C’est dimanche ! Bon dimanche… non pas sous vos applaudissements, mais en lecture !

Vous avez manqué un épisode de 13heuresfoot cette semaine ou ces dernière semaines (le site est en ligne depuis mercredi 10 août, et oui, déjà !) ?

Alors voici une séance de rattrapage et le récapitulatif !

Au passage, merci à notre partenaire, footamateur.fr, pour sa (nouvelle) mise en lumière hier sur son site (dorénavant, chaque samedi, vous pourrez également trouver le « récap » de la semaine sur le site www.footamateur.fr ! Merci à Jérôme Bouchacourt et à son équipe d’avoir consacré une double page dans le dernier numéro de « Foot Amateur Le Mag » !

A demain 13 heures pour une nouvelle semaine en ballon !

Le récapitulatif de la semaine

Samedi 17 septembre

  • Pascal Moulin : « Certains dirigeants sont frileux »

Le lien : https://13heuresfoot.fr/actualites/pascal-moulin-beaucoup-de-dirigeants-sont-frileux/

L’ex-coach de Jura Sud et de Moulins, où il a respectivement passé neuf et cinq saisons, retrace son parcours et se livre même à quelques confidences personnelles sur son court et récent passage à Epinal. Il réfute l’idée d’être étiqueté « coach de N2 » et aspire, à 56 ans, à intégrer le milieu pro. Entretien long format.

Vendredi 16 septembre

  • Saïd Ennjimi : « Les arbitres jouent leur tête à chaque match »

Le lien : https://13heuresfoot.fr/actualites/said-ennjimi-les-arbitres-jouent-leur-tete-a-chaque-match/

L’ancien arbitre international n’a pas manqué sa reconversion. Le président de la Ligue de la Nouvelle-Aquitaine (depuis janvier 2017) revient sur son parcours et livre sa pensée sur l’évolution de l’arbitrage. L’ancien maître du jeu confesse aussi ses craintes quant à l’avenir du football amateur.

Jeudi 15 septembre

  • Dorian Waymel (MaLigue2) : « En Ligue 2, on ne s’ennuie jamais ! »

Le lien : https://13heuresfoot.fr/actualites/dorian-waymel-en-ligue-2-on-ne-sennuie-jamais/

Le rédacteur en chef de MaLigue2, média référence qui met en valeur la 2e division française (interviews, résumés, lives, multiplex, mercato, exclus, dossiers, etc.), évoque la belle aventure qui dure depuis près de 9 ans déjà.

Mercredi 14 septembre

  • La nouvelle vie de Faneva Andriatsima

Le lien : https://13heuresfoot.fr/actualites/la-nouvelle-vie-de-faneva-andriatsima/

L’ex-attaquant et capitaine de Madagascar a rangé les crampons et endossé le costume d’entraîneur avec les U18 R1 du Clermont Foot. Il est aussi très impliqué dans le développement de son île où il oeuvre pour la jeunesse.

Mardi 13 septembre

  • Olivier Miannay : « Au Puy, je me régale ! »

Le lien : https://13heuresfoot.fr/actualites/olivier-miannay-au-puy-je-me-regale/

Incontournable dans le monde amateur qui lui a collé l’étiquette de spécialiste du National et du National 2, niveau où il pense avoir fait ses preuves, le manager général du Puy-en-Velay aspire, un jour, à retrouver un club pro et pourquoi pas la Ligue 1, qu’il a déjà connue à Dijon.

Lundi 12 septembre

  • Amine Boutrah (Concarneau) : « Je n’ai pas toujours eu le bon comportement »

Le lien : https://13heuresfoot.fr/actualites/amine-boutrah-je-nai-pas-toujours-eu-le-bon-comportement/

Lancé en équipe première à Bastia à l’âge de 16 ans avant de vivre des saisons difficiles, le lauréat du trophée de meilleur joueur de National du mois d’août, âgé de 21 ans, s’est totalement relancé depuis son arrivée à Concarneau l’an passé. Portrait.

Dimanche 11 septembre

  • Mélanie Durot : le Stade Briochin, le National et les podcasts

Le lien : https://13heuresfoot.fr/actualites/melanie-durot-le-stade-briochin-le-national-et-les-podcasts/

A 37 ans, cette Bretonne a lancé un podcast sur le National, dans lequel elle met en avant les acteurs du championnat, et pas seulement ceux de Saint-Brieuc, sa ville et son club de coeur !

Samedi 10 septembre

  • Jean-Pierre Scouarnec : « Si on remonte, on sera mieux préparé »

Le lien : https://13heuresfoot.fr/actualites/jean-pierre-scouarnec-si-on-remonte-on-sera-mieux-prepare/

Le président de l’USL Dunkerque (National) revient sur la descente de Ligue 2 en National et évoque une remontée dans les deux ans, avec la certitude que, cette fois, son club sera mieux armé structurellement.

Consulter aussi la rubrique « fil infos » pour retrouver tous les articles !

L’ex-coach de Jura Sud et de Moulins, où il a respectivement passé neuf et cinq saisons, retrace son parcours et se livre même à quelques confidences personnelles sur son court et récent passage à Epinal. Il réfute l’idée d’être étiqueté « coach de N2 » et aspire, à 56 ans, à intégrer le milieu pro. Entretien long format.

Photo Philippe Le Brech

Pour Pascal Moulin, les vacances, c’est toujours en juin ! Sauf que, cette année, celles-ci sont prolongées. Pour la première fois depuis près de vingt ans, le Breton, natif de Lorient, est sans club depuis son départ d’Epinal, où il n’est resté qu’une saison à la tête de l’équipe (N2), après un très long bail de 9 ans à Jura Sud (N2, de 2012 à 2021) et un autre de 5 ans à Moulins (N2 et National, de 2007 à 2012). Des vacances, oui, mais contraint et forcé.

Du coup, l’ancien avant-centre formé à Auxerre, passé par la D3, la D2 et le National à la fin des années 80 et au début des années 90, a du temps. Beaucoup de temps. Qu’il met à profit pour bricoler dans sa nouvelle maison : « Avec ma compagne, on vient d’acheter à Vaux-lès-Saint-Claude, juste à côte du centre d’entraînement de Jura Sud à Molinges, et y’a beaucoup de choses à faire, comme la peinture ».

Consultant sur FFF TV à Bourg

Il l’avoue à demi-mots, le bricolage, ce n’est pas trop son truc. Le football, en revanche, est viscéral chez lui. Alors, il regarde beaucoup de matchs sur les plateformes, passe beaucoup de coups de téléphone ou se rend au stade : « Ce soir (entretien réalisé hier), je vais voir Bourg-en-Bresse – Saint-Brieuc en National. Cette année, j’ai commenté des matchs de National de Bourg pour FFF TV, c’est bien, cela me permet de découvrir une autre facette du football. Et demain (aujourd’hui), j’hésite entre un match de N3 à Jura Dolois ou à Jura Sud contre l’Olympique Lyonnais en N2. C’est toujours intéressant ».
C’est drôle, quelque chose nous dit que son choix se portera sur Jura Sud !

La dernière fois que l’ancien joueur d’Epinal et de Dijon avait vécu une telle situation (le chômage, ce ne sont pas des vacances, hein !), c’était en 2003, après sa première expérience d’entraîneur, à Montceau-les-Mines (DH puis accession en CFA2), juste après avoir mis un terme à sa carrière de joueur à Lons-le-Saunier en N3. « J’étais resté sans club pendant quelques mois. Je supervisais des matchs pour Sylvain Matrisciano, et il m’a demandé de le rejoindre à Louhans-Cuiseaux, en National, comme adjoint, ce que j’ai fait, bénévolement. C’était pour me remettre dans le circuit. J’étais jeune, j’avais 37 ans, j’étais en quête d’apprentissage, même encore aujourd’hui à 56 ans ! Puis Sylvain a eu des soucis de santé et j’ai coaché l’équipe pendant quatre matchs en National, et cette fois le club m’a fait un contrat. Cela m’a permis de continuer à apprendre. »

Avec Louhans, l’histoire se poursuit en CFA la saison suivante puis s’arrête. « Le club a pris quelqu’un d’autre la saison suivante alors que j’avais déjà commencé le recrutement. J’avais attiré Alexandre Licata, Alexis Romao et Loïc Chavériat, dont c’était le retour. J’étais en fin de contrat, je ne suis pas parti en très bons termes avec les dirigeants mais bon… J’ai rejoint Orléans et Bruno Steck, qui était mon entraîneur à Dijon en National. J’étais adjoint et je m’occupais de la réserve, avec laquelle on est passé de DH en CFA2 avec des résultats exceptionnels (25 victoires et 1 nul). »

Titulaire du BE2 à 29 ans

La saison suivante, les dirigeants du club du Loiret ne renouvellent pas Bruno Steck, en fin de contrat, et propose à Pascal, titulaire du BE2, d’être n°1 : « J’ai passé mon diplôme tôt, à 29 ans, car pour moi, c’était dans la lignée de ce que je voulais faire. C’était du sport car cette année-là, en 1995, je jouais à Dijon en National, j’avais le tronc commun la journée, les entraînements le soir, les matchs le week-end et ma fille est née ! Et en plus, je signe en D2 à Epinal la même année. »

A Orléans, ils se sent bien, mais les dirigeants veulent prendre un directeur sportif. Bruno Germain arrive. Dans le foot, c’est un nom. « On ne partageait pas forcément la même vision, y’a eu des incompréhensions. Le président a tranché : il l’a conservé, mais pas moi. J’ai pris mon premier shoot ! Il me restait un an de contrat. En coupe de France, après avoir gagné 3 à 0 au 8e tour sur le terrain de l’AC Ajaccio, on a fait un 32e de finale, ce qui n’était pas arrivé à l’USO depuis 19 ans, et même un 16e de finale ! On avait ramené Lens au stade de la Source (défaite 1-3). »

Jura Sud, 20 ans de N2 dont 9 avec lui !

La suite de son parcours le mène à Moulins (CFA), en 2007, club qu’il a éliminé en 32e de finale de la coupe avec Orléans. Il passe cinq saisons dans l’Allier et connaît une accession en National puis une relégation la saison suivante, toujours pas digérée (lire plus bas). « Après la saison 2011-2012, il me restait un an de contrat, mais il y a eu un changement de direction. Pour la nouvelle équipe qui avait viré le président, avec qui je suis toujours en contact, j’étais la deuxième cible. C’est comme ça. »

Arrive ensuite Jura Sud. « Quand on sait que cela fait 20 ans que le club est en N2 et que j’en ai fait 9… C’est énorme et en même temps paradoxal car je suis Breton et Jurassien d’adoption. Mes parents se sont installés en 1979 à Lons-le-Saunier, où j’ai joué gamin. Or je n’ai jamais joué à Jura Sud. Après Moulins, c’est moi qui suis allé vers eux, j’ai pris mon téléphone, j’ai fait mon commercial ! Je connaissais quelques personnes au club, comme Hervé Saclier, actuel entraîneur de Jura Dolois en N3, on était en formation ensemble à l’AJ Auxerre, et aussi Michel Pinto, avec qui j’ai joué à Lons en CFA2. »

Souvent placé, jamais gagnant, Jura Sud ne parvient pas à passer le cap et à gravir la marche vers le National. Le club aux quatre clochers, qui renvoie une image de ruralité (ce n’est pas péjoratif), y parviendra-t-il un jour ? « En fait, Jura a un avantage et un inconvénient. L’avantage, c’est qu’il n’a pas de ville, puisque c’est le recoupement de quatre villages avec un centre d’entraînement à Molinges et un stade à Moirans-en-Montagne. Cette particularité a fédéré beaucoup de personnes au départ, moins maintenant. Le désavantage, c’est justement de ne pas être au moins une ville moyenne, et de se situer entre Saint-Claude et ses 10 000 habitants, et Oyonnax, qui est tourné vers le rugby et qui n’est pas dans le même département (Ain). Automatiquement, ça n’attire pas de gros partenaires. On en a déjà parlé avec le club lorsque j’y étais : il faudrait faire de Jura Sud LE gros club du Jura, en se rapprochant de Lons-le-Saunier, préfecture du département, qui joue en R1 et qui est plus une ville de football, avec de grosses entreprises. Je connais bien ce club car mon père fut président dans les années 80. Cette mutualisation permettrait de développer le club et d’envisager dans la durée une accession au niveau supérieur. Mais il faut une volonté sportive et politique. »

« Le National 2 s’est professionnalisé »

Quand on a passé 9 ans de sa vie dans un endroit, des liens étroits se créent : « Je suis toujours en relation avec Jura Sud, j’ai vu un des mes présidents, Edmond Perrier, très récemment, et je suis retourné au match y’a 15 jours, cela faisait quasiment 2 ans que je n’avais pas remis les pieds au stade, très exactement depuis que les championnats avaient été arrêtés en octobre 2020 à cause du Covid. On s’est fait la bise avec Valentin Guichard, le coach de Jura Sud, qui a été un de mes joueurs, c’était sympa. Ils ont pris un bon départ, je suis vraiment content pour eux. »

