu moins de 32 ans donc, quand naissait Clément Bassin, le FC Rouen évoluait en … National ! La veille, le 10 décembre 1994 donc, les Diables rouges de Lechevallier, Costa, Savoye, Havet, Haise, Soloy, Déziré, Giguel, Quint, Corroyer, Grosbois, Orts, Belbey, De Oliveira, pour ne citer qu’eux, faisaient match nul au stade Diochon contre Louhans-Cuiseaux (1-1) devant 1908 spectateurs.

C’est fou de se dire que, 32 ans plus tard, le club de la ville aux cent clochers en est au même point. Mais pas au point mort, même s’il a pas mal voyagé dans ce laps de temps et traîné ses guêtres un peu dans toutes les divisions, presque toujours à des échelons inférieurs (DH, CFA2, CFA), sauf une fois, une seule, en Ligue 2 (en 2003-2004), une saison que tout le monde a oublié. Sauf Clément Bassin. Car c’est lors de cette saison passée en Ligue 2, un soir de derby heureux et de feu contre Le Havre (4-0), qu’il s’est assis pour la première fois dans les travées d’un Diochon incandescent. Il avait alors 10 ans. Ce fut le coup de foudre comme dans les films.

Le gamin tout blond jouait à l’époque à quelques centaines de mètres du stade, à Sotteville-lès-Rouen, et quelques mois plus tard, il signait sa première licence au FCR et enfilait sa tunique rouge qui allait, 32 ans après, devenir la cape de « Super Clément ».

À 90 matchs du record de Roger Rio

Photo Bernard Morvan – FCR

Depuis le 1er juillet 2026, Clément Bassin poursuit sa licence. Le voilà en 23e année ! 23 licences, c’est 70% de son existence passée à enfiler la tunique rouge et blanche. Cela représente aussi – chiffres à jour – 347 matchs en équipe fanion, 30 buts, et un statut de deuxième joueur le plus capé de l’histoire du club, derrière Roger Rio (437 matchs) dans les années 1930/1940.

Dans 90 matchs, Clément Bassin égalera le record de Rio. Si l’on est si affirmatif, c’est parce que le capitaine du FC Rouen vient de (re)signer pour trois ans (jusqu’en 2029). En théorie, il lui reste 102 matchs (34 matchs par saison !) pour y parvenir, à condition de ne pas prendre trop de cartons ! Utopique ? L’avenir le dira. En tout cas, dans l’entretien que le Normand nous a accordé, maillot du Téfécé (Toulouse) sur le dos – « C’est celui de la coupe de France, quand on les a affrontés ! » -, il s’est montré déterminé à l’idée de terminer sa carrière à la maison.

La longévité, pas forcément la légitimité

Photo Bernard Morvan – FCR

Une fidélité comme celle-là, dans le football contemporain, c’est rare. « Dans ma carrière d’entraîneur, je n’avais connu qu’un seul joueur avec une telle fidélité, se remémore son coach actuel, Régis Brouard; c’était Franck Azzopardi, à Niort. D’ailleurs, entre Clément et Franck, il y a des similitudes, dans les valeurs et le respect. Niort et Rouen, c’est leur club, leur famille, ça représente tellement de choses pour eux. »

Pour autant, cette longévité, ces records, cette fidélité, ne lui donnent pas la légitimité qu’il pourrait revendiquer : « Non, même si au fur et mesure des années, je prends conscience que, de par ma longévité au FCR, je deviens une personne importante dans le club, que ce soit pour les jeunes ou vis à vis de mes coéquipiers, admet Clément; Je vois bien que je deviens important, que je suis beaucoup regardé, par rapport à mon comportement, qui est étudié. Ce n’est pas parce que je suis le deuxième joueur le plus capé de l’Histoire du club que je dois me prendre pour un autre. Au contraire, il faut montrer l’exemple, rester soi-même et ne pas trop en faire. Je veux toujours véhiculer une bonne image et laisser une bonne empreinte. »

Le défenseur le plus efficace de National

Clément Bassin et le FC Rouen, c’est une grande, longue et belle histoire. Une histoire d’hommes. D’amour. De fidélité. De loyauté. D’exemplarité. De confiance. d’Honneur. Quand on demande à Régis Brouard de résumer le défenseur en trois ou quatre mots, il cite « fiable », « exemple », « quelque part un leader » et « confiance ».

C’est aussi une histoire de record et de chiffres : 6, comme le nombre de buts inscrits lors de la saison écoulée, et 4, comme le nombre de passes décisives. Des chiffres qui font de lui le défenseur le plus efficace du championnat National 2025/26. Et quand on sait que le garçon a découvert le poste de piston en cours de saison, on mesure mieux la performance !

« Je me suis pris au jeu »

Photo Bernard Morvan – FCR

Outre son adaptation rapide à ce nouveau rôle, signe aussi d’une certaine intelligence, ce qui frappe chez Clément Bassin, c’est cette faculté à se trouver au bon endroit au bon moment, souvent dans les bons coups, à roder aux abords de la surface. Cette propension à suivre les actions, à les terminer même parfois. Ce goût pour le poste, auquel il s’est fait, et ce goût pour le but, qui ne le quitte plus, sont devenus naturels.

« En fait, la saison passée, j’étais parti pour être défenseur central, comme avant, surtout que le coach voulait démarrer sur une base de quatre derrière, rembobine Clément. En match amical de préparation contre Avranches, il a eu un besoin au poste d’arrière gauche, il a alors fait appel à moi, parce qu’il savait que je pouvais dépanner là. J’ai fait 30 minutes comme ça. Je crois qu’il a aimé mon activité. Et c’est comme ça que, cette saison, j’ai évolué au poste de latéral gauche d’abord, puis au poste de piston gauche ensuite, quand le coach a estimé que l’on avait besoin de s’adapter à un autre système, en 3-5-2. Et comme en plus on avait trois défenseurs centraux assez complémentaires, Dany (Goprou), Formose (Mendy) et Sofyane (Bouzamoucha), et qui s’entendaient bien, du coup, il m’a positionné un peu plus haut et ça a fonctionné. Au fil des matchs, je me suis senti de mieux en mieux physiquement. Pourtant, c’était un poste que je découvrais. Et d’avoir pu marquer et être décisif, ça a fait que je me suis pris au jeu. J’ai pris confiance et les bonnes performances ont suivi. Et à l’arrivée, les statistiques sont plus qu’honorables. »

Régis Brouard : « C’était super-bien ! »

Photo Bernard Morvan – FCR

« Je savais que Clément pouvait répondre à différents postes, développe Régis Brouard; quand des choses m’ont sauté aux yeux, je lui ai parlé de ce poste de piston. Clément, c’est quelqu’un de tellement généreux, pas avare d’efforts… Il fallait qu’il s’habitue. Ce poste demande des courses longues, il s’y est adapté à une vitesse incroyable parce que ce n’était pas du tout prévu. Je crois pouvoir dire qu’il a pris le plus de plaisir à ce poste-là. C’est vrai qu’il est porté vers le jeu offensif, parfois trop même, il veut finir les actions, et d’ailleurs, on voyait bien chez certains de nos adversaires cette volonté de nous contrer dans son dos. Je me souviens d’un but à Caen, avec un centre du piston droit et c’est notre piston gauche, Clément, qui termine l’action au 2e poteau ! Je crois aussi qu’il a pris goût à la sensation de marquer des buts. C’était bien. C’était même super-bien ! »

Les saisons précédentes, l’on avait tellement l’habitude de le voir évoluer en défense centrale, notamment aux côtés de son compère Valentin Sanson, parti l’été 2025 à Virton, en D3 Belge, que de le voir évoluer en piston gauche fut loin d’être une évidence. Et pourtant. Ce poste met en avant son abattage, ses qualités de passe et de centre chez un joueur toujours à 200 %, à tel point qu’aujourd’hui, tout semble naturel. « C’est vrai qu’il y a des gens, que ce soit à l’intérieur du club ou à l’extérieur, qui ont vu que je prenais plus de plaisir à ce poste-là, même moi d’ailleurs, poursuit Clément ! C’est un poste hybride, il y a beaucoup de travail à effectuer, notamment défensif, mais il me permet de beaucoup me projeter vers l’avant, de me mettre en position de centres et je sais que j’ai cette qualité d’apporter des bons ballons. Et puis, le fait de participer aux actions offensives dans la surface, d’être présent au maximum dans les bons coups, aux abords de la surface, ça m’a donné confiance. A chaque fois, je pensais que j’allais peut-être être décisif ! »

« Parfois, on a remis mes qualités en question »

Photo Bernard Morvan – FCR

Il n’y a pas qu’aux différents postes défensifs que Clément Bassin a dû s’adapter. Mais aussi au échelons, à mesure que le club les gravissait (DH, N3, N2, National), et là, ce fut beaucoup plus complexe : « Je ne vais pas te mentir, il y a eu un temps d’adaptation. Ce qui m’a toujours poussé, c’est que parfois, on a remis mes qualités en questions, confie-t-il. J’étais toujours là à me dire « Je vais prouver à ces personnes qui doutent de moi que j’ai le niveau, que je peux jouer, je vais leur démontrer mes qualités, travailler encore plus, faire plus d’efforts sur le plan « perso ». Au final, cela a payé à chaque fois, je suis resté deux ou trois saisons à un certain niveau, DH, N3, N2, j’ai pris conscience du niveau, je me suis adapté. Après, il y a eu la confiance des dirigeants aussi : elle a toujours été présente. Pourtant, chaque fois que l’on montait, et pas seulement à mes débuts, certaines personnes disaient « Bon bah Clément ça va être compliqué, il n’a pas le niveau, il faudra recruter à son poste » et finalement je suis parvenu à démontrer mes qualités, et je n’ai quasiment fait que des saisons pleines, hormis les saisons COVID. »

On en revient à cette fameuse « légitimité », et à ce vieil adage qui dit que nul n’est prophète en son pays. Alors, plus difficile pour un vrai rouennais de briller dans sa ville ? « Il ne faut pas forcément en faire plus que les autres, reprend Clément; mais quand cela fait longtemps que tu es dans un club, il suffit de faire une saison moyenne ou de ne pas être à la hauteur de ce que les dirigeants attendent pour s’entendre dire « Ce n’est pas suffisant, on va prendre un autre joueur à ta place », et c’est là qu’il faut redoubler de travail; ça m’est beaucoup arrivé quand on est monté de N2 en National, ou même de N3 en N2 : je me souviens que l’on estimait que le N3, c’était mon niveau maximum. C’est plus à ces périodes-là que l’on ne m’a peut-être pas fait assez confiance. J’ai prouvé à travers mes performances que la solution, c’était de me faire confiance. »

Valentin Sanson : « Clément est en mission »

Avec Valentin Sanson et Christopher Ibayi, ses amis. Photo Bernard Morvan – FCR

Dans l’esprit des interlocuteurs interrogés au sujet de Clément, le mot « générosité » est sans doute celui qui revient le plus souvent. Généreux sur le terrain, et dans la vie de tous les jours. Valentin Sanson, l’un de ses amis et anciens coéquipiers avec lequel il a formé, six saisons durant, la charnière centrale du FCR, confirme : « Clément, c’est quelqu’un de gentil, entier, dévoué à sa famille et à ses amis, qui sait dire les choses quand il faut et dans la vie comme sur le terrain, il est généreux. »

En revanche, s’il y a bien quelque chose qui diffère avec son comportement dans la vie de tous les jours, c’est son comportement… sur le terrain : « Alors là, poursuit l’actuel défenseur de Virton; ce n’est plus le même homme, il se transforme, il n’y a plus de copains, il n’est pas là pour faire plaisir, il est en mission. Parce qu’il joue sa vie au FC Rouen. On a longtemps évolué ensemble, on se connaît depuis l’équipe de France universitaire de Normandie, en 2015. Cette saison, pour moi, il a clairement été le meilleur rouennais de l’équipe. Le plus régulier. Il a répondu aux attentes, et en plus à ce poste de piston qu’il ne connaissait pas. Il a vraiment fait le boulot et il a rendu la confiance au centième. Et je dirais même qu’il a été le meilleur piston du championnat National. »

Docteur Clément et Mister Bassin

Ce côté « Docteur Clément et Mister Bassin », le piston pas pistonné le reconnaît : « Il y a deux Clément, deux facettes chez moi, assure-t-il; le Clément en dehors du terrain, assez posé, assez réfléchi, et le Clément sur le terrain, où là, je mets tout de côté, focus uniquement sur ma performance et sur celle de mon équipe, qui lâche les chevaux, qui se donne à 200 %. Je peux tout laisser sur le terrain, c’est ce qui me caractérise. »

Photo Bernard Morvan – FCR

Il y a aussi le Clément sensible. S’il cite son coach actuel, Régis Brouard, en tête de liste des techniciens qui l’ont le plus marqué (lire le tac au tac plus bas), c’est peut-être en raison de ce trait de personnalité commun. Les deux hommes pensent la même chose et se retrouvent sur pas mal de points. « On n’a pas besoin de toujours se parler, on se comprend rapidement, développe l’hyper-sensible Régis Brouard; Clément comprend vite. Quand je lui parle de quelque chose qui a directement trait à l’équipe, du fait de son statut de capitaine, il n’y a pas d’ambigüité entre nous. C’est valable dans l’autre sens s’il a quelque chose à me dire. Clément, il ne se cache jamais, et moi non plus. On a une relation de confiance profonde, qui dépasse un peu le cadre du foot, parce que c’est quelqu’un qui est quand même réservé, qui ne parle pas beaucoup, qui observe beaucoup. Je pense que l’on se reconnaît un peu l’un dans l’autre. Il lui est arrivé deux ou trois fois « d’exploser », de dire les choses, et c’était de manière juste. C’est quelqu’un de très respectueux et en plus, il est performant sur le terrain. Je garde en mémoire cette image forte à Laval, après le barrage retour, quand on s’est pris tous les deux dans les bras, on avait les larmes aux yeux, c’était particulier. Il y avait de l’émotion, de la frustration, la déception, de l’incompréhension, ça le rendait fou et malade; ça va lui rester toute sa vie. »

« C’est vrai que je suis sensible, reconnaît le joueur; quand je me prends vraiment au jeu, parfois, l’émotion peut prendre le dessus. Cela a été le cas cette saison, parce que cela a quand même été assez éprouvant mentalement, et physiquement aussi. Comme je suis quelqu’un qui se donne à fond, qui ne supporte pas l’échec, cet aspect sensible peut refaire surface. En fait, j’ai tellement envie de donner de la joie aux gens, à mes proches… et quand arrive le match couperet, eh bien soit c’est la bonne nouvelle et là, c’est un « Ouf » de soulagement, les émotions sortent positivement, soit c’est l’inverse, et là c’est la frustration, ça devient difficile à encaisser. A Laval, j’ai pleuré après le match retour du barrage, parce qu’on n’avait pas obtenu ce que l’on souhaitait malgré tout le travail de la saison, et parce que cela avait beaucoup d’importance pour moi de faire monter le club en Ligue 2. Donc il y avait beaucoup de tristesse. »

Clément Bassin, du tac au tac

Photo Bernard Morvan – FCR

Pourquoi pratiques-tu le football et pourquoi à ce poste, défenseur ?
La pratique du foot, elle m’a été transmise par génération. Mon père et mon grand-père jouaient au foot, c’est venu de là. Quant au poste, j’ai toujours évolué à des postes hybrides; quand j’étais jeune, je jouais plus milieu de terrain gauche, on me positionnait là, forcément, parce que je suis gaucher, et j’ai été replacé défenseur gauche parce que je pense que je n’avais pas de grosses qualités de vitesse, et puis je savais bien me placer sur le terrain.

Meilleur souvenir sportif ?
Notre parcours en coupe de France jusqu’en 1/4 de finale et la montée de N2 en National.

Pire souvenir ?
C’est cette saison, avec la non-accession en Ligue 2.

La saison où tu as pris le plus de plaisir ?
Cette saison.

Le moins de plaisir ?
Quand on s’est maintenu en National 3, en 2017-2018, alors qu’on venait juste de monter de DH. On s’est sauvé à la dernière journée.

Après la défaite en barrage à Laval. Photo Bernard Morvan – FCR

Ton premier match en seniors avec le FC Rouen ?
Contre la réserve de Beauvais, en CFA2 à l’époque, en réserve. L’équipe fanion évoluait encore en National. Donc c’était en 2012/2013. Le coach c’était Jean-Marc Sabbatini.

