Inaugurée en 1968, la grande tribune du stade de Penvillers, à Quimper (Finistère), sera détruite à la fin de cette année. Pour toute une génération de « footeux » qui a suivi les hauts et les bas du Stade Quimpérois, c’est un mythe qui s’effondre. Juste quand le nouveau club, le Quimper Kerfeunteun FC, se reconstruit.

Le stade de Penvillers

J’ai 10 ans. Je sais que ce n’est pas vrai mais j’ai 10 ans et le stade de Penvillers, à Quimper (29), a été inauguré pour remplacer le vieux stade de Kerhuel et accueillir le Stade Quimpérois, qui joue alors en CFA, en 1968. J’ai 13 ans. Je sais que ce n’est pas vrai mais j’ai 13 ans et je grimpe en rêvant les marches d’un escalier de béton montant vers la lumière des projecteurs qui viennent d’être installés aux quatre coins du stade de Penvillers pour éclairer les nocturnes du Stade Quimpérois en National (nouvelle Division 2).

Pierre Garcia, Georges Peyroche et la Division 2

J’ai 13 ans et des étoiles plein les yeux. Encore un pallier. Les marches sont aussi hautes que l’impatience est grande. A l’intérieur de la grande tribune, l’escalier tourne et s’ouvre soudain, comme par magie, sur la scène et le spectacle qui brille de mille feux dans la nuit : la pelouse est plus verte, les joueurs plus grands et plus forts, le match plus extraordinaire.

J’ai 18 ans. Je sais que ce n’est pas vrai mais j’ai 18 ans et je perds 3 à 0 en lever de rideau à Penvillers. C’est la coupe Gambardella. Je joue à l’AS Ergué-Armel, mon club de quartier à Quimper, et on est tombé avec mes copains face au grand stade « Q » des Lachivert, Bosser (Jean-Pierre, dit « Bobosse », qui marquera dix ans plus tard, avec Brest, un but des 60 mètres à Olmeta), Bideau, Reiller, Louarn…

Il y a des milliers de spectateurs au match. Pas pour le nôtre. Pour celui qui suit. Le Stade Quimpérois rejoue en Division 2 et a ses plus belles années devant lui malgré quelques retours en D3. Les entraîneurs se succèdent. Robert Dewilder a remplacé Marcel Mao, Jean Brélivet et Joël Le Bris suivront. Puis Marc Rastoll, Jacky Castellan, Wlodzimierz Lubanski, Pierre Garcia et Georges Peyroche qui sort de 6 saisons de Division 1 au Paris Saint-Germain. Quand même !

La Division 1 en ligne de mire

J’ai 30 ans. Je sais que ce n’est pas vrai mais j’ai 30 ans et le Stade Quimpérois, où mon pote Michel Clément s’occupe de l’accueil et du bien-être des arbitres, est devenu le Quimper Cornouaille FC après avoir failli déposer le bilan.

Mais la montée en Division 1 est en ligne de mire. J’ai trente ans et Quimper joue un quart de finale de Coupe de France, en match aller et retour, contre Metz (saison 1987-88). Victoire 1-0 (but de Didier Monczuk) à l’aller devant 10 000 spectateurs à Penvillers. J’ai 30 ans et je suis à Saint-Symphorien pour le match retour : défaite 5-0.

Mais le meilleur est pour la fin. Le chant du cygne avant le dépot de bilan. Pierre Garcia est revenu aux affaires et le Quimper Cornouaille va jouer un 16e de finale de la Coupe de France la saison suivante contre le grand Olympique de Marseille de Jean-Pierre Papin et de Karl-Heinz Förster avant d’échouer aux portes de la Division 1 (4e) avec Michel Ettore, Manuel Abreu, Stéphane Gilet, Robert Barraja, Philippe Mahut, Florent Philippe, Jean-Luc Sokal, Jean-Philippe Viala, Jean-Yves Francini, Lucien Goadec, Didier Jaffrès, Jean-Luc Ribar, Zivko Slijepcevic, José Souto, Eugène Ekéké ou Fabrice Picot.

Pascal Laguillier

Pascal Laguillier, l’actuel entraîneur-adjoint de Stéphane Le Mignan à l’US Concarneau (National), faisait aussi partie de l’équipe: « Je n’avais que 20 ans, j’étais le petit jeune dans une équipe où il y avait de vrais bons mecs comme Florent Philippe, Stéphane Gilet, Jean-Philippe Viala, Michel Ettore ou Robert Baraja. C’était vraiment top. » Avant le flop…

Le Penvillers de Riyad Mahrez

Car c’était le début de la fin. J’ai 32 ans et le Quimper Cornouaille FC va repartir en Division 3. Le statut professionnel est condamné à court terme, même si Raymond Kéruzoré redonnera un peu d’espoir dans le nouveau National 1 à deux poules (1993-1997). Un nouveau dépot de bilan suivra et le Stade Quimpérois 2000 (nouvelle appellation) repartira en DSR (Régional 2). Il y aura bien des remontées au niveau national (CFA 2 et CFA) et les débuts, ici à Penvillers, d’un certain Riyad Mahrez, mais le retour en DH (Régional 1) sonne le glas du « Stade Q » qui fusionne en 2011 avec l’Etoile Sportive de Kerfeunteun.
J’ai 53 ans. Je sais que ce n’est pas vrai mais j’ai 53 ans et le Quimper Kerfeunteun FC est né. Le temps d’un 6e tour de Coupe de France suivi d’un maintien en DH (R1) et le nouveau club quimpérois subit des relégations successives et se retrouve à un niveau équivalent au R3.

Eric Gaillard : « Il y a quelque chose à faire »

Eric Gaillard, le coach actuel

Mais à la question des années 80, « qu’est-ce qui est noir et blanc qui monte et qui descend », le QKFC vient de répondre en reprenant l’ascenseur dans le bon sens: de D1 en R3 pour l’équipe réserve et du R2 au R1 pour la première. « C’est le début d’un challenge réussi. J’espère que le club va continuer à grandir. Quand tu débarques dans une grande ville comme Quimper, avec un tel passé de foot, tu sais qu’il y a du potentiel et qu’il y a quelque chose à faire. Et même si on n’aura pas de U18 cette saison, avec les jeunes aussi, ça se remet en route, certains jouent maintenant en équipe une. A Penvillers, on ne sait pas trop ce que ça va donner avec les travaux, mais pour l’instant, on peut toujours s’entraîner sur le terrain d’honneur en herbe », détaille Eric Gaillard, le coach de la remontée en Régional 1. Un début de renouveau qui va correspondre à la destruction des tribunes de Penvillers à la fin de l’année.

Après avoir vibré aux cris des supporters, la vieille tribune va vibrer sous les coups des engins de démolition : naissance, vie et mort d’un stade. Mon pote Michel Clément l’a précédée la semaine dernière et a été incinéré ce mercredi. Adieu mon ami. J’ai 64 ans. Et je sais que c’est vrai.

Texte : Denis Vergos / Twitter : @2nivergos /

Mail : dvergos@13heuresfoot.fr

L’équipe du FC Quimper Cornouaille, 1/4 de finaliste de la coupe de France en 1988 face à Metz. Gardiens : Thierry Caby, Richard Ruffier, Alain Wantz, Défenseurs : Manuel Abreu, Stéphane Gilet, Florent Philippe, Jean-Philippe Viala, Alain Garraud, Jean-Luc Sokal, Milieux : Jean-Yves Francini, Lucien Goadec, Didier Jaffres, Philippe Péru, Zivko Slijepcevic; Attaquants : Sadou Do Rego, Eugène Ekeke, Pascal Laguillier, Didier Monczuk, Fabrice Picot

A 44 ans, Alexandre Torres est l’un des nouveaux visages de cette saison sur les bancs de National. Après avoir vécu sa carrière de joueur amateur et d’entraîneur dans sa région bordelaise, celui qui était encore enseignant il y a 5 ans, a choisi de « sortir de sa zone de confort » en rejoignant la Corse et le FC Borgo cet été après avoir validé son BEPF. Entretien-découverte.

« Sept montées avec Lège Cap Ferret et le Stade Bordelais »

Alexandre Torres avait 31 ans quand il a débuté une carrière d’entraîneur à Lège Cap Ferret en 2009. Auparavant, il avait évolué comme milieu de terrain dans des clubs amateurs de la région bordelaise.

« Le plus haut niveau où j’ai joué, c’est en N3 avec la Jeunesse Villenavaise (Villenave-d’Ornon). Le club qui m’a le plus marqué est celui de Lacanau. C’est un club d’une ville que j’adore, où j’ai mes attaches familiales, mes amis et mes repères. Ce fut un plaisir de participer à sa construction et je les suis toujours avec beaucoup de plaisir même si leurs résultats sont aujourd’hui plus difficiles. »

Très vite, il a encadré des jeunes. « J’ai fait des rencontres qui m’ont donné envie de faire ce métier comme Pierrot Stupar qui était mon prof à la fac et André Menaut. Ce sont vraiment les deux premiers qui ont cru en moi, que ce soit au niveau universitaire et théorique, et au niveau pratique et foot. Ils m’ont fait prendre conscience que j’avais des qualités pour ce métier-là et ils m’ont donné envie d’aller dans cette voie-là. »

Avec un Master en communication à l’école de Management de Marseille puis un doctorat en Sciences de l’Education et du Sport à l’université de Bordeaux, il s’est construit un solide bagage universitaire. « J’étais attaché de recherche, je m’étais éloigné du terrain mais j’ai eu envie de passer mes diplômes d’entraineur », explique-t-il.

« Je me nourris de mon parcours différent, il m’apporte d’autres grilles de lecture »

Avec Lège Cap Ferret, il a enchaîné les montées. « J’y suis resté 7 ans, avec 5 montées de la PH au National 3 et trois victoires en Coupe d’Aquitaine ». Parallèlement, Alexandre Torres a été scout de l’AJ Auxerre pour la catégorie 17-21 ans dans le Grand Sud-Ouest entre 2014 et 2016. Il rejoint ensuite en 2016 le Stade Bordelais qu’il fait monter en National 2 lors de sa première saison. « On s’y est maintenu deux ans mais en 2020, on a subi l’arrêt à cause du Covid. On était relégable et on est descendu. »
Après une nouvelle saison stoppée, le Stade Bordelais a terminé 1er de National 3 Nouvelle-Aquitaine en mai dernier.

Alexandre Torres ne vit du métier d’entraineur que depuis 2017. En plus de ses fonctions à Lège Cap Ferret et lors de sa première saison au Stade Bordelais, il était en effet enseignant en management du sport à l’Université de Bordeaux 2 et dans des écoles de commerce (ISEG Bordeaux, ISEFAC Bordeaux). « Ça fait 14 ans que je suis entraîneur mais seulement cinq que je suis entraîneur professionnel. Je considère qu’avoir eu longtemps un métier à côté du foot a constitué une force. Je me nourris de mon parcours différent ou atypique, il m’apporte d’autres grilles de lecture. J’ai un regard frais, je suis en perpétuelle recherche. Ce qui m’intéresse avant tout dans ce métier, c’est la transmission, de mener un projet avec un groupe, que ce soit individuellement et collectivement. On part d’un point, la lettre A, pour arriver à une autre lettre. L’objectif, c’est qu’elle soit la plus éloignée du A…»

« La belle aventure collective du BEPF »

Alexandre Torres avec Josué Escartin, prêté par Brest.

Alexandre Torres a fait partie de la dernière promotion de 2021-2022 du BEPF. Au côté des huit autres stagiaires, Habib Beye, Zoumana Camara, Maxence Flachez, Régis Le Bris, David Le Frapper, Olivier Saragaglia, Benoît Tavenot et Roland Vieira, il était le seul à ne pas avoir de passé dans un club professionnel, ni comme joueur, ni comme entraineur. « Je n’ai jamais perçu ça comme une faiblesse ni comme un complexe d’infériorité, assure-t-il. Cette opportunité de pouvoir passer le BEPF, je l’ai prise comme la reconnaissance du travail que j’avais effectué et la possibilité de pouvoir évoluer dans ma progression. Cette évolution dans ma carrière, ce n’est pas quelque chose que je m’étais interdit. »

Lors de ses entretiens de sélection, il a senti une « volonté d’ouverture » chez la DTN. « Ces derniers années, les profils des coachs acceptés était un peu plus diversifié. On m’a donné ma chance même si j’ai un parcours et un profil différent. »
Cette formation, il l’a vécu comme une « vraie aventure collective ». « On était un groupe soudé qui était toujours dans le partage et l’échange. J’ai beaucoup appris des autres stagiaires, de leur parcours. Mais moi aussi, humblement, je pense avoir apporté quelque chose à cette promotion. On a créé des liens tous ensemble et ils vont perdurer, c’est agréable. On est tous très fier que Régis Le Bris ait été nommé sur le banc de Lorient en L1. »

Cette saison en National, Alexandre Torres va d’ailleurs affronter plusieurs camarades de promotion : Habib Beye (Red Star), Maxence Flachez (adjoint de Mathieu Chabert à Châteauroux), Olivier Saragaglia (Sedan) et Roland Vieira (Le Puy). « On a déjà passé un bon moment avec Roland (Vieira) quand Le Puy est venu à Borgo lors de la 1ère journée. Benoit (Tavenot) qui a quitté Metz (L2) et qui est retourné chez lui en Corse est aussi venu me voir. Il connait bien le club puisqu’il l’a déjà entrainé en National 2. »

« Borgo, une rencontre déterminante avec Antoine Emmanuelli »

