Mardi 15 octobre 2024. La nouvelle vient de tomber. Anthony Beuve, après plus de 11 ans passés à Avranches, quitte le club, tombé en National 2 en juin dernier. Il n’est pas parvenu à trouver un accord avec sa direction. Blessé fin février 2024 à l’épaule lors d’une rencontre de National à Orléans, le gardien, âgé de 36 ans, était sur le point de retrouver sa place dans les cages de l’USAMSM – il est rétabli à 100 % -, malheureusement, aucun accord n’a pu être trouvé entre lui et son club, où il a disputé près de 300 matchs en compétitions officielles. Anthony Beuve, c’est aussi une carrière longue : avant Avranches, il a porté les maillots de l’AS Cannes (2012-2014) et du Rodez Aveyron Football (2004-2012). Anthony Beuve, passé par les équipes de jeunes du PSG, est un modèle de fidélité. On lui souhaite de, très vite, retrouver le chemin des terrains, pour un nouveau projet. Voilà deux ans, Anthony s’était longuement confié pour @13heuresfoot. Retrouvez son interview ci-dessous !

(entretien réalisé en octobre 2022) En août 2022, le portier de l’US Avranches Mont-Saint-Michel a entamé sa 9e saison consécutive en National, sa 13e depuis ses débuts à Rodez. A 34 ans, il n’a pas l’intention de s’arrêter là. Et n’a pas tiré un trait sur ses ambitions. Portrait.

A Avranches, il y a le Mont-Saint-Michel pas loin. Il y a aussi Notre-Dame-des-Champs, le mémorial du Général Patton, le château avec son célèbre donjon. Et puis, dans les cages du stade René-Fenouillère, il y a Anthony Beuve !

Le gardien de l’US Avranches-Mont-Saint-Michel fait partie des meubles. Il est là depuis 2014. Ce n’est pas le record du club, qui appartient à Charles Boateng, arrivé dans la Manche en 2011, mais pas loin ! « Avec Charles, on est les deux survivants ! » commente Anthony Beuve qui, avec ses huit saisons de rang en National – il a entamé sa neuvième saison en août dernier – est en quelque sorte … un autre monument de la ville !

« Lancé à Rodez en 2008 en National ! »

Avec Rodez, en National. Photo Philippe Le Brech

En matière de longévité dans les cages, et à cet échelon, personne ne fait mieux.

Et si l’on en croit les statistiques, quelque chose dont il n’est pas forcément friand, le natif d’Eaubonne, dans les Hauts-de-Seine, disputera vendredi, au Puy-en-Velay, son 213e match de championnat sous les couleurs avranchinaises. Son 272e en National, où il a effectué ses premiers pas avec Rodez, à la fin de la saison 2007-2008, lorsque Franck Rizzetto l’avait lancé dans le grand bain lors de la 37e et avant-dernière journée de championnat à Paul Lignon (succès 3-0 contre Romorantin). Un bail !

Un bail aussi qu’il est à Avranches ! En août dernier, il a battu son record de longévité dans un club, qui datait de son passage dans l’Aveyron (8 saisons, de 2004 à 2012). C’est que le fan du PSG, son club de coeur, où il a d’ailleurs évolué pendant 5 saisons jusqu’à l’âge de 14 ans aux côtés de Steven Nzonzi, n’a pas joué dans trente-six équipes depuis ses débuts !

Avec Rodez, en 2011, en National. Photo Philippe Le Brech

En seniors, il n’a d’ailleurs porté que trois tuniques : celles d’Avranches et Rodez, donc, et celle de Cannes (2012-2014) : « C’est vrai que je suis resté beaucoup moins longtemps à Cannes, seulement deux saisons, et pourtant, c’est comme si j’y avais passé autant de temps qu’à Rodez ou Avranches. »

Ses premiers ballons « Anto » les touche à Osny (Val d’Oise), là où son papa entraînait : « Comme j’ai pu mettre mes enfants au foot, je pense que mon père en a fait de même avec moi, et c’est sans doute lui qui m’a mis aussi dans les cages alors que je pousse mes enfants à ne pas jouer dans les buts » raconte le double quart-de-finaliste de la coupe de France (avec Cannes en 2014 et Avranches en 2017).

Le plus âgé de ses deux enfants, Lyam, 6 ans et demi, joue dans le champ mais « il commence à vouloir aller dans les buts parce que, forcément, il me regarde… Il va falloir que je lui mette plus souvent des petits ponts dans les matchs pour que l’envie lui passe ! ».

« Je me vois jouer le plus longtemps possible »

Photo Bernard Morvan

Après Osny, direction le PSG en compagnie de quelques coéquipiers, puis Franconville (Val d’Oise) pendant un an et enfin Rodez, après un nouveau déménagement.

« Rodez, c’était un club vraiment très familial. Les gens y sont très accueillants et puis c’est un club qui se souvient de ses anciens joueurs. A chaque fois que j’y vais, je suis toujours très bien reçu. J’y ai encore ma famille et mon épouse est de là-bas aussi. J’ai eu l’opportunité d’y retourner comme joueur y’a quelques années mais c’était trop tôt, j’aurais eu l’impression de boucler la boucle. »

Avec Avranches, Anthony Beuve espère continuer de grandir, en accédant à cette fameuse Ligue 3 professionnelle en 2024 (si sa création est confirmée). C’est que, à 34 ans il nourrit toujours la même ambition : celle de jouer en pro.

Photo Bernard Morvan.

« Ici, je fais partie du projet, et je me vois jouer le plus longtemps possible, tant que les blessures me laissent de côté et que je suis compétitif. En 2020 et 2021, j’ai été blessé, mais là, je sens que c’est derrière moi. Je suis revenu un peu comme un joueur neuf. Si j’ai l’opportunité d’aller à un plus haut niveau, et bien on ira (sic) ! J’espère que ce sera avec Avranches. Mais je ne changerai pas de club juste pour changer de club. »

Hier matin, avant d’aller à l’entraînement, Anthony Beuve avait la pêche. Dimanche soir, son club de toujours, le PSG, avait remporté le clasico face à l’OM. Avec Richard Déziré, son ancien coach à Avranches, croisé au café, ils ont pu refaire le match. Et ça, c’était juste avant de répondre à nos questions !

Anthony Beuve, du tac au tac

« J’aimerais bien revoir Steven Nzonzi »

Avec Avranches, en 1/4 de finale de la coupe de France, en 2017, face au PSG, à Caen. Photo Philippe Le Brech

Meilleur souvenir sportif à ce jour ?
Le 1/4 de finale de coupe de France avec Avranches face au PSG, à Caen, en 2017.

Pire souvenir sportif ?
Quand je me suis fait les croisés, y’a 2 ans, à Borgo. Et je m’étais déjà blessé à l’épaule contre eux la saison d’avant, ce qui m’avait valu 8 mois d’indisponibilité. Et je suis revenu à la compétition, chez eux donc, et là, c’est les croisés…

As-tu déjà marqué un but dans ta carrière ?
Non. Mais ça ne va pas tarder.

Vendredi soir au Puy ?
Non, parce que ça voudrait dire qu’on perd 1-0 en fin de match, c’est pas bon ça (rires)

Pourquoi as-tu choisi d’être gardien ?
Je n’ai aucune explication et en plus, je le regrette un peu. Je pense que j’aurais pris plus de plaisir en étant joueur de champ.

C’est vrai qu’en scrutant de vieilles photos de toi à l’entraînement à Cannes, tu étais toujours dans le champ…
Ouaip… C’est exactement ça.

Ton plus bel arrêt ?
Avranches – Tours en 2018. Pas le plus compliqué mais c’est le plus beau à regarder. Je vais capter un ballon en lucarne.

Avec l’AS Cannes, en coupe de France, Anthony Beuve avait stoppé deux tirs au but face à Saint-Etienne en 2014. Photo S. H.

L’arrêt le plus important de ta carrière ?
Le penalty arrêté sur Mevlut Erding avec l’AS Cannes en 32es de finale de la coupe de France contre Saint-Etienne. Il a fait beaucoup parler et ça a permis de faire ce beau parcours après.

Un geste technique préféré ?
Le petit pont.

Tu évites de le faire en match quand même…
Ah je l’ai tenté y a 10 jours au Mans mais ça n’a pas fonctionné ! Bon, y’avait 3 à 0 pour Le Mans. ça m’arrive de temps en temps.

Qualités et défauts sur un terrain ?
Tonique et trop joueur.

Le club ou l’équipe où tu as pris le plus de plaisir ?
La première saison avec Frédéric Reculeau, en 2018-19, dans le jeu, c’était vraiment sympa et beau à voir et à jouer. Et aussi à Cannes, l’année de notre 1/4 de finale de coupe de France, avec un super groupe.

Photo S. H.

Le club où tu n’aurais pas dû signer ?
C’est paradoxal mais c’est Avranches. Alors que c’est ici où j’ai mes meilleurs souvenirs… Si je n’avais pas choisi de signer à Avranches en 2014, j’aurais eu l’opportunité, deux jours après, de signer à Lens. Je ne le regrette pas mais voilà… J’ai été trop impatient. Pour être honnête, à l’époque, Avranches fut un choix par défaut, et 8 ans après, je suis encore là. C’est ici que j’ai construit ma vie, comme quoi ! On a investi dans une maison. Mes enfants sont nés à Avranches.

Le club où tu aurais rêvé de jouer ?
PSG, même si j’y ai joué en jeunes.

Anthony Beuve a porté les couleurs du PSG dans les catégories de jeunes (on reconnaît Steven Nzonzi en haut, 2e en partant de la gauche).

Un stade et un club mythique pour toi ?
PSG, le Parc des Princes.

Un public qui t’a marqué ?
Strasbourg, quand on a joué là-bas en National, c’était impressionnant.

Un coéquipier marquant ?
Ronny Rodelin, on a grandi ensemble. J’étais proche de lui quand on était au collège.

Le coéquipier avec lequel tu avais ou tu as le meilleur feeling sur le terrain ?
Bradley Danger. C’est en partie grâce à lui si j’ai pris autant de plaisir lors de cette saison dont je parlais, en 2018-2019.

Sous le maillot de Rodez, en 2011. Photo Philippe Le Brech

Le joueur adverse qui t’a le plus impressionné ?
En National, c’est Nicolas Pépé, quand il jouait à Orléans, je l’avais trouvé impressionnant.

L’adversaire qui t’a le plus impressionné ?
Pas impressionné, mais je ne sais pas pourquoi, j’ai toujours eu du mal contre Amiens. J’ai rarement été performant contre eux.

Un coéquipier perdu de vue que tu aimerais revoir ?
Steven Nzonzi.

Un coach perdu de vue que tu aimerais revoir ?
Jean-Marc Pilorget.

Un coach que tu n’as pas forcément envie de revoir ?
Il n’y en a pas un en particulier même si ça s’est souvent mal passé avec mes coachs alors qu’au final, on s’est toujours apprécié ! Ce matin encore, je prenais le café avec Richard Déziré, avec qui la relation n’était pas extraordinaire quand je l’ai eu comme coach, mais finalement, ça se passe très bien. Allez, je dirais peut-être Régis Brouard, qui m’a fait monter de jeunes en seniors à Rodez, que j’ai recroisé deux ou trois fois sur les terrains, quand il était au Red Star notamment, mais il ne m’a ni reconnu ni calculé. Après, je ne le connais pas très bien. Je ne lui en veux pas. C’est peut-être le fait de ne pas avoir eu de reconnaissance.

Avec Brice Cognard, à Avranches. Photo Philippe Le Brech.

Un président marquant ?
Gilbert Guérin (Avranches).

Une causerie de coach marquante ?
Une causerie de Jean-Marc Pilorget, quand il nous parlait, le jour anniversaire du décès de sa fille malheureusement… C’était poignant.

Une causerie de coach que tu n’as jamais comprise ?
J’ai eu Rui Pataca à Rodez et parfois c’était un mélange de français et de portugais. On ne comprenait pas toujours très bien.

Le joueur le plus connu de ton répertoire téléphonique ?
Je ne sais pas s’il a changé de numéro, je pense que oui, Jonathan Clauss.

En coupe de France, face au PSG de Blaise Matuidi. Photo Philippe Le Brech.

Une anecdote de vestiaire que tu n’as jamais racontée ?
En Coupe de France avec Cannes, je crois que c’était contre Saint-Etienne. Il y avait le président Ziad Fakhri et son papa dans les vestiaires, et tous les deux avaient ramené des choses étranges du Sénégal, des grigris qu’on s’était mis sur les mains, il y avait aussi un truc, un liquide, de la potion, je ne sais pas, mais il faut croire que ça a marché car on est passé !

Des rituels, des tocs ?
Pendant un match, je suis tout le temps en train de remonter mes chaussettes. Elles glissent tout le temps ! Peut-être parce que je n’ai pas de mollet !

Une devise ?
Non, je laisse ça aux intellectuels (rires).

Que t-a-t-il manqué pour jouer en Ligue 2 ?
Un peu de tout, chance, taille, caractère, entourage. Un peu de talent aussi forcément. Si je dois sortir un critère, ce serait la taille.

Photo Bernard Morvan

Tu es un gardien plutôt …
Joueur !

Un gardien de légende ?
Bernard Lama.

Une idole ?
J’étais fan de Pastore. J’aimais son élégance.

Ta plus grande fierté ?
Mes deux enfants. Livio va avoir 3 ans dimanche et Lyam a 6 ans et demi. Ils sont fans du PSG. Ils sont obligés !

Le milieu du foot, en deux mots ?
Intense et enrichissant.

Texte : Anthony BOYER / Mail : aboyer@13heuresfoot.fr / Twitter : @boyeranthony06

Photos Philippe Le Brech, Bernard Morvan et DR

L’ancien milieu offensif de Créteil a fait le choix d’un football « exotique » en 2016 en signant à Gabala, en Azerbaïdjan, où il a découvert la Coupe d’Europe, puis à Bakou. Aujourd’hui, il évolue à Chypre, à l’Apollon Limassol, où il a décroché deux titres en 2022.

Sous le maillot de Créteil. Photo Philippe Le Brech

Talent passé entre les mailles des filets franciliens avec une formation sous les couleurs du FC Lorient (2007-2009), Bagaliy Dabo (34 ans) a néanmoins terrassé ses adversaires sur les défenses parisiennes pendant une bonne partie de sa carrière.

D’abord pendant deux ans à Ivry (2009-2011) en CFA2 et CFA, puis pendant quatre autres à l’US Créteil (National, Ligue 2). Il a aussi effectué un passage éclair à Istres (2013-2014) pour ses débuts professionnels en Ligue 2.