Un coach qui t’a marqué ?
J’en citerais deux. Romain Djoubri, surtout pendant ma formation, il m’a vu grandir, il est encore au club (directeur technique de l’association FCR). Et Régis (Brouard), avec qui j’ai une relation particulière : il incarne un charisme et un management, il a beaucoup d’expérience; avec ce coach-là, tactiquement, j’ai beaucoup appris à ses côtés.

Un coach qui t’a moins marqué ?
Moins marqué, non, car j’estime que chaque coach a toujours quelque chose à t’apporter, même s’il y a des saisons où cela se passe moins bien, parce que le groupe adhère moins.

Un coéquipier perdu de vue que tu aimerais revoir ?
Il y a Val (Valentin Sanson) qui est parti en Belgique, on s’écrit souvent, mais on se voit beaucoup moins : là, on doit se voir justement, il est dans la région.

Photo Bernard Morvan – FCR

Un coéquipier qui t’a marqué ?
Il y a eu Fares Ghedjemis, qui a eu une ascension fulgurante, un bon gars, qui mérite ce qui lui arrive (il joue actuellement à Frosinone en série B italienne et dispute le Mondial avec l’équipe nationale d’Algérie), Lamine Sy aussi (AJ Auxerre), et Chris Ibayi (Thoune, D1 Suisse), qui est un ami. Je suis très content pour ces joueurs-là, qui sont là où ils devraient être.

Le joueur emblématique du FC Rouen ?
Dans l’Histoire du club ? Je ne les ai pas connu mais beaucoup parlent de Jean-Pierre Orts, de Jean-François Beltramini, des figures emblématiques, je sais qu’ils ont marqué l’histoire du club, j’en connais d’autres bien sûr, ceux-là sont les plus marquants.

Les matchs historiques du FC Rouen ?
Je sais qu’il y en a eu plein, des Rouen-Bayern (en l’International Football Cup, ancêtre de la coupe Intertoto, en 1963, Ndlr), des Rouen-Arsenal, ce sont des matchs historiques, quand le FC Rouen jouait en coupe d’Europe (la Coupe des villes de foires, l’ancêtre de la Coupe UEFA, devenue aujourd’hui la Ligue Europa), les plus anciens en parlent encore.

La première fois que tu es venu voir un match à Diochon ?
C’était lors de la dernière saison du club en Ligue 2, en 2003-2004, contre Le Havre (4-0). Un bon moment.

Le stade Diochon, il est …
C’est un chaudron, il est bouillant, il y a une belle ambiance.

Le public rouennais, tu dirais qu’il est comment ?
Euh…. (rires) Il peut être bipolaire (rires) ! Il est toujours derrière son équipe, avec ses vrais supporters, qui sont là pour l’Histoire du club. Ce sont de vrais passionnés.

Combien de cartons rouges ?
Trois je crois. Non, quatre peut-être. Je n’ai plus le souvenir en tête.

Photo Bernard Morvan – FCR

Ton match référence avec le FC Rouen ?
(Rires) Je n’ai jamais terminé un match avec le sentiment d’avoir été vraiment trop fort, comme tu dis. J’ai plutôt le souvenir de matchs aboutis collectivement, où je me suis dis, ce jour-là, il ne peut rien nous arriver. Ce fut par exemple le cas contre Monaco en coupe de France, j’avais l’impression qu’on était injouables ce soir-là (1-1, le FC Rouen qualifié 6 à 5 au tab, le 8 février 2024), et pareil contre Metz, toujours en coupe, deux ou trois ans avant, on avait gagné 3 à 0 (le 6 janvier 2020, Ndlr).

Inversement, ton pire match ?
Un match qui a été très compliqué, c’est le match contre Dijon, à la dernière journée, en National (le 18 mai 2024), on avait perdu 5 à 0 chez nous. La situation était compliquée car les joueurs n’étaient plus payés. Malgré ça, on voulait bien finir devant nos supporters, mais bon… Il y a eu aussi le match de Versailles cette année chez nous, on est passé complètement au travers, et là on se dit que c’est un cauchemar, et on n’a qu’une hâte, c’est que ça se termine, le match avait été arrêté (le 9 mai 2026, 1-3, 33e journée).

Un chiffre fétiche ?
Le 18, mais il n’a aucune signification particulière. C’est juste que je l’aime bien !

Ta plus grande fierté ?
Mes enfants (Kamil 6 ans et Elaïa 3 ans). D’avoir fondé une famille et d’avoir tout construit ici, d’avoir pu allier le projet sportif avec le projet familial. C’est cette osmose-là et cet équilibre-là qui font que j’en suis là aujourd’hui. Et aussi la confiance que les dirigeants m’ont accordé au fur et à mesure. Ce sont des choses qui m’ont poussé à rester au club, à être aussi fidèle au club.

Photo Bernard Morvan – FCR

Un endroit où tu aimes bien aller à Rouen ?
Le centre-ville, me promener, rue du Gros Horloge, même si j’y vais moins à cause de mon emploi du temps.

La ville de Rouen ?
Une belle ville mais le seul problème, c’est le temps (rires) ! Il pleut un jour sur deux, et encore je suis gentil (rires).

Le FC Rouen est un club plutôt…
Ambitieux, historique, passionné, résilient.

Le football, c’est un milieu plutôt…
Le foot de haut niveau, c’est un peu particulier, un monde de requins, avec de la jalousie parfois, mais cela reste de la passion, avec beaucoup d’enjeux.

Clément Bassin, un joueur plutôt comment …
Qui se donne toujours à 200 % pour ses coéquipiers et pour son club. Un passionné aussi.

Marvin Gakpa s’est engagé au FC Rouen : tu vas lui serrer la main ?
Bah oui pourquoi ? C’est quoi cette question ?

Il a joué à QRM
(Rires) On sait faire la part des choses quand même ! On peut avoir joué à QRM et venir au FCR ! Il y a des joueurs à QRM avec qui je m’entends très bien. La rivalité, elle est plus au niveau des clubs qu’entre les joueurs.

Tes goûts musicaux ?
J’écoute un peu de tout, rap français, rap américain, du son latino, un peu de house music, je suis assez ouvert.

Cinéma, films ?
Oui, mais c’est de plus en plus rare. Je n’ai pas d’acteur ou d’actrice fétiches.

Des dessins animés du coup ?
Même pas ! Les enfants demandent tellement de temps que l’on n’a même pas le temps.

Photo Bernard Morvan – FCR

Tu as le temps pour les passions, à part la famille et le foot ?
J’aime bien le padel, je joue de temps en temps. J’aime bien les cartes aussi, les jeux de société; comme la manille, la belote, mais un peu moins, car il n’y en a pas beaucoup qui savent jouer.

Une destination de vacances ?
Mon épouse a des origines portugaises, on va au Portugal, c’est vraiment une belle destination, les gens sont très accueillants. J’ai adoré les États-Unis, j’ai eu la chance de faire un road-trip et j’ai le projet de découvrir ce pays encore plus.

Une ville que tu aimes bien, en dehors de Rouen ?
Cannes et la Côte d’Azur en général, Nice, Saint-Raphaël… Je suis venu cette année, et l’année dernière aussi.

Le joueur le plus connu de ton répertoire ?
(Il réfléchit longuement) Fares Ghedjemis et Lamine Sy.

Photo Bernard Morvan – FCR

Des manies, des rituels, des tocs avant un match ?
Un rituel plutôt, ma routine d’avant match : après la reconnaissance terrain, je prends un petit café, je passe chez le kiné, Mathieu, pour un petit massage, et ensuite un peu de gainage, des pompes pur déverouiller un peu tout ça ! Et après, go pour l’échauffement !

Un plat, une boisson ?
Les pâtes, et je suis « team eau gazeuse », j’aime trop ça (rires) !

Ton idole de jeunesse ?
Zidane.

Ton modèle de défenseur ?
Sergio Ramos.

Un sportif autre qu’un footballeur ?
Roger Federer.

Ton plus beau but ?
Je ne sais pas si c’est mon plus beau but mais c’est celui qui m’a procuré le plus d’émotion, contre l’AS Monaco en coupe de France, j’égalise et là, j’ai l’impression que le stade va s’effondrer (rires) ! L’émotion qui m’a traversé à ce moment précis, ce fut juste incroyable. Il y avait une telle attente autour de ce match. Ce but a eu une saveur particulière.


Vidéo : le but de Clément Bassin face à l’AS Monaco en coupe de France

Combien d’amis dans le football ?
Pas beaucoup. Cinq ou six.

Un président marquant ?
J’avais de bonnes relations avec Fabrice Tardy, qui a fait beaucoup pour le club, il tenait ses engagements, et j’ai une pensée pour Maximilien De Wailly qui est décédé (en 2022), il voulait structurer le club, c’était une belle personne.

Photo Bernard Morvan – FCR

Antoine Bulard, ancien chargé de communication de QRM, a une question pour toi : « Tu te verrais mourir à Rouen ou mourir pour le FC Rouen » ?
Mourir à Rouen, ce n’est pas le projet (rires) alors par défaut je dirais « mourir pour le FC Rouen » !

Tes qualités et tes défauts selon toi sur un terrain ?
J’ai une qualité qui peut être un défaut, c’est ma combativité, ça peut porter à préjudice, même si, maintenant, avec l’expérience, je fais plus attention. Ma qualité principale, c’est ma qualité de passe, de centre. Je ne suis pas un joueur qui va essayer d’en faire trop, j’essaie de jouer le plus juste possible. Un de mes défauts, c’est la vitesse : je pense que c’est le critère qui a fait que je ne suis pas allé plus au-dessus. Je compense par le placement.

Tes qualités et tes défauts dans le vie de tous les jours ?
Qualités, je dirais l’humilité, le travail, la persévérance, ce sont mes valeurs, je me donne toujours à 100 % quelque soit le projet dans lequel je me lance, tout en restant le plus humble possible. Défauts ? Parfois, je suis trop gentil. Je ne dis pas « merde » quand il faut dire « merde ». Je suis généreux, je suis capable de donner quand j’aime les gens.

Photo Bernard Morvan – FCR

La non-montée en Ligue 2 cette année, elle est due à quoi ?
On était en surrégime en première partie de saison. On a eu beaucoup de réussite, l’équipe tournait bien, avec très peu de blessés. Et il y a eu des départs à la trêve qui ont fait mal et on n’a pas eu forcément cette osmose dans le jeu avec ceux qui sont arrivés alors que ce sont tous des bon gars, mais parfois, l’intégration ne se fait pas sur le collectif, comme là, et c’est dommage, parce que je pense qu’en terme de cohésion, ce groupe 2025-26 est le meilleur que j’ai eu dans toute ma carrière. Tout le monde s’entendait vraiment bien. C’était vraiment sympa. Des joueurs importants se sont blessés et on n’a pas su les remplacer. On a eu ce creux de deux mois qui nous a fait du tort, avec moins de réussite aussi, et malgré ça, on a su rester en vie, se remettre dans le droit chemin pour aller jusqu’en barrage, mais c’était le minimum, parce que, par rapport à l’équipe que l’on avait, je pense qu’on aurait pu terminer plus haut.

Tu as envie de finir ta carrière à Rouen ?
J’ai eu des propositions cet été.. mais j’ai fait le choix de prolonger de 3 ans au FC Rouen; ça m’amène jusqu’à mes 34 ans, et là, si mon corps me le permet encore, je continuerai, mais je ne serai plus très loin de la fin de carrière. Donc potentiellement oui, la fin de carrière se terminera à Rouen. C’est un objectif depuis déjà quelques années de me dire « voilà, j’ai fini ma carrière, je n’ai fait qu’un seul club dans toute ma vie même si j’ai joué 2 ans à Sotteville quand j’étais petit, et je veux honorer les couleurs du club le plus possible et sans regret ». Après ? Je ne sais pas, je vis pleinement l’instant présent, je ne suis concentré que sur le sportif, sur ma carrière pro, mais cela ne m’inquiète pas, je me suis constitué un bon réseau, il y aura des choses qui seront tout aussi intéressantes.

Championnat de Ligue 3 (saison 2026-27) – Vendredi 7 août 2026 (journée 1) : FC Rouen – AS Cannes, à 20h45, au stade Diochon.

  • Texte : Anthony BOYER / X @BOYERANTHONY06 / mail : aboyer@13heuresfoot.fr
  • Photos : Bernard MORVAN – FC Rouen 
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L’entraîneur du club des Monts du Lyonnais, champion de N3 toutes poules confondues, cumule deux casquettes avec celle de sélectionneur adjoint de l’équipe nationale de Madagascar. Une habitude chez cet ancien milieu de terrain professionnel, véritable touche à tout, gros bosseur, et qui manie la culture de l’hybride avec son équipe.

Par Anthony BOYER / aboyer@13heuresfoot.fr – Photos Hauts Lyonnais (sauf mentions)

Photo Hauts Lyonnais

Parfois, les apparences et les noms sont trompeurs. Hauts Lyonnais est bien ce club des monts du Lyonnais qui joue sur le complexe inauguré en septembre 2024 de Saint-Symphorien-sur-Coise, un petit village de près de 4 000 âmes situé à 600 mètres d’altitude. Mais il est plus proche géographiquement de Saint-Chamond et de Saint-Etienne, dans la Loire, que de la capitale des Gaules !

C’est simple, à 2km du stade Thomas-Granjon, le nouvel antre des Violets, c’est le 42 et la Loire voisine ! Un particularisme qui fait sourire Ahmed Aït Ouarab, le coach de 46 ans arrivé sur le banc en juillet 2025, et qui cumule deux casquettes avec sa fonction de sélectionneur adjoint de l’équipe nationale de Madagascar : « C’est vrai que le club n’est pas à Lyon ! Il est à la pointe du cône entre Andrézieux, Saint-Etienne et Lyon, à l’autre bout du Rhône. Forcément, il y a un peu de chauvinisme et des rivalités, avec ceux qui sont pour l’Olympique Lyonnais et ceux qui sont pour l’AS Saint-Etienne ! En fait, le club vit au rythme de ces petites « guéguerres » mais je pense qu’on a autant de personnes qui aiment Saint-Etienne que Lyon. Au stade, les gens qui viennent nous voir sont d’abord ceux des villages qui composent le club, fondé en 2012 (Pomeys, Aveize, Duerne, La Chapelle-sur-Coise, Saint-Symphorien-sur-Coise), ensuite, ils viennent aussi bien du 42 que du 69. Et dans mon staff, on est partagé : deux sont Stéphanois et deux sont Lyonnais ! C’est la preuve qu’on peut cohabiter, qu’on peut bien vivre la concurrence sportive ! »

Querelles de clochers

Ces petites querelles de clochers amusent le natif de Bourgoin-Jallieu (Isère) qui, lui, ne cache pas son amour pour l’Olympique Lyonnais. S’il a grandi à Charantonnay, un village situé entre Bourgoin et Vienne, là où il a touché ses premiers ballons, il est ensuite devenu Sanpriot, c’est-à-dire un habitant de Saint-Priest, dans la banlieue de Lyon, où il réside toujours. « Mes parents ont déménagé et aujourd’hui, c’est un de mes frères qui habite dans la maison familiale ».