A la fin de la saison dernière, Alexandre Torres a donc choisi de quitter le Stade Bordelais pour se lancer un nouveau défi. « Je voulais vivre une autre expérience, sortir de ma zone de confort et prouver que je pouvais réussir ailleurs que dans la région bordelaise. Que ce soit à Lège Cap Ferret ou au Stade Bordelais, je n’étais pas dans les clubs les plus argentés. Mais c’était deux clubs qui voulaient avancer et qu’on a structuré avec les dirigeants. C’était ma 6e saison au Stade Bordelais et j’ai pu partir l’esprit tranquille avec la satisfaction d’avoir laissé une situation sportive satisfaisante avec ce retour en National 2 et un groupe sain. »

Sur le marché, il a eu « des projets en Afrique » et a aussi rencontré plusieurs dirigeants de clubs français. Cela aurait pu se faire avec le Paris 13 Atletico. Mais sa rencontre avec Antoine Emmanuelli, l’emblématique président du FC Borgo (Bastia qui ne donnait plus de subvention a disparu de l’appellation du club), a été déterminante. « Avec Antoine, tout a été fluide d’entée. Humainement, on a tout de suite accroché tous les deux. Il avait une volonté de reconstruire un projet en partant d’une page presque blanche. Ça m’a tout de suite intéressé. »

Il ne connaissait pas beaucoup la Corse. « Je me souviens juste d’avoir fait le GR20 il y a quelques années avec ma compagne mais c’est tout. Depuis que je suis arrivé, je découvre davantage la richesse de l’Ile. Je me rends bien compte que c’est une terre accueillante qui aime le foot. C’est vrai qu’à Borgo, on a moins de pression qu’ailleurs. Mais on a cette volonté de faire les choses aux mieux et d’avancer même si en terme de budget, on restera le Petit Poucet du National. »

« L’objectif est de construire un groupe à la solidarité sans faille »

Quand il a signé, le FC Borgo n’était pas encore repêché. « On avait deux hypothèses, soit on construisait un groupe pour monter de N2, soit pour se maintenir en National. C’est totalement différent. C’est pour ça qu’on s’est montré patient sur le mercato. On a pris notre temps J’ai apporté mes réseaux, les dirigeants les leurs, c’est pour cela qu’on a des joueurs qui viennent de tous les horizons, étranger, clubs pros, National, N3, R1… Cette diversité dans les parcours est aussi enrichissante pour tout le monde. On a aussi des joueurs revanchards. On est encore dans cette construction. On recherche encore au moins trois joueurs. L’objectif est de construire un groupe à la solidarité sans faille qui soit prêt à batailler ensemble. Il ne faut pas oublier que souvent, lors des déplacements, on devra partir pendant trois jours. »

Si l’équipe ne compte pas beaucoup de Corses dans son effectif, le club en avait pourtant contacté certains qui ont décliné… « Si on arrive à avoir une identité corse ce sera important, et j’adore l’engagement que cela suscite, mais il nous faut avant tout trouver une identité de jeu, conclut le coach de Borgo. C’est le socle essentiel à des résultats sportifs pérennes. »

Avec une victoire contre Le Puy (1-0) et un nul à Bourg-en-Bresse (1-1), les premières posées par Alexandre Torres semblent prometteuses.

Alexandre Torres, du tac au tac

Première fois dans un stade ?
Tout petit pour aller voir jouer mon père.

Premier banc de touche ?
A 15/16 ans pour coacher les petits du RC Chambery.

Meilleur souvenir d’entraîneur ?
Il est à venir.

Pire souvenir d’entraîneur ?
Une montée ratée à la dernière journée avec l’US Lège Cap Ferret. Ça a profondément marqué ma façon de travailler.

Le joueur qui t’a le plus marqué ?
Diego Maradona.

Le joueur le plus fort que tu as entrainé ?
Pierre Lees-Melou, lors de sa troisième saison avec nous à Lege Cap Ferret, est celui qui avait le plus d’influence sur le match. Mais avant ce troisième exercice il y a eu du boulot !

Ton style de jeu ?
Je veux que mon équipe soit celle qui prenne des initiatives dans le rapport de force.

Un coach ?
Piero Stupar et André Menaut qui m’ont donné envie d’embrasser la carrière d’entraîneur.

Un stade ?
Le Parc Lescure à Bordeaux.

Une équipe de légende ?
Barca 2009.

– Textes : Laurent Pruneta / Mail : lpruneta@13heuresfoot.fr / Twitter : @PrunetaLaurent

– Photos : Facebook FC Borgo

Elle est passée comme une lettre à la poste et pourtant elle va faire des dégâts et laisser des clubs sur le carreau. La réforme des championnats amateurs a été imaginée pour « améliorer le niveau sportif ». Personne n’est franchement convaincu.

On a beaucoup parlé de l’anxiété générée par les quatre descentes en Ligue 1 et en Ligue 2, mais ce n’est rien par rapport à ce qui attend les championnats de National, National 2 et National 3, consécutivement à la réforme décidée par la Fédération Française de Football (FFF).

Une réforme qui, de manière assez surprenante, est passée comme une lettre à la poste, sans opposition vraiment déclarée, en tous les cas sans réelle polémique. A se demander même si les clubs de niveau national ont bien mesuré ou compris ce qui les attend, un véritable tsunami…

76, c’est en effet le nombre considérable d’équipes qui seront éjectées du niveau national à échéance de 2025, c’est à dire 26% de l’effectif actuel, soit plus d’une équipe sur quatre. Pour la Ligue 1 et la Ligue 2, le passage de 20 à 18 est immédiat, et il sera répercuté directement en fin de saison sur le National où un tiers du peloton (6 sur 18) passera à la trappe, direction N2.

Conséquence directe : les clubs professionnels seront alors très majoritaires en National, qui pourrait être baptisée Ligue 3 à partir de 2024. Une évolution logique et salutaire sauf que, aux dernières nouvelles, la compétition resterait dans le giron de la FFF car cela permettrait aux clubs de L1 et L2 de ne pas partager leurs droits télés avec la L3. A charge alors pour la FFF de trouver un diffuseur pour la Ligue 3, un diffuseur suffisamment généreux pour amortir le coût d’une relégation de Ligue 2, actuellement considérable.

Le N3, championnat le plus touché

En N2, les coupes sombres seront également terribles dès cette saison, avec cinq descentes par groupe, et même six pour deux des quatre groupes (plus mauvais 11e) avec pour objectif un passage à trois groupes de 16 à l’horizon 2025. Le bouleversement sera donc lissé sur trois saisons via un passage transitoire à quatre poules de 14 en 2023-2024.

Mais le championnat le plus touché sera le National 3 qui perdra 56 clubs !!! Actuellement, chaque ligue a son groupe (12 groupes de 14) sous l’autorité de l’instance régionale, mais la FFF reprendra les rênes de la compétition (comme c’était le cas jusqu’en 2017 sous l’appellation CFA 2) avec seulement huit groupes interrégionaux.

Mais qui dit moins d’équipes, dit moins de matches, moins de joueurs et moins d’arbitres. Et moins de subventions, comme nous l’explique un président de N3 : « En N3, tu reçois une aide fédérale mais aussi des subventions de ta ville, éventuellement de ton département ou de ta région. Si tu descends en Régional 1, la subvention municipale diminue illico et tu n’as plus rien des instances régionales. Et tes sponsors vont te dire : vous n’êtes plus en championnat de France ? Désolé on vous donnera moins. Les autres sports collectifs (rugby, hand, volley, basket) l’ont bien compris. Ils ont à peu près tous augmenté le nombre de championnats et donc de clubs au niveau national dans le but évident de faciliter l’octroi supplémentaire d’argent public que tu n’as pas en championnat régional. Les clubs de foot seront les cocus de l’histoire. »

Cette refonte n’est elle pas une manière pour la FFF de faire des économies imposées par la période post Covid ? Directeur des compétitions nationales, Christophe Drouvroy s’en est défendu lors de l’assemblée fédérale en juin, à Nice : « Il s’agit d’augmenter le niveau sportif » a-t-il assuré.

Il est intéressant de regarder l’organisation des compétitions de niveau 3 et 4 dans les grands pays voisins.

NIVEAU 3

Allemagne : Liga 3, groupe unique professionnel (20 clubs)
Angleterre : League One, groupe unique professionnel (24 clubs)
Espagne : Primera Division RFEF, deux groupes de 20 clubs professionnels.
Italie : Série C, trois groupes de 20 clubs professionnels.
France : National ou Ligue 3, un groupe de 18 clubs

NIVEAU 4

Allemagne : Regionalliga, cinq groupes (3 de 28 clubs, 1 de 19, 1 de 18). Pro ou semi pro.
Angleterre : League Two, groupe unique de 24 clubs professionnels.
Espagne : Segunda Division RFEF, cinq groupes de dix huit clubs pros ou semi pros.
Italie : Série D, neuf poules de 18 clubs pros ou semi pros.
France : National 2, trois groupes de 16 clubs (à partir de 2025)

Si l’on rassemble les trois premiers niveaux de compétition, on arrive donc à 54 clubs en France, 56 en Allemagne, 68 en Angleterre, 82 en Espagne et 100 en Italie.
Question : le football de ces pays est il moins compétitif avec plus de clubs ? On croit connaître la réponse.
Sur les quatre premiers niveaux, on est à 92 clubs en Angleterre, 102 en France, 149 en Allemagne, 172 en Espagne, 262 en Italie.
Un agent dont l’activité se concentre principalement sur le National, le N2 ou le N3, dit craindre le pire en matière d’emplois : « L’UNFP s’est déjà émue des conséquences d’une L1 et d’une L2 a 18, dit-il. Il y aura moins de contrats professionnels, moins de débouchés pour les meilleurs jeunes de nos centres de formation, mais ce n’est rien en rapport de ce qui va se passer en dessous. En N2 et N3, on recase des ex-pros mais surtout des tas de jeunes non conservés dans les centres mais qui peuvent continuer à vivre, même modestement, de leur passion en survivant avec de petits contrats, des indemnités et parfois un petit travail en parallèle. Moins de clubs nationaux ça signifiera moins de boulot pour ces jeunes et souvent direction Pôle Emploi, avec de surcroît toutes les frustrations et le sentiment d’échec que cela va engendrer. »
On n’a pas fini de reparler de la réforme dans les trois ans qui viennent.

Texte : Jean-Michel Rouet / jmrouet@13heuresfoot.fr

Photo : Sebastien Ricou

Dix ans après sa descente, le club de la Venise provençale a effectué un retour gagnant au stade Francis-Turcan face à Cholet (2-1). Récit d’une soirée où l’on ne s’est pas ennuyé !

Un petit millier de spectateurs a assisté au match face à Cholet.

C’est un géant de béton posé le long du canal, non loin des rives de l’étang de Berre, en contrebas d’un viaduc autoroutier où la circulation n’est pas aussi dense qu’un soir de match au Vélodrome. Bienvenue au stade Francis-Turcan de Martigues, du nom d’un ancien maire de cette ville de 50 000 habitants.
Depuis la tribune, balayée par un soupçon de Mistral, la vue sur tout ce qui fait le charme de celle que l’on appelle la Venise provençale, est belle. On dirait presque une carte postale.

Pour se garer aux abords de l’enceinte, ce n’est pas très compliqué. Une heure avant le début du match, les places ne manquent pas. Les travées mettent du temps à se remplir mais au coup d’envoi, la grande tribune, la tribune Paradis (ça ne s’invente pas !), la seule des quatre à être couverte, affiche un petit millier de spectateurs.

Un billard tout neuf !

La pelouse neuve a été refaite en hybride. Un bijou !

Mais ce qui frappe en arrivant, c’est la qualité de la pelouse. On s’attendait à voir du jaune, elle est verte ! « C’est un billard, une galette », entend-on au bord du terrain, le long du grillage. Il faut dire que c’est un « hybride », et qu’il vient juste d’être posé. Magnifique !

En face, dans la tribune Canal, posée parallèlement au canal Baussengue, le groupe de supporters, les « Maritima Supra », échauffent la voix. Mais ils ne sont pas les seuls. Derrière les cages, côté Est, dans les pesages, les « Ultras Martigues 2021 » en font de même. Depuis la scission au sein des Maritima Supra, un deuxième groupe de supporters est né. Mais ce soir, tous deux se répondent par chants interposés. De bon augure avant, peut-être, d’envisager l’avenir à nouveau ensemble.

L’entrée des deux équipes : mais où sont les drapeaux ?

La sono est à fond. Au bord du terrain, micro en main, Manu, le speaker, donne tout ce qu’il a. Il est très bon dans ses annonces. Dans ses compos d’équipe. Très détaillées. C’est très pointu. Sur le parvis, entre la tribune et la pelouse, Philippe et son fils Enzo sont venus encourager le FCM depuis Salon-de-Provence. Quarante-cinq minutes de voiture pour assister à une rencontre de National, ça n’effraie pas ces passionnés de sports qui vont aussi voir Fos en basket, Istres ou Aix en handball et bien sûr l’OM au Vélodrome ! « Cela fait trois ans que l’on vient à Martigues quand on peut, on aime bien ! »

On refait le match à la buvette !

La buvette, prise d’assaut à la pause.

A la buvette, trois-quarts d’heure avant le coup d’envoi, Alain Nersessian, le président (depuis 2019) refait le match de la semaine dernière à Versailles, perdu 2-1, et peste encore contre ce but encaissé à la 93e. Bienvenue en National, président !