Neuf ans en N2, et quatre autres avec Moulins, donc (entrecoupés d’une saison en National), de quoi vous forger une réputation de spécialiste de ce championnat, qu’il a vu évoluer : « le National 2 s’est professionnalisé. Les staffs ont été élargis, ce qui a permis de mieux répartir les tâches et d’être plus précis. De plus, dans la plupart des clubs, tout le monde ne fait plus que du football, soit sous forme de contrat d’apprentissage, soit sous forme de contrats fédéraux. Après, il y juste a les moyens qui diffèrent selon les clubs. Quand je suis arrivé à Jura Sud, la plupart des joueurs travaillaient, et là, depuis 5 ou 6 ans, ils ne font que du foot. Automatiquement, les entraîneurs et les dirigeants sont plus exigeants en termes de résultats. Surtout qu’avec la réforme, il va y avoir de la casse. D’ailleurs, je constate qu’il y a beaucoup plus de cartons rouges cette année, de tension. Il y a moins de maîtrise car il y a plus d’enjeu. »

Epinal, un retour et des contrariétés

Pascal Moulin, en 1995, sous le maillot d’Epinal, félicité par le maire de l’époque, Philippe Seguin. Photo DR

Après Jura Sud, arrive l’épisode Epinal. Pascal Moulin a « planté » quelques buts au stade de La Colombière en Division 2 (1995-1997), où il a joué, et où il a toujours la côte. Pourtant, l’expérience ne dure qu’un an. L’histoire s’achève avec ce sentiment que les deux parties, dirigeants et entraîneur, ne se sont pas comprises. « Il y a plusieurs éléments. D’abord, on n’était pas d’accord au départ avec le président sur la durée de contrat. Je n’ai signé qu’un an, je pense que c’est une erreur. Il avait annoncé qu’il voulait jouer la montée en National. Or je suis arrivé tardivement, il n’y avait quasiment plus de joueurs offensifs, je ne connaissais pas l’effectif, et rapidement, à la trêve, on a vu que Paris 13 Atletico faisait un parcours exceptionnel, et que donc, pour la montée, ça allait être compliqué. Pour jouer une montée rapidement, en un an, comme ça, soit vous avez des moyens colossaux, soit vous la programmez dans le temps. Je n’aurais pas dû accepter de ne signer qu’un an. En 2e partie de saison, on revient dans les 4 premiers, on fait une série de 8 ou 9 matchs sans défaite, mais mes dirigeants ne reviennent pas vers moi… Je ne suis pas né de la dernière pluie, je me suis dit « ils n’ont pas envie » et j’ai pris la décision de partir en fin de saison. En fait, eux n’avaient pas de vraies raisons, juste des impressions, ils pensaient que je n’étais pas bien au club. Il y a aussi un truc très personnel. En août 2020, j’ai perdu mon papa. En novembre 2020 j’ai perdu un frère (Stéphane, ancien arbitre). Au mois de juillet 2021, à mon arrivée à Epinal, j’ai dû m’absenter dix jours car mon ex-épouse et maman de mes deux enfants est décedée, il a fallu que je sois proches de ma famille. Et en décembre, j’ai perdu ma belle-mère. En seize mois, j’ai perdu quatre personnes très proches… C’est vrai que les six premiers mois à Epinal, mentalement, j’étais sous une chape de plomb. C’était lourd à porter, même si j’ai réussi à me libérer de cela en deuxième partie de saison. »

« A part tracer le terrain et signer des chèques, j’ai tout fait ! »

Aujourd’hui, le récent titulaire du BEPF (obtenu en 2020) est sur le marché. Et aimerait bien, enfin, intégrer une structure professionnelle. Le problème, et il se pose pour bon nombre de ses collègues, c’est qu’il n’est pas un grand nom du football. Pénalisant car les clubs aiment bien recruter « sécurité » : « Quand on vient du monde amateur, et qu’on a n’a pas entraîné en pro ou dans un centre de formation, c’est difficile d’y mettre un pied. Beaucoup de dirigeants sont frileux. Mais regardez ce que font Franck Haise à Lens et Régis Le Bris à Lorient, on voit qu’ils ont les capacités pour entraîner en Ligue 1. Ce n’est pas seulement une question d’âge ou du niveau où vous avez évolué, c’est aussi une question de management. Pour moi, c’est ça qui fait le football et qui change avec le niveau. Sébastien Desabre, qui coachait Niort en Ligue 2 il n’y a pas longtemps et qui n’avait jamais entraîné plus haut qu’en CFA2 en France (au Cannet-Rocheville, à côté de Cannes), est aussi un exemple, de même que Laurent Batlles, qui avait la réserve de Saint-Etienne, et à qui on a donné sa chance; il a su la saisir. J’ai une expérience de 22 ans quand même : à part tracer le terrain et signer les chèques, je crois que j’ai tout fait ! J’ai lavé les maillots et les chasubles, j’ai géré des masses salariales, j’ai conduit des mini-bus, j’ai l’expérience des joueurs, du foot. Je connais tous les rouages du foot amateur. Après, un coach doit aussi améliorer son image et sa communication quand il va plus haut, il faut le savoir ça aussi. »

Alors, Pascal Moulin ne souffre-t-il pas d’être étiqueté « coach de N2 » ? « C’est bien français ça de mettre des étiquettes ! Mais je n’en souffre pas. Peut-être qu’il faut aller à l’étranger pour montrer que l’on est capable de manager des joueurs professionnels de haut niveau. En 2019, quand j’ai été retenu au BEPF, j’ai peut-être été le premier coach de plus de 50 ans à figurer dans la liste. Pour que Guy Lacombe ait envie de me prendre et de défendre mon dossier devant le jury, c’est que, peut-être, il a décelé ma motivation, mon envie et ma curiosité. Bien sûr, ça me motive pour la suite. C’est aussi un défi personnel, j’ai envie de me prouver que j’en suis capable. On verra. Il faut attendre les opportunités, les offres. »

Pascal Moulin, du tac au tac
« A Thouars, Bertrand Marchand m’a donné envie d’être entraîneur »

Meilleur souvenir de joueur ?
Quand signé pro en D2 à Epinal en 1995.

Meilleur souvenir d’entraîneur ?
La montée en National avec Moulins en 2009. Et ma première saison de coach avec Montceau aussi, on est monté de DH en CFA2. Je suis resté en contact avec pas mal de joueurs de cette époque-là. J’étais arrivé pour être entraîneur, j’avais 34 ans, et puis, un jour, pour un match de coupe de France, mon capitaine et défenseur central est blessé, et comme je m’entraînais encore un peu avec mes joueurs, je décide de le remplacer ! Je me suis dépouillé pour les gars et je pense qu’ils l’ont ressenti, que ça a facilité le relationnel avec eux. Je me souviens que, sur le banc, Lionel Large, entraîneur de la réserve et adjoint, me disait qu’il restait un 1/4 d’heure de match alors qu’il restait une demi-heure ! Je n’en pouvais plus, j’étais cuit !! En plus, on fait 32es de finale derrière.

Pire souvenir sportif ?
La première fois que je me suis fait les ligaments croisés, j’étais à Châtellerault, en D3, début 1989. En novembre 1988, juste avant, Guy Roux m’avait appelé pour me proposer 4 ans de contrat à Auxerre, où j’avais été formé et où j’avais déjà joué en réserve. En plus, je sortais d’une saison 1987-88 à Thouars, en D3, où j’avais terminé deuxième meilleur buteurs des six poules de D3 en marquant 19 buts. Malheureusement… Cela aurait pu être un tremplin. J’aurais pu revenir à Auxerre, où je n’avais pas percé avant. Et quand on connaît la maison… C’est dommage, si ma blessure était arrivée 7 mois plus tard, j’aurais eu 4 ans de contrat et pour la rééducation, la ré-athlétisation et la remise en route, cela aurait été moins difficile dans un club pro ! Mais cela m’a forgé un mental, car un an après, au mois de mars, je me suis refait les croisés, au genou droit cette fois, alors que j’étais déjà à 10 buts en 20 matchs. Je ne regrette pas mes choix mais c’est vrai qu’après Thouars, j’avais donné ma parole à Châtellerault qui était en D2 et à qui il manquait un point pour se maintenir à deux journées de la fin… Ils n’ont pas pris ce point et le club est descendu en D3. C’est comme ça. Mais j’avais donné ma parole, et j’y suis allé. Je n’ai pas de regret, sauf celui de ne pas savoir jusqu’où j’aurais pu aller sans mes blessures.

Un coéquipier ?
En équipe de France militaire, j’ai joué avec Pascal Vahirua à gauche et Roger Boli à droite, et comme j’étais avant-centre… Je peux vous dire que c’était un régal, à chaque fois qu’ils faisaient un centre, je leur disais merci ! Y’en a plein d’autres, je pense aussi à Lionel Charbonnier, on est arrivé ensemble à Auxerre.

Un coach ?
C’est dur comme question. Même si je ne l’ai pas eu comme coach car j’étais en formation, je dirais Guy Roux car on sentait sa patte à l’AJA, le 4-3-3, tout le club jouait de la même façon et ensuite, j’ai souvent adopté ce système dans ma carrière d’entraîneur, car il peut être très offensif, et ça me correspond bien. Après, depuis tout gamin, mes entraîneurs m’ont marqué. Je citerais aussi Bertrand Marchand, que j’ai eu à Thouars, et qui m’a donné envie d’être entraîneur. Il m’a remis en confiance. Il m’a permis d’éclore. Il m’a mis le pied à l’étrier en tant qu’éducateur, m’a conseillé, ça m’a plu tout de suite.

Des amis joueurs de l’époque ?
Oui beaucoup, je suis régulièrement en contact avec des joueurs de Montceau qui a été mon premier club, et avec des joueurs aussi que j’ai côtoyés à Dijon comme Stéphane Jobard, à Besançon, à Epinal, etc. J’ai gardé des contacts partout. ça fait des vieux souvenirs mais c’est sympa !

Une anecdote de vestiaire ?
(Rires) Avec Châtellerault, on joue un match très important, pour le haut de tableau, et le coach, Dominique Carlier (ex-Wasquehal en D2) entre dans le vestiaire avant le match alors qu’on est en train de faire la java, de chanter, et moi, qui n’étais jamais le dernier pour faire le pitre, j’étais debout sur la table de massage, et lui, il était dans un état de stress !!! On avait fait un gros match et on avait gagné, on en reparlé y’a quelques années avec les amis de Châtellerault avec qui on a fêté les 50 ans.
Un stade marquant ?
Geoffroy-Guichard. Le stade, l’ambiance, le poids du passé, les souvenirs d’enfance…

Un match référence ?
Joueur, en Division 2 avec Epinal contre Caen, on avait gagné 4 à 0 alors qu’ils étaient leaders et j’étais dans le « trombinoscope » après le match, à l’époque ça s’appelait comme ça, c’était le joueur qui ressortait de la journée de championnat.

Le club ou vous avez failli signer ?
A l’AJA en pro. Quand j’étais à Thouars, j’aurais pu signer en D2 à Angers aussi mais j’avais choisi Châtellerault.

Meilleur joueur coaché ?
Boulaye Dia, qui joue à Salernitana après être passé à Reims et Villareal. Et aussi Greg Thil. Je les ai eus tous les deux à Jura Sud.

Un coach avec qui tu pourrais partir en vacances ?
Je partirais bien avec ceux de la promotion quand j’ai passé le BEPF. Cela a vraiment été une année particulière ensemble, on a tissé des liens forts. Comme familiaux. Je avais aller voir Franck Haise à Lens pour passer quelques jours en immersion, voir comment il travaille. Son parcours me stimule. Franck, il n’est pas formaté comme certains, il arrive avec sa fraîcheur d’esprit et de réflexion, sa spontanéité, son envie de créer un foot plaisant, un foot pour faire plaisir aux autres, aux supporters, aux joueurs. Ceux qui le connaissent savent que c’est quelqu’un qui s’occupe des autres et qui est généreux. C’est un peu ce qui nous caractérisait d’ailleurs avec tous les autres entraîneurs du BEPF.

Un club d’enfance ?
L’Ajax d’Amsterdam. Ce foot a transpiré chez moi en tant que fan, joueur puis entraîneur. Ce club m’a fait rêver. Je n’oublie pas non plus l’épopée de Saint-Etienne.

L’info en +

Dans le CV de joueur de Pascal Moulin, une ligne : Saint-Leu en D3, mais aucune trace de match… L’explication ?