Photo Hauts Lyonnais

A son époque, pour percer au foot, il n’y a pas 36 clubs : c’est l’Olympique Lyonnais, le CASCOL Oullins-Pierre-Bénite, l’AS Saint-Priest ou Bourgoin. Ahmed participe à des détections, et finalement, à l’âge de 15 ans, il signe au … Racing, à Paris ! On appelle ça l’art du contre-pied, geste d’ailleurs qu’il maîtrise parfaitement sur les pelouses : « Mon frère avait un contact au Racing et c’est comme ça que j’ai tenté l’aventure, en U15 Nationaux. On a fini vice-champion de France derrière l’OL. L’année d’après, je suis première année U17 et capitaine des U17 nationaux. Cette saison-là, je reçois ma première convocation en équipe de France. Il y avait des sacrés joueurs, Steed Malbranque, Anthony Réveillère, Jérémy Bréchet, Sébastien Frey, Samir Beloufa, Frédéric Fouret, Roland Vieira, Jean-François Suchet, Olivier Bernard. Je suis resté deux saisons au Racing avant de rejoindre le centre de formation de l’OGC Nice. Après le bac scientifique, je me suis inscrit en STAPS à Nice mais le directeur du centre de formation de l’époque, Roger Ricort, m’a dit que je n’avais pas le choix, que c’était le moment de choisir le foot. »

Ultra-diplômé

Photo Hauts Lyonnais

Martigues, Le Mans, Wasquehal, Valence, Sète, Chypre, l’Algérie et Bergerac, jalonneront la suite de sa carrière, essentiellement passée en Ligue 2 et en National. Bizarrement, jamais en Ligue 1 malgré son volume de jeu et sa technique. « J’en ai profité pour passer tous les diplômes d’entraîneur que je pouvais passer, et à la fin de ma carrière de joueur au BPFC 24 (Bergerac Périgord), j’ai pu me concentrer sur ma reconversion grâce au président Christophe Fauvel, qui avait un organisme de formation. Là, j’ai passé un BPJEPS APT (éducateur sportif Activités Physiques pour Tous), j’ai passé un DUGOS (Diplôme Universitaire Gestionnaire des Organisations Sportives) avec l’UNFP, j’ai fait une licence marketing et au niveau foot, j’ai le DES. Il me manque le BEFF et le BEPF. Pour le BEFF, je suis admis au concours, je dois juste trouver le stage pour passer la formation. »

« Tout ce que j’avais envisagé s’est produit »

Photo Hauts Lyonnais

Ce métier d’entraîneur, qu’il exerce depuis plus de dix ans, il l’a embrassé et découvert à Bergerac, d’abord avec les U14 Régionaux, puis avec les U19 Régionaux, « où Paul Fauvel, le fils du président, jouait dans les buts ! Paul est aujourd’hui le directeur du Dijon FCO, raconte-t-il ». « J’ai compris assez tôt que je n’aurais pas la carrière de Zidane et qu’il fallait que je me forme, que je prépare l’après football. Je me suis toujours demandé ce qu’il fallait faire pour que, après ma carrière de joueur, je puisse être salarié d’un club de football, soit en pro, soit dans un bon club amateur. J’ai constaté que, dans les clubs amateurs, il fallait être multi-casquettes. C’est pour ça que j’ai fait marketing du sport, que j’ai passé le BPJEPS, que j’ai fait un peu d’animation, de la gestion de projets, que j’ai passé mes diplômes d’entraîneur, afin d’avoir un éventail avec plusieurs branches. Je me suis formé à tout ça même si mon objectif était de rester dans le monde du foot, là où j’ai mon réseau, mes connaissances. A Bergerac, je me suis lancé dans la création d’une entreprise d’équipementier sportif, et je me suis rendu compte que ce n’était pas facile. Mais finalement, tout ce que j’avais envisagé s’est produit ».

« Je dois beaucoup à Karim (Mokeddem) et Bergerac »

Un peu comme avec le Racing, c’est grâce à une connaissance qu’il fait « la » bonne rencontre, celle qui change tout : « Un oncle connaissait l’entraîneur Karim Mokeddem de son époque de Vénissieux, et il savait qu’il cherchait un adjoint à Lyon-Duchère. Du coup, il lui en a parlé et j’ai rencontré Karim. En plus, je voulais rentrer sur Lyon, ça tombait bien ! On a travaillé ensemble pendant 3 saisons, en N2 et en National. Il avait déjà beaucoup d’expérience quand je suis arrivé à Lyon Duchère et je peux dire que j’ai appris à vitesse Grand V à ses côtés. Bergerac et Karim, ce sont vraiment les points de départ de ma carrière. Je leur dois beaucoup. »

Adjoint le matin, commercial l’après-midi

A Lyon-Duchère, Ahmed n’est pas seulement adjoint : « Le club, au départ, ne me proposait qu’un temps partiel. Il fallait que je trouve quelque chose à côté car ça ne me suffisait pas. Je l’ai expliqué à Karim qui l’a très bien compris. Et comme j’avais déjà touché à différentes branches, le président de La Duchère, Mohamed Tria, m’a proposé d’occuper un poste de commercial l’après-midi ! Cela m’a permis d’élargir mon champ d’action. Et pendant 3 ans, j’ai eu cette double casquette. »

Avec Karim Mokeddem (à gauche) et Sofian Atik, à Lyon-Duchère. Photo

Après l’accession en National en 2015-2016 au nez et à la barbe de l’ogre Grenoblois, La Duchère joue les premiers rôles deux années de suite dans l’antichambre de la Ligue 2 au point même de frôler la montée en L2, en 2017 et en 2018. Le club grandit. La charge de travail aussi : « Je me suis retrouvé avec deux fonctions qui correspondait quasiment à deux temps plein. Je l’ai fait comprendre au président Tria, mais il m’a dit « Tu as signé pour tel contrat donc soit tu continues, soit tu arrêtes », et j’ai arrêté. »
Un peu culotté, Ahmed, qui ne reste pas longtemps inactif. Pascal Bollini (directeur de l’UNFP) cherche un adjoint pour le stage de l’UNFP afin d’épauler Serge Romano : « Il faut savoir donner pour recevoir. Je n’ai pas hésité. J’ai croisé du monde, j’ai élargi mon réseau, d’ailleurs, cela m’a permis de rejoindre la sélection de Mauritanie ». En septembre 2018, Corentin Martins, le sélectionneur, cherche un adjoint et pense à Serge Romano mais ce dernier part en Algérie : « Pascal Bollini, avec qui je venais de passer un mois, parle de moi à Corentin. On a fait connaissance et depuis, on ne s’est plus jamais lâché ! »

La Mauritanie, Le Puy, Vaulx, l’Algérie et Madagascar

Ahmed passe 2 ans et demi comme adjoint du sélectionneur des A, dispute deux qualifications pour la CAN (participation en 2019), devient même Directeur technique national adjoint. Et pendant une saison, en 2019-20, il cumule sa fonction avec celle d’entraîneur adjoint de Roland Vieira, qu’il a connu en équipe de France U16, au Puy-en-Velay, promu en National. Malheureusement, la saison est stoppé à neuf journées de la fin en raison de la Covid-19.

Avec Roland Vieira, au Puy-en-Velay. Photo Le Puy-en-Velay FC.

Quand le staff de la Mauritanie est démis de ses fonctions, en octobre 2021, Corentin Martins part en Lybie; Ahmed, lui, reste avec les U23 de la Mauritanie : « Une expérience géniale ! On a même joué et battu l’Algérie, mon pays d’origine… On perd contre le Togo pour une qualification à la CAN, et c’est la fin de ma mission. Là, je signe à Vaulx-en-Velin, en National 3 et après ça, je retrouve Corentin en Algérie, dans un club, au CR Belouizdad, une expérience extraordinaire, dans un club historique, extrêmement populaire, mais le contexte n’était pas simple. J’ai beaucoup aimé travailler en Algérie et je sais que j’y retournerai un jour, parce qu’il y a des choses à faire et qu’il y a un vivier de joueurs très intéressant. Et aujourd’hui, avec Corentin, nous voilà avec la sélection de Madagascar ! »

« On travaille en binôme avec Romain Dedola »

Avec « Dedo » alias Romain Dedola, son binôme, et le joueur Hilal Bouguerra. Photo Hauts Lyonnais

Forcément, mener de front deux missions interpelle. Pour Ahmed, tout est une question de confiance et d’organisation : « L’avantage d’une sélection, c’est que l’on est occupé pendant de courtes périodes, mais en termes de travail, de pic d’intensité, c’est vrai que ces périodes-là sont très chargées. Ma chance, c’est qu’à Hauts-Lyonnais, j’ai un vrai staff autour de moi avec un préparateur physique, un entraîneur des gardiens et un adjoint, mon binôme, Romain Dedola, avec qui j’ai une relation particulière, de même qu’avec mon président, Bruno Lacand. En fait, on a choisi d’accompagner Romain (Dedola), qui est là depuis 7 ans, qui est apprécié, qui gravit les échelons, qui a été admis au DES, et l’objectif ultime du président, c’est qu’il devienne un jour directeur sportif et coach. Mon passage dans le club doit servir aussi à ça. On a envie de continuer l’aventure ensemble. Peu de gens le savent, mais l’an passé, le club a été amendé quand je partais en sélection, parce que la FFF ne l’autorise pas, sauf décès ou maladie. Et il risquait même un retrait de points. J’espère que cela changera parce que franchement, c’est une expérience riche d’avoir deux activités comme celles-là. Les amendes ont été enlevées, parce qu’en mars, j’ai accepté de ne pas partir en sélection, même si cela a été un dommage sportif et financier pour moi. C’est pour cela qu’on a cherché une solution, et l’une d’elles, c’était que Romain puisse intégrer le DES, afin de « couvrir » l’équipe. Cette saison, il sera le coach sur le papier, mais on continuera de fonctionner comme la saison passée. Je ne peux pas dire que j’étais numéro 1, on a travaillé en binôme, on a des idées qui se ressemblent. Quand je m’absente, Romain gère très bien, et cette année, il va s’absenter sept semaines lui aussi, il va grandir sereinement. C’est pour ça que je veux remercier le président, qui aurait pu dire « Voilà, il y a Romain maintenant… » mais il n’est pas comme ça, il est très humain, on apprécie de travailler ensemble. »

L’injustice réparée

Six ans après l’incroyable imbroglio de la non-montée en National 2, quand le club des monts du Lyonnais, 1er de sa poule de N3 devant Rumilly, mais victime du fameux « quotient » (un nouveau critère du règlement destiné à départager des équipes), s’était vu priver d’accession au profit du club haut-savoyard, l’injustice est réparée.

Soir de montée à Hauts Lyonnais ! Photo Hauts Lyonnais

Au terme d’une saison de tous les records – meilleur total de points des huit poules confondues (58 point, devant Le Poiré-sur-Vie, 57 points) – et un 16e de finale de coupe de France (élimination face au FC Lorient, club de L1, 1-3), les Violets sont montés, alors qu’ils n’étaient vraiment pas favoris, tout le contraire de Mâcon. Mais ils ont su déjouer les pronostics et surfer sur l’excellente deuxième partie de saison 2024-2025, sous la houlette de Jérémy Berthod, arrivé à la trêve, quand le club était relégable. Berthod parti à Limonest, Ahmed Aït Ouarab est arrivé, sur la pointe des pieds, avec ses idées, sans rien promettre : « La dynamique de 2e partie de saison était rassurante et de bon augure, quelque chose s’était crée, il fallait continuer le travail entrepris par Jérémy (Berthod) et Romain (Dedola). Je pense qu’on l’a bien fait, sachant qu’avec Mâcon, on avait un vrai concurrent. Bien sûr, la non-accession de 2020 fut une petite plaie ouverte pour le président, marqué par cet épisode mais en même temps, j’ai envie de dire que pour Hauts Lyonnais, c’était écrit et, avec le recul, ce n’était peut-être pas le bon moment pour monter. Quand je vois comment le président a bâti le club ces derniers années… Ce qui est sûr, c’est qu’en 2020, le club n’était pas aussi prêt pour affronter le N2 que maintenant. »

Bruno Lacand, président visionnaire

Avec le président Bruno Lacand. Photo Hauts Lyonnais

Ce qui est sûr aussi, c’est que Bruno Lacand ne fera pas de folie, sous prétexte qu’il faudra affronter Nîmes, Toulon, Andrézieux (sacré derby !), et sans doute aussi Bayonne et Tarbes ! « Le président est visionnaire, il est constamment dans l’anticipation, poursuit Ahmed; beaucoup de clubs auraient mis le paquet sur des recrues ou augmenté les salaires, mais pas lui : d’abord il regarde de combien d’argent il dispose, et ensuite il bâtit. Il est prudent. C’est un entrepreneur. Il a construit une salle de musculation et un espace pour recevoir les partenaires, c’est très intelligent, car il a amélioré à la fois le secteur sportif et aussi le partenariat avec les rentrées de potentiels nouveaux sponsors. Il ne faut pas oublier que Hauts Lyonnais est passé en 10 ans de D1 district à National 2 (future National 1) ! Le club est en constante progression. A Saint-Symphorien-sur-Coise, on dispose d’un complexe tout neuf, on est dans des bonnes conditions, on a tout ce qu’il faut pour bien travailler, et on fait de plus en plus de monde au stade, on a beaucoup plus de supporters : quand on est allé à Andrézieux en coupe de France, on était 3000 supporters contre Lorient ! ».

Il y aura aussi ces matchs contre des clubs qui lui ressemblent, on pense bien sûr à GOAL FC, lui aussi regroupement de plusieurs villages et déjà passé par le National, Limonest-Dardilly-Saint-Didier (avec des retrouvailles pour Jérémy Berthod), Rumilly-Vallières et Saint-Priest si ce dernier est repêché.

« Optimiser notre façon de jouer pour rendre l’adversaire moins fort »

Sur le plan de l’effectif, il y a cependant des bouleversements : « On a renouvelé 80% de l’effectif. On s’est séparé de six joueurs, dont trois ou quatre qui ont grandement participé à l’accession, donc au final, on ne change que trois ou quatre pièces. »

Romain Dedola. Photo Hauts Lyonnais

Sur le plan de la méthode, en revanche, rien ne va changer : « Je suis un entraîneur qui s’intéresse beaucoup à la tactique, afin de comprendre l’adversaire, le jeu. En fait, la tactique, j’adore ça. Je ne peux plus regarder un match sans regarder ce que font les coachs, les changements qu’ils font, les systèmes, etc. J’essaie de développer ça, de faire comprendre les choses à mes joueurs. J’aime utiliser l’expression « Optimiser notre façon de jouer pour rendre l’adversaire moins fort », cela passe par optimiser notre placement, nos déplacements, et en fonction de ce que je vois chez l’adversaire, et de ce que font mes joueurs dans la semaine, avec « Dedo » (Romain Dedola), on se demande qui sont les onze meilleurs quant arrive la fin de la semaine, même si, bien sûr, ce sont souvent les mêmes, à un, deux ou trois éléments près. Ensuite, on se demande dans quel système on les met pour emmerder le plus possible l’adversaire et pour que nous, on soit à l’aise. C’est ça l’idée de départ. Et du coup, on tourne. »

« Je n’ai pas de système établi »

Photo Hauts Lyonnais

« Parfois on joue à 3 derrière, parfois à 4, poursuit Ahmed; je n’ai pas de système établi même si j’aime le 3-4-3. C’est ce que font les grandes équipes, qui défendent en 4-4-2, qui attaquent en 3-2-5 parce qu’elles peuvent parfois se retrouver avec une ligne de trois attaquants avec deux pistons, et en fait, elles changent de système de l’attaque à la défense. J’aime cette culture de l’hybride. En National 2, ça peut fonctionner, parce qu’on est dur à lire pour nos adversaires, qui ne savent pas comment on va jouer, ni comment s’adapter. On est un peu comme des joueurs de poker illisibles ! C’est juste le placement des joueurs qui évolue : on essaie de leur enlever cette idée que tel ou tel joueur est à l’aise en 4-3-3 ou comme ceci ou cela. Chez nous c’est : voilà ce que l’on fait quand on a le ballon, voilà ce qu’on fait quand on ne l’a pas, pensez aux grandes idées, et laissez-moi vous placer là où je pense que vous serez le mieux. Ce n’est pas une adaptation énorme parce que les principes ne changent pas, afin de ne pas perturber les joueurs : défendre en avançant, mettre de la densité autour du porteur du ballon, mettre la pression, projection rapide vers l’avant sur le plan offensif, du jeu dynamique, du jeu de passes. »

Ahmed Aït Ouarab, du tac au tac

Avec le maillot de Madagascar. Photo 13HF

Pourquoi as-tu pratiqué le foot quand tu étais petit ?
J’ai trois grands frères, qui étaient un peu les trois stars du village où on habitait, à Charantonnay, et chaque dimanche après midi, j’étais derrière la cage du stade communal, à jouer avec mes copains, pendant qu’un des mes grands frères gardait les buts et que les deux autres jouaient au milieu de terrain ! J’ai baigné dans le foot rural. Eux n’ont pas eu la chance de faire carrière, un des mes frères a joué jusqu’en Régional, mais il faut dire que mon père était orienté « études ».

Nous on est la génération de ceux qui sont venus en France pour travailler, pour s’intégrer, du coup il a toujours vu le foot comme un obstacle à la réussite scolaire. Mes frères m’ont défendu devant mon père, en lui disant « laisse le faire », parce qu’ils ont vu que j’avais des qualités, et finalement il les a suivi.

