Un an après avoir retrouvé la Ligue 2 et le monde professionnel, le club de la Venise provençale, épinglé par la DNCG, doit repartir en Départemental 1, sept étages en dessous ! Une chute vertigineuse, résultat d’une saison dantesque, marquée par des mauvais choix, des luttes d’ego et de pouvoir, des erreurs de casting, l’appât du gain, une gestion désastreuse et un certain amateurisme. Récit d’une saga et d’un fiasco monumental.

Par Anthony BOYER – mail : aboyer@13heuresfoot.fr

Photos : @facebook / FC Martigues (sauf mentions spéciales)

Le stade Francis-Turcan, à Martigues.

Sur le réseau social X, il s’appelle « Le Marchito ». Dans la vie de tous les jours, c’est Jean-Marc, 32 ans, Martégal, et son truc à lui, c’est autant les fruits et légumes, dont il a fait son métier (il est distributeur) que le ballon rond, surtout dans sa ville (il est supporter depuis toujours du FC Martigues).

Sur son profil, une grande photo de la tribune Paradis – la bien mal nommée pour le coup ! – du stade Turcan, bien garnie, et un selfie aux côtés de l’une des (anciennes) icônes du club, Foued Kadir, artisan de la double-accession de National 2 en Ligue 2 entre 2021 et 2024.

Aujourd’hui, Foued Kadir évolue chez le tout proche voisin istréen (N2), et, à bientôt 41 ans, il est encore fringant, comme l’attestent les deux passes décisives délivrées samedi dernier à Parsemain contre Rousset (succès 4-1). Fringant et en bien meilleure forme que le FCM, son club de coeur, où il a été formé et qu’il avait quitté à l’âge de 17 ans, pour rejoindre Gignac (le club, pas le joueur !).

Parce que le Football-club de Martigues est malade. Très malade. Et presque mort. En l’espace de quelques semaines, il est passé, accrochez-vous bien, de la Ligue 2 au niveau Départemental 1. Soit une chute de 7 divisions ! Et ce n’est même pas sûr à l’heure où nous écrivons ces lignes. Cela pourrait même être en Départemental 2 ou en Départemental 3… Le résultat d’une gestion calamiteuse : on parle d’un trou d’environ 3 millions d’euros laissé par la SAS FC Martigues (Société par actions simplifiées), qui n’avait toujours pas été dissoute.

Il y a huit mois encore, la Ville de Martigues avait une équipe professionnelle en Ligue 2 mais pas de stade (le club, faute de stade aux normes de la L2, a délocalisé ses matchs, d’abord au Vélodrome à Marseille, puis au stade Jean-Laville à Gueugnon). Aujourd’hui, elle a un joli stade homologué pour accueillir les matchs de Ligue 2 (elle n’y a au final disputé que 7 matchs sur 17 possibles) après des travaux d’un coût de 3,6 millions d’euros (au lieu des 1,3 million d’euros annoncés au départ), supporté par la Ville, mais elle n’a plus d’équipe, ou à tout le moins une équipe, au mieux, de 9e division…

Une première dans les annales

18 mai 2024, au stade Turcan, soir de montée en Ligue 2… Photo 13HF

Qu’il semble loin le temps où les joueurs de « Greg » Poirier battaient Nîmes 1 à 0 et s’offraient le droit de jouer en Ligue 2 ! Qu’il semble loin ce 18 mai 2024 quand Turcan et ses 7000 supporters célébraient le coup de tête rageur de Milan Robin et envahissaient la pelouse pour célébrer les héros martégaux ! Qu’il semble loin le temps où tout le monde était hilare et s’embrassait, où tout le monde était heureux, libéré, radieux, excité à l’idée de changer de dimension et de renouer avec le passé professionnel (la dernière apparition du FCM en Ligue 2 remontait à 2002) ! Quel contraste…

De mémoire de « suiveur » de l’actualité du football hexagonal, c’est du jamais vu dans les annales. Jamais un club n’avait vécu une telle dégringolade. En 2023, le CS Sedan Ardennes était bien tombé de National en Régional 3, mais la chute déjà vertigineuse n’avait été « que » de 5 divisions (les « Sangliers » viennent de remonter en Régional 1 en deux saisons).

Dans un passé récent, d’autres clubs ont également connu de telles mésaventures, on pense au RC Strasbourg (de National en CFA2 en 2011), au Mans FC (de Ligue 2 à Division d’Honneur, l’ex-R1, en 2015) ou encore au Sporting-club de Bastia (de Ligue 1 à National 3 en 2017). Mais tous se sont relevés. Il y a eu Istres aussi, tombé de National en DHR, qui a mis 9 ans avant de monter en N2.

Le FC Martigues, lui, n’est pas prêt de se redresser, ou alors, il mettra beaucoup de temps (10 ans ?) avant de retrouver, au moins le N2 ou le National. Il aurait pu « limiter » la casse en repartant en Régional 1, au niveau de sa réserve, après que la DNCG l’a exclu des championnats nationaux (dans un premier temps, l’organe de contrôle et de gestion lui avait juste retiré le statut pro). Mais dans un second temps, la semaine dernière, la commission régionale de contrôle des clubs de la Ligue Méditerranée n’a pas autorisé le club de la Venise provençale à évoluer en Régional 1, et l’a même rétrogradé de trois nouvelles divisions pour l’inscrire en … Départemental 1, l’équivalent de la Promotion d’Honneur A jadis ! Une décision confirmée en appel hier.

Une saga digne de Dallas !

Tout au long de l’été, ce fut un véritable feuilleton. Une saga. Digne de la série Dallas pour ceux qui ont la ref’. Ou du film « Règlement de comptes à OK Corral », tant les acteurs n’ont pas manqué de « s’allumer » une fois le sort du club scellé, par presse interposée.

C’est simple, tout ce qui s’est passé au FC Martigues lors des quinze derniers mois relève du surnaturel et s’apparente à une pièce de théâtre où chaque acteur a joué sa partition, de manière plus ou moins juste.

Pour décrypter ce gâchis monumental et expliquer comment le FC Martigues en est arrivé là, nous avons opté pour la neutralité en interrogeant Le Marchito, un garçon qui partage ses infos – largement reprises – sur son compte X, à mi-chemin entre supporter et investigateur. Un garçon qui ne cherche absolument pas la lumière. Un garçon dégoûté par la situation. Un garçon qui aime son club, tout simplement.

Les propos qui suivent ne sont donc que de la responsabilité de son auteur !

Jean-Marc, alias « Le Marchito » :

« Un immense gâchis »

Jean-Marc, alias « Le Marchito », arbore une veste « vintage » du FC Martigues ! Photo 13HF

Ton sentiment général sur la situation ?
Un immense gâchis. Parce que tout le travail réalisé auparavant par Grégory Poirier (l’ex-entraîneur parti au Red Star en Ligue 2 en juin 2024) et Alain Nersessian (l’ex-président, démis de ses fonctions en avril 2024) pour remettre le club à flots après l’épisode Baptiste Giabiconi, qui fut un scandale aussi, a été réduit à néant.

Avec Poirier et Nersessian, l’équipe avait retrouvé une stabilité sportive avec une équipe compétitive sur le terrain, ce qui n’était pas évident car juste avant les belles saisons, il y a eu les deux années de Covid-19. Ils avaient aussi réussi à accéder au monde professionnel et à faire revenir le monde au stade Turcan, et ça ce n’était pas une mince affaire parce qu’on sait aussi que cela a toujours été difficile d’avoir du public ici. Je me souviens de matchs de N2 devant 300 ou 400 spectateurs à peine. Et tout ça s’est envolé.

Comment en est-on arrivé là ?
Tout simplement parce que les rênes du club ont été confiées à une personne qui est totalement amatrice, la propriétaire Lepa Galeb-Roskopp. On s’en est rendu compte tout au long de la saison. Déjà, elle ne maîtrisait pas les règles du travail en France : en décembre dernier, elles voulaient virer des employés du club qui étaient en arrêt maladie ! Alors aux États-Unis, c’est possible, mais pas chez nous. Elle avait été choqué par ça. Elle ne comprenait pas non plus les règles de la DNCG (Direction nationale de contrôle et gestion des clubs) : pour elle, ce n’était pas concevable de bloquer de l’argent sur un compte.

Petit à petit, on a vu que tous ses choix, en fait, étaient des choix d’amateur. On s’est posé la question de savoir si c’était vraiment elle qui dirigeait. La propriétaire mettait l’argent, mais elle n’est pas venue souvent. Elle habitait sur la Côte Bleue, vers Carry-le-Rouet ou Sausset, mais tout le début de saison, elle l’a passé au Montenegro…

Si ce n’était pas la propriétaire qui prenait les décisions, c’était qui alors ?
Pour moi, c’était Jean-Pierre Bernès, le conseiller de Lepa.

Jean-Pierre Bernès avec Lepa Galeb-Roskopp. Photo @Instagram

Comment Jean-Pierre Bernès est-il arrivé au club ?
Ce qu’il faut savoir c’est que, à la base, en début de saison, Lepa était juste actionnaire. Elle n’était pas encore présidente. C’est Colombus Morfaw qui est président quand le club monte en L2, mais il s’est fait virer rapidement (fin juin 2024, seulement deux mois après qu’il a remplacé Alain Nersessian). Le couple Roskopp possède une académie de football en Californie, les « Breakers », où Niša Saveljića, l’ancien joueur des Girondins (champion de France en 1999, passé aussi par Sochaux, Bastia, Guingamp et Istres), a un gros poste là-bas, Directeur du football ou quelque chose comme ça (il est actionnaire d’EU Futbol LLC, propriétaire des « Breakers » et donc du FC Martigues).

Niša, quand il jouait aux Girondins de Bordeaux, son agent, c’était Jean-Pierre Bernès. C’est comme ça que Bernès est venu à Martigues, dans un rôle de conseiller. Et comme Lepa n’a aucune connaissance du football français, comme elle ne connaît pas Jean-Pierre Bernès, elle s’est fiée au CV. D’ailleurs, c’est pareil pour le coach Thierry Laurey, il a été engagé sur CV, et Pierre Wantiez aussi. Donc quand elle a vu Bernès, elle a dû voir « Olympique de Marseille » sur le CV, mais elle n’a pas dû voir la manière dont l’histoire avec l’OM s’est terminée. Elle a fait une confiance aveugle à Niša Saveljić et n’a sans doute même pas pris la peine d’aller se renseigner sur Internet.

Quand les Américains ont racheté le club (en juin 2023), leur idée, c’était de faire du trading de joueurs. Le meilleur exemple que l’on a eu cette saison, c’est Luan Gautier, le jeune défenseur : ils se sont entêtés à le faire jouer en début de saison parce qu’ils voulaient faire une plus-value avec lui. Mais ils ont totalement cramé le minot, qu’ils ont propulsé titulaire en Ligue 2 à 19 ans, alors qu’il n’avait aucune expérience. C’est pour ça que, lorsque Hakim Malek est arrivé à la place de Laurey (en janvier 2025), on n’a plus entendu parler de lui, il est retourné en équipe réserve.

Qui dit « trading » dit forcément « argent » : encore une fois, tout ne serait donc qu’une histoire d’argent ?
En fait, Niša Saveljić et sans doute Jean-Pierre Bernès ont dit à Lepa « Tu vas te faire des sous avec le FC Martigues parce que c’est un club tremplin », « parce qu’il y a un projet à mettre en place », « parce que des joueurs vont venir », ce qui était possible, parce qu’on en a vu des joueurs déjà qui étaient partis comme Hemia, Fdaouch, et qui ont explosé. L’idée, c’était ça. Il y avait aussi l’idée de faire une plus-value sur la vente du club. Parce que le FC Martigues, réellement, Lepa l’a acheté 800 000 euros en National. Et on lui a fait miroiter des sommes à la vente autour de 10 millions d’euros… Elle n’a pensé qu’à ça, qu’à faire un « fois 10 », c’est pour ça qu’elle a refusé toutes les offres de rachat à 3 ou 4 millions à mi-saison. Parce que Niša Saveljić lui a mis dans la tête que le club valait beaucoup plus.

Lepa Galeb-Roskopp, ici aux côtés du conseiller Niša Saveljić. Photo Hugo Bisson.

Quid de Robb Roskopp, le mari de Lepa ?
Au départ, c’est le couple Roskopp qui achète le club (en juin 2023), et après elle reste pour d’autres raisons que tout le monde connaît à Martigues, parce que les gens parlent… Pendant ce temps, son mari, lui, retourne aux États-Unis. Elle a été aveuglée. Dans la saison, Robb a compris certaines choses, c’est pour ça qu’il n’a pas mis sa part et qu’il a manqué 3 millions ou un truc comme ça lors du passage devant la DNCG en décembre. Il n’a pas voulu remettre de l’argent. Il est revenu des États-Unis à Martigues en fin de saison pour remettre de l’ordre. Mais c’était trop tard.

Les gens en surface ne voient que les résultats sportifs qui ont été très médiocres en première partie de saison mais maintenant ils découvrent qu’il y a eu des problèmes d’argent, mais tout ce qui s’est passé derrière en coulisses, c’est une blague ! Elle s’est fait plumer à l’américaine, et puis il y a eu des histoires qui dépassent le cadre du foot… A l’arrivée, tout le monde a pris son pognon et elle, elle a perdu 8 millions dans l’affaire, à force de renflouer. C’est pour ça qu’elle n’a pas remis d’argent à l’inter-saison. Elle a compris qu’elle s’était fait prendre pour une c… Elle est retournée aux États-Unis.

Alain Nersessian, président démis de ses fonctions par les propriétaires (qu’il avait choisis) en avril 2024.

Au tout départ de l’histoire, c’est qui le fautif, c’est Alain Nersessian, qui a trouvé Colombus Morfaw, et qui avait déjà fait venir Giabiconi ?
Non. Il a fait appel à une société française d’apporteurs d’affaires qui met en relation des personnes désireuses d’acheter des clubs avec des clubs qui sont à vendre. Il a juste été séduit par leur projet. C’est trop facile de taper sur Alain Nersessian après. Si les repreneurs avaient respecté leur parole, si tout avait été carré, on aurait pu faire quelque chose.

Mais c’est aussi Nersessian qui avait fait venir le mannequin Giabiconi en 2016, avec le résultat que l’on sait (un trou de 600 000 euros à son départ en 2018) …

Giabiconi, c’est Alain Nersessian qui le fait venir parce que, à la base, le projet est sympa. Il a des garanties. Giabiconi est connu, derrière c’est Karl Lagarfeld, tu te dis « C’est solide », mais tu ne peux pas savoir au moment où tu signes avec lui ce qui va se passer après… Et pareil avec le couple Roskopp. Donc oui, c’est Alain Nersessian qui les a choisis, mais c’est trop facile de juger après, de lui jeter la pierre.

Des rumeurs lui prêtaient l’intention de vouloir revenir au club…
Non, il ne reviendra pas. Il s’est écarté de tout ça. Là, on l’a revu sur les réseaux sociaux, il a fait des vidéos, mais c’était parce qu’il se faisait attaquer, notamment par Romain Molina, et parce que Lepa disait qu’elle avait trouvé des cadavres dans les placards, qu’il y avait du passif, donc il l’a pris pour lui et s’est défendu. Je pense très sincèrement que lorsque tu achètes un club, tu fais ton audit avant et tu sais où tu mets les pieds : en milieu de saison, ils ont découvert qu’il y avait des dettes, ça aussi c’est de l’amateurisme. Ils auraient donc acheté le club à l’aveugle ? C’est quand même Lepa qui a commandé l’audit, ils avaient même fait venir quelqu’un de l’AC Ajaccio, Alain Caldarella, exprès pour vérifier les comptes.

Arnaud Berberian, le directeur général du club. Photo David Robbe

Quand tu as parlé des arrêts maladies que Lepa voulait virer, il devait être question d’Arnaud Berberian, le directeur du club ?
Absolument. Arnaud, c’est quelqu’un de bien. Juriste, ex-coordinateur sportif à l’OM, mais il a fait un burn out. C’est Pierre Wantiez (président à partir de juillet 2024) qui lui aurait fait la misère.

Pierre Wantiez, justement : on a vu les passes d’armes interposées avec Bernès cet été …
C’est Jean-Pierre Bernès qui a recruté Pierre Wantiez (sourire)… Wantiez a signé une saison pour mettre le club sur les rails du professionnalisme. Le problème, c’est qu’en début de saison, début septembre, il était au Canada. Difficile déjà de démarrer un projet si tu n’es pas là. Il était venu pour sa présentation puis ensuite il est parti. Il déléguait à Arnaud (Berberian) et il l’a fait crouler sous le travail. Après, il est revenu mi-septembre.

Le règlement de comptes Bernès-Wantiez, tu en penses quoi ?
Bernès a dit dans les médias que sa pire erreur était d’avoir fait venir Wantiez. Donc il le critique, mais c’est lui qui l’a fait venir… Pfff… Franchement, c’est une saga.

Pierre Wantiez

Et Pierre Wantiez, tu en penses quoi ?
Je ne le connais pas. Je ne doute pas qu’il soit sympa et compétent. J’ai apprécié sa dernière sortie médiatique, quand il a dit ce qu’il pensait. Il a un CV, c’est pour ça qu’on l’a fait venir à Martigues. Il a dû voir très tôt qu’il était tombé dans un bourbier. En décembre, cela s’est senti avec l’histoire de la DNCG (le club a été interdit de recrutement jusqu’en fin de saison, décision confirmée en appel). Il ne faut pas oublier que c’est lui qui a fait venir Thierry Laurey, il s’est peut-être senti coupable. Mais en début de saison, ça n’allait pas. Il y avait des tensions. Et puis il n’a pas toujours été présent comme je l’ai dit.

Mais en fin de saison, après le passage devant la DNCG, il a quand même dit qu’il laissait le club en bonne santé financière parce que les dettes avaient été réglées. Or aujourd’hui, la SAS n’a toujours pas été dissoute, et comme l’association est toujours liée à elle, de par son numéro d’affiliation, cela pose un énorme problème pour la DNCG fédérale qui a constaté une dette de 3 millions d’euros. D’où l’interdiction de jouer en Régional 1. Aujourd’hui, le FCM n’est même pas certain de pouvoir jouer en Départemental 1.

Colombus Morfaw, l’éphémère président d’avril à juin 2024. Photo @LinkdIn. / C. Izzo

Bernès dit que Wantiez ne voulait pas de Hakim Malek comme coach pour remplacer Laurey…
Parce que c’est tout sur CV ! Laurey, il a un CV. Hakim Malek, il avait quoi comme CV en France ? Il entraînait en National 3 à Alès et avant ça en National 2. Sur le papier, ce n’était pas sexy. Mais nous, à Martigues, on s’en fout que cela ne soit pas sexy. On n’a pas besoin de ça. À Martigues, il faut de la stabilité, des gens qui connaissent la région, le club, et Malek connaît la région, Alain Nersessian connaissait la région, le club, et je pense que Colombus Morfaw aurait pu apporter cette petite dimension internationale, avec cette vision américaine. On n’avait pas besoin de plus.

On a quand même l’impression d’un sacré bordel …
La réalité, c’est que tout le monde s’est servi au FC Martigues. Bernès ne voulait pas apparaître dans l’organigramme et se faisait payer sur facture. On parle de 150 000 euros par an, c’est énorme pour un petit club comme Martigues. Et quasiment pareil pour Thierry Lauray, le coach (15 000 euros par mois). Et Bernès disait qu’il était là bénévolement.

Et Thierry Laurey ?
Catastrophique. (Il répète) Catastrophique. Il a gagné la coupe de la Ligue avec Strasbourg, il a entraîné des gros clubs… C’est fou ! Je vais te dire ce que m’a confié un joueur martégal : il m’a dit que les joueurs de l’équipe espéraient ne pas être convoqués dans le groupe et aller en réserve plutôt que de monter à Gueugnon avec lui… Tu te rends compte ? C’est pour dire à quel point ils ne voulaient plus se battre pour lui. T’es joueur pro en Ligue 2 et tu préfères aller jouer le dimanche en réserve en Régional 1, c’est chaud quand même ! Il était imbuvable. Même avec les salariés du club. Je ne sais pas pourquoi. Je pense, mais c’est mon avis, qu’il a des méthodes de management qui sont dépassées, et ça ne passait pas du tout humainement avec les joueurs. Jérémy Aymes, le gardien, est parti (à Cannes) à cause de ça. Les joueurs ont même fait une grève de l’entraînement et dans la foulée, Aymes, Tlili aussi je crois, et d’autres cadres aussi, ont été sanctionnés.

Thierry Laurey, le coach, ne sera resté que six mois.

C’est quand même très compliqué le foot à Martigues…
Le FC Martigues, c’est particulier. Depuis toujours c’est compliqué ici. Tu as vu son historique ? C’est un club qui vit dans l’ombre de l’OM, où c’est dur d’avoir des supporters parce que l’OM est un aspirateur. Francis-Turcan, c’est un stade difficile à remplir. Quand tu dis dans la rue « Je suis supporter de Martigues », bah presque on va te rire au nez, alors qu’en vrai, il faut supporter son club local, celui de sa ville. T’es de Martigues et tu ne vas pas au stade ? Même quand les places étaient gratuites ? Tout ça, il faut le savoir. Alors faire venir des gens de l’extérieur, qui ne connaissent pas le contexte, ça ne marche pas.

Quand Laurey met sur le banc des joueurs comme Samir Belloumou ou Oualid Orinel, qui étaient la base du projet de jeu de Grégory Poirier, qui ont fait la double montée, qui en plus sont des gars d’ici, même si c’est le choix du coach, c’est une erreur : l’esprit d’équipe, les valeurs du club, tu perds tout ça, et les gens ne se reconnaissent pas dans l’équipe. Laurey n’a fait jouer que ses recrues. On avait l’impression que c’était des recrues d’agent, qui jouaient parce qu’il fallait les placer. Quand Hakim Malek est arrivé en janvier, il a remis plus ou moins l’équipe type de la saison passée, avec deux ou trois recrues, et ça a marché. C’est comme si, en début de saison dernière, on avait tout de suite voulu faire un grand club, avec des noms, des « stars », des gens qui étaient reconnus. Mais on a tout foiré parce que ce n’est pas comme ça que ça marche.

Le stade de Gueugnon, théâtre de plusieurs matchs du FC Martigues, à 500 kilomètres de Turcan !

On n’a pas parlé du Vélodrome : une ineptie d’avoir joué là-bas…
L’erreur, c’est ça, c’est aussi d’avoir joué à Marseille : comment a-t-on pu imaginer que c’était une bonne idée ? Là encore, il y aurait des choses à dire. Le coût déjà, près de 175 000 euros de location par match ! Même si c’est négocié, avec jauge basse, genre 10 000 spectateurs, à quel moment Lepa a pu croire qu’elle avait faire 10 000 personnes au stade et que cela allait couvrir les frais ? À quel moment elle a cru que cela allait faire parler du club, qu’il y aurait des retombées ?