« Oui, j’ai joué à Saint-Leu-la-Forêt, mais pas longtemps ! J’ai signé en 1992, en D3, juste après Châtellerault, et rapidement, au mois d’août, j’ai eu un grave accident de voiture. Je ne pouvais plus jouer après ça. Du coup, j’ai dû jouer une demi-heure en match officiel là-bas, où j’ai croisé Alain Pascalou, le coach, que j’ai retrouvé dans les jurys d’entrée au BEPF ! Il était très déçu car il comptait sur moi, le club venait de perdre leur meilleur buteur, Rémi Perche. Il m’a toujours défendu car à Saint-Leu on disait que j’étais arrivé blessé. »

Texte : Anthony BOYER / Mail : aboyer@13heuresfoot.fr / Twitter : @BOYERANTHONY06

Photos : Philippe Le Brech et DR

L’ex-arbitre international n’a pas manqué sa reconversion. Le président de la Ligue de la Nouvelle-Aquitaine (depuis janvier 2017) revient sur son parcours et livre sa pensée sur l’évolution de l’arbitrage. L’ancien maître du jeu confesse aussi ses craintes quant à l’avenir du football amateur.

6 août 2005, le FC Metz et le Mans s’affrontent pour la 2e journée de Ligue 1 sous le contrôle d’un certain Saïd Ennjimi, qui effectue ses premières foulées sur les pelouses de l’élite, juste après avoir reçu le titre de 3e meilleur arbitre de Ligue 2.

C’est le début des choses sérieuses pour celui qui deviendra arbitre international en 2008, grade qui permet d’accéder à la Ligue des Champions et aux matchs de qualification pour les sélections nationales. Une carrière très riche qui a démarré dans le quartier Pierre-de-Coubertin à Limoges, ville qui a vu naître quelques beaux noms du football français comme Loic Guillon, Sébastien Puygrenier ou plus récemment Benoît Badiashile, tout juste appelé par Didier Deschamps pour le prochain rassemblement de l’équipe de France.

Pour 13heuresfoot, le natif de Limoges (Haute-Vienne) a accepté de faire un large tour d’horizon de l’actualité liée … au sifflet bien évidemment !

« Je suis un puriste »

« J’ai démarré ma carrière en 1991, lorsque j’avais 17 ans. J’ai grandi dans un quartier où une équipe de football s’est créée. Il y avait des amis et mon frère, que je suivais à pratiquement tous les matchs. Il y avait souvent besoin d’arbitres bénévoles pour faire la touche. On m’a demandé si je pouvais devenir officiel puisque ce sont les clubs qui recrutent les arbitres afin qu’ils puissent officier dans tout le district. J’ai passé mon diplôme et puis j’ai voulu aller jusqu’au bout du raisonnement parce que ça me plaisait beaucoup. Avec beaucoup d’humilité, il m’a fallu énormément de travail. »

« On ne fait pas le point devant 24 caméras »

L’ancien arbitre, aujourd’hui âgé de 49 ans, est un aussi un homme pointilleux et rationnel. « J’ai toujours été en recherche de pouvoir faire les choses de la meilleure manière possible. Quand il y a une équipe qui perd et qui vous serre la main… C’est un moment unique que je souhaite à tous les arbitres. Les joueurs viennent vous voir après une défaite en disant « bon voilà on a perdu mais il n’y a rien pour vous ». Quand vous arrivez à ce stade, c’est que justice a été rendue. Après, arbitrer, c’est aussi une activité de précision. Parfois, j’étais en colère contre moi, comme après avoir oublié un corner, alors je vous laisse imaginer les soirées que j’ai pu passer quand je n’ai pas sifflé des pénaltys évidents, en tout cas aux yeux de tout le monde. Mais on ne fait pas le poids contre 24 caméras. J’étais le premier malheureux et je comprenais aussi le dépit des dirigeants, des joueurs, des spectateurs qui aujourd’hui exigent un rendu à 100%, ce qui est très difficile pour une activité humaine. Le joueur, qu’il s’agisse de Lewandowski ou d’un autre, il lui arrive de tirer à côté. Les erreurs sont tolérées et tolérables pour les joueurs, beaucoup moins pour l’arbitrage dont on pense que ce n’est pas une activité foot mais une activité support juste là pour réguler le système. »

« La Var ? Je préférais la glorieuse incertitude du sport. »

Dans un monde où la nuance et l’interprétation de chacun laisse de plus en plus de place au binaire, il était impossible de ne pas évoquer la VAR, mère de tous débats sur l’arbitrage et source de conflits sur et en dehors du terrain. Un dispositif qui ne fait pas le bonheur des puristes de football et de sport.
« Je ne suis pas fan de la VAR, elle portait des espoirs de 100% de réussite, du moins c’est comme ça qu’elle a été vendue. Je pense que l’aspect économique a pris le pas sur le sportif. Et à partir de là… Moi je suis un puriste. Vouloir mécaniser le sportif, ce n’est pas la meilleure méthode. Je pense que tout est fait pour améliorer la pertinence des décisions arbitrales et que, malheureusement, il y aura toujours des erreurs et la VAR rend fou, encore plus qu’hier. Avant, les gens se disaient « bon ce n’est qu’un homme, il s’est trompé, ça arrive », maintenant avec la vidéo, quand l’erreur est commise et qu’elle n’est pas corrigée, les gens ont tendance à croire que c’est volontaire ; c’est ça pour moi le mauvais côté de la vidéo. En toutes circonstances, les arbitres se trompent toujours de bonne foi. Surtout qu’avec le professionnalisme, qui est monté encore un cran au-dessus, les arbitres jouent leur tête à chaque match. Donc si demain ils sont rétrogradés en Ligue 2, ils passent de 10 ou 12 000 euros à 5000 euros par mois. Je ne pense pas que les arbitres se trompent volontairement. Par contre, à partir du moment où ceux qui sont derrière les écrans ne sont que des hommes aussi, il arrive que l’interprétation ne soit pas la bonne. Ce que je veux dire, c’est que l’erreur perdurera, qu’on améliore le système de vidéo ou pas. C’est pour ça que j’aurais préféré qu’on s’en tienne à la glorieuse incertitude du sport. Dans l’imaginaire des gens, c’est « on a la vidéo donc normalement il ne peut plus y avoir d’erreurs », mais il faut accepter que ce n’est pas possible. C’est plus difficile pour les joueurs, dirigeants et les spectateurs. Par contre, c’est vrai que les arbitres pourraient faire un peu plus d’effort en termes de communication, de proximité. »

L’expérimentation du micro lors de PSG-Brest

A propos d’efforts de communication et de proximité, l’utilisation de micros a été testée le week-end dernier lors de la rencontre de la 7e journée de Ligue 1 entre le PSG et Brest. Une bonne idée pour le président de la Ligue de la Nouvelle-Aquitaine.

« Cette expérience va peut-être améliorer les rapports. Si vous arrivez à être proche des joueurs et leur donner confiance, ce qui n’est pas simple, vous vous évitez les ennuis car les joueurs sont parfaitement conscients que vous pouvez vous tromper. Je pense qu’il faut vivre avec son temps. Aujourd’hui, avec l’ultra médiatisation, les diffuseurs, les spectateurs en veulent toujours un peu plus. Le deuxième aspect, c’est de pouvoir faire prendre conscience aux arbitres comme aux joueurs que les gens écoutent, ça va apaiser les relations. Mais avec beaucoup de sincérité, tout ce que j’ai vécu moi, il n’y avait pas de problèmes particuliers, c’étaient des rapports d’hommes qui étaient forts et avec tout l’enjeu et la pression qui existe, je ne m’attendais pas à ce qu’on me dise « Bonjour Mr Ennjimi, comment allez-vous ? Vous avez bien dormi, est ce que le petit déj, était bon ? ». Ce que je veux dire par là c’est que les propos parfois étaient un peu durs mais jamais d’insultes, auquel cas ce serait une expulsion immédiate. Il faut dire les choses telles qu’elles sont et il ne faut pas que les gens s’attendent à entendre des insultes, ça n’existe pas. Ce qui existe aujourd’hui, c’est plutôt « vous verrez à la vidéo que vous vous êtes trompés », c’est plus une forme de pression qu’une forme d’insulte. A mon époque, on avait déjà évolué, il y a le vouvoiement de rigueur, parfois un tutoiement partait mais ce n’était jamais méchant et quand on voit les propos de Presnel Kimpembe (face à Brest la semaine dernière), c’est tous les jours, à tous les matchs. Certains joueurs font plus attention que d’autres mais je ne vois pas ce qu’il y a de problématique à dire « Ne me touche pas frère ». Ce n’est pas parce qu’il dit « frère » que c’est une insulte, certainement pas et d’ailleurs de vous à moi, il n’est pas autorisé aux arbitres de toucher les joueurs aussi. Dans ce cas, ce qui est dur et ça m’est déjà arrivé, c’est que quand je touchais un joueur et qu’il me répondait par « ne me touche pas » ou « ne me touchez pas », à part acquiescer et accepter, je ne vois pas ce que j’aurais pu faire d’autre. En gros, je touche un joueur, il me repousse et je lui mets un carton ? ça n’existe pas, ce n’est pas possible. Sur cette action, Monsieur Pignard (arbitre de PSG-Brest) a joué la proximité en espérant apaiser un peu Presnel Kimpembe. Malheureusement parfois ça marche, parfois ça ne marche pas. Là ça n’a pas marché. Ça n’a pas marché pour moi non plus des dizaines de fois et ce serait dramatique de sanctionner un joueur qui nous repousse. Le carton, on le met quand un joueur vous bouscule volontairement. »

« Au niveau amateur, ce n’est pas de la mise en scène »

Et en amateur ? Le travail d’arbitre est vraiment le même ? « Au niveau amateur, nous n’avons pas trop le choix. Il n’y a pas la vidéo. Il nous arrive d’avoir des sujets un peu délirants où des spectateurs prennent des vidéos et font une mini VAR, mais c’est très anecdotique. Après malheureusement et de tous temps, le football amateur s’est toujours identifié au foot pro donc quand vous voyez les joueurs entourer les arbitres, ça se reproduit sur les terrains amateurs. Quand vous avez des comportements agressifs, les joueurs amateurs reproduisent aussi. Il y a une similitude, une envie de ressembler aux grands. Et pendant que nous, en élite, on était totalement protégés et que ça ne restait que du bluff, qu’entourer l’arbitre était une tactique, au niveau amateur ce n’est pas de la mise en scène et il arrive que cela se termine parfois en bagarre. Il y a une vraie déconnexion entre la réalité du sport pro (avec tous les enjeux, toutes les tactiques comme tomber dans la surface, entourer l’arbitre) et le sport amateur où les conséquences ne sont pas les mêmes pour les arbitres. Ils prennent cher. »

« Le foot amateur est pleine mutation »

Si le football est le sport le plus populaire et le plus médiatisé, il y en a toujours pour les professionnels et rien ou quasiment rien pour les amateurs. « Premièrement, le foot amateur est en pleine mutation et on manque cruellement d’infrastructures et de moyens. Ensuite, on manque terriblement d’arbitres et au moment où je vous parle il n’y a que 12 000 arbitres qui sont recensés au niveau national alors qu’on était à 17 000 l’année dernière à la même époque. L’érosion continue. Dans notre Ligue, on fait ce qu’on peut et continuera de le faire mais ça devient extrêmement difficile de motiver des arbitres qui ne gagnent pas grand-chose pour se faire secouer trop souvent sur les terrains. On doit continuer à se battre pour donner envie, recruter, etc. Le troisième sujet important, c’est la mutation du bénévolat. On a aujourd’hui de plus en plus de contraintes administratives et gérer un club devient quasiment un métier. Les bénévoles sont au taquet du lundi au dimanche, ils font ce qu’ils peuvent. Aujourd’hui, il y a tellement de complications, de responsabilités qui pèsent sur les dirigeants que ça devient très difficile de les motiver. Il y en a beaucoup qui jettent l’éponge parce qu’ils n’en peuvent plus et ceux qu’on a encore et qui restent fidèles aux postes, ce sont ceux qui ont un certain âge et qui ont déjà tout donné. Voilà les 3 sujets principaux qui nécessitent de tenir le coup pour maintenir le niveau du football amateur en France, sinon ce ne sera pas simple. »

L’arrêt de sa carrière : « la petite mort »

Comme tous les sportifs de haut-niveau, il a fallu un jour mettre un terme à sa carrière. C’était en 2017 pour Saïd Ennjimi. « Avant la fin de ma carrière, je me suis dit qu’il fallait que je réfléchisse à une forme de reconversion pour bien vivre ce qu’on appelle dans le milieu sportif « la petite mort ». Quand votre vie est organisée et orchestrée autour du foot, que vous allez vous entraîner régulièrement, c’est votre vie. Il faut accepter que ça s’arrête. C’est dur ensuite de gérer ça. Quand j’ai fait mon dernier match à Rennes, que j’ai lâché ma petite larme, le lendemain, de ne plus aller m’entraîner, de ne plus recevoir de mails, d’appels… C’était dur. Donc je me suis dit que la bonne façon de faire était de s’intégrer dans un contexte d’élu au niveau territorial, plus précisément dans ma région natale et donc dans l’ex-Ligue du Centre-Ouest qui est maintenant la Ligue de la Nouvelle Aquitaine, après une grande fusion. Ça m’a permis de faire autre chose, en pensant un peu moins à l’arbitrage mais toujours dans le contexte du foot. Ce qu’il y a de bien, c’est que j’ai été élu en janvier 2017 et que j’ai arrêté ma carrière en juin 2017. Dans la foulée, j’ai pu vivre de l’intérieur ce que je regardais de l’extérieur avec tous les soucis d’arbitrages amateurs, la gestion des salariés, le contexte politique, etc. Cela m’a permis de vite passer à autre chose et j’ai bien vécu ma fin de carrière dans l’arbitrage. Je n’ai pas de regret, je suis très content de ce que j’ai pu faire même si ça aurait pu être meilleur mais je vis aujourd’hui sans regret et je suis très heureux de mon parcours, de le raconter avec passion. Je voulais aussi essayer de faire des choses, évidemment »

Texte : Melvin Brun / Mail : mbrun@13heuresfoot.fr / Twitter : @Melv1br1

Le rédacteur en chef de MaLigue2, média référence qui met en valeur la 2e division française (interviews, résumés, lives, multiplex, mercato, exclus, dossiers, etc.), évoque la belle aventure qui dure depuis près de 9 ans déjà.