Meilleur souvenir sportif ?
J’en ai deux. Le premier, c’est quand je jouais chez les jeunes au Racing à Paris. Je suis avec mon frère et je reçois le courrier pour ma convocation en équipe de France U16, ce fut une sensation incroyable ! Le deuxième, c’est quand je suis sorti du centre de formation de l’OGC Nice : je suis prêté à Martigues, en National, j’étais 3e année espoirs, je ne suis pas pro, mais j’ai le rêve de le devenir. Et à la fin de ma saison à Martigues, en monte en Ligue 2 et le club provençal m’annonce qu’il me fait signer pro.

Et le pire souvenir sportif ?
Avec Le Mans. Je fais un ascenseur émotionnel parce qu’on monte en Ligue 1, mais cette saison-là, en Ligue 2, je suis souvent remplaçant. L’été suivant, je fais la préparation, je suis dans le tempo, ça se passe bien, je me sens bien, mais le club avait besoin de libérer des contrats pour faire venir des joueurs plus huppés pour la Ligue 1. Du coup, là, le club m’a fait la misère : je n’étais pas convoqué aux matchs amicaux, on me laissait seul le week-end, c’était compliqué. Mon agent était un peu de mèche avec le club à ce moment-là et on me fait comprendre que je dois partir. Le coach, c’était Thierry Goudet. Je ne lui en veux pas, parce qu’il n’était pas tout seul, et à la limite, maintenant que je suis entraîneur, je le comprends, c’est juste que, humainement, ce n’était pas top.

Combien de buts marqués dans ta carrière ?
Wouaaaah ! J’étais plus un passeur décisif qu’un buteur, je ne sais pas si c’est parce que j’avais peur de marquer ou de rater. Je jouais 8 ou 10 bien que j’ai été formé milieu défensif, mais j’ai commencé à me sentir à l’aise avec ma technique à partir de de l’âge de 20/21 ans, assez tardivement, et à partir de là, je suis devenu plutôt un numéro 10, avec le 7 ou le 11 dans le dos !

Si tu n’avais pas été footballeur, tu aurais fait quoi ?
J’étais pas trop mal à l’école, je pense que je me serais orienté vers tout ce qui touche à la kiné, à la médecine du sport.

Des cartons rouges dans ta carrière ?
J’en ai eu un pour mauvaise conduite quand j’étais jeune et immature, et un pour mauvaise agressivité, un tacle… Je n’étais pas très méchant. A partir de 23 ans, j’étais mature, plus sain.

Tes qualités et tes défauts sur un terrain, c’était quoi ?
Ma plus grosse qualité, c’est que je courais beaucoup, j’avais une grosse VMA. Quand j’étais fatigué, cela voulait dire que les autres étaient cuits, et quand j’ai commencé à me sentir à l’aise avec ma technique, je suis devenu provocateur, percutant. J’étais en charge de déséquilibrer les défenses. Quant aux défauts, avec le recul, je n’étais peut-être pas assez bon dans ma relation avec mes entraîneurs. Je m’en aperçois d’autant plus aujourd’hui que je suis passé de l’autre côté. J’étais craintif, un peu fermé avec eux : si j’avais été plus à l’aise et si j’avais su créer de meilleures relations avec eux, cela aurait pu m’aider à faire une meilleure carrière.

Qu’est-ce qui t’a manqué pour jouer en Ligue 1 ?
Je me suis longtemps posé la question. Aujourd’hui, quand les collègues posent un regard sur moi, sur ma carrière, ils trouvent que j’étais un très bon joueur, et donc, quand je me demande pourquoi ça n’est pas passé plus haut, je pense que c’est dû au mental. Je ne veux pas dire que j’étais un gamin, mais on en revient à ma relation avec les entraîneurs, elles étaient trop… Comme si l’entraîneur, c’était la police, tu vois ? J’étais trop méfiant, trop critique dès que je ne jouais pas. Parce que sur le terrain, j’avais mon petit talent, comme tout le monde, et je ne voyais pas ce qui pouvait m’empêcher d’aller plus haut.

Un club où tu aurais pu signer ?
Il y a un tournant quand je reviens de Chypre, et avant d’aller à Bejaïa, en Algérie : là, j’ai un bon contact avec Christian Sarramagna à Châteauroux, en Ligue 2. Christian, je l’avais eu comme coach à Sète, en National, on avait bien accroché. Je pense qu’à ce moment-là, si j’étais allé à Châteauroux, qui jouait plutôt le haut de tableau de L2 à l’époque, j’aurais pu surfer sur une dynamique différente. Malheureusement, cela ne s’est pas fait.

Une erreur de casting dans ton parcours ?
(catégorique) Oui, Wasquehal. C’était après Le Mans. Mon agent me fait signer là-bas, en National. Le club descendait de Ligue 2, mais en fait, après ma saison au Mans, j’aurais pu rebondir au moins en Ligue 2. J’ai été mal conseillé. Cela a mis un vrai coup de frein à ma carrière. C’est sur que si je devais revenir en arrière, il y a pas mal de choses que je ne referais pas, que je gèrerais différemment. Après, on dit que c’est mon destin.

Un club qui te faisait rêver, petit ?
L’Olympique Lyonnais.

Un match référence dans ta carrière ?
En National, avec Sète, contre l’AS Cannes, je fais un triplé, il y avait un collègue dans le camp d’en face, Anthony Esparza, et mon adversaire direct, c’était Patrice Carteron. Ce jour-là, je marchais sur l’eau (le 14 octobre 2006, le FC Sète avait battu l’AS Cannes 4-1) !

Pire match ?
Je parlerais plutôt d’une saison noire, à Wasquehal, parce que vraiment… Entre le choix, les blessures… Je me suis fait une pubalgie à mon arrivée, puis une fracture à la main, alors là, quand la saison se termine en juin, tu souffles et un peu et tu te dis « bon, il faut que je reparte, que je redémarre », et cela a été dur.

Un club mythique ?
C’est le Real Madrid, le stade Santiago Bernabeu, même si j’adore le Barça. Peut-être à cause de Zidane.

Un coéquipier marquant ?
Il y en a plusieurs, mais je dirais l’attaquant Frédéric Fouret : l’affinité sur le terrain était bonne, on avait des profils de jeu différent et on s’entendait bien, et en dehors, notre entente était exceptionnelle. On a joué ensemble à Valence et à Clermont. Et aux cartes, dans le bus ou à l’hôtel, on pouvait jouer les yeux fermés : on était même meilleurs aux cartes que sur le terrain (rires) ! C’était vraiment un bon pote. Très sain, très humain. Fred, c’est la classe. Et aussi Mehdi Mostefa, un joueur de caractère, agressif, hargneux, il ne lâchait rien au milieu de terrain : quand tu es milieu offensif comme moi, et que tu as des joueurs comme lui derrière toi, c’est du bonheur. On a commencé ensemble à Valence et j’ai poussé auprès de Christian Sarramagna pour que Sète le prenne quand j’étais là-bas, lui était à Montluçon. C’était comme un petit frère. Et sa carrière a décollé à partir de Sète (Nîmes, Ajaccio, Lorient, Bastia…).

Une équipe qui t’a impressionné ?
C’est la réserve de l’AS Monaco, quand je l’ai affronté avec la réserve de l’OGC Nice, en N2 (CFA), il y avait Trézeguet, Henry, Grassi et Ikpeba en face, Costinha au milieu et là… Ecoute moi, on a pris 4 à 0… C’était incroyable, laisse tomber. J’avais les yeux qui brillent.

L’équipe la plus forte dans laquelle tu as joué ?
L’ASOA Valence en National. On était une machine de guerre. On est monté en Ligue 2 mais on a été empêché d’y accéder, sinon, on se serait maintenu facilement.

Un coéquipier perdu de vue que tu aimerais revoir ?
Medhi Lacen (Getafe, Malaga, Alavès), avec qui j’ai joué à Valence.

Un coach perdu de vue que tu aimerais revoir ?
Alain Ravera. Mon coach à Valence. On s’est croisé mais pas souvent.

Le coach que tu n’as pas envie de recroiser ?
Je ne suis pas rancunier, donc cela ne me dérangerait pas de les recroiser tous.

Un président marquant ?
Alain Martin, le président de l’ASOA Valence, qui était maire d’une petite commune voisine, au Pouzin, et membre du conseil de surveillance de l’AS Saint-Etienne. C’était la classe, même si la saison était difficile financièrement.

Une causerie marquante ?
Alain Ravera, un jour, est venu avec un cailloux dans le vestiaire. Ce n’était pas une causerie, mais un débrief’ d’après-match je crois. Il nous a fait comprendre qu’on était une équipe extraordinaire, qu’il se régalait avec nous. On venait de perdre un match alors qu’on était 2e ou 3e, je ne sais plus, et il a dit que si on ne montait pas, ce serait à cause d’un cailloux comme celui qu’il avait dans la main, qui allait gripper la machine. En fait, son message, c’était que l’on s’attardait trop à regarder les petits détails qui n’allaient pas et les mauvais côtés de nos partenaires, au lieu de regarder ce que tout le monde faisait de bien. Un cailloux… (il marque une pause) J’ai utilisé cette image, mais pas avec un cailloux (rires). J’ai utilisé le point noir au milieu de la feuille blanche : c’est un test psychologique. Quand tu demandes à quelqu’un de dire ce qu’il voit, il répond le point noir, et il ne voit pas tout le blanc qu’il y a autour…

Une consigne d’un coach jamais comprise ?
(Rires) En fait, c’est quand je repense à certains coachs qui n’étaient que sur l’engagement, sur les encouragements, et que tactiquement, il n’y avait rien derrière, alors que je trouve cela tellement important aujourd’hui, cette manière dont tu peux gérer un match tactiquement, d’empêcher l’adversaire de s’appuyer sur ses forces. C’est impossible aujourd’hui de faire sans la tactique.

Le stade qui t’a procuré le plus d’émotion ?
Sans hésiter, le stade Pompidou à Valence, un stade atypique, avec d’un côté une « graaaande » tribune et de l’autre on dirait un parc, avec des arbres au milieu. Le club de Valence mériterait d’être plus haut : j’espère qu’avec Mickaël Pontal, ils vont remonter.

Des rituels, des tocs, des manies ?
Non, je n’étais pas superstitieux. Par contre, je changeais énormément de chaussures, j’étais un grand consommateur de crampons, je voulais toujours avoir une paire que personne n’avait, et quand un coéquipier avait les mêmes crampons que les miens, je changeais. Je voulais être différent des autres !

Tes passions ?
La famille. J’ai trois enfants (deux garçons de 19 ans et 15 ans et une fille de 11 ans).

Une idole de jeunesse ?
Zidane.

Tu étais un joueur plutôt…
Percutant.

Tu es un entraîneur plutôt …
Tactique.

Le milieu du foot en quelques mots ?
Compliqué mais passionnant.

Le club Hauts Lyonnais ?
Beaucoup de clubs essaient de créer une identité familiale, un esprit de cohésion, et ce que je peux dire, c’est que je n’ai jamais ressenti ça de manière aussi forte, je n’ai jamais senti une telle cohésion, un tel esprit de famille que dans ce club. Le président a su créer tout ça. Hauts Lyonnais est vraiment ancré dans son territoire, avec cette couleur violette si particulière. Je suis Sanpriot, j’ai grandi avec l’OL, mais quand on vient dans ce club, il y a quelque chose qui se crée, tu te sens dans une famille, tu te prends au truc.

Photo Hauts Lyonnais
Photo Hauts Lyonnais

 

 

 

 

 

  • Texte : Anthony BOYER / X @BOYERANTHONY06 / mail : aboyer@13heuresfoot.fr
  • Photos : Hauts Lyonnais (sauf mentions) 
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La voix incontournable du championnat, qui devient la Ligue 3 cet été, ouvre sa boîte à souvenirs et partage son regard aiguisé sur un football à part. Il retrace treize ans d’une tranche de vie passionnelle passée à raconter et médiatiser une compétition si unique.

Par Anthony BOYER / aboyer@13heuresfoot.fr – Photos Philippe LE BRECH (sauf mentions)

Hasard du calendrier, c’est dans les locaux de VisioProd, « là où tout s’est arrêté après le dernier multiplex, le 15 mai dernier, là où on enregistrait Le tour des stades », qu’Emmanuel Moine, « Manu » pour les nombreux intimes, est installé pour évoquer le National. SON National. Qu’il connaît sur le bout des ongles.

La Bible du National

Photo Bernard Morvan

Ne cherchez plus, la Bible du National, c’est lui ! « Manu » est une encyclopédie et connaît tout sur tout, et, surtout, se souvient de tout. Un vrai livre ouvert ! Avant le lancement du nouveau championnat de Ligue 3, dont le coup d’envoi sera donné le samedi 8 août pour la journée inaugurale, qui mieux que le natif de Blois – « Je n’ai rien à voir avec cette ville, que j’ai découverte une fois pour aller commenter un match de foot (rires) ! » – pour parler du désormais feu National, dont le clap de fin a vu les accessions du Dijon FCO et du FC Sochaux Montbéliard en Ligue 2, et la chute au 4e niveau du Stade Briochin et de La Berrichonne de Châteauroux.

Il y a bien son complice Vincent Magniez, avec qui il partage le micro le soir des matchs, qui pourrait en parler des heures, mais il a déjà eu les honneurs de 13heuresfoot ! Ayant pris connaissance de cet entretien avec Manu, Vincent Magniez a pris soin de nous glisser un petit message pour son ami : « N’oublie pas de lui demander combien de pots de gel par jour il met sur ses cheveux et quand est-ce qu’il compte passer son permis de conduire ?! »

Il y a bien Philippe Le Brech, personnage incontournable du football amateur et qui, derrière son objectif, a mitraillé quasiment toutes les équipes et tous les joueurs depuis la création du National, en 1993 ! Lui aussi est déjà passé sur 13heuresfoot !

Alors, s’il n’en reste qu’un, c’est lui ! C’est « Manu » Moine. La « voix » du championnat avec son célèbre « Woh po po po po ! « Manu » le passionné. « Manu » le passionnant. « Manu » l’entraînant, qui pourrait conter dans un livre toutes les petites histoires qui ont fait le sel et le charme fou du National, livrer toutes les anecdotes inavouables et parler de tous ces personnages attachants rencontrés au fil des centaines de matchs commentés.

Amour et passion

Photo Philippe LE BRECH

« Manu » et le National, c’est une histoire d’amour qui a commencé en 2010/11, lorsque le SC Bastia, « son » club, caracolait en tête du championnat. Ce sont ses origines corse qui ont parlé (du côté de sa maman). Alors, forcément, au moment de retracer 13 ans de commentaires, soit près d’un tiers de sa vie (il a 37 ans), le Sporting revient souvent dans les conversations, mais pas que : il y a aussi l’escadron noir du CA Bastia, dont l’épopée jusqu’en Ligue 2 (en 2013) l’a particulièrement marquée. « En fait, je m’intéressais déjà au National avant de le commenter, parce que le SC Bastia jouait à ce niveau en 2010, raconte Manu; et en 2011, alors que j’étais en école de journalisme à Paris, dans le XIIIe arrondissement, pas loin du stade Charléty, on avait monté une web-radio avec le Paris FC. C’est comme ça que j’ai eu le coup de coeur ! Je voyais le National comme un championnat amateur, comme le championnat des boulangers, je le regardais de loin… Mais je comprends très vite que c’est un autre football, que tu peux le vivre d’une autre manière, que c’est un championnat ouvert et que l’on peut y faire plein de trucs. »

« Manu » et le National, c’est une histoire passionnelle qui a commencé en août 2013, lui au micro, Vincent Magniez en bord terrain. Tous les deux sont non seulement devenus les voix du championnat, mais aussi les références, les visages et, quelque part, les stars, les têtes de gondole du commentaires. Des incontournables !

Rendez-vous sur Ligue 1+ ?

S’il faut deux équipes pour faire un bon match de foot, alors il faut deux personnages opposés pour raconter les belles histoires de ce championnat sous-exposé, qu’ils ont, à leur manière, avec leur ton sans filtre, décontracté mais pas trop, sérieux mais pas trop, contribué à médiatiser.