La descente avec le club cristollien de Ligue 2 en National à l’issue de l’exercice 2015-2016 marque un tournant dans la carrière du milieu offensif tricolore.

Sous le maillot d’Ivry en CFA. Photo Philippe Le Brech

Alors qu’il aurait pu rester aux portes de l’élite du foot français en poursuivant en Ligue 2, Bagaliy Dabo surprend son monde, direction l’Azerbaïdjan pour rejoindre les rangs de Gabala (2016-2018).
Après deux campagnes européennes héroïques et deux saisons en championnat âprement disputées, le virevoltant buteur signe deux ans en Azerbaïdjan, à Bakou (2018-2020) sans y remporter de trophée. Vient alors l’heure de s’envoler en 2020 pour Chypre et l’Apollon Limassol.

Là encore, les coups de reins et les « coups de savate » de « Baga » font des ravages. Vice-champion la première saison, le serial buteur ne se manque pas lors du dernier exercice. Auteur de 8 buts avec l’Apollon, il décroche un nouveau titre de champion après celui obtenu en National avec Créteil en 2013. Il y a quelques semaines, Dabo s’offrait même un doublé Championnat/Coupe avec la Super Coupe de Chypre. Sur un rythme effréné entre championnat et Coupe d’Europe, Dabo a néanmoins pris le temps de parler foot une heure durant.

« Je suis très heureux à l’Apollon Limassol »

Photo Philippe Le Brech

Titi parisien né à Clichy-le-Garenne, comment te retrouves-tu au centre de formation de Lorient ?
À la base, je devais signer à Guingamp mais Lorient les a contactés et je suis allé passer quelque jours là-bas. La semaine d’après, je me suis retrouvé à signer mon contrat stagiaire avec Lorient. J’avais aussi la possibilité d’aller à Toulouse et Nantes, mais j’ai choisi la Bretagne. J’y suis resté deux ans. Sur Paris, je n’avais pas trop de piste.

Au bout de deux ans, tu reviens chez toi pour jouer avec Ivry en CFA2, puis tu grimpes encore les échelons en rejoignant Créteil (2011-2013). Deux années de National riches en émotion, avec une accession en L2 à la clé…
À Ivry, j’arrive en cfa2 en effet avec une montée dès ma première année. J’enchaîne par une saison en CFA avant de partir pour Créteil où j’ai vraiment passé deux années riches en émotions avec un joli parcours en Coupe de France la première année. On va jusqu’en 16e de finale et on perd chez nous aux tirs au but contre les Girondins de Bordeaux. L’année suivante, on effectue une saison extraordinaire en contrôlant le championnat du début à la fin et on monte en Ligue 2.

Photo Philippe Le Brech

Alors que la suite logique était la ligue 2 avec Créteil, c’est du côté de Istres que tu découvres le monde pro. Que s’est-il passé ?
Rien de spécial. On n’est juste pas tombé d’accord contractuellement tout simplement… Du coup, je suis parti découvrir le monde professionnel à Istres. La descente en National fut une déception, mais j’ai vraiment pris du plaisir notamment au niveau du jeu que l’on pouvait proposer.

Tu es de retour à Duvauchelle en 2014 pour deux nouvelles saisons difficiles pour le club en Ligue 2. Quels souvenirs en gardes-tu ?
C’est vrai que ce n’était pas si facile mais je n’irais pas jusqu’à dire difficile non plus. On a eu des haut et des bas comme dans tout club. Je pense notamment à la deuxième saison où on n’a pas su se sortir de ce moment difficile qui nous a condamnés au National et à une sortie rapide en Coupe de France contre les Lusitanos de Saint-Maur (2-4). Pourtant , nous avions de bons joueurs pour éviter cette issue pour le club et les gars.

Photo Philippe Le Brech

La descente marque un tournant dans ta carrière avec un choix surprenant : partir en Azerbaïdjan. Que retiens-tu de ces quatre années là-bas ?
Ce sont quatre années où je me suis ouvert à une autre culture. J’y ai appris l’Anglais, j’y ai appris à être plus professionnel sur et en dehors du terrain. Et bien évidement j’ai développé mes talents de buteur avec beaucoup de travail, sans oublier la découverte des compétitions européennes.

Dès mon arrivée, je disputais un tour préliminaire d’Europa League contre un club géorgien. On sort même Lille pour notre 3e tour avant de nous qualifier pour les poules (ndlr : 6 défaites en 6 matchs, dont un double revers contre Saint-Étienne) en éliminant Maribor.

Sous le maillot d’Istres face au SCO Angers et Gaël Angoula. Photo Philippe Le Brech

Depuis 3 saisons maintenant, tu t’éclates à Chypre avec l’Apollon Limassol. Comment décrirais-tu le niveau de ce championnat ?
À Chypre, le championnat n’est pas évident avec pas mal de bonnes équipes. La preuve, nous avons deux équipes qualifiées en Europa League. Nous aurions pu être là troisième avec une élimination aux tirs au but contre l’Olympiakos Le Pirée.

Au final, nous sommes en Conférence Europa League et dans le coup pour nous qualifier. Remporter le championnat et la Coupe ne sont pas des choses faciles. Je situerais nos équipes dans le haut tableau de Ligue 2, milieu de tableau de Ligue 1.

Aujourd’hui, on peut voir Ndoye en National avec le Red Star, Seck en N2 avec Créteil. Une dernière pige en Île-de-France est elle possible ?
Ce n’est pas d’actualité, mais franchement le football nous a appris que tout était possible, donc pourquoi.

Seul l’avenir nous le dira, mais c’est vrai que je suis très heureux aujourd’hui avec l’Apollon Limassol.

« Baga » Dabo, du tac-au-tac

Photo Philipe Le Brech

Premier match en pro ?
Dès le début de la saison 2013-2014 à la maison contre Angers. On démarre très mal avec deux buts concédés en 20 minutes pour au final perdre 4-2. Je suis titulaire et sur la pelouse tout le match.

Premier but en pro ?
À domicile 15 jours après la défaite contre Angers. On reçoit le CA Bastia qui était promu en Ligue 2 comme Créteil. Les Corses ouvrent le score sur penalty et j’égalise sur le coup d’envoi ou presque.

Le joueur le plus fort avec qui tu as joué ?
J’ai eu la chance de jouer avec des joueurs très forts, notamment techniquement. Mais si je devais en retenir un, je dirais Jérôme Leroy à Istres. Il était impressionnant et j’ai pu apprendre beaucoup et m’inspirer de certaines choses chez lui.

Le joueur le plus fort contre qui tu as joué ?
Alors il n’est pas connu du grand public, mais je dirais Miguel Madera, un milieu évoluant en 6 ou 8 qui est maintenant à la retraite. J’ai pu jouer contre lui plusieurs fois en Azerbaïdjan et c’était rarement une partie de plaisir.

Sous le maillot d’Istres. Photo Philippe Le Brech

Ton plus beau stade ?
Je vais en citer deux qui sont, je trouve, incroyable. C’est le stade de Maribor en Slovénie et le stade Félix Bollaert de Lens. J’y ai à chaque fois senti une énorme ferveur et une vraie pression.

Ta plus grande joie ?
Je pense que c’est celle du championnat de Chypre que l’on gagne la saison passée au bout du suspense. Ce fut une saison longue durant laquelle nous avons presque toujours été devant. Conclure a été compliqué. Je pense aussi à ma première qualification en Europa League pour laquelle j’ai pratiquement ressenti la même émotion.

Ta plus grande déception ?
Je pense que c’est ma première saison à Chypre en 2020-2021 où l’on perd le championnat sur le fil face à l’APOEL Nicosie. Et la finale de la Coupe d’Azerbaïdjan perdue à domicile avec Qarabag contre Kesla (1-0) en 2017-2018. Ce fut une grande déception.

L’entraîneur qui t’a le plus apporté ?
Sans langue de bois, je pense que chaque entraîneur m’a apporté un petit quelque chose à son échelle que ce soit en CFA, en National, en Ligue2 ou à l’étranger j’ai toujours appris de mes coachs.

L’entraîneur que tu n’as jamais compris ?
Là par contre, je vais éviter de donner des noms, mais il y en a (grand éclat de rire).

Texte : Julien Leduc / Mail : jleduc@13heuresfoot.fr / Twitter : @JulienLeduc37

Photos : Philippe Le Brech

Vous avez loupé un épisode de la série « 13heuresfoot » cette semaine ? Voici la séance de rattrapage !

Samedi 15 octobre 2022
Coupe de France : le vignoble nantais est à la fête !
https://13heuresfoot.fr/actualites/coupe-de-france-le-vignoble-nantais-est-a-la-fete/
Avec cinq clubs présents au 6e tour ce week-end, le vignoble nantais vit un moment historique. Car tous ces clubs ne sont distants que de quelques dizaines de kilomètres et ils se connaissent bien. Petit tour dans le Pays du muscadet !

Vendredi 14 octobre 2002
Mathieu Duhamel, l’histoire d’un acharné
https://13heuresfoot.fr/actualites/mathieu-duhamel-lhistoire-dun-acharne/
Retraité du monde professionnel depuis 2018 et son passage à Foggia, en Italie, l’ancien avant-centre, qui a beaucoup bourlingué entre L1, L2 et National, aujourd’hui conseiller sportif et adepte du MMA, revient sur sa carrière et son tempérament de compétiteur.

Jeudi 13 octobre 2002
National : Versailles, un promu aux moyens XXL qui font jaser
https://13heuresfoot.fr/actualites/national-versailles-un-promu-aux-moyens-xxl-qui-font-jaser/
Vainqueur du Mans (2-1) mercredi lors de la 9e journée de National, Versailles occupe la 3e place à trois points du duo Concarneau-Dunkerque. Le club des Yvelines n’est pas un promu comme les autres. Il se signale par un train de vie fastueux matérialisé par le recrutement d’une dizaine d’anciens joueurs de L1 et L2.

Mercredi 12 octobre 2002
Didier Santini, bien plus qu’un entraîneur…
https://13heuresfoot.fr/actualites/didier-santini-bien-plus-quun-entraineur/
L’ex-coach de Saint-Brieuc, Béziers et Dunkerque se démarque par son côté bienveillant et ce rôle de conseil auprès de ses joueurs, qu’il aime accompagner dans leur projet de carrière. Au point, parfois, d’en oublier la sienne !

Mardi 11 octobre 2012
Réginald Ray : « Être consultant est un bon palliatif »
https://13heuresfoot.fr/actualites/reginald-ray-etre-consultant-est-un-bon-palliatif/
Sans club depuis sa courte expérience au Mans en 2020, que la Covid a freinée, l’ancien coach du Paris FC et de Valenciennes découvre une autre facette du football, en plateau, où il commente le Multiplex de Ligue 2 pour Amazon Prime Video. Mais le terrain le démange et il compte bien retrouver un banc.

Lundi 10 octobre 2022
Ils ont choisi le foot des copains à La Forêt-Fouesnant !
https://13heuresfoot.fr/actualites/ils-ont-choisi-le-foot-des-copains-a-la-foret-fouesnant/
La belle histoire a commencé la saison dernière. Une quinzaine d’amis d’enfance, qui évoluaient dans différents clubs (du National au Régional 3,) ont décidé, en raison d’un grave problème de santé ayant touché l’un d’entre eux, de rejoindre la même équipe, le CA Forestois, en 2e division de district dans le Sud-Finistère. Pour se retrouver et jouer ensemble. Et leur aventure continue.

Samedi 8 octobre 2022
Nicolas Usai (Nîmes) : « Le foot, c’est le reflet de la société »
https://13heuresfoot.fr/actualites/nicolas-usai-le-foot-est-le-reflet-de-notre-societe/
L’entraîneur de Nîmes Olympique (Ligue 2), en déplacement ce soir à Quevilly Rouen, évoque à la fois sa carrière de joueur, essentiellement  construite en National, et celle d’un entraîneur professionnel à Istres (adjoint en Nationale et en L2), Marseille-Consolat (Nat), Sedan (N2), Châteauroux (L2) et, depuis janvier dernier, chez les Crocodiles.

Avec cinq clubs présents au 6e tour ce week-end, le vignoble nantais vit un moment historique. Car tous ces clubs ne sont distants que de quelques dizaines de kilomètres et ils se connaissent bien. Petit tour dans le Pays du muscadet !

Demain, c’est un nombre historique de clubs de Loire-Atlantique qui seront engagés au 6e tour de coupe de France. Parmi les onze qui sont encore en lice, on retrouve notamment cinq clubs du Vignoble nantais, connu notamment pour son muscadet, un vin blanc sec qui se déguste souvent avec des fruits de mer !

Et c’est le cœur de ce vignoble nantais qui est à la fête avec l’AS Vieillevigne La Planche, le FC Coteaux du Vignoble (Saint-Fiacre, La Haie-Fouassière, Château-Thébaud), le FC Saint-Julien-Divatte (Saint-Julien-de-Concelles, La Chapelle Basse-Mer), l’Elan Gorges et l’AC Basse-Goulaine.

Des sangliers sur le pré

L’équipe du FC Coteaux du Vignoble, le petit poucet (D1). Photo DR

Pour Raphaël Marsac, l’entraîneur du petit poucet Coteaux du Vignoble (Départemental 1), la réception des Herbiers (National 2) est encore l’occasion de mettre le club en avant après l’élimination de deux formations de National 3 (Saint-Nazaire et Fontenay). « Les conditions d’entraînement ne sont pas toujours au top avec notamment le passage des sangliers sur notre terrain, regrette-t-il. J’ai presque honte de recevoir les clubs sur notre terrain. Mais ce sera une belle fête dimanche (demain) à Château-Thébaud ! Car on reçoit aussi un club qui a été finaliste de la coupe de France. Mais on a l’habitude de gérer le quotidien. » Et son équipe pourra de nouveau s’appuyer sur Pierre-Emmanuel Besse, son gardien, qui s’est distingué depuis le début de la compétition.

« C’est de la fierté ! s’exclame le portier de 25 ans. Contre Saint-Nazaire, il y avait, je pense, l’effet de surprise. Ils ne s’attendaient pas à un tel niveau de notre part. Fontenay joue les premiers rôles dans le championnat de N3 sur ce début de saison, ils étaient au courant de notre performance au tour précédent. On savait que ça allait être plus compliqué et qu’ils allaient nous laisser aucune chance, surtout qu’ils ont mis l’équipe type hier. On a abordé ce 5e tour en étant concentrés, avec un certain recul tout essayant de prendre du plaisir. Car des matches comme ça, on n’en vit pas beaucoup dans une vie de footballeur amateur… »

Sans pression

L’Elan de Gorges a aussi réalisé un superbe exploit le week-end dernier contre La Roche Vendée Football, grand favori du groupe de National 3 Pays de la Loire (2-0). Avec un doublé de Charlie Huet, un enfant du club.