La passion. Une notion qui habite bien des journalistes de sport et aficionados de football, quel que soit le championnat, la division, le pays. Peut-être plus qu’ailleurs, cette passion est un fil rouge, un leitmotiv, qui a toujours suivi les pas de l’équipe de MaLigue2.

Aujourd’hui, le site spécialisé est l’endroit de référence pour trouver une information pour tous les fadas de la deuxième division, qu’ils soient supporters d’un club ou simples découvreurs de la L2. Le projet est né de manière un peu anonyme, avec la réunion de plusieurs passionnés, justement !

« MaLigue2 a été créé à la fin de l’année 2013 par Philippe Dejter, qui est plutôt supporter du RC Lens, ouvre Dorian Waymel, l’actuel rédacteur en chef du site. En Ligue 2, il ne trouvait tout simplement pas beaucoup d’infos sur les adversaires de Lens. Il s’est rendu compte que L’Equipe ou RMC, les gros médias, ne parlaient pas trop de Ligue 2. Il s’est lancé là-dedans avec un blog, sans trop d’ambitions au début, juste pour partager, auprès des supporters de Lens et d’autres clubs, du contenu pour présenter chaque semaine des joueurs à suivre, des coaches, etc ».

L’ouverture de la Ligue 2 au trio

Dorian Waymel.

Très vite, Philippe Dejter est rejoint par deux étudiants, également « suiveurs » du Racing, qui avaient entendu parler du projet. Ils se nomment Laurent Mazure (qui couvre aujourd’hui Lens pour l’AFP) et donc Dorian, qui a aussi été journaliste pour RMC Sport.

Le trio commence à se faire connaître, porté par l’envie de « mettre en avant ce championnat ». L’histoire est en marche, comme le narre Dorian : « Philippe s’est rendu compte que même en étant un tout petit média, les clubs de Ligue 2 étaient hyper ouverts et très contents qu’on s’intéresse à eux. Ils ont tout de suite été disponibles. Petit à petit on a eu de plus en plus accès aux clubs. Encore aujourd’hui, certains nous disent qu’ils continuent de nous suivre. C’est une motivation ! ».

En juin 2014, l’équipe historique de ML2 est formée, la mission, parler d’un championnat peu médiatisé, connue. « C’était une super idée, et comme la L2 était ouverte, on a pu tout de suite travailler en bonne collaboration avec les clubs. On s’est tout de suite senti bien. ».

Depuis, si le site a évolué, l’ouverture du monde pro de la deuxième division envers ML2 n’a pas bougé d’un iota. « Ces neuf ans sont passés super vite, enchaîne le rédac’ chef. Au début, on était à un article par jour, un peu comme 13heuresfoot. Mais au bout de trois-quatre ans, on a vu sur les réseaux sociaux que ça commençait à prendre de l’ampleur. On avait vraiment réussi à créer une communauté. A notre échelle, modestement, notre avis commençait à compter, on avait du poids ! Aujourd’hui, les accès des clubs sont restés les mêmes. Ce qui est beau aussi, c’est de voir que les promus et les relégués jouent le jeu, car nous sommes reconnus comme un vrai média, même Saint-Etienne ou Bordeaux cet été ont été dispos ». 

D’un blog passion à un média référence

Un succès qui s’explique par la qualité et la quantité de boulot abattu par MaLigue2. Car si les journaux locaux suivent les clubs de leur région, seul le site spécialisé traitait de toute l’actualité du championnat, du but du soyeux gaucher Jean-Michel Lesage pour Le Havre à la signature d’un contrat pro à Guingamp, en passant par la décla chic et choc d’un Thierry Laurey.

« On a réussi à apporter une vision globale sur tous les clubs, tout le temps. Hormis nous, peu de journalistes suivaient tous les matches. Avec le temps disponible qu’on avait en tant qu’étudiants, cela a évolué naturellement, on a pu développer le site. De blog, on est passés à média. Ce n’étaient plus un ou deux articles par jour, mais le relais de toute l’actualité, des vingt clubs. Et on parle de toutes les équipes, car il y a des belles histoires à raconter partout. Quand on fait le tour pour des interviews, on demande aussi bien un attaquant à QRM qu’un défenseur de Saint-Etienne ».

Ainsi, ML2 a pu grandir « tranquillou », à son rythme. Couvrant chaque multiplex, chaque match décalé du lundi soir, brossant le portrait d’un joueur, relayant l’actu au quotidien de chaque club. « Notre point fort, c’est d’être le plus réactif et exhaustif possible. Un joueur qui se blesse gravement à Laval, c’est aussi important qu’un élément qui se blesse à Bordeaux. C’est comme ça qu’on fonctionne ».

Car la Ligue 2 le vaut bien, comme l’a rappelé l’incroyable tornade Metz-Guingamp lundi dernier (3-6, trois cartons rouges, une interruption de match, un scénario et des buts hollywoodiens version Saint-Symphorien).

Un championnat en évolution constante, comme ML2 !

« Si la Ligue 2 était ennuyante et inintéressante, on n’aurait jamais eu le courage et la passion de continuer avant de pouvoir en vivre, rappelle Dorian. Car pendant six-sept ans, c’était du bénévolat pur. On n’aurait pas sacrifié des centaines d’heures, voire plus, si ce n’était pas palpitant. Le niveau n’est pas toujours incroyable, je ne vais pas mentir, la L2 étant forcément moins élevée que la Ligue 1. Mais on ne s’ennuie jamais. Il se passe toujours des choses. Moi, c’est ce qui me plaît dans la Ligue 2. Elle est « impronostiquable », homogène, il y a beaucoup, beaucoup de suspense, de surprises. Combien de fois on a vu des double-montées, comme avec le Gazélec Ajaccio ? Ça arrive moins maintenant, car la L2 se structure de plus en plus. Mais c’est cool, on voit qu’il y a une grosse prise de conscience sur la qualité du spectacle. Cela se ressent au niveau des entraîneurs. De plus en plus de coaches font du jeu, comme à Pau, qui a des petits moyens, avec Didier Tholot. Tous ont envie de produire ».

Ce kiffe pour la L2 contaminent même les supporters : « Sur les réseaux, je vois ceux de Sainté, de Bordeaux, qui ‘’pleurent’’ car ils sont relégués. Toulouse est un super exemple : relégation, dépression. Et puis, les supporters se rendent compte qu’un nouveau projet se met en place, que chaque semaine c’est une bataille, c’est dur de remonter, ce n’est pas facile. Du coup, quand tu es devant au classement, avec un public retrouvé, des joueurs qui se révèlent… Je pense que c’est le meilleur résumé. Je vois que les supporters se disent au bout de quelques journées : ‘’Pu***, on n’avait jamais regardé un match de Ligue 2 de notre vie, bah c’est pas si nul que ça finalement, on prend du plaisir !’’. Et moi je suis content, parce que je me dis qu’il y a encore plein de beau travail à faire sur ce championnat ».

« Se rapprocher encore plus de notre communauté »

Près de neuf ans après ses débuts, la rédaction est solidement installée, et le site bien ancré. Depuis plusieurs saisons, des nouveaux formats, un peu plus dans l’ère du temps, sont proposés. Des lives, les mercredis, vendredis, et samedis soirs, pour évoquer l’actu, présenter les matches du week-end, les débriefer. De quoi interagir encore plus avec les « suiveurs » de ML2. « C’est une vraie volonté de notre part, les lives. Ça nous permet de nous rapprocher encore plus de notre communauté, recueillir leurs avis, leurs impressions, garder ce lien, et même le renforcer. Car sans eux on ne serait rien, détaille avec bonheur Dorian Waymel. La Ligue 2 intéresse de plus en plus. Je ne sais pas si c’est grâce à nous, mais elle était tombée vraiment bas à un moment, niveau exposition. Aujourd’hui, un média comme RMC a repris les multiplex, les podcasts, et il faut aussi citer de beIN Sports, qui a fait un travail monumental sur la Ligue 2 ».

« Nous, on garde notre développement, on essaie d’apporter notre touche, quelques idées. En revanche, et c’est un peu le piège du web, on peut s’éparpiller. Il ne faut pas perdre notre âme. D’ailleurs chaque année, on nous pose la question, « Est-ce que vous allez faire MaLigue1 ? »’. Ce n’est pas prévu pour l’instant. On adore la Ligue 2. Quand des dirigeants de gros clubs envoient des mails pour dire qu’ils suivent ML2, même après l’avoir quittée, ou que des joueurs nous remercient de parler du championnat, qu’ils disent que tous les jours ils vont sur le site pour suivre l’actu de leurs copains qui évoluent dans d’autres clubs, là, on a le sentiment de faire un taff utile, et ça sert tout l’écosystème de la Ligue 2. Ça donne une force incroyable. Le but du site, c’est de mettre la Ligue 2 en avant ».

Tout un programme. Beau, simple, passionnant, à l’image de la belle histoire que vit MaLigue2, blog d’étudiants ou presque au départ, média de référence aujourd’hui. Parfait reflet d’un championnat décidément captivant. Le cercle vertueux est bouclé. Rendez-vous au prochain multiplex !

Texte : Clément Maillard / Mail : contact@13heuresfoot.fr / Twitter : @MaillardOZD

L’ex-attaquant et capitaine de Madagascar a rangé les crampons et endossé le costume d’entraîneur avec les U18 R1 du Clermont Foot. Il est aussi très impliqué dans le développement de son île où il oeuvre pour la jeunesse.

Faneva (à gauche), ici avec son homologue d’Issoire, l’ex-pro Kevin Das Neves, pour son premier match avec les U18 R1 de Clermont.

Fanéva Andriatsima a fait ses premiers pas de footballeur sur son île de Madagascar, à Antananarivo, sa ville natale, mais c’est à l’école nantaise, après avoir été repéré par les recruteurs du club de Loire-Atlantique lorsqu’il évoluait à l’USCA Foot (Union sportive de la commune urbaine d’Antananarivo), qu’il a appris les ficelles du métier.

Avant des expériences en Arabie Saoudite (2019-2020), puis aux Emirats arabes unis (2020-2021), « Fané », comme on le surnomme, a porté le maillot de nombreux clubs en France : Nantes bien sûr (7 matches avec les pros), Cannes (National, Janvier à mai 2008, prêté par Nantes), Boulogne (Ligue 2, 2008-09), Amiens (National, 2009-2010), Beauvais (National, 2010-12), Créteil (National et L2, 2012-2016), Sochaux (L2, 2016-17) ou encore Le Havre (L2, 2017-18) et Clermont (Ligue 2, 2018-2019).

Sous le maillot de l’AS Cannes.

Sélectionné à 42 reprises avec Madagascar, l’attaquant aux 14 buts pour les « Baréas » avait été l’une des révélations de la Coupe d’Afrique des Nations 2019. Invités surprises de la compétition, les Malgaches s’étaient hissés en quart de finale avec une défaite logique contre la Tunisie (0-3).

Retraité des terrains depuis peu, après une dernière saison pour le plaisir à Riom (Puy-de-Dôme) en Régional 1, Fanéva Andriatsima endosse aujourd’hui, à 38 ans, le costume d’entraîneur. Et alors que certains rêvent de prendre immédiatement les commandes du PSG, du Milan AC ou de Manchester City, il a décidé de partir du bas de l’échelle avec les U18 R1 du Clermont Foot. Ses débuts ont été victorieux mais folkloriques samedi dernier pour la première journée de championnat, à Issoire.

« Coup de chapeau aux éducateurs et aux entraîneurs du foot amateur »

Sous le maillot d’Amiens.