La saison prochaine, la Ligue 3 sera diffusée sur Ligue 1+. Fin de l’histoire pour le duo magique ? Rien n’est à ce jour arrêté. L’on sait juste que c’en est terminé de la gratuité de la diffusion du championnat sur la chaîne Youtube de la Fédération Française de football (FFF TV), puisqu’il faudra être abonné à Ligue 1+, une chaîne payante, pour suivre et regarder la compétition qui promet sans doute une meilleure exposition.

Interview
« J’admire les joueurs de National ! »

Photo Philippe LE BRECH

Premier match commenté ?
Amiens-Colmar, le 3 aout 2012. Je crois que ça avait fait 1-1. Jonathan Kodjia marque pour Amiens… non, c’est Oumar Pouye et Frédéric Marques pour Colmar. J’avais adoré cette équipe de Colmar avec le duo d’attaquants Marques / Louisy-Daniel, il y avait aussi Haaby en défense centrale, avec la coupe au carré, et Cédric Liabeuf en chef d’orchestre. Quand tu commences le National avec ce genre de mecs, t’es obligé de tomber amoureux de ce championnat !

Combien de matchs commentés ?
Je n’ai jamais compté. Grosso modo… (Il compte) Après, il y a eu la coupure pendant deux ans, Quand MaChaineSport a eu les droits et que c’était le duo « Nico » Villas et Raymond Domenech qui commentait, donc sur une douzaine de saisons, ça doit faire entre 250 et 300 matchs.

Dernier match commenté ?
Alors, la dernière fois que j’ai parlé de National, c’était lors du Multiplex pour la 34e et dernière journée. Sinon, au stade, le dernier match commenté, c’était Versailles – Orléans (J33). Pour la petite histoire, j’avais vu que Fahd El Khoumisti, l’attaquant d’Orléans, était à quelques buts d’égaler le record de Kevin Lefaix (87), même si je sais que tu as parlé d’un autre joueur (Cyril Arbaud), qui serait 2e meilleur buteur de l’histoire, mais dont on n’a pas le nombre exact de buts marqués. J’aurais adoré que, pour ma dernière en National au stade, Fahd El Khoumisti marque l’histoire.

« Avec Vincent (Magniez), on aimait bien les après-matchs »

Avec son compère de toujours, Vincent Magniez ! Photo Philippe LE BRECH

Meilleur souvenir de National ?
Oh la la, n’en garder qu’un seul, c’est dur. Je vais en citer plusieurs. J’ai un souvenir de fou du CA Bastia, parce que je suis d’origine corse et que c’est la première année que je commente (en 2012-13). Et le club monte en Ligue 2 ! Je tombe amoureux de ce projet autour de Stéphane Rossi, l’entraîneur, et d’Antoine Emmanuelli, le président, parce que, cette année, on les croise plusieurs fois en déplacement, dans les hôtels, au même moment. Du coup, un lien de dingue s’est crée. Je me souviens qu’après un match à Cherbourg, on s’est retrouvé à l’hôtel à boire de l’armagnac et à fumer un cigare, à raconter des histoires de foot, à rigoler. C’est vrai aussi qu’avec Vincent (Magniez), on aimait bien les après-matchs et les joueurs le savaient (rires).

Première grosse émotion ?
Quand le CA Bastia est monté en Ligue 2 ! L’autre belle émotion, ce fut d’avoir pu commenter le titre du Sporting-club de Bastia en 2020, au stade Diochon, contre QRM, et en plus, à la fin, Yohan Bocognano le capitaine m’offre son maillot et me remercie. En fait, ce sont des souvenirs qui sont liés à la Corse, une région qui m’est chère : ma maman est originaire de Brando, au-dessus de Bastia, et le quartier, c’est Friscolaccio, à 5km au nord de Bastia.

J’ai aussi beaucoup de souvenirs liés au Red Star. Je me souviens d’un Red Star / Saint-Brieuc (2022/23), quand ils sont mathématiquement en Ligue 2 pendant 20 minutes alors que Dunkerque est mené face au Mans, et un truc se passe dans le stade, à la fin, tout le monde est en larmes parce que Dunkerque a gagné et monte. Là encore, ce fut un grand moment d’émotion. J’ai pris un malin plaisir à suivre les trois années d’Habib Beye au Red Star, « journalistiquement » parlant.

Le drame Hugo Aine

Photo 13HF

Pire souvenir de National ?
Sans aucun doute, c’est la crise cardiaque d’Hugo Aine en plein match, lors de Red Star – Chambly (le 29 septembre 2017). Cela me fait encore quelque chose là, rien que d’en parler. Ce soir-là, j’ai pensé à arrêter. La scène fut violente. Et, en tant que journaliste, je n’ai pas su gérer ce moment. Les parents d’Hugo sont restaurateurs en Corse, ils regardaient le match, et j’ai pensé immédiatement à eux. On a compris que c’était très grave. On n’a pas parlé de crise cardiaque à l’antenne avec Vincent, on a parlé de blessure… On n’a pas voulu catastropher la situation, d’autant que l’on n’avait pas d’information. Tous les mots que l’on pouvait dire allaient avoir une conséquence sur les familles, les amis, etc. Du coup, on a préféré ne pas trop en dire parce qu’on avait peur de ce que l’on pouvait avancer.

On en a discuté par la suite avec Hugo, on ne voulait pas faire du sensationnel, il a compris, ses parents aussi. Je me dis que, heureusement que l’on a agi comme ça. Heureusement aussi qu’il y avait le médecin du Red Star, car Hugo a été pris en charge en urgence, je pense que ça lui a sauvé la vie même si cela sonnait en même temps la fin de la carrière d’un super espoir. Hugo avait de la classe dans ses relances, une intelligence de jeu, c’était un dur au mal dans le combat alors qu’il était longiligne et pas le plus impressionnant physiquement. Quelques années plus tard, on a invité Hugo aux Trophées du National à Clairefontaine, l’émotion était folle, à la fois pour lui et aussi pour Vincent et moi. En fait, quand il arrive un truc comme ça, on se remet en question, on se demande pourquoi on fait ce métier-là…

Le plus beau match que tu as commenté ?

Photo Bernard Morvan

Il y en a un paquet mais celui qui me revient immédiatement en tête c’est le Red StarFC Rouen, en début de saison en 2023 (J5, le 11 septembre), il y a 2 à 0, puis Rouen revient à 2-2 et Achille Anani marque dans le temps additionnel pour le Red Star, il retire son maillot, et prend un 2e jaune ! Il y avait une intensité de ouf et, techniquement, deux supers équipes. Après ce match, je me suis dit « On va avoir une saison de dingue » ! J’ai aussi un autre match en tête, un US Quevilly – FC Metz (J5, le 31 août 2012), avec un score de tennis, 6 à 2 je crois (6-3 en réalité), c’était le Metz d’Albert Cartier avec Yeni Ngbakoto, Bouna Sarr, Diafra Sakho, Gaëtan Bussmann, etc., le club était monté en L2 puis en L1 dans la foulée. J’aurais pu citer un match à Nancy, où on a souvent passé de belles soirées, mais là, ce sont plus des souvenirs de stade où parfois, j’enlevais mon casque et je me disais « mais où est-ce qu’on est là ? » tellement il y avait d’ambiance et de bruit.

Rossi, Pochat, Ott, Beye, Le Mignan, Frapolli, Gonzalez, Ridira…

Photo Philippe LE BRECH

Plus beau but de National ?
Je me souviens d’un ciseau de Gabriel Etinof (Laval), un joueur pétri de talent. C’était une « Papinade » sur le terrain de Cholet, qui est élu plus beau but de la saison 2018/2019. J’avais une affection particulière pour Alexis Bosetti, je trouvais qu’il était hors-cadre, il m’avait offert un joli lob à Le Basser quand il jouait à Laval ! Avec lui, il se passait un truc quand il marquait. Mais des beaux buts, il y en a un paquet, il y a aussi celui de Rémy Boissier quand il arrive au Mans, face à Orléans, il prend le ballon, il perce, il y va tout seul, petit piqué devant le gardien, et il va célébrer avec les « worshippers ». Je pense à Billal Brahimi, qu m ‘a offert des buts extraordinaires au Mans, quel joueur !

La plus belle équipe ?
J’ai une grande tendresse pour le Red Star de 2014/15, mais je me demande si la meilleure équipe que j’ai vue, ce n’est pas le Concarneau de Stéphane Le Mignan en 2022/23 ou alors le Rodez de Laurent Peyrelade en 2018/19. Avec le Bastia de 2010/11, ce sont les plus grosses équipes de l’histoire du National. Ce Bastia-là, c’était un rouleau compresseur. Ils ont battu un tas de records. Je crois même qu’aux élections présidentielles, des gens ont voté pour le coach Frédéric Hantz à Bastia, il a dû y avoir une cinquantaine de bulletins (rires) !

Photo Philippe LE BRECH

Un coach qui t a marqué ?
Y’en a plein. Forcément, celui qui m’a marqué, parce qu’on l’a accompagné à ses débuts, c’est Habib Beye. On a vu sa construction. Il est passionnant. Je sais qu’il est clivant mais il est passionné par le jeu. C’était intéressant de suivre son évolution. J’ai beaucoup aimé aussi Stéphane Le Mignan, on l’a vu dans des moments très bas avec Créteil et dans des moments très hauts avec Concarneau, il est passé par Boulogne aussi. On a vu l’éclosion d’Olivier Frapolli, l’entraîneur qui a tous les records aussi avec Mathieu Chabert. En fait, je suis obligé d’en citer plein ! Olivier Frapolli, on l’a vu devenir entraîneur, à l’époque d’Orléans, avec Nicolas Belvito et Emiliano Sala en attaque, ce fut le premier à mettre en place la défense à 3 ! Il est monté assez rapidement avec l’USO.

Il y a aussi Alain Pochat ! Moi, je suis dans le « Pochisme » le plus total ! Alain, c’est quelqu’un qui nous a ouvert les portes, jusqu’à aller boire le café avec lui dans les vestiaires, un truc que personne ne fait aujourd’hui ! Il nous faisait du tableau noir avant les matchs pour expliquer ce qu’il avait mis en place et comment l’adversaire jouait. Franchement, c’était extraordinaire ! Avec Alain, tu discutais d’égal à égal, il n’y avait pas de barrière, il rendait le football simple dans ses réponses.

Dans la même veine, il y a Damien Ott, c’est exactement comme Alain Pochat, ce sont des mecs qui ont plein d’idées. On a souvent caricaturé les entraîneurs de National, en les comparant à des profs d’EPS, mais avec Damien Ott, tu t’assois, et 48 heures après, il parle encore football ! C’est un puits de science et de savoir, un puits de passion aussi, avec des réflexions sur le management, un fou de jeu, un fou de football total. Un jour, je commente à Colmar, j’avais de la fièvre, j’étais crevé : Damien Ott me propose un remontant, il fouille dans une armoire à pharmacie et me file un verre de « Schnàps » qui devait dater de 1978, là, j’ai pris un de ces coups de chaud !!! Je sentais mes sinus couler, mes yeux pleurer. Il m’a dit « Reprend un coup », et ça m’a tout débouché, même s’il faisait 47 degrés dans ma tête (rires). J’ai pu commenter, je suis resté professionnel jusqu’au bout (rires) ! Evidemment, il y a Stéphane Rossi. C’est un monsieur, pour qui j’ai beaucoup de respect. Cette année, j’ai adoré Jordan Gonzalez à Versailles, il a des idées, idem pour Baptiste Ridira (Dijon). Ces entraîneurs ont un supplément d’âme. Et Vincent Hognon, pour ce qu’il a réalisé avec Sochaux cette saison. J’en oublie plein !

« On a défendu la ligne éditoriale du National »

Photo Philippe LE BRECH

Inversement, un coach qui ne t’a pas marqué ?
Certains sont passés comme des comètes, des étoiles filantes. Quand j’ai commencé, en 2012-2013, des clubs arrivaient avec de grosses ambitions, de gros projets, mais en fait, ils n’étaient pas si structurés que ça en back-office. Je me souviens d’un « génie » au Paris FC, je ne vais pas le citer… bref, ce n’était pas ça. Mais parce que ce boulot, il est dur. C’est pour ça, la plupart des coachs que j’ai cités dans la question précédente, ils sont dans le top 10 des plus capés du National ! Ce qui me choque, c’est qu’un coach comme Jordan Gonzalez est plus jeune que moi, et il arrive à tenir une structure, ça m’impressionne. En fait, on n’a jamais eu de rapport définitivement conflictuel avec un entraîneur.

Mais on a eu des accrochages, et c’est normal en 13 ans de National. Parce que parfois, on fait des conneries, et puis un coach peut être susceptible ou paranoïaque. On a eu un accrochage avec Richard Déziré, un mec que j’adore. Il nous a plantés à l’antenne, parce qu’il avait mal digéré un truc que l’on avait dit sur lui, parce que l’on avait été mal rencardé, c’était quand il était à Créteil; il nous l’a fait payer, mais je comprends. La pire erreur que l’on a commise, c’est avec Claude Robin, quand il entraîne Dunkerque. C’est quand la Covid-19 stoppe le championnat. Jean-Pierre Scouarnec, le président, cherchait une storytelling pour s’en séparer. Et nous, malheureusement, on a répété des choses sur lui. On a eu une discussion poignante et émouvante avec Claude Robin quand il est devenu ensuite entraîneur d’Orléans : il était venu nous « attraper » avec Vincent. C’est mon plus gros regret en National. On a pourtant toujours fait attention avec Vincent de mettre des barrières, sauf à ce moment-là. C’était une connerie.

Photo Philippe LE BRECH

Un joueur marquant ?
J’ai une liste de 50 joueurs ! Déjà, Kevin Lefaix, le tueur à gages : il aurait dû faire une plus grosse carrière en Ligue 2, mais il avait choisi une autre vie. Fahd El Khoumisti, on oublie son travail à Concarneau, c’était lui le premier à activer le pressing, à faire le repli défensif aussi pour apporter de l’équilibre, il avait une grande importance dans le jeu; Fahd, c’est l’assurance tous risques et il a une telle assurance, un truc que j’ai rarement vu chez les attaquants, il est archi-superstitieux. Je l’avais croisé en début de saison dernière et je lui avait dit qu’il était à 20 buts du record de Kevin (Lefaix, 87 buts), et il m’avait répondu « Tu me connais, je vais la claquer ma saison à 20 buts ! » Et il en a quand même mis 18 !

Avec Kevin Lesportes (Red Star). Photo Philippe Le Brech

J’ai adoré la personnalité d’Umuk Bozok, Julien Maggiotti le tube de Laval, mais mon joueur préféré, all time, c’est Michel Moretti, un tel charognard au CA Bastia et au SC Bastia ! J’ai aimé aussi Cédric Liabeuf, Merwan Ifnaoui et aussi Ngolo Kanté qui a changé la face d’un match un jour à Boulogne contre Cherbourg ! Je veux en citer d’autres, Emiliano Sala, Wilson Isidor, un Thierry Henry du National, Billal Brahimi, un coup de coeur, pour le volume de jeu, l’inspiration, la technicité, Andrew Jung, la classe internationale, et même des Jonathan Rivas, un mec à l’ancienne, 2e meilleur buteur du National en activité : récemment, après Versailles-Fleury, Jonathan a retiré son maillot et nous l’a jeté. Je fais ce boulot-là parce que je suis fan des joueurs. Je n’aurais jamais pu jouer au foot. Je les respecte pour ça. Je les admire. On a défendu la ligne éditoriale du National pour ça, pour eux, du coup, on a souvent été bienveillants avec les joueurs du National, parce qu’on partait du principe que si nous, Vincent et moi, ne parlions pas d’eux, n’expliquions pas qui ils étaient, personne ne l’auraient fait, ou en tout cas pas tant de médias que ça.