La solution du stade de Gueugnon avait été trouvée avant que n’apparaisse l’idée de jouer au Vélodrome, et à un coût bien moindre. Il y avait aussi Nîmes, qui a refusé, puis l’idée de Béziers. Mais tu comprends, Gueugnon, ce n’est pas sexy… Alors que le Vélodrome, si. Ce n’est que du « show off » (frime) en fait ! Lepa a cru qu’elle allait vendre des maillots, faire des recettes, qu’on entendrait parler du FC Martigues partout dans les médias, c’est pour dire à quel point elle n’avait aucune connaissance du tissu local.

À l’arrivée, il y a eu combien de spectateurs au Vélodrome ?
Je crois que c’est lors du premier match contre Lorient qu’il y a eu le plus de monde. Il devait y avoir 3 ou 4 000 (2655 spectateurs en réalité). On aurait dit la période Covid. Elle s’est bouffée les c…. De toute façon, elle l’a dit, « à chaque fois que l’on jouait au Vélodrome, je pouvais m’acheter une Ferrari ! ». Ils ont fait 4 ou 5 matchs, et bouffé un demi-million sur un budget de 6 millions… C’est énorme. Et tout ça pour finalement aller jouer à Gueugnon après !

Retrouver le stade Turcan en janvier a changé beaucoup de choses…
Oui, pour les joueurs, revenir à Turcan, ça a été quelque chose de très bénéfique. La saison a vraiment démarré à ce moment-là. Mais c’était beaucoup trop tard. Je pense que quelques matchs de début de saison qu’on a perdus, si tu les joues à Turcan, tu prends des points, et on se maintient. A un moment donné, on a même quitté les deux dernières places synonymes de descente directe et on s’est retrouvé barragiste. On avait un vrai potentiel.

On n’a pas encore parlé de Hakim Malek, dont l’arrivée sur le banc en janvier a tout changé…
Je pense qu’il a été écoeuré de voir la manière dont la saison s’est terminée. Il aurait refusé des clubs de Ligue 2 pour pouvoir continuer l’aventure avec le FC Martigues en National, une fois la sanction sportive tombée en fin de saison avec malheureusement cette avant-dernière place. Ensuite, il y a eu le passage devant la DNCG le 4 juillet, et l’exclusion des championnats nationaux, c’était tard pour lui, il a perdu du temps, il a perdu des opportunités, peut-être qu’il l’a mauvaise par rapport à la direction du club. Il a voulu s’éloigner de ça.

Hakim Malek, le coach qui a tout changé sportivement à son arrivée en janvier.

Quid de l’affaire Vartan Sirmakes ?
En gros, après l’épisode Giabiconi, le club avait beaucoup de dettes, notamment des créances de l’URSSAF, et Vartan Sirmakes, propriétaire de la marque Franck Muller, est venu sauver le club. Il a mis des sous en tant que mécène. Il met de l’argent sur un compte, 700 000 euros, bloqué, pour passer la DNCG et rassurer tout le monde. Et en fait, le club a dû piocher dedans. Au moment de rendre le pognon, il n’y a plus l’argent, et Sirmakes demande le pognon, et de là, ça part en bataille juridique, que Sirmakes a logiquement gagné. Mais cet argent était sur le compte de l’association. C’est pour ça que quand Lepa dit « Il y avait des cadavres »…

Il y avait des vases communicants entre la SAS et l’association, il y a eu des transactions, et sur l’extrait de l’audit, il est dit que, globalement, il faut « améliorer l’organisation administrative, comptable et financière » du club. Il est juste question alors de réorganisation. Lepa veut mettre la faute sur le passé, mais elle, elle a écouté n’importe qui. Et en fin de saison dernière, Lepa est allée voir Vartan Sirmakes en Suisse pour lui demander de l’aide !! Tu te rends compte ? Elle n’a pas d’honneur. Le pire, c’est que Sirmakes a accepté de la voir mais il a dit non pour l’argent (rires). Il n’allait quand même pas remettre un euro !

Mais si c’était vraiment de la faute de Sirmakes, qu’elle a tout le temps critiqué, et contre lequel tu as perdu un procès, jamais de la vie tu vas le voir pour lui demander de l’argent, non ? On n’avait pas de sponsor maillot toute la saison, elle avait sa marque, mais alors pourquoi n’a-t-elle pas mis sa marque sur les maillots ? Au moins, elle aurait eu de la visibilité… Et bien non. Que des mauvaises décisions, je te dis.

Djamal Mohamed (à gauche), le soir de la montée en L2 (ici avec Souleymane Diawara). Photo 13HF

Quid de Djamal Mohamed, le directeur sportif ?
Il n’est plus au club. Il était là depuis un moment. Il fait venir Steve Solvet et Yannick Etilé, deux supers joueurs, parce qu’il a toujours su trouver des joueurs comme ça, il a du flair, il est bon, et derrière, c’est Bernès qui a pris les rênes, il n’avait plus la main. C’est pour ça, des gens sont arrivés, mais pourquoi, puisqu’on avait Djamal. Il n’a plus rien géré et il a repris la main sur la fin. De toute façon, on a été interdit de recrutement en décembre, donc son rôle est devenu limité. Les saisons précédentes, en N2 et en National, il avait trouvé des supers joueurs, c’était top.

L’annonce du départ en juin 2024 de Grégory Poirier, l’artisan des deux montées de N2 en L2, est-ce que, finalement, cela n’a pas été ça le début de la fin, comme un très mauvais signal ?
Je ne sais pas… Avec tout ce que Greg a mis en place, de voir le résultat… Je ne sais pas ce qu’il pense, si ça lui fait de la peine ou pas. Mais je pense qu’il est parti parce qu’il a senti venir la douille. Le FC Martigues lui a permis d’obtenir son diplôme d’entraîneur professionnel. Et, lui, par rapport à ça, se sentait redevable d’un an. Mais il a dû sentir voir le truc arriver…

Grégory Poirier, l’artisan de la double montée (en 3 ans) de N2 à Ligue 2. Il entraîne le Red Star, en Ligue 2. Photo 13HF

Que sont devenus les joueurs ?
Il n’y a plus aucun joueur de la saison passée. Oualid Orinel est à Nîmes (N2), Romain Montiel à Créteil avec le gardien Yann Marillat (N2), Yannick Etilé, qui était approché par une D1 portugaise, est parti à Paris 13, et quand j’ai vu ça, j’ai mis ce post sur X, « il aurait mérité mieux ».

Karim Tlili avait des touches avec Cannes mais il a signé à Versailles (National), Samir Belloumou à Valenciennes (National), c’est beau, avec Alain Ipiélé, Steve Shamal est à Bordeaux (N2), Bevic Moussiti-Oko s’entraîne avec l’UNFP, Luan Gautier a fait des tests à Brest, Steve Solvet est en Azerbaïdjan au Sabah FC, Leandro Morante à Caen (National), Saintini est retourné à Sion et Mahamé Iby à Malmö, en Suède, c’était des prêts, Simon Falette est libre, Yanis Hadjem est en Belgique (en D2, aux Francs Borains), Milan Robin est en Ligue 2 au Mans, Ayoub Amraoui, prêté par l’OGC Nice, est retourné là-bas avant d’être transféré à Al-Ahli Sports. Voilà en gros.

Le stade Turcan va sonner creux…
L’OM s’est positionné pour accueillir quelques matchs de la Division 1 féminine (5 matchs), et quelques matchs aussi de son équipe de Youth League (3), et l’équipe fanion veut jouer à Turcan. Mais il y a eu une grosse erreur : une ville comme Martigues doit avoir ses équipements sportifs aux normes, et nous, il a fallu des mois de travaux pour que Turcan soit homologué pour la Ligue 2, alors que cela aurait dû être anticipé. Le FC Martigues avait déjà failli monter en Ligue 2 un an plus tôt, cela aurait dû déboucher sur une première phase de travaux. Rien n’avait été fait depuis des dizaines d’années. C’est une grosse erreur, parce que du tout, il a fallu tout faire d’un seul coup.

Du coup, les supporters ont été privés de match pendant une demi-saison, les joueurs ont effectué des allers-retours constamment, sans compter que cela a coûté un pognon dingue. Je trouve ça honteux. A l’arrivée, cela a coûté plus de 3 millions d’euros aux contribuables pour avoir un stade aux normes et là on a une équipe qui va jouer en « Départemental » ? Je te le dis, ça va gueuler au prochain conseil municipal.

Premier match à Turcan en Ligue 2 fin janvier 2025 et première victoire 3 à 0 ! Le début d’une jolie remontada…

Par le passé, des clubs comme Strasbourg, Bastia, Reims aussi, Le Mans, ou récemment Sedan, sont descendus bas…
Oui mais nous, on n’a pas une grosse fans base comme à Sedan, Strasbourg, ou Bastia et Le Mans, des clubs qui, dans un passé récent, se sont retrouvés en N3 ou même en Régional 1 voire R3 pour Sedan. On a des spectateurs à Martigues, pas des supporters. Je connais des supporters qui m’ont dit, quand Martigues a été rétrogradé en Régional 1 en juillet, qu’ils n’allaient plus suivre le club… Mais c’est quoi ça ? C’est ça supporter le club de sa ville ?

Bien sûr que cela va me faire mal au coeur quand je vais aller voir un match de Départemental. On verra bien… Il y a tout à reconstruire, l’équipe est très jeune, avec une moyenne d’âge située entre 18 et 20 ans, et un nouveau coach qui a joué au club, et donc connaît la région, le contexte, Salim MRamboini.

Les vidéos de Romain Molina sur le FC Martigues ?
Sa vidéo sur le FCM, ce qu’il dit, c’est réel. Il expose des faits que la plupart des supporters ignore. Et quand ceux-ci découvrent les dessous, ils se disent « Waouh, c’est pas possible ! ». Personnellement, je ne suis pas surpris. Ils vérifient ses sources. Il a été contacté par une association anti-corruption des Bouches-du-Rhône, qui a dénoncé tout ce qui se passait à Martigues, mais c’était déjà avant l’arrivée de Lepa. Mais c’est sûr que dans le club, il y a une taupe. Je pense que c’est quelqu’un qui était dans le board avant, mais qui est parti. Mais je ne suis pas la taupe !

Le mot de conclusion ?
Quel dommage !

  • Texte : Anthony Boyer / X @BOYERANTHONY06 / mail : aboyer@13heuresfoot.fr
  • Photos : @Facebook FC Martigues (sauf mentions spéciales)
  • Suivez-nous sur nos réseaux sociaux (Facebook, X et Instagram) : @13heuresfoot
  • Visitez le site web 13heuresfoot
  • Un commentaire, une suggestion, contactez-nous (mail) : contact@13heuresfoot.fr

 

 

Le coach des Thoniers est une personnalité à part, qui jouit d’une belle image. Naturel, pudique et pas carriériste, il ne réseaute pas, fonctionne sans agent et a quasiment conservé les mêmes recettes qu’il utilisait sur les terrains des championnats régionaux en Corse. Entretien avec un homme hors système, qui a brisé un mythe en s’exilant loin de son île natale.

Par Anthony BOYER – mail : aboyer@13heuresfoot.fr

Photos : Philippe LE BRECH (sauf mentions spéciales)

Photo Philippe Le Brech

Stéphane Rossi l’apprendra en lisant l’article : pour préparer notre entretien en visio, nous avons pris quelques informations auprès d’une personne qui le connaît bien ! Pour en savoir plus sur le Bastiais d’une grande discrétion, à la fois dans la vie de tous les jours et dans les médias, nous aurions pu interroger Antoine Emmanuelli, son ancien président au CA Bastia, avec qui il a tout connu.

Finalement, nous avons opté pour Nicolas Gennarielli, qui fut son adjoint chez les Cabistes et aussi au Sporting-club de Bastia, qu’il avait dû quitter prématurément pour raisons familiales ! Et tout ce que nous a dit l’actuel directeur technique du Cavigal Nice, passé sur les bancs de l’Ile-Rousse (CFA2, devenu le FC Balagne) et de Porto-Vecchio (DH) au début des années 2010, s’est vérifié.

L’image d’un Rossi sympa, agréable, simple, et aussi pudique, a très vite été confirmée : « Sté, il est toujours resté le même. Il est lui-même, témoigne Gennarielli. Humainement, c’est un top mec ! Il est très cool. C’est aussi un épicurien. Il kiffe la vie, qu’il prend du bon côté. Dans le foot, il est très passionné. Il peut passer des heures à parler ballon, mais il sait aussi switcher. C’est un entraîneur qui y est arrivé par sa compétence. Il est très ouvert et fonctionne à la confiance. Il n’a pas peur de déléguer. Dans ce milieu, il dénote un peu, parce qu’il n’a jamais eu d’agent, qu’il fonctionne tout seul et qu’il n’a pas de réseau. Il est en dehors du système. Il n’est pas carriériste. Il ne se vend pas et puis il a longtemps été catalogué comme l’entraîneur corse qui ne peut pas exercer ailleurs qu’en Corse… »

Il vient de soigner un cancer de la thyroïde…

Lors d’un match amical cet été contre le SM Caen de Maxime d’Ornano. Photo Philippe Le Brech

Tous ces sujets, nous les avons évoqués avec celui qui s’est assis sur le banc de l’US Concarneau le 1er juillet 2024, dans un club professionnel fraîchement relégué de Ligue 2 en National, à… 1600 kilomètres de Bastia, sa terre !

Mais il est un autre sujet que nous n’avons pas abordé, celui de la maladie et de son cancer de la thyroïde, détecté en décembre 2024, qu’il a combattu pendant sept mois, et qu’il a vaincu.

Lundi, dans les colonnes du quotidien Ouest-France, il s’est longuement confié au journaliste Dylan Le Mée. Morceaux choisis : « En décembre, on m’a décelé une anomalie au niveau de la thyroïde (…) dès janvier, j’ai su que j’allais me faire opérer en juin. L’opération s’est mal passée. Je suis resté quelques jours en réanimation. Je n’arrivais pas à parler. Au club, seuls le médecin, le président, le directeur général et les joueurs étaient au courant (…) Après la saison, cela a été très compliqué, j’ai eu le soutien de ma famille et des gens du club. Quand je me suis réveillé, que je ne pouvais plus parler, ça m’a mis un coup car j’ai cru que je ne pourrais plus travailler (…) Dans notre métier, sans voix, l’entraîneur ne sert pas à grand-chose. Moralement, j’étais atteint (…) La chose qui m’a manqué, c’est de pouvoir parler aux joueurs qu’on avait ciblés et qu’on avait réussi à convaincre pour leur dire ce que je fais d’habitude, ma manière de voir les choses (…), maintenant, sur le terrain, je vis les moments plus intensément. Je me dis que ce n’est que du football et du jeu. Il faut que je vive différemment. J’ai toujours fonctionné pour moi. Je le dis ouvertement, j’étais égoïste. Le foot sera toujours mon métier, mais ce n’est pas ce qui fait l’essence de ma vie. »

Vendredi dernier, avant un match amical disputé (et remporté) face à Pontivy (N3), histoire de garder le rythme – l’US Concarneau était exempte lors de la 2e journée de championnat en raison de la rétrogradation de l’AC Ajaccio, qui a déposé le bilan, et du nombre impair (17) de participants en National -, Stéphane Rossi a pris 45 minutes de son précieux temps pour répondre, avec sa courtoisie habituelle, à nos questions, axées sur sa personnalité, son histoire, son parcours. Parfois surpris, comme lorsque nous l’avons interrogé sur son papa, parfois rieur, le coach le plus âgé de National (61 ans) et aussi le plus expérimenté à cet échelon (237 matchs avant celui de ce vendredi à Bourg-en-Bresse) devant le coach d’Orléans Hervé Della Maggiore (221) et le coach du FC Rouen Régis Brouard (174 matchs en National) – ces deux derniers ont cependant plus d’expérience à l’étage supérieur, en Ligue 2 – est resté fidèle à sa réputation. Celle d’un homme tranquille, sincère, cool, pudique mais pas trop non plus.

Interview

« Je n’ai jamais eu besoin d’un agent pour trouver un club »

Photo Philippe Le Brech

On commence par une date. Si je te dis 23 octobre 2019 ?
Le jour où je me suis fait virer du Sporting !

23 mars 1964 ?
(Rires) c’est ma date de naissance !

À quoi cela te fait penser ?
À Mon âge (rires) ! Mon âge avancé ! 61 ans ! Ça passe très vite, trop vite !

Et sur ses 61 ans, combien de temps passés sur les terrains de foot ?
Depuis minot, plus de 45 ans, j’ai commencé le foot en compétition à 15 ans, en cadets !

Et ta date de naissance, ça ne te fait penser à rien d’autre ?
(Surpris, il ne sait pas quoi répondre)

Tes parents… Ton père.. Tu as une relation forte avec ton père…
Oui, oui… (gêné)

Photo US Concarneau

Tu es pudique, tu n’aimes pas trop en parler…
Mon père c’est… Il a 86 ans aujourd’hui, il a toujours compté pour moi, mais c’est normal, il m’a élevé, quand ma mère est parti très jeune. C’est quelqu’un qui a été très dur avec moi au départ, mais aujourd’hui, je retire tous les bénéfices de cette éducation, des valeurs qu’il a pu me transmettre. C’est quelqu’un qui a pris aussi la relève et a élevé aussi mes enfants, puisque moi, j’étais divorcé, j’étais pas trop disponible… Mon père c’est le patriarche. Mes deux filles sont grandes aujourd’hui, elles ont 35 et 32 ans, je suis grand-père, j’ai deux petit-fils.

« Je n’aime pas me mettre en avant »

En recherchant des articles sur toi, on en trouve bien sûr axés sur le foot, les matchs, la compet’, mais en réalité très peu sur toi, l’homme, ton caractère, ta personnalité… Tu es discret…
Oui, c’est plus de la pudeur, je n’aime pas trop me mettre en avant. Moi, je fais mon boulot, et c’est largement suffisant. Et mon boulot, les gens qui sont avec moi le voient. Je ne cherche pas la lumière, ce n’est pas la peine.

Depuis maintenant 12 ans, tu ne vis que du football…
Oui. Pendant des années, j’ai cumulé deux fonctions : celle d’entraîneur de foot et celle de chef du service des sports du département de Haute-Corse. Quand on est monté en Ligue 2 avec le CA Bastia en 2013, j’ai dû faire un choix parce que je ne pouvais plus cumuler les deux. C’est là que je me suis mis en disponibilité afin de me consacrer au foot. La dispo de 10 ans s’est terminée en 2023, et j’ai fait le choix à nouveau à ce moment-là de ne pas retourner dans l’administration.

Tu es un peu à part, dans le milieu, la com, les médias, les réseaux, ce n’est pas trop ton « truc ». On sent aussi que le Stéphane Rossi que j’ai en face de moi, il ne joue pas un rôle. Tu es toi-même…
En fait, pour le foot professionnel, j’ai gardé le même fonctionnement que j’avais dans le foot amateur, quand j’entraînais en DH (Régional 1) ou même en Division 4 à l’époque. J’ai toujours eu un certain mode de fonctionnement que j’ai conservé, parce que j’ai été élevé comme ça. Pourquoi changer ? Il faut continuer à vivre comme on a l’habitude de vivre, sinon, tu peux perdre des amis, tu ne consolides pas les liens forts que tu as pu créer avec des amis au collège par exemple et que j’ai toujours aujourd’hui, ou avec des joueurs dans mes jeunes années au Sporting-club de Bastia, quand j’ai commencé à faire de la compétition.

« Il faut donner de l’importance à la personne que tu as en face de toi »

Photo Philippe Le Brech

Tu dis que tu as conservé le même fonctionnement que quand tu entraînais en DH mais pourtant, ce n’est pas possible, il y a forcément de l’adaptation…
Je me suis adapté, bien sûr, mais ce que je veux dire, c’est que je fonctionne quand même d’une certaine manière. Je t’explique : quand j’arrive dans un club avec la responsabilité d’une équipe, ma priorité c’est de fédérer autour de moi. Et pour ça, il y a des leviers à activer, il faut aller vers les gens, il faut donner de l’importance à la personne que tu as en face de toi, faire sentir à des joueurs, par exemple, qu’ils sont importants, mais il faut une confiance mutuelle. Cette confiance-là, elle est majeure, parce que si on l’obtient, derrière, on arrive à faire passer tous les messages que l’on veut, peu importe que le joueur ait fait un bon ou un mauvais match. Et à partir de là, on peut avancer. Les footballeurs professionnels, ce sont d’abord des humains, avec tout ce que cela comporte. Ils ont leurs failles, leurs qualités, et je prends ça en compte. Après, c’est sûr que dans le travail, je suis exigeant, rigoureux, parfois je m’énerve aussi, mais toujours avec le respect de la personne que j’ai en face de moi.

Sur le banc, tu as l’air aussi de bien maîtriser tes émotions, de ne pas te laisser envahir…
Parfois il m’arrive de m’énerver mais j’ai appris une chose avec le temps, c’est que quand tu es serein, plutôt calme sur un banc de touche, tu as plus de facilités pour analyser les choses. Et quand tu t’emportes, quand tu t’énerves, tu transmets ce stress à tes joueurs, à ton banc, et ce n’est jamais bon. Parce que tu indisposes beaucoup de gens, et cela peut se retourner contre toi. Je ne dis pas que je ne le fais jamais, mais il faut vraiment que cela soit quelque chose de grossier pour que je puisse sortir de mes gongs. Je ne tolère pas, non pas l’injustice, c’est un mot trop fort, mais les mauvais comportements. Il y a des personnes dans le football qui m’ont déçu par leur comportement. C’est vrai que tout le monde veut gagner, que notre métier est soumis à l’obligation de résultats, on le sait, c’est comme ça. Gagner, OK, mais pas par n’importe quel moyen. Il faut respecter le travail des autres, se respecter les uns les autres. Il faut de l’humilité, et sur ce plan-là, quelques personnes, coachs, présidents, directeurs sportifs, m’ont déçu. Moi aussi j’ai la pression du résultat. Ce n’est pas que cela peut me rendre différent, mais cela peut engendrer chez moi un comportement différent sur le moment. Là, je peux sortir de mes gongs. C’est un peu un regret que j’ai par rapport au milieu du foot.

Un souvenir d’un match où tu as pété un plomb ?
Je n’ai pas forcément pété les plombs mais juste dit les choses comme je le ressentais, et pas forcément de manière courtoise, c’était la saison dernière, contre Sochaux, à l’aller et au retour. Il y a eu une altercation parce que, en face de nous, je pense que les personnes n’ont pas pris le bon chemin pour gagner ce match, voilà, donc à un moment donné, il faut respecter les personnes que l’on a en face, quelque soit le statut, quelques soient les obligations de résultats que l’on peut avoir.