C’est l’entrée des joueurs. La sono balance le célèbre « Jump » de Van Halen, cher au voisin marseillais. Mais où sont les grands drapeaux tenus par les ramasseurs ? D’ailleurs, où sont les ramasseurs ? Pas de protocole. Pas de mains dans la mains non plus. Dommage.

Dans les tribunes, on reconnaît Steeve Elana, l’ancien gardien de Brest et de Lille, qui était venu terminer sa carrière ici en 2020. Depuis, il a ouvert la « ZE Football Academy » à Aix-en-Provence, avec l’ex-de l’OM, Ronald Zubar. Maintenant qu’Elana a pris sa retraite, après une saison arrêtée pour cause de Covid, c’est Jérémy Aymes qui joue dans les cages : ce pur martégal est revenu chez lui en 2021, dans son club formateur, après des passages au Mans et à Granville.

La vue sur le canal et les voiliers depuis la tribune.

Aymes n’est pas le seul « local » de la team : le capitaine Foued Kadir est là, lui aussi, et, comment dire, on se demande comment son équipe ferait s’il n’était pas là ! A bientôt 39 ans (il les fêtera le 5 décembre), l’ancien joueur pro (OM, Rennes, Valenciennes, Getafe, Bétis Seville) fait tout : il joue devant la défense, il distribue, il joue derrière les attaquants, il tire les coups de pied arrêtés, il frappe au but, il ne perd jamais un ballon. Impressionnant !

Dorian Fanni, le neveu de Rod Fanni, lui aussi formé au club (tous deux sont nés à Martigues), entre en jeu à 5 minutes de la fin. Quant à Samir Belloumou, blessé, il est en tribune. Voilà pour la touche « identitaire » du club.

Fdaouch 10 ans après Bourgeois !

Alain, le préposé aux merguez, arbore un maillot « vintage »

19h30. Le coup d’envoi est donné. Le chronomètre ne fonctionne pas. La panne est réparée en deuxième période, après un passage obligé à la buvette pour goûter le sandwich merguez. La sauce ? On choisit l’algérienne. Un peu sec, mais ça va ! On demande à Alain, le préposé aux merguez, facilement reconnaissable (il est l’un des rares à arborer le maillot sang et or de l’époque), un peu de rab de sauce !
Dans les tribunes, un groupe d’adolescents se demande dans quelle division évolue le FC Martigues. « Ils sont dans l’autre poule, regarde » entend-on ! « Ils sont en National 1 je crois, non, en National 2 ». C’est là que l’on se dit, que, ce championnat National est encore parfois illisible et méconnu.

Les Maritima Supras.

Sur le terrain, le match est plaisant. Martigues essaie de mettre du rythme et s’installe dans le camp adverse mais c’est Cholet qui, au bout de 5 minutes, fait passer une énorme frayeur dans les travées de Francis-Turcan lorsque Jarju part tout seul, quasiment depuis sa moitié de terrain, mais face à Aymes, il ne cadre pas ! Ouf !
Le FCM reprend sa marche en avant et malgré quelques situations, ne parvient pas à ouvrir la marque avant la pause. C’est chose faites en début de deuxième période lorsque Montiel récupère un ballon qui traîne aux 18 mètres pour servir Fdaouch qui enveloppe magnifiquement et instantanément son ballon (1-0, 51′). Dix ans et trois mois que le club provençal n’avait plus marqué à domicile en National : c’était lors de la 37e et avant-dernière journée, en mai 2012. Ce soir-là, les Sang et Or – qui évoluent en rouge aujourd’hui !- avaient battu Créteil 2-1 grâce à des buts de Stéphane Biakolo (61′) et Thibaut Bourgeois (85′). Insuffisant pour se maintenir et après un ultime revers 5-0 lors de la dernière journée, au Poiré-sur-Vie, Martigues accompagnait Beauvais, Besançon et Bayonne en CFA (National 2).

Les Ultras Martigues 2021, l’autre club de supporters.

Le second but est l’oeuvre de Tlili, servi en retrait par Hemia, auteur d’un long raid (2-0, 66′). Le SO Cholet réduit la marque sur une tête de Jarju après un coup franc de Le Méhauté (78′), mais ne parvient pas à égaliser.

On n’a pas vu la nuit tomber.

On n’a pas vu le match passer.

Preuve que l’on ne s’est pas ennuyé !

Interview / Alain Nersessian :

« L’image du club est en train de changer »

Le président du FC Martigues, Alain Nersessian, revendique ses origines marseillaises et une adoption martégale. Pour des raisons professionnelles, il s’est installé sur les bords de la Venise provençale en 1992. C’est là qu’il s’est découvert une passion pour le FC Martigues et pour le stade Turcan, qu’il adore. Il a tout connu dans la peau du supporter : la montée en Division 1 en 1993, la descente en Division 2 en 1996, puis les « ascenseurs » entre l’échelon National, que le club a retrouvé en mai dernier, dix ans après, et le CFA (ou N2). A l’issue de la première victoire de la saison 2022-2023, bien maîtrisée face à Cholet (2-1), ils nous a accordés un entretien.

Président, comment êtes-vous arrivé à la tête du club ?
En 2019, lorsque j’étais encore directeur du cabinet du maire Gaby Charroux, on a cherché des repreneurs afin de diminuer la participation municipale. J’avais contribué, un an plus tôt, aux choix du projet porté par le mannequin Baptiste Giabiconi, dans lequel il était question de l’arrivée d’éventuels partenaires, mais on est tombé dans le panneau. Après cet épisode, j’ai accompagné Roger Klein dans sa présidence de transition entre 2018 et 2019 et puis j’ai pris la suite en 2019. L’une de mes missions a été de trouver des partenaires privés et de remettre les comptes à flots.

L’arrivée de l’horloger suisse, Vartan Sirmakes (montres Franck Muller), c’est vous ?
C’est un hasard. Quand le club s’est retrouvé dans de grandes difficultés financières, certaines bonnes volontés, dont des entrepreneurs locaux liés au FC Martigues, se sont engagés, se sont mobilisés. Un Arménien, patron d’un restaurant sur la côte bleue, m’a mis en contact avec Vartan Sirmakes, qui nous a suivis dans notre projet. C’est quelqu’un qui s’engage pour des causes : il a par exemple investi de son argent personnel dans le Haut-Karabagh pour construire des hôpitaux pour la communauté arménienne. Il possède aussi deux clubs en Suisse, à Nyon et à Lausanne. Il avait envie d’assouvir sa passion aussi en France.

Le FC Martigues a longtemps eu l’image d’un club avec un formidable vivier, un énorme potentiel de jeunes…
Le club a eu un centre de formation performant, c’est vrai, et a sorti plein de joueurs qui ont ensuite évolué en pro, mais en même temps, je le dis de manière sereine, ce temps là est révolu; ça ne sert à rien de se raccrocher à cette époque, quand on jouait dans la même cour que Monaco ou Auxerre. C’est du passé. C’est fini tout ça. Aujourd’hui on se rend compte que la formation fluctue géographiquement, avec Air Bel, Istres, Marignane et peut-être d’autres demain. Maintenant, c’est vrai que j’ ai envie d’ inscrire la formation comme une priorité du FCM. On travaille là-dessus depuis 2 ans. Et peut-être que dans deux ans, on redeviendra un club phare en matière de formation.

Le FCM a aussi longtemps véhiculé la réputation d’être le club « de la mairie »…
Oui ! Quand on monte en Division 1 en 1993, Paul Lombard, le maire de l’époque, n’est pas sur le banc parce qu’il n’a pas le droit, mais il est dans les vestiaires, et c’est lui qui discute avec l’entraineur. Aujourd’hui, avec Gaby Charroux, c’est moins le cas, même s’il est sportif et passionné : d’ailleurs il était au stade pour le match de Cholet, mais on n’est plus du tout dans ce monde-là. La mairie veut encore accompagner le club et être présente, mais ne veut plus diriger. Aujourd’hui, elle a un droit de regard car elle est son principal financeur, mais l’objectif est qu’elle ne le soit plus à termes, car elle ne pourra plus continuer à l’être.

Quand on est en National, on pense à la Ligue 2 ?
Aujourd’hui, tout le monde dit que la place de Martigues est en Ligue 2, mais ce serait un exploit d’y être et de s’y maintenir. Mais la Ligue 2 de 2022 n’est pas celle d’il y a 20 ans, lorsque le FCM y était encore.

Le public a souvent du mal à répondre à Turcan…
On soufre du syndrome du Sud et aussi de la proximité avec l’OM, qui vampirise tout. On doit travailler sur l’image et l’attractivité du National. Je pense que l’on peut avoir un regain d intérêt pour ce championnat. On s’est rendu compte que si on travaille pour faire venir du monde, que si l’on redonne une image positive et qu’en plus on a des résultats, alors forcément, ça suscite la curiosité et l’envie de venir. Je vous garantis que l’image du club est en train de changer chez les Martégaux. Dans le public, il y a majoritairement des gens qui ne sont pas de Martigues. On a besoin de développer l’intérêt du National dans la population locale. On a vu la saison passée, contre GOAL FC, que l’on savait mobiliser; on a eu énormément de monde au stade. On peut redonner aux gens l’envie de revenir, parce que ce stade est magnifique, un peu à l’anglaise. Les gradins ne demandent qu’à être remplis.

La place de Martigues, c’est où ?
On est le 6e club du sud, si on ne tient pas compte des clubs corses. Devant nous, il y a l’OM, Monaco, Nice, Montpellier et Nîmes. Nous, on doit avoir conscience de cela. On tire dans cette catégorie, on doit le montrer au monde du football. Pour voir du haut niveau en L1, on va à l’OM, pour voir du foot de haut niveau en L2, on va à Nîmes et on peut aussi aller voir du National à Martigues.

En 2019, vous aviez dit que, pour le centenaire de 2021, vous vouliez retrouver le National : vous êtes en retard d’un an…
Oui mais à cause du Covid, j’ai été pendant deux ans le président d’un club de foot où l’on n’a pas pu jouer au foot ! C’est du 8e degré bien sûr ! Je ne me suis occupé que de la comptabilité, des finances. Je suis allé chercher de l’argent ! Et finalement, j ai été récompensé avec une accession cette année !

Président du FC Martigues, c’est difficile ?
Oui, d autant que je suis un peu atypique, je ne mets pas d’argent, même si je suis complètement investi dans mon engagement. Je suis bénévole. Je travaille aujourd’hui à la Métropole Aix-Marseille-Provence. J’ai de la chance car je suis bien entouré au club. On m’avait mis en garde contre le milieu du foot, on m’avait dit que les gens étaient individualistes et pas intelligents, j’ai trouvé l’inverse de tout cela. Au FCM, je vis plein de moments de bonheur. Le foot est un monde rempli d’émotions. C’est un refuge, car dans la vie de tous les jours, on a de moins en moins de moments d’émotion. J’ai essayé de mettre des règles en place, comme celle de rester dans notre bulle. La saison passée, ça nous a réussi quand on avait 12 points de retard sur GOAL FC, on n’a rien dit, on a bossé, alors que tout le monde parlait de GOAL. En fait, moins on parle de nous, mieux c’est. On se protège. Et on a tous le même discours. C’est ça qui fait notre force.

Textes : Anthony BOYER / Mail : aboyer@13heuresfoot.fr
Photos : A.B. et FC Martigues

L’attaquant passé notamment par Sète, Aubagne, Le Puy, Jura Sud, Hyères et Martigues, a fondé « PS Soccer Agency » avec son ami Baïdy Sall,  une agence de conseils et d’accompagnement pour des joueurs des championnats amateurs. Les débuts sont prometteurs. En ligne de mire : la création de la Ligue 3 en 2024 et un marché qu’il espère conquérir.

Tony Do Pilar Patrao a trois métiers et deux passions ! C’est dire si le garçon de 36 ans, bien connu dans le foot amateur tant il a « bourlingué », est très occupé. Un véritable homme d’affaires ! L’an passé, alors qu’il évoluait sous le maillot d’Aubagne, en National 2, juste après une demi-saison à Sète en National, Tony a fait le choix de préparer son après-carrière.
Le matin ou l’après-midi, c’est selon, le Franco-portugais, fan du FC Porto et de Deco, suit une formation d’opérateur chez Esso Raffinage à Fos-sur-Mer, tout près de l’étang de Berre, dans les Bouches-du-Rhône : « C’est un site pétrochimique. Je suis opérateur « sécurité et maintenance » du site, des appareils ». Mais alors, du coup, il ne paie pas l’essence, si ? « Et si, je la paie, mais j’aimerais bien ne pas la payer, hein (rires! ) ».

« Je passe un temps fou au téléphone ! »

En 2019, Tony Patrao a reçu le trophée de meilleur buteur de National 2. Il jouait alors au Puy Foot 43. (Photo Sébastien Ricou)

Puis, l’après-midi ou le matin, c’est selon, il consacre du temps à PS Soccer Agency, l’agence de conseils aux joueurs amateurs, qu’il a fondée il y a un an avec un de ses anciens coéquipiers, Baïdy Sall, côtoyé au Puy Foot 43 entre 2016 et 2020, en N2 et en National. « Je passe un temps fou au téléphone ! Tenez, là j’étais avec un directeur sportif d’un club du Sud de N2, pour parler d’un joueur, de son contrat, pour le faire libérer, c’est un « massacre » (rires). Y’a pas un jour où je ne suis pas au téléphone en train de proposer un joueur ou envoyer des messages à Baïdy. Je suis sans cesse relancé par des coachs, c’est un travail de fou, ça n’arrête jamais ! J’y consacre plusieurs heures par jour. »

Le soir, après ses deux premiers jobs, ça continue ! Il pourrait se poser un peu, mais non, direction l’entraînement, avec son club, l’ES Fos-sur-Mer (Régional 1). Et la reprise approche. Le 28 août en coupe de France, le 4 septembre en championnat.