« On savait que ce serait un gros match face à des joueurs qui ont une meilleure préparation que nous, souligne ce conducteur de travaux de 26 ans. Mais on a joué avec notre âme, avec notre cœur. Même si tous les joueurs sont des êtres humains, La Roche possède des joueurs avec des qualités techniques et physiques au-dessus de nous. Il ne faut pas le nier. On se retrouve sur ces matchs car du moment où tu y crois, tout est réalisable. Chaque saison, on se fixe d’avoir au moins les maillots (le quatrième tour, N.D.L.R.) et ensuite c’est du bonus. »

Ce dimanche, Gorges va devoir aller chercher sa qualification à l’extérieur. « Après l’exploit du week-end dernier et l’élimination de la Roche VF, il fallait vite redescendre sur terre, assure Michaël Grillot, l’entraîneur gorgeois. On n’a pas trop le temps de savourer. Nous espérions un tirage à domicile ou un derby mais le sort en a décidé autrement. Je suis certain que les joueurs feront le maximum. Tirer un club de Régional 1 à l’extérieur (NDC Angers, N.D.L.R.) est clairement un mauvais tirage mais arriver au 6e tour, il n’y a plus vraiment de bon tirage. J’espère que le peuple Gorgeois suivra car il faudra enchaîner un deuxième exploit. Plus facile à dire qu’à faire ! »

Loïc Tainguy est fier de voir son club et ses deux anciens clubs encore qualifiés. (Photo Lakhdar Hadjeri) / Voir aussi sa page : https://www.facebook.com/passionsportamateur

Auteur de deux exploits contre des clubs de National 3 (ESO La Roche et Saint-Philbert-de-Grand-Lieu), le FC Saint-Julien Divatte (Régional 2) devra aussi aller chercher sa qualification à l’extérieur, loin de l’ambiance explosive de son stade.

« C’est un club qui fusionne tout juste, qui a envie de grandir, explique Loïc Tainguy, arrivé cet été à la tête de l’équipe après des expériences à… Vieillevigne La Planche (4 ans) et Gorges (9 ans). Je souhaite apporter ma pierre à l’édifice. Car au-delà de l’équipe fanion, qui doit être une vraie locomotive, il existe un véritable projet autour du terrain. Grâce à notre parcours en coupe de France, on peut voir qu’il y a de belles images avec de l’effervescence. Les jeunes du club mettent un nom sur le visage de mes joueurs. »

Avec la fusion de Saint-Julien-de-Concelles et La Chapelle Basse-Mer, le nouveau club est désormais le plus important de la Ligue des Pays de Loire en termes de licenciés.

« Outre le côté sportif, avec l’ambition de rejoindre le Régional 1 à court terme, l’objectif est au niveau de la formation du joueur et de la joueuse, confie le président Yoan Peigne. On souhaite mettre en place un gros volet social. L’humain est vraiment au cœur de ce projet ! »

Tirage au sort du 7e tour mercredi à Paris

L’humain c’est aussi la priorité de l’AS Vieillevigne La Planche (Régional 2), qui va recevoir les Voltigeurs Châteaubriant (National 2). « Lors d’une grillade de fin de saison avec les joueurs, au mois de juin, je leur avais donné comme objectif de début de saison d’aller au 6e tour de Coupe de France mais ils avaient tous rigolé ! » s’amuse David Morisseau, l’entraîneur de l’ASVP. « Depuis plusieurs saisons, il est vrai que l’on se fait éliminer très rapidement, poursuit-il. Alors c’est top d’être encore en vie dans cette compétition. Le match à Cheffois le week-end dernier (victoire 1-0) était un vrai match de coupe avec beaucoup d’intensité, un public venu en nombre pour soutenir les deux équipes. »

Et ce sera le cas ce dimanche à La Planche pour la réception des Voltigeurs Châteaubriant. « On a préparé ce match comme une semaine normale mais avec quelques détails en plus, assure-t-il. Certains de mes étudiants sont venus pour l’entraînement de mercredi, chose qu’ils ne font pas habituellement. Nos jeunes supporters préparent également des surprises pour nous encourager au maximum. Ils avaient déjà fait énormément de bruit à Cheffois. Je pense que ce sera décupler à domicile car l’approche est un peu différente. On va donc chercher les petits détails nous permettant de créer l’exploit ! »

Ancien président du club, désormais dirigeant de l’équipe fanion, Alban Bolteau reste serein avec ce match de gala : « Nous, on ne se prend pas la tête, ça reste un match de football, assure Alban Bolteau. Mais ça va être une belle fête pour le club. » Et pour tout le vignoble nantais qui espère avoir quelques représentants mercredi prochain au tirage au sort des 7e et 8e tour à Paris !

Les matchs des clubs du Vignoble nantais

Dimanche 16 octobre

– USN Spay (Régional 2) – AC Basse-Goulaine (Régional 1)
– AS Vieillevigne La Planche (Régional 2) – Voltigeurs Châteaubriant (National 2)
– Mareuil SC (Régional 2) – FC Saint-Julien Divatte (Régional 2)
– Angers NDC (Régional 1) – Elan Gorges (Régional 2)
– FC Coteaux du Vignoble (Départemental 1) – Vendée Les Herbiers Football (National 2)

Texte : Jérôme Bouchacourt et Joël Penet / Avec le site : https://www.footamateur.fr/

Photo de couverture : Lisa Paquereau

Photos : Lakhdar Hadjeri et DR

 

Retraité du monde professionnel depuis 2018 et son passage à Foggia, en Italie, l’ancien avant-centre, qui a beaucoup bourlingué entre L1, L2 et National, aujourd’hui conseiller sportif et adepte du MMA, revient sur sa carrière et son tempérament de compétiteur.

Le point commun entre le Stade Malherbe de Caen, le MMA, le métier de conseiller sportif, un buteur compulsif et la Ligue 2 ? Celui qui était justement un scoreur remarqué pendant sa carrière, Mathieu Duhamel, l’ancien attaquant du SMC, du Havre, de Metz, de QRM ou d’Evian-Thonon-Gaillard ! Un garçon entier, joueur de tempérament et buteur de talent, qui est revenu sur sa carrière pour 13heuresfoot. Sans filtre, lucide sur son parcours, son caractère, ses qualités et ses défauts de footballeur. Portrait d’un Normand pas comme les autres, qui profite aujourd’hui d’un repos bien mérité… Tout en se rendant encore quatre fois à la salle par semaine, lui qui a commencé le MMA il y a six mois ! Et qui s’occupe de sa société, « T.I.M. Sport Management », qu’il a lancée pour se consacrer à sa nouvelle vocation, celle de conseiller sportif :  » Je suis mandataire sportif. Je conseille les joueurs, je cré un plan de carrière avec eux, je négocie les contrats, je recherche des clubs, je m’occupe de leur suivi et pour la partie juridique, je collabore avec un cabinet d’avocats. C’est un nouveau projet très intéressant. »

Un « tueur » devant le but !

L’avion, sa marque de fabrique après ses buts ! Photo Bernard Morvan

A la réflexion, Mathieu Duhamel aurait presque eu le profil et la personnalité pour jouer dans Les Tontons Flingueurs.

« Dudu, faut r’connaître, c’est du brutal. Tu lui files un petit ballon, il te le descend manu militari. Ct’un tueur devant le but, Dudu. Faut dire, il éparpillait façon puzzle aux quatre coins d’la Ligue 2 à l’époque. Un dynamiteur, un dingue, un acharné, un pénible… ».

Bon. Pour ceux qui n’ont pas vu le chef d’œuvre de Georges Lautner, réalisé en 1963, une étape traduction s’impose. Dudu, c’est bien entendu Duhamel, Mathieu Duhamel, de son prénom, l’ancien goleador en série de Caen, du Havre, de Metz, de Créteil ou encore de Quevilly-Rouen (liste non exhaustive !). Un attaquant au gros caractère, du genre bien chiant pour les défenses, une bouteille étiquetée « terreur de L2 ». « Pas le plus technique », certes et de son aveu même, mais un battant exceptionnel, un gagneur que n’auraient pas renié Lino Ventura et compagnie. Un flingueur devant le but, archétype du type avec qui aller à la baston les yeux fermés, le silencieux qui fait « phou-phou » remisé au holster, tant on peut lui faire confiance.

Oui, Mathieu Duhamel convoque sûrement et avant tout cette image du buteur acharné, habité par la passion et la rage de vaincre. Au grès d’un parcours riche en clubs (une quinzaine), le Normand, natif de Mont-Saint-Aignan, à côté de Rouen, a toujours emmené dans ses bagages sa détermination. Et puis son sens du but : 152 marqués en pro, dont 79 en 196 matches de Ligue 2. Agrémentés de 7 passes décisives, voilà le genre de stats à vous poser une carrière et un joueur.
Mais du FC Rouen à Foggia, en Serie B, où il a pris sa retraite professionnelle en 2018, le parcours du gaucher aura été émaillé de coups de cœur et de séparations parfois douloureuses, renvoyant à son côté entier, pour le meilleur et pour le pire.

Buteur flingueur du National à la Ligue 2

Car son parcours aurait pu être plus linéaire et prendre une autre dimension sans quelques arrêts au stand et incompréhensions avec ses coaches ou dirigeants sportifs. Sa détermination lui vient par exemple de ses débuts et de sa formation, comme il le raconte. « Quand j’étais jeune à l’INF Clairefontaine, ça se passait bien. J’avais des qualités physiques, en termes de vitesses et de cardio, que n’avaient pas les autres. Je faisais la différence. Mais le souci, c’est qu’après, les autres ont grandi, alors que je n’ai commencé à grandir que vers 16 ans. J’étais plus petit, j’ai dû me battre, on m’a rabaissé, on me disait que j’étais nul. Ca a créé en moi une détermination ».

Il a « les dents qui rayent le parquet », l’envie de tout déchirer, l’objectif de manger les joueurs plus forts que lui. « Au fond de moi j’avais cette certitude que je pouvais y arriver ».
Son père lui paie une salle de musculation, Mathieu ne part pas en vacances avec ses parents, fait des sacrifices, bosse pour « faire gonfler les cuisses ». L’acharné de travail est déjà là, trois fois par semaine, en plus de ses cours en BTS.

Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=7YWlZNnJjuE&ab_channel=Ligue1UberEats
Un but dans le plus pur style Duhamel ! Du combat, de l’acharnement, de la rage et du talent. « Faut reconnaître, c’est du brutal ! »

A 18 ans, à l’US Quevilly (N2), dans la foulée de l’INF, son entraîneur le fait jouer défenseur. « J’ai été formé ailier gauche, et quand j’ai commencé à grandir, je suis passé latéral, car j’avais le physique pour faire les aller-retours après avoir grandi. Je n’ai pas perdu trois ans quand même, mais j’ai eu l’impression de ne pas jouer à mon poste, de perdre mon temps ». Qu’à cela ne tienne, l’attaquant dans l’âme va toquer solo à la porte du gros club du coin, du haut de ses 21 ans, au FC Rouen (N2), où il allait au stade enfant. « Et là je mets ma dizaine de buts ». Le repositionnement est acté, le flingueur commence à trouer les filets, et pas silencieusement.

Cheval de Troyes et relance messine

Attention, ça va redécoller !!! Photo Bernard Morvan

Après Rouen en N2, « Mat » enchaîne trois saisons à l’étage du dessus, en National, à Romorantin, Laval et l’US Créteil-Lusitanos. Ses stats ne font que s’améliorer, jusqu’à atteindre les 17 buts en 29 matches avec le club francilien.
Mais certains choix sportifs, des personnes dans les clubs et le caractère entier et direct du scoreur, font que ça frictionne parfois, comme à Laval (11 buts en 33 matchs), où Philippe Hinschberger, le coach, veut recruter un autre attaquant. « J’ai du respect pour Philippe Hinschberger, je n’ai pas de rancune aujourd’hui. Mais je ne voulais pas être numéro 2. Je suis donc parti en ‘’claquant la porte’’, et en disant ‘’je vais mettre 15 buts l’année prochaine et un jour vous viendrez me rechercher’’ ».

L’objectif comptable est donc dépassé sous les ordres de Laurent Fournier à l’USCL, « une belle rencontre. Je me suis épanoui là-bas ». De quoi attirer l’attention de Troyes, alors en Ligue 2, qui lui propose un contrat de trois ans. « Mon rêve d’être professionnel se réalise. Mais comme dans mon parcours, ça n’a jamais été simple, à la reprise d’été le coach qui m’a recruté s’est fait limoger. »

Le nouvel entraîneur ne le connaît pas, et n’a pas d’estime pour ce « produit » venu de National. C’est encore un stop pour Duhamel, alors que sa femme est enceinte et que l’ESTAC le pousse vers la sortie…

Le Normand transporte alors son étoile plus loin à l’est. Joël Muller l’appelle, et l’avant-centre part à Metz (L2), un club qui est « en difficulté, avec une équipe au moral dans les chaussettes. Mais j’y vais en courant, avec l’envie de me relancer comme jamais, dans ce club mythique. J’y ai vécu des moments extraordinaires. C’est le vrai début de ma carrière en pro ».

Toujours plus haut à Caen, avant le trou normand

Mathieu Duhamel cite souvent le nom de Patrice Garande dans les coachs marquants de sa carrière. Photo AB

Et si les notes des débuts sont jouées en mode qui va piano va sano, le déménageur va alors tout casser. Les pianos, les filets, les stats, ses objectifs. Il inscrit 9 buts en 18 matches pour maintenir les Grenats en 2011, puis 10 la saison suivante, en Ligue 2. « Mais malheureusement Metz descend en National. Je me blesse pendant trois mois, d’autres joueurs importants aussi. Moi, même si j’apprécie le club et ses supporters… Je ne veux pas retomber en National. Je n’ai plus de temps à perdre, j’en ai trop perdu par le passé, j’ai 26 ans, je veux aller encore plus haut. Angers m’appelle. Mais je ne sais pas pourquoi, il y a un truc au fond de moi, je veux aller à Caen, qui m’attirait énormément. Sauf que c’était le seul club qui n’avait pas appelé mon agent ! Je lui dis que je veux absolument y aller ».