‘J’ai signé à Concarneau sans agent »

Photo Philippe Le Brech

Tu fonctionnes toujours sans agent ?
Oui, c’est vrai. J’ai signé à Concarneau sans agent. Je n’ai jamais eu besoin d’un agent pour trouver un club. Je n’ai toujours pas le réseau. Il y a des gens qui me connaissent et puis, ce qu’il faut dire aussi, c’est que j’ai quand même passé une trentaine d’années en Corse en tant qu’entraîneur. Forcément, là-bas, je n’avais pas besoin de grand-monde, mais après, quand je suis parti, oui, peut-être que j’aurais eu besoin d’un agent, mais cela s’est fait comme ça, par le bouche à oreille quand j’ai signé à Cholet par l’intermédiaire d’Anthony Martin, qui est de là-bas, qui était le gardien que j’avais au Sporting-club de Bastia à l’époque : il m’a appelé et m’a dit, « Ecoute, Cholet cherche un entraîneur, je vous mets en relation ». Pour Bourges, en National 2, pareil, je reçois un appel de quelqu’un que j’avais croisé sur les terrains, qui me dit que le club change d’entraîneur, il me demande si je veux aller là-bas, je me dis « pourquoi pas ? », le niveau m’importe peu, N2, National, ça ne me dérange pas. Et voilà. À Concarneau aussi, Philippe Leclerc (responsable du recrutement, ex-Caen, Angers), m’a appelé, il avait pris des informations sur moi par la bande, sur mon travail, ma manière de fonctionner, et ça s’est fait comme ça.

« J’aurais dû partir de Corse plus tôt »

Qu’est-ce qu’il t’a manqué pour entraîner plus souvent en Ligue 2 par exemple (une seule saison, en 2013-2014, avec le CA Bastia) ?
J’aurais dû partir de Corse plus tôt. C’est un des freins parce qu’on m’a catalogué comme un entraîneur ne pouvant entraîner qu’en Corse, n’ayant des résultats qu’en Corse, et ça, c’est un facteur limitant. Je pense que c’est juste ça. Après, sa notoriété, sa crédibilité, on la fait, non pas en changeant de clubs tous les jours, mais au travers des résultats que tu peux avoir dans tes clubs respectifs. À chaque fois que l’on m’a demandé d’atteindre un objectif, je l’ai atteint, même au Sporting quand je me suis fait virer.

« Il a toujours fallu que j’aille chercher les choses »

Photo Philippe Le Brech

Tu as aussi souvent pris en mains des équipes où il fallait reconstruire…
Oui. Au Sporting, quand le club est tombé de Ligue 1 en National 3, on m’a demandé de reconstruire parce qu’il n’y avait plus rien, j’ai construit, avec mon petit réseau, j’ai fait venir des joueurs, on a monté une équipe, la première année, on a fini 2e en National 3 (derrière Endoume), on est parti trois ou quatre matchs après les autres, c’était trop difficile, mais la deuxième année, on est monté en N2, et quand je me fais virer la troisième année, on avait disputé 9 matchs de championnat, on en avait gagné 7. Mais je pense que ce n’est pas sur les résultats sportifs que je me suis fait virer, il y a d’autres choses, d’autres raisons, mais je ne les connais pas.

À Cholet, quand je suis arrivé la première fois en décembre, il fallait maintenir le club, il y a eu la Covid, mais on était dans les clous. La deuxième année, on a tout reconstruit, en changeant 80 % de l’effectif, à la trêve, on n’était pas mal, dans les trois premiers, après, il y a eu des paramètres, comment dire, non maîtrisables… mais on a toujours été dans la première partie de championnat. À Bourges, quand je suis arrivé, la situation était délicate, on m’a demandé de maintenir le club en N2, on s’en est sorti. Et à Concarneau, dans un club qui descendait de Ligue 2, on m’a demandé de rebâtir, de reconstruire, avec des moyens limités pour le niveau National, et on a fini 8es. Et cette année, c’est pareil, il faut continuer à bâtir et surtout se maintenir pour aller dans la nouvelle Ligue 3 professionnelle. J’espère qu’un jour, de dépasserai les objectifs que l’on m’a demandés. En fait, j’ai été catalogué comme ça aussi. On ne m’a jamais donné une équipe déjà bâtie, déjà construite, en me disant « Voilà, avec cette équipe-là, tu vas entraîner en Ligue 2 ou en National ». Non. Moi, il a toujours fallu que j’aille chercher les choses tout le temps.

Photo US Concarneau

As-tu souffert de cette étiquette ?
Je n’en ai pas trop souffert parce que pendant longtemps je n’ai pas ressenti le besoin de partir (de Corse), j’étais bien chez moi, j’entraînais chez moi, à un bon niveau, voire à un très bon niveau. Ce que l’on a réalisé avec Antoine (Emmanuelli) et d’autres au CA Bastia, ce n’était pas banal, c’est quand même un exploit mémorable, un miracle même, d’arriver à monter en Ligue 2 avec un club de Bastia intra-muros, à côté du Sporting qui accapare toute l’attention des médias, des supporters, et de manière légitime, c’est bien normal. Les gens n’ont pas pris conscience de ce qui s’est passé à cette époque là.

Des regrets par rapport à l’époque CAB en Ligue 2 ?
Le CA Bastia en Ligue 2, ou même en National, c’était une opportunité monumentale pour les jeunes corses et pour le football sur l’île de développer le centre de formation du Sporting et de mettre en place des passerelles entre les deux clubs, en travaillant en bonne intelligence, main dans la main, et pas les uns contre les autres. Pour le CA Bastia, ce n’était pas seulement le fait de rester en Ligue 2, parce que même en National, avec un Sporting qui était en Ligue 1 à ce moment-là, cela aurait été viable. Cela aurait permis aux deux clubs de bénéficier de pas mal de compétences. C’est ça le regret. On n’a pas su convaincre les gens que c’était comme ça qu’il fallait avancer pour le bien du football corse.

Tu avais déjà eu des propositions pour entraîner sur le continent avant d’aller à Cholet en 2019 ?
Quelques-unes, mais comme je n’ai pas d’agent, tout était informel. Il n’y a pas eu de discussion. Je me souviens avoir vu mon nom dans la presse parisienne pour Créteil à l’époque, qui était en National.

« Il fallait que je parte, j’en avais besoin… »

Photo Philippe Le Brech

Cholet, c’était quand même le grand saut ! Qu’est-ce qui t’a pris d’aller aussi loin ? On t’aurait plutôt imaginé dans la partie « sud » de la France …
C’était un moment où j’en avais besoin. J’étais content de partir de chez moi, parce que j’ai souffert pendant quelque temps après mon éviction du Sporting-club de Bastia, en octobre 2019. Cette éviction, je pensais que c’était injuste. J’avais ce sentiment-là. Je voulais oublier tout ça, passer à autre chose. Je voulais partir pour montrer aussi que j’étais capable d’entraîner à un niveau supérieur, parce que quand je suis viré de Bastia, le club est en National 2. Là, à Cholet, je pars en National. J’avais eu d’autres contacts, tout de suite, après Bastia : j’avais discuté avec Béziers aussi, qui était en National, et Cannes, en National 3, m’avait sollicité, mais à ce moment-là, je voulais prendre un peu de recul. J’en ai profité pour partir avec mon épouse, voir des matchs en Italie, pendant un mois, et après j’ai rebondi en décembre.

L’US Concarneau 2025/26. Photo Philippe Le Brech

J’ai vu que dans ta carrière de coach, tu avais entraîné (au CAB Gallia Lucciana) un certain… Benoît Tavenot. C’est drôle non ? Il est aujourd’hui à la tête du Sporting-club de Bastia, en Ligue 2…
C’est vrai. C’était au CABGL (Bastia Gallia Lucciania) Et je vais te raconter une anecdote, Benoît s’en souvient. On va jouer en CFA2 à Cagnes-sur-Mer, à côté de Nice. Benoît, qui est originaire de Solaro, en Corse, arrivait de Strasbourg, je crois qu’il était encore étudiant. À Cagnes, il y avait du lourd, je me souviens qu’il y avait Di Costanzo (ex-Rennes, Nice, Reggiana), ils avaient une équipe largement plus forte que la nôtre. Je mets en place un système de jeu un peu particulier avec Benoît au marquage individuel de Di Constanzo. C’était l’une des premières fois où j’étais arrivé à avoir des images de l’adversaire ! On m’avait donné une cassette et j’avais regardé au magnétoscope le match précédent de Cagnes. Et très vite, je vois que Benoît n’est pas dans le coup, il perd un ballon, le mec marque… Bref, il est à côté de ses pompes. Je le sors au bout de 20 minutes. Et finalement on a gagné 2 à 1. J’ai ce souvenir-là (rires).

Tu es toujours en contact avec lui ?
Je l’ai de temps en temps, mais là ça fait un moment que je ne l’ai pas eu. Après, si j’ai besoin de quelque chose, je peux l’appeler, et l’inverse aussi bien entendu, il sait très bien qu’il peut m’appeler. J’ai passé le recyclage du BEPF il y a deux ans quand il était dans sa session BEPF.

Ça ne te fait pas « bizarre » de le voir à la tête du Sporting ?
Non, parce qu’il s’est engagé dans cette voie-là (de coach) très tôt aussi, il a eu des équipes de jeunes au club, il a eu la réserve, il est parti avec Frédéric Antonetti comme adjoint (à Metz et Strasbourg), il était déjà adjoint au Sporting avant (de Frédéric Hantz et de François Ciccolini), mais c’est vrai que c’est particulier de l’avoir eu comme joueur.

Penses-tu être un meilleur entraîneur aujourd’hui qu’il y a 25 ans ?
Je pense que oui, j’ai beaucoup plus de recul, d’analyse, et je dirais même de compétences. On progresse tout le temps, on apprend. Il faut toujours s’ouvrir, ne pas s’enfermer, re pas rester sur ses acquis, afin d’évoluer.

« Je ne suis pas un entraîneur défensif »

Photo Philippe Le Brech

Joueur, tu étais un plutôt créatif, un numéro 10, technique, mais coach, tu aimes bien que tes équipes soient plutôt bonnes défensivement…
Eeeeeeh…. Je dirais … oui et non ! Oui, parce que le socle, la base d’une équipe, c’est la solidité, afin qu’elle puisse exprimer ensuite ses qualités et ses forces offensives. Mais j’aime bien qu’elles soient organisées, qu’on puisse aussi avoir parfois la maîtrise : quand je bâtis un projet de jeu, j’appelle ça un projet de jeu réaliste. Je m’inscris dans cette philosophie-là, et non pas dans une philosophie de possession, de transition ou d’équipe ultra-défensive. Un projet de jeu réaliste, cela veut dire être capable de travailler sur des blocs médians ou bas quand il faut et être capable d’avoir la maîtrise du jeu et la possession par un jeu de position quand l’adversaire vous laisse la possibilité d’avoir le ballon.
Après, en fonction des individualités que l’on peut avoir, ça peut changer : la saison passée, par exemple, même si on a terminé 8e et que l’on a souffert à une certaine période, on a fini avec la 2e meilleure attaque du championnat (48 buts marqués, comme Le Mans, derrière Nancy et ses 54 buts) et quasiment l’une des plus mauvaises défenses. Il faut être équilibré, et ça, c’est difficile à trouver. Quand on est équilibré, souvent, c’est au détriment de l’aspect offensif. Quand on marque des buts aussi, c’est au détriment de l’aspect offensif, etc. etc. Si tu trouves cet équilibre, tu peux faire en sorte de terminer dans le haut du tableau. Mais je ne suis pas un entraîneur défensif !

« Le respect, l’humilité, et j’ai l’impression que ça se perd un peu »

Photo Philippe Le Brech

Est-ce que tu as l’impression d’être un coach à part, différent, dans ce milieu du foot ?
(Rires) Je vais te dire ce que je t’ai déjà dit : en fonction des personnes que j’ai en face de moi, peut-être. Il y a des entraîneurs aujourd’hui avec qui j’aime bien échanger, discuter, voilà. Mais c’est vrai qu’il y en a de moins en moins. Dernièrement, j’ai joué contre Villefranche en championnat (0-0, journée 1), j’avais déjà eu l’occasion de croiser leur coach, Fabien Pujo, en 2014, quand, justement, il y a eu cette accession avec le CA Bastia, j’étais parti au recyclage à Clairefontaine, et Fabien était là-bas à ce moment-là, on avait sympathisé à cette époque, mais c’est très vieux comme souvenir. Là, on a pu échanger avant le match. Après, il y a des coachs qui ne parlent pas, d’autres qui n’ont pas envie de parler, ou qui ont peut-être la pression avant le match, après, je respecte tout le monde. Mais par rapport à cette nouvelle génération d’entraîneurs qui arrivent, il y a un autre état d’esprit qui s’installe. Il y a des jeunes entraîneurs qui… je vais faire attention à ce que je vais dire parce que je ne veux froisser personne… qui ont les dents longues, et c’est ça la différence avec les entraîneurs de ma génération. C’est un constat. Nous, on était là, on était content d’être là, on était ouvert. Voilà. On était en National par miracle, parce que qui aurait dit que le CA Bastia monterait en National, puis en Ligue 2 ? Aujourd’hui, ce sont de jeunes entraîneurs à qui on donne les clés d’une équipe professionnelle parce que la majorité des clubs sont pros en National, et ils sont propulsés sur le devant de la scène comme ça, et ils veulent aller encore plus loin. Ils sont très ambitieux. C’est bien. Mais l’ambition, c’est une chose, mais après, il y a d’autres choses, comme la relation que l’on peut avoir avec les confrères, le respect, l’humilité, et j’ai l’impression que ça se perd un peu.

La Ligue 3, les coachs sont concertés ou pas du tout ?
(Il hoche la tête en signe de non) J’en parle avec mon président (Jacques Piriou), d’ailleurs il m’a donné comme objectif d’être en Ligue 3, mais à part ça, non, parce que c’est toujours un peu flou. On n’a pas trop d’informations. Moi, je sais juste deux choses sur la Ligue 3 : c’est qu’il y aura des play-off, et le statut professionnel.

« Le National s’est bonifié et professionnalisé »

Stéphane Rossi, au début des années 2000, à la tête du CA Bastia Gallia Lucciana. Photo DR

Tu le trouves comment le National aujourd’hui par rapport à celui que tu as connu avec le CA Bastia en 2012/2013 par exemple ?
Les clubs sont beaucoup plus structurés et les installations, hormis deux ou trois clubs, sont celles de clubs qui ont connu la Ligue 1 ou la Ligue 2, dignes du niveau supérieur. Les joueurs ont aussi pour certains joué à des niveaux au-dessus. Je trouve qu’au fil des saisons, le championnat se bonifie. Avec des entraîneurs, comme je l’ai dit, qui ont envie d’aller encore plus haut, et donc forcément, qui amènent autre chose, notamment dans leur vision du football. Forcément, parfois ça marche, parfois non, mais c’est totalement différent de ce que j’ai connu en 2012. En fait, ça s’est professionnalisé.

Un mot sur la situation du foot de haut niveau en Corse aujourd’hui ?
Déjà, de voir l’AC Ajaccio disparaître des compétitions nationales, ça me fait mal. Parce que c’est le football corse dans sa globalité qui est touché. L’ACA, ce n’est pas simplement l’équipe première, c’est un centre de formation reconnu, qui travaille bien, c’est la possibilité pour des jeunes joueurs de continuer leur cursus de formation, et susciter chez eux des vocations et pas seulement celles de devenir un joueur professionnel, cela peut être aussi de devenir éducateur, entraîneur, et tout ça, cela va manquer à un moment donné. Aujourd’hui, on résonne dans l’instant présent : oui c’est une catastrophe économique, c’est l’ACA qui disparaît, mais il faut regarder sur le long terme. Peut-être qu’il y a des garçons qui auraient dû être professionnels et qui vont travailler dans un autre secteur, d’autres qui auraient pu être éducateur ou entraîneur et qui feront eux aussi autre chose.

En fait, ça dérègle tout, pas seulement l’économie autour de l’ACA. C’est ça qui me fait mal. Des gens se retrouvent au chômage (180 salariés, ndlr). Il y a des familles touchées. Pour rebondir, c’est compliqué. J’ai connu ça au Sporting en 2017, quand je suis arrivé, le club était dans la même situation que l’ACA aujourd’hui, il y avait des garçons qui avaient signé des contrats pros de 3 ans, qui se sont retrouvés sans rien, certains ne jouent plus au football aujourd’hui. Tout ça, ce sont des choses qui ne sont pas palpables, mais qui vont arriver. L’impact sera négatif, ça c’est sûr. Cela a été le cas au Gazelec Ajaccio aussi. C’est sûr que cela fait mal au football ajaccien aussi, il y avait à un moment donné deux clubs en Ligue 1 et en Ligue 2, des derbys, aujourd’hui, il ne reste que le Gazelec en National 3. C’est dommage.

Photo Philippe Le Brech

Tu as regardé la vidéo de Romain Molina sur Johan Cavalli (directeur sportif de l’AC Ajaccio) ?
Oui.

Si un truc comme ça t’arrivait, si on dévoilait tes contrats au grand jour, tu réagirais comment ?
Franchement, à la place de Johan, je n’aurais même pas répondu. De toute façon, tous ces renseignements, son contrat, parce qu’il (Molina) a sorti son contrat, avec ses clauses, tout ça, ça vient de l’intérieur. Peut-être que moi, j’aurais cherché à régler mes comptes à l’intérieur.

Je ne suis pas là pour défendre Johan, mais qu’est-ce qu’il a fait de mal ? Il a un contrat, il ne l’a pas volé. Quand il a été signé, tout le monde était d’accord. Après, ce n’est pas ça qui a tué l’ACA.

« On a investi la Bretagne ! »

La vie à Concarneau, c’est comment ?
C’est top ! Il y a la mer, déjà, même si elle est un peu froide, mais quel plaisir de la voir tous les jours, surtout quand on est habitué comme moi à la voir depuis toujours. Après, les paysages ressemblent beaucoup à la Corse, avec une végétation ici, en bord de mer, que l’on retrouve en Corse mais à 300 ou 400 mètres. La ville est tranquille, aux alentours il y a Quimper, Lorient, et pour le foot, on peut aller voir des matchs pas loin, à Brest où il y a Greg Lorenzi, à Lorient où il y a Olivier Pantaloni et Yannick Cahuzac, en fait, il y a beaucoup de Corses, on a investi la Bretagne (rires) ! Je suis allé à Lorient dernièrement contre Osasuna en amical, Greg Lorenzi m’a invité contre Paris en 8e de finale de Ligue des Champions l’an passé. Quand je peux, j’essaie d’aller voir des matchs, le haut niveau, c’est toujours intéressant, mais on a tous nos obligations.

Tu fumes toujours un petit cigare le soir ?
Oui (rires) Oui, ça c’est mon plaisir. J’ai ma cave à cigares que j’ai transportée ici !

Avec un petit verre de whisky ?
Oui, mais pas tous les soirs le whisky (rires) !

Championnat National 2025/26 (journée 3) – vendredi 22 août : FBBP 01 – US Concarneau, à 19h30. Match télévisé et commenter sur la chaîne Youtube du #NationalFFF :  https://www.youtube.com/Championnat_National_Officiel

  • Texte : Anthony Boyer / X @BOYERANTHONY06 / mail : aboyer@13heuresfoot.fr
  • Photos : Philippe Le Brech
  • Suivez-nous sur nos réseaux sociaux (Facebook, X et Instagram) : @13heuresfoot
  • Visitez le site web 13heuresfoot
  • Un commentaire, une suggestion, contactez-nous (mail) : contact@13heuresfoot.fr

 

Le National 2 reprend avec, pour la deuxième année consécutive, sa nouvelle formule de 3 groupes et 48 équipes. Un resserrement par le haut qui  fait dire aux spécialistes que jamais cette compétition, qui se rapproche de plus en plus de son grand frère, le National, n’avait été aussi relevée. C’est certain, la saison 2025-2026 s’annonce… passionnante !

Par la rédaction / contact@13heuresfoot.fr – Photos de couverture US Créteil

La saison de National 2 s’ouvre dès ce vendredi par trois matches : Chantilly – Epinal dans le groupe B, Saint Priest – Hyères et Créteil – Rumilly Vallières dans le groupe C. Depuis la saison dernière, le quatrième niveau a été ramené à 48 clubs (trois groupes de 16) par la grande réforme des compétitions nationales.

Le resserrement de l’élite a pour effet d’élever manifestement la compétitivité, au point que de nombreux témoins ou techniciens estiment que le National 2 d’aujourd’hui n’a plus grand chose à envier au National d’il y a dix ans…
Aujourd’hui, 80% des joueurs de N2 font du football leur métier et 95% des clubs s’entraînent désormais le matin et non plus le soir.

Une preuve que le niveau du championnat a grimpé ? Au terme du National 2024-2025, trois des quatre promus de N2 ont terminé 3e (Boulogne), 5e (Bourg en Bresse) et 6e (Aubagne). Et Boulogne, barragiste malheureux pour la montée en L2 face à Clermont, a finalement enchaîné une deuxième montée de suite (le club nordiste a été repêché après la rétrogradation administrative de l’AC Ajaccio) et joue aujourd’hui en deuxième division !

Le N2 est tellement exigeant qu’il n’accueille plus qu’une seule réserve professionnelle, celle du FC Lorient, là où il y en avait une bonne demi douzaine il y a peu : le FC Lorient est donc la seule exception, et encore parce qu’il a retrouvé sa place après avoir été relégué en N3 il y a un an.

Groupe par groupe, voici les forces en présence, les favoris et les outsiders, et quelques clubs au passé prestigieux, dont les Girondins de Bordeaux et Cannes…

  • La formule

Trois groupes de 16 équipes. Le premier de chaque groupe est promu en Ligue 3 (le FC Lorient ne peut pas monter). Les 15e et 16e sont rétrogradés en N3 ainsi que les deux moins bons 14e.

  • La participation

– Un relégué de National : Nîmes (le deuxième relégué, Châteauroux, a été repêché).
– Quatre repêchés parmi les neuf relégués sportivement en N3 : Wasquehal, Granville, Goal FC et Saumur. En revanche, Balagne, Marignane-Gignac et Bergerac, maintenus sur le terrain, ont été sanctionnés et envoyés en N3 (Balagne) ou en championnats de Ligue (Marignane-Gignac, Bergerac) par la DNCG.
– Dix promus de N3 : Aviron Bayonnais, FC Chauray, FC Lorient B, FC Montlouis (groupe A), FC Borgo, FC Dieppe, Colmar SR (groupe B), Lusitanos Saint Maur, FC Limonest DSD et FC Rousset (groupe C).
– Les trois champions de N2 à l’issue de la saison 2024-2025 ont accédé en National : le Stade Briochin, Le Puy Foot 43 et le FC Fleury 91. Cinq clubs ont été relégués en N3 : Villers-Houlgate, Aubervilliers, Vendée Le Poiré, Jura Sud et Anglet.

Groupe A

Les Girondins de Bordeaux sous forte pression

La saison passée, les Malouins avaient dominé la première partie de saison. Photo Facebook USSM

Aux Girondins de Bordeaux, personne ne se voile la face : une troisième saison en N2 serait inconcevable pour un club six fois champion de France mais passé tout près de l’extinction l’été dernier pour ses dettes abyssales.
Les Girondins sont encore en vie, mais ils attaquent la saison avec une énorme pression, sans joker, sans droit à l’échec. Une non montée en mai prochain pourrait même être cette fois vraiment fatale. Un club comme Bordeaux ne peut pas vivre éternellement à ce niveau.