Ah ! On allait oublier ses deux passions : la première, c’est la musculation ! Sur Instagram, ses followers ne manquent aucune miette de ses séances : il faut dire que le natif de Marseille alimente ses stories en photos de mollets, prises « à la salle » ! Son autre passion, c’est bien évidemment sa famille et sa petite princesse de 4 ans et demi, Elya. Son soleil.

La parole, le respect, l’éducation

« Tonygoal », ou « Patragoal », comme on le surnommait durant sa carrière, le répète souvent : le football, c’est (aussi) sa passion ! L’avant-centre, véritable joueur de surface et réputé pour ses qualités de finisseur, a marqué près de 150 buts (!) en douze saisons de National 2 avec des exercices parfois très prolifiques, comme en 2015-2016 (17 buts en 30 matchs avec Jura Sud), 2018-2019 (18 buts en 30 matchs avec Le Puy Foot), ou encore en 2010-2011 et 2012-2013 (36 buts en 67 matchs avec Hyères). Et le reste n’est pas mal non plus !

Baïdy Sall, ici sous le maillot du Puy, en National, en 2019. (Photo Sébastien Ricou)

Revenu chez lui, à Vitrolles, près de Marseille, le voilà engagé dans une nouvelle aventure, avec PS Soccer Agency. « PS », vous l’avez compris, pour Patrao-Sall. « Avec Baïdy, on est à 50-50. On a aussi deux collaborateurs : Djibi Banor, qui joue en N2 à Poissy (ex-Dunkerque, Lyon-Duchère et Rodez), et Cherif Djema, un joueur de Lormont, en Régional 1, près de Bordeaux. Cela nous permet de toucher des secteurs géographiques où l’on a moins de réseau, comme le Sud-Ouest par exemple, où on s’appuie sur Cherif. Et puis, depuis quelques mois, on a développé la communication via l’application Instagram, dont le compte est géré par Marcel Sambou, basé au Puy-en-Velay. »

Un succès qui suscite des jalousies

La naissance de PS Soccer Agency est apparue comme une évidence pour Tony qui, tout au long de sa carrière, répondait déjà aux sollicitations des clubs, des coachs, donnait des avis sur tel ou tel joueur. Il faut dire qu’il a le sens du contact et est très ouvert de caractère : il n’est pas Marseillais pour rien ! Mais attention, pas dans le sens péjoratif : la parole, le respect, l’éducation, sont autant de valeurs auxquelles il reste très attaché : « J’ai quand même joué dans pas mal de clubs, j’ai côtoyé et croisé beaucoup de dirigeants, de joueurs, de coachs. Baïdy et moi, on connaît beaucoup de monde dans les championnats amateurs. Sincèrement, ce n’est pas pour me lancer des fleurs, mais je pense avoir toujours été « carré ». C’est pour ça que le rapport de confiance qui s’installe plus facilement. »

Ce que veut dire Tony, du bout des lèvres, c’est que cela peut faire la différence par rapport à des agents sportifs : « Je ne vous le cache pas, on n’est pas bien vu par les agents. Y’en a trois ou quatre qui m’ont appelé. Ils m’ont dit « Vous êtes en train de tuer le marché ». On a même été menacé. Mais moi, je ne comprends pas : nous, on s’occupe du monde amateur. C’est un marché que l’on connaît par coeur. Les agents, eux, sont plus tournés vers la Ligue 2 et le National, mais comme PS Soccer Agency fonctionne bien depuis le début, forcément, ça fait jaser. Alors, bien sûr, on n’a pas la licence d’agents sportifs, mais c’est juste un contretemps, une question de temps. On va la passer, on va l’avoir. Un agent m’ a dit récemment : « Comment avez-vous fait pour, en moins d un an, faire 20 signatures, alors que moi, qui suis dans le métier depuis 5 ans, j’en fais 2 ou 3 par mercato ? ».

Dénicher des pépites et les accompagner

Conseiller, aider, accompagner, négocier, c’est la vocation de Tony, qui préfère parler de « plan de carrière » plutôt que de contrat pour un joueur, même si, forcément, à l’arrivée, il faut bien parapher un document ! « On essaie de dénicher des pépites dans les championnats amateurs, parce qu’on sait très bien qu’il y en a beaucoup, en National 3, en National 2, même en Régional. Pour eux, on a des plans de carrière. On ne présentera pas le même projet à un joueur de 21 ou 22 ans qu’à un joueur de 29 ans. On essaie de les aider à gravir les échelons progressivement, de N3 en N2 puis en National, par exemple. Avec l’arrivée de la Ligue 3, en 2024, qui remplacera le National, je ne vous cache qu’il faudra que l’on soit présent, il faut qu’on l’anticipe. C’est notre objectif. »

Tony Patrao, ici sous le maillot du Puy Foot 43, en National, lors de la saison 2019-2020. (Photo Sébastien Ricou)

PS Soccer Agency doit aussi gérer une difficulté supplémentaire : la mentalité du joueur. Et parfois, là, c’est compliqué : « En fait, on n’est sûr de rien quand on ne connaît pas trop les joueurs ! J’ai beaucoup d’exemples de joueurs que l’on a envoyés dans des clubs, qui étaient prêts à signer, et qui ne donnent plus de nouvelles, et là, on apprend quelques jours après qu’ils ont signé ailleurs ! Des joueurs qui signent leur protocole d’accord avant de le déchirer, c’est monnaie courante. »

Quant aux clubs, là encore, il faut distinguer deux catégories : « Il y a deux marchés. Les clubs qui ont des ressources financières, et ceux où l’on négocie à 50 euros près, où l’on parle souvent de contrat d’apprentissage, de BPJEPS. Certains clubs aussi se « servent » du Covid aussi pour dire qu’ils ont moins d’argent. En fait, un contrat, ça peut aller de 1100 à 1200 eux comme ça peut aller à 3000 euros. »

« Le joueur ne doit pas être motivé par l’argent »

Pour l’heure, Tony se contente du marché amateur, déjà très vaste, ce qui ne l’empêche pas d’avoir des contacts avec certains clubs pros. Mais aucun joueur n’y a pour l’heure signé un contrat. Sauf quatre dans des clubs de National, mais toujours au sein de clubs amateurs. « On essaie d’aider tout le monde. On a aussi des joueurs que l’on ne connaît pas, mais c est vrai qu’on aime bien prendre un joueur, en National 3 par exemple, lui présenter un plan de carrière, faire en sorte qu’il fasse les bons choix, et nous, on peut l’aiguiller. »

Quand il aura terminé sa formation chez Esso Raffinage, Tony pourra profiter du temps de libre que lui octroiera son emploi du temps professionnel pour se consacrer encore plus à son agence. Avec, pourquoi pas, si ça marche très bien, la possibilité d’en vivre un jour. Pour l’heure, il continue de faire ce qu’il aime, dénicher et accompagner des joueurs. Le meilleur conseil ? « Nous, on leur parle clairement, franchement. Je pense qu’il ne faut pas être motivé par l’argent, sinon tu n y arrives pas. « 

Texte : Anthony Boyer / Mail : aboyer@13heuresfoot.fr
Photos : Sébastien Ricou

Photo de présentation : le Bergerac Périgord Football-Club

J-1 avant l’ouverture de la saison pour les 64 clubs en lice ! Après les groupes A et B hier, place aux groupes C et D. Et comme chaque année, vraiment pas évident de citer des favoris. Les jeux sont faits !

Groupe C : les « gros » vont-ils encore se « vautrer » ?

Vous avez vu la composition de cette poule C ? On ne va pas vous faire un dessin : beaucoup d’équipes de ce groupe que d’aucuns considèrent comme le plus relevé de National 2 veulent, voudront, monter. Parce que beaucoup de clubs ont des moyens, des surfaces financières que d’autres non pas. Parce qu’il y a aussi des « grands » noms comme le Sporting-club de Toulon qui, eu égard à son passé, sa ferveur, son bassin de population, devrait au moins figurer en National. Mais ça, ce n’est que pure fiction.

Pourtant, cette saison, le club varois présentera un onze impressionnant mais manquera peut-être de banc, selon Anthony Descours, le correspondant de Var-matin. Le Sporting a conservé sa défense et avec le milieu offensif Nassim L’Ghoul (Lyon-Duchère) et l’attaquant Abdou Diallo (18 buts avec Andrézieux la saison passée en N2), de retour au club, il a peut-être trouvé sa doublette en attaque. Et puis, quand on connaît la rigueur et l’exigence du coach Eric Rech, arrivé d’Aubagne, on se dit que ce Toulon-là devrait, contrairement à la saison passée, réussir son championnat.

Hyères apprend de ses erreurs

Le RC Pays de Grasse et son attaquant Damé Gueye espère encore jouer le haut de tableau. (Photo RC Pays de Grasse)

Réussir son championnat, c’est ce que réalise chaque saison, ou presque, le RC Pays de Grasse depuis son accession en N2, en 2017. Souvent placé, jamais gagnant, le club de la cité des parfums, qui vient de fusionner avec son voisin Plan-de-Grasse, avance toujours sans bruit, mais jamais sans ambition. La stabilité est l’un des maîtres mots du club dirigé par Thomas Dersy et entraîné par Loïc Chabas (depuis 2013 !), qui a peut-être trouvé sa doublette en attaque (Gueye-Gnapi). Le coach a aussi ajouté de la technique au milieu avec Youssef Gazzaoui (Aubagne, Sedan, Hyeres) et s’appuiera sur sa défense (Muratori, Corain, Camara), une défense complétée par la recrue de Bergerac , Kevin Mingua. « Chaque match sera un combat », annonce Thomas Dersy qui pense pour sa part que « les gros » ne se vautreront pas une deuxième fois d’affilée : il fait référence à Toulon bien sûr et aussi à Hyères, qui avait défrayé la chronique l’an passé avec un recrutement 5 étoiles.

Hyères. Le club du président Mourad Boudjellal a semble-t-il appris de ses erreurs et opéré un recrutement « made in National 2 », avec des joueurs qui ont une connaissance de ce championnat et notamment de cette poule Sud. « Hyères, c’est un recrutement moins clinquant que la saison passée, mais c’est plus intelligent », estime Anthony Descours; « le club conservé ses bases défensives avec notamment Diarra, Cordoval, Agueni, Perotto, et sera en mesure de présenter deux onze quasiment de même valeur cette saison. Il aura une grande pronfondeur de banc, ce qui est un vrai plus ».
Et puis, il pourra toujours compter sur son buteur Jaba (10 buts en 25 matchs la saison passée), auquel est venue s’ajouter l’une des meilleures doublettes offensive du précédent exercice, la paire Arnold Lemb – Malik Assef, en provenance de Goal FC (18 buts à eux deux).

Gare à Aubagne !

Le retour de Guillaume Bosca à Marignane-Gignac-Côte Bleue, après trois saisons à Dunkerque, dont deux en Ligue 2, sera forcément à suivre, de même que le parcours de ce club qui s’est encore agrandi après la fusion avec Côte Bleue, qui a déjà goûté au National en 2018-2019, sans parvenir à se maintenir, et qui semble se donner les moyens de ses ambitions.
Ambitieuse, l’Etoile FC Fréjus/Saint-Raphaël l’est toujours, et pour la première fois depuis des lustres, elle a misé sur la stabilité, avec peu de mouvements : Charly Paquillé, le coach maison qui a remplacé Jean-Guy Walleme au printemps dernier, a été conforté, tandis que l’ossature sera identique, avec des joueurs présents depuis des lustres (Orinel, Delvigne, Dumas, Russo, Ousseni), des cadres comme Ouchmid et Lumé. Devant, le club a misé sur le buteur de Béziers, Davel Mayela (15 buts en 32 matchs entre 2020 et 2022), passé par Boulogne et Laval. L’arrivée du virevoltant Armel Liongo, révélation avec Rumilly en coupe de France (demi-finale en 2020) sera également à suivre.

On n’oublie pas de parler d’Aubagne, 7e l’an passé et 1er ex-aequo la saison précédente avec GOAL (avant l’arrêt des championnats pour cause de Covid). Le club de la banlieue Est de Marseille s’est montré extrêmement actif sur le marché avec, tenez-vous bien, une quizaine d’arrivées ! Le nouveau coach, « Momo » Sadani, venu en voisin de Marignane-Gignac, connaît bien le footballl du Sud-Est (il a aussi entraîné à Toulon). Il n’arrive pas tout seul : il a emmené avec lui six joueurs de son ancien club (Tshianimbuyamba, Rivière, Andriantiana, Mendy, Lesperant et Belkacem) et a rajeuni l’équipe où tous les postes sont doublés voire … triplés !

Quels rôle pour Alès et Thonon-Evian ?

On ne promet pas l’enfer aux deux promus, l’Olympique d’Alès en Cévennes et Thonon Evian Grand Genève, mais les deux nouveaux visages de la poule vont changer de monde. Les deux clubs semblent toutefois armés pour jouer un rôle dans ce championnat, surtout le très ambitieux TEGG (à ne pas confondre avec l’ETG !), dont la campagne de matchs amicaux a été impressionnante. Impressionnant, le recrutement de Lyon-Duchère l’a été lui aussi : le club a chamboulé son effectif et s’est attaché les services notamment du capitaine et milieu de GOAL FC, Sofiane Bendaoud, du défenseur Diadé Diarra (GOAL FC), et du rapide et technique Eric Mathieu (Andrezieux, N2).