Un président marquant ?
Antoine (Emmanuelli, CA Bastia, Bastia-Borgo, Borgo), forcément, mais je ne peux pas citer que lui, il y a aussi Thierry Gomez (Le Mans FC), que j’ai découvert vraiment sur le tard, quel bonhomme ! J’ai une affection aussi pour le président du Red Star, Patrice Haddad, pour des raisons personnelles, et avec lequel j’ai un lien. J’ai adoré Claude Ferrandi (SC Bastia), et cela dépasse le simple fait d’être Corse, c’est le pari du quadra qui est un entrepreneur épanoui, et qui arrive dans un bourbier, dans un monument, et avec Jérome Negroni, ils sont venus sauver le monument Bastia. J’ai eu de gros accrochages avec Gilbert Guérin, le président d’Avranches (décédé en octobre 2023), et aussi des moments incroyables avec lui : Gilbert ne pouvait pas laisser indifférent, rien n’était neutre avec lui. Il m’amenait au resto après les matchs et m’expliquait le « WM », et me disait « tu m’emmerdes avec ton 4-4-2 ». Gilbert, c’était la folie, c’était le National comme on l’aimait, un National un peu folklo, tu vivais vraiment le foot. Le président Mohamed Tria aussi à Lyon-Duchère, à l’époque de Karim Mokeddem, était une personnalité.

Bauer, le mythe

Photo Philippe LE BRECH

Le plus beau stade ?
J’ai une affection particulière pour le sta

de Bauer, au Red Star, c’est un sacré mythe. J’ai grandi dans le nord-est de Paris, et avec mon père, on passait à côté du stade, et le fait de pouvoir commenter là-dedans, tu sens le poids de l’histoire. Bon, maintenant, ça a changé avec les travaux mais quand tu y rentres, il y a toujours ce truc, mais l’ancien Bauer, quand même…. J’ai eu la chance de commenter à Nancy, à Sochaux, j’avais l’impression d’être en Ligue 1. C’était des soirées particulières.

Je n’oublie pas non plus ce match que nous avions commenté, mais c’était en National 2, le fameux Sedan-Bastia à Dugauguez qui, pour des problèmes techniques, n’avaient pu être diffusé. Le stade était à guichets fermés ! Mais il y a aussi des petits stades qui ont un charme fou, comme le stade de L’Idonnière, au Poiré-sur-Vie : franchement, on ne va pas se mentir, c’était sans peut-être le plus moche et le plus petit du championnat, avec la main courante, mais c’était blindé, le taux de remplissage m’avait impressionné. Et l’ancien stade de Chambly, le fameux stade des Marais, aussi. Dans la même veine, il y a aussi le stade Massabielle aux Herbiers. J’avais adoré le stade Pourcin à Fréjus aussi, j’y étais allé quand ils avaient affronté Colmar en 2013, un match important pour la montée. Après, quand le FC Rouen joue à Diochon, c’est vraiment fou, pareil à Le Basser, à Laval, ce sont des stades typiques du National.

Le pire stade ?

Photo Philippe LE BRECH

J’en ai parlé pendant les Trophées du National, je crois que le stade Bauer pendant les travaux, c’était l’enfer : on a commenté avec Vincent sur une nacelle à 8 mètres de haut, un soir de brouillard, Vincent avait le vertige, ça tremblait, c’était l’angoisse ! Quand il pleuvait, mes fiches prenaient l’eau, et ça foutait en l’air 6 heures de travail de préparation. Dernièrement, même si j’apprécie Alexandre Mulliez et Fabien Lazare, les dirigeants du FC Versailles, et je sais que ce n’est pas de leur faute, le Camp des Loges …. Je ne veux pas faire le mec qui s’embourgeoise, mais parfois, on est mis dans des conditions qui ne nous aident pas dans notre travail. Le stade d’Orléans m’a un peu déçu, et pourtant j’y ai vécu des belles émotions dans mes premières années de National, même si y’a les « Drouguis » qui mettent l’ambiance. Mais le public est très dur au Stade de la Source, il est même capable de « plomber », de planter son équipe. Le stade Charléty, où jouait le Paris FC, et où va jouer le Paris XIII Atletico, est quant à lui beaucoup trop froid pour y vivre des émotions.

« Un multiplex, c’est très compliqué à commenter »

Philippe LE BRECH

Plus gros fou rire à l’antenne ?
(Rire) Oui, mais je ne peux pas le raconter. Évidemment, il y a Vincent (Magniez) dans le coup. Sa spécialité, c’est de dire des conneries, et un jour, il fait une dinguerie à quelques secondes de prendre l’antenne, le jingle se passe, et là je suis explosé de rire, je ne peux pas reprendre mon souffle, c’était à Tours. Cela a duré 2 minutes, ce n’était pas professionnel du tout de notre part, mais je n’ose même pas t’expliquer ce qui s’est passé. Vincent, il est capable de faire des trucs de dingue ! Il a réussi à faire rire le président du Poiré-sur-Vie, Yves Cougnaud, un sacré monsieur, chef d’entreprise, qui n’aimait pas trop l’exercice de l’interview : je crois que Vincent lui avait dit « Alors, président, le Poiré survole le National ou le Poiré survit en National », un calembour comme ça. Et aussi Olivier Frapolli, quelqu’un de très flegmatique, mais qui a de l’humour, qui est très fin, mais avant de le faire rire, il faut s’accrocher, et là, le fou rire à l’antenne ! Même avec Philippe Diallo, le président de la FFF, aux Trophées du National, Vincent lui fait une blague, et ça a détendu l’atmosphère. C’est la force de Vincent, ça !

Plus grand moment de solitude ?
C’est pendant le match Red Star – FC Sète (saison 2022-2023), quand le Red Star est vendu à 777 Partners, parce que je sais que les supporters vont faire quelque chose, et le match est arrêté d’abord 5 minutes, puis définitivement (à la 38e, alors que Sète menait 1 à 0). Et ce soir-là, Vincent n’était pas avec moi. Mais avant d’arrêter le match, l’arbitre respecte le protocole de 45 minutes, et là, je me retrouve à l’antenne, à broder, tout seul, c’était un peu relou. Cela m’était déjà arrivé lors d’un Colmar-Luzenac (en avril 2013, 1-1), quand un rétroprojecteur s’était arrêté, mais Vincent était avec moi, en bord terrain, et on était resté plus de 40 minutes à animer le truc à l’antenne !

Photo Philippe LE BRECH

Un rituel avant le match ?
Oui, ma journée de match est chronométrée à partir d’un certain moment. Au début, on avait le même rituel avec Vincent, on allait au stade ensemble, il avait sa compilation de musique avec ses vieux classiques, et on chantait. Sinon, je mange à une certaine heure (rires), je sais, c’est complètement con, j’écoute une certaine musique, je prends toujours 10 minutes pour moi au stade, seul. En fait, tout est réglé comme du papier à musique. Je me garde aussi toujours une demi-heure sur le terrain avant le match pour aller chercher les dernières infos, prendre le ressenti des joueurs, etc.

Le match le plus compliqué à commenter ?
Ce n’est pas un match, c’est l’exercice du multiplex en National. C’est très compliqué (rires). Surtout le soir des matchs de la montée, ce championnat est tellement homogène, tellement serré, que tu es obligé d’avoir ta feuille de calculs avec toi, avec tous les scénarios possibles, avec les différents goal-average et leurs déclinaisons, on peut dire des bêtises en fonction de tout ça, on est obligé de garder un oeil sur tous les mêmes matchs en même temps, parfois même il arrive qu’on se mette à en commenter trois ou quatre en même temps. Honnêtement, c’est vraiment un exercice réjouissant mais difficile.

« Le National, c’est un microcosme, une famille »

Le match le plus émouvant ?

Photo Philippe LE BRECH

Le titre de champion de Bastia, en 2021, sur le terrain de Quevilly Rouen, à l’avant-dernière journée ! Je ne pensais pas qu’un jour je commenterais ça. J’ai toujours vu le Sporting comme un monument. Il y a eu beaucoup de matchs émouvants, je pense au Red Star – Saint-Brieuc (4 avril 2021, 0-1), quand j’ai vu des gens en larmes après le match, ça m’a pris aux tripes. Quand je réfléchis bien, j’ai eu aussi des grandes émotions quand DAZN m’a donné la possibilité d’aller commenter en Ligue 1 et que j’ai pu aller sur site. Par exemple, j’ai croisé Christophe Pelissier avec Auxerre, cela m’a fait une vraie émotion, et idem quand j’ai commenté un but d’Esteban Lepaul ou que j’avais Gaëtan Perrin en interview.

J’ai revu Habib Beye à Montpellier à l’hôtel, quand il entraînait Rennes. En fait, de retrouver tous ces acteurs qui sont passés par le National, là, en Ligue 1, c’était vraiment ouf. Je me disais qu’ensemble, on avait raconté une belle histoire. Quand tu vois Randal Kolo Muani rater son occasion contre l’Argentine en finale de la Coupe du Monde ou N’Golo Kanté être sacré champion du monde, ça fait bizarre ! Ce sont des moments qui n’appartiennent qu’à toi. Je me souviens avoir interviewé Franck Ribéry lors de ma première année de National, et il m’avait parlé de ses années passées dans ce championnat (à Boulogne, Alès et Brest), le feeling était bien passé. J’ai commenté FC Rouen – SM Caen cette saison, on parlait de Lamine Sy à l’antenne, qui joue à Auxerre cette année (il a joué à Rouen et à Caen), on ne savait pas qu’il était au stade, et à la mi-temps, on le voit arriver et il nous file un maillot d’Auxerre !

A Nice, je fais un plateau pour DAZN, et y’a Billal Brahimi, que j’avais connu au Mans, qui passe à côté de moi, me met une petite tape amicale en me disant « Oh qu’est-ce tu fous là ? » ! En fait, il y a un truc qui se passe avec ces gars-là. Pour le comprendre, il faut passer par le National, c’est un microcosme, c’est une famille, joueurs-dirigeants-entraîneurs-suiveurs, on y croise des gens dont personne ne parle, comme Philippe Le Brech, le photographe, c’est une personnalité du championnat, ça fait des années qu’il est sur les terrains, même toi aussi Anthony, avec tout ce que tu as connu dans ce championnat. En fait, en National, tous les gens se mélangent, se font confiance.

Avec Olivier Frapolli. Photo FFF TV

Le National, en trois mots ?
Hybride, charmant et véritable.

On t ‘a déjà confondu avec qui ?
Avec Grégory Sertic ! Je te jure que c’est vrai. Je ne l’ai pas mal pris (rires).

Selon toi, tes qualités et tes défauts de commentateurs ?
Défaut, je suis trop bavard, qualité, je pense que je travaille un peu plus que les autres.

Tu te regardes après les matchs ?
Systématiquement, oui, au moins une mi-temps. Ce n’est pas que pour moi, c’est pour la production, et aussi pour le travail que l’on fait avec Vincent.

Le club que tu n’as jamais commenté ?

Avec Régis Brouard (FC Rouen). Photo Bernard Morvan

Le RC Strasbourg. Je collaborais un peu avec MaChaîneSport à ce moment-là, notamment pour le magazine « Objectif Ligue 2 », malheureusement, ou plutôt heureusement, c’est l’excellent « Nico » Vilas qui commentait pour MCS avec Raymond Domenech.

Le match où il y a eu la plus grosse bagarre ?
Il me semble que c’est lors d’un Red Star – Paris FC ou un Paris FC – Créteil, qui s’était terminé à 9 contre 10.

Un club qui te manque en National ?
Ah, ouep… J’avoue que les passages de Rodez, du Mans, ça me manque, et commenter à Bauer aussi, ça me manque !

La superstition des joueurs et des dirigeants

De quel club étais-tu le chat noir ?
(Rires) Je n’étais le chat noir d’aucun club mais y’a plein de dirigeants qui pensent que Vincent et moi étions des chats noirs ! Une fois, Michel Mallet, le président de Quevilly Rouen, à la fin d’un match, nous avait dit, de manière pince-sans-rire, « Il va falloir que j’appelle la Fédération, que je fasse quelque chose, parce que vous nous portez l’oeil messieurs. Quand vous venez, on ne gagne jamais. Je vais voir s’il n’y a pas d’autres commentateurs » (rires). Je sais bien que c’était une blague, mais avec Vincent, dans la voiture du retour, on s’est quand même demandé s’il n’y avait pas un fond de vérité dans ses propos ! Antoine Emmanuelli aussi, c’était un spécialiste, peut-être même le plus superstitieux de tous. Quand il nous voyait, il nous disait « Ah, c’est vous, c’est bon, on sait qu’on va gagner ! » et s’il ne gagnait pas, il nous disait « maintenant je ne veux plus vous voir, vous êtes des chats noirs ! »

Il y a même des joueurs superstitieux, qui nous évitaient pendant la reconnaissance du terrain, parce qu’ils savaient qu’on allait discuter avec eux, qu’on allait leur sortir des « stats ». Il y en a même un, Kader Kraichi, qui ne voulait plus parler à Vincent par superstition à la reconnaissance terrain : il disait, « si je discute avec lui dix minutes, je sais que je vais rater mon premier quart-d’heure (rires) ! »

Avec Marc Mohamed (FC Versailles). Photo Philippe LE BRECH

Tu es le porte-bonheur de quel club ?
Le CA Bastia, l’année où le club monte en Ligue 2, disait qu’on était leur porte-bonheur. Habib Beye l’a dit aussi. Bon, c’est surtout qu’ils avaient de supers stats à domicile ! Mais c’est vrai qu’on a toujours ces petites réflexions, « Ah y’a Moine-Magniez qui viennent commenter, c’est bon » ou « C’est pas bon » !

Manu Moine en Ligue 3 ?
Déjà, il n’y aura plus de diffusion par la FFF qui donne le traitement de la Ligue 3 à la chaîne Ligue 1+, qui récupère l’entièreté des matchs du championnat, qui finance la retransmission, qui va choisir ses formats, son équipe éditoriale. Avec Ligue 1+, on a la garantie d’avoir un diffuseur qui fait déjà de très belles choses sur la Ligue 1, on l’a vu cette saison, d’ailleurs, même Maxime Saada (le DG du groupe Canal+) a reconnu que Ligue 1+ avait fait du très bon boulot. La chaîne choisira ses équipes de commentateurs, c’est normal. Les matchs seront commentés sur place ou en cabine, mais le traitement du National tel qu’on l’a connu sur FFF TV, c’est fini.

FFF TV

Après, dire si je serai dans la Ligue 3 ou pas, je ne sais pas, mais quoi qu’il arrive, je la regarderai assidument. La Ligue 3, c’est une première pierre posée sur le National, le premier virage, mais il n’y a pas énormément de choses qui vont changer. Cela a été l’Arlésienne et finalement, le président Philippe Diallo l’a fait. On verra à l’avenir ce que cela représentera, quelle forme elle prendra. Ce n’est peut-être pas la révolution espérée, je vois bien les commentaires sur les réseaux sociaux, mais elle est en marche, et puis Rome ne s’est pas fait en un jour. Il faut laisser du temps. On en reparle dans 2 ou 3 ans. Ce qui est sûr, c’est que le championnat de L3 va être exposé, sa visibilité sera bonne. Le produit devient payant, gagne en qualité, et 11 millions sont injectés par la FFF pour structurer, mieux « brander ». En fait, on va crédibiliser cette division.

La Formule 1 ou le foot ?
J’ai 37 ans et je suis toujours incapable de choisir entre les deux sports ! La F1, c’est ma grande passion. Parfois, c’est un problème, parce que les calendriers se chevauchent. Mes premiers stages, je les ai réalisés dans les sports mécaniques, et plus tard, en 2018, j’ai lancé mon émission de F1 sur Youtube, PolePosition, ça a cartonné, ça m’a ouvert plein de portes, aujourd’hui j’ai la chance de bosser sur RMC avec la F1, j’ai commenté les 24 heures du Nürburgring, le Grand Prix de Monaco historique sur site, c’est une chance de dingue, parce qu’à la base, c’était un milieu très fermé, qui s’est ouvert avec la conquête de nouveau public. Je viens aussi de terminer ma deuxième saison pleine chez DAZN, avec la série A. Cette année, j’ai fait aussi le championnat des Pays-Bas et la Copa del Rey (coupe d’Espagne).

  • Texte : Anthony BOYER / X @BOYERANTHONY06 / mail : aboyer@13heuresfoot.fr
  • Photos : Philippe LE BRECH (sauf mentions) 
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L’heure de vérité a sonné pour le club azuréen qui, en cas de succès face à Lusitanos/Saint-Maur, retrouvera le 3e niveau, échelon quitté avec pertes et fracas en 2011. Présentation et entretien avec Thomas De Pariente, adjoint au maire de Cannes délégué aux sports, économiste, historien, footballeur, chef d’entreprise et amoureux des Rouge et blanc depuis… toujours !