Qu’est-ce-qui t’a poussé à endosser le costume d’entraîneur ?
Lorsque la fin de carrière approche, il faut forcément penser à sa reconversion. Pendant mon passage en Arabie-Saoudite, j’étais seul puisque ma femme et mes enfants étaient restés en France. Du coup j’avais du temps pour moi, pour réfléchir à la suite. Avec l’aide de l’UNFP, je me suis lancé dans la préparation du DUGOS (Diplôme Universitaire Gestionnaire des Organisations Sportives). C’est une idée que j’avais en tête depuis un moment, mais il fallait que je trouve le moment idéal. Je savais que ça me serait utile pour le futur et puis c’était l’occasion de reprendre des études. Je l’ai validé en juin dernier. J’espère pouvoir passer le BEF en 2023.

« Développer le foot à Madagascar »

Tu commences tout juste ton expérience de coach avec les U18 de Clermont. Quel bilan fais-tu de ces premières semaines ?
Que c’est un métier bien plus difficile qu’on ne le pense. Et encore plus avec des jeunes, même si pour la plupart ils ont déjà dix ans de foot derrière eux et que cela facilite un peu les choses. Je dis bien un peu. Je tire mon chapeau aux éducateurs et aux entraîneurs du monde amateur car le quotidien n’est jamais simple. L’an dernier encore, je jouais à Riom en R1 et je me suis rendu compte qu’en amateur ce n’est vraiment pas facile. Il faut organiser une ou deux séances dans la semaine avec des horaires qui conviennent à tout le monde, avoir du matériel… Là avec les U18, le plus compliqué est de trouver les mots justes pour leur donner confiance, les guider, créer un déclic dans leur tête et leur faire comprendre que les U19 sont accessibles.

Comment s’est passé ce premier match ?
On a gagné 1-0 à la 85e contre Issoire, donc bien du point de vue du résultat. Mais que ce fut difficile comme début ! Au bout de vingt minutes, mon gardien a pris un carton rouge direct. En U18, je n’ai que quatorze joueurs sur le banc, donc pas de gardien remplaçant. J’ai dû réfléchir très vite à quoi faire. Dans un premier temps, je me suis mis en retrait des joueurs, j’ai attendu que mon gardien sorte. Ils se connaissent depuis longtemps et ce n’était pas forcément à moi de désigner le gardien remplaçant. Un de mes joueurs y est allé de lui-même et ça c’est bien passé. À la mi-temps j’ai fait quelques réajustements pour jouer en 4-4-1 avec deux 6 et deux 10 pour nous donner un peu plus d’équilibre sur les côtés.

En plus de ton rôle d’entraîneur et de consultant avec Canal + Afrique, tu es très impliqué dans une école de football à Madagascar…
Ça fait un an et demi que je gère l’école de foot 67City FC. Dans l’idée, avec deux gros partenaires, Havana Resort & Spa et NIM (Nouvelle Institut de Micro Finance), nous voudrions faire un centre de formation pour d

Faneva Andriatsima du tac au tac

« Avec Créteil, je savais qu’on allait monter en L2 ! »

Premier match en pro ?
C’était à la Beaujoire contre Amiens je crois. J’étais entré en fin de match. J’arrive de Madagascar en juillet 2007 et trois mois plus tard, Michel Der Zakarian m’appelle dans le groupe. Je venais de mettre un quadruplé avec la sélection. J’ai dû disputer vingt minutes mais j’étais cuit au coup de sifflet final. Je courrais dans tous les sens, je voulais me jeter sur chaque ballon. J’étais comme un fou sur une pelouse et un stade que je découvrais.

Premier but en pro ?
Avec le FC Nantes, toujours en 2007. On dispute un tour de Coupe de France à Saran. J’ai encore la vidéo à la maison. Je me souviens que je fais une feinte de passe avant de marquer du plat du pied. C’est mon premier but avec les Canaris en pro. Avant ça, je claque six buts en trois mois en réserve avec la CFA, je fais des passes décisives et je porte le brassard de capitaine. C’était incroyable.

Le joueur le plus fort avec qui tu as joué ?
A Nantes, il y avait des gros calibres quand même. Alors si je dois en retenir deux, ce serait Dimitri Payet et Fabien Barthez. D’ailleurs, l’année de la montée de Luzenac en Ligue 2 – alors que j’étais à Créteil – le club de l’Ariège m’avait appelé pour prendre la température. J’avais un peu réfléchi et puis l’interdiction de monter pour le club Luzenac avait vite réglé le problème.

Le joueur le plus fort contre qui tu as joué ?
Bernardo Silva quand j’étais à Sochaux. Fin techniquement, impossible à rattraper. Avinel – Da Silva à Clermont aussi : c’était la meilleure paire de la Ligue 2 à ce moment là. Et je n’ai pas revu ça. C’était quelque chose. Et puis Ekobo devant c’était costaud. C’était chiant de les jouer. Là, il y avait deux costauds hyper rapide. Impossible d’aller au combat.

Le stade qui t’a procuré la plus grande émotion ?
À Sochaux. C’est un club historique avec une vraie ferveur et j’ai pris du plaisir à jouer à Bonal. Je n’ai pas connu une si belle ambiance dans les autres équipes par lesquelles je suis passé. Hormis La Beaujoire à Nantes, mais je n’y étais pas un acteur principal. Donc c’est différent.

Le stade que tu n’aimes pas ?
Ce n’est en tout cas pas un souvenir agréable. J’avais 20 ans et je jouais à Madagascar avec l’USCA Foot. En 2005, on dispute un match aller/retour en 1/4 de finale de qualification pour la Coupe des Confédérations face à Al Merreikh, une équipe de Khartoum au Soudan. On gagne 3-1 chez nous à l’aller et on prend 3-0 au retour. Mais c’est surtout le contexte qui m’a marqué. On reconnaît le stade la veille du match et les gens nous crachent dessus, caillassent le bus. On ne voulait pas jouer. J’avais peur. Vraiment. Je n’avais jamais vu ça. On perd 3-0 avec deux pénos…

Avec le brassard de capitaine sous le maillot de la sélection de Madagascar.

Ta plus grande joie ?
Assurément la Coupe d’Afrique des Nations en 2019. Ce fut une délivrance incroyable pour tout un pays. J’avais beaucoup de responsabilités dans l’équipe, je faisais en sorte que nous ayons le plus d’aide possible pour préparer la compétition et les matchs.

Les dirigeants n’aimaient pas je sois si présent et via la presse, ils faisaient en sorte que le public soit contre moi.

La Fédération cherchait une sorte de bouc émissaire. Alors aller en 1/8e de finale, marquer et nous qualifier en ¼ de finale fut un moment magique.

Il fallait être fort dans la tête pour ne pas lâcher. Ça a été un grand soulagement pour ma famille et mes ami(e)s.

Ta plus grande déception ?
Lors de ma première saison en Arabie-Saoudite. Je jouais à Abha, je marque 12 buts et la veille de la fermeture du mercato, je comprends que je ne vais pas être prolongé alors que je suis en fin de contrat. Je voulais rester dans l’équipe, j’étais très bien là-bas et je l’ai vécu comme une injustice. Le soir même, nous jouons contre le Al Hilal de Bafé Gomis et je pense que j’inscris le plus beau but de ma carrière. J’avais la rage, je voulais montrer à mes dirigeants qu’ils avaient torts.

Sous le maillot de Beauvais.

Un transfert improbable ?
Créteil, sans l’ombre d’un doute. En 2012, je suis à Beauvais et pour aider à sauver l’équipe, je termine latéral gauche. On descend quand même en CFA et je refuse de prolonger. Je me retrouve donc au chômage avec ma femme et mon fils qui débarquent en France. Je contacte un copain malgache sur Paris pour savoir s’il n’y a pas moyen de passer un test à Créteil. Et coup de chance, le club cherche un attaquant…et un latéral gauche. Je dis que je peux occuper les deux postes (rires). Finalement, ils font rapidement signer Cordoval sur le côté et me voilà à faire un test pendant deux jours avec Jean-Luc Vasseur pour un poste de buteur. On joue un amical contre Sedan, je marque et Jean-Luc me demande de rester une semaine de plus. Je remarque contre Le Mans, je continue le test, puis je marque encore contre le Red Star. En tout l’essai a duré trois semaines parce que les dirigeants étaient en vacances et il n’y avait personne pour me faire signer. Mais je voulais vraiment jouer pour Créteil. Il y avait une équipe complète avec Cheikh (Ndoye), Jean-Mi’ (Lesage), Boris (Mahon De Monaghan), Baga (Bagalyi Dabo) et je savais que nous monterions en Ligue 2. Et c’est ce qu’il s’est passé avec 15 buts pour moi cette saison-là.

Sous le maillot de Créteil.

Texte : Julien Leduc / Mail : @jleduc@13heuresfoot.fr / Twitter : @juleduc

Photos : Philippe Le Brech et DR

Incontournable dans le monde amateur qui lui a collé l’étiquette de spécialiste du National et du National 2, niveau où il pense avoir fait ses preuves, le manager général du Puy-en-Velay aspire, un jour, à retrouver un club pro et pourquoi pas la Ligue 1, qu’il a déjà connue à Dijon.

Scène de ménage au Puy-en-Velay, où le manager général du club, Olivier Miannay, n’est pas d’accord avec Sandrine, sa compagne. La raison ? Le temps passé quotidiennement au téléphone par le natif des Lilas, en Seine-Saint-Denis.

Lui répond 10 heures. Elle n’est pas convaincue : « Sachant qu’une journée dure 24 heures et qu’Olivier dort en moyenne 8 heures par nuit, ça fait 24 moins 8 = 16 ! 16 heures par jour ! » Olivier : « Tu exagères chérie, je passe, allez, peut-être 12 heures au téléphone ! »

Si Miannay garde constamment son kit dans l’oreille, c’est parce que son métier veut ça. C’est parce qu’en football, ça ne s’arrête jamais, tout va très vite, et il faut être… à l’écoute, évidemment. A l’affût, aussi.

Deux accessions en National avec Le Puy !

Vingt ans maintenant qu’il écume les stades, qu’il entretient et développe ses réseaux, qu’il déniche des joueurs, qu’il accumule les expériences. Souvent avec bonheur et réussite.

Son aventure au Puy Foot 43, club phare du département de Haute-Loire, entre Saint-Etienne et Clermont, est en tout cas couronnée de succès.

Depuis son arrivée, en 2018, à chaque fois que l’exercice est allé à son terme (ce qui ne fut pas le cas des saisons 2019-20 et 2020-21 stoppées en raison de la Covid), le club est monté en National (2019 et 2022) ! Un exploit rare, que Roland Vieira, le coach du Puy Foot 43 et artisan de ces accessions (trois en neuf ans si l’on y ajoute celle de CFA2 en CFA pour l’ancien vainqueur de la Gambardella avec l’OL), et Olivier Miannay aiment bien mettre en avant.

Ce touche à tout, qui a tâté du banc à Beauvais comme adjoint en National et porté différentes casquettes (directeur général, responsable du recrutement, manager, etc.), s’est forgé une sacrée réputation dans les plus hautes divisions amateurs du championnat de France, en National 2 et surtout en National, « son » championnat, qu’il connaît mieux que quiconque. Au point d’être incontournable, respecté, écouté, consulté et régulièrement sollicité.

Contacté par Angers l’an passé

Cette image de « spécialiste » du foot amateur, il n’en tire pas de gloriole particulière. Simplement, il aimerait prouver qu’il connaît aussi le foot professionnel, en L1 – un niveau qu’il a connu une saison à Dijon – ou en L2 : « C’est juste une étiquette que je prends volontiers car aujourd’hui, en L1 et en L2, je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de gens qui ont la même connaissance des championnats amateurs que la mienne, dit-il sans prétention. C’est selon moi un « plus », un atout, au contraire. Le foot pro, français ou étranger, je le connais aussi, j’ai des réseaux partout. »

Le garçon hyperactif de 43 ans, fan du PSG (bizarre quand on porte les initiales OM, non ?!), qui n’a jamais passé autant de temps dans un club, et qui ne s’est jamais fait virer, –  » Pas encore ! » – savoure chaque instant au Puy-en-Velay, où il vient d’entamer sa cinquième saison. Et attend son heure.