Avec une quinzaine de départs, dont son capitaine Naim Dhib (Villefranche) et Yoann Martelat (Thonon EGG), l’AS Saint-Priest avancera, comme d’habitude, masqué, et a opéré un recrutement intéressant surtout au milieu de terrain. A noter les arrivées des deux Hyérois Maxime Pau et Morgan Pottier, du milieu de terrain de Schiltigheim Thomas Valtriani, de Jason Ranneau (Belfort), Lucas Capoue (Le Puy Foot 43) ou encore de l’attaquant des Lilas en Régional 1, Younes Zennouhi, un pari.

Malgré de nombreux départs là encore, Louhans-Cuiseaux s’est attaché les services du très expérimenté Quentin Lacour (ex-Bourg-en-Bresse), d’Alexandre Valbon (GOAL FC), du gardien Dorian Chiotti (Andrézieux) et aussi du puissant attaquant de Chartres, Maxime Fleury, dont le physique sera un précieux atout dans ce championnat … physique ! Le club bressan pourrait être l’une des surprises de ce championnat.

Relégué de National, le FC Sète, où les mouvements ont été légion, repart d’une page blanche, comme l’a d’ailleurs dit le nouvel entraîneur Nicolas Le Bellec dans Midi-Libre, dont la préparation a été difficile. Il y aura forcément un temps d’adaptation pour ce groupe en pleine reconstruction. Enfin, Canet-en-Roussillon, avec peu de départs (Guirassy, Diaby, Decker) et peu d’arrivées, devra oublier ses déboires « médicaux » de la saison passée (dix points de pénalité) pour repartir sur de bonnes bases, toujours avec Farid Fouzari aux commandes, qui, avec le directeur sportif Jordi Delcos, ont opéré un recrutement axé N2/N3.

Groupe D : une piécette sur Bergerac et Andrézieux ?

Hicham M’Laab (Bergerac) : « C’est par ici le National ? » (Photo BPFC 24)

Dans le groupe D, réputé plus « joueur », plus technique et plus tactique que son voisin du sud-est, deux équipes semblent se détacher au jeu des pronostics : Le Bergerac Périgord FC et Andrézieux-Bouthéon FC. Et l’on ne dit pas seulement cela parce que les deux équipes ont frôlé l’accession la saison passée, notamment Bergerac, qui a vécu un véritable traumatisme à la dernière journée, à la dernière minute même du championnat, lorsque Le Puy Foot 43, qui lui avait « chipé » la première place à trois journées de la fin, a inscrit le penalty libérateur à la 97e minute de son match face à Colomiers.

On le dit aussi eu égard à la qualité des effectifs. Le club de Dordogne a conservé son ossature en y apportant quelques retouches : Maxime Pélican, auteur d’une belle saison à Moulins-Yzeure (12 buts en 26 matchs) après des passages au Gazelec Ajaccio et à l’OGC Nice, sera un atout offensif supplémentaire, de la même manière qu’en défense, Mamadou Kamissoko ne devrait pas avoir de problème d’adaptation, lui qui a déjà porté les couleurs du BPFC 24 avant d’évoluer à Lorient, Pau et Boulogne. Le retour de ce dernier vient compenser le départ pour Grasse de Kevin Mingoua.

A suivre également l’arrivée de l’ailier Christopher Bitsamou, auteur d’une saison pleine à Chamalières (26 matchs, 5 buts), et bien entendu celle de l’expérimenté latéral droit Anthony Soubervie, dont la précision sur les coups de pied arrêtés ont toujours constitué un atout de taille : bien sûr, le natif de Cayenne a 38 ans, mais il retrouve « son » Sud-Ouest après avoir sillonné le championnat National (Chambly, Boulogne, Bourg-en-Bresse, Rouen, Colmar et Bayonne) et même la Ligue 2 (53 matchs avec Chambly entre 2019 et 2021). Quinze ans après son accession de CFA en National avec l’Aviron Bayonnais, il va retrouver le 4e échelon national, qu’il avait découvert à l’OGC Nice ! Enfin, à surveiller également, la venue de Ryan Ebene-Talla en provenance du Mans, en National (15 matchs la saison passée).

Pour Andrézieux, dans le coup en deuxième partie de saison pour l’accession, mais trop irrégulier pour finir devant, c’est peut-être l’année ou jamais. La superbe enceinte – Envol stadium – ferait pâlir de nombreux clubs de National mais il manque toujours un petit quelque chose au voisin stéphanois pour aller plus haut. Bryan Ngwabije (Lyon-Duchère 2019-21, National puis N2), Anthony Maisonnial, qui sort de deux saisons pleines dans les cages du FBBP 01 en National après deux autres en Ligue 2 au Paris FC, Pierre Ruffaut (ex-Cholet en National et Rodez en L2 et National), les attaquants Jordan Kassa, qui évoluait pendant deux saisons à Avranches (National), et Yannis Gharbi (7 buts avec Béziers en 2021-2022 en N2) sont les principales « tête de gondole » d’un large recrutement qui ne trompe personne : le National est en ligne de mire.

Angoulême et Bourges en outsiders ?

Le National, Angoulême y a un peu rêvé la saison passée, après avoir longtemps fait la course en tête en première partie de saison. L’ACFC 16, auteur d’un recrutement intéressant, sera un outsider à surveiller. L’attaquant Kevin Cardinali (40 buts en 101 matchs avec Colomiers en N2), valeur sûre de ce championnat, le défenseur central Baba Touré et son mètre 95, passé par le National (Dunkerque, Le Puy), Patrick-André Keyoubi (Le Puy, 21 matchs la saison passée et une accession en National) et le milieu Arnaud Buisson (Ex-Grasse, Fréjus/St-Raphaël et Hyères en N2), qui remplace numériquement Diaguely Dabo, parti à Alès, doivent permettre aux joueurs de David Giguel de franchir un cap.

Derrière, pour sa deuxième saison d’après fusion, le Football Bourges 18, auteur d’une belle saison l’an dernier, a conservé son ossature et n’a opéré que peu de mouvements, s’attachant toutefois les services d’une recrue phare avec Edwin Maanane, un attaquant qui a connu le National avec Concarneau, Avranches et Grenoble, et même la Ligue 2 à Rodez. Il avait surtout contribué à l’accession de Grenoble de N2 en National en 2017 avec 19 buts !

Coiffé sur le poteau pour l’accession en National, GOAL FC (Grand Ouest Association Lyonnaise football-club), après deux saisons tout en haut du tableau, change de groupe et de région. Et d’équipe aussi : l’effectif a été chamboulé. Il s’agit donc de reconstruire un vrai puzzle avec un nouveau coach, Fabien Pujo (Bergerac, Toulon, Saint-Malo) et plein de nouveaux joueurs : Dufau (capitaine du Puy Foot 43), Reale (ex-Beziers, Cholet, Lyon-Duchère), Camara (Auxerre), Camelo (Chambly), Touil (Aubagne), etc. Une autre histoire commence donc pour les banlieusards lyonnais, qui voudront tout de même jouer le haut de tableau.

Le héros d’Amiens à Saumur !

La page Stéphane Massala, parti à Créteil (N2), a été tournée aux Herbiers qui entame un nouveau cycle avec Laurent David et une nouvelle équipe, contrairement à Moulins-Yzeure où Stéphane Dief, le coach, a misé sur la stabilité, avec très peu de mouvements : pour les Auvergnats, l’objectif sera de jouer un rôle dans ce championnat et de ne pas rééditer la « mauvaise » deuxième partie de saison, alors que le MYF figurait bien à Noël.

e Vierzon FC, où la liste des arrivées est longue comme le bras après une accession historique, l’Olympique Saumur et le revenant, le Stade Bordelais, sont les promus de cette poule où l’on retrouvera également les réserves professionnelles de Nantes et Lorient. A noter la signature à Saumur d’Emmanuel Bourgaud, l’homme qui a permis à l’Amiens SC d’acéder en Ligue 1 en mai 2017 en inscrivant un but à la dernière seconde.

Ce championnat pourrait bien être coupé en deux tant les effectifs des « prétendants » semblent au-dessus de ceux des équipes « du bas », avec au milieu Trélissac, valeur sûre et poil à gratter du National 2, et peut-être Chamalières, habitué à lutter pour son maintien depuis son accession en 2019, qui n’a quasiment rien changé.

Encore une fois, le papier, c’est une chose, le terrain, c’en est une autre. Vous voulez des exemples ? Et puis, il y a la coupe de France : des clubs de N2 y brillent chaque saison et y laissent parfois des plumes en championnat. Alors bonne saison à tous !

Texte : Anthony BOYER / Mail : aboyer@13heuresfoot.fr
Photos : RC Grasse et BPFC 24

J-2 avant l’ouverture de la saison en National 2, samedi. Un championnat qui va subir, deux saisons de suite, d’immenses chamboulements puisque, dans le cadre de la réforme voulue par la FFF, il passera de quatre poules de 16 équipes cette saison à trois poules de 16 en 2024-2025. Un écrémage en deux temps, avec d’abord cinq descentes par poule cette saison, et même six parfois si l’on y ajoute les deux moins bons 11e. Rebelote la saison suivante. Inutile de vous faire un dessin, ça va être l’enfer !

GROUPE A
Un quarteron de costauds

Qu’il est difficile de faire un pronostic dans ce groupe A, a priori très homogène. Certains annoncent cependant clairement la couleur comme l’AS Beauvais-Oise, qui entend retrouver au plus tôt le statut professionnel et la Ligue 2 qui fut longtemps son terrain de chasse avant une plongée dans l’oubli.
Sous l’impulsion de co-présidents ambitieux, Guillaume Godin et Sylvain Reghem, l’ASBO se reconstruit solidement et vient de terminer sur le podium du groupe B derrière le Paris 13 Atletico et le FC Fleury.
Boosté par une très bonne deuxième partie de saison grâce à une défense performante, l’ASBO a cette fois mis le paquet dans le secteur offensif, en engageant notamment Anthony Koura (119 matches de Ligue 2 avec Le Mans, Nîmes et Nancy), Mathieu Geran (Sedan, Nat.), Gaoussou Sackho (Frejus/Saint Raphaël, N2) et Mehdi Jaki, meilleur buteur de N3 Grande Aquitaine la saison dernière avec Les Genêts d’Anglet.
Le discours est plus prudent chez le voisin et rival, le FC Chambly-Oise, encore en Ligue 2 en mai 2021 et sous le choc de deux relégations consécutives. Le club, toujours dirigé par Fulvio Luzi mais sans son frère Bruno, repart d’une feuille blanche. Nouvel entraîneur (Fabien Valeri, auréolé d’une accession en National avec le Paris 13 Atletico), nouveau staff, nouveau directeur sportif (Salah Mahdjoub) et nouveaux joueurs (18 recrues !) avec seulement trois rescapés du dernier exercice en National !

Rouen, un géant qui se réveille

Les Diables rouges du FC Rouen surferont-ils sur leur superbe 2e partie de saison 2021-2022 ? (Photo Bernard Morvan)

Auteur d’une préparation prometteuse (5 victoires, 2 nuls contre des grosses cylindrées de National, Dunkerque et Versailles), le FCCO a misé sur la jeunesse avec quatre joueurs de 20 ans (Amine Cherni, Issiaka Karamoko, Noé Masevo et Lucas Valeri, le fils du coach), arrivés du Paris 13 Atletico, du Paris FC où des Lusitanos Saint-Maur.
Fabien Valeri a aussi emmené avec lui Joel Saki, son capitaine au Paris 13 Atletico, alors que Mamadou Diallo (meilleur buteur de la très relevée N3 d’Ile de France avec Le Blanc Mesnil) a été le premier renfort de l’été.
Le FCCO tempère les ardeurs de remontée immédiate. « L’objectif ? Réapprendre à gagner des matches, ce qui a été rarement le cas la saison dernière, et plus si affinités. Disons simplement que je suis très satisfait de ce que j’ai vu en préparation, mais qui reste à valider en compétition » se borne à déclarer Fulvio Luzi.
Non loin de la, un géant endormi est en train de se réveiller : le FC Rouen 1899. Les supporters normands ont retrouvé le sourire et le chemin du stade Robert-Diochon lors de la deuxième partie de la saison dernière, synonyme de sursaut bienvenu, avec l’arrivée du nouveau coach, Maxime d’Ornano, qui sort de trois ans et demi de succès à Saint Brieuc.
Certes, les Normands ont perdu leur perle offensive, l’Haïtien Mondy Prunier, parti à l’étage au dessus, au FC Versailles, mais qui a été remplacé par Christopher Ibayi, meilleur buteur de … Versailles la saison écoulée.
Franck Bertra (Lusitanos Saint-Maur) et Zana Allée (Saint-Brieuc) ajouteront au potentiel offensif des Rouennais qui seront testés dès samedi avec la réception de Beauvais à Diochon.