La découverte du N2 a été semée d’embûches. Les buts de la star anglaise Andy Carroll ont un moment masqué les lacunes d’un groupe construit dans l’urgence, et seulement 4e à l’heure du verdict. Cette fois, le recrutement n’a pas été improvisé mais le turnover est massif : 14 départs (dont Andy Carroll) pour 15 arrivées dont quelques jolies pointures pour le N2 : Steve Shamal (Martigues), Nadjib Cissé (QRM), Matthieu Villette (16 buts avec La Roche sur Yon la saison dernière), Éric Vandenabeele (Rodez) où l’ex-concarnois Faissal Manai.

Laurent David, le coach des Herbiers. Photo Facebook Vendee Les Herbiers Football

Suffisant pour être tranquille ? Évidemment pas. Bruno Irles a appris à connaître les pièges du N2 et la qualité de plusieurs équipes. Qui peut challenger Bordeaux ? Les Herbiers d’abord, 2es du groupe la saison passée derrière le Stade Briochin, et qui cherchent à retrouver enfin le National 7 ans après sa finale de Coupe de France (0-2 contre le PSG) … et sa relégation concomitante en N2 !

Mais le coach vendéen est obligé de reconstruire après la perte de plusieurs cadres recrutés en National : Nathan Yavorski et Shelton Guillaume par Versailles, Sambaly Keita par Villefranche, Anderson Goncalves et Brahima Magassa par Châteauroux…

Saint Malo a aussi vu partir des éléments majeurs au dessus : Bilal Cissé à Versailles, et le buteur Raphaël Gerbaud au FC Rouen. Guillaume Heinry, le boss du milieu, figure également au niveau départs..

Mais le recrutement malouin a de l’allure avec Lucas Capoue (Blois), Tom Lebeau (Le Puy), Nathanael Bai (Bordeaux), Augustin Pascaud (Chateaubriant), Bissouma Touré (Marignane Gignac). L’attaquant Junior Burban (Progrès Niederkorn, Luxembourg) fera-t-il oublier Raphaël Gerbaud ?

Dominateurs jusqu’à Noël, les Corsaires ont longtemps cru que 2024-2025 serait enfin leur saison. Encore raté… 5e en 2023, 2e en 2024, 3e en 2025, l’US Saint Malo y arrivera forcément un jour.

Quelques sérieux outsiders peuvent troubler le jeu : Avranches qui veut renouer avec son passé en National avec Cédric Hengbart sur le banc; le Vendée Foot Club de Frédéric Reculeau (nouvelle appellation de l’ex-Vendée La Roche sur Yon) qui a fini très fort l’exercice précédent; et pourquoi pas Angoulême, 6e du groupe sud la saison passée et ravi de retrouver « sa » poule ?

Enfin, les promus pourraient troubler les cartes, notamment l’Aviron Bayonnais d’Alain Pochat, voire le FC Chauray, désormais seul représentant de l’agglomération niortaise au niveau national, très performant dans ses matches de préparation.

Groupe A – journée 1

Samedi 16 août, 18h :

  • Girondins de Bordeaux – US Avranches MSM
  • Voltigeurs Châteaubriant – Les Herbiers VF
  • Saumur OFC – Bayonne Aviron
  • US Saint Malo – FC Montlouis
  • Angoulême CFC – Dinan Lehon FC
  • Stade Poitevin – FC Lorient 2
  • VFC La Roche-sur-Yon – SC Locminé
  • US Granvillaise – FC Chauray

Groupe B

Pas de favoris mais un trio de costauds

Nicolas Rabuel, le coach du SAS Epinal. Photo Facebook SAS Epinal.

Les trois clubs d’Ile de France étrangement versés dans le groupe sud (Creteil, FC 93-Bobigny, Saint Maur Lusitanos), ce groupe Est-Nord-Corse semble extrêmement indécis. Puisque le champion (Fleury) et son dauphin (FC 93) ne sont plus là, il faut regarder vers la suite du classement de la saison passée, donc vers le FC Chambly-Oise (3e) et l’US Thionville Lusitanos (4e).

Dans l’Oise, où Stéphane Masala entame une troisième année, on est souvent placé depuis le retour en N2 : deux fois 3e (2023, 2025), une fois 4e (2024). Avec son stade Walter-Luzi, l’un des plus beaux de N2 (4200 places assises), le FCCO espère retrouver au plus vite le niveau qui fut le sien pendant une décennie (7 saisons en National, 2 en Ligue 2).
Trois de ses cadres sont partis en National (Paul Bellon à Dijon, Bilal Mehadji à Paris 13 Atletico, Djibril Diarra à Châteauroux) mais le club a engagé une dizaine de joueurs références en N2 comme le buteur Anthony Petrilli (Paris 13 Atletico), Andrea Marques, le capitaine du voisin Beauvais, Kemo Kenneh (Creteil), Johan Rotsen (FC 93), William Vouama (Marignane Gignac), mais aussi avec une belle expérience en Ligue 2 comme Antoine Valerio, passé par Nîmes et Rodez… Sans parler bien sûr du retour de Thibault Jaques, le capitaine des grandes années National/Ligue 2.

Le manager de Beauvais, Sébastien Piocelle, avec au premier plan Romain Elie, l’un des deux coachs de N2 (avec Jérôme Brocard). Photo Facebook ASBO

Les arguments de Thionville sont du même ordre : certes les Lorrains ont dû lâcher leur meneur de jeu Amine Groune (Sarrebruck, D3 allemande), révélation du dernier exercice, mais ils se sont renforcés notoirement en attaque avec Bryan Labissière (Bourg en Bresse, National), Alexis Gouletquer (12 buts avec Haguenau la saison passée) et Chafik Gourichy, de retour dans le club où il avait marqué 23 buts en N3 lors de la saison 2023-2024.

Encore en Régional 2 en 2021, l’US Thionville Lusitanos surfe en outre sur une impressionnante dynamique.
Le troisième candidat arrive du groupe Ouest : boosté par le soutien de la star Sadio Mané, le Bourges FC ne cache pas ses ambitions malgré une décevante 8e place lors du dernier exercice. Certes, le buteur Gwen Foulon et le milieu Samba Dembele sont partis chez le voisin Châteauroux, mais le coach Romain Revelli peut se satisfaire d’un recrutement ambitieux, avec notamment le gardien Leopold Maître (Blois), Allan Ramos (La Roche Vendée), Enzo Couto (Monaco U23), Adélaïde Hitouss (Mâcon), Paul Mbelek (Creteil) ou Rosario Latouchent (FC 93).

Dans ce groupe, on rentrera tout de suite dans le vif du sujet avec un Chambly-Thionville pour commencer dès samedi puis un Bourges-Chambly une semaine plus tard…

Saint Pryvé Saint Hilaire aura aussi un rôle à jouer s’il renouvelle son très bon début de saison passée, comme Biesheim et Furiani Agliani, valeurs sûres du groupe, à la condition de se montrer plus réguliers.

Ancien pensionnaire de National, le SAS Epinal sort d’une saison ratée (12e) au contraire de l’AS Beauvais-Oise, 6e, mais ensuite reléguée en N3 par la DNCG puis réinstallée en appel, et qui aura sans doute l’équipe la plus jeune du championnat. Le maintien suffira cette saison au club de Sebastien Piocelle, et ce sera aussi le cas pour Haguenau et les trois promus (Borgo, Colmar, Dieppe) même si deux d’entre eux jouaient en National il n’y a pas si longtemps (Borgo, Colmar).

Enfin, Blois continuera de faire avec des moyens limités (et sans Cédric Hengbart, parti sur le banc d’Avranches), tandis que Chantilly, Feignies Aulnoye et Wasquehal semblent mieux armés que la saison dernière. Mais l’exercice du pronostic est aléatoire dans ce groupe vraiment ouvert…

Groupe B : journée 1

Vendredi 15 août, 17h :

  • US Chantilly – SA Épinal

Samedi 16 août, 17h :

  • FCSR Haguenau – Feignies Aulnoye EFC

Samedi 16 août, 18h :

  • FC Borgo – Bourges FC
  • FC Chambly Oise – Thionville Lusitanos
  • Wasquehal Football – Colmar SR
  • Blois Foot 41 – FC Dieppe
  • Biesheim ASC – AS Beauvais Oise
  • Saint Pryvé Saint Hilaire – AS Furiani Agliani

Poule C

Créteil favori, vraiment ?

Le Sporting-club de Toulon, 3e la saison passée, fera-t-il mieux cette saison ? Photo Facebook SC Toulon

D’aucuns diront que c’est la poule la plus relevée de National 2. La plus relevée, même, de l’histoire du championnat. Mais ça, ce sont des idées reçues. Sur le papier, en effet, il y a du beau monde. Des beaux clubs. Mais ce sont toujours un peu les mêmes dans cette poule amputée de son plus fidèle participant en N2, Jura Sud, qui, après 22 ans d’affilée en CFA/N2, a chuté en National 3.

Non, la différence, vraiment, on la trouve dans les compositions des effectifs, avec, il est vrai, beaucoup de noms, beaucoup d’individualités. Et c’est sans doute là où se situe toute la différence avec les deux autres poules : plus de meilleurs joueurs, capables de faire des différences, moins de jeu collectif peut-être. On caricature, bien sûr, mais c’est souvent ce que les techniciens disent. La qualité de jeu (et aussi celle des pelouses) n’est peut-être pas aussi léchée que dans l’ouest, pour ne parler que de cette région, mais les particularités sont nombreuses, comme ce fameux « contexte du sud », mais la légende a dépassé la réputation : plus de duels, plus d’engagement, plus de paroles, plus d’hostilité, plus de rivalité, moins d’accueil, moins de chaleur, c’est vrai, mais ce n’est tout de même plus ce que c’était avant.

L’autre particularité, et pas des moindres, c’est qu’il y a beaucoup de derbys régionaux. Et les derbys, dans le sud, sont « disputés » et engagés, rivalité oblige, et accouchent souvent de matchs nuls. Et à force de faire des matchs nuls, c’est mathématique, vous n’avancez pas.

C’est pour cela que nous avons fait de l’US Créteil le favori du championnat, quand bien même le club phare du Val-de-Marne, qui a pesté contre son déménagement dans la poule sud (un courrier signé avec les deux autres clubs franciliens, Saint-Maur et Bobigny, a été envoyé à la FFF), n’a pas forcément convaincu lors de ses matchs de préparation et devra se coltiner des longs déplacements dignes d’un club de Ligue 2 qu’il était encore il y a 9 ans (Créteil a quitté l’antichambre de la L1 à l’issue de la saison 2015-16).

Il y a 9 ans, Karim Mokeddem, lui, n’était pas encore un coach professionnel (il a depuis passé et obtenu son BEPF en 2019) mais figurait dans cette poule sud de N2 (CFA à l’époque), qui a quand même un peu changé depuis.
Il y a 9 ans, il fut aussi celui qui propulsa Lyon-Duchère en National, au nez et à la barbe du géant grenoblois, avant de jouer, trois années durant, la montée en Ligue 2 (7e, 6e et 5e) sans toucher au Graal. Mokeddem, qui jouit d’une belle réputation en National, mais qui n’a pas encore goûté à la Ligue 2, n’a pas hésité à prendre un nouveau virage et redescendre d’un niveau cet été pour embrasser le projet cristolien, tout comme le manager général Olivier Miannay après 7 ans au Puy, et déjà passé par Créteil. Un projet qui rappelle, à un degré moindre, celui du Paris FC, avec l’arrivée d’un nouvel actionnaire majoritaire, l’une des plus grosses fortunes de France, Xavier Niel (groupe Free).

Voilà pourquoi nous faisons de Créteil le favori… sur le papier. C’est solide défensivement, et sur le plan offensif, avec des noms comme Ben Fredj, Montiel et Benkaïd, il y a du potentiel. Mais pour l’heure, ce ne sont que des noms… qui devront vite se mettre au rythme et au diapason du National 2. Un seul but marqué en match amical, c’est peu. Et la bagarre le week-end dernier en amical contre la N3 d’Aubervilliers (0-2), témoigne peut-être d’une certaine tension, à moins que cela ne soit la pression. Elément de réponse dès vendredi, contre un bon poil à gratter de N2, Rumilly.

Les Haut-Savoyards, emmenés par un jeune coach prometteur, Cédric Rullier, sont dans la continuité de leurs deux dernières saisons en N3 et N2 et présenteront un nouveau tandem en attaque, où Raga et Doumbouya ont été remplacés par Hattab (ex-Besançon, N3) et Mendy (ex-Vire en N3), auteurs de 17 buts chacun en 25 matchs la saison passée. Le stade Duvauchelle de Créteil sera en « free access » (entrée libre), pour reprendre la campagne de communication du club, clin d’oeil évidemment à son propriétaire !

Le GFA Rumilly, poil à gratter de la poule ? Photo Facebook GFA Rumilly74

Et derrière Créteil ? Pfffiou… Pas facile ! Les « spécialistes » avancent le nom de Toulon, voire celui d’Istres. Et disent que Saint-Priest a vraiment bien recruté, et que Fréjus/Saint-Raphaël pourrait faire très mal avec son duo d’attaque Le Bihan (Sedan, Le Havre, Nîmes, Nice, Auxerre, Dijon, Caen, L2 et L1) – Abdeljelil (16 buts en 30 matchs l’an passé en National à Nîmes) et le retour du « taulier » en défense, Dumas, leader sur et en dehors du terrain, revenu de Saint-Priest après huit saisons déjà sous le maillot étoiliste (2015 à 2023). A eux trois, on approche le siècle d’existence mais on gagne surtout en expérience !

Bizarrement, l’AS Cannes, ogre de la poule la saison passée eu égard à son budget XXL (certains ont avancé les chiffres de 5 ou 6 millions d’euros, c’est à dire un budget de première partie de tableau de National), demi-finaliste de la coupe de France en mai, a moins fait parler de lui, même s’il a disputé un match amical bling-bling à Rome, contre… l’AS Roma, club partenaire du fait de son propriétaire commun, Dan Friedkin (défaite 3-0).

L’AS Cannes a pris son temps, inquiété ses supporters (ils étaient près de 8000 à Coubertin contre Reims) et, compte tenu des nombreuses incertitudes administratives des clubs à l’inter-saison, sans doute secrètement un peu espéré être promue en National au titre de 2e meilleur de N2 (derrière Bobigny). Du coup, le club part un peu plus loin sur la ligne de départ cette saison. Ce n’est peut-être pas plus mal. Mais la coupe de France, sil elle a mis en lumière ce club lui aussi historique, a aussi dévoilé quelques talents, on pense évidemment au goaleador Dominguez parti à Dijon (et déjà buteur vendredi dernier), au latéral Fischer parti à Versailles (et déjà passeur vendredi dernier), ou encore à Trinker (titulaire à Châteauroux vendredi dernier en National) et Vinci (Toulon). Mais dans l’ensemble, l’équipe de Damien Ott, l’entraîneur le plus expérimenté de la poule, qui accueille Grégory Coupet dans un staff renforcé au poste d’entraîneur des gardiens en remplacement de l’historique François Lemasson, et aussi Morgan Amalfitano, a conservé son ossature. Doumbouya (Rumilly), le revenant Boussaïd (Le Mans, Avranches) et Corchia, que l’on ne présente pas, sont les principales recrues des Dragons dont l’ambition reste la même : monter dans la future Ligue 3.

A Toulon, « Momo » Sadani disposera d’un arsenal – un pléonasme dans cette ville militaire ! – impressionnant. Des recrues sont arrivées, Soilihi (QRM, Martigues), Vinci (Cannes), Nouri (ex-Châteauroux, Béziers, Saint-Brieuc en National et Ligue 2), Fall (Sparta Prague B), Bouameur (Istres), et récemment Bennedine, un latéral gauche qui pourrait composer n’importe quel effectif de National. En attaque, où Bennekrouf arrive pour épauler Diallo, le meilleur buteur 2024-25, seulement revenu cette semaine du Sénégal (23 buts l’an passé, 50 buts en 108 matchs sous le maillot azur et or), on attendra mieux de Vialla et de Diarra, d’autant que Khaled et le jeune Marius Reymond frappe à la porte. Si la mayonnaise prend… Le problème, c’est que le Sporting, qui rêve de retrouver son lustre d’antant, risque de ne pas disputer son premier match à Bobigny, le club du 93 ayant demandé à la FFF de reporter le match après l’imbroglio Ajaccio.

l’US Saint-Maur Lusitanos, promue en N2. Photo Facebook US St-Maur

Bobigny justement. Le « dindon » de la farce, à l’instar de GOAL FC la saison passée, a menacé de ne pas disputer la saison de N2 s’il n’était pas repêché en National à la place des Corses, exclus mercredi des championnats nationaux. Bobigny, qui clame son droit à un repêchage en National au titre de meilleur 2e de N2, a déposé un référé-suspension devant le Tribunal administratif. Mais il y a des règlements, qui sont ce qu’ils sont : et à la FFF, on ne touche plus au calendrier et à sa compo une fois la date du 17 juillet passée… Mais on imagine que si les Franciliens ont enrôlé un goaleador comme Durbant (Sochaux, Châteauroux, Laval, Sedan), dont le CV siérait à n’importe quel club de l’étage supérieur, ce n’est pas pour déclarer forfait…

La surprise pourrait venir des bords de l’étang de Berre, d’autant qu’avec les « disparitions » de Martigues (de Ligue 2 à R1) et de Marignane-Gignac (de National à R1 en deux saisons après un passage en N2 l’an passé), la place est bonne à prendre : c’est sans doute ce que se dit Istres, longtemps place forte du football professionnel en Provence, dans l’ombre de l’OM. Le club a beaucoup recruté et s’est tourné vers les deux autres poules de National 2, sans oublier la touche « sud » bien entendu : Abergel (Le Puy), Dihad (Jura), Marre (Furiani), Amir (Le Mans, National), Quemard (Locminé), Relange (Blois), Niakaté (Bergerac N2, Orléans National), Gueye (buteur d’Argeles avec 20 pions en 35 matchs de N3), Ben Boina (ex-Consolat, Epinal), Khechmar (Toulon). Il sera donc intéressant de voir comment se comportera ce Istres « new look », qui a fait très bonne impression pendant les matchs amicaux.

Souvent bien placé, jamais gagnant (2e en 2020 et 2022, 3e en 2023 et 2024, 4e en 2025), le RC Grasse de Loïc Chabas, avec une nouvelle direction à sa tête depuis six mois, a changé beaucoup de choses. Quelques cadres sont toujours là (Corain, Medjian, Abt, Ako et le revenant Chatelain) mais il a fallu pallier la quinzaine de départs, et pas des moindres. Or, peu d’arrivées sont à signaler, si ce ne sont celles de Valette, l’ancien gardien de Nancy en Ligue 2 (et aussi Sochaux), mais qui s’est blessé, des attaquants Koné (venu de Belgique) et Bekhechi (Poitiers). Pas sûr que le club de la cité des parfums parviennent à faire aussi bien cette saison.

Faire mieux que la saison passée, c’est ce que visera Andrézieux qui espère garnir aussi un peu plus un magnifique « Envol stadium », sans doute l’un des plus beaux outils de la poule. L’équipe a été complètement remodelé autour du nouveau coach Roland Vieira, qui a joué au club il y a 13 ans quand il terminait sa carrière d’attaquant, juste avant de « construire » le club du Puy sur le banc (2013 à 2023). Avec les arrivées, un peu comme à Istres, de joueurs issus des autres poules ou autres régions – signatures de Ley (Granville), Latour (Granville), Da (Bobigny), Mangonzo (Paris 13), Abdelmoula (FC Rouen), Kashi (Créteil), Lehoux (FC Rouen), ou encore des attaquants Misiak (16 buts en 23 matchs avec Thonon Evian) et Doucet (8 buts en 21 matchs avec Istres) -, le club du président François Clerc a l’air bien armé pour faire une belle saison, du moins bien meilleure que la précédente.

Saint-Priest pourrait être l’une des bonnes surprises de la poule avec un effectif chamboulé et une douzaine d’arrivées, dont les expérimentés Flochon (Boulogne), Chapuis (Marignane), Ephestion (Créteil), Séance (La Roche-sur-Yon) ou encore Goteni (Angoulême), des joueurs qui ont tous déjà évolué plus haut, sans oublier Valtriani (Granville) et Raga, l’ex-buteur de Rumilly.

A Hyères, sans trop de moyens, mais avec de bonnes idées et un coach, Lilian Compan, Hyérois d’adoption, au club depuis 2018, qui effectue un super job, on sera dans la continuité de la saison passée, terminée à la 5e place après avoir dominé le championnat pendant près de six mois : Tressens (Angoulême), Hoguet (Saint-Priest), Hari (Dinan-Léhon) et Moutault (Andrezieux) sont tous arrivés de N2. Mais il faudra confirmer, et c’est parfois ce qu’il y a de plus dur.

Pour Nîmes, qui a repris avec quinze jours de retard sur tout le monde, l’heure est à la reconstruction. Les « crocos » repartent d’une feuille blanche, ont recruté beaucoup de jeunes joueurs et aussi quelques cadres ultra-expérimentés (le gardien Salomone de Créteil, le milieu Orinel de Martigues ou encore l’attaquant nîmois Depres de Rodez). Et pour le repêché GOAL FC, il sera intéressant de voir comment se comportera l’équipe de Pierre-Marie Thimonier, conforté à son poste après quatre mois très concluants la saison passée.

Enfin, pour les trois promus, les Lusitanos de Saint-Maur avec sa recrue phare Ibrahima Seck et un ancien goaleador à sa tête, Helder Esteves; Limonest et Rousset, qui a beaucoup recruté et n’a pas hésité à faire son marché dans les autres poules de National 2, un peu à l’instar d’Istres et Andrézieux (Badji de Beauvais, Leonil d’Andrézieux, Chapelle de Blois, Zerfaoui, GOAL FC, etc.), l’heure est plutôt à la découverte. « On entre dans un nouveau monde » disait même Nordine Assami, le coach de Rousset Sainte-Victoire, après l’accession de N3 en N2 au printemps dernier ! Une nouvelle dimension même pour ces trois clubs.

Groupe C – journée 1

Vendredi 15 août, 19h :

  • AS Saint-Priest – Hyères FC
  • US Créteil – GFA Rumilly Vallières

Samedi 16 août, 17h30 :

  • FC 93 BBG – SC Toulon (?)

Samedi 16 août, 18h :

  • RC Grasse – EFC Fréjus Saint Raphaël
  • Nîmes Olympique – FC Limonest / Saint-Didier
  • GOAL FC – Istres FC
  • FC Rousset Sainte-Victoire – Andrézieux- Bouthéon FC
  • Saint Maur Lusitanos – AS Cannes

 

  • Suivez-nous sur nos réseaux sociaux (Facebook, X et Instagram) : @13heuresfoot
  • Visitez le site web 13heuresfoot
  • Un commentaire, une suggestion, contactez-nous (mail) : contact@13heuresfoot.fr

Revenu en Bourgogne l’an passé, le défenseur de 36 ans retrace sa carrière, dont il a programmé la fin, en juin 2026. Le vice-capitaine dijonnais, qui a connu la Ligue 1 (un peu) et la Ligue 2 (beaucoup), notamment à Brest, Auxerre et surtout Niort, dévoile les traits de sa personnalité. Entretien avec un garçon sensible, fédérateur, empathique, bavard et qui garde toujours le sourire !