A deux reprises, l’an passé, celle-ci a failli arriver : « Mon club le sait, j’ai été sollicité par Angers en Ligue 1 et aussi par Le Havre, mais pour un poste dans le secteur féminin. C’est vrai que j’aimerais un jour que l’on me fasse autant confiance dans un club pro, avec les moyens qui vont avec. J’aspire à retrouver ce monde-là, pour montrer que j’en suis capable. En amateur,  j’estime avoir fait mes preuves. Mais je me prends pas du tout la tête avec ça. »

S’il a beaucoup bougé avant de se poser en Auvergne, il affirme que ses choix n’ont jamais été guidés par l’argent. Simplement, c’est parce que les opportunités se sont présentées : « Je ne suis pas instable, mais c’est le foot ! A Beauvais j’étais super bien mais je ne pouvais pas refuser Cannes, un club historique. Dans mon cursus et pour ma progression, j’étais obligé d’y aller. Dijon et la Ligue 1, je ne pouvais pas refuser non plus. Sedan, j’y serais bien resté, mais… Et à Boulogne aussi mais là ce n’était pas le bon timing. »

Dans son parcours, qu’il retrace pour 13heuresfoot, il reconnaît cependant une erreur : Créteil. « Ce n’est pas le club où j’aurais dû aller, mais l’expérience m’a beaucoup apporté ».

Et aujourd’hui , c’est Le Puy qui en profite !

« Je ne savais pas où était situé Le Puy sur la carte ! »

Viry-Châtillon (2002-2003, National) : « C’est de là que tout est parti ! »

J’étais éducateur à Draveil et avec les U15, on va en finale de la coupe de l’Essonne, on gagne notre championnat. J’avais pris contact avec Jean-Marc Pilorget qui était alors manager/entraîneur de Viry-Châtillon en CFA, parce que je voulais lui présenter un joueur, Kenny Vigier. Comme j’ai eu des résultats avec Draveil, je lui ai tapé dans l’oeil. Jean-Marc vient me débaucher et me donne les U15 de Viry. La saison d’après, il me prend dans son staff, me demande d’aller superviser des matchs, puis après j’ai fait son recrutement. C’est de là que tout est parti. Malgré la descente, on est resté, mais Jean-Marc s’est ensuite fait limoger plus tard pour être remplacé par Jean-Pierre Orts. J’ai été solidaire, je suis parti aussi.

Marmande (2004, N2) : « Je voulais me lancer »

Je suis allé donner un coup de main à David Giguel à Marmande en National 2, pendant six mois. Je ne le connaissais pas, on s’était juste appelé pour des joueurs, et il m’a demandé de le rejoindre. J’étais jeune, je voulais me lancer.

Sète (2004 – Déc. 2005, National, L2) : « Ma première réussite sportive »

Claude Calabuig, le coach de Sète, m’a contacté : j’ai fait le recrutement, et on est monté de National en Ligue 2. Et quand il s’est fait virer en décembre 2005 (remplacé par Ludovic Batelli), pareil, je suis parti, par solidarité. Sète, j’en garde un excellent souvenir, parce que c’est ma première réussite sportive. Le groupe étaot exceptionnel, on était sans cesse les uns avec les autres, on allait souvent au resto ensemble. Je suis toujours en contact avec le président Anfosso, Calabuig, Dufresnnes, Kharbouchi, Kharrazi, etc. Mais il n’y a plus personne au club de cette époque, sauf Christophe Rouve, qui vient de revenir comme éducateur chez les jeunes.

Pau (2006-janvier 2008, National) : « Je n’ai pas trop trouvé ma place »

Je suis nommé coordinateur sportif, on fait venir des joueurs incroyables comme Tino Costa ou André-Pierre Gignac, prêté par Lorient, on a eu de la réussite sportive là encore, mais je ne reste qu’un an, car je décide de rentrer chez moi, sur Paris. Je n’arrive pas trop à trouver ma place, mais bon, j’en garde un bon souvenir, ça s’est bien passé avec Joël Lopez, le président délégué, et aussi Bernard Laporte-Frey, qu était déjà au club comme actionnaire, mais je n’étais pas au top (sic). Je retourne dans ma région, où je deviens éducateur sportif à Montgeron (Essonne), et en parallèle je travaille dans les ambulances.

Beauvais (2008-2010, National) : « Là où ma carrière décolle »

Je connaissais Laurent Strzelczak qui était adjoint à Beauvais. Il savait que je connaissais beaucoup de joueurs et me demande si je peux organiser une détection avec des joueurs que j’ai vus sur Paris, et les emmener à Beauvais. Je rencontre Bruno Roux, le coach à l’époque, et Alexandre Clément, avec qui ça matche. Ensuite, Hubert Velud remplace Bruno Roux et Alex me demande de développer une cellule de recrutement pour eux, en continuant à travailler comme ambulancier. Je m’occupe donc du recrutement pour Hubert Velud puis Alex Clément est nommé entraîneur-général et manager, et me demande d’arrêter les ambulances, de devenir coordinateur sportif et d’être sur le banc avec lui et Christophe Raymond aussi, l’actuel coach de Boulogne. C’est là que je reviens dans le foot à plein temps. La saison d’après, on fait une bonne année, on sort pas mal de joueurs, Brice Jovial, Joffrey Cuffaut, que l’on vend, Parfait Mandanda, et d’autres. Beauvais est un club qui compte beaucoup pour moi car on m’a laissé travailler, et c’est là que ma carrière a décollé. Alexandre Clément me faisait confiance. Et puis l’AS Cannes vient me débaucher.

Cannes (2010 – oct 2011, National) : « J’ai des regrets »

Le premier contact, je l’ai avec Xavier Nielsen, le directeur du club. En fait, Cannes vient jouer à Beauvais la saison d’avant, et après le match, l’adjoint d’Albert Emon à Cannes, Philippe Cuervo, que je considère comme un frère et que je connais depuis son époque de joueur à Laval, me parle du club. Et me dit que les dirigeants aimeraient que je vienne les rencontrer à leur hôtel. J’y vais après le match. On peut le dire maintenant, il y a prescription ! C’est là que je rencontre le président, Ziad Fakhri. Et voilà ! Cannes, je ne pouvais pas refuser, même si j’étais très bien à Beauvais. Sportivement, malheureusement, on finit au pied du podium, alors qu’on est en tête jusqu’à Noël. J’ai des regrets car il y avait la place pour monter en Ligue 2. Et puis il y a eu cette rétrogradation en CFA, que le club n’avait pas prévu. On recrute un coach, David Guion, et en octobre 2011 , j’ai l’opportunité de partir à Dijon, en Ligue 1, où Patrice Carteron, avec qui j’étais proche, me sollicite. Je leur avais déjà donné un coup de main sur le recrutement, et puis Patrice me demande d’être le responsable du recrutement. Cannes, ça reste une expérience exceptionnelle.

Dijon (oct 2011 – 2012, Ligue 1) : « Un autre monde »
Une bonne expérience en Ligue 1 ! C’est vraiment un autre monde. Je me suis régalé mais un grain de sable est venu enrailler la machine, entre Patrice Carteron et le président Bernard Gnecchi, et je me suis retrouvé au milieu de ça. Quand ils ont limogé Patrice, je me suis séparé du club d’un commun accord.

Cannes II (2012-2014, CFA) : « 2014, une année très spéciale… »

Après Dijon, je suis retourné à Cannes en CFA (National 2), et je retrouve Jean-Marc Pilorget. Ils m’ont demandé de leur donner un coup de main car ils voulaient remonter en National. On fait 1/4 de finale de la Coupe de France en éliminant Troyes, Saint-Etienne et Montpellier, mais ça s’est mal fini avec le décès de Saïd Fakhri, le papa de Ziad, et je perds mon père deux jours après. 2014, ça reste une saison très spéciale. Et le club dépose le bilan. C’est dommage que l’histoire se soit mal terminée.

Sedan (2014-2015, CFA) : « Je voulais rester mais… »
Farid Fouzari, l’entraîneur, me contacte, et me dit que Jean-Claude Medot, le responsable du recrutement, a besoin de quelqu’un pour l’épauler. Je rencontre le président Marc Dubois à Fréjus, car il habite à Saint-Raphaël et je suis encore installé à Cannes à ce moment-là. Et me voilà directeur sportif adjoint à Sedan. On fait une saison exceptionnelle. Je recrute Bakaye Dibassy, Rudy Camacho, Romain Armand et d’autres. On ne perd que deux matchs de toute la saison et on accède en National. Après l’épisode cannois, il fallait que je montre mes compétences. L’idée, c’était que, la deuxième année, je prenne la suite de Jean-Claude Medot, mais les discussions traînent, je voulais rester, et en fait, j’ai senti que rien n’allait changer.

Boulogne-sur-Mer (2015-2016, National) : « Une saison riche en émotion »

Je suis encore à Sedan et je reçois LE coup de fil de Jacques Wattez, le président de Boulogne, et là, c’est LA vraie belle rencontre. Il me demande si je veux devenir directeur sportif. Il me donne les pleins pouvoirs. Je ne fais qu’une année à l’USBCO mais elle est riche en émotion. Il a des qualités humaines exceptionnelles. Il a une grande gueule certes mais c’est un mec comme j’en ai peu connus. On me laisse travailler et je fais la découverte de jeunes joueurs comme Mercier, Teuma, Mauricio ou Leautey. On ne récolte pas les fruits tout de suite, on fait une saison moyenne, mais ces joueurs vont faire carrière après. Et puis arrive l’opportunité cristolienne.

Créteil (2016-2018, National) : « Je n’ai jamais eu le contrôle »

C’est un coup d’arrêt dans ma carrière mais j’y vais parce que le club descend de Ligue 2, que c’est pas loin de chez moi, et je me rapproche de mes filles, alors que je suis en plein divorce. Et puis je tente le pari de prendre le poste de directeur général, que je n’avais jamais occupé, même si j’avais des notions administratives. Je rencontre le coach Laurent Fournier, un super mec, mais il est limogé assez vite. On se maintient de justesse et lors de la deuxième saison, c’est catastrophique. Je perds le contrôle mais en gros, je ne l’ai jamais eu. Je n’ai pas pu mettre en place mes idées, ma manière de travailler, parce qu’il y avait un comité directeur omniprésent, avec des personnes très interventionnistes, et je n’ai pas trouvé ma place, y’a trop de dysfonctionnements. C’est dommage parce que le président, Armand Lopez, est un homme attachant, intelligent, mais je pense qu’il était coincé entre le comité et moi. Je n’avais pas vraiment les pleins pouvoirs.

Le Puy Foot 43 (depuis 2018, N2, Nat., N2 puis re-Nat.) : « J’ai repris goût au foot ! »

J’étais prêt, après Créteil, à rester sans club, à faire une année de chômage, et puis j’ai le coup de téléphone de Julien Converso, qui est directeur sportif à Romorantin et qui connaît bien Roland Vieira, le coach du Puy. Moi, Roland, je ne le connaissais pas, mais je sais qu’il sollicite ses dirigeants pour prendre un manager général, parce qu’il pense que, tout seul, il n’arrivera pas à tout gérer, à accompagner la progression du club. Du coup, Julien nous met en relation et Roland m’appelle. Moi, je ne savais même pas où c’était Le Puy sur la carte (rires) ! Je viens le rencontrer, puis je fais la connaissance du président Christophe Gauthier et du directeur financier Philippe Thiebault. Le président me demande « Pourquoi vous venez au Puy ? » et je lui réponds « Pourquoi pas Le Puy ? ». Et voilà ! Après, sportivement, c’est l’apothéose ! On monte en National, la réserve accède en N3, les jeunes montent U19 en Nationaux. Ma carrière redémarre après un petit creux. Je me refais une santé. Je reprends goût au foot. On essaie de structurer le club, je me régale, je tombe dans un club très familial, on me fait confiance. Malheureusement, arrive cette année COVID… et on descend, on essaie de repartir la tête à l’endroit, en N2, et la saison s’arrête encore… Mais là, j’ai vraiment très mal vécu l’injustice de la montée de Sedan en National à l’été 2021, même sur ma santé cela a eu des effets. J’ai eu du mal à m’en remettre. Mais on est reparti au combat, et puis pour ma deuxième saison pleine avec Le Puy, on monte encore ! On a relancé des joueurs, on en a découverts, on en a vendus, on se régale.

Olivier Miannay du tac au tac

Ta plus belle trouvaille ?
Tino Costa à Pau

Le joueur que tu as raté ?
Umut Bozok

Le club le plus familial ?
Le Puy

Le club le plus compliqué ?
Créteil

Le challenge le plus difficile ?
Le Puy la saison passée : redémarrer après deux ans de Covid et deux saisons tronquées, arrêtées, et après les injustices… C’était vraiment un challenge difficile mais on l’a réussi !

Ton meilleur souvenir ?
Y’en a beaucoup ! Je dirais la montée en mai dernier avec Le Puy, car c’est une revanche sur plein de choses.

Ton pire souvenir ?
C’est l’annonce de l’arrêt du championnat National, en mars 2020, la veille de recevoir Quevilly Rouen, alors qu’on est à 1 point d’eux et du maintien, et qu’on s’était relancé depuis décembre.

Combien de contacts téléphoniques « football » as-tu dans ton répertoire ?
(Il vérifie) J’en ai 997 !

Un regret ?
Mon départ de Boulogne.

Une fierté ?
Mes enfants.

La ville où tu as préféré travailler ?
Ah… J’ai bien aimé Cannes quand même !