Chartres toujours placé, jamais gagnant

L’autre cador du groupe sera sans aucun doute le C’Chartres Football de Jean-Pierre Papin, toujours placé, pas encore gagnant mais qui a renouvelé sensiblement son effectif avec le départ de plusieurs cadres. La bonne campagne de matches de préparation (une seule défaite) a mis en lumière un recrutement judicieux avec les renforts de Kevin Bru (Versailles), Diaranke Fofana (Sedan), Loïc Gagnon (Granville) ou Alexis Gouletquer (Le Mans).
Derrière ce quarteron, plusieurs outsiders semblent se dégager à commencer par l’US Saint Malo, qui a recruté fort, avec le serial buteur Sebastien Persico, de retour dans un club qu’il connaît bien (33 buts entre 2017 et 2019), Guillaume Heinry, qui a connu la Ligue 2 avec Bourg en Bresse et Chambly, ou Sofiane Baroug (Laval).
Cinquième la saison dernière, Blois a changé d’entraîneur (l’ex-auxerrois er caennais Cedric Hengbart a la place de Loic Lambert) mais a su garder son buteur, le très convoité Jordan Popineau (17 buts la saison écoulée).
Le Granville de Sylvain Didot espère se relancer après un exercice compliqué avec l’apport de Mamadou Magassouba (Bastia Borgo) et Vincent Créhin qui a beaucoup marqué en National notamment pour le voisin Avranches.
Beaucoup de choses ont changé à Vannes (président, joueurs, mais pas l’entraîneur, Pierre Talmont), beaucoup moins à Poissy, qui a su attirer le gardien Michael Salamone (Annecy), Wilfried Alledji (Versailles), Amadou Konate (Sète) et le très expérimenté Ernest Seka (ex-Nancy).
Les Voltigeurs de Chateaubriant et Saint Pryvé Saint Hilaire ont prouvé qu’il était possible de faire bien avec des moyens limités, et ils seront encore le poil a gratter d’un championnat avec trois réserves pros très jeunes (Caen, Guingamp, Rennes).
Un mot enfin sur les deux promus, le Racing Club de France et le Evreux FC-27, qui ont surclassé la saison dernière leur groupe respectif de N3, en Ile de France et en Normandie. Sur leur lancée, une belle surprise n’est pas du tout à exclure de ce côté là, même si le Racing a perdu son canonnier, Balamine Savane, qui s’est envolé pour … la Bolivie !!!

GROUPE B
Fleury et les relégués

Est-ce enfin la saison du FC Fleury 91 ? Voilà plusieurs années que le club de l’Essonne flirte avec l’accession en National pour finalement échouer au port. En mai, il a terminé sur les talons du Paris 13 Atletico, à un tout petit point, malgré une fin de saison en boulet de canon et l’euphorie de son goleador, Anthony Petrilli, 23 buts au compteur en championnat.
Mais le président Pascal Bovis ne se décourage pas. Il ne lésine pas sur les moyens dans l’espoir que son équipe masculine lui offre les mêmes frissons que son équipe féminine, quatrième de D1 Arkema la saison passée.
Le FC Fleury 91 a donc conservé toutes ses forces vives, dont le redoutable Anthony Petrilli, et a encore renforcé son très bel effectif, en particulier avec les signatures de deux cadres du Stade Briochin (National), Valentin Lavigne et Théo Bloudeau.

Boulogne repart d’une page blanche

Qui peut empêcher les hommes de l’entraîneur Habib Boumezoued de décrocher enfin le Graal ? Forcément, les deux noms qui viennent immédiatement à l’esprit sont ceux des relégués de National, l’US Creteil Lusitanos et l’US Boulogne Côte d’Opale, qui vont tenter d’amortir une chute douloureusement vécue et de rebondir au plus vite.
Boulogne était le plus ancien pensionnaire du National (depuis 2012) et ses (nombreux) supporters ont la nostalgie de la saison passée en Ligue 1 (2009-2010). Tomber en N2 a été dur à accepter au stade de la Libération et le président Reinold Delattre a décidé de repartir d’une page blanche avec un nouvel entraîneur, le rigoureux Christophe Raymond, qui a déjà occupé le poste (2010-2012) et sort d’expériences d’adjoint à Reims et Nîmes.
L’USBCO a été le premier à reprendre l’entraînement, il y a déjà deux mois, et a renouvelé son effectif en profondeur, privilégiant les jeunes de la région. Mais quatre de ses cadres ont accepté le défi de la relance, et non des moindres : fort de son riche passé (Lyon, Guingamp, Caen, La Corogne, Celta Vigo), Claudio Beauvue est en effet toujours là, comme Junior Senneville, Alexis Busin et Sébastien Flochon qui attaqueront fort le championnat avec la réception du FC Fleury 91…
L’US Creteil Lusitanos a également fait largement table rase du passé. L’emblématique président Armand Lopes a passé le témoin à Bassam Al Homsi, et tout le secteur sportif a été restructuré, avec Helder Esteves revenu au club comme directeur sportif. Un nouvel entraîneur a aussi été nommé, Stéphane Masala, l’homme qui a conduit Les Herbiers en finale de la Coupe de France 2018 contre le PSG (0-2).
Et l’effectif a été bouleversé en profondeur. Il reste quelques anciens (Araujo, Pereira, Chergui…) mais la cellule recrutement a eu du travail avec les arrivées d’Enzo Valentim (Stade de Reims), Clément Jolibois (Angoulême), Nadjib Baouia (Sète), Atila Fontinha (Laval), les attaquants Daouda Gueye (réserve de l’OM) et Victor Glaentzlin (Le Mans), ainsi que le gardien Papa Demba Camara, qui a connu la Ligue 2 à Grenoble.

Créteil comme en 2019 ?

L’US Créteil (ici Enzo Valentim en blanc) remontera-t-il directement en National, comme en 2019 ? (Photos EC Photosports)

L’USCL sort de fortes périodes de turbulences, après un séjour prolongé en Ligue 2, mais la dernière fois que le club est tombé en N2 il est remonté aussitôt (saison 2018-2019).
Pour le reste, le groupe est essentiellement partagé entre le clan parisien (Lusitanos Saint Maur, FC 93, Sainte Geneviève) et le clan de l’Est (Belfort, Haguenau, Épinal, et les promus Besançon et Colmar), complétés de quelques isolés, le Picard Saint Quentin, rajeuni et avec un nouveau coach (Johan Jacquesson), le Nordiste et promu Wasquehal, et un autre promu, le Corse Furiani Agliani, qui est sorti vainqueur d’une N3 Corse-Mediterannée particulièrement relevée et sera redoutable à prendre dans son chaudron bastiais d’Erbajolo.
Mais les principaux challengers du trio de favoris (Fleury, Boulogne, Creteil) semblent à attendre du côté de Bobigny et d’Epinal, respectivement 4e et 5e de ce groupe B la saison passée.
Pourtant bien armés, les Spinaliens n’ont jamais vraiment répondu aux espoirs d’accession caressés par leurs dirigeants qui ont malgré tout joué la carte de la continuité en changeant simplement d’entraîneur pour confier les rênes à Fabien Tissot, qui connaît le club comme sa poche pour avoir déjà passé sept ans au stade de la Colombière, sur le terrain ou sur le banc…
Quant au FC 93, c’est un des clubs franciliens qui monte en s’appuyant sur une belle jeunesse (quart de finaliste de la Coupe Gambardella 2022). Là aussi, l’entraîneur est nouveau (Christophe Taine) et le groupe a été enrichi par le retour de Julien Chevalier et les signatures de Lassana Konte (Poissy), Anthony Ménard (Gazelec Ajaccio) et de l’excellent Issa Niakate (Lusitanos Saint Maur).
A ce propos, le club du Val de Marne repart avec un groupe sensiblement modifié et un nouveau coach, Yann Lachuer. On se réjouira enfin du retour de Colmar et de Besançon à ce niveau, les Bisontins eux aussi confiés à un nouveau technicien (David Le Frapper) et qui ont réussi le plus beau coup du mercato sur le papier avec le renfort de Mevlut Erding…

Texte : Jean-Michel Rouet / Mail : jmrouet@13heuresfoot.fr

Photos : Eric Cremois / EC Photossports (sauf mentions)

Après avoir vécu un été rocambolesque, le club nordiste va finalement découvrir, comme prévu, et pour la première fois de son histoire, le 5e échelon français. Coup de projecteur sur les « Verts » de Lambres et son coach principal, Benjamin Roix.

Photo Nello Benedetti

Ils l’ont fait ! Après de multiples péripéties, les joueurs de l’Entente Sportive de Lambres-lez-Douai, club d’une petite ville accolée à Douai, dans le département du Nord, seront bel et bien sur la ligne de départ en National 3, le 27 août !
Lambres-lez-Douai. Ce nom ne vous dit rien ? Pourtant, le club n a cessé de faire parler de lui, au-delà même de ses prouesses sportives. Car cet été, c’est l’extra-sportif qui a pris le dessus !
On rembobine. Quelques jours après la fin du championnat de R1, Saint-Amand (2e au classement général), conteste la montée du concurrent direct, pointant du doigt ses infrastructures. La requête est jugée irrecevable. Lambres est bien promu en N3. Ouf !
Pourtant, quelle angoisse début août au sein du club quand il reçoit, par erreur, un courrier annonçant sa non-accession, avant que la Ligue, fautive sur le coup, ne fasse machine arrière.
Bien sur, pour les installations, « tout le monde est au courant, la Mairie, la Ligue » lance Benjamin Roix, coach de l’équipe première. « Tout le monde met tout en œuvre pour que tout soit prêt pour la première réception, en septembre. Nos deux premiers matchs se disputeront à l’extérieur, ce qui nous laisse du temps. Les collectivités ont vite réagi vite après la montée, 60 000€ ont été dépensés pour les nouveaux vestiaires, 40 000€ pour l’agrandissement des terrains, ce n’est pas rien. » raconte celui qui découvrira la N3.

L’appel du coaching

Lorsqu’il arrive au club en 2020, Benjamin Roix, alors âgé de 28 ans, prend les commandes d’une équipe de R1, un niveau où il n’avait jamais coaché.
Après une carrière de joueur amateur et une ultime blessure, l’appel du coaching se fait sentir. Il effectue ses classes à Douai et Gœulzin dans les catégories jeunes, puis à Écourt-Saint-Quentin (village proche de Douai/Arleux dans le Nord) en seniors, où il passe 3 ans et demi dans un club familial qui l’a vu s’élever. « Quand j’étais joueur, j’ai eu une blessure en DH à Biaches. Je ne supportais plus de regarder les copains jouer pendant que je restais sur le côté. Alors j’ai décidé de donner un coup de main en équipe réserve à Écourt. Je ne pensais pas faire plusieurs saisons. Au départ, je venais pour 6 mois (rires). Mais je m’y sentais bien. Et puis on est montés de Départemental 2 en D1 puis en Régional 3, c’était incroyable pour le club ! Là, j’ai eu la proposition de Lambres en R1, juste après. J’ai accepté. »

La Covid-19 entre en jeu à ce moment-là et le championnat s’arrête. Un mal pour un bien, estime Benjamin. Le club enchaîne à ce moment-là quelques défaites. La suite ne s’annonce pas réjouissante.

Puis les beaux jours reviennent, les résultats aussi. Quand on demande au jeune coach si la montée en N3 était dans un coin de sa tête, sa réponse est formelle : « Pas du tout (rires), on venait de reprendre après un long arrêt. On avait quitté le championnat après un début de saison horrible avec 4 matchs pour autant de défaites. Alors quand on a repris après la période Covid, l’objectif était le maintien en R1, et puis on a commencé à enchaîner les matchs et les victoires, même à glaner des points inimaginables contre les gros clubs de la poule, qui ont des budgets immenses. On s’est dit qu’il y avait quelque chose à aller chercher, ça a payé ! On n’aurait jamais cru le faire ! L’argent est important mais ça ne fait pas tout. C’est l’esprit d’équipe qui a primé et qui a payé. »

« Ils découvrent quasiment tous le N3 »

Photo Nello Benedetti

A l’inter-saison, l’ESL comble un départ clé en défense centrale et un autre au poste de gardien par six arrivées. Avec un groupe étoffé, composé d’anciens du club, « les monuments », dont certains ont tout connu au club, les montées, les descentes, et aussi du sang frais, presque tous les postes sont doublés.
Le mercato est surement terminé pour Lambres qui ne souhaite pas empiler les joueurs, mais laisser un temps de jeu cohérent à chacun. Même si la porte reste ouverte, précise le coach.

Pour épauler Benjamin Boix, un adjoint et préparateur physique (David Després), un entraîneur en charge des gardiens (Christopher Mayeux) et deux bénévoles, dont le père de Benjamin, sont venus compléter le staff.

Dans ce groupe de 22 joueurs, peu ont gouté au monde semi-pro : d’ailleurs, au club, ils sont tous amateurs et ne jouent que pour la passion. Un casse-tête pour Benjamin, qui doit allier vie personnelle et professionnelle des joueurs avec les entraînements et les matchs : « Ils sont tous là pour la passion, c’est beau quand on voit que la plupart des joueurs n’ont pas que l’argent à la bouche. On a eu ce souci là lors du recrutement, et ça m’agace. 22 joueurs, ça veut tout et rien dire : je me rends compte qu’après ces 5 semaines de préparation, je suis sans cesse obligé de m’adapter, car il y a les congés, les vacances. Quand un gars me dit « Ben, je pars 3 semaines », je ne peux qu’accepter ! Ils bossent toute l’année, je ne peux pas les priver de leurs congés. Je n’ai pas honte aujourd’hui de dire qu’on est loin d’être prêts. Il y a les pépins physiques, on joue sur un synthétique car les terrains ne sont pas utilisables : la mairie n’arrose qu’après 19 h, les lignes ne sont pas encore tracées. Ce n’est pas une vie de délimiter les terrains avec des coupelles (rires) ! On n’a pas les buts non plus. La mairie, la Ligue, sont au courant, tout le monde se met en quatre pour que tout soit prêt pour la réception du RC Lens le 17 septembre. »

Une saison 2022 à prendre avec des pincettes

Cette année, les règles changent pour les relégations en R1. De deux auparavant, les descentes passent à quatre ! La N3 des Hauts-de-France compte cette année quatre équipes réserves professionnelles (LOSC, RC Lens, VAFC, Amiens SC), de quoi donner du fil à retordre aux clubs amateurs. Et il faudra aussi compter sur des clubs bien implantés dans le foot régional comme l’US Vimy, Feignies-Aulnoye ou encore l’Iris Club de Croix.