Le nouveau coach de Malherbe, Patrice Garande, ne le connaît pas. L’entraîneur à la casquette se renseigne. Est convaincu. Comme tous les supporters et suiveurs du SMC, très vite, très haut, très fort.

Vidéo / les 24 buts de Mathieu avec Caen en 2013-14 en Ligue 2 :

https://www.youtube.com/watch?v=RVCnMMl8Z6g&ab_channel=Ligue2BKT

Le souvenir de la carrière de Duhamel est en effet invariablement couplé à ses buts sous le maillot de Caen.
Pendant trois saisons, le goleador enfile les réalisations comme des perles, et décroche le titre de meilleur buteur de Ligue 2, en 2014, avec 24 unités. Le club normand monte en première division, et Dudu continue de marquer, comme ce but splendide contre Nantes à D’Ornano (vidéo en début d’article), parfait résumé de ce qu’il est sur un terrain. Souci : à nouveau des désaccords vont l’éloignent d’une équipe, alors que le Normand se serait bien « vu jouer jusqu’à la fin à Caen ».

Xavier Gravelaine, directeur général du club à l’époque, n’apprécie pas autant le scoreur que Patrice Garande ou Jean-François Fortin, le président. L’ancien international veut recruter ses joueurs, et Mathieu Duhamel est mis de côté en janvier, alors que la belle-famille de l’attaquant est touchée par un décès. Gentiment, on indique le chemin de la sortie au numéro 7 de Malherbe.

Du port du Havre à Foggia… Et au MMA !

A Quevilly Rouen, Mathieu ne le sait pas encore, mais son coéquipier, à droite, va devenir international (Jonathan Clauss) ! Photo Bernard Morvan

Duhamel est prêté à Evian-Thonon-Gaillard (L1), score encore quatre fois en onze rencontres sous les ordres de Pascal Dupraz, ce qui porte son total à 10 réalisations en 30 matches de L1. Pas mal, pas mal du tout, potentiellement de quoi le relancer à Caen, encore une fois.

Mais à son retour en Normandie, l’incompréhension et les désaccords avec le DG sont toujours là, le buteur toujours mis à l’écart. Il repart en L2, au Havre, qui a un beau projet et lui propose plusieurs années de contrat, ce à 31 ans.

Après deux ans, il rejoint Quevilly Rouen Métropole, jeune promu en Ligue 2, en juin 2017, et se rapproche encore plus de ses racines. Même à trente printemps passés, le gaucher continue de marquer (8 buts en une demi-saison). Un sacré révélateur de son amour du football. Une donne qu’il confirme bien volontiers, indissociable de sa rage de vaincre.

Vidéo (Ouais, Mathieu Duhamel avait de beaux restes à 31 ans en L2…) :

https://www.youtube.com/watch?v=6WVGjOGRcxk&t=39s&ab_channel=Ligue2BKT

Photo Bernard Morvan

« Quand j’entrais dans un stade, c’est comme si j’entrais dans une arène de gladiateurs, le Colysée. J’étais méchant, mais dans le bon sens. Je voulais juste gagner. Encore aujourd’hui, quand je fais du sport, ce n’est pas pour perdre. »

En janvier 2018, l’avant-centre joue les prolongations à 33 ans, à Foggia, en Serie B italienne. Une « très belle expérience », avec la ferveur des supporters, mais un move pas du tout planifié, pour une aventure qui se révèle mitigée, avec un coach qui privilégie les joueurs italiens et n’a pas recruté Mathieu.

L’expérience ne durera qu’une demi-saison. Pas grave, car Mathieu n’en garde que du bon. Il a déjà bien vécu, vu, et mis des buts. Les arrêts de jeu de sa carrière s’étirent tout de même un peu, par passion, à Beauvais, Grand-Quevilly, ou Saint-Julien. « L’arrêt de ma carrière pro en 2018 a été difficile, je tournais en rond, je remettais tout en question. S’il n’y avait que moi et pas ma famille, j’aurais joué jusqu’à 40 ans. Le foot, je lui dois beaucoup. Enormément. Tout. J’ai pu réaliser mon rêve de devenir footballeur un jour alors que personne ne misait sur moi. Je changeais souvent de club, mais parce que je voulais évoluer, aller plus haut ».

Une soif de vaincre qui se retrouve aujourd’hui dans son quotidien. Le quasi-quarantenaire (il a 38 ans) est ainsi devenu conseiller sportif, partage son expérience et transmet la valeur du travail à des jeunes joueurs. Leur martelant de se battre pour leurs rêves. « Je me suis rendu compte pendant ma carrière que le talent, il en faut, bien sûr. Mais la détermination et la rage que j’avais en moi, c’était et c’est ça le plus important ».

Ce goût pour l’effort continue d’habiter Mathieu Duhamel, lui le boxeur qui se rend quatre fois par semaine à la salle, et surtout dans l’octogone du MMA, sport de combat commencé il y a six mois, où il lâche d’autres genres de sacoches… Peut-être son côté Tonton Flingueur. Celui qui a transcendé son voyage de buteur déterminé, et habité toute sa carrière. L’histoire d’un acharné.

Mathieu Duhamel, du tac au tac

« A Lens, je revenais à la mi-temps pour chanter Les Corons »

Joueur le plus fort contre qui tu as joué ?
Forcément, en tant qu’attaquant, je vais citer un défenseur. Mexès était fort, mais il y a Marquinhos qui m’a impressionné. Il sautait haut, était intelligent… Sinon, Cavani, avec qui j’avais échangé mon maillot.

Coéquipier le plus fort avec qui tu as joué ?
N’Golo Kanté, à Caen.

Le coéquipier le plus fou que tu aies côtoyé ?
Si on posait cette question à d’autres joueurs, ils diraient tout de suite Mathieu Duhamel ! Sur le terrain, en tout cas. Sinon, Yohan Betsch, qui a joué à Créteil, Metz et Laval en Ligue 2.

L’anecdote la plus folle vécue dans ta carrière ?
C’est un moment marquant et une bascule dans notre saison à Caen. On joue contre Clermont, on perdait 1-0, tout le stade s’était vidé, c’était en milieu de saison, on devait être 8es. A la 89-90e minute, je marque de la tête. Deux minutes après, je marque le but du 2-1, sur une nouvelle tête. Tout a changé dans la saison de Caen ce soir-là je crois, et au bout il y a la montée.

Le coéquipier perdu de vue que tu aimerais revoir ?
Sadio Mané. Pas parce qu’aujourd’hui c’est Sadio Mané, un des meilleurs joueurs du monde, mais j’aimerais le revoir pour lui reparler. Lui commençait à Metz, on était dans une situation compliquée.

Ton meilleur souvenir ?
Forcément, la montée en Ligue 1 avec Caen. Les gens, l’équipe, tout dégageait quelque chose d’extraordinaire, j’ai ressenti des émotions au fond moi qu’on ne peut pas ressentir si on n’a pas vécu ça.

Ton pire souvenir ?
Troyes, par rapport à ce que j’ai vécu. Je ne garde que de bon la naissance de ma fille.

L’entraîneur qui t’a marqué ?
Patrice Garande, un mentor, un papa du foot. On a eu quelques prises de tête mais c’est quelqu’un qui m’a énormément appris. Laurent Fournier aussi, un homme extraordinaire, quelqu’un de bien. Lui aussi ça me ferait plaisir de le revoir. Je me souviens d’une de ses phrases, il m’avait dit que j’étais « le plus gros compétiteur que j’ai rencontré dans ma carrière ». Il avait fait une causerie un jour, limite il m’avait mis les boules. Il était arrivé quelque chose de grave dans sa vie. Il avait les larmes aux yeux pendant son discours. On avait qu’une seule envie, c’était de tout donner pour lui… Enfin, Dominique Bijotat de Metz m’a beaucoup apporté et fait progresser. Une bonne personne, que j’apprécie.

Le stade qui t’a le plus impressionné ?
Bollaert. A chaque fois, je revenais un peu avant la mi-temps et je chantais Les Corons. Lens, j’aurais pu y signer en fin de carrière. Il y a une mentalité, les supporters, le stade… Comme dans des clubs corses où j’aurais pu aller aussi.

« A côté de moi, il y a Thiago Motta. On échange un regard, et je lui ai dit « putain t’es un super joueur ». Il a dit merci en rigolant (rires). » Photo DR

Une équipe, adverse ou pas, qui t’a bluffé ?
Le PSG. Je me rappelle une anecdote, Lavezzi se blesse, et il y a 5 minutes d’arrêt de jeu. D’habitude je suis dans ma bulle. Mais là, avec l’arrêt, j’en suis sorti. Et à côté de moi, il y a Thiago Motta. On échange un regard, et je lui ai dit « putain t’es un super joueur ». Il a dit merci en rigolant (rires).

Un match où tu t’es senti intouchable ?
Un match où je n’ai même pas marqué. C’était à D’Ornano avec Caen contre Marseille (défaite 2-1 sur un but de Gignac), j’avais l’impression de sauter à 2 mètres de hauteur, plus haut que tout le monde. Dans une affiche comme ça, ta motivation est plus forte, j’avais une détermination de fou. Je mets une frappe de très loin qui rase la barre, un missile, un but qui peut changer ma carrière, mais Mandanda fait un gros arrêt. Ce match-là, j’ai eu l’impression d’être intouchable.

Texte : Clément Maillard / Mail : contact@13heuresfoot.fr / Twitter : @MaillardOZD

Photos : Bernard Morvan et DR

Vainqueur du Mans (2-1) mercredi lors de la 9e journée de National, Versailles occupe la 3e place à trois points du duo Concarneau-Dunkerque. Le club des Yvelines n’est pas un promu comme les autres. Il se signale par un train de vie fastueux matérialisé par le recrutement d’une dizaine d’anciens joueurs de L1 et L2.

Le staff technique du FC Versailles avec, à droite, le coach Youssef Chibhi. Photo Philippe Le Brech

Mercredi, le stade Jean-Bouin qui jouxte le Parc Des Princes, l’antre des rugbyman du Stade Français où Versailles dispute ses matchs de championnat (son stade Montbauron n’est pas homologué), sonnait creux.

Seulement 350 spectateurs environ dont de nombreux invités avaient pris place dans les tribunes. Une poignée de supporters du FC Versailles a bien tenté de donner de la voix durant le match. Mais on entendait un peu plus la cinquantaine de supporters manceaux, derrière l’un des deux buts. Le club des Yvelines souhaiterait dans les prochaines semaines créer un kop.

Promu en National cette saison après une saison 2021-22 parfaite (demi-finaliste de la Coupe de France, champion de son groupe en N2), Versailles connaît une croissance vertigineuse sur le plan sportif depuis quelques mois. Mais en termes de popularité du club, de structures (marketing, commercial…), le club a encore besoin de grandir.

Un budget qui dépasse les 6 millions d’euros

Romain Armand, l’une des recrues à avoir connu la Ligue 1 et la Ligue 2. Photo Philippe Le Brech.

Mais Versailles n’est pas un promu comme les autres. Son recrutement étonne et fait jaser. « Ils ont une équipe qui ne serait pas ridicule en L2 », estime un observateur de ce championnat.

Le groupe immobilier City qui a repris le club il y a une quinzaine de mois, a mis les moyens et ne regarde pas à la dépense. Selon les informations du journal Le Parisien, pour attirer des joueurs qui pour le plupart évoluaient encore en L1 et L2 la saison dernière, les dirigeants ont proposé des salaires confortables pour le niveau (entre 12 000 et 15 000 euros avec des primes de logement). Pour Jeremain Lens, l’ancien international néerlandais, ce serait même 30 000 euros… L’exemple d’un joueur qui a effectué une saison pleine la saison dernière dans son club de L2 est frappant. Alors qu’il avait entre les mains une offre de prolongation, les conditions contractuelles (montant, durée) proposées par Versailles étaient supérieures. Dans ces conditions, le budget dépasserait allègrement les 6 millions d’euros.

Déjà renforcé avant le début du championnat par de nombreux joueurs passés par la L1 et la L2 (Sébastien Renot, Thibaut Jaques, Pierre Gibaud, Romain Armand, Pierre-Yves Polomat, Gregoire Lefevre, Emeric Dudoit, Jordan Leborgne, Florian Lapis, Loic Damour) et l’international néerlandais Jeremain Lens (4 matchs à la Coupe du Monde au Brésil en 2014), Versailles a encore frappé fort ces dernières semaines avec les signatures de Fabien Lemoine (ex-Lorient), Rachid Alioui (ex-Angers) et encore Mathieu Dossevi (Metz, Toulouse, Amiens) qui s’est engagé lundi.

Très courtisés par les agents, les actionnaires de Versailles n’ont pas hésité, non plus, à payer un transfert à Rouen (National 2) pour l’attaquant international haïtien Mondy Prunier qui s’élèverait, avec bonus, à environ 150 000 euros. Du jamais vu à ce niveau.

Forcément, tout ça fait jaser du côté des adversaires. Lors de la reprise de l’entrainement, l’entraineur Youssef Chibhi s’était vivement emporté à l’évocation de « Versailles, le PSG du National », étiquette que beaucoup d’adversaires avaient collé à son équipe.

13 points sur 15 à domicile

Le 11 du FC Versailles aligné lors de la 2e journée de championnat au Puy-en-Velay. Photo Sébastien Ricou.

Avec son effectif XXL, Versailles n’a pourtant pas raté ses débuts. Le club est invaincu dans son stade Jean Bouin (4 victoires, 1 nul) et n’est passé au travers, qu’une fois le 19 septembre à Concarneau (4-1). Et il s’est aussi incliné au Puy-en-Velay (2-0) en début d’exercice.

Malgré autant de joueurs provenant d’horizons différents, la mayonnaise a pris sur le terrain.

L’équipe n’est pas un assemblage d’individualités comme aurait pu le faire craindre un tel recrutement mais forme déjà un collectif performant et solide. « On a pris nos repères au stade Jean Bouin, constate l’entraineur Youssef Chibhi. Cette enceinte est magnifique. On s’est acclimaté rapidement à la surface synthétique donc c’est peut-être une complication pour nos adversaires et on en profite. C’est important d’être performant à la maison pour réussir son championnat. Il faut aussi qu’on soit performant à l’extérieur. »

Contre Le Mans, Fabien Lemoine (35 ans) s’est avéré très précieux. « Il apporte sur le terrain et en dehors, reprend Chibhi. C’est un garçon calme et pondéré. Il ne parle pas pour ne rien dire. Il inspire certains joueurs et sa présence rassure sur le terrain. C’est positif et bénéfique. On est content de l’avoir chez nous et on espère que le National est content d’avoir un joueur comme cela. »

Malgré les arrivées d’autant de joueurs expérimentés, certains qui étaient là la saison dernière, arrivent quand même à se frayer une petite place. C’est le cas de l’attaquant Kapit Djoco qui n’avait jusque-là connu que le N2 (Rouen, Chartres) et le N3 (Aubervilliers), qui a inscrit son 3e but de la saison contre Le Mans. Arrivé en surpoids et blessé dès son premier match, Jeremain Lens n’a, lui, pu jouer qu’une vingtaine de minutes jusque-là.