Ton club préféré ?
Paris Saint-Germain (Ndlr, on l’a écrit plus haut, bizarre quand on porte les initiales OM !!!)

Un match de légende ?
PSG – Real Madrid en 1993 (1/4 de finale de la coupe UEFA).

Un match de légende avec un de tes clubs ?
L’élimination de Lorient en 16e de finale de la Coupe de France l’an passé avec Le Puy (1-0), elle est belle celle-là !

Un modèle de directeur sportif ?
J’aime beaucoup Loïc Désiré à Strasbourg, parce qu’on a un peu le même parcours, on vient tous les deux du monde amateur. J’aimerais bien avoir la même trajectoire que la sienne.

Un président ?
C’est trop dur… J’en ai vraiment deux… Jacques Wattez (Boulogne) et Christophe Gauthier (Le Puy). Je les aime beaucoup tous les deux.

Un coach ?
Jean-Marc Pilorget. Tout ce qui m’est arrivé et qui m’arrive, c’est grâce à lui. C’est un monsieur exceptionnel, comme un père pour moi. Je rajouterais René Marsiglia que j’ai connu à 17 ans au centre de formation à Amiens, il a beaucoup compté pour moi aussi.

Texte : Anthony BOYER / Mail : aboyer@13heuresfoot.fr / Twitter : @BOYERANTHONY06

Photos : Sébastien Ricou

Lancé en équipe première à Bastia à l’âge de 16 ans avant de vivre des saisons difficiles, le lauréat du trophée de meilleur joueur de National du mois d’août, âgé de 21 ans, s’est totalement relancé depuis son arrivée à Concarneau l’an passé. Portrait .

Visuel FFF / Photo Tony Esnault – US Concarneau

Avec 49, 05 % des voix (journalistes, entraîneurs, capitaines et le public sur les réseaux sociaux), Amine Boutrah a été élu meilleur joueur du mois d’août de National. L’attaquant de Concarneau (21 ans) a devancé Karim Tlili (Martigues, 19,86 %), Anthony Beuve (Avranches, 16,84 %) et Damien Durand (Red Star, 14,16 %).

Percutant, explosif, ce petit gabarit (1, 70 m) semble avoir passé un cap depuis le début de cette saison. Vendredi soir lors de la 5e journée de National, Amine a été l’un des artisans du succès de Concarneau sur le synthétique de Borgo (4-2). Devant sa famille et ses proches, il a inscrit le 3e but de son équipe portant son total à 3 buts. « J’ai déjà dépassé mon total (2) de la saison dernière », sourit le Corse qui a grandi à Porto-Vecchio.

Posé, sans concession sur ses erreurs passées et avec un discours où transparait sa grande maturité, il a pris le temps de revenir sur sa jeune carrière qui avait débuté très fort à 16 ans avec le SC Bastia en National 3 avant de connaitre un gros coup d’arrêt. Mais sa signature à Concarneau à l’été 2021 l’a relancé et « l’a fait grandir à tous les niveaux ».

« Après le dépôt de bilan de Bastia, je me suis retrouvé sans rien »

Photo Tony Esnault – US Concarneau

Tout a commencé pour lui à l’AS Porto-Vecchio. « Tout petit, je jouais en bas de chez moi. J’ai grandi dans une famille de footballeurs. Mon père, mes frères jouaient aussi. Mon beau-frère a, lui, joué à Orléans en L2. »

Après avoir intégré le club de sa ville à l’âge de 9 ans, il est repéré en U13 par le Sporting Club de Bastia. Le centre de formation était alors dirigé par Ghislain Printant. « Mes parents faisaient la route de Porto-Vecchio à Bastia (143 km) deux fois par semaine pour m’emmener aux entraînements. Ils ont toujours été derrière moi. Le week-end, je restais au centre pour les matchs. »

A 15 ans, Amine intègre le centre de formation du SC Bastia comme stagiaire. Mais en juillet 2017, le club, déjà relégué sportivement en L2, doit déposer le bilan, plombé par une dette colossale et la légèreté de ses neuf actionnaires. Une catastrophe sportive, économique mais aussi humaine.

Le SC Bastia repart en National 3 et perd son statut professionnel. Le centre de formation ferme ses portes. « Comme beaucoup, du jour au lendemain, je me suis presque retrouvé sans rien. Je n’avais plus de club, plus trop de perspectives, donc je suis rentré chez mes parents à Porto-Vecchio. J’avais 16 ans et c’était très dur à vivre. »

« Je marque à 16 ans à Furiani devant 8 000 personnes contre l’ACA ! »

En septembre 2017, Amine reçoit néanmoins un coup de téléphone des dirigeants du Sporting. « Bastia m’a proposé de me reprendre. J’avais un contrat et un appartement. »

En National 3, le club corse est en totale reconstruction. L’équipe est composée de quelques anciens (Coulibaly, Cioni, Mary, Manset) et de nombreux jeunes corses.

Le 30 septembre 2017, Stéphane Rossi le lance lors des vingt dernières minutes sur le terrain de l’ES Cannet Rocheville (1-1). Deux semaines plus tard, c’est lui, à quelques jours de son 17e anniversaire, qui embrase le stade Furiani rempli par 8 000 spectateurs en égalisant face à la réserve de l’AC Ajaccio. Un but somptueux, plein de culot. Parti de son camp, il traverse tout le terrain, mettant dans le vent plusieurs défenseurs avant d’adresser une frappe aux vingt mètres. « Un moment magique ! Ce but, on m’en parle encore. Il a fait le tour des réseaux sociaux. Quand j’ai signé à Concarneau, la vidéo est ressortie. »

Voir le but d’Amine :

Pour sa première saison en équipe première, il participe à 9 matchs et inscrit 2 buts. En parallèle, il brille avec les U19. « J’ai marqué plus de 20 buts. On est monté en U19 nationaux. C’est moi qui marque le but de la montée à la 94e minute face à l’Etoile Filante de Bastia. Un grand souvenir aussi. »

« Plus jeune, je me suis comporté comme un petit merdeux »

La saison suivante, le SC Bastia a musclé son effectif avec plusieurs joueurs corses expérimentés : Poggi, Bocognano, Santelli, Vincent… Le club s’offre un cavalier seul dans la poule Corse-Méditerranée en championnat.

En sports-études au lycée Jean Nicoli de Bastia, Amine joue surtout avec les U19 Nationaux et moins en N3 (5 matchs, 2 buts). Mais le 5 février 2019, il rentre en jeu lors du 8e de finale de Coupe de France face à Caen, alors en Ligue 1. Auteur d’un match magnifique, Bastia s’incline aux tirs aux buts (3-5, 2-2 lors du temps réglementaire. « Le stade était plein et c’était la première fois que je jouais un match retransmis en direct à la télévision. »

Mais alors que le staff bastiais souhaite le conserver pour le National 2, il n’arrive pas à se mettre d’accord avec les dirigeants. « Je n’avais pas un bon comportement à l’époque, j’étais assez petit merdeux (sic), avoue-t-il. Je voulais que ça aille très vite, je ne contrôlais rien, je marchais de travers. »

Il effectue quelques essais, notamment à Guingamp et Brest. « Mais ça ne s’est pas très bien passé. Avec Bastia, le contrat que me proposait le président ne me convenait pas. Ce n’étais pas une question d’argent mais il ne voulait plus me donner de contrat fédéral. Je l’ai pris comme un manque de confiance à mon égard. J’étais têtu, je n’ai pas écouté mes parents et Pierrick (Antonetti, son conseiller). J’ai vraiment eu un comportement merdique. Mais j’ai décidé d’arrêter avec Bastia. »

Une fois de plus, il retourne chez lui à Porto-Vecchio. « Vous savez comme c’est l’été, la plage et tout ça… J’étais bien avec mes proches. Niveau foot, je n’avais rien du tout. »

« Au Gallia Lucciana, je me suis forgé un caractère »

Ses conseillers, Pierrick Antonetti et Loïc Bensaïd (agence ASSIST & GOAL) activent leurs réseaux et lui propose de signer au Gallia Lucciana, un club corse évoluant en National 3. « Pierrick connaissait bien le directeur sportif, Jean Lorenzi. Il m’a dit : « Amine, tu vas faire des sacrifices mais tu n’as beaucoup d’autres choix »…»

Club familial, le Gallia est entrainé par une figure en Corse, Tchouki Corlija, un Serbe passé par l’Etoile Rouge de Belgrade arrivé sur l’Ile de Beauté il y a déjà une trentaine d’années où il a joué et coaché de nombreux clubs. Mais le fonctionnement du Gallia reste très amateur par rapport au SC Bastia. « En arrivant de Bastia, j’ai pris une grosse claque, reconnaît Amine. Même en N3, le Sporting avait gardé un fonctionnement pro avec des entrainements le matin et des personnes qui s’occupaient de nos équipements. Au Gallia, la plupart des joueurs travaillaient et ils venaient s’entraîner le soir après leur journée de boulot. Mais tout ça, ça m’a forgé un caractère. Je traînais avec des hommes (sic) qui bossaient dans la journée, j’ai compris ce que c’était la vraie vie. J’ai arrêté de faire mon petit merdeux. Cette aventure au Gallia m’a fait murir. »

Sur le terrain, tout se passe bien. Il est titulaire et inscrit 6 buts en 16 matchs. Mais le Covid et le confinement stoppent la saison en mars 2020. « Même si j’avais effectué une belle saison avant l’arrêt, cela n’a pas suffi. Je n’ai pas eu de contacts pour partir au-dessus. »

S’il était reparti sur des belles bases (2 buts en 4 matchs), la saison 2020-2021 s’arrête en octobre.

« Heureusement, on a continué à s’entraîner au club. Moi, j’ai aussi pris un préparateur physique. Même si tout le monde m’avait oublié, j’étais déterminé. Il n’y a rien qui pouvait m’arrêter. J’avais mangé mon pain noir et j’attendais juste la bonne opportunité pour le prouver. »

« Rendre à Concarneau ce qu’il m’a donné »

Photo Tony Esnault – US Concarneau

C’est donc en Bretagne qu’il va trouver le rebond. « Pierrick Antonetti connaissait l’ancien entraineur adjoint de Concarneau. Le staff a accepté de me voir. Je savais que c’était un peu ma dernière chance mais c’était de la bonne pression. »

S’il se montre convaincant lors des matchs amicaux, son essai a duré au total trois semaines.

« Concarneau n’avait plus que deux contrats fédéraux à donner, c’était au départ réservé à des joueurs plus expérimentés donc ils ne voulaient pas se tromper avec moi. Au bout de deux semaines à Concarneau, Bastia-Borgo m’a aussi proposé de venir faire un essai. Stéphane Le Mignan, le coach de Concarneau, m’a dit : « reste faire encore une semaine avec nous mais je ne te garantis rien ». Donc, j’ai pris le risque de perdre à la fois Concarneau et Bastia-Borgo. Mais au final, j’ai pu signer à Concarneau. »

Avec le club du Finistère, Boutrah, qui marche à la confiance, a trouvé un cadre idéal pour s’épanouir. Sur le terrain, il s’est rapidement imposé (31 matchs dont 25 comme titulaire). « Ça m’a fait du bien de sortir de la Corse et de mon cocon familial. On a fait une belle saison et on a failli monter en Ligue 2 (4e). Personnellement, j’étais plutôt satisfait de moi, même si j’aurais dû avoir davantage de stats (2 buts marqués). »

Il était d’ailleurs nommé parmi les révélations de la saison aux Trophées du National. A l’intersaison, quelques clubs recommencent à s’intéresser à lui. Un retour au SC Bastia est même évoqué. « Moi, je n’ai jamais eu de contacts directs mais je sais que ça a parlé entre mes conseillers et les dirigeants. Je sais que Bastia continue à me suivre. Bien sûr que ça me plairait d’y retourner. Mais je suis d’abord focus sur cette saison avec Concarneau. Je compte bien rendre à ce club ce qu’il m’a donné. Je n’avais rien et ils m’ont accueilli en me permettant de me relancer. Je suis encore jeune mais je sens que mon statut a changé. Je ne vais pas dire que je suis un cadre mais je ne suis plus le petit qui arrive de N3. »

Son investissement a donc été récompensé par le trophée de meilleur joueur de National. « C’est magnifique, surtout d’où je viens. Ceux qui me connaissent savent ce que j’ai traversé… J’ai travaillé tous les jours pour ça. Mais ce n’est qu’une étape. La saison est encore longue. L’important sera d’être régulier et constant jusqu’au bout. »

Amine Boutrah, du tac au tac

Son meilleur souvenir ?
Mon but à 16 ans avec Bastia contre la réserve de l’AC Ajaccio à Furiani. Rien que de vous en parler, j’en ai encore des frissons. Il y a aussi ma signature à Concarneau. Mes proches savent combien j’avais galéré avant ça.