« Rien n’est joué d’avance, on va se donner à chaque match et essayer de créer la surprise. Un match à la fois, on n’a pas un effectif énorme, on n’a pas d’argent, on va jouer avec nos principes et nos valeurs, on tirera les conclusions à la fin de l’année » prévient le coach. On a hâte de voir.

Texte : Charlotte Gruszeczka / Mail : cgru@13heuresfoot.fr

Photos : Charlotte Gruszeczka et Nello Benedetti

Après neuf mois sur le banc de « son » club, le FC Bastia-Borgo, qu’il a contribué à maintenir en National grâce à trois places gagnées au classement et un repêchage in extremis, l’entraîneur, qui a toujours l’île de Beauté dans le sang, est de retour à Cholet, en National, après un premier passage de 18 mois en 2020/2021.

Plus que jamais fidèle et amoureux de sa Corse natale, Stéphane Rossi a contribué aux belles heures du CA Bastia et du SC Bastia. Pour la deuxième fois de sa carrière, il pose néanmoins ses valises sur le banc du SO Cholet, après une première expérience d’une saison et demie, de décembre 2019 à juin 2021, déjà en National, un niveau qu’il connaît sur le bout des doigts. Sa nomination dans les Mauges, fin mai dernier, en a surpris quelques-uns, même s’il avoue être à l’époque parti en bons termes avec son président, Benjamin Erisolglu. Simplement, il avait pointé du doigt des infrastructures insuffisantes et incompatibles avec les ambitions du club.

Stéphane Rossi n’était pas resté longtemps sans club : en novembre dernier, il a retrouvé le banc du FC Bastia-Borgo (devenu aujourd’hui le FC Borgo) et son ami et président Antoine Emmanuelli, qui l’a rappelé pour remplacer Albert Cartier. La mission était simple : redresser un club bon dernier de National après 12 journées et seulement 5 points (0 victoire, 5 nuls et 7 défaites).

Sur le terrain, avec Rossi, le FCBB redresse la barre et gagne trois places (7 victoires, 5 nuls et 10 défaites, 31 points au final). Le maintien est loupé de peu à la toute dernière journée de championnat face au FC Sète (1-2), mais la rétrogradation administrative des Héraultais fait le bonheur des Corses, repêchés grâce à leur 15e place (premiers relégables). C’est dire si, finalement, Stéphane Rossi contribue au maintien de son club.

Toujours disponible dès qu’il s’agit de parler de football, l’entraîneur, qui avait aussi pris une part prépondérante dans le renouveau du Sporting-club de Bastia avec une accession en National 2 (en mai 2019), avant d’être écarté à l’automne suivant, a pris – à la veille de l’ouverture du championnat de National contre Avranches (1-3) – le temps de poser son regard sur ses expériences passées et sur la saison 2022-2023. L’occasion d’en apprendre un peu plus sur un passionné du ballon rond, dont le grand fait d’armes est d’avoir permis à l’ancêtre du FC Borgo, le CA Bastia, de goûter à la Ligue 2 !

« A Cholet, nous sommes en reconstruction »

  • Qui était Stéphane Rossi, le joueur ?

C’est toujours difficile de s’analyser alors je vais répéter ce que l’on me disait. J’étais un joueur surtout technique. Dans un 4-2-3-1 aujourd’hui, je serais n°10. Je pouvais jouer aussi un peu plus bas éventuellement. J’allais parfois sur un côté, mais la vitesse n’était pas ma qualité forte. J’étais adroit sur coup franc avec un bon pied droit. Mais ça m’est arrivé de marquer du gauche. Et même de la tête (rires).

  • Pourquoi l’appel du banc était-il une évidence pour toi ?

Je m’en rends compte avec le recul. Très jeune, j’ai hérité du brassard de capitaine dans les équipes où j’évoluais. À l’époque j’avais des aptitudes à analyser le jeu, celui de l’adversaire. Mais aussi de voir ce qu’il se passait dans un vestiaire. Ça demandait un investissement supplémentaire de s’intéresser à tout. Mais j’aimais ça.
J’ai commencé comme entraîneur joueur dans mon village de Cervione. C’est là où je me suis mis à appréhender le métier de coach. J’avais des amis dans l’équipe, mais je devais faire des choix dans mon onze de départ, prendre la parole à la mi-temps. Cela m’a fait franchir un palier. Et très vite, je me suis retrouvé avec Antoine (Emmanuelli) au CA Bastia. D’abord comme coach de l’équipe B, puis à la tête de l’équipe première au bout de six mois.

  • Pendant plus de 15 ans tu as grandi et fait grandir le CA Bastia. Que retiens-tu de ces années aux côtés du président Emmanuelli ?

Au-delà du sportif, je retiens une chose importante : un climat de sérénité, les conditions de travail et ce quelles que soient les circonstances. En vingt ans, il n’y a jamais eu de panique à bord, de personnes pour prendre la place des autres. Nous étions toujours dans l’analyse, le travail. Nous avancions petit à petit et cela permettait à la fois au club, aux joueurs et à moi-même d’être en confiance. La saison dernière, j’ai retrouvé ça malgré la difficulté dans laquelle se trouvait l’équipe dans la course au maintien. On pourrait peut-être parler un peu d’inconscience, mais c’est ce qui a permis au CAB de passer du CFA2 à la Ligue 2. Et c’est pour ça que je reviens à Cholet. J’ai senti que depuis mon premier passage, le club avait évolué dans le bon sens. Toutes les conditions sont réunies pour bien travailler.

  • Tout entraîneur corse rêve de passer par le SC Bastia. Avec le recul, regrettes-tu cette histoire d’amour qui s’est mal finie ?

Absolument pas. En Corse – sans manquer de respect à qui que ce soit – il y a le Sporting et après les autres. C’est le club historique de l’Île, une institution avec un palmarès. Le club était au plus mal et je n’ai pas hésité une seule seconde lorsque l’on m’a proposé de prendre l’équipe. Je me devais d’y aller. Avec le club j’ai tout connu : j’ai été spectateur, joueur à 16 ans et demi en 3e division, entraîneur. J’ai grandi avec le Sporting. Aujourd’hui le club est à la place qui doit être être la sienne, c’est-à-dire dans le monde professionnel. En espérant qu’il atteigne de nouveau la Ligue 1. Je suis content d’avoir fait partie du renouveau.

  • Comment vois-tu cette nouvelle saison de national avec une équipe de Versailles faisant figure d’ogre avec son recrutement galactique ?

Sur le papier, Versailles a une équipe incroyable. Mais tous les ans, le foot montre que ce ne sont pas forcément les plus gros budgets qui montent. Je vais reprendre l’exemple du CAB. L’année de la montée en Ligue 2 (en 2013), nous avions le plus petit budget, mais il y avait de la rigueur, de l’envie, de la volonté, de la solidarité. Nous avions une équipe, un état d’esprit. En National, tous les matchs sont difficiles. Sans ces valeurs, tu ne peux pas envisager une montée ou un maintien selon tes ambitions. À Cholet, nous sommes en reconstruction avec 90% de l’effectif renouvelé. Nous souhaitons faire un bon départ pour travailler dans la sérénité. On verra au fil des semaines si nous devons regarder en haut ou en bas. Dans tous les cas, la préparation a été bonne.

  • Première fois dans un stade ?

À Furiani. J’avais 8 ans et le Sporting accueillait l’Olympique de Marseille.

  • Première sur un banc de touche ?

Ce n’est pas un premier banc. Mais j’avais 18 ans et je voulais donner un coup de main à l’éducateur en place. Juste par plaisir. Je me souviens que chez les minimes au CA Bastia, il y avait Pascal Camadini qui était sur le terrain.

  • Meilleur souvenir d’entraîneur ?

Plus qu’un match, je veux retenir chacune des montées avec le CA Bastia. Chaque saison c’était un exploit. Avec en point d’orgue évidement la montée en Ligue 2.

  • Pire souvenir d’entraîneur ?

En CFA contre Montpellier. On perd 8-1 là-bas. Il y avait 13 ou 14 pros et non des moindres (Carotti, Lacombe). De notre côté, nous étions diminués et très vite ça a été la galère. Je ne souhaite à aucun coach de vivre ça.

  • Le joueur qui t’a le plus marqué ?

L’année de notre montée en Ligue 2, N’Golo Kanté était impressionnant du côté de Boulogne. L’année suivante, je le recroise en Ligue 2 à Caen. Il ne me laissait pas indifférent.

  • Ton style de jeu ?

C’est avant tout une philosophie de jeu réaliste. Ce n’est pas un jeu de transition ou de possession. C’est savoir s’adapter aux qualités et défauts de l’équipe en face. Etre aussi fort en bloc haut, en bloc bas ou sur un jeu médiant.

  • Un coach ?

Ce sont toujours ceux que l’on a eu jeune qui nous marque. Je dois mon premier match en 3e division à Pierre Alonzo, le papa de Jérôme Alonzo. Il était au centre de formation de Paris et était venu à Bastia pour aider à développer le notre.
Il y a eu aussi Emile Daniel, un entraîneur qui était toujours très franc. Un jour, je joue 90 minutes et le lundi matin je suis convoqué dans son bureau. Et là, il me dit : « La prochaine fois que tu me fais un tel match, tu ne rejoues plus jamais. »
Jean-Pierre Cristofari a aussi été important. C’est lui qui m’a fait venir au CAB alors que je voulais rester avec mes copains au SCB. Il est venu me chercher à la maison et à convaincu mon père. Ce choix m’a permis de faire une grosse saison, puis de signer à Toulon.

  • Une équipe de légende ?

Plus qu’une équipe, j’ai été marqué par Maradona. Du coup, j’ai beaucoup aimé l’Argentine de 78/86 et le Napoli de 86/90 aussi. J’avais la chance en Corse de recevoir les chaînes italiennes et d’en profiter.

Textes / Julien LEDUC

Photos : SO Cholet et DR

Samedi, le milieu offensif de Fréjus/Saint-Raphaël (National 2), formé à Saint-Etienne, entamera sa 9e saison d’affilée au club, sa 13e au total. Dans un entretien décalé, l’Arlésien, plutôt discret, revient sur un épisode qui l’a marqué : le décès de son coach en août 2008, après un match de championnat.

Six ans. Six ans déjà que Akim Orinel, le milieu de terrain offensif de l’Etoile FC Fréjus/Saint-Raphaël a quitté le National, après la relégation de son club, en 2016. Depuis, il promène son mètre 71 sur les terrains de la poule Sud de National 2. Un choix de vie pleinement assumé. Le petit meneur de jeu aurait pu signer dans des écuries de National à l’époque, mais a privilégié le cadre de vie : dans le Var, son épouse et ses enfants se sentent très bien. Et le reste de la famille n’est pas très loin : ses parents sont à Arles, dans le département voisin, et son frère Oualid, de 4 ans son aîné, adversaire la saison passée, évolue à Martigues, en National. Alors, après la relégation, repartir dans le Nord ou loin du soleil pour, peut-être, une ou deux saisons et quelques euros de plus, pas sûr que le jeu en aurait valu la chandelle.

Meilleur passeur de Ligue 2 en 2012

Le joueur, qui a commencé le foot à l’AC Arles à l’âge de 5 ans avant de filer au centre de formation de Saint-Etienne à 14 ans, est chez lui à Fréjus/Saint-Raphaël, un club qui l’a accueilli après deux saisons à Orléans (2006-2008). C’était encore du temps de l’ES Fréjus. C’était un an avant la fusion avec le Stade Raphaëlois et l’accession, sur tapis vert, en National (en 2009).
Avec son compère Fayçal Fajr, le partenaire avec lequel, de son propre aveu, il s’est le mieux entendu sur le terrain, il rayonne dans l’entrejeu. Les performances de ce duo complémentaire leur offrent à chacun la possibilité de signer un contrat pro : ce sera Caen en Ligue 1 pour Fajr (puis Getafe, Elche et La Corogne en Liga espagnole puis à nouveau Caen), et Châteauroux en Ligue 2 pour Akim qui, dès sa première saison dans le Berri, termine meilleur passeur du championnat (11 passes lors de l’exercice 2011-2012). Il faut dire que donner de bons ballons, c’est vraiment son truc : « Il ne pense pas à ses statistiques mais plutôt à faire plaisir, à faire jouer les autres, témoigne l’ancien gardien de l’Etoile (2012-17), Gaëtan Deneuve, aujourd’hui reconverti dans la gestion de patrimoine en Normandie, et arbitre le week-end (F4); il est capable de faire la différence. Il est beau à regarder jouer.  » « Il sent le foot, il aime le foot, il comprend le foot, renchérit l’ex-défenseur professionnel Julien Outrebon, qui sort de trois saisons au poste d’entraîneur adjoint à Lorient en L2 et en L1 aux côtés de Christophe Pélissier. J’ai joué avec Akim une saison en National (2015-16); il a toujours eu des stats’, il a un bon oeil, il fait la différence par la passe et les coups de pied arrêtés. C’est un joueur intelligent, et en dehors du terrain, il est super-gentil. Un super-mec. »

En 1/4 de finale de la coupe de France

Dans l’Indre (2011-2013), Akim est l’un des joueurs clés de son équipe. Mais lors de sa deuxième saison, il ne prolonge pas et c’est le retour à la case départ, à l’Etoile, toujours en National, alors qu’Evian avait des vues sur lui. En juin 2014, il s’engage à l’USM Alger, en première division. Une expérience à oublier. Et en janvier 2015, il emménage une nouvelle fois … à Fréjus ! Pour la troisième et dernière fois !
Lors de la saison 2016-2017, il est de l’épopée en Coupe de France, avec un quart de finale perdu au stade Coubertin à Cannes, face à Guingamp (0-1), après des succès notamment contre Auxerre (2-0) et Bourg-en-Bresse (3-1), deux écuries de Ligue 2.
Avec l’Etoile, l’objectif sportif – l’accession en National -, est tout près d’être réalisé en 2019 mais c’est le Sporting-club de Toulon qui décroche le pompon pour deux petits points. Dur. Souvent placé, comme en 2017 (2e ex-aequo), le club varois n’est jamais gagnant et voit tour à tour Rodez (2017), Marignane-Gignac (2018), Toulon (2019), Annecy (2020) et Martigues (2022) accéder à l’étage supérieur.