Par Anthony BOYER / Mail : aboyer@13heuresfoot.fr / Photos : AS Cannes

Vingt-quatre ans après le match qui a traumatisé une ville et sonné le début d’une longue traversée du désert, l’AS Cannes va disputer, samedi 16 mai, à 18h, à Coubertin, le match le plus excitant, le plus passionnant et le plus important de son histoire, face à Lusitanos / Saint-Maur.

On rembobine. Ce 17 mai 2002, un an après être tombé de Ligue 2 en National, et 4 ans après avoir quitté l’élite (dernière saison en Division 1 en 1997-1998), Valence se présente au stade du quartier de La Bocca lors de la dernière journée de championnat. Seule la victoire donnera aux Azuréens le droit de remonter mais, devant 12 000 spectateurs, ils s’inclinent 2-1. Le club ne s’en remettra pour ainsi dire jamais.

La chute en DHR en 2014

Suivront neuf autres saisons d’affilée en National avant la rétrogradation administrative prononcée par la DNCG en juin 2011 pour une histoire de compte bancaire non abondé au 30 juin (ce sera pourtant le cas le 27 juillet, soit avec près d’un mois de retard). Les différents appels et recours juridiques, et même le forfait en guise de protestation à la première journée de l’exercice suivant en CFA (N2) face à Rodez, n’y changeront rien : Cannes repartira bien au 4e échelon. Puis au 7e échelon en 2014 (en DHR) après le dépôt de bilan, la même année qu’un 1/4 de finale de coupe de France (élimination par l’EA Guingamp, futur lauréat) et après trois échecs consécutifs dans la quête de remontée en National.

Samedi, contre Lusitanos, il sera temps d’effacer le souvenir sombre de Valence. D’enfin bien négocier un match couperet. Afin d’écrire la suite d’un nouveau chapitre ouvert depuis l’automne. Mais un match nul risque de ne pas suffire. Les Crocodiles nîmois, 2es à un point du leader azuréen, sont en embuscade et on les voit mal retomber dans le panneau sur le terrain du promu Limonest, quinze jours après avoir sombré 4-1 à Andrézieux (après avoir été menés 4-0). D’autant que les Rhodaniens, longtemps dans la charrette en première partie de saison, ont assuré leur maintien et, comme le dit la formule consacrée, « ne jouent plus rien » !

Nîmes trop beau trop tôt ?

Maxime Blanc. Photo AS Cannes

C’était aussi le cas d’Andrézieux, direz-vous, sauf que huit jours avant de chercher à prendre leur envol à l’Envol Stadium, 8000 supporters avaient célébré les joueurs nîmois comme des héros, comme des promus dans la future Ligue 3. C’était après l’éclatante victoire face au leader cannois (3-0) au stade des Antonins à l’issue d’un match remarquablement maîtrisé sur le pré vert mais qualifié à tort de « finale du championnat ». Quelle erreur !

Ce n’est pas un manque d’humilité, l’entraîneur du Nîmes Olympique, Mickaël Gas, cultive justement tout l’inverse et cela ni ne lui incombe, ni ne lui ressemble. Sa conférence de presse d’après match tout en sobriété l’a d’ailleurs montré : il était acquis que rien n’était fait. C’est simplement une  méconnaissance du National 2 dans sa globalité et sans doute un grand moment de légitime « enflammade » dans une ville chaude comme la braise, qui vit pour le football, où la ferveur est difficile à canaliser, où la victoire peut faire perdre la lucidité autant que la défaite rendre dingue.

Clamer à quatre journées de la fin que ce Nîmes-Cannes était la finale du championnat comme on a pu l’entendre ou le lire fut un incroyable manque de respect pour Lusitanos/Saint-Maur, l’équipe qui a le plus longtemps occupée la place de leader cette saison (10 journées, mieux que Rumilly et ses 7 journées), tellement concernée par l’accession. C’est pour ces raisons que l’on imagine mal les Nîmois ne pas ramener les 3 points de Limonest. Ils ont un travail à finir, ils le savent, et ils feront tout pour gagner avant d’espérer.

Ne pas courir deux lièvres à la fois

À Cannes, le contexte est très différent. Cette « vraie » finale cette fois puisque le championnat s’arrêtera à l’issue des 90 ou 95 minutes face à Lusitanos, était secrètement espérée depuis l’arrivée sur le banc le 27 octobre dernier de Mathieu Chabert, 23 jours après une triste défaite à domicile face à Rumilly-Vallières (J7, 0-3) et le limogeage de Damien Ott, que les supporters des Dragons adoraient et qui venait d’emmener son équipe à une marche d’une finale de coupe de France, seulement éliminée par Reims en demi-finale (2-1, le 2 avril 2025).

Mais en championnat de N2, Ott, qui lui aussi était arrivé sensiblement à la même période un an plus tôt – le 14 octobre 2024 – en remplacement de Fabien Pujo (aujourd’hui à Villefranche-Beaujolais en National), n’était pas parvenu à décrocher cette accession, quand bien même il avait réussi à redresser la barre et même à revenir à un point du futur promu, Le Puy, à l’issue de la J18. Mais il est difficile de jouer sur deux tableaux. L’AS Cannes a logiquement subi la situation à ses dépens, laissant l’équipe de Haute-Loire, qui a aligné 8 victoires de rang entre la J19 et la J26, prendre le large et le bon wagon.

Les secousses de l’automne

Antoine Gobin et Djamal Mohamed. Photo AS Cannes

Si Mathieu Chabert est arrivé plus de trois semaines après le départ de son prédécesseur, aujourd’hui installé sur le banc de La Berrichonne de Châteauroux (National), c’est parce qu’à l’automne, au plus fort de la tempête, il a passé deux entretiens avec deux directeurs généraux différents, l’ancien et le nouveau, et que cela a retardé le processus. C’est aussi parce que, dans le même laps de temps, le nom du directeur sportif a lui aussi changé.

Exit dont le directeur général Félicien Laborde, que les supporters du stade Coubertin ne pouvaient plus voir en peinture et qu’ils ont d’ailleurs conspué lorsqu’ils l’ont aperçu debout dans la « corbeille » (tribune présidentielle) le 21 mars dernier contre Fréjus/Saint-Raphaël (4-0). Les supporters furent si agressifs que, devant tant d’hostilité, Laborde, remplacé depuis par Antoine Gobin, dut être exfiltré en plein match. Exit aussi le directeur sportif Sébastien Perez, remplacé par un Djamal Mohamed au réseau bien plus élargi et adapté pour le niveau.

« Parce que c’est Cannes »

Mathieu Chabert. Photo AS Cannes

Dès la prise de fonction de Djamal Mohamed, encore tout auréolé d’un travail reconnu au FC Martigues (accession de N2 en National en 2022 puis de National en Ligue 2 en 2024), la rumeur d’une probable arrivée de l’entraîneur Hakim Malek s’est répandue dans les travées de Coubertin. Malek, choisi mi-janvier 2025 par Mohamed pour remplacer Thierry Laurey à la tête du FC Martigues, a redressé de façon admirable son équipe, avant d’échouer aux portes du maintien, et en a profité pour voir sa cote grimper.

Mais c’est finalement Mathieu Chabert qui a été nommé. Le Biterrois de 47 ans, comme pas mal de ses collègues qui ont déjà goûté au National et à la Ligue 2, n’avait pas prévu de s’installer sur un banc de National 2. Sauf à Bordeaux. Sauf à Cannes. Son nom a été cité du côté des Girondins au mois de septembre, quand le coach en place, Bruno Irlès, a vu sa position fragilisée après un début de saison décevant. Un mois plus tard, il s’est engagé à Cannes. « Parce que c’est Cannes » avait-il dit pour justifier sa venue à cet échelon.

Une série de quinze matchs sans défaite

Neuf mois après voir été limogé de l’AC Ajaccio en Ligue 2 (le 4 janvier 2025), voilà que Mathieu Chabert renfilait un autre maillot rouge et blanc, toujours dans le sud, toujours près de la mer, avec une mission simple : redresser une situation sportive mal embarquée (à son intronisation, l’AS Cannes était 9e de sa poule et comptait 7 points de retard sur le leader, Nîmes), remonter au classement et jouer la montée, pourquoi pas à la dernière journée, contre une équipe de Lusitanos/Saint-Maur qui a passé tout le championnat entre la 1re et le 3e place ! Voilà, cette fois, on y est ! La feuille de route du « spécialiste des montées » – ce n’est pas nous qui avons inventé ce surnom ! -, a été – jusqu’à présent – remplie. L’AS Cannes arrive au bout du process et il lui reste un match pour valider sept mois de travail.

Si le coach occitan, qui a propulsé Béziers en Ligue 2 (en 2018), Bastia de N2 en Ligue 2 (entre 2019 et 2021) et Dunkerque de National en Ligue 2 (en 2023), n’était pas encore sur le banc lors du succès à Fréjus/Saint-Raphaël le 18 octobre (1-0, J8), le premier d’une série de quinze matchs sans défaite (10 victoires et 5 nuls), quand le club était 12e du classement, il était déjà dans les tribunes pour voir sa future équipe à l’oeuvre, avant d’aligner 14 matchs sans défaite avec elle. Un parcours qui a permis de s’emparer, pour la première fois de la saison, de la première place à l’issue d’une éclatante victoire face – encore – à Fréjus/Saint-Raphaël, le 21 mars, lors de la J22 (4-0).

Maudite place de leader !

Raphaël Gerbeaud. Photo AS Cannes

Rapidement « débarrassée » de la coupe de France cette saison (élimination avec les honneurs contre le FC Annecy, club de Ligue 2, au 7e tour, 1-2, dès le mois de novembre), histoire de ne pas avoir à courir deux lièvres à la fois, histoire de ne pas laisser des plumes en route comme cela était arrivé au Puy-en-Velay, quart-de-finaliste en 2024, et devancé de justesse par Aubagne dans la course à la montée, l’AS Cannes a retenu la leçon. Ce qui ne l’a pas empêché de commettre quelques erreurs de parcours, on pense à cette lourde défaite à Toulon (4-2, J23), alors qu’elle étrennait pour la première fois son maillot de leader, ou à ce non-match à Nîmes (3-0, J27), dans le même type de configuration, deux semaines après avoir récupéré la première place. Faut-il en déduire qu’il existe une malédiction pour les équipes en tête ? La débâcle nîmoise à Andrézieux est là pour étayer cette supposition. Mais à un moment donné, et si possible au bon moment, il va bien falloir que le ballon cesse de brûler les pieds du premier !

Une prédiction

Sory Doumbouya. Photo AS Cannes

Pour terminer la saison en apothéose, les supporters cannois, qui seront 8000 samedi à Coubertin, et qui attendent ce retour en National, ou plutôt en Ligue 3 (le nouveau nom du championnat) depuis 14 ans, comptent sur l’expérience de Mathieu Chabert qui, juste avant le revers 3-0 à Nîmes, avait eu la bonne idée de rappeler qu’avec Dunkerque, en National, il avait perdu un match très important dans la course à la montée à Martigues, ce qui n’avait pas empêché les Nordistes d’accéder en Ligue 2, profitant d’un inexplicable et surprenant revers du leader provençal à l’avant-dernière journée chez la lanterne rouge, Borgo. Le revers de Nîmes Olympique, qui a lui aussi toujours eu du mal à « gérer » sa place de leader, sonne comme une prédiction.

Les supporters cannois comptent aussi sur les qualités offensives de leur équipe : avec 51 buts marqués (dont 28 à domicile en 14 matchs, soit une moyenne de 2 buts par match à Coubertin), les Azuréens se présentent avec la meilleure attaque du groupe, la 3e des trois groupes de N2 (derrière La Roche-sur-Yon 59 et Thionville 53). Surtout, ils ont trouvé en Raphaël Gerbeaud ce numéro 9 qui manquait. S’il n’a pas fait oublier l’inoubliable Julien Dominguez, l’ex-buteur de Saint-Malo a apporté sa fraîcheur et son sens du but (10 réalisations depuis son arrivée en janvier !) à un groupe qui misait trop souvent sur les exploits individuels du joueur le plus régulier de la saison, Chafik Abbas. Sans compter les apports de Malhory Noc et du jeune espoir prêté par Everton, George Morgan, venu mettre de la concurrence et du poids devant, d’autant que Sory Doumbouya, s’il a toujours répondu présent lorsque l’on a fait appel à lui, fut perturbé par des blessures.

Helder Esteves, le coach de Lusitanos/St-Maur. Photo Eric Mendes

Bref, le secteur offensif est pourvu, mais il devra se confronter à la défense de Saint-Maur, la meilleure des trois groupes de National 2 (22 buts encaissés en 29 matchs, seulement 9 buts encaissés en déplacement en 14 matchs !). Il devra tout simplement se confronter à la meilleure équipe à l’extérieur (29 points, 9 victoires, 2 nuls, 3 défaites, 21 buts marqués, 9 encaissés en 14 matchs). Impressionnant.

Ce deuxième Cannes/Lusitanos de l’histoire à Coubertin (les deux clubs se sont affrontés lors de la saison 2001-2002 en National, Cannes l’avait emporté 3-1 à La Bocca) sera aussi une belle opposition de style avec des visiteurs qui impressionnent par l’intensité qu’ils mettent à chacune de leurs rencontres, et où le milieu de terrain Alexis Dos Santos, convoité par des clubs de Ligue 2 et National, rayonnent. Où Helder Esteves, l’entraîneur, réalise des choses formidables depuis son arrivée ou plutôt son retour, en remplacement de Mohamed Tazamoucht, en cours de saison, en novembre 2023.

L’ex-goaleador portugais des Lusitanos, joueur emblématique des années 90 et 2000 (avec une saison à 40 buts en CFA en 2000/01 !), gros travailleur, a apporté son professionnalisme, sa proximité avec ses joueurs, son sens de la psychologie. Il a apporté des résultats aussi : 41 victoires, 23 nuls et 9 défaites en deux saisons et demi et 73 matchs. Pas mal. On a hâte de voir ce que cela va donner à Cannes !

Interview
Thomas De Pariente : « C’est un match couperet »

Thomas De Pariente. Photo DR

Il est né à Paris voilà 55 ans mais a grandi à Cannes dans son enfance et aime à rappeler que c’est bien mentionné « Cannes » sur son livret de famille ! Il y est installé depuis maintenant 35 ans.

Adjoint aux sports, aux sports-santé et aux relations internationales et présent aux côtés du maire David Lisnard depuis la première mandature, en 2014, Thomas De Pariente est un acteur privilégié de la vie cannoise et surtout un témoin de plus de 40 ans d’histoire de l’AS Cannes, dont il a vu le premier match au début des années 80. Et depuis, c’est l’amour fou avec le club floqué du dragon.

L’économiste-chef d’entreprise, qui a porté le maillot rouge et blanc (parfois jaune ou bleu) de 1992 à 1997, essentiellement en DH, connaît le sujet sur le bout des doigts. Il copréside aussi l’association des Anciens dragons cannois avec David Bettoni, une confrérie fondée par Antoine Freddolini en 2007, toujours existante mais quelque peu en sommeil, avec un autre « ex » à sa tête, Stéphane Roda, vainqueur de la coupe de la Ligue en 2000 avec les Forgerons de Gueugnon (face au PSG s’il vous plaît !), « et aussi vainqueur de la coupe de France avec Strasbourg, il va m’engueuler si on oublie de le dire (rires) ! »

Thomas De Pariente parle de l’AS Cannes avec une telle éloquence, une telle facilité, une telle passion, que l’on se demande s’il écrira et publiera un jour un livre sur « son » club, ou plutôt des livres tant il s’est passé des choses, tant les anecdotes sont riches et nombreuses, tant cela mérite plusieurs tomes.

Le tome qui nous intéresse aujourd’hui, c’est celui du 16 mai 2026 et la venue de Lusitanos/Saint-Maur à Coubertin. Thomas De Pariente fait évidemment le lien avec le match du 17 mai 2002 contre Valence, qu’il a vécu de l’intérieur. Il raconte d’ailleurs cet épisode et livre même quelques clés et certaines choses à ne pas reproduire, le tout dit avec le recul nécessaire et surtout sans ambiguïté, sans jamais jouer un rôle qui n’est pas le sien. Mais sa légitimité et sa connaissance du microcosme cannois nécessitent que l’on écoute son avis. Toujours précieux et intéressant.

Tu seras là samedi, contre Lusitanos / Saint-Maur ?
Noooon (rires) ! Evidemment, oui, je serai là (rires) !