  • Par Augustin THIEFAINE / Photos Vincent POYER (DFCO) et 13HF
  • Reportage à Dijon, durant la préparation estivale, avant la journée 1 de National (succès 2-1 du DFCO à Orléans).

« Je suis un enfant de Nouvelle-Aquitaine, et sans les Chamois Niortais, je n’aurais jamais été footballeur. C’est mon club, je lui dois tout. J’y ai passé ma vie de mes 15 à 25 ans, puis, à nouveau 18 mois avant que le club ne coule. C’est grâce aux Chamois que j’ai pu avoir la vie que j’ai aujourd’hui et continuer de pouvoir vivre de ma passion tous les matins. »
Cette passion, elle se ressent dans sa façon de prononcer ses mots. Du haut de ses 36 ans, Quentin Bernard s’est confié à l’aube de sa dernière saison dans le monde professionnel. De Niort à Dijon en passant Brest et Auxerre, le défenseur conserve un certain recul et se satisfait de chaque expérience vécue.

Latéral gauche puis défenseur central

Photo Augustin Thiefaine / 13HF

Latéral gauche de formation, c’est désormais en charnière centrale que s’épanouit le vice-capitaine dijonnais aux côtés du solide Elydjah Mendy, avant de raccrocher les crampons au printemps prochain. Au moment de se remémorer ses aventures et de se confier, l’émotion est toujours palpable dans la voix du Poitevin – il est né à Poitiers, dans la Vienne -, mais Charentais d’adoption. L’exemple le plus criant est sans doute la triste actualité niortaise, dont il ne s’est jamais éloigné ces derniers mois. Une actualité soldée par la pure et simple disparition de son club formateur, lors de la saison du centenaire (2024-2025).

Aujourd’hui, les Chamois ont fusionné avec l’UA Niort Saint-Florent et vont se débattre en Régional 2 après des décennies dans l’antichambre de l’élite du football français (et même une saison en Division 1 en 1987-88). Une disparition indigeste pour l’ancien capitaine, pour qui l’identité et l’honneur ont été bafoués ces derniers mois.

Derrière son histoire, son parcours et ses aventures, on découvre surtout en Quentin Bernard un amoureux du sport et du ballon rond. Une personnalité simple, accessible, extravertie, bavarde et émotive. Le numéro 5 du DFCO a accepté de revenir sur sa carrière sans langue de bois, avec humour, en insistant avant tout sur le rôle prépondérant de sa famille dans ses choix sportifs, dans ses choix de vie. Sa joie de vivre et sa sensibilité, qu’il ne cachent pas, rappellent que les footballeurs sont avant tout des gens normaux. Des humains soumis à une pression et une attention constante, emplis de réflexion et d’émotion. Retour dans le temps.

Interview : J’ai toujours mis le « nous » avant le « je » !

« Mes premiers doudous, c’était des ballons ! »

« La passion est familiale. Dès que j’ai su marcher, j’étais aux bords des pelouses. Mes premiers doudous étaient des ballons ! Mon père était gardien de but au niveau départemental et mes cousins jouaient en Régional. Le foot, c’est un socle familial qui fait que, depuis que je suis né, j’entends parler de l’OM ou de Saint-Étienne avec des proches qui sont de fervents supporters. Ma grand-mère était dirigeante dans un petit club près de Poitiers, l’Entente Sportive Beaumont Saint-Cyr, mon grand-père y était bénévole. Finalement, j’ai tapé dans mes premiers ballons à 5 ou 6 ans à l’ES Buxerolles. Il y avait du foot presque tous les jours. J’avais match le samedi, mes cousins aussi, mon père le dimanche, les entraînements. Quand je sortais de l’école, c’était tout le temps « foot ». C’est un ancrage fort. »

« Je savais que je voulais en faire mon métier »

Photo Vincent POYER (DFCO)

C’est dans cet environnement familial de mordus que Quentin grandit et met le ballon rond au milieu de son quotidien. Chez les Bernard, le football ne se suit pas, il se vit. Et c’est au fil du temps que ses talents vont se révéler.
« Ma grand-mère a une place très spéciale dans ma vie. Elle m’a transmis des valeurs à travers le sport et pour la vie en général aussi. C’est elle que j’ai suivi. Quand j’étais gamin, elle m’a offert mes premiers stages chez Jean-Michel Larqué l’été. C’est elle qui m’a incité et donné envie de faire ça. Peut-être qu’on va me prendre pour un fou, mais après ces stages, je savais que je voulais en faire mon métier. Je n’avais que 9 ou 10 ans. Je ne connaissais pas le milieu, mais j’ai pris goût au fait de faire que du foot chaque jour de la semaine. C’est ta passion. À ce moment-là, tu n’as pas d’arrière-pensée. Tu te lèves le matin, tu manges des Chocapic, tu vas jouer. C’était la Coupe du Monde, donc on la simulait aussi. C’était le kiffe. Puis tu te dis « Pourquoi cela ne pourrait pas être ton job plus tard en fait » ? »

Photo Vincent POYER (DFCO)

« Après Buxerolles, je suis allé à Châtellerault puis à 13 ans, je suis rentré au Pôle Espoirs à l’IFR de Châteauroux (un centre de préformation). Tu vas au collège tous les matins, mais tu t’entraînes aussi tous les jours comme les pros. Le week-end, je jouais à Châtellerault. À la fin de ce cette période, à 15 ans, on a tous signé dans des clubs professionnels (Monaco, Montpellier, PSG…). La génération 89 avec moi, ce sont des Karim Aït-Fana (MHSC et champion de France en 2011 avec Montpellier), des Dominique Malonga (Monaco)… Avec ma famille, on a fait un choix : il y avait Rennes, Lens et les Chamois sur les rangs. Des trois, Niort était le seul club qui prenait toute ma formation en charge et j’avais un contrat junior, je touchais 500 euros. C’était le choix du coeur et de la raison puisque c’est à une heure de chez mes parents. À 15 ans, tu ne te vois pas aller à l’autre bout de la France. Tu as envie de rester avec ton frère, ta soeur et tes parents. L’histoire a duré 10 ans. Ça a été très enrichissant. C’était un club très familial. À l’époque ils étaient en Ligue 2 et possédait l’un des meilleurs centres de formation de France (années 2010). Il n’y avait que des gars du coin. Durant mes années niortaises, on a été champions presque chaque année. À 16 ans on a fait les play-off contre Saint-Étienne, Rennes ou Monaco. On n’était que Niort quoi… À 18 ans (en 2007), on perd en demi-finale de Gambardella contre Sochaux (1-1, 4-5 tab), le futur vainqueur. On avait fière allure contre les meilleurs clubs de France. »

« Tours, Orléans, Niort, le triangle des Bermudes de la Ligue 2 ! »

Photo Augustin Thiéfaine / 13HF

« Encore aujourd’hui, Niort reste le club qui a le plus de présence en Ligue 2. Jouer au stade René-Gaillard, pour nous, c’était un kiffe parce que c’est un stade pourri (rires !). Pour les adversaires, c’est une galère monstre. Il n’y a pas d’ambiance, c’est champêtre. Nous, on avait un surplus de motivation parce qu’on jouait des grosses équipes et elles, elles venaient en se disant, « Oh la la, Niort c’est de la m****, on va se faire froisser ». Avec Tours et Orléans, à l’époque, c’était le Triangle des Bermudes de la Ligue 2. »

Après quatre années, le jeune produit du centre de formation niortais porte enfin le maillot de l’équipe première mais dans un contexte imprévu. En 2008, alors engagé en National, les Chamois tendent vers une remontée rapide en Ligue 2. Mais le club de la préfecture des Deux-Sèvres ne remporte aucun match de championnat lors des trois premiers mois de la saison. Pire, la mauvaise dynamique continue : en fin de saison, après un ultime match nul contre Pacy-sur-Eure (0-0), son sort est scellé. Pour la première fois depuis 1970, Niort doit en passer par la case CFA (N2). Une relégation qui signe la fin de l’ère professionnelle du club et l’oblige à reconstruire un effectif. Cet effectif, Quentin Bernard, qui a participé à 8 matchs de National cette saison-là, et les jeunes du centre de formation en feront partie.

« À 18 ans, c’est un peu l’âge charnière. Soit tu es pro, soit tu ne l’es pas. Alors que je dois signer mon premier contrat professionnel, je suis appelé en sélection nationale. Je me dois d’en parler car le papa et la mamie ont une fierté éternelle sur cette chance que j’ai eu de porter ce maillot. Mais en deux semaines, je passe de la sélection (il fut international U18 et U19) à la CFA. À cette époque, l’équipe première connaît un cataclysme avec la descente en CFA. C’était paradoxal. La mission c’était soit le club remontait dans les deux ans, soit c’était la mort. Le directeur du centre de formation, Pascal Gastien, était en même temps coach de la réserve. C’est sous son aile, avec les jeunes de la génération Gambardella et du cru niortais, qu’on a réussi à remonter en Ligue 2 en 3 ans et à s’y stabiliser. La mission est accomplie puis ma première histoire avec le DFCO débute. »

« On a une histoire avec Dijon ! »

Photo Vincent POYER (DFCO)

En fin de contrat en 2015, le défenseur a des envies d’ailleurs. Il souhaite franchir un palier dans sa carrière et se donner un nouveau souffle malgré une proposition de contrat de son club formateur. Il s’engage finalement pour 2 ans avec le DFCO après 7 saisons sous le maillot ciel et blanc. C’est son premier transfert, sa première traversée de l’Hexagone. Son premier vrai chamboulement. « J’avais 25 ans et c’est mon premier départ de chez moi, de ma région. On traverse la France. Je dis « on » parce que madame a toujours eu son mot à dire dans nos choix. Ça n’a pas été évident de la motiver, on vivait proche de l’océan et proche de nos familles, et là on doit tout quitter du jour au lendemain. C’était un choix payant car pour la première saison (2015-2016), on monte de Ligue 2 en Ligue 1. Le club avait déjà connu l’élite (2011-2012). C’est un souvenir gravé à vie pour de multiples raisons : l’ambiance au sein de l’équipe, dans le club et le fait qu’on soit solidaires entre le staff (Olivier Dall’Oglio était l’entraîneur dijonnais à cette époque) et les joueurs. On ne faisait qu’un. Pour une première expérience hors de chez toi, tout était à l’unisson et tu montes en Ligue 1. C’était incroyable ! Sur le plan personnel, tout n’a pas été rose sportivement. J’ai joué 25 matchs, mais je m’étais blessé aux ligaments croisés. D’un autre côté, c’était génial parce que ma famille était dans les tribunes. Pour le dernier match, j’avais dû acheter 50 ou 60 places ! On a fêté la montée au stade, on l’a aussi célébrée le lendemain dans une boîte, mes beaux-parents dansaient sur les tables, ma grand-mère était encore là à 5 heures du matin. C’était n’importe quoi (rires) ! C’est une anecdote dont on parle encore 10 ans après. On a une histoire avec Dijon. Chaque week-end, on avait du monde. Le samedi, il y avait le match et le lendemain on allait visiter les caves, ça fait un ancrage. C’est plus que du foot, c’est du partage. »

« Une aventure incroyable à Brest »

Photo Augustin Thiéfaine / 13HF

« Le premier coup de massue arrive lors de cette saison de Ligue 1 à Dijon. On monte avec tous les copains et on est un peu poussé vers la sortie dès le mois de juillet. Ce n’est pas par Olivier Dall’Oglio mais par le directeur sportif. Il m’a un peu dit « faut que tu te trouves un club, tu ne joueras jamais, on va recruter trois latéraux. » Sur le moment ça ne fait pas plaisir mais avec le recul, je le remercie. Grâce à ses mots pas très tendres, je vais vivre une aventure incroyable à Brest, dans le Finistère. Mais ça ne se fait pas tout de suite, parce que j’avais quand même envie de connaître la Ligue 1. Je me disais que cela serait peut-être la seule fois de ma vie que cela pourrait arriver. J’avais envie de m’accrocher à Dijon, de prouver au coach que j’avais le niveau. Je fais 6 mois un peu en intermittent du spectacle, puis je signe mi-décembre à Brest après plusieurs échanges avec Jean-Marc Furlan, entraîneur à l’époque et le directeur sportif Grégory Lorenzi. »

C’est donc après 7 matchs de Ligue 1 que Quentin Bernard quitte la cité des Ducs de Bourgogne pour rejoindre la ville la plus à l’ouest sur la carte de France, Brest, pendant l’hiver 2017. Sur les bords de l’océan Atlantique, il s’épanouit et retrouve une vraie place et du temps de jeu, à nouveau en Ligue 2. « Brest, ça a vraiment été la meilleure expérience de ma vie sur les plans humain et sportif mais aussi au niveau familial. C’est un endroit où je suis parti en vacances cet été. On a l’impression que c’est la maison alors qu’on n’y a passé que trois saisons. C’était des relations hors-foot avec des copains qu’on a encore aujourd’hui. Une façon de vivre qui nous correspond complètement. C’est une région magnifique par ses paysages, son atmosphère et sa qualité de vie et c’est l’endroit où mon premier garçon (Malo) est né. On a une petite part de Bretagne en nous. »

« Jean-Marc Furlan ? Un entraîneur extraordinaire ! »

Photo Augustin Thiéfaine / 13HF

« Sportivement parlant, j’ai fait une rencontre incroyable avec Jean-Marc Furlan… Je vais essayer de ne pas pleurer car il vit des heures difficiles. C’est un coach extraordinaire, une personnalité complètement en décalage avec le monde du foot actuel. Il a ses idées, ses principes. Il ne faut surtout pas le contredire ! On bossait comme des chiens, on voyait peu nos familles parce qu’il avait une idée en tête. Jean-Marc, c’est une histoire particulière dans ma vie de footballeur. Il a une place très importante dans la famille Bernard. Les Furlan et les Bernard, on est liés pour la vie. C’est ce gars-là qui m’a emmené à Auxerre. Il a fait en sorte que je n’ai pas d’autres choix que ça. L’AJA… C’est dur de parler de ça ici, dans cette salle-là, à Dijon (NDLR : en raison de la rivalité entre Dijon et Auxerre). Je me souviens aussi d’un match avec Brest où on prend un tarif, 5-1 ou 5-2, 4-0 à la pause et on sort sous les ovations du stade parce qu’on a peut-être fait la meilleure mi-temps de l’année. Tu te dis « Soit ils sont tous ronds comme des ballons en tribune, soit ils comprennent le foot, et c’était ça ». Francis-Le Blé, c’est un stade où il n’y a pas que des spectateurs. Il y a des connaisseurs. C’est aussi pour cela qu’il y a une ferveur. Les Bretons, c’est des fous. »

Auxerre : « Il y avait une pression à gérer »

« Après ça, on arrive à l’AJA. Historiquement, c’est certainement le plus grand club dans lequel j’ai joué. Il y a une histoire certes, mais il y a aussi Guy Roux. C’est une véritable institution ! L’Abbé Deschamps, j’en ai entendu parler dès que j’étais gamin parce qu’Auxerre, c’est un des plus grands clubs français. Sept ou huit ans avant qu’on arrive avec coach Furlan, ils étaient en Ligue des Champions. L’année avant notre arrivée, ils se battent pour ne pas descendre en National et terminent 17es (2018-2019). Ça a été très compliqué là-bas. Il y a eu le Covid. J’ai été très exposé aussi parce que j’arrivais avec une étiquette de « fils de l’entraîneur ». L’exposition, c’était par sa faute et la mienne. J’étais une cible pour les supporters, et pas que… même dans le club. Le coach s’appuyait beaucoup sur moi et ce n’était pas évident. Lors de ma troisième saison, on monte finalement en Ligue 1 et là, les souvenirs sont incroyables. Je me souviens de la 38e journée, on a dû mettre 45 minutes pour faire 200 mètres en bus. Les rues étaient bondées. On avait l’impression d’être en 1998. Je vais me faire taper sur les doigts, mais Auxerre, c’est une ville où il n’y a que le foot. Si t’enlèves l’AJA à Auxerre, à part Cadet Roussel (un huissier connu grâce à une chanson qui porte son nom, Ndlr) et le Chablis, qu’est-ce qu’il reste ? Et ça tu le comprends vite. Il fallait remonter en L1. Il y avait une pression à gérer. En 2021-2022, il y avait plein d’anciens brestois qui nous avaient rejoints, Mathias Autret, Gaëtan Charbonnier, Alexandre Coeff, Donovan Léon. Tout a roulé. C’était le football plaisir. Le stade était plein à tous les matchs et l’ambiance était incroyable. C’est un scénario hollywoodien. C’est l’année où il y a les barrages d’accession. On monte en Ligue 1 au match retour à Saint-Étienne, au stade Geoffroy-Guichard, à l’issue des penaltys. Il y avait déjà eu les penaltys contre Sochaux en play-off juste avant ! C’était notre année. Il y avait une osmose. Avec Mathias (Autret) et Gaëtan (Charbonnier), on est très proches. Nos enfants ont grandi ensemble à Brest et à Auxerre durant ces cinq années. On faisait le tour du stade avec eux. C’est aussi ce qui a marqué nos passages à l’AJA. C’est que, malgré la pression, c’est un club très familial. »

« Ma femme m’a fait revenir à Dijon »

Photo Vincent POYER (DFCO)

« C’est notre vision du partage avec ma femme. On a fait des choix au niveau de ma carrière. On a privilégié l’aventure humaine à l’argent. J’ai toujours joué au foot pour vivre des moments incroyables, humainement et sportivement parlant. On a vécu des choses qu’on n’aurait jamais pu vivre sans le foot. J’aime le partage et j’ai un côté fédérateur auquel je tiens. Je pense que le footeux sans l’homme n’est rien, et l’homme sans le footeux non plus. Il y en a qui arrive à dissocier cela, pas moi. Partout où je suis passé, j’ai essayé de véhiculer cette image-là. Si on veut être bons sur le terrain, il faut vivre tous ensemble. Être en harmonie. Je n’ai jamais été le meilleur à mon poste dans tous les clubs où je suis passé, mais je n’ai jamais rien lâché et j’ai toujours cru en moi, mis le « nous » avant le « je » et si on a vécu grâce au foot toutes ces aventures, c’est avant tout grâce à ces valeurs. Je remercie mon entourage de m’avoir donné ces valeurs, m’avoir inculqué le partage et fait garder les pieds sur terre. Mes parents m’ont donné un cadre et c’est grâce à ce celui-ci que je joue encore au foot à 36 ans et qu’on va tenter de vivre une dernière saison incroyable avec Dijon. »

2025-2026 : la Der, avec le DFCO

Photo Vincent POYER (DFCO)

« Sur le plan professionnel, c’est la fin. J’ai besoin de rentrer chez moi, de vivre avec mon frère, ma soeur, leurs enfants, d’avoir une vie au bord de l’océan avec les gens qui m’entourent. C’est une vie que nous n’avons plus depuis 10 ans et il faut rentrer dans le rang, trouver un vrai job. C’est un besoin. Quand on est revenu à Dijon il y a un an, on savait qu’on revenait pour 2 ans, peu importe la suite. On a laissé 1% d’incertitude, mais on a envie de rentrer chez nous. Ma femme m’a fait revenir à Dijon. Elle est un peu tombée amoureuse de tous les endroits où l’on est passé. C’est quelqu’un qui est très casanière et j’ai eu énormément de mal à la faire bouger. Si ça ne tenait qu’à moi, on serait parti de Niort bien avant mes 25 ans. Je pensais que si je voulais progresser et avoir la carrière que je voulais, il fallait partir plus tôt. Elle est kiné et elle faisait des études dans notre région natale, donc j’ai laissé faire. Moi je jouais en Ligue 2 avec mes copains dans mon club de coeur, j’étais content. Finalement, elle a pris goût aux voyages, aux déménagements. Revenir à Dijon l’année dernière a été le plus dur. On était chez nous, à Niort et je pensais finir ma carrière là-bas après les 18 mois que je venais à nouveau de passer aux Chamois. Quand tu as 35 ans, que tu dois encore traverser la France et que tu as deux enfants… Tu dois ramener tout le cirque à Dijon : la jument, le chien, le chat et les enfants. On ne partait pas comme on était parti à 25 ans la première fois. En août 2024, le DFCO m’appelle et je lui dis « On n’y va pas. Je ne veux pas être loin de vous. Je ne veux pas vivre six mois tout seul. » Et elle, elle me répond « Tu veux jouer au foot ? Ici, à Niort, le club, il est mort. Si tu veux continuer ta passion, on y va ! » Alors nous y voilà encore. Pendant six mois, j’ai vécu seul, sans elle, sans les enfants et les animaux, c’était compliqué. Tu t’entraînes, tu rentres chez toi, tu tournes vite en rond. C’était un choix assumé mais compliqué. Ils sont arrivés en janvier en me disant « On ne vient pas pour six mois ». Moi, j’avais des conditions à remplir pour rempiler pour cette année et je me suis démené pour qu’on puisse vivre encore 18 mois au haut-niveau. Aujourd’hui, je sais que c’est ma dernière saison et qu’il faut que j’en profite pleinement. »

« Il ne faut pas jurer que par la montée »

Photo Vincent POYER (DFCO)

En se concentrant sur l’aspect sportif de cette nouvelle saison de National, le DFCO fait figure de prétendant à la montée finale avec Valenciennes, Sochaux et Caen. Si en interne la mission est assumée par les dirigeants, Quentin Bernard refuse de s’enflammer. Grâce à plusieurs recrues pendant l’été dont les attaquants Julien Domingues (Cannes), Alexis Ntamack (Grasse) et le revenant Julio Tavares, entre autres, les Bourguignons espèrent enfin conjurer la malédiction de la 4e place, leur classement lors des deux dernières saisons.