Fidélité et longévité

Samedi, face à la réserve de Lyon, à 18h, au stade Louis-Hon de Saint-Raphaël, Akim entamera sa 8e saison d’affilée sous les couleurs de l’Etoile, sa 9e même puisqu’il était revenu en cours de saison, en janvier 2015, après ses deux premiers passages. Soit un total de douze saisons ! Une fidélité rare dans le milieu qui tranche avec l’esprit parfois mercenaire de certains : « Franchement, je lui dis bravo pour sa longévité, poursuit Deneuve, qui dans le même temps arbitrera le match Boulogne-Fleury en National 2; de plus, il a connu très peu de blessure. C’est un garçon fidèle. Vous en connaissez beaucoup des joueurs qui restent 12 ans dans le même club ? En même temps, à l’Etoile, c’est un peu la marque de fabrique car je m’aperçois que beaucoup de mes anciens coéquipiers lors de ma dernière saison là-bas, en 2016-2017, sont encore là, comme Belony Dumas, Julien Mouillon, Raphaël Delvigne, Moyadh Ousseni, et même Stéphane Marignale qui vient juste d’arrêter ».

Stéphane Marignale, justement. Le défenseur originaire de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, ne tarit pas lui non plus d’éloges au sujet de son désormais ex-coéquipier : « Akim, je le surnomme « Pinocchio » ou « pointe-man », car c’est le seul joueur que j’ai vu faire une transversale du pointu, rigole celui qui avait éteint les attaquants de Saint-Etienne (L1) et de Montpellier (L1) avec l’AS Cannes en coupe de France en 2014 (1/4 de finale, élimination face à Guingamp, futur vainqueur); il a un pied gauche magique, avec ses extérieurs de génie ! Il m’a régalé, quel plaisir de l’avoir côtoyé ! Il est souriant en dehors du terrain ! C’est un bon père de famille, j’ai toujours pu compter sur lui … sauf en soirée ! Alors j’espère qu’on pourra en faire une ensemble ! On en a quand même fait quelques sorties mémorables comme lorsqu’on est allé au cinéma déguisés, pour le film Escobar ! »

A 36 ans (il les a fêtés le 27 juillet), Akim, qui fait l’unanimité sur et en dehors du terrain, voudra montrer cette saison qu’il en a encore beaucoup sous le pied !

Akim Orinel du tac au tac !

  • La première chose que tu fais le matin en te levant ?
    Je vais aux toilettes (rires) ! Ah tu m’as dit de répondre spontanément !
  • Tes occupations préférées en dehors du foot ?
    Ma famille.
  • La qualité que tu préfères chez les autres ?
    La sincérité
  • Tes qualités dans la vie ?
    Gentillesse. Esprit de famille. C’est dur de répondre. J’aime bien rire aussi, peut-être un peu trop. J’aime me moquer aussi.
  • Tes défauts ?
    Je boude parfois. (Son grand fils, derrière, répond : »Tu te réveilles un peu trop tôt ! ») Sur le terrain je suis râleur, mais pas dans la vie.
  • Une boisson ?
    Coca-cola.
  • Une couleur ?
    Blanc.
  • Un animal ?
    Le léopard. J’aime sa façon de monter dans les arbres avec ses proies, ça m’a toujours fasciné.
  • Le comportement humain que tu ne comprends pas ? Je ne comprends pas les gens qui changent de comportement d’une minute à l’autre.
  • Le don de la nature que tu aimerais avoir ?
    Voler.
  • Si tu étais présidente de la République, ça serait quoi ta première mesure (fou rire !) ? L’essence à 1 euro.
  • Ton rêve de bonheur ?
    Que tout le monde soit en bonne santé.
  • Quel serait ton plus grand malheur ?
    Que des membres de ma famille soient malades.
  • Si tu n’avais pas été toi, tu aurais aimé être qui ?
    Mon père.
  • Un moyen de transport ?
    La voiture.
  • Musique ?
    Non, pas tellement…
  • Un film culte ?
    Je suis plutôt « séries ». Comme Peaky Blinders.
  • Héros de fiction préféré ?
    Batman.
  • Un surnom ?
    Viejo (vieux, en espagnol). C’est Sacré Gbohou qui m’a donné ce surnom ! C’est resté.
  • Tu aimes ton prénom ?
    Oui ! J’en ai deux d’ailleurs !
  • Pourquoi as tu deux prénoms ?
    Le premier c’est Mickaël, mes parents ont peut-être pensé que ça passerait mieux ! Mais tout le monde m’appelle Akim.
  • Les aliments que tu n’aimes pas ?
    Tout ce qui vient de la mer.
  • Si tu ne devais manger qu’un seul aliment jusqu’à la fin de tes jours ?
    Des pâtes.
  • Quelle tâche domestique t’ennuies le plus ?
    La vaisselle ! Je ne la fais pas !
  • Le matin, tu ne peux pas partir de la maison sans … ?
    Déjeuner. Si j’ai le temps, je mange des céréales. Si je n’ai pas le temps, je prends des gâteaux quand je vais emmener mes enfants à l’école.
  • Tu te vois comment dans 10 ans ?
    Peut-être papy ! Le plus grand de mes enfants a déjà 13 ans ! S’il fait comme moi… J’ai été papa à 22 ans ! Je me vois avec ma petite famille posé, dans le Sud.
  • As-tu des travers qui énervent tes amis ?
    J’ai du mal à rappeler les gens au téléphone !
  • Un bruit qui t’énerve ?
    Le bruit des ongles, ça me stresse.
  • Que trouve-t-on sur ta table de nuit ?
    Mon téléphone et une bouteille d’eau.
  • Qu’est-ce qui pourrait te gâcher une journée ?
    Apprendre une mauvaise nouvelle.
  • Ton dernier resto ?
    Aux Sablettes à Fréjus-plage avec mon épouse et mes enfants.
  • Ton dernier texto ?
    (Il regarde) J’ai envoyé un message au coach de Martigues, Grégory Poirier, je lui ai dit bon match. Bon, ils ont perdu 2-1 à Versailles, j’ai regardé un peu. Y’a mon frère qui joue à Martigues.
  • Le joueur le plus connu de ton répertoire ?
    Bafé Gomis
  • Une appli ?
    Snapchat
  • Tu as combien d’argent sur toi en général ?
    Que la carte bleue.
  • Ton style vestimentaire ?
    Un survêtement Nike et des baskets !
  • A l’école, tu étais plutôt …
    Mauvais élève !
  • Dans quel type de magasin veux-tu tout acheter ?
    Un magasin de baskets.
  • Une ville, un pays ?
    J’aimerais retourner à Istanbul, en Turquie, j’y suis allé avec le foot mais je n’ai pas pu visiter.
  • La ville où tu envisages d’habiter à la fin de ta carrière ?
    Je suis bien à Fréjus, et j’aime Arles aussi où est installé ma famille. Ce sera l’un ou l’autre. Mais y’a pas photo entre les deux villes. A Fréjus, le cadre de vie est fabuleux.
  • Si tu gagnais à l’EuroMillions ou un truc comme ça ?
    Je ferais profiter toute ma famille.
  • Tes meilleures vacances ?
    Avec mes enfants en camping quand je les vois s’amuser, se régaler.
  • Inversons les rôles : une question que tu aimerais me poser ?
    Lui : (Rires) T’es un fou (rires !) Alors, qu’est-ce que je pourrais te demander ? Quand tu as travaillé dans le foot, quel est le club où tu as pris le plus de plaisir, entre Fréjus, Quevilly Rouen et Le Puy ?
    Moi : Humainement ? Le Puy !
  • Le joueur le plus fort avec lequel tu as joué ?
    En jeunes, Bafé Gomis et Loïc Perrin. J’ai été formé avec eux à Saint-Etienne. En seniors, Claudio Beauvue à Châteauroux.
  • Un modèle ?
    J’ai un faible pour les gauchers mais le joueur que j’aime beaucoup c’est Iniesta.
  • Le coach que tu as perdu de vue et que tu aimerais revoir ?
    Gilles Rodriguez, que j’ai eu en U15 Nationaux à Saint-Etienne : ça fait 16 ans que je suis parti, je ne l’ai jamais revu, mais c’est incroyable que tu me poses la question, car je l’ai eu récemment au téléphone. Il m’a beaucoup aidé. Il était là pour moi.
  • Inversement, celui que tu n’as pas envie de revoir ?
    (Rires) Je déteste faire ça ! Non, je ne vais pas répondre, je ne veux pas être méchant, mais tu sais à qui je pense…
  • Un club, un stade ?
    Barcelone. Nou Camp.
  • Meilleurs souvenirs sportifs ?
    Ma signature pro à Châteauroux. Une fois que j’ai signé, j’étais vraiment heureux, ça a fait plaisir à mes parents qui ensuite ont fait beaucoup de kilomètres depuis Arles pour venir me voir.
  • Pire souvenir ?
    Je n’en ai pas.
  • Plus beau but ?
    C’est dur… Je n’en ai pas marqué des tonnes : à Châteauroux, contre Monaco, c’est Scaramozzino qui centre et je mets une volée un peu plat du pied.
  • Ton but le plus important ?
    Avec Châteauroux aussi, contre Niort, un match difficile pour le maintien, j’ai un penalty, c ‘est important de le mettre et je le mets.
  • Plus beau raté ?
    Contre Monaco aussi, j’ai un ballon en profondeur et je rate complètement la cage !
  • Si tu n avais pas été footballeur ?
    J’ai toujours dit à l’école que je voulais être mécanicien pourtant je ne connais rien aux voitures !
  • Ton après foot ?
    J’aimerais rester dans le milieu du foot, entraîneur, recruteur, on verra.
  • Ton geste technique préféré ?
    Un beau contrôle.
  • Ton meilleur match ?
    Châteauroux-Amiens, je fais quatre passes décisives et je ne suis pas loin de mettre un ballon en lucarne en fin de match, j’avais eu 9 dans France Football !
  • Ton pire match ?
    Après mon premier match avec Châteauroux contre Guingamp, on va ensuite en coupe de la Ligue à Nantes, et là je suis catastrophique. Je me suis retrouvé remplaçant, logiquement !
  • Une causerie de coach qui t a marqué ?
    Celles de Guy David. Elles étaient … spéciales. Je l’ai eu trois mois (juin à août 2008), il m’a beaucoup apporté, j’aimais sa façon de faire, de parler, il nous disait toujours : « Dites à vos femmes que vous savez à quelle heure vous avez entraînement mais que vous ne savez pas à quelle vous allez partir ». Parfois, il nous parlait pendant une heure et demie, cigarette à la bouche, après l’entraînement ! C’était un monsieur. J’ai une anecdote. C’était le soir de son décès, après le match de Saint-Etienne, au stade Pourcin, à Fréjus (30 août 2008). Je suis frustré de ce match, Guy David me remplace, je ne suis pas content, je suis énervé, je lui en veux… et après le match, je sors, je me retourne, je vois quelqu’un qui ferme la porte et qui tombe, c’était lui… et une dame, sa femme (mais à ce moment-là je ne savais pas que c’était son épouse), me dit « appelez vite un docteur ». Je vais chercher le docteur de Saint-Etienne qui arrive en courant, le SAMU est arrivé ensuite, ils ont mis le drap, c’était une scène assez choquante. Tout le monde était en pleurs. Je crois que je n’ai jamais raconté cette histoire. J’ai l’impression que c’était hier. J’y ai souvent pensé ensuite.
  • Des cartons rouges ?
    Deux je crois. Dont un à Bayonne en National, j’avais pris 4 matchs.
  • Après un match, tu fais quoi ?
    Si ça se passe bien , je retrouve ma famille, mais quand j’ai perdu, je me renferme, je ne parle pas beaucoup, mais j’ai un peu changé.
  • Qu’est ce qui t a manqué pour jouer en L1 ?
    Du caractère.

Textes : Anthony BOYER / Mail : aboyer@13heuresfoot.fr

Photo EFCFSR