Un entraineur dans la tourmente judiciaire…

Photo Philippe Le Brech

En plus du regard de ses adversaires, Versailles a dû faire face à une grosse tempête cet été. Le 14 août dernier, le journal Le Parisien révélait le mise en cause dans une enquête judiciaire de l’entraineur Youssef Chibhi pour « atteinte à l’intimité de la vie privée de majeur ».

Pilotée par la sureté départementale des Hauts-de-Seine, elle suit son cours. Au départ, ces révélations avaient provoqué un certain émoi en interne. Les actionnaires ont décidé de faire confiance à Youssef Chibhi même si plusieurs entraineurs de renom leur ont été proposés.

Deux mois après, plus personne n’évoque cette affaire. Pourtant, au départ, la plupart des joueurs versaillais n’avaient pourtant pas caché leur malaise à l’idée de continuer à travailler avec leur entraîneur. Entre les pro-Chibhi et les autres, le vestiaire était divisé et alors au bord de l’implosion. Sur le terrain, les joueurs ont su se montrer solidaires. Les bons résultats se sont enchaînés.

« On a mis ça de côté, racontait un joueur de l’effectif dans le Parisien. Dans les vestiaires, comme les résultats sont là, les gens ont fait abstraction. Pour l’instant, c’est aux oubliettes. Personne ne relance le sujet. On ne se dit pas : Oh les gars, on fait quoi ? On laisse l’entraîneur coacher ? La concurrence est rude. Le premier qui parlerait aurait de gros problèmes si on trouvait son identité. Au début, on se posait des questions, on se demandait si c’était vrai ou pas. Mais, les actionnaires ont dit : Le coach a notre entière confiance à partir du moment où on n’a plus d’informations sur cette affaire. On s’est alors dit : OK, on n’a plus trop le choix, on joue, on ferme sa gueule et on attend. »

… et un directeur général écarté du sportif

Sébastien Rénot, le gardien du FC Versailles. Photo Philippe Le Brech.

Il faut dire que dans un autre club, certains joueurs n’auraient certainement pas retrouvé le même contrat avantageux…
En interne, le club a aussi connu quelques tiraillements. Arrivé dans un costume de directeur général, l’ancien pro, consultant pour Canal +, Jean-Luc Arribart, tête de gondole du projet, a été mis à l’écart du secteur sportif par Youssef Chibhi. Il n’a plus le droit de se rendre dans les vestiaires et de discuter avec les joueurs. Forcément, il se pose des questions sur son avenir au club.

Malgré tout ça, Versailles a montré qu’il serait un candidat crédible à la montée en Ligue 2. « C’est une victoire qui nous rapproche de nos valeurs et qui soude l’équipe, estimait Chibhi mercredi après le match contre Le Mans. Notre formation est expérimentée. L’apport des joueurs qui nous ont rejoint nous permet de bien lire les situations de match. Nous avons fait preuve de maturité. On a une équipe nouvelle qui se découvre avec un effectif largement renouvelé. Il n’y pas de pression, on se la met tout seul. Je ne regarde pas le classement, mais la bonne tenue de l’équipe. Et je m’efforce de trouver une alchimie entre les joueurs. La championnat est serré. On y verra plus clair lors de la 2e partie de saison. »

Le résumé vidéo du match face au Mans mercredi (2-1)

Texte : Laurent Pruneta / Mail : lpruneta@13heuresfoot.fr / Twitter : @PrunetaLaurent

Photos : Philippe Le Brech (sauf mention spéciale Sébastien Ricou)

L’ex-coach de Saint-Brieuc, Béziers et Dunkerque se démarque par son côté bienveillant et ce rôle de conseil auprès de ses joueurs, qu’il aime accompagner dans leur projet de carrière. Au point, parfois, d’en oublier la sienne !

Didier Santini est né à Marseille en 1968 mais il n’a pas joué tout de suite à l’OM. Il est d’abord passé par la case… PSG ! Et oui ! La « faute » à son papa banquier qui, au fil de ses nominations, oblige la famille à déménager. D’abord à Béziers, où il signe sa première licence à l’AS Béziers, puis à Paris, où il joue dans les Yvelines à Plaisir.

C’est là que le club de la capitale vient le chercher : « Un jour, j’étais minimes première année, on joue contre le PSG en amical, on prend une bonne rouste, et un monsieur vient nous voir. C’était le recruteur du PSG. Il dit à mon père, qui ne m’a jamais mis aucune pression, « J’aimerais recruter votre fils » ! Il lui a répondu « Demandez lui ! »

Et voilà comment le Marseillais se retrouve au PSG, de 1982 à janvier 1986, avant de « péter les plombs » : « En fait, c’était ma troisième saison avec le même coach, les deux premières s’étaient bien passées et là, je ne sais pas pourquoi, il n’arrêtait pas de me « défoncer ». Il me disait que tout ce que je faisais, c’était de la merde, et un jour, j’ai pété un câble, et je suis parti ! »

Il arrive à l’OM en 1986, en même temps que Tapie !

Didier Santini rejoint alors son grand frère à Feucherolles et s’entraîne avec son équipe de Promotion d’Honneur. Il en profite pour envoyer des courriers dans les centres de formation. L’OM le met à l’essai au tournoi de Sainte-Marguerite à Marseille. Gérard Gili, le coach de l’OM à l’époque, est satisfait. Et il signe ! « C’était en 1986, l’année où Bernard Tapie est arrivé ! Pas besoin d’avoir son aval, m’avait dit Gérard Gili, car Tapie ne s’intéressait pas trop au centre. Et moi, un mois et demi après, je m’entraînais avec les pros, ça fait drôle ! J’ai recroisé mon coach du PSG et je ne lui ai pas serré la main, c’est la seule fois que ça m’est arrivé, je l’ai regretté, même si ça me faisait plaisir sur le moment. Mais c’était une connerie de ma part. Ce n’est pas l’éducation que j’ai reçue. »

Aujourd’hui, Didier Santini se sert beaucoup de cette expérience pour communiquer avec ses joueurs quand ça va moins bien : « Si ça ne va pas, si ça ne va plus, je préfère lui dire « On arrête ensemble, je n’ai pas la science infuse, ça ne fonctionne pas avec moi, mais cela ne veut pas dire que cela ne peut pas fonctionner avec un autre entraîneur », et je lui donne mon exemple du PSG. Après, le joueur est réceptif ou non. » Entre les lignes lisez, le joueur est intelligent ou non.

7e avec Saint-Brieuc et le plus petit budget de National

Bienveillant avec ses joueurs, Didier Santini est aussi droit et honnête. L’argent, les contrats, ce n’est pas son moteur. Et si cela ne va pas non plus avec son président, ou son club, il ne va pas s’accrocher à son contrat. La séparation est forcément un moment douloureux, mais elle se passe généralement en bons termes, comme avec Saint-Brieuc, tout récemment, le club qu’il a conduit à une jolie 7e place la saison passée (2e sur la phase retour) avec le plus petit budget du championnat National. Un exploit. Un miracle même.

L’annonce de son départ le mois dernier, après trois nuls et trois défaites, a surpris tout autant que le nom de celui qui a assuré l’intérim, Guillaume Allanou, son président au Stade Briochin ! « Mais Guillaume est un passionné et un bon entraîneur (Guillaume Allanou a entraîné la réserve en N3 et est un ancien joueur du club, Ndlr), assure Didier Santini. Je me suis régalé avec lui à Saint-Brieuc, où j’ai rencontré des gens extraordinaires. Je ne connaissais pas du tout la Bretagne, j’y étais juste venu avec le foot, pour des matchs. Avec Guillaume, on s’est séparé en bons termes. Là, le club vient de recruter Karim (Mokeddem), je suis content pour lui, il m’a envoyé un message, je lui ai répondu. »

« La gestion du Covid par la Fédération a été catastrophique »

Avant son expérience dans les Côtes d’Armor, Didier Santini a passé deux saisons tronquées par la Covid-19 à l’AS Béziers, en National tout d’abord – il a remplacé Mathieu Chabert en novembre 2019 -, puis en N2 la saison suivante. Sur la gestion de la Covid par la Fédération, l’ancien professionnel de Lille, Bastia et Toulouse (et de l’OM, donc !), pourrait faire une émission complète. Dire qu’il n’a pas digéré ces deux épisodes est un euphémisme.

Mars 2020 : l’AS Béziers, qui n’a quasiment jamais été relégable de la saison en National, est 16e sur 18, à un point du 14e, mais descend après l’arrêt des championnats.
Octobre 2020 : l’AS Béziers est en tête et invaincue de sa poule en National 2 avec six victoires et 3 nuls, mais, là encore, le championnat est arrêté et ne reprendra pas.

« Cela a été un sketch monumental ! En National, sur nos neuf derniers matchs à disputer, on devait jouer les équipes de deuxième partie de tableau, sauf Boulogne, qui était en haut. C’était immérité de descendre. Comment peut-on décider du sort des clubs à pile ou face ? La gestion du Covid a été catastrophique et nous, clubs amateurs, on était de la merde, on ne servait à rien. Et la saison d’après, toujours en National, la Fédération n’a fait descendre qu’une seule équipe (Lyon-Duchère) au lieu de quatre, alors que le championnat est allé à son terme ! En National 2, la saison suivante, on est invaincu, mais on doit s’arrêter, on n’a plus le droit de jouer, pendant qu’en National ils jouent. Puis on n’a plus le droit de s’entraîner alors que les centres de formation peuvent le faire et peuvent jouer entre eux. C’était du n’importe quoi. Et pour les jeunes, de 18 à 22 ans, cela a été dur, ils ont perdu du temps, ils n’ont pas pu se montrer. Non, vraiment, pendant deux ans, cela a été extrêmement compliqué pour l’AS Béziers qui, en plus, venait de descendre de Ligue 2 quand je suis arrivé. Mais j’ai passé des moments extraordinaires là-bas, avec le président Gérard Roquet et sa famille. »

« Le National est fait d’aberrations ! »

Si Didier Santini critique la gestion de la crise sanitaire, il fustige également le championnat National qui, selon lui, est fait d’aberrations : « La plus grosse d’entre elles, c’est qu’une équipe qui a le statut professionnel peut prendre un joueur à 1500 ou 1800 euros par mois, par exemple, mais pas le club amateur qui doit lui faire signer un contrat fédéral à 2500 euros ou 3000 euros, tout simplement parce que les règles ne sont pas les mêmes et qu’un club amateur ne peut faire signer que des contrats fédéraux. Autre aberration, les reclassements des joueurs amateurs. »

Malgré tout, l’ancien coach de Calvi et de Borgo pense que le National « est un super championnat pour les jeunes qui veulent jouer un jour en L2 ou en L1. Avec Saint-Brieuc, lors des six premiers matchs que j’ai disputés cette saison, je n’ai pas trouvé que l’on avait été dominé, j’ai surtout trouvé que les équipes étaient encore plus homogènes qu’avant. Mais cette saison, tu as six descentes et y’a plein d ‘équipes qui veulent monter en Ligue 2. Balancer six équipes de National en N2, c’est chaud, ça fait un tiers du championnat. Tout ça parce qu’il y a des gens au-dessus qui ont décidé qu’il fallait un championnat pro à 18 parce qu’ils jouaient trop, alors que l’on a déjà supprimé la coupe de la Ligue ! C’est toujours le monde pro qui décide alors que c’est le foot amateur qui fait les choses. C’est bien de vouloir faire du pognon mais ces clubs, là-haut, ils pourraient en filer un peu aux clubs de National, pour les aider à se structurer par exemple, mais le problème, c’est que dès qu’on leur enlève 500 000 euros ou 1 million, ils pleurent. Je trouve aussi dommage qu’aucun club pro n’ait pris des parts dans un club de National. »

« Le National, c’est plus dur que la Ligue 1 ! »

Son rôle de coach, Didier Santini le voit aussi comme une mission de conseil, d’éducation. Sa plus grande fierté ? Accompagner des joueurs vers le plus haut niveau. Les faire progresser. Leur données des idées. Leur proposer un plan de carrière. Sans jamais oublier le principe de base : le respect. « J’essaie d’éduquer mes joueurs comme ça. Par exemple, je veux que les anciens respectent les jeunes. Quand tu arrives dans un vestiaire, que tu es jeune, que tu es bon et que tu as le bon comportement, que tu es respectueux, et bien c’est le vestiaire qui t’adoptera, pas le coach. C’est Gérard Gili qui disait ça à l’OM et il avait raison. Malheureusement, aujourd’hui, on voit des joueurs qui arrivent de centre de formation de Ligue 1 et ils croient qu’en National, c’est plus facile, mais non. Le National, c’est plus dur que la Ligue 1. En National, tu n’as pas des joueurs de Ligue 1 qui te font des passes, tu n’as pas trois ou quatre appels quand tu as le ballon dans les pieds, et si tu en as deux, c’est déjà très bien. C’est ça le National. »

Parfois, il lui arrive de dire des choses qui font mal, mais « Je leur dis la vérité. Je suis là pour aider les joueurs. Je leur dis souvent « ne regardez pas l’argent. Jamais. Surtout si vous êtes jeune. Celui qui veut en gagner beaucoup, tout de suite, il n’existe pas, sauf à s’appeler Mbappé. Ou alors si, vas-y, mais sors blindé tout de suite. Moi je leur dis, « jouez pour vous faire plaisir » ! A Calvi, en CFA2, quand j’ai pris Malik Tchokounté à Nice, il bossait à côté du foot. Il touchait 600 euros. Travailler à côté, ça donne une force exceptionnelle. On a mis en place un projet ensemble. Celui de le voir jouer un jour en Ligue 1. Et il y est arrivé. Il a écouté. Il est intelligent. »

« Je ne pense jamais à moi »

A force de s’occuper des autres, d’être toujours tournés vers eux, Santini a-t-il le temps de penser à lui ? La réponse fuse : « Non, je ne pense jamais à moi, à ma carrière, je vis les choses et je prends les choses comme elles viennent, ça va, ça vient. Il faut juste que je sois bien dans l’endroit où je vais, que ce soit passionnant. Il m’est arrivé d’avoir des propos financières top mais, waouh… le président… non ! Quand je signe quelque part, quand je vais quelque part, je ne pense pas être viré, je ne pense pas au pognon, je viens pour donner des idées, m’éclater, essayer de faire progresser un club, ce que je ne suis malheureusement pas arrivé à faire à Saint-Brieuc où c’est difficile en termes d’infrastructures. Avec mes joueurs, je suis le conseil, mais je ne prends pas d’argent. Je ne serai jamais agent. Moi, je leur donne la vérité que j’ai apprise depuis que je suis dans le foot, depuis 38 ans (j’en ai 54), j’essaie d’aider. Je suis bienveillant, gentil, intransigeant et franc. Je serai juste plus riche intérieurement si je vois un joueur qui réussit, comme ça a été le cas pour Wahbi Khazri par exemple. On a vu son potentiel à Bastia, on a su que ce serait dur mais il y est arrivé. Tenez, à Saint-Brieuc, l’année du Covid, en 2020, on a un jeune qui arrive de Régional et qui vient s’entraîner pour faire le nombre, car on avait beaucoup de malade. Le gamin, tous les jours, tu lui donnais un truc, tu lui apportais quelque chose. Il a fait deux matchs en N3 avec la réserve, puis une trentaine en National la saison passée avec moi, on lui a donné des idées, Guillaume (Allanou) en réserve, moi, il a écouté et son intelligence fait que, aujourd’hui, il est en Ligue 2 (ndlr, Walid Nassi, à Dijon). C’est le pied ! »

Didier Santini, du tac au tac – Le joueur

« Quand Tapie entrait dans le vestiaire, ça filait droit ! »

Sous le maillot du Sporting-club de Bastia, face à Cannes. Photo DR

Meilleur souvenir sportif ?
J’ai eu tellement de bons moments… C’est dur comme question… Je dirais peut-être mes premières années à l’OM au centre de formation, j’ai eu la chance de m’entraîner avec des internationaux, tous les jours, même si je ne jouais pas en match (il a disputé 5 matchs en pro à l’OM, Ndlr), c’était extraordinaire.