« Forcément, quand tu termines deux fois 4e, l’objectif c’est de se battre pour la montée. On l’a vu l’an dernier, entre une 3e, une 2e et une 5e ou 6e place, il n’y a pas grand-chose. Ce championnat est peut-être le plus dur de tous. Il y a toutes les contraintes du monde professionnel et presque aucun avantage. On joue pendant les trêves internationales. On va à Aubagne par exemple, sans leur faire offense, ils ont fait une saison magnifique l’an dernier, mais on a des déplacements types Ligue 1 ou Ligue 2 et dans le même temps il n’y a aucune retombée économique, comme avec les droits TV. Aller à Paris 13 Atlético, ce n’est pas évident non plus. Il y a des clubs historiques comme Sochaux, Valenciennes, Caen qui veulent se reconstruire et remonter aussi. Il y a des promus qui ont la dalle comme Fleury ou Le Puy. C’est un championnat particulier où soit il y a des vieux comme moi, soit il y a des jeunes qui montent et il faut en faire un mélange. Les clubs sont financièrement borderline et toutes ces conditions rendent le National difficile. Je sais que cela tient au président (Pierre-Henri Deballon) d’être promu. Parler de montée c’est bien mais c’est aussi, je pense, prendre le risque de mettre une pression sur un effectif très jeune cette année. On a envie d’être en haut, on va se battre tous les vendredis. Les dix premiers matchs sont importants et les dix derniers le seront aussi. Le premier peut perdre contre le dernier. Je tiens aussi à dire un petit mot sur Baptiste Ridira, notre coach (l’ancien coach de Saint-Pryvé-Saint-Hilaire en N2 est arrivé sur le banc du DFCO en juillet 2024). Il découvre le monde professionnel et il a un système de jeu bien à lui avec un 4-3-3 en losange particulier et il n’en changera pas. Quand on l’apprivoise bien, c’est hyper prometteur. Il a des convictions et c’est intéressant de bosser avec lui. Puisqu’il vient du monde amateur, il a une vision assez fraîche et ça fait du bien. »

« En France, on va dans le mur »

Photo Vincent POYER (DFCO)

« Quand j’ai commencé dans le foot, il y a des anciens (Malik Couturier, Christophe Jallet, Vincent Durand ou Johann Chapuis), tout le cru des Chamois de l’époque, qui nous ont pris sous leurs ailes quand on était gamins. Ils ont eu la bonne attitude. Ils ont donné l’envie de progresser, de se battre pour eux, avec eux et j’essaie de faire passer ce message. Ce qu’on a fait de bien avec moi, j’essaie de le rendre aux jeunes. J’ai aussi fait des erreurs dans ma carrière, alors je les conseille sur les erreurs à ne pas faire dans ce monde de requins. Pour moi, en France, on va dans le mur. Je ne sais pas si c’est un suicide collectif, mais chaque année il y a plusieurs clubs qui coulent. Je vais prendre l’exemple de ma région. En Nouvelle Aquitaine, il ne reste qu’un seul club professionnel : c’est Pau. Il n’y a plus de Girondins, il n’y a plus de Chamois. Ce n’est pas pour des raisons sportives, c’est pour des raisons financières, pour une mauvaise gestion. Lopez, il a flingué Bordeaux, mais aussi Boavista au Portugal. Quand j’ai commencé le foot, je pensais qu’on bossait tous vers un intérêt commun et qu’il était important de montrer une bonne image de ce sport qui est incroyable, qui est vecteur de tellement de choses positives. Aujourd’hui, je suis un peu plus négatif. Il y a certaines valeurs dans lesquelles je ne me retrouve plus. Quand je dis que c’est ma dernière saison, c’est aussi pour ces raisons-là. J’ai l’impression de tellement être en décalage avec le monde dans lequel je vis, avec le foot actuel, je préfère passer mon tour et partir avec le sentiment du devoir accompli. Aujourd’hui, les valeurs sont bafouées dès qu’un billet de 500 se met sur la table, je ne m’y retrouve pas. Le foot business ne me correspond pas. Les joueurs du PSG, ils ont fait 70 matchs et étaient sur les terrains 52 semaines… et ça c’est le foot business. Ce monde me donne envie de tourner la page. Je pense que si quelque chose doit s’ouvrir pour moi ensuite, cela sera dans l’accompagnement des jeunes. Si ce n’est pas le foot mais l’ostréiculture à Oléron, ça peut être un kiffe aussi ! (rires) »

La disparition des Chamois Niortais, « un crève-coeur »

Photo Vincent POYER (DFCO)

« Si quand on parle du foot français, le nom des Chamois n’est pas le premier à revenir. Pourtant, c’est quand même un bout de notre univers qui disparaît. Ils ont marqué l’histoire de la Ligue 2. Plus que le club, c’est une entité forte dans les Deux-Sèvres et dans la région dans sa globalité. Ceux à qui je pense ce sont les salariés, les bénévoles, les personnalités marquantes qui ont œuvré… le club allait fêter ses 100 ans. Depuis 2005 jusqu’à aujourd’hui, il y a tellement de monde qui a travaillé à faire vivre ce club dans le foot business, dans un univers qui ne lui correspond pas mais qui permettait de continuer d’avoir un centre de formation de qualité et une équipe professionnelle. Ce sont des Pascal Gastien, Philippe Hinschberger, Laurent Cadu, Franck Azzopardi (qui était mon modèle lorsqu’il était joueur et lorsqu’il a coaché la génération 89). Quand je suis revenu au club ensuite, c’était le coach adjoint. Ce sont ces gars-là qui ont donné quasi toutes leurs vies aux Chamois. Le club, c’était un peu leur bébé, et c’est eux qu’il faut féliciter et consoler. »

Alors que la liquidation des Chamois Niortais est intervenue en avril dernier, peu avant le centenaire, tous les regards ont convergé vers un homme : Mikaël Hanouna, qui a débarqué en octobre 2017. Cible de toutes les critiques, l’homme était directeur général du club avant que celui-ci ne coule définitivement. « Quand Mikaël Hanouna est arrivé, l’achat n’a pas été homologué par la fédération et le club avait été banni pour l’édition suivante de la Coupe de France… Son histoire avec les Chamois ne commençait déjà pas très bien. Ensuite, si on prend tous ses choix et qu’on les inverse, je pense qu’on serait encore vivant. Il a cumulé les mauvais choix, les magouilles. L’année Covid, les partenaires et sponsors ont versé des enveloppes et lui il les a gardées pour lui alors qu’il n’y avait plus de matchs. C’est une accumulation de choses qui font qu’à lui seul, il a coulé Niort. Il a coulé l’objet d’un partage entre générations. C’est un crève-coeur. Même en National, il y avait jusqu’à 5 000 spectateurs et on voyait deux à trois générations venir aux matchs. Les grands-pères et les papas ont connu le club en L2 et ils passaient le flambeau aux enfants en les emmenant au stade. Ils vivaient un truc qui ne peut se vivre que dans un stade de foot. Le foot en général fait vivre des émotions. On l’a vu avec le PSG cette année. C’est irrationnel. Les Chamois, au niveau local et régional, avaient cette capacité à être un vecteur de solidarité et de partage. Mikaël Hanouna a tué tout ça. J’espère que le club repartira sur des choses plus positives, plus saines, mais les Chamois niortais à cause de ce mec-là n’existeront plus. »

« Il faut sauver Chamy, la mascotte ! »

Chamy, la mascotte des Chamois Niortais. Photo X / @iciPoitiers

Le 1er août 2024, la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG) décide de l’exclusion du club de toutes les compétitions nationales en raison des importantes dettes qui pèsent sur le club, à savoir plus de 3 millions d’euros. Le 15, la société dépose le bilan. Enfin le 10 septembre, le tribunal de commerce annonce sa liquidation. Le CNOSF (comité olympique) recommande que le club soit reversé en Régional 3 (le 8e échelon du football français). Une relance qui n’efface pas les menaces de disparition. Cette dernière est même évoquée début 2025 mais un nouveau projet va venir changer la donne : celui d’une fusion avec le second club Niortais, l’Union Athlétique Niort Saint-Florent (qui évolue en Régional 2). Les Chamois déclarent forfait et ne termineront pas la saison. Les deux entités se rapprochent au mois de mai 2025. Le 6e de Régional 2 change de nom et devient l’Union Saint Florent Chamois Niortais. Couramment appelé Saint-Flo, le club décide d’utiliser l’appellation Chamois Niortais Saint-Flo sur ses supports. Suite à la liquidation des Chamois, le patrimoine du club a été mis aux enchères. Quentin Bernard a décidé de revêtir une cape de super-héros pour sauver ce qui peut l’être. Sa cible prioritaire : Chamy. La mascotte du club. « J’ai été contacté par des supporters et d’anciens joueurs pour construire une petite cagnotte et récupérer le plus d’objets et de souvenirs matériels possibles. La mascotte, Chamy, ça me tient à coeur, pour mes enfants. Si on arrive à l’avoir, je la redonnerai au club. »

Quelques jours après notre entretien, il a remporté l’enchère pour la somme de 1 004 euros. « C’est une jolie fin pour notre mascotte qui va pouvoir reprendre sa place lorsque le championnat reprendra en R2. Des amis et anciens salariés ont aussi pu sauver quelques objets. L’avoir, c’est une petite fierté personnelle. On a sauvé un bout d’histoire des Chamois. »

Quentin Bernard, du tac au tac

Photo Augustin Thiefaine / 13HF

Ton meilleur souvenir ?
C’est quand j’étais petit, parce que t’as pas ce sentiment de devoir te lever tous les matins pour devoir être meilleur que ton voisin de vestiaire, pour t’arracher, pour gagner ta vie. Quand c’est ton job, il y a des relations qui sont compliqués. Quand t’es gamin, je me souviens de tournois à l’Île de Ré avec mon petit club de Buxerolles. Tu pars deux jours, tu manges des frites entre les matchs, c’est le football plaisir. Cette idée du foot elle m’a suivi toute ma vie.

Le pire ?
La disparition des Chamois.

Un entraîneur marquant ?
Ils m’ont tous marqué positivement ou négativement. Positivement, je n’ai pas envie de n’en sortir qu’un, sinon il va avoir le melon (rires). Olivier Dall’Oglio ici, à Dijon, m’a beaucoup apporté. Jean-Marc (Furlan) m’a énormément apporté dans ma vie de footeux et dans ma façon d’aborder le métier avec ma vie d’homme. Christophe Pélissier à Auxerre m’a apporté parce-qu’il m’a piqué dans mon ego et ça m’a servi par la suite. A Niort, coach Hinschberger c’était génial aussi. Pascal Gastien, c’est pareil. Il me connaît depuis que j’ai 14 ans. Son fils, c’est mon meilleur ami. Les Gastien, ce sont ma deuxième famille. Pascal, il me pourrissait ! Il me dégommait parfois plus que mon propre père !

Un coéquipier qui t’as impressionné ?
C’est bizarre à dire et ça va l’étonner, mais je vais dire un gardien : Donovan Léon. C’est un nounours, on ne l’entend jamais mais il est trop fort. Il est incroyable en tous points de vue : humainement et sportivement.

Une personnalité que tu aimerais revoir et avec laquelle tu as perdu contact ?
Si j’ai perdu contact, c’est qu’il n’y a personne.

Un modèle ?
Mon père. Je vais essayer de ne pas pleurer. C’est mon exemple, mon idole. C’est un mec bien. Si mes enfants peuvent avoir la même image de moi que j’ai de lui, alors j’ai réussi ma vie.

Avec Kylian Mbappe. Photo Quentin B.

Un joueur que tu as affronté et qui t’as marqué ?
Mbappé. C’est une rockstar. Il est incroyable. Il serait né dans une autre décennie ou dans un autre siècle, on lui aurait fait une statue. Aujourd’hui, on lui demande tellement alors qu’il ne reste qu’un humain. Le foot que je n’aime pas, c’est le fait qu’on va passer plus de temps sur des choses pas bien que sur ce qu’il fait d’incroyable. On est dans une société où l’on ne voit que le négatif et le foot est un multiplicateur x 1000 de la réalité de la société.

Une causerie marquante ?
Furlan. C’était en octobre 2018 à Brest, contre Lorient. Ce n’était pas une causerie collective, c’était individuel. Cette semaine-là, mon grand-père meurt, mon fils naît et en fait je n’avais pas envie de jouer. Le coach me dit « Si tu veux sortir au bout de cinq minutes, tu sors. Si tu fais le match, je serai fier de toi ». On gagne 3-2. Il y avait ma grand-mère au stade. L’ambiance était folle. J’ai craqué complet en fin de matchs et les émotions étaient décuplées.

Une saison marquante ?
La saison où on monte de National en Ligue 2 avec les Chamois. C’est l’année du renouveau. Pascal Gastien était coach, et on domine le championnat de la tête et des épaules. On va gagner au Gazélec Ajaccio sur un penalty. On remonte avec tous les copains, c’était génial à tous points de vue.

Choisis un stade : René-Gaillard, Gaston-Gérard, Francis-Le Blé, L’Abbé-Deschamps ?
Ce serait Le Blé. Notamment pour ce fameux Brest-Lorient dont je viens de parler et aussi pour un second match : celui de la montée en Ligue 1 avec Brest lors de la dernière journée en battant les Chamois.

Un toc ou rituel d’avant match ?
J’ai besoin de savoir que ma femme et mes enfants vont bien.

Ton geste technique préféré ?
La passe.

Photo Augustin Thiéfaine / 13HF

Ton dernier match en tribunes ?
L’anecdote, c’est que je n’ai jamais pris de carton rouge dans ma carrière. Par contre mon dernier match et ça j’y tiens, c’était à La Beaujoire avec ma femme et mes enfants pour les JO : Espagne-Nigéria chez les filles.

Ton plus gros défaut ?
Je veux toujours avoir raison.

Ta plus grande qualité ?
Je suis gentil.

Ton contact le plus célèbre dans ton répertoire ?
Mathias Autret. C’est pour placer mon copain !

Ton tatouage préféré ?
Ils ont tous une histoire mais mon tatoueur est l’un de mes meilleurs amis aussi. Il m’a tatoué et il a tatoué beaucoup d’invités le jour de mon mariage : c’est une Saint-Jacques.

Ton match de légende ?
Zizou, le 12 juillet 1998 : France-Brésil. J’avais 9 ans. On était toute la famille dans la pizzeria que mon oncle retapait. C’était un partage en famille.

Ce que tu détestes le plus ?
Les menteurs.

Niort était un club plutôt…
Un club de rêve !

Ta passion en-dehors des terrains ?
Passer du temps avec ma famille, avec mes deux fils. Il y a eu un Quentin Bernard avant d’être papa et un autre après. Être sur la plage à Oléron avec eux me fait rêver.

  • Texte : Augustin THIEFAINE
  • Photos : Vincent POYER (DFCO) et A. T. (13HF)
  • Suivez-nous sur nos réseaux sociaux (Facebook, X et Instagram) : @13heuresfoot
  • Visitez le site web 13heuresfoot
  • Un commentaire, une suggestion, contactez-nous (mail) : contact@13heuresfoot.fr

⚽🕐 10 août 2022 – 10 août 2025 ! Trois ans ! Que le temps passe vite ! Trois ans déjà que j’ai lancé le site 13heuresfoot, considéré aujourd’hui – et c’est une fierté – comme un média ! Mais un média différent. Un média qui tente d’apporter quelque chose, qui met en lumière des acteurs du football dont on parle peu ou moins. Je pense que, humblement, de ce côté-là, le pari est plutôt réussi.

📰 Vendredi et samedi, je me faisais la réflexion suivante en lisant, comme chaque matin, le quotidien référence du sport, LEquipe : on va donc « bouffer » du Saint-Etienne et du Montpellier chaque week-end pour la présentation de la journée de Ligue 2 ? On va donc bouffer du Caen chaque week-end pour la présentation de la journée de National ? Et les Girondins de Bordeaux vont continuer de « phagocyter » le National 2, quand des sujets seront consacrés à ce championnat ?

Je n’ai rien contre Saint-Etienne, Montpellier, Caen ou Bordeaux, les têtes de gondoles de ces championnats de L2, National et N2, d’ailleurs, je n’ai rien contre personne, mais c’est toujours la même chose. Je suis toujours le plus heureux quand on parle de Pau, Rodez ou Laval, quand on parle de Paris 13 ou de Saint-Brieuc, quand on parle de Dinan-Léhon ou de Rumilly. Malheureusement, les médias ne s’y intéressent pas et parlent très souvent des mêmes.

Voilà pourquoi 13heuresfoot existe. J’aimerais proposer plus de contenus, plus d’articles, mais ce site, que j’ai voulu participatif, prend du temps et reste une activité purement bénévole, sans modèle économique. Je suis fier et heureux d’avoir interrogé des dirigeants de clubs et des entraîneurs, des joueurs aussi, connus, inconnus ou appelés à devenir connus. Je suis fier et heureux d’avoir pu les mettre en lumière.

Dans moins d’un an, la Ligue 3 va arriver. J’en entends parler depuis 30 ans. Avant d’être un journaliste, je suis surtout un amoureux et un « suiveur » de tous ces championnats, notamment les championnats de Ligue 2, National, N2, N3 et bien entendu de cette magnifique compétition qu’est la coupe de France. Mais de suiveur, je souhaite devenir « acteur » de la future Ligue 3. Ce nouveau championnat, je ne veux pas passer à côté. Le « National », c’est et cela a toujours été « mon » championnat. Il a quelque chose de différent. C’est pour cela que je réfléchis actuellement à un nouveau projet qui mettrait en lumière la future Ligue 3. J’y reviendrai… ou pas !

En attendant, j’espère que vous continuerez de lire les (longs) articles de 13heuresfoot ! Merci de votre fidélité ! Merci à tous mes contributeurs, ceux qui étaient là au début de l’aventure, ceux qui ont pris le train en marche ! Peut-être que d’autres me rejoindront sur www.13heuresfoot.fr !

📱📞💻 N’hésitez pas à suivre le site 13heuresfoot sur nos réseaux : X, Instagram et Facebook (@13heuresfoot)

📩 N’hésitez pas à me contacter pour échanger, proposer, débattre, ici, ou par mail (aboyer@13heuresfoot.fr) ou par téléphone 06 02 37 65 99

Anthony BOYER

La 33e édition du championnat le plus hybride qui soit sera aussi la dernière. Cette ultime répétition générale fera la transition avec la future Ligue 3, annoncée en juillet 2026. Mais à quelques heures de l’ouverture, l’on ne sait toujours pas à combien de clubs elle se disputera…

Par Jean-Michel ROUET (avec Philippe Le BRECH)

Photos : Philippe LE BRECH

Ce championnat 2025-2026 marque un tournant capital dans la pyramide du football français. Il est en effet le dernier championnat « open » du troisième niveau avant de devenir Ligue 3, une compétition professionnelle donc, en 2026-2027, selon la volonté d’une grande majorité de présidents de clubs qui travaillent depuis longtemps sur le dossier et ont été finalement exaucés par la FFF. Une pensée émue d’ailleurs à ce sujet pour Gilbert Guérin, l’ancien président de l’US Avranches Mont-Saint-Michel (décédé en octobre 2023), un des pionniers de la réforme mais parti hélas avant qu’elle ne voit le jour. Tout cela est très joli sur le papier : la Ligue 3 sera donc 100% professionnelle mais hélas tout le monde ne l’est pas encore vraiment.

À quoi reconnait-on le foot français ? C’est le seul en Europe qui est incapable année après année d’établir une participation définitive à ses compétitions à quelques jours du coup d’envoi, à cause d’une complexité de procédures kafkaïennes.

Le National débute vendredi mais on ne connaît pas définitivement tous ses protagonistes à quelques heures du coup d’envoi. Comme l’année dernière. Comme trop souvent. Tout ça est vraiment très … amateur !

  • 1. L’imbroglio Ajaccio

Normalement, l’AC Ajaccio est le 18e club en lice. Mais pas sûr. Relégué de Ligue 2 en National à titre conservatoire le 10 décembre 2024, sanction confirmée par la DNCG en fin de saison, et encore en appel, le club corse avait jusqu’à ce mercredi – huit mois après la décision initiale ! – pour solliciter le CNOSF (qui devait ensuite rendre un avis purement… consultatif). Ridicule. Mais aux dernières nouvelles, Ajaccio aurait jeté l’éponge et décidé de ne pas saisir l’instance. Ce qui signifierait que le club devrait présenter un budget devant la DNCG fédérale pour évoluer en … National, ce qui, là encore, était une solution à exclure. La réalité est tout autre : l’ACA pourrait être exclu des championnats nationaux (comme Martigues) et repartir au niveau « Régional ». Ce qui aurait pour conséquence d’avoir, comme l’an passé, comme en 2017-2018, un championnat National à 17 clubs !

Pendant ce temps là, l’US Boulogne Côte d’Opale – barragiste malheureux pour la Ligue 2 en mai contre Clermont – attendait de savoir s’il serait repêché à l’étage supérieur. L’USBCO est un modèle de club structuré et bien géré, qui ne dépense jamais deux euros quand il n’en n’a qu’un, dont la Mairie a fait 800 000 euros de travaux pour mettre son stade en T1, aux normes Ligue 2, et c’est pourtant lui le dindon de la farce. Boulogne a sagement recruté pour le National mais en cas d’accession – la LFP a validé ce mardi sa participation en Ligue 2 mais sous certaines conditions, dont l’encadrement de la masse salariale –  il sera obligé de commencer un autre mercato alors que le championnat aura démarré !

Tout ça est effectivement très professionnel… Sans parler du FC 93 Bobigny, qui réclame le droit de monter en National au titre de meilleur 2e de National 2, et menace de boycotter le National 2 !

  • 2. Les participants
Le Stade Malherbe de Caen. Photo Philippe Le Brech

Un relégué de Ligue 2 : le Stade Malherbe de Caen (le deuxième relégué, le FC Martigues, est tombé en Régional 1 sur décision de la DNCG).

Trois promus de National 2 : le Stade Briochin, Le Puy Foot 43 et le FC Fleury 91.

Treize rescapés de la saison 2024-2025 : FC Sochaux-Montbéliard, US Orléans, Valenciennes FC, Dijon FCO, SC Aubagne Air Bel, FC Villefranche Beaujolais, Paris 13 Atletico, FC Rouen 1899, Quevilly Rouen Métropole, FC Versailles 78, Bourg en Bresse Péronnas 01, la Berrichonne de Châteauroux, US Concarneau.

Et pour le 18e et dernier club en lice… voir notre premier paragraphe !

  • 3. Un championnat toujours hétéroclite
L’US Concarneau. Photo Philippe Le Brech

Six des dix sept clubs au départ ont un statut professionnel (ils étaient 10 la saison passée) : Sochaux, Caen, Valenciennes, Concarneau, QRM et Dijon (Orléans et Châteauroux ont abandonné ce statut cette année). Ajaccio devrait, en principe, être le 8e.

Il existe toujours des écarts considérables entre certains clubs, en terme d’infrastructures, d’effectifs, d’organisation, et évidemment de budget (rapport de un à six voire à sept), même si quasiment partout l’heure est à la rigueur. Les sans grade (Aubagne, Paris 13 Atletico) ont donc un énorme mérite à jouer au niveau de Caen ou Valenciennes car ils ne sont clairement pas du même monde. Avec un cahier des charges plus drastique, la Ligue 3 pourrait néanmoins changer la donne.

La meilleure affluence de la saison dernière a été réalisée par le FC Sochaux (10 597 spectateurs de moyenne). Six clubs ont dépassé les 6 000 spectateurs de moyenne (Nancy, Valenciennes, Le Mans, Dijon, Rouen et donc Sochaux) mais six autres n’ont pas atteint les 2 000 et deux étaient à moins de 500 : Paris 13 Atletico (405) et Aubagne (377).
Ainsi Sochaux a-t-il attiré plus de monde sur un match qu’Aubagne et Paris 13 Atletico en une saison !