Photo AS Cannes

Ce match résonne un peu comme le traumatisant Cannes-Valence de 2002…
Oui c’est un match couperet, un match de la montée. Les matchs couperets, on a eu du mal à les jouer. Cela rajoute à la dramaturgie. Le match de Valence, en 2002, je l’ai vécu de l’intérieur pendant une semaine. On avait tourné une sorte de « Les yeux dans les Bleus » du pauvre, tout était organisé avec la directrice du marketing, Corinne Gensollen, avec Luc Dayan, avec le JRI Christophe Barbin. Il avait été décidé d’une mise au vert à Sainte-Maxime quasiment toute la semaine avant le match. On a vécu la semaine avec eux. Rétrospectivement, c’est facile de le dire, mais cela a tendu les joueurs. C’était une erreur. On avait filmé plein de séquences, notamment une séquence tournée secrètement avec les épouses pour avoir une vidéo d’encouragement. Le deal, c’était de faire un documentaire si on montait, et de ne rien faire si on ne montait pas. Il y a eu une séquence totalement dingue, quand le regretté René Marsiglia, trois quart d’heure avant le match, rassemble les joueurs dans son petit bureau et leur montre la vidéo des épouses. Marcel Salerno, le président, voulait être présent bien que René ne le souhaitait pas. Rétrospectivement, là encore, cela a mis trop d’émotion. Il faut que le parallèle Cannes-Valence s’arrête là. Il ne faut surtout pas se mettre dans cette émotion-là.

Fabio Vanni. Photo AS Cannes

Il faut l’aborder comme un match de championnat, en se disant que l’on a tous les moyens de battre cette équipe que tu reçois. À domicile, c’est souvent un peu long mais en mettant un peu plus d’intensité et avec un soutien populaire qui sera massif, sans surjouer, cela passera. Si tu joues sur tes fondamentaux, et je ne parle même pas d’agressivité, non, parce que le but, ce n’est pas de dénaturer son jeu, mais juste de mettre ce supplément d’intensité, alors il y aura réellement ce que les joueurs adorent, c’est-à-dire jouer devant ce public qui aiment ses joueurs. À Coubertin, les joueurs se sentent bien, ils se sentent aimés. C’est vraiment palpable cette saison, surtout depuis qu’il y a eu ces changements après le match de Rumilly début octobre. Il y a une joie légère. Avec tout ça, il n’y a pas de raison que cela ne passe pas. Je pense à la semaine que les joueurs de l’OM ont vécu avant la finale de la coupe d’Europe contre Milan (en 1993), c’est la plus drôle qu’ils ont vécue. Il ne faut rien changer aux habitudes. Et deux heures avant le match, on se met dedans.

Après, s’il faut élever la rapidité d’exécution, c’est peut-être dans ce match-là qu’il faut le faire, notamment en première mi-temps, parce que, sans faire le tacticien de café de comptoir, dans nos premières périodes, on a l’habitude de poser notre jeu de manière trop lente dans les débuts de match selon moi, de poser le jeu sans intensité, or cette façon de jouer est facile à contrer. Sur la durée, les équipes commencent à faiblir parce qu’on fait bien circuler le ballon, que les schémas sont plutôt bons, etc. D’ailleurs, c’est rare que l’on mène en première mi-temps, on a du mal à marquer. Cette grinta que l’on avait en coupe de France, sans jamais déjouer, c’était formidable. Il y avait exactement le bon « combo ».

Grégory Coupet. Photo AS Cannes

Depuis Rumilly, tu l’as évoqué, on sent beaucoup plus de joie, de sérénité, d’amour, de croyance, de soutien… Les résultats sont arrivés aussi. Mais les changements de l’automne ne sont-ils pas arrivés un peu tard ?
L’analyse rétrospective n’apporte rien. Ce que je sais, c’est que ces changements sont arrivés et que cela a apporté du bon. Mais ils ne sont pas forcément arrivés dans le bon sens car logiquement, on est passé par fusibles successifs : un entraîneur, Damien Ott, respect à lui pour le boulot qui a été fait et je ne suis pas sûr qu’il soit responsable de cette séquence du moment; un directeur sportif, qui avait une responsabilité par rapport au recrutement; et en dernier lieu un dirigeant, que l’actionnaire a licencié. Donc on s’est retrouvé avec un nouveau directeur sportif, un nouveau directeur général et un nouveau coach. On a fait quasiment l’inverse du bon processus mais il se trouve que l’on a plutôt pris le bon coach, le bon directeur sportif et le bon directeur général.

Antoine Gobin, le DG. Photo AS Cannes

Il faut dire qu’il y a dans cette nouvelle organisation des personnes qui ont beaucoup apporté dans l’ombre, je pense à Morgan Amalfitano, qui a grandi à Cannes, et à Grégory Coupet. Ils ont été capables de dire beaucoup de choses et d’amener une espèce de sérénité qui n’existait plus. Quand ils ont assuré l’intérim, en coupe de France à Cap-d’Ail puis en championnat à Fréjus, cela correspond au moment où l’équipe s’est consolidée et stabilisée. Ils ont fait un très bon boulot et cela a facilité l’arrivée sans dramaturgie des trois nouveaux venus, dont Antoine Gobin, le nouveau directeur général, quelqu’un d’une grande intelligence. Il est à mon sens une personne de très haut niveau, intellectuel et artistique, il a un très beau background, notamment auprès de la MLS (Major League Soccer), il est franco-américain, il a grandi aux États-Unis, il apporte une élévation et il a ce côté américain, cette immédiate proximité avec les gens, sans en faire des « caisses ». Il est comme ça. Je ne sais pas ce que dira la suite, mais il a cette bonté humaine qui a été parfaitement captée et comprise par notre environnement et d’abord par nos supporters qui se sont dit « tiens ? Et si on faisait confiance ? », même si on sait que la confiance est circonstanciée aux résultats. D’ailleurs, je veux saluer l’attitude des supporters, qui ont fait preuve de beaucoup d’intelligence et de maturité, d’accompagnement et de passion aussi. Je suis admiratif de leur évolution et de leur comportement. Très objectivement, on peut dire qu’il y a eu un bon assemblage de ces trois nouvelles personnes. Et c’est presque un hasard !

Morgan Amalfitano. Photo AS Cannes

Selon toi, la place de l’AS Cannes aujourd’hui, c’est laquelle ?
Historiquement, on est un des cinq clubs français à avoir le plus de longévité en Division 2, donc je réponds, tendanciellement, notre place, c’est la Ligue 2, et tant mieux s’il y a des possibilités comme on l’a vécu souvent de connaître le plus haut niveau. Cannes est une ville de 74 000 habitants, de taille moyenne. On est typiquement un club professionnel, ça c’est sûr. Et ce depuis l’origine. Le National (la Ligue 3, Ndlr), on l’attend tous, mais ce n’est pas du tout une finalité. La finalité, c’est de retrouver la place stable qui est la nôtre, même si le football a énormément évolué. On voit bien qu’il y a véritablement une carte évidente qui se dessine entre la taille des villes ou métropoles et moyens associés, et les situations sportives. Et le reste est une anomalie. Saint-Etienne en Ligue 2, c’est une anomalie. Bordeaux et Nîmes en National 2, c’est une anomalie.

Aujourd’hui, la taille des villes correspond au niveau. C’est ça le football. La chute tendancielle de l’AS Cannes du milieu des années 90 à aujourd’hui correspond aussi aux déploiements de force de toutes les équipes environnantes : Le Cannet-Rocheville, Grasse, Mandelieu, c’est la désignation même de ce que la suprématie locale est contestée. Cela veut dire que notre niveau de ville-centre a trop baissé. C’est toujours intéressant de le mesurer. Quand je dis cela, en aucun cas je ne dénigre le travail des clubs environnants, simplement, je dis que les conditions sont réunies pour qu’ils puissent se développer, prospérer et progresser. C’est systématiquement le miroir de notre faiblesse.

Le stade Coubertin attend 8000 spectateurs pour la venue de Lusitanos / St-Maur. Photo AS Cannes

Les liens entre la Ville de Cannes et le club semblent toujours aussi forts…
Bien sûr ! Monsieur le maire (David Lisnard) et Nicolas Gorgux le premier adjoint et aussi Jean-Marc Chiappini (ancien adjoint)… (il coupe) Mais il faut savoir une chose : quand David Lisnard était adjoint de Bernard Brochand et que le club allait mal, il a eu la loyauté et l’humilité de laisser ce sujet à Bernard. Pourtant, s’il y a une personne qui était fondée historiquement à s’en occuper, c’était bien David Lisnard. Je rappelle que son père Denis est, avec Charly Loubet, le plus jeune joueur à avoir eu un contrat professionnel. Henri Lisnard, l’oncle de David, était dirigeant et président de l’association amateur. Ses deux oncles étaient des joueurs emblématiques du club dans les années 50/60. Il y a une culture du football chez les Lisnard qui est absolument dingue et un « savoir gérer » aujourd’hui de la part du maire.

Mais quand David Lisnard est arrivé aux affaires, en 2014, et même si le club n’est pas géré par la Ville, qui ne subventionne que l’association, il a accepté le fait de retomber pour mieux reconstruire. Cette trajectoire, Dieu sait qu’elle est lente et longue, mais elle est intelligemment faite : ce sont des briques qui s’additionnent, avec les bons curseurs et les bons équilibres. C’est aussi le fruit du travail d’une femme phénoménale, un travail nécessaire au redressement du club, c’est évidemment Anny Courtade. Sans elle, il n’y aurait pas pu avoir ce redémarrage-là. Mais on a besoin de tout le monde, de cette fabuleuse complémentarité entre l’association et la société sportive professionnelle. Le groupe actionnaire (le groupe Friedkin, arrivé en juin 2023) et Anny ont une telle culture de la gagne que chacun fait avancer le club dans deux dimensions, en professionnel et en amateur comme on a pu le voir avec la montée de la réserve en Régional 1.

Thomas De Pariente, son AS Cannes du tac au tac

Ta première à Coubertin ?
Je crois que c’était en 1982, lors du traditionnel tournoi de février qui avait lieu chaque année à Cannes, et qui opposait plusieurs équipes, il y avait le Nantes de Maxime Bossis, Dortmund, l’Eintracht Francfort et Cannes. Jean Fernandez était encore joueur et le stade dans son ancienne configuration. A partir de ce moment-là, je suis tout le temps allé au stade, c’est mon grand-père qui m’emmenait !

Ton plus beau match à Coubertin ?
Cannes-Fenerbahçe, sans hésiter, ce n’est même pas un sujet ! 4 à 0, en coupe d’Europe (en 1994/1995).

Ton joueur cannois préféré ?
Ah il y en a plein ! Le gardien Michel Dussuyer et l’arrière latéral Bruno Chaverot, mon héros, je m’identifiais à lui. Gamin, je voulais lui ressembler.

Ton coach préféré ?
Luis Fernandez.

Un dirigeant qui t’a marqué ?
(Il réfléchit longtemps). Là encore, il y en a eu beaucoup. La facilité serait de répondre Francis Borelli… Il y en a eu beaucoup de mauvais… Allez, par affection, Francis Borelli !

Un bénévole marquant ?
Guy Sporn et Guy Thibault. Guy Sporn, c’est un monsieur qui est à tous les matchs, il donnera toujours un coup de main, c’est un dirigeant exceptionnel. Guy Thibault, le papa de Gérôme, qui a joué avec la réserve à l’AS Cannes, est un peu le même genre de personne. Ce sont des dirigeants emblématiques, ils sont éducateurs aussi. L’âme cannoise, je la retrouve en eux. Ce sont deux personnalités exceptionnelles de longévité, de fidélité, de loyauté et d’intransigeance. Je rajouterais Jacques Gastaldi et Brahim Harris,  deux personnes exemplaires.

Un but mémorable ?
J’adore celui du 1-1 de Mickaël Madar contre Valenciennes lors du match retour du barrage D1/D2 en 1993, pour ce qu’il dit et pour cette ambiance, j’ai d’ailleurs la vidéo sur mon téléphone, mais il y en a un que je publie tout le temps sur les réseaux, tant il dit que l’on peut être un club exceptionnel dès que l’on repart de l’avant, c’est le tête de Cheikh Ndoye contre Reims (en demi-finale de la coupe de France l’an passé). Quelle clameur ! J’aime ce but pour trois raisons : ce qu’il a permis de vivre en coupe de France, ce « redécollage » de l’AS Cannes et pour ce qu’il révèle de Cannes et des Cannois.

Un formateur ?
Jean-Jacques Asso. Je pourrais citer aussi ce trio quatuor Troin-Bettoni-Lacombe. Mais pour moi, le meilleur formateur de tous, c’est David Bettoni quand il était au centre. Les joueurs l’adoraient, l’écoutaient et pouvaient « mourir » pour lui sur le terrain. Il assume d’une façon très rigoureuse, très professionnelle et très discrète, son amitié avec « Yaz » (Zinédine Zidane), il est d’une humilité et d’une résilience… Chapeau.

Un adversaire marquant ?
Nancy, en 1992. On est éliminé en demi-finale de la coupe de France après un super match contre Monaco (aux tirs au but) et juste après, on reçoit Nancy en D1, il faut absolument gagner pour se maintenir alors qu’on avait le 5e budget du championnat, c’était l’époque Zidane, Asanovic, Omam Biyik et compagnie, on ne fait que match nul (1-1)… Cela a été un traumatisme aussi. Heureusement, on remonte la saison suivante grâce à Luis (Fernandez). Ce match-là, face à Nancy, est resté en travers de la gorge. Évidemment, Valence aussi, en 2002.

Un maillot fétiche ?
Y’en a plein ! Je suis même obligé de dissocier selon que l’on parle de l’équipementier ou de la publicité. Le Mas d’Auge, rouge et blanc, à l’époque de Jean Fernandez, j’adorais ce maillot. Je crois qu’on l’a porté quand on est monté en D1, on reçoit Auxerre en août 87, on fait 0 à 0. Je me souviens bien de ce match car il y avait un joueur à l’échauffement qui ne faisait pas comme les autres, un peu façon Maradona, qui s’amusait, c’était Eric Cantona, que l’on connaissait à peine, mais quel talent ! Celui d’Alain Giresse (1989-90), Chronos aussi (1990-91) et sinon, définitivement, le Duarig (1988-89) avec un de mes joueurs fétiches, tout petit, Antoine Martinez, qui arrivait de Bordeaux, un talent fou au poste de numéro 10.

Je pensais que tu évoquerais le maillot « Maisons Phénix  » ?
Pas du tout ! Je suis un fan des années 80 mais je ne suis pas nostalgique. On a été très bons, très mauvais, c’est comme ça. J’ai adoré le passé, je ne le regrette jamais.

Une anecdote ?
Quand on a fait une épopée de coupe de France en 1983-1984, en D2, en éliminant Sochaux, Bastia, à chaque fois on jouait sous des trombes d’eau, et je regardais les matchs avec Youssouf Fofana, le « diamant noir », que Jean-Marc Guillou était allé chercher à Abidjan avec Richard Conte. Le directeur du centre de formation, qui n’était pas encore un vrai centre, et l’entraîneur de la DH, Arsène Wenger, a dû se retrouver pour un de ces matchs, contre Sochaux, sur le banc parce que Guillou n’était pas là, et Cannes gagne 3 à 0. Cela n’a jamais été raconté je crois, mais le premier match en pro sur le banc d’Arsène Wenger, ce n’est pas avec Nancy, mais avec l’AS Cannes en D2, et j’y étais !

Chafik Abbas. Photo AS Cannes
Photo AS Cannes

National 2 (30e et dernière journée) – Samedi 16 mai 2026, à 18h au stade Coubertin : AS Cannes (1er, 57 pts) – Lusitanos Saint-Maur (3e, 55 pts).

– L’AS Cannes en Ligue 3 si : victoire contre Lusitanos OU nul contre Lusitanos et Nîmes Olympique (2e, 56 pts) ne gagne pas à Limonest.

– Nîmes en Ligue 3 si : victoire à Limonest et Cannes ne gagne pas.

– Lusitanos / Saint-Maur en Ligue 3 si : victoire à Cannes et Nîmes ne gagne pas à Limonest.

 

  • Texte : Anthony BOYER / X @BOYERANTHONY06 / mail : aboyer@13heuresfoot.fr
  • Photos : AS Cannes
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