Pire souvenir sportif ?
La réponse n’est pas difficile : la catastrophe de Furiani à Bastia en 1992…

J’ai lu que tu avais refusé d’aller commenter le match avec des journalistes dans la fameuse tribune qui s’est ensuite effondrée…
J’ai du mal en parler… Je pleure chaque fois que j’en parle… Le matin du match, mon frère est venu de Paris alors que je devais commenter le match avec un ami en tribune, parce que je m’étais péter le genou à Bordeaux en février 2012, et puis je ne suis pas monté…

Le souvenir d’un but marqué ?
(rires) Je me souviens d’un but à Strasbourg en D1 … mais le plus beau but, c’était contre Nice à Furiani en D2, un bon derby ! Un genre de ciseau ou une sorte de bicyclette ! C’était Fabien Piveteau dans les cages et la saison d’après il est venu à Bastia, donc je l’ai beaucoup chambré ! Pendant des années, j’ai pensé que j’avais marqué ce but sur un ciseau retourné et un jour, quelqu’un me l’a montré, il était pas mal mais pas comme je le pensais !!

Le but de Didier Santini contre Nice avec Bastia (à la fin de la vidéo, avancez à 1 minute 50) :


Un geste technique préféré ?
Le tacle. J’aimais bien le tacle glissé et repartir avec le ballon.

Qualités et défauts sur un terrain ?
J’étais généreux, parfois trop généreux. Dès fois c’était même un peu trop.

Le club ou l’équipe où tu as pris le plus de plaisir ?
A Bastia. J’y ai joué 9 ans donc forcément… Dans les autres clubs, j’y suis resté 3 ans.

Le club où tu n’aurais pas dû signer ?
Toulouse. J’ai signé pour Alain Giresse avec qui j’avais eu la chance de jouer quand j’étais à l’OM. Mais le Directoire, c’était catastrophique.

Le club où tu as failli signer ?
Y’a eu des rumeurs avec Metz mais j’aurais voulu signer à Montpellier pour le président Nicollin. A Metz aussi, avec Carlo Molinari. Ces gens-là… Pas comme le président de Toulouse à mon époque (André Labatut, Ndlr). Quand tu vas dans leur club, tu signes pour des hommes. Pour des coachs aussi bien sûr, comme Alain Giresse, une personne extraordinaire.

Un stade et un club mythique ?
Bastia… non… L’OM, le Vélodrome. T’as des frissons quand tu rentres dans ce stade.

Un public qui t’a marqué ?
Lens. J’ai trouvé le public et les gens assez extraordinaires.

Un coéquipier marquant ?
Bruno Valencony. Je l’ai encore eu au téléphone tout à l’heure (hier).

Le joueur qui t’a le plus impressionné ?
Karl-Heinz Förster, à l’OM. C’est lui qui m’a tout appris. Chaque entraînement était une découverte. Une discussion.

Le joueur avec lequel tu t’entendais le mieux sur le terrain ?
J’ai toujours eu des affinités avec les gardiens. Bruno Valencony, c’était ça. On avait une belle complicité sur le terrain. Mais aussi Eric Allibert ou Grégory Wimbée à Lille.

L’adversaire qui t’a le plus impressionné ?
Le PSG. On les avait joués avec Bastia en finale de la coupe de la Ligue (en 1995). Avec Rai, Ricardo, Ginola, Valdo, Weah, ça valait presque autant que ceux qui sont là aujourd’hui.

Un coéquipier perdu de vue que tu aimerais revoir ?
Patrice Eyraud. On aurait dû se croiser plein de fois, mais à chaque fois, on s’est manqué. Quand il était à Marignane en National, je n’étais plus à Dunkerque… Que de souvenirs au centre de formation de l’OM avec lui. On avait une génération assez exceptionnelle avec lui et aussi Joël Cantona, Frédéric Meyrieu, Benoit Cauet, André Basile, Guillaume Warmuz, Jean-Claude Durand…

Un coach perdu de vue que tu aimerais revoir ?
René Exbrayat. Il m’a mis capitaine de Bastia alors que j’étais jeune, il nous a transformés quand il est arrivé. Il avait un truc génial.

Un président marquant ?
Quand tu as 17 ans et demi et que Bernard Tapie rentre dans ton vestiaire… Il n’a pas été exceptionnel ou marquant pour moi, j’étais jeune, mais putain… Il faut voir comment toutes les grandes stars du vestiaire filaient droit quand il entrait, personne ne parlait, et dès qu’il sortait, alors là… tout le monde se remettait à parler, ça m’a marqué.

Une causerie de coach marquante ?
J’en ai fait tellement perso qu’à la fin je me demande à quoi elles servent ! Je me bats pour faire des causeries de 10 à 12 minutes mais celle de Vahid Halilhodzic durait parfois 45 minutes, on écoutait tout, il disséquait tout, et on gagnait des matchs. C’était long mais quand on sortait de là, on savait tout. Guy Lacombe aussi avait des causeries exceptionnelles, c’était une pièce de théâtre. Il connaissait tout par coeur, il ne regardait pas son paperboard.

Le joueur le plus connu de ton répertoire ?
Cyril Rool… Ouaip, Canto aussi. Eric Cantona. Je ne sais pas s’il a toujours le même numéro. Avec son frère, on est ami depuis tout petit, je dormais chez eux. On se connaissait pas mal !

Des rituels, des tocs ?
J’ai eu pendant toute ma carrière la même brosse à cirer, celle de mon mère, malheureusement, je l’ai perdu l’année où j’ai joué en Ecosse, à Livingstone.

Une devise ?
Ne jamais rien regretter.

Tu étais un joueur plutôt …
Moyen mais avec beaucoup d’abnégation.

Ton premier match en L1 ?
C’est à Metz avec l’OM en 1987, on avait perdu 2-1.

Un modèle de joueur ?
Förster. Waouh ! C’était une machine de guerre.

Une idole de jeunesse ?
Maldini. C’était, avec Förster, des joueurs qui jouaient le ballon avant de jouer l’homme, qui prenaient très peu de cartons.

Ta plus grande fierté ?
C’est d’avoir pu jouer encore huit ans après mes six opérations au genou, alors que trois chirurgiens m’ont dit que je ne pourrais plus plus jamais jouer au foot.

Le milieu du foot, à ton époque ?
C’était mieux !

Didier Santini, du tac au tac – L’entraîneur

« Je n’ai jamais pensé à l’argent »

Meilleur souvenir sportif ?
Mes quatre saisons à Calvi, on a gagné trois fois la coupe de Corse, on est monté en CFA, y’avait des milliers de personnes dehors pour nous, c’était impressionnant. On aurait pu aller plus haut, avec rien. J’ai pris du plaisir là-bas. C’était compliqué l’été, les joueurs étaient beaucoup en soirée, à la plage, il fallait gérer ce côté festif. Chaque week-end, y’avait 10 000 personnes qui venaient à Calvi pour sortir.

Pire souvenir ?
En 2017, la dernière journée de National avec Dunkerque contre Boulogne, on fait 3-3 alors qu’un succès nous aurait permis de monter en Ligue 2 (Ndlr, à l’issue de la dernière journée, Dunkerque a perdu la 3e place synonyme de barrage d’accession au profit du Paris FC qui, bien que battu aux barrages, a été repêché après le dépôt de bilan de Bastia).

Le club que tu rêverais d’entraîner ?
Dans mes rêves les plus fous ? Bastia ? Mais c’est compliqué, je connais beaucoup de monde ! J’y ai joué. J’ai toujours beaucoup respecté Frédéric Antonetti, par rapport à tout ce qu’il a pu faire à Bastia. Il s’est souvent pris le bec avec des gens dans les tribunes, je ne sais pas comment je ferais, moi, parce que je me connais…

Un modèle de coach ?
Non mais j’ai un mix de tous les coachs que j’ai eus, Vahid Halilhodzic, Frédéric Antonetti, René Exbrayat, Guy Lacombe, Roland Gransart, et avec ça, garder sa propre personnalité.

Meilleur joueur entraîné ?
Wahbi Khazri.

Le joueur que tu aimerais entraîner ?
Ah… euh… (Il réfléchit) Tu veux parler de mon fils, non ? (Jérémi Santini évolue à Toulon en N2). Je sais ce que c’est, je l’ai entraîné à Béziers. J’ai eu la chance de l’entraîner. C’est un plaisir tous les jours. Faut le ralentir, le freiner, il est à 100 % pendant une heure et demi, à l’entraînement, en match. Yann Marillat, qui était le gardien à Béziers (aujourd’hui au Puy Foot 43) me disait « Coach, si on ne sait pas que c’est votre fils, on ne peut pas le deviner ». Parfois, il disait « quel enc… ce coach ! » (Rires) Après, des joueurs comme ça, qui ne lâchent rien, qui se mettent minable, qui ne trichent jamais, j’en ai eus beaucoup. Quand j’étais joueur, les supporters à Bastia pouvait me dire que j’étais nul après un match mais que je n’avais rien lâché.

Un président ?
Jean-Pierre Scouarnec à Dunkerque. On a eu une relation extraordinaire, on est hyper potes, même si ça a été chaud quand on s’est quittés, très chaud même, mais ce n’est pas pour cela que l’on s’en veut. On en rigole aujourd’hui. On se parle souvent au téléphone.

Ta philosophie de jeu ? Ton style ?
J’aime les transitions, j’aime le jeu direct, j’aime le jeu très rapide, l’intensité, je n’aime pas la possession dans mon camp. J’aime le foot de Jurgen Klopp. Avec Saint-Brieuc l’an passé on avait trouvé cette vitesse.

Ton match référence avec toi sur le banc ?
Avec Saint-Brieuc, l’an passé, quand on a gagné 4 à 2 à Annecy.

Ton pire match avec toi sur le banc ?
L’année où Pau monte en Ligue 2, chez eux, on en prend 7 avec Béziers. On avait pris un rouge d’entrée. J’avais fait trois changements à la pause, je m’étais fait reprendre de volée par le président mais ils étaient en train de disjoncter et je savais que j’allais avoir besoin de ces joueurs-là pour les matchs suivants.

Tu es un entraîneur plutôt…
Casse-couilles (rires) ! Bienveillant. J’ai pris un peu de tous les entraîneurs que j’ai eus, qui étaient un peu fous. J’essaie de rester ce que je suis, honnête, droit, et si ça ne marche pas, ce n’est pas grave.

Tes passions, en dehors du foot ?
J’aime bien le golf, même si j’y joue rarement, et j’aime bien regarder le sport à la télé. Tous les sports. J’essaie de trouver des choses qui peuvent m’apporter pour le foot. Je me souviens de Malik Tchokounté, que j’ai eu à 19 ans à Calvi, un jour je lui avais dit « ton jeu de jambes, ce n’est pas bon, regarde Roland-Garros », et il a appris.

Le milieu du foot, en deux mots ?
Je n’ai pas envie de le dire mais je le dis quand même, plein d’argent, mais… Je n’ai jamais pensé à l’argent, juste à mon métier de footballeur, d’entraîneur. Aujourd’hui, l’argent a bouffé 99 % de jeunes joueurs à cause de leurs parents qui veulent gagner plus en se mettant à leur place. Je ne vais presque plus dans les stades. J’allais rarement voir mon fils jouer. Il n’y a plus le « On perd ensemble, on gagne ensemble », c’est devenu « C’est de sa faute à lui, il n’a pas fait la passe à mon fils, c’est de la faute du gardien… » Chez les jeunes, ça a tellement changé, c’est beaucoup de la faute des parents et des agents aussi. Le foot, c’est le plaisir, c’est l’amusement, bien sûr que plus on monte, plus il y a de la pression, par rapport à l’argent, mais il faut prendre son pied. J’ai commencé à jouer en jeunes au PSG, je m’éclatais, il n’y avait pas de remarque désobligeante, on ne disait pas « c’est de ta faute si on a pris un but ». Tout ça, ça a changé. Quand j’ai commencé à entraîner les jeunes à Bastia, les 13 ou 14 ans, ce n’était pas comme ça. Aujourd’hui , je ne sais pas comment je réagirais.

Texte : Anthony Boyer / Mail : aboyer@13heuresfoot.fr / Twitter : @BOYERANTHONY06
Photos : Philippe Le Brech

Sans club depuis sa courte expérience au Mans en 2020, que la Covid a freinée, l’ancien coach du Paris FC et de Valenciennes découvre une autre facette du football, en plateau, où il commente le Multiplex de Ligue 2 pour Amazon Prime Video. Mais le terrain le démange et il compte bien retrouver un banc.