  • 4. Les entraîneurs
Jordan Gonzalez, entraîneur du FC Versailles 78. Photo Philippe Le Brech

Beaucoup moins de bouleversements qu’il y a un an quand il y a eu un turnover massif et généralisé… Huit entraîneurs en poste en août 2024 sont encore là (contre un seul au départ la saison passé, en poste en 2023) : David Le Frapper à Bourg, Stéphane Rossi à Concarneau, Baptiste Ridira à Dijon, Hervé Della Maggiore à Orléans, David Carré à QRM, et chez les trois promus, David Vignes à Fleury, Stéphane Dief au Puy et le phénoménal Guillaume Allanou à Saint-Brieuc, à la fois entraîneur, directeur sportif, président et partenaire ! Un cumul des fonctions inédit à ce niveau, mais une recette qui a formidablement bien marché !

Cinq coaches nommés en cours de saison dernière conservent aussi leur poste : Jordan Gonzalez à Versailles, Maxence Flachez à Paris 13 Atletico (il avait commencé la saison sur le banc d’Aubagne), Vincent Hognon à Sochaux (sur le banc de Valenciennes l’an passé), Regis Brouard à Rouen et Gabriel Santos, arrivé en cours d’exercice, a Aubagne. Un sixième certainement avec Thierry Debes (Ajaccio).

Les nouveaux venus s’appellent Maxime d’Ornano (Caen), Stéphane Moulin (Valenciennes), Fabien Pujo (Villefranche) et le rookie Valentin Guichard (Châteauroux), 35 ans, qui débarque de Jura Sud (National 2).

  • 5. Des effectifs bouleversés

Comme tous les ans, le turnover est massif un peu partout : des dizaines de départ, autant d’arrivées, et donc des équipes à reconstruire à 70% … ou plus. L’heure est aux économies, donc au recrutement malin dans les divisions inférieures. Ainsi, de très nombreux joueurs de N2 sont appelés au niveau supérieur. Y compris chez un candidat à la montée comme Dijon qui a fait son marché à Grasse (Brandon Ndezi, Alexis Ntamack), à Cannes (Julien Domingues), à Chambly (Paul Bellon) et à Châteaubriant (Loris Dupont).

Idem à Versailles où la page des contrats XXXL est bel et bien tournée. La aussi on se tourne maintenant vers le N2 avec les signatures de Mathias Fisher (Cannes), Jawad Kalai (Epinal), Yohan Zemoura (Jura Sud), Bilal Cissé (Saint Malo), Nathan Yavorski et Shelton Guillaume (Les Herbiers).

  • 6. Les favoris
Les recrues à Valenciennes FC. Photo Philippe Le Brech

Évidemment, le Stade Malherbe de Caen émerge de la liste, pour son potentiel, pour son histoire, pour son public, pour son stade. Mais le club sort d’un immense traumatisme, une relégation la saison même alors qu’il a été racheté par Kylian Mbappé. Ses supporters ne le lâchent heureusement pas : plus de 6000 abonnés ont pris leur carte, probablement séduits par l’assurance que confère la nomination d’un entraîneur (Maxime d’Ornano) qui a rendu vie au voisin rouennais après avoir déjà redonné vie à Saint-Brieuc il y a quelques saisons… Mais le technicien part d’une page presque blanche, et on peut se demander qui va marquer des buts après le départ (à Montpellier) d’Alexandre Mendy…

Le Stade Briochin. Photo Philippe Le Brech

Le pain sec de la relégation, Valenciennes l’a mangé la saison dernière (9e) dans un parcours sans relief. Mais une nouvelle dynamique semble s’être enclenchée avec aux manettes un entraîneur expérimenté et en même temps enthousiaste (Stéphane Moulin) qui a choisi ses hommes (son fidèle défenseur Romain Thomas, dirigé a Angers et à Caen) et qui bénéficie d’un recrutement haut de gamme pour le niveau, notamment Loic Landre, Alain Ipiele, Mabrouk Rouai (la petite pépite d’Aubagne) et du duo offensif formé par Gaëtan Courtet et celui qui illuminait Versailles, Sami Baghdadi.
Après une année complètement ratée (12e), Sochaux espère retrouver son rang avec Vincent Hognon aux manettes et un recrutement prometteur, avec des joueurs rodés à la Ligue 2 (Boutoutaou, Masson, Tavares, Jeannin, Djoco, Youssouf) ou au National (Gomel, Mexique). Le FCSM n’a plus le droit à l’anonymat.

nfin, Dijon bénéficiera de l’expérience du dernier exercice où il a échoué au pied du podium (4e, quand même à 9 points de Boulogne) mais également du retour très attendu de Julio Tavares, icône du club (69 buts sous le maillot dijonnais en L2 et L1 de 2012 à 2020).

  • 7. Les outsiders
Maxime d’Ornano (coach de Caen) et Stéphane Rossi (coach de Concarneau). Photo Philippe Le Brech

Concarneau rêve de retrouver la Ligue 2, quittée en 2024, et cette fois dans son antre de Guy Piriou. Cela passera par un meilleur rendement à domicile que la saison dernière (8e) où les Thoniers ont gagné neuf fois en déplacement et seulement sept à la maison.

Orléans aura aussi besoin de plus de régularité pour faire mieux que sa septième place en mai. Hervé Della Maggiore a pu garder son pistolero, Fahd El Khoumisti (meilleur buteur de National en 2024-2025 et aussi en 2022-2023 avec Concarneau) mais a dû se résoudre au départ pour la Belgique (La Louvière, D1) du prometteur Lucas Bretelle.
Enfin, le FC Rouen génère toujours énormément de passion, parfois excessive (trop de matches à huis clos, dont celui de vendredi pour la journée inaugurale contre Fleury) et son effectif a été chamboulé. La tâche de l’attaquant Raphaël Gerbaud (arrivé de Saint Malo, N2) ne s’annonce pas simple : faire oublier Hicham Benkaïd (2e buteur de National la saison dernière (15 buts) qui a préféré redescendre d’une division pour épouser l’ambitieux projet de Creteil (N2).

  • 8. Le miraculé
Châteauroux. Photo Philippe Le Brech

La Berrichonne de Châteauroux a côtoyé le précipice, financier et sportif. Exsangue après des gestions hasardeuses qui ont lourdement creusé son passif, elle aurait dû être reléguée en N2 … ou pire ! Le club a finalement bénéficié des malheurs d’un autre sans le sou (Martigues) pour être repêché, grâce à l’argent injecté par son sauveur, Djamel Zemmar, et par la mobilisation des instances politiques et économiques de la ville venues au secours du patrimoine que représente la Berrichonne. Le jeune coach, Valentin Guichard, 35 ans, doit cependant tout reconstruire, du sol au plafond, mais au moins le club est en vie !

  • 9. Les interrogations

Après une saison anonyme, éloignée des aspirations d’un relégué de Ligue 2, Quevilly Rouen Métropole doit retrouver un élan avec un effectif limité et surtout délesté de l’excellent meneur Belkacem Dali Amar parti à Caen. Pas simple pour le rival de l’encombrant co-locataire rouennais du mythique stade Robert-Diochon.

Deux fois barragiste pour l’accession en Ligue 2 (2021, 2022), Villefranche a vu le couperet passer très près ces deux dernières saisons. Doyen de ce National (huitième participation de rang), le club caladois paraît en mesure de retrouver un rang plus confirme à ses aspirations, avec un nouveau coach, Fabien Pujo, et un recrutement intéressant où l’on suivra notamment le buteur Babacar Leye, prolifique en N2 (Chateaubriant) sous les ordres de son père.

  • 10. Le « SDF »

Alexandre Mulliez et Fabien Lazare, les jeunes et imaginatifs inspirateurs du projet, ont toujours l’ambition d’installer le FC Versailles 78 comme le grand club de l’Ouest parisien. Mais ils ont réduit la voilure en adoptant une politique salariale beaucoup plus raisonnable que par le passé.
Hélas, faute de pouvoir jouer chez eux, au stade Montbauron (privé d’éclairage en raison d’une interdiction liée à la proximité du château), ils poursuivent leur parcours de nomades : après le stade Jean-Bouin à Paris, après Chambly, les voilà au Camp des Loges, à Saint-Germain-en-Laye, l’ancien centre d’entraînement du PSG. Au moins, ils seront dans leur département !

  • 11. Les promus
Le FC Fleury 91. Photo Philippe Le Brech

Ils se battront pour le maintien, sauf peut-être le FC Fleury 91, boosté par l’apport financier important de son président Pascal Bovis, qui a construit un groupe très expérimenté, confié à David Vignes, qui retrouve le National 8 ans après avoir fait monter Pau ! A noter que le club délaissera Fleury Mérogis et son terrain synthétique pour s’installer au Stade Robert Bobin de Bondoufle, toujours dans l’Essonne, mais beaucoup plus spacieux.

Pour assumer une accession non programmée mais tellement méritée au terme d’une saison formidable, y compris en Coupe de France (quart de finale), Guillaume Allanou, le président-entraîneur de Saint Brieuc, n’a pas fait de folies. Il a perdu ses deux grognards (James Le Marer et Christophe Kerbrat) mais on peut lui faire confiance pour insuffler enthousiasme et énergie à son groupe capable d’épater une fois de plus…

Stéphane Dief, le coach du Puy Foot 43. Photo Le Puy Foot.

Enfin, c’est la troisième accession rapprochée du Puy Foot 43, après celles de 2019 et 2022, qui a toujours fait l’ascenseur jusqu’à présent (relégation en 2020 et en 2023). Facile de deviner l’objectif, cette fois… La saison passée, les Ponots ont dominé un groupe très relevé de N2, et même s’ils ont perdu leur homme orchestre, Olivier Miannay (devenu DG du très ambitieux Creteil), ils peuvent toujours compter sur le savoir faire du président Christophe Gauthier et de l’entraîneur Stéphane Dief. Le troisième essai en National pourrait enfin être tranformé !

  • 12. Les petits poucets

Il peut sembler curieux de classer le 5e et le 6e du dernier exercice dans ce chapitre : mais Bourg-en-Bresse / Péronnas (5e) et Aubagne (6e) ont fait des miracles avec leurs tous petits moyens et leurs salaires XXS pour le niveau, mais une qualité de jeu épatante. Il leur sera très difficile de rééditer la performance, surtout pour Aubagne, littéralement dépouillé, en particulier de l’artiste Yassine Benhattab, élu meilleur joueur du National 2024-2025 et parti en Ligue 1, au FC Nantes.
Enfin, dans son tout petit stade Pelé, collé au boulevard périphérique, le Paris 13 Atletico est le roi de la débrouillardise pour surpasser le handicap considérable d’installations et de conditions d’existence très éloignées du monde pro. Le club brasse toujours beaucoup de joueurs mais son énergie et sa dynamique collective peuvent encore aboutir au seul objectif possible : le maintien.

Télévision

Les neuf matches de chaque journée du championnat National seront diffusés en direct et gratuitement sur la plateforme Youtube. Certaines affiches seront également proposées en co-diffusion par des chaînes locales (quatre matchs retransmis par journée sur les antennes locales de BFM TV et sur les chaînes Youtube et Twitch de RMC Sport).

Le lien du National sur Youtubehttps://www.youtube.com/Championnat_National_Officiel

La journée 1

Vendredi 8 août 2025 à 19h30 : Le Puy – Sochaux; FC Rouen – Fleury; Orléans – Dijon; Paris 13 – Quevilly Rouen; Caen – Aubagne; Saint-Brieuc – Versailles; Villefranche – Concarneau; Châteauroux – Valenciennes; Bourg-en-Bresse/Péronnas – Ajaccio AC. Les matchs sont diffusés sur Youtube : https://www.youtube.com/Championnat_National_Officiel

Effectifs et mouvements de l’intersaison

Le FC Versailles 78. Photo Philippe Le Brech

US Boulogne Côte d’Opale (National ou Ligue 2 ?)
– Arrivées : Mil Nolan BINET (Istres) Att Amine EL FARISSI (Hyères) Att Noah FATAR (Sochaux) Gar Ibrahima KONÉ (Dunkerque) Att Zanga KONÉ (Paris Saint-Germain U23) Att Exauce MPEMBELE BOULA (Lorient B) Déf Aurélien PLATRET (Monaco U23) Mil Lilian RAILLOT (Metz B) Déf Louis SILIADIN (Rumilly/Vallières)
Restent : Julien BOYER Joffrey BULTEL Sonny DUFLOS Corentin FATOU Siad GOURVILLE Christian KITENGE ONA KASONGO Xavier LENOGUE Sohan PAILLARD Adrien PINOT Demba THIAM Hervé TOURÉ Azamat URIEV Nathan ZOHORÉ

– Intègrent l’effectif : Luka BOITEAU Souleymane KEITA Jonathan NDAYA KAPENGA
Intègrent l’effectif (pour la préparation) : Florian BOULET Tom DUPONT Thibault PRUVOST Emmanuel SAKI KOUASSI

– Départs : Teddy AVERLANT (Amiens) Abdelwahab BAALA Alexis BUSIN Corentin CAL El Hadj DABO Victor DELINS (Pays de Cassel) Théo EPAILLY (La Louvière, Belgique) Sébastien FLOCHON (Saint-Priest) Abdel HBOUCH (Annecy) Romain JANNEQUIN Yannick PANDOR (FB Boussu-Bois, Belgique) Thibault RAMBAUD (Annecy) Abel RODRIGUES (Chantilly) Jean VERCRUYSSE (Le Mans)

Ajaccio AC
– Restent : Axel BAMBA Michaël BARRETO Thibault CAMPANINI Ivane CHEGRA Abou KANTE Jesah MABEYA AYESSA ONDZE Bilal MEROUGA Everson Junior PEREIRA DA SILVA Julien PRENANT CAPOROSSI Mehdi PUCH-HERRANTZ Ghjuvanni QUILICHINI Benjamin SANTELLI François-Joseph SOLLACARO Tony STRATA Ben Hamed TOURÉ Clément VIDAL Mohamed YOUSSOUF

– Intègrent l’effectif : Zyed BELTAIEF Zakari EL KHALFIOUI Kelyan GRAZIANI NOGOTO Valentin PRENANT CAPOROSSI

– Autres joueurs (dans l’effectif ?) : Nasser BOUYAHMED (D) (ou BOUHIMED) Ryan CONTENA (A) Jérémy DEBESSA (D) Mathis ROMDER (D)

– Départs : Julien ANZIANI (Sariyer Istanbul, Turquie) Sacha CONTENA Matthieu HUARD (Red Star) Tim JABOL FOLCARELLI Valentin JACOB Arsène KOUASSI (Lorient) Thomas MANGANI (Arrêt) Owen MARTINEZ JULIEN Stephen QUEMPER (Créteil) Moussa SOUMANO (Breda, Pays-Bas) Alhassan TOURÉ Yoann TOUZGHAR (Arrêt)

SC Aubagne Air Bel
– Arrivées : Déf Moustakim ASSOUMANI (Sans Club) Déf Yassine BEN HAMED (Antwerp, Belgique) MIL Hadi BENTEBBAL (Virton, Belgique) Mil Kalil BOUALI (Strasbourg U19) Att Karim CHABAN (Istres) Mil Khalil CHAFAI (Six-Fours/Le Brusc) Déf Nohim CHIBANI (Quevilly/Rouen) Mil Mathieu DIABY (Quevilly/Rouen) Att Mohamed HAMEK (Alès) Déf Nasuir Dine HAMIDOU (Rousset) Déf Abdallah MOHAMED ABDALLAH (Istres) Mil Adam OUDJANI (Le Mans) Att Kylian SILA (Orléans)

– Restent : Sofiane BOUDRAA Maisser Ramy BOUTEBA Bilal EL KADDOURI El Omar FARDI Jordan GIL Kassim M’DAHOMA Mohamed NEHARI Matthias NOUICHI Adem TAFNI Bilel TAFNI

– Départs : Yamin AMIRI Yassine BENHATTAB (Nantes) Thomas CARBONERO (Créteil) Mohamed Lamine DJABALLAH Sétigui KARAMOKO (Pau) Fady KHATIR (Rouen) Cyril KHETIR (Beerschot Anvers, Belgique) Lucas LAVALLÉE (Châteauroux) Esteban MOUTON (Orléans) Ousseynou NDIAYE (Paris 13) Aimé Steven NSIMBA LABE (Universitatea Craïova, Roumanie) Mabrouk ROUAI (Valenciennes) Chris TOHOULI

Football Bourg-en-Bresse/Péronnas 01
– Arrivées : Att Destin BANZOUZI (Orléans) Mil Benjamin BESIC (Moulins/Yzeure) Déf Mathéo BODMER (Le Havre) Att Mohamed BOUMAAOUI (Bastia) Déf Mamadou CONTÉ (Laval B) Déf Arsène Jonathan DO MARCOLINO ROGOMBE (Rennes B) Att Moussa GUEL (Paris 13) Mil Kelvin Patrick JOIA RODRIGUES ARAUJO (Saint-Priest) Mil Francis KEMBOLO LUYÉYÉ (Martigues) Gar Jacques Bruno MBEUBAP MBIANDJEU (La Rochelle) Mil Jules MEYER (Dijon) Déf Mohamed SYLLA (Dijon)

– Restent : Quentin LACOUR Romain LASPALLES Mamadou MAGASSOUBA Arthur MAZUY Beimarse TANKIEV Nathan VITRE

– Intègrent l’effectif : Yassine ABRAOU (M) Naïm MOUADDEB (D) Romain MURO (D)

– Départs : Youness AOULADZIAN (Orléans) Darling BLADI (Betis Seville, Espagne) Mattéo COMMARET (Laval) Ottman DADOUNE (Ratchaburi, Thaillande) Bastien DONIO (Gornik Zabrze, Pologne) Brown IRABOR (Guingamp) Charly JAN (Orléans) Clément JOLIBOIS (Rodez) Vladimir KARAJCIC (Zeleznicar Pancevo, Serbie) Bryan LABISSIÈRE (Thionville) Pascal MICHELIZZI (Espaly-Saint-Marcel) Jordan MOREL (Orléans) Guédé NADJE (Angers, retour prêt) Dylan SIA Zakari SOULEYMANE Roger TAMBA M’PINDA (Châteauroux) Abdoul Karim TRAORÉ (Ould/Heuverlé/Louvain, Belgique)

Stade Malherbe de Caen
– Arrivées : Att Ivann BOTELLA (La Louvière, Belgique) Mil Belkacem DALI AMAR (Quevilly/Rouen) Att Adama DIAKITÉ (Villefranche-sur-Saône) Mil Maxime ETUIN (Concarneau) Déf Vinicius GOMES (Villefranche-sur-Saône) Déf Ronny LABONNE (Nîmes) Déf Léandro MORANTE (Martigues) Att Samuel NOIREAU-DAURIAT (Guingamp B)

– Restent : Diabé BOLUMBU Bilel BRAHIMI Yannis CLEMENTIA Dieudonné Gaucho DEBOHI Mohamed HAFID Valentin HENRY Noé LEBRETON Anthony MANDREA Yann M’VILA Lorenzo RAJOT Brahim TRAORÉ

– Intègrent l’effectif : Zoumana BAGBEMA (M) Léo MILLINER (M) Gabin TOMÉ (M)

– Départs : Mathias AUTRET (Milizac) Adrien BA LOUA (Qabala, Azerbaïdjan) Yassine BENRAHOU (Hajduk Split, Croatie) Kalifa COULIBALY Jules GAUDIN (Paris FC, retour prêt) Samuel GRANDSIR Godson KERYEMEH (Le Havre) Mickaël LE BIHAN Quentin LECOEUCHE Alexandre MENDY (Montpellier) Alex Moucketou-Moussounda (Aris Limassol, Chypre) Ilyes NAJIM (Beveren, Belgique) Emmanuel NTIM Lamine SY (Auxerre), Romain THOMAS (Valenciennes)

La Berrichonne de Châteauroux
– Arrivées : Mil Quentin BENA (Botev Vratsa Bulgarie), Mil Issam BOUAOUNE (Nîmes) Mil Samba DEMBÉLÉ (Bourges) Déf Djibril DIARRA (Chambly) Déf Akim DJAHA (Martigues) Déf Aniss EL HRITI (Versailles) Att Gwen FOULON (Bourges) Mil Ronaldo FREITAS (Locminé) Déf Anderson GONCALVES (Les Herbiers) Att Amadou KONATE (Créteil) Gar Lucas LAVALLÉE (Aubagne) Déf Brahima MAGASSA (Les Herbiers) Att Malhory NOC (Fréjus/Saint-Raphaël) Att Loîck PIQUIONNE (Vannes) Mil Roger TAMBA M’PINDA (Châteauroux) Mil Théo TRINKER (Cannes) Att Yanis VERDIER (Rodez) Att Housseine ZAKOUANI (Sans Club)

– Restent : Moussa BA (G) Doua DEMBÉLÉ (A) Schinéar MOPILA (D) Enzo TOSTIVINT (G)

– Intègrent l’effectif : Grégory KELO (D)

– Départs : Brandon AGOUNON Othmane CHRAIBI Mathis CLAIRICIA (Bochum, Allemagne) Brice COGNARD (Bobigny/Bagnolet/Gagny) Hugo COLELLA Séga COULIBALY (Portland Heart of Pine, USA) Mamadou DIALLO (CSKA Sofia, Bulgarie) Mouhamad Lamine DOUMBOUYA Rémy DUTERTE (Balagne) Ylan GOMES Sajed JEBNOUN (Balagne) Nouhoum KAMISSOKO (Marseille B) Hilel KONATÉ (Troyes) Aboubacar MAGNORA (Créteil) Adama MBENGUE François MENDY Téo James MICHEL Ferris N’GOMA Jacques-Antoine PELLETIER SIMOES Leverton PIERRE (Vizela, Portugal) Vincent PIRES (Nîmes) Dorian SAMBA NDOUDI (Jura Sud) Silly SANGHARÉ (Bobigny/Bagnolet/Gagny) Yacouba SYLLA Tyrone TORMIN Isaak UMBDENSTOCK Giovani VERSINI (Pau)

US Concarneau
– Arrivées : Gar Valentin CENATIEMPO (Bastia B) Att Omar DAF (Bulle, Suisse) Mil Garland GBELLE (Famagouste Nea Salamina, Chypre) Mil Loïc GOUJON (Orléans) Déf Jimmy HALBY-TOURÉ (Orléans) Déf Amédé KABONGO (Rouen) Att Mewan LE BONNIEC (Lannion) Mil Mathis PICOULEAU (Nîmes) Gar Vincent VIOT (Orléans)

– Restent : Rudy BOULAIS Baptiste ETCHEVERRIA Guillaume JANNEZ Pierre JOUAN Stanislas KIELT Amadou SAMOURA Djessine SEBA Joseph SERY Amadou SEYDI Thibault SINQUIN Youssouf SOUKOUNA Gabriel TUTU