Sur le banc du Paris FC. Photo Philippe Le Brech

Son nom fleure bon la Division 2 des années 90. Avec 105 buts « plus de 180 au total en pros » précise-t-il, Réginald Ray (53 ans) a marqué ce championnat sous les maillots de neuf clubs : Montceau-les-Mines, Istres, Saint-Brieuc, Guingamp, Gueugnon, Le Mans, Châteauroux, Beauvais, Nîmes. Avec le Mans, il a remporté le titre de meilleur buteur en 1997-1998.
Après sa carrière, il a longtemps été un précieux adjoint à Boulogne-sur-Mer (réserve et attaquants), au SC Bastia avec Fréderic Hantz (2010-2014) puis à Aston Villa avec Rémi Garde (2015-2016).

Il est ensuite devenu numéro 1 au Paris FC en National a l’été 2016 (*) avant de passer deux saisons à Valenciennes en Ligue 2 (2017-2019). Sa dernière expérience en L2 n’a duré qu’un match au Mans, en mars 2020, avant que la saison ne soit stoppée par le Covid.

Depuis, Réginald Ray a souvent été dans les short-list de clubs sans être élu comme à Toulouse lors de l’arrivée des Américains de Red Bird (Patrice Garande lui avait été préféré) ou a lui-même décliné certaines propositions. « Je respecte ceux qui font ça mais je n’ai jamais voulu prendre un poste juste pour le contrat et dire, ça y est je travaille », explique-il.

En attendant de trouver un nouveau projet, Ray qui est resté vivre dans le nord à Lille et très attaché à la Corse où il possède une maison, intervient depuis juillet comme consultant lors du multiplex de L2 sur Amazon Prime video.

Que vous apporte cette première expérience comme consultant ?
Un regard différent. Je découvre un autre côté du métier, la vision des médias. C’est forcément très enrichissant. Je vis une très belle expérience. J’en profite pour remercier Laurent Jaoui (responsable éditorial) et Felix Rouah, le journaliste qui est avec moi en plateau. Il m’a beaucoup aiguillé et moi, je suis avide de conseils. C’est un vrai exercice, totalement différent de la posture que j’ai en tant qu’entraineur. Pour moi, c’était un vrai challenge. J’apprends à faire évoluer ma représentation. Au bord des terrains, vous ne me verrez pas beaucoup sourire… A la télé, on doit sourire (rires). C’est un multiplex, il faut que je sois court et concis quand j’interviens.

Comment préparez-vous vos multiplex ?
J’aborde mon rôle de consultant comme mon métier d’entraineur : en travaillant beaucoup et en regardant beaucoup de matchs. Lors du multiplex, on ne voit pas grand-chose. Donc après chaque journée, je regarde tous les matchs en intégralité. Ça me permet de connaître à fond tous les joueurs, les dispositifs tactiques de chaque club afin de pouvoir dégainer la petite info ou analyse en quelques secondes lors du multiplex. Après, cela me donne aussi du contenu qui me prépare si, le cas échéant, je dois rencontrer des dirigeants dans un club, comme ça, je pourrai m’appuyer sur cette connaissance complète, ma capacité à bien lire la saison de tous les clubs de L2. Je suis un passionné qui a toujours vécu H24 pour le foot. Être consultant m’offre un palliatif lors de cette période d’inactivité où le terrain, forcément, me manque. L’objectif, c’est de vite le retrouver.

« J’ai toujours été un grand travailleur »

Sur le banc du Paris FC, avec Mickaël Landreau. Photo Philippe Le Brech

Justement, certains entraineurs sans travail sont revenus dans le circuit grâce leur rôle de consultant à la télé. C’est notamment le cas de Régis Brouard qui intervenait sur le multiplex L2 de la Chaine l’Equipe avant de signer à Bastia il y a un an. Prime Video peut-il être un tremplin pour vous ?
Passer à la télé en a aidé certains, c’est indéniable. Mais ce n’est pas quelque chose d’automatique. Moi, je ne suis jamais resté inactif à la maison. Je continue à aller dans les stades voir des matchs. Mais je ne suis pas forcément un homme de réseaux. Être consultant m’offre donc un peu de visibilité. Après, je ne souhaite pas être cantonné à un rôle de spécialiste de la L2. Si demain, on me le demande, je peux aussi parler de L1, National ou des championnats étrangers.

Comment gérez-vous votre période d’inactivité ?
Il y a des périodes plus ou moins compliquées. Le plus dur, c’est quand les clubs reprennent l’entraînement puis quand les championnats commencent. On se dit qu’on a encore raté un train. On essaye de pas ne trop cogiter. Il y a l’inactivité qui est pesante, stressante, mais aussi l’aspect financier. On a quand même une famille à faire vivre.

Est-ce qu’être au chômage a des répercussions sur votre quotidien, votre vie privée ?
Il faut demander à ma femme (sourire)… Mais c’est certain que pour un hyper-actif comme moi, ce n’est pas évident. Entraîner, c’est d’abord un métier-passion. L’absence de terrain, la vie de groupe, la préparation, le match, le management… Pour tout ce qui a trait à la vie d’entraîneur, le manque est permanent. Au quotidien, le vide est énorme, l’envie de reprendre profonde. Moi, j’ai toujours été un grand travailleur. Peut-être trop d’ailleurs… Quand on est dans le jus, à la maison, on est là sans vraiment y être. Là, je suis un peu plus disponible pour ma famille. C’est le seul côté positif. Après, je ne reste pas sans rien à faire à me morfondre. J’essaye d’optimiser le temps que j’ai.

« Je sais que je passe pour quelqu’un d’austère »

De quelle manière ?
Cette période d’inactivité m’a servi à évoluer en tant qu’homme et m’a fait réfléchir sur mon métier et l’image que je renvoyais. J’ai beaucoup échangé avec un ami qui coache des chefs d’entreprise. Je sais que je passe pour quelqu’un d’austère. Je ne dégage pas vraiment l’image d’un fanfaron. Pourtant, quand on me connait, on sait que je suis complétement différent dans la vie. Il y a un gros décalage. Mais sur un banc, je suis d’abord très concentré. Mon rôle de consultant est en opposition avec ce que je dégageais au bord des terrains et dans les conférences de presse. Peut-être que depuis qu’ils me voient sur Prime Video, certains découvrent d’autres facettes de ma personnalité. J’ai aussi profité de cette période pour suivre une formation de perfectionnement en anglais. La saison dernière, j’ai aussi passé plusieurs jours à Metz avec Fred Antonetti et Benoit Tavenot.

Vous auriez par exemple pu rester au Paris FC en 2017 ou au Mans en 2020. Vous avez aussi décliné des propositions. Votre côté exigeant ne vous dessert pas dans votre recherche de club ?
C’est quoi être exigeant ? Si j’étais aussi exigeant que ça, il y a des endroits où je ne serais jamais allé. Mais vu l’engagement que j’y mets au quotidien, il faut que le projet qu’on me présente soit en adéquation avec les moyens mis à ma disposition. Je ne parle pas de l’aspect financier. Ce que je recherche , c’est vivre une histoire humaine et faire progresser un groupe. J’ai envie de pouvoir former, lancer des jeunes et surtout donner du spectacle aux spectateurs car ma philosophie sera toujours de mettre en place un football d’attaque. Quand je ne suis pas convaincu, je ne reste pas ou je n’y vais pas. Jusqu’à présent, je n’ai jamais signé dans un club pour avoir un contrat. Quand on s’engage dans un projet, il faut que ce soit pour les bonnes raisons. J’ai été plusieurs fois dans des short lists mais ce ne n’est pas moi qui ai été choisi au final. Parfois, c’est moi qui ai choisi de ne pas y aller. Après, je n’ai jamais été viré par un club. Les décisions de ne pas rester , c’est toujours moi qui les ai prises.

« A mon époque, il fallait réussir 2 ou 3 belles saisons de L2 pour espérer signer en L1 »

Vous avez longtemps été adjoint. Seriez-vous prêt à repartir dans un rôle de numéro 2 ?
J’ai refusé des postes d’adjoint ces derniers mois. Mais pourquoi pas ? Ce ne serait pas avec n’importe qui et pas n’importe où… Je veux garder un vrai rôle.

Quel regard portez-vous sur l’évolution de la L2 par rapport à votre époque ?
A mon époque, on était encore un peu amateurs. Les clubs sont beaucoup plus structurés, les staffs également. C’est plus complet, plus fort et ça va plus vite. Il y a eu l’arrêt Bosman qui a aussi tout changé. Pour un entraîneur, il y aussi maintenant une grosse partie « com » à gérer. La vitrine médiatique actuelle de la L2 est sans commune mesure par rapport à la période où je jouais.

Joueur, vous n’avez connu la Ligue 1 que lors d’une saison avec Guingamp. Avez-vous des regrets ?
Comme beaucoup, les Orts ou Monczuck, j’ai été catalogué comme un buteur de L2. Mais je n’ai pas de regrets, c’était mon chemin. J’ai quand même accompli de belles choses. Mais par rapport à maintenant, le facteur temps n’était pas le même. A mon époque, il fallait réussir 2 ou 3 bonnes saisons en L2 pour espérer signer en L1. Désormais, il faut aller vite. Souvent on fait signer des joueurs en développement ou à potentiel pour les garder en vitrine et ne pas les perdre. On mise sur leur valeur marchande. Mais parfois, il y a un décalage entre leur statut contractuel et leur réel niveau à l’instant T. Ils ne sont pas forcément prêts à jouer mais sont impatients, ce qui peut créer des déséquilibres.

(*) Après avoir terminé sa carrière de joueur à Rumilly, Réginal Ray a ensuite entraîné le club savoyard en 2006 en DH.

Réginald Ray, du Tac au Tac

« J’aimerais parler de foot avec Suaudeau et Denoueix »

Première fois dans un stade ?
La finale de la Coupe de France 1978, Nancy – Nice, au Parc des Princes, avec mon père. Nancy gagne 1-0 sur un but de Michel Platini. J’étais placé du côté où il marque.

Meilleur souvenir de joueur ?
Mon premier match en pro en 1988 avec Montceau à Gerland contre Lyon. Guy Stephan m’avait fait entrer à un quart d’heure de la fin.

Votre plus beau but ?
Une demi-volée de 25-30 mètres un peu décalée et croisée qui va se loger côté opposé du but. C’était lors d’un Guingamp – PSG en 8e où quart de finale de coupe de France.

Pire souvenir de joueur ?
C’était trois semaines après ce match à Lyon, j’étais titulaire pour la première fois en L2. Mais au bout d’un quart d’heure, j’ai eu une fracture du 5e métatarse.

L’entraîneur qui vous a marqué ?
Tout d’abord, Guy Stephan, car c’est lui qui m’a lancé en pro. Ensuite, Pierre Michelin, entraîneur à l’INF Vichy, pour son côté très dur, à l’ancienne. Il a contribué, inconsciemment, à me préparer mentalement à surmonter toutes les futures épreuves de ma carrière. Et enfin Gilbert Zoonekynd car il est à l’origine de ma venue à Montceau-les-Mines pour le début de ma carrière de joueur professionnel et ma venue à Boulogne-sur-Mer pour le début de la carrière d’entraîneur professionnel.

Le jour où vous avez pris la décision d’être coach ?
C’est en donnant un coup de main à Jean-Philippe Nallet, qui entraînait à l’époque les U18 d’Annecy. Durant ma carrière, je ne m’étais jamais dit que je deviendrais entraîneur. J’avais passé mes diplômes mais sans être vraiment convaincu.

Première sur banc de touche ?
En tant que numéro 1, c’était un Créteil – Paris FC en National en août 2016. On avait gagné 3-1.

Meilleurs souvenirs d’entraîneur ?
En tant qu’entraineur, deux matchs de la saison 2018-2019 avec Valenciennes. Un derby gagné 4-2 face à Lens et une victoire à Brest 5-2. Ces deux matchs symbolisaient le foot offensif qu’on voulait mettre en place. Il y a aussi mes quatre montées, une avec Boulogne-sur-Mer et deux avec Bastia en tant qu’adjoint, et celle avec le Paris FC en L2 en 2017. On avait certes perdu les barrages contre Orléans mais le club a été repêché. On avait réalisé une 2e partie de saison extraordinaire pour terminer 3e et se qualifier pour les barrages lors de la dernière journée. Derrière, cette montée a déclenché beaucoup de choses pour le Paris FC, les droits TV, la conservation du statut pro, la construction du centre d’entraînement et de formation.

Le pire souvenir d’entraineur ?
Le dépôt de bilan du Sporting Club de Bastia à l’été 2017. J’avais pris la suite de Rui Almeida mais je ne suis resté qu’un mois. On a vécu plusieurs semaines d’incertitudes. Au final, au lieu de repartir en L2, le club a été rétrogradé en N3. Je n’ai pas pu rester.

Le joueur qui vous a le plus marqué ?
Un joueur qu’on a entrainé à Bastia, Gaël Angoula. Du National à arbitre… en passant par la L2 et la L1. Il a eu un parcours de vie extraordinaire. Vu par où il est passé, personne n’aurait imaginé qu’il joue un jour en Ligue 1 et qu’il devienne ensuite arbitre.

Le meilleur joueur avec qui vous avez joué ?
Xavier Gravelaine à Guingamp.

Les joueurs les plus forts que vous avez entrainé et affronté ?
A Bastia, Sadio Diallo. Toute proportion gardée, c’est le seul joueur qui m’a fait penser à Zidane, par sa gestuelle. Vu ses qualités, sa carrière, c’est un peu du gâchis. Comme adversaire, Zlatan Ibrahimovic.

Sur le banc, vous êtes plutôt…
Bouillonnant intérieurement…

Un style de jeu ?
Un football offensif qui donne du spectacle. Après, comme tout entraîneur, on est souvent obligé de s’adapter aux joueurs qu’on a.

Une causerie mémorable ?
En décembre 2017, après un Paris FC – Boulogne perdu 2-1, une 17e place en National, un ultimatum des dirigeants qui me donnaient encore deux matchs et une refonte à 90% de l’effectif quatre mois plutôt, je dis aux joueurs qu’on est enfin prêts à jouer la montée… On va gagner à Belfort 2-0 sous la neige et avec un voyage de deux fois six heures dans un car privé de chauffage. Comme quoi parfois le confort… Le match suivant, juste avant Noël, on gagne 1-0 contre le CA Bastia après un petit match. Mais j’ai sauvé ma place et ensuite on est remonté au classement. Et on a joué la montée !

Un match inoubliable ?
Le match de la montée en L1 avec Bastia contre Châteauroux le 23 avril 2012. Ca validait deux ans de montée en puissance. En tant que joueur, un match de L2 avec le Mans contre Louhans-Cuiseaux en 1998. C’est celui qui m’a permis de remporter le titre de meilleur buteur de L2.

Une anecdote de vestiaire ?
A Saint-Brieuc, Yannick Le Saux était un vrai personnage. Il fumait des clopes à la porte du vestiaire, allait discuter avec les gens. Puis il rentrait s’habiller 5 minutes pour aller s’échauffer.

Un club ?
Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis). C’est là que j’ai pris ma première licence et que tout a commencé pour moi. J’en profite pour rendre hommage à Pepe Benichou qui nous a quitté l’année dernière. Un bénévole comme on n’en trouve plus, qui a entraîné tellement de gamins.

Un coach ?
Jean-Claude Suaudeau et Raynald Denoueix. Je ne les ai jamais rencontrés. Mais j’aurais aimé parler de jeu avec eux…

Un modèle ?
Un modèle, c’est beaucoup dire. Mais je dirais Guardiola, pour ses idées sur le jeu et sa capacité à les mettre en application avec des stars et des joueurs à fort égo.

Un stade ?
Armand-Cesari à Furiani.

Une ville ?
Paris

Une équipe de légende ?
Le Barça de Guardiola, Messi, Iniesta, Xavi…

Vos amis dans le milieu du foot ?
Jean-Phillipe Nallet, Didier Bouillot, Ferhat Khirat, Frédéric Hantz, Rémi Garde et quelques autres…

Activités pratiquées en dehors du foot ?
En activité, très peu malheureusement. Le footing, la lecture, ma famille…

Textes : Laurent Pruneta / Mail : lpruneta@13heuresfoot.fr / Twitter : @PrunetaLaurent

Photos : Philippe Le Brech

La belle histoire a commencé la saison dernière. Une quinzaine d’amis d’enfance, qui évoluaient dans différents clubs (du National  au Régional 3,) ont décidé, en raison d’un grave problème de santé ayant touché l’un d’entre eux, de rejoindre la même équipe, le CA Forestois, en 2e division de district dans le Sud-Finistère. Pour se retrouver et jouer ensemble. Et leur aventure continue.

Ils s’étaient donné rendez-vous dans dix ans. Quand, à l’approche de la trentaine, leur niveau de football et leurs ambitions sportives n’auraient plus trop d’importance… Moins, en tout cas, que leur envie de jouer ensemble. Mais, à 20 ans, ou guère un peu plus, ils ont devancé l’appel, durant l’été 2021, car leur copain, Enzo Millour, avait dû être opéré d’une tumeur au cerveau l’hiver précédent.

Retrouvailles à La Forêt-Fouesnant

Enzo Millour, le « rassembleur des copains », fut opéré d’une tumeur au cerveau. Photo Christian Rose Cornouaille

« Ce sont les problèmes de santé d’Enzo qui ont provoqué le déclic. On s’est dit que c’était le moment », rappelle Dylan Nicolas. Et qu’il était donc peut-être urgent de ne plus attendre. « On se connaît depuis qu’on est tout petit et on a tous joué un peu dans les mêmes clubs à un moment ou à un autre », précise Pierre Martinel.

Mais pourquoi avoir choisi le club de La Forêt-Fouesnant, le CA Forestois, « les Coucous » comme on les appelle dans le Sud-Finistère ?
« Parce que mon père y est coach et aussi par rapport aux infrastructures du club qui possède un terrain synthétique et des projecteurs. On voulait aussi le faire monter de D2 en D1 », indique Enzo Millour.
Le Départemental D1 : c’était leur objectif numéro 1 et il a été atteint dès la première année. Tous ensemble. Avec le père sur le banc et le fils pour relayer et insuffler le sain esprit des copains sur le terrain.

Champion sur le mode des copains

Bilan : 19 victoires, deux nuls et une défaite, 111 buts marqués, 11 encaissés. Mais l’affaire n’a pas été si simple car Loctudy, dans le Pays Bigouden, et l’équipe C des Paotred-Dispount d’Ergué-Gabéric, juste à côté de Quimper, n’ont terminé qu’un point derrière le CA Forestois qui s’est donc retrouvé champion sur le mode des copains d’abord.
« Avant d’être copains de foot, on est copains dans la vie de tous les jours. Et on est tombé dans un bon club où ça a bien pris entre les anciens et les nouveaux. Il le fallait car on n’avait droit qu’à six mutés par équipe », explique le grand rassembleur. Du coup, double, la B est montée en D3. « C’était aussi le projet, la première étape est franchie, il reste la deuxième. » La montée en Régional 3 ? Pour l’instant, Enzo Millour et ses copains sont co-leaders  avec deux victoires en deux matchs.

Qui sont-ils et d’où viennent-ils ?

Hugo Péron a connu le N3 et R1 à l’US Concarneau après avoir fréquenté le centre de formation du FC Lorient. Photo Fanch Hémery.

– Jason Fesquet (gardien) : centre de formation FC Lorient et Brest 29, R1 et N3 à Plouzané.

– Serwan Le Gall (latéral) : R3 à l’US Trégunc.
– Hugo Péron (latéral ou défenseur axial) : centre de formation du FC Lorient, N3 et R1 à l’US Concarneau.
– Tom Guillou (latéral ou ailier) : centre de formation de l’EA Guingamp et R1 à l’US Concarneau.
– Pol Le Duigou (défenseur axial): N3 et R1 à l’US Concarneau.
– Baptiste Héliès (latéral droit) : N3 et R1 à l’US Concarneau.

– Antoine Lannurien (milieu axial ou latéral) : N3 et R1 à l’US Trégunc.

Serwan Le Gall a évolué à l’US Trégunc en R3. Photo « Christian Rose Cornouaille Photo ».
– Enzo Millour (milieu défensif) : N3 et R1 à l’US Trégunc.

– Louis Luart (milieu défensif) : R1 à l’EA Saint-Renan et à l’US Concarneau.

– Floryan Sanchez (milieu offensif) : R3 à l’US Concarneau.
– Dylan Nicolas (milieu offensif) : R3 à l’Amicale d’Ergué-Gabéric.
– Alex Bernard (milieu offensif) : U19 DH à l’ US Concarneau.
– Pierre Martinel (ailier) : U17 nat à l’US Concarneau.
– Théo Lamare (attaquant) : N1, N3 et R1 à l’US Concarneau.

Les maillots de la Coupe de France

Eliminés, l’an dernier, dès le premier tour de la Coupe de France, Enzo Millour et ses copains ont atteint cette saison leur objectif en se qualifiant pour le 4e tour de la Coupe de France et en décrochant ainsi les fameux maillots après avoir battu le FC Combrit Sainte-Marine, une équipe de D2, au premier tour (0-12), l’US Pluguffan (D1) au deuxième tour (4-2), et l’AS Kernével (D2) au 3e tour (1-3).
Au 4e tour, contre une équipe de R2, les DC Carhaix, les « Coucous » du CA Forestois auraient même pu pousser l’aventure un peu plus loin, mais ils ont été éliminés aux tirs au but. Reversés en Coupe de Bretagne, ils ont perdu ce samedi (1-0), au 4e tour, contre le Quimper Ergué-Armel FC (R3).

Enzo Millour du tac au tac

« C’est chouette de jouer au foot avec ses meilleurs amis »

Enzo Millour (à droite), ici en coupe de Bretagne face au Quimper Ergué-Armel FC, club de R3(ici Hakiri en photo). Photo Fanch Hémery

Votre aventure du foot entre copains, tu la résumerais comment en quelques mots ?

C’est un beau symbole de la force de l’amitié.
Tes problèmes de santé auront au moins servi à ça ?
On voulait n’importe comment le faire mais ça nous a poussé à le faire plus vite.
Tes copains se sont mis d’accord entre eux avant de t’en parler ?
Non non, on en a discuté ensemble. Et c’était la saison qui s’est arrêtée tôt à cause du covid, donc on était tous un peu moins concernés par nos clubs respectifs.
Comment as-tu appris leur décision de vous retrouver ensemble sous le même maillot ?
C’est une discussion commune. Ils ne m’ont pas rejoint, on s’est tous rejoints ensemble à La Forêt.
Y-a-t-il un pacte d’amitié entre vous pour continuer à jouer ensemble ?
C’est déjà la deuxième année et le projet c’est de durer sur le long terme. Après, on ne sait pas de quoi demain sera fait, chacun est libre.
Dylan Nicolas a évolué en R3 à l’Amicale d’Ergué-Gabéric. Photo « Christian Rose Cornouille Photo »

Certains membres de votre équipe de copains pourraient-ils retourner jouer à un niveau plus élevé ?

On n’est pas à l’abri, ça peut arriver, on en parlerait alors tous ensemble mais ce n’est pas d’actualité.
Quel est votre objectif à court terme ?
Il y avait les maillots de la Coupe de France, on les a eus au 4e tour, maintenant c’est la montée en R3. On veut atteindre le niveau Ligue le plus vite possible.
A moyen terme ?
Le but c’est d’aller ensemble le plus haut possible.
A long terme ?
Développer le club. Il n’y a pas que l’équipe A au CA Forestois.
A 25 ans, regrettes-tu parfois de ne plus jouer en N3 ou en R1 comme tu l’as fait à l’US Trégunc ?
Non, jamais. Zéro regret. Jouer au foot avec ses meilleurs amis, c’est chouette, et peu importe le niveau.
Barça ou Real ?
Barça.
PSG ou OM ?
OM (pendant le match, ce samedi, il a profité d’un arrêt de jeu pour s’inquiéter de l’évolution du score de l’OM contre Ajaccio).
Lorient ou Brest (entretien réalisé la veille du derby breton de Ligue1) ?
Finistérien mais Lorient quand même. On va voir le derby demain.
L’US Concarneau ou l’US Trégunc ?
Trégunc.

Le mot du coach, Stéphane Millour :

« L’amitié avant tout »

Le banc de touche du CA Forestois, avec le coach, Stéphane Millour (à gauche), papa d’Enzo, Photo Fanch Hémery.

Stéphane Millour, est-ce compliqué de coacher l’équipe de copains de votre fils ?

Non. J’aurais pu penser ça au début mais ils sont à l’écoute, ils travaillent bien, et le fait qu’ils soient là pour Enzo, finalement, ça a facilité les choses.
Le mercato est plus simple à gérer ?
Oui, j’ai moins de coups de fil à passer, les gars viennent avec leurs relations, mais ça se fait avec mon aval.
Comment avez-vous vécu cette démarche des copains de votre fils de vouloir jouer ensemble ?
C’est une histoire merveilleuse et l’émotion a été grande. Même si Enzo m’en parlait depuis longtemps, je n’y croyais pas, mais ils ont tous dit oui en l’espace de deux secondes. C’est l’amitié avant tout.
Photos principale : Fanch Hémery
Photos : Fanch Hémery et Christian Rose Cornouaille Photo
Texte : Denis Vergos / Mail : dvergos@13heuresfoot.fr / Twitter : @2nivergos

Vous avez loupé un épisode de la série « 13heuresfoot » cette semaine ? Voici la séance de rattrapage !

  • Samedi 8 octobre 2022

Nicolas Usai (Nîmes Olympique) : « Le foot, c’est le reflet de la société »
https://13heuresfoot.fr/actualites/nicolas-usai-le-foot-est-le-reflet-de-notre-societe/
L’entraîneur de Nîmes Olympique (Ligue 2), en déplacement ce soir à Quevilly Rouen, évoque à la fois sa carrière de joueur, essentiellement  construite en National, et celle d’un entraîneur professionnel à Istres (adjoint en Nationale et en L2), Marseille-Consolat (Nat), Sedan (N2), Châteauroux (L2) et, depuis janvier dernier, chez les Crocodiles.

  • Vendredi 7 octobre 2022

Lilian Compan : « Toute ma carrière, ça a été à l’arrache ! »
https://13heuresfoot.fr/actualites/lilian-compan-toute-ma-carriere-ca-a-ete-a-larrache/
L’ancien buteur de Saint-Etienne, Caen et Montpellier ne fait plus partie du projet N2 du Hyères 83 FC : il vient d’être licencié de la SASP. Avant de se remettre sur le marché, il revient sur sa carrière sur et en dehors des terrains, durant laquelle il a « mis les mains dans le cambouis ! » Entretien.

  • Jeudi 6 octobre 2022

Racing Besançon (N2) : Oumar Sissoko a reculé pour mieux rebondir !

Racing Besançon (N2) : Oumar Sissoko a reculé pour mieux rebondir !


Le gardien international malien, formé à Metz, n’a pas hésité à quitter le monde pro pour filer en N3 à Besançon il y a 2 ans. Un choix sportif payant puisque le club du Doubs a accédé en N2 cette saison. Rencontre.

  • Mercredi 5 octobre 2022

Stephen Vincent : « Avec Le Mans FC, j’ai un lien très fort ! »
https://13heuresfoot.fr/actualites/stephen-vincent-avec-le-mans-fc-jai-un-lien-tres-fort/
A 36 ans, le capitaine de l’épopée qui a vu le club de la Sarthe passer du National 3 à la Ligue 2 en trois ans, entre 2016 et 2019, a réussi sa reconversion. Il dirige un cabinet de conseil en gestion de patrimoine. Et garde un oeil attentif sur son ancien club.

  • Mardi 4 octobre 2022

David Faderne : « Corte, c’est une vraie famille ! »
https://13heuresfoot.fr/actualites/david-faderne-corte-cest-une-vraie-famille/
Après avoir fait vibrer le stade François-Coty avec l’AC Ajaccio, où il a ensuite démarré sa carrière d’entraîneur chez les jeunes, le Messin a poursuivi sa carrière sur l’île de Beauté. Cet été, il a entamé sa 8e saison consécutive sur le banc du stade Santos Manfredi, à l’US Corte, en National 3.

  • Lundi 3 octobre 2022

Boris Mahon de Monaghan : « Mes premières émotions ? La Coupe de France ! »
https://13heuresfoot.fr/actualites/boris-mahon-de-monaghan-mes-premieres-emotions-la-coupe-de-france/
L’ex-latéral droit de l’US Créteil, passé aussi par Sedan, le Gazelec Ajaccio et Orléans, sa ville natale, prend toujours du plaisir sur les terrains. Il évolue aujourd’hui en N3, à Argelès, dans les Pyrénées-Orientales, où il est également coordinateur sportif du club. Et il a même monté son académie !

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