– Intègrent l’effectif : Glenn HOCQUET Gauthier SYLVESTRE

– Départs : Rayana BAMBA (Rennes, retour prêt) Gino CAOKI (Nîmes) Maxime ETUIN (Caen) Josselin GROMAT (Le Puy-en-Velay) Frédéric INJAI Isaac MATONDO Baptiste MOUAZAN (Grenoble) Antoine PHILIPPON (Bayonne) Esteban SALLES (Pau) Amadou SAMOURA Joseph SERY (Penafiel, Portugal) Amilcar SILVA (Liepaja, Lettonie) Mansour SY (Lierse, Belgique) Arthur TCAPTCHET (Reims, retour prêt) Rayan TOUZGHAR (Guingamp, retour prêt) Abdelwahed WAHIB (Valenciennes)

Dijon FCO
– Arrivées : Mil Paul BELLON (Chambly) Déf Waly DIOUF (Nîmes) Att Julien DOMINGUES (Cannes) Mil Loris DUPONT (Châteaubriant) Déf Fady KHATIR (Aubagne) Mil Brandon NSIMBA NDEZI (Grasse) Déf Alexis NTAMACK (Grasse) Att Julio TAVARES (Al Diraiyah, Qatar)

– Restent : Ylan AKA Yanis BARKA Quentin BERNARD Paul DELECROIX Abdoul DIABY MALICK Boubacar DIALLO Ismaël DIALLO Abd Elmajid DJAE Mehdi FORNELLI Ben Chayeel HAMADA Adel LEMBEZAT Jordan MARIÉ Elydjah MENDY Zoran MOCO Lenny MONTFORT Hugo VARGAS-RIOS

– Intègrent l’effectif : César OBONGO Florian ROMBOGOUERA GOUZELE

– Départs : Izak AKAKPO (Lorient) Yanis CHAHID Souleymane CISSÉ Alexandre DUVILLE-PARSEMAIN (Lugano, Suisse) Rayane EL KHAMALI Jovany IKANGA A NGÉLÉ (Red Star, retour prêt) Mamadou KEBÉ Cédric MAKUTUNGU (Annecy) Joseph MENDES Jules MEYER (Bourg-en-Bresse/Péronnas) Mathéo MOUSSA (Bastia) Victor POISSON Saïd SABER Kevin SCHUR Rayane SOUICI Mohamed SYLLA (Bourg-en-Bresse/Péronnas) Nassim TITEBAH (Rouen)

FC Fleury 91
– Arrivées : Gar Gaël ALETTE (Lorient) Déf Hugo AUBOURG (Canet-en-Roussillon) Déf Clément COUTURIER (Villefranche-sur-Saône) Att Khalil GANNOUN (Balagne) Mil Nadir HOMSSA (Charleville-Mézières/Prix-les-Mézières) Déf Morgan JEAN-PIERRE (Orléans) Déf Hamadou KARAMOKO (Niederkorn, Luxembourg) Déf Stéphane LAMBESE (Sans Club)

– Restent : Clément BADIN Marvyn BELLIARD Théo BLOUDEAU Enzo BOVIS Freddy COLOMBO Kevin FARADE Loup HERVIEU Valentin LAVIGNE Baptiste LECLERC Grégoire LEFEBVRE Romain LELEVE Yoann LE MÉHAUTÉ Judicaël MAKENGO Antoine PETIT Thibaut PLISSON Jonathan RIVAS MAROUANI Sadibou SYLLA Jovanie TCHATCHOUA Trey VIMALIN Quentin VOGT

– Intègrent l’effectif : Paul America Jawa MARA (A)

– Départs : Diakari DIARRA (Granville) Abdennour HASSAINE

Le Puy Foot 43 Auvergne
– Arrivées : Mil Salim AKKAL (Nîmes) Déf Cheick Mohamed DOUMBIA (Rodez) Mil Antoine GAUTHIER (Saint-Etienne) Déf Emric GOUMOT (Grasse) Mil Josselin GROMAT (Villefranche-sur-Saône) Gar Jules GUETTE (Sans Club) Att Julien JACQUAT (Biesheim) Déf Idris MOHAMED (Rousset) Att Plamedi NSINGI MBALA (Nantes B)

– Restent : Marvin ADELAÏDE Ismaël BOULEGHCHA Matis CARVALHO Axel DARNAUD Yann DIEBOLD Hermann ESMEL Moussa FATY Thomas GHALEM Julian LASSABLIÈRE Yanis MARONNE Tyrone SAKHO Abdelnour SOUALHIA Loris TAILHANDIER Paul WADE Renald XHEMO Maël ZOGBA

– Intègrent l’effectif : Samuel LACOUR (D)

– Départs : Salomon ABERGEL (Istres) Mohamed BEN FREDJ (Créteil) Fabien BOULAMOY Bourama DIARRA (Furiani/Agliani) Tom LEBEAU (Saint-Malo) Mathys LOURDIN (Le Poiré-sur-Vie) Elie MAURIN (Alès) Davel MAYELA (Le Poiré-sur-Vie)

US Orléans Loiret
– Arrivées : Mil Youness AOULADZIAN (Bourg-en-Bresse/Péronnas) Att Celal BOZKURT (Bourgoin-Jallieu) Gar Fei-Hong FAHAM (Challans) Gar Charly JAN (Bourg-en-Bresse/Péronnas) Mil Jordan MOREL (Bourg-en-Bresse/Péronnas) Déf Esteban MOUTON (Aubagne) Déf Johann OBIANG (Pau) Déf Sidney OBISSA (Krumovgrad, Bulgarie) Att Clément RODRIGUES (Barnsley, Angleterre) Déf Mamadou SYLLA (Paris 13)

– Restent : Marvin BAUDRY Grégory BERTHIER Maxime D’ARPINO Florent DA SILVA Jimmy GIRAUDON Fahd EL KHOUMISTI Guillaume KHOUS

– Intègrent l’effectif : Destin BANZOUZI Arsène COUREL Mamadou DIAKO Arthur LALLIAS Marius LEMAÎTRE

– Départs : Walid BENBELLA (Montlouis-sur-Loire) Lucas BRETELLE (La Louvière, Belgique) Modibo CAMARA (Biel/Bienne, Suisse) Antonin CARTILLIER (Rouen) Alan DO MARCOLINO (Rennes, retour prêt) Mohamed GHORZI (Bijeljina, Bosnie-Herzégovine) Loïc GOUJON (Concarneau) Jimmy HALBY-TOURÉ (Concarneau) Tommy IVA (Créteil) Morgan JEAN-PIERRE (Fleury-Mérogis) Owen-Césaire MATIMBOU (Romorantin-Lanthenay) Rayan PONTI (Rodez) Kylian SILA (Aubagne) Kevin TESTUD (Villefranche-sur-Saône) Virgile THÉRÉSIN Vincent VIOT (Concarneau)

Paris 13 Atlético
– Arrivées : Mil Abelmalek AMARA (Nîmes) Déf Abdourahmane BARRY (Amiens) Déf Nicolas BERNARDINO (Racing CF) Mil Noa DONAT (Bastia) Gar Yannick ETILÉ (Martigues) Mil Ryan FAGE (Troyes) Mil Mario FORTUNATO (Saint-Pryvé/Saint-Hilaire) Att Mel LASME (Bobigny/Bagnolet/Gagny) Mil Loïs MARTINS (Laval) Mil Bilal MEHADJI (Chambly) Mil Ousseynou NDIAYE (Aubagne) Mil Tiago OLIVEIRA CASTRO (Saint-Maur-des-Fossés) Déf Arnold TEMANFO (Sans Club) Déf Cheick TRAORÉ (Al-Faisaly Amman, Jordanie) Att Aeron ZINGA (Epinal)

– Restent : Sasha BERNARD Cheikhou CISSÉ Moussa DIARRA Bruno ECUÉLÉ MANGA Steven LUYAMBULA BIWA Damien MESPLÉ Abroise OYONGO BITOLO Soumaila SANGARE Germain SANOU Lucas VALERI

– Départs : Sony BUTROT (Les Herbiers) Kalilou CAMARA Marvin DE LIMA (Bayonne) Karamoko DIABY Sada DIAKHABI (Saint-Brieuc) Lassana DIAKO Daou DIOMANDÉ (Valenciennes) Ulrick ENÉMÉ-ELLA (Dinan/Léhon) Léon GOMIS Moussa GUEL (Bourg-en-Bresse/Péronnas) Abdelsamad HACHEM (Red Star) Issiaka KARAMOKO (Bastia) Hamidou KEITA Jérémy MANGONZO (Andrézieux-Bouthéon) Fara MENDES (Torcy) Kenny ROCHA SANTOS (Rouen) Dramane SAGANOKO Mamadou SYLLA (Orléans) Enzo VALENTIM (Villefranche-sur-Saône)

Quevilly Rouen Métropole
– Arrivées : Déf Yasser BALDE (Raja Casablanca, Maroc) Déf Youssouf KANOUTÉ (Beauvais) Att Mehdi MOUJETZKY (Bourgoin-Jallieu) Déf Jérémy MOUNSESSE (Lyon B) Mil Ibrahima SAMOURA (Oissel)

– Restent : Noah ADEKALOM Kayne BONNEVIE Shurwin BOUEKOU MAHANA Yanis DEDE LHOMME Namakoro DIALLO Yankuba JARJU Jordan LEBORGNE Tony NJIKÉ Pierre PATRON Théo PIONNIER BERTRAND Lenny PIRRENGUEL Kapokyeng Panka SYLVA Jason TRÉ Noah VANDENBOSSCHE

– Intègrent l’effectif (pour la préparation) : Eliot BOUDET Warren CEDILLE Samuel COME RUIZ Kassy GHOY Ilyes PANCHOUT Ruben ROSA Anthony SIFFLET Joseph SONGWE Sékou TRAORÉ Matis WESSNER

– Départs : Alane BEDFIAN (Ajaccio GFC) Benjamin CAPRON-LITIQUE Nohim CHIBANI (Aubagne) Nadjib CISSÉ (Bordeaux) Belkacem DALI AMAR (Caen) Yassin FORTUNÉ (FC Vizela, D2 Portugaise), Isaac TSHIPAMBA MULOWAYI (Maribor, Slovénie) Beres OWUSU (Saint-Etienne, retour prêt) Ahmed SOILIHI

FC Rouen 1899
– Arrivées : Att Amadou BA-SY (Coimbra, Portugal) Déf Melvin BORNE (Reims B) Déf Antonin CARTILLIER (Orléans) Mil El Hadji Guiry EGNY (Chasselay GOAL FC) Mil Valentin FUSS (Pétange, Luxembourg) Déf Enzo GENTON (Lorient) Att Raphaël GERBEAUD (Saint-Malo) Déf Formose MENDY (Nîmes) Mil Kenny ROCHA SANTOS (Paris 13) Gar Thomas SANGLIER (Grand-Quevilly) Déf Nassim TITEBAH (Dijon)

– Restent : Charles ABI Yazid AÏT MOUJANE Clément BASSIN Mustapha BENZIA Omar BEZZEKHAMI Sofiane BOUZAMOUCHA Sérigné FAYE Dany GOPROU Axel MARAVAL Jason MBOCK Noah NDÉKÉ Lucas ROYES Axel TEMPERTON Victor TILLIEZ Amara TOURÉ

– Départs : Malik ABDELMOULA (Andrézieux-Bouthéon) Ahmad ALLÉE (Duhok, Iraq) Hicham BENKAÏD (Créteil) Naël BENSOULA (Le Poiré-sur-Vie) Florian DESCHAMPS Ichem FERAH (Lille, retour prêt) Adon GOMIS Abdellah HAIMOUD Amédé KABONGO (Concarneau) Paul LEHOUX (Andrézieux-Bouthéon) Christ-Emmanuel LETONO MBONDI (Espanyol Barcelone, Espagne) Mathieu MION (Grenoble) Mohamed OUADAH Valentin SANSON (Virton, Belgique)

Stade Briochin
– Arrivées : Déf Sadia DIAKHABI (Paris 13) Att Mickaël FATY (Dinan/Léhon) Déf Matias LOPES (Cannes) Gar Dialy Kobaly NDIAYE (Besançon Racing) Déf Youssoupha NDIAYE (Chassieu/Décines-Charpieu) Déf Mattéo RABUEL (Avranches) Mil Charles-André RAUX-YAO (Versailles)

– Restent : Karim ACHAHBAR Benjamin Brou ANGOUA Guillaume BEGHIN Julien BENHAIM CASNOVA Florian BEUREL Hugo BOUDIN Esteban CRESPEL Boubacar DIAKHABY Madigoundo DIAKITE Aimeric GOMIS MAILLARD Stan JANNO Christian Anderson KONAN Franck L’HOSTIS Mathéo NTUMI Léo ROUILLÉ Léo YOBÉ Artur ZAKHARYAN

– Intègrent l’effectif : Quentin LOUEDEC (M)

– Départs Yacine AHJAOU Jhon BALZAN RIASCOS (TA Rennes) Hugo BOUTSINGKHAM (Nantes, retour prêt) Christophe KERBRAT James LE MARER (Dinan/Léhon) Gabin LE NORMAND Antoine NUGENT

FC Sochaux Montbéliard
– Arrivées : Att Aymen BOUTOUTAOU (Valenciennes) Att Kapitbafan DJOCO (Annecy) Att Boubacar FOFANA (Winterthur, Suisse) Att Benjamin GOMEL (Nancy) Gar Mehdi JEANNIN (Pau) Mil Julien MASSON (Valenciennes) Mil Jonathan MEXIQUE (Nîmes) Déf Dylan TAVARES (Bastia) Att Darell TOKPA (Locminé) Def Bendjaloud YOUSSOUF (Dunkerque)

– Restent : Samy BENCHAMMA Alex DAHO Victor JOSEPH Solomon LOUBAO Elson MENDES DA SILVA Boris MOLTENIS Mathieu PEYBERNES Alexandre PIERRE Abederrezek SAÏDI Aboubacar SIDIBÉ Mohamed Lamine TOURÉ Arthur VITELLI

– Intègrent l’effectif : Enzo-Noël DODÉ (D)

– Départs : Julien DACOSTA (Debrecen, Hongrie) Mouhamadou DRAMMEH (Universitatea Cluj, Roumanie) Geoffray DURBANT (Bobigny/Bagnolet/Gagny) Noah FATAR (Boulogne-sur-Mer) Thomas FONTAINE (Chasselay GOAL FC) Armand GNANDUILLET Alex GUETT GUETT (Niederkorn, Luxembourg) Kevin HOGGAS Corentin JEAN N’Dri KOFFI (Hamrun Spartans, Malte) Martin LECOLIER Dimitri LIÉNARD Victor MAYELA (Auxerre, retour de prêt) Diego MICHEL (Mannheim, Allemagne) Marie-Gaël MUKANYA (Colmar) Nassim OUAMMOU (Agadir Hassania, Maroc) Mathieu PATOUILLET (Lyon, retour de prêt) Roli PEREIRA DE SA Marc POPOW Malcolm RANGON (Jura Sud) Baptiste VALETTE (Grasse)

Valenciennes FC
– Arrivées : Déf Derrick ABU (Southampton) Att Sofiane BAGHDADI (Versailles) Mil Samir BELLOUMOU (Martigues) Att Gaëtan COURTET (Dunkerque) Mil Daou DIOMANDÉ (Paris 13) Att Mouya IPIÉLÉ (Martigues) Déf Alexi KOUM (Marseille B) Gar Justin LACOMBE (Toulouse) Déf Loïck LANDRE (Çorum, Turquie) Mil Mabrouk ROUAI (Aubagne) Déf Romain THOMAS (Caen) Déf Abdelqaahed WAHIB (Concarneau)

– Restent : Stredair APPUAH Lucas BUADES Alexandre COEFF Jules COLLET Ahmed DIOMANDÉ Kylian KOUAKOU Jean LOUCHET Jean-Eric MOURSOU Sakhalou NIAKATÉ Kehinde Mathias OYEWUSI Sambou SISSOKO

– Intègrent l’effectif : Mamadou KEBBEH

– Départs : Carnejy ANTOINE Aymen BOUTOUTAOU (Sochaux) Papa Demba Oumar CAMARA Axel CAMBLAN (Brest, retour prêt) Bakaye DIBASSY Kyllian GASNIER (Pau, retour prêt) Tanguy LIENARD (Feignies/Aulnoye-Aymeries) Julien MASSON (Sochaux) Mathieu MICHEL (Montpellier) Byani MPATA LAMA Ousmane TOURÉ (Lille, retour prêt) Nick VENEMA (Dordrecht, Pays-Bas) Lucas WOUDENBERG

FC Versailles 78
– Arrivées : Déf Deen ADEHOUMI (Nantes B) Gar Hugo BARBET (Nantes B) Déf Bilal CISSÉ (Saint-Malo) Att Ibrahima DOUCOURÉ (Sannois/Saint-Gratien) Mil Mathias FISCHER (Cannes) Att Shelton GUILLAUME (Les Herbiers) Mil Jawed KALAI (Epinal) Mil Odilon KOUASSI (Horsens, Danemark) Mil Ali OUCHEN (Le Mans) Att Karim Tlili (FC Martigues) Gar Nathan YAVORSKI (Les Herbiers) Att Yohan ZEMOURA (Jura Sud)

– Restent : Romain BASQUE Samir BEN BRAHIM Raphaël CALVET Kurtis CHADET Aimé GAVAL Patrick KOFFI Joseph Yannick MBONE Djamal MOUSSADEK MEDOU-OTYE Tom RENAUD Sébastien RENOT Jérémi SANTINI Ryan TCHATO MBIAYI Soumaïla TRAORÉ

– Départs : Melih ALTIKULAC Samir BAGHDADI (Valenciennes) Lassana DIAKHABY (Créteil) Modeste DUKU MBENGA Aniss EL HRITI (Châteauroux) Fodé GUIRASSY (Créteil) Bilal HEND (Niederkorn, Luxembourg) Jonathan KODJIA Faveur Wilfried KOUASSI Moise MAHOP Jordan MENDES COREIA (Rodez) Jules RAUX (La Roche-sur-Yon Vendée) Charles-André RAUX-YAO (Saint-Brieuc) Freddy SITUMONA MBEMBA (Charleroi, Belgique)

FC Villefranche Beaujolais
– Arrivées : Mil Anfane AHAMADA MZE (Lyon Duchère) Mil Ilian BOUDACHE (Rousset) Déf Rupert Nathan DEKOKÉ (Le Mans) Att Mohamed FERNANDEZ (Balagne) Déf Tristan GRIPPON (Châteaubriant) Déf Ethan KENA KABEYA (Clermont-Ferrand B) Att Babacar LEYE (Châteaubriant) Mil Sambaly KEITA (Les Herbiers) Mil Vincent MARCEL (Nîmes) Déf Kemryk NAGERA (Lille B) Déf Hamza SBAÏ (Nîmes) Mil Jordan SEBBAN (Sans Club) Att Kevin TESTUD (Orléans) Mil Timothé THEVENET (Gueugnon) Att Axel THOUMIN (Furiani/Agliani) Déf Enzo VALENTIM (Paris 13)

– Restent : Lucas CAMELO (D) Patrick KISSLING (A) Cédric LUNARDI (G) Talian MATIP NGOM (A) Kenny MIXTUR (A) Raouf MROIVILI (M) Sullivan PEAN (G) Yacine SOFIANE (D)

– Intègrent l’effectif : Seydou OUEDRAOGO (D) Titouan WILZIUS (G)

– Départs : Harouna ABOU DEMBA Marcellin Achille ANANI (Red Star, retour prêt) Abou Malal BA (Bordeaux) Moulaye Idrissa BA (Bourgoin-Jallieu) Nazim BABAI (Monaco, retour prêt) Steven BASEYA (Alverca, Portugal) Maxime BASTIAN (Boussu-Bois, Belgique) Mokrane BENTOUMI (Le Havre, retour prêt) Lucas CALODAT (Le Mans, retour prêt) Clément COUTURIER (Fleury-Mérogis) Adama DIAKITÉ (Caen) Mahamadou DOUCOURÉ (Biel-Bienne, Suisse) Vinicius GOMES (Caen) Metehan GUCLU Octave JOLY (Rodez) Maxime MERLE Nathan MONZANGO Brice NEGOUAI (Koper, Slovénie) Ismaël Youssef PETCHY (Chalon-sur-Saône) Christopher ROCCHIA Béni SERGIO-DOMINGOS (Limonest/Dardilly/Saint-Didier) Antoine VALERIO

Le FC Rouen 1899. Photo Philippe Le Brech

Les entraîneurs

David Vignes, entraîneur du FC Fleury 91. Photo Philippe Le Brech
  • Ajaccio AC : Thierry Debes (03/01/74)
    En poste depuis janvier 2025
  • SC Aubagne Air Bel : Gabriel Tavares Minhava Dos Santos (24/04/83)
    En poste depuis janvier 2025.
  • Football Bourg-en-Bresse/Péronnas 01 : David Le Frapper (25/03/71)
    En poste depuis juillet 2024.
  • Stade Malherbe Caen : Maxime d’Ornano (16/12/80)
    En poste depuis juillet 2025
  • La Berrichonne de Châteauroux : Valentin Guichard (02/07/90)
    En poste depuis juillet 2025
  • US Concarneau : Stéphane Rossi (23/03/64)
    En poste depuis juillet 2024.
  • Dijon FCO : Baptiste Ridira (13/06/83)
    En poste depuis juillet 2024.
  • FC Fleury 91 : David Vignes (21/06/1973)
    En poste depuis juillet 2023.
Guillaume Allanou, entraîneur (et aussi président, directeur sportif et partenaire !) du Stade Briochin. Photo Philippe Le Brech
  • Le Puy Foot 43 Auvergne : Stéphane Dief (21/06/73)
    En poste depuis juillet 2023
  • US Orléans Loiret : Hervé Della Maggiore (17/08/72)
    En poste depuis juillet 2024.
  • Paris 13 Atlético : Maxence Flachez (05/08/72)
    En poste depuis mars 2025.
  • Quevilly Rouen Métropole : David Carré (08/09/75)
    En poste depuis juillet 2024.
  • FC Rouen 1899 : Régis Brouard (17/01/67)
    En poste depuis novembre 2024.
  • Stade Briochin : Guillaume Allanou (12/02/77)
    En poste depuis juillet 2024.
  • FC Sochaux Montbéliard : Vincent Hognon (16/08/74)
    En poste depuis juillet 2025 :
  • Valenciennes FC : Stéphane Moulin (04/08/67)
    En poste depuis juillet 2025
  • FC Versailles 78 : Jordan Gonzalez (31/05/90)
    En poste depuis novembre 2024.
  • FC Villefranche Beaujolais : Fabien Pujo (23/08/73)
    En poste depuis juillet 2025
Régis Brouard, l’entraîneur du FC Rouen 1899. Photo Philippe Le Brech

Les arbitres

Visuel « Arbitrez-vous / Eric Wirotius »

Le nouveau ballon du championnat National pour cette saison. Photo Philippe Le Brech
  • Texte : Jean-Michel ROUET (avec Philippe LE BRECH)
  • Photos : Philippe LE BRECH
  • Suivez-nous sur nos réseaux sociaux (Facebook, X et Instagram) : @13heuresfoot
  • Visitez le site web 13heuresfoot
  • Un commentaire, une suggestion, contactez-nous (mail) : contact@13heuresfoot.fr