Son pire souvenir ?
Attendez, je réfléchis… Mais en fait, je n’en ai pas. J’essaye de ne retenir que le positif dans chaque situation.

Un stade ?
Furiani, bien sûr !

Un entraîneur ?
Il y en a deux. Stéphane Rossi qui m’a lancé et m’a fait confiance alors que je n’avais que 16 ans, alors qu’il avait la pression de faire remonter Bastia. Et Stéphane Le Mignan qui m’a fait beaucoup progresser depuis que je suis arrivé à Concarneau.

Le geste technique préféré ?
Le contrôle semelle… Je sais que certains vont rigoler.

Un modèle ?
Neymar

Une équipe ?
Ca va faire parler et rigoler mais j’assume… Le PSG (éclats de rire).

Le joueur le plus fort avec lequel il a joué ?
Lenny Pintor (aujourd’hui à Saint-Etienne) à Bastia. Et à Concarneau, Gaoussou Traoré (prêté par Amiens) qui a beaucoup progressé.

Ses amis dans le foot ?
Je suis resté proche d’Anthony Roncaglia que j’ai connu à Bastia. A Concarneau, je suis toujours avec Gaoussou Traoré et Faissal Mannaï.

Corse ou Bretagne ?
Corse et Bretagne (rires). J’aime bien Concarneau. Il y a la mer comme en Corse et c’est une ville tranquille qui a son charme. Je m’y sens bien.

Texte : Laurent PRUNETA / Twitter : @PrunetaLaurent / Mail : lpruneta@13heuresfoot.fr

Photos : Tony Esnault – US Concarneau

A 37 ans, cette Bretonne a lancé un podcast sur le National, dans lequel elle met en avant les acteurs du championnat, et pas seulement ceux de Saint-Brieuc, sa ville et son club de coeur !

« Ici on parle plus de Didier Santini que de Lionel Messi ! ». Le slogan de « 100% Foot National », un nouveau podcast, est évocateur. Il est la promesse de retrouver des sujets sur le foot amateur, des sujets différents. Imaginé et lancé par Mélanie Durot, animatrice radio à France Bleu (groupe Radio France), ce podcast, que l’on peut écouter sur Facebook (lien ci-dessous), est consacré au Stade Briochin, son club de coeur (elle est née à Saint-Brieuc, dans les Côtes d’Armor), mais pas seulement. Il parle du championnat National.

Mélanie, âgée de 37 ans, ne manque pas de rendre hommage à SON club dans ses podcats, qu’elle enregistre deux fois par mois, et dont certains ont été consacrés à des joueurs de l’équipe entraînée par Didier Santini ou encore le président du Stade Briochin, Guillaume Allanou. « Le football a toujours été une passion. Des premières « frappes » dans un ballon à mon premier match dans un stade, cette passion n’a cessé d’augmenter au fil de mon enfance. Les premières émotions sont venues du stade Fred Aubert à Saint-Brieuc ! Entre les buts de Yannick Le Saux, les passes magistrales de Dario Brose aux arrêts venus d’ailleurs de Franck Mantaux, j’en prenais plein les yeux, même si ceux-ci avaient parfois du mal à tout voir ! La faute à un grillage un peu trop grand du haut de mes 7 ans ! »

Passion et bénévolat

Mélanie a donc grandi avec les années « Division 2 » des Griffons (1993-1995 et 1996-1997) , et a connu la descente aux enfers du club, liquidé en 1997 et rétrogradé en CFA2 : « J’ai vite compris que le football pouvait faire pleurer de joie comme de tristesse. Définitivement mordue, je me suis intéressée à différents championnats, français comme étrangers, avec une appétence plus élevée pour la Série A, et encore plus pour le Stade Rennais, club phare de ma région. » Club phare dont elle a d’ailleurs commenté le match de Ligue Europa en studio, jeudi soir, à Larnaca, pour France Bleu !

Tout au long de son parcours, Mélanie n’a eu de cesse de parler de football – breton – par le biais de sites internet, d’émissions de radio ou encore de podcasts. Le plus souvent bénévolement. Par passion. Exactement comme les protagonistes de 13heuresfoot ! A une différence près : pour parler du National, Mélanie utilise le terme « 3e division » ! Mais non, le National n’est pas la 3e division. Enfin, si ! Enfin, non ! C’est une Ligue 2 bis ! Intercalée entre la Ligue 2 et le National 2 qui lui est l’ancêtre de la Division 3 avec plusieurs poules et les réserves pros. « J’ai connu la D3 quand le Stade Briochin est monté en D2 en 1993, puis j’ai découvert le National après l’accession du club en 2020. Au début, je n’ai suivi que les Griffons, et puis, la saison 2021-2022 de National a été celle de la révélation ! »

« Je parle de tous les acteurs qui font vivre le National »

Animatrice d’une émission de foot sur France Bleu Breizh Izel à Quimper (Finistère), Mélanie suit également l’US Concarneau. C’est là, au travers des matchs des Briochins et des Concarnois, qu’elle apprend à découvrir ce championnat. Surtout, elle écoute et pioche des idées : « J’ai découvert, grâce aux différents commentateurs de FFF TV, la chaîne qui retransmet les matchs le vendredi soir, des histoires de clubs et de joueurs. C’est ça qui m’intéresse. Ça m’a donné envie d’aller plus loin dans mes connaissances mais malheureusement, le National n’est pas le championnat le plus médiatisé ! J’ai eu envie de le mettre en valeur. L’idée d’un podcast s’est rapidement imposé à moi. J’ai peaufiné mon projet et au mois de juillet, le podcast 100% Foot National est né ! »

La semaine dernière, Mélanie a publié son sixième podcast, consacré à celui qu’il n’est pas exagéré de qualifier de « commentateur vedette » du National sur FFF TV. On veut parler d’Emmanuel Moine qui, avec son compère Vincent Magniez, forme une doublette de choc et de choix. Une doublette respectée, très appréciée sur les terrains du championnat, qui ne cesse de valoriser, elle aussi, cette compétition trop peu médiatisée, via de nombreuses anecdotes et une grande connaissance de tous ses acteurs. « L’objectif de mon podcast n’est pas de faire de l’actu mais plutôt de découvrir celles et ceux qui portent un club, les joueurs, les entraîneurs, les dirigeants, etc. Et aussi ceux qui sont dans l’ombre, les préparateurs physiques, les chargés de communication, les administratifs, conclut Mélanie. »

En résumé, Mélanie s’intéresse à tous ceux et toutes celles qui font vivre leur club en les interrogeant sur les spécificités de leur travail, leur quotidien et leur parcours. Des entretiens riches et passionnants. A découvrir.

Branchez vos casques, 13heuresfoot s’associe à « 100% Foot National » et vous propose d’écouter le podcast consacré à Emmanuel Moine (cliquer sur le lien ci-dessous).

Ecouter le podcast : https://bit.ly/3RysAXV

  • Il est également possible de réécouter les autres podcasts en vous rendant sur la page Facebook de « 100 % National » :

La page Facebook : https://www.facebook.com/100FootNational

La rédaction de 13heuresfoot / Mail : contact@13heuresfoot.fr / Twitter : @13heuresfoot

Le président de l’USL Dunkerque (National) revient sur la descente de Ligue 2 en National et évoque une remontée dans les deux ans, avec la certitude que, cette fois, son club sera mieux armé structurellement.

Jean-Pierre Scouarnec est un personnage. Une figure du championnat National. Un championnat qu’il a « délaissé » deux saisons durant, le temps de goûter un peu, trop peu, à la Ligue 2 (2020-2022) et de mesurer le fossé structurel existant entre les deux divisions.

A quelques heures de la rencontre face à Versailles, au stade Jean-Bouin, à Paris, le président de l’USL Dunkerque (depuis 2013) est revenu sur l’épisode douloureux de la descente en mai dernier, mais aussi sur ce début de saison plutôt conforme aux ambitions de son équipe (l’entretien a été réalisé avant la défaite 2 à 0 hier soir).

Réputé aussi pour son tempérament convivial et entier, « JP » comme ses amis l’appellent, assure avoir pris un peu recul sur les événements. S’être assagi. Faut-il vraiment le croire ? Il grille toujours autant de cigarettes et on l’entend toujours autant en tribune pendant les matchs, quand il ne cesse d’encourager son équipe ! « Oui je trépigne, je suis comme ça, j’ai besoin d’extérioriser ! Pendant le confinement, comme ça résonnait dans le stade, les gens disaient qu’ils m’entendaient râler pendant 90 minutes, mais je ne râlais pas, j’encourageais mon équipe ! J’ai besoin de sortir cette énergie. Après, ça plaît, ça ne plaît pas, ça, c’est autre chose. Je peux être impatient aussi. Tenez, j’ai une anecdote d’ailleurs : on est avec Gilbert (Guérin, le président d’Avranches) dans la vieille tribune de Dunkerque, pour un dernier match de championnat contre Avranches (3-0 en mai 2019) : penalty pour nous, 1 à 0, puis encore un deuxième penalty pour nous juste après et 2 à 0, et là, Gilbert est descendu, il est allé dire à l’arbitre ce qu’il pensait ! Alors ça, c’est le truc qui me fera toujours rêver ! Il s’est fait engueuler par le stadier. Moi je ne suis pas capable de faire ça. J’ai une autre anecdote. Dernier match avec Dunkerque de Fabien (Mercadal, l’ancien coach), avant qu’il ne parte entraîner en Ligue 2 (en 2016). On avait passé toute la première mi-temps du match avec Antoine Emmanuelli, Fabien et moi sur le banc de touche, c’était notre manière de lui souhaiter bon vent ! Bien sûr, on avait demandé au délégué avant ! »

« Les erreurs ? Je les garde pour moi… »

Président, récemment, vous disiez, dans un entretien à un média, vous en vouloir par rapport à la saison passée. Pourquoi ?
Parce que, quelque part, je suis le patron entre guillemets et quand ça dysfonctionne, c’est le patron qui est responsable. Après, on peut mettre ça sur le dos de l’entraîneur, du directeur sportif, des joueurs, du directeur général… En fait, je m’en veux car il y a des choses sur lesquelles je n’ai pas demandé que l’on réagisse plus rapidement, et c’est certainement ce qui a fait que l’on soit descendu. Mais ça permettra de ne plus refaire ces erreurs dans l’avenir.

Quelles erreurs ?
Je préfère garder ça pour moi, c’est très personnel.

Avec le recul, l’accession en Ligue 2, en 2020, n’est-elle pas arrivée deux ans trop tôt ?
Deux ans trop tôt je ne pense pas, mais elle est arrivée trop tôt quoi qu’il arrive, pour plusieurs raisons. On ne s’était pas suffisamment préparer à la professionnalisation : le club était considéré comme « amateur » depuis 24 ans même si on sait très bien que les championnats nationaux et notamment le National n’ont rien d’amateur. Mais on ne s’était pas préparé au monde professionnel, même si on s’était bien structuré. Ensuite, le stade n’était pas fini, même si l’on pouvait jouer dedans, et il y a eu le Covid aussi qui a fait que l’on a joué sans public à un moment donné, et enfin, dernière chose, au niveau du centre d’entraînement et du centre de formation, nous n’étions pas prêts. On sera mieux préparé. On a beaucoup plus de chance d’être prêt en fin de saison, cette année, après, sera-t-on pour autant prétendant ou accédant à la Ligue 2, c’est trop tôt pour le savoir même si on a pris le départ que l’on souhaitait prendre (entretien réalisé avant la défaite hier soir à Versailles 2 à 0).

L’objectif, c’est donc de remonter immédiatement ?
Les mots ont été mal interprétés. J’avais dit « immédiatement » mais pour moi, immédiatement, c’est dans les deux années qui viennent, évidemment.

Revenons sur la saison passée en Ligue 2 : lors de la 28e journée, l’USLD sort enfin de la zone rouge (17e sur 20) avant de s’effondrer littéralement et de terminer avec un nul et neuf défaites. Comment l’expliquer ?
Cette deuxième saison de Ligue 2, je m’en souviens par coeur. On avait des difficultés internes dans le domaine sportif, mais ça, c’était sur l’ensemble de la saison, pas que sur la fin. C’est vrai qu’il y a eu une période de mieux à un moment donné, mais on s’effondre, on ne s’en remet pas. Je vous le redis, beaucoup de choses en interne au niveau sportif n’étaient pas top.

« Le fossé L2-National n’est pas si important mais il va se creuser »

Maintenant que vous avez l’expérience de la Ligue 2, le fossé avec le National, que vous connaissez par coeur, est-il réel ?
La Ligue 2, on n’y a passé que deux ans… Mais je ne pense pas qu’il y ait un gouffre si important que cela entre les deux divisions. Il y a beaucoup de joueurs en National qui sont capables de jouer en L2, on en a la preuve régulièrement. En fait, le fossé, le gouffre, il est surtout au niveau organisationnel et financier. Elle est là la différence. Et ce fossé va s’agrandir avec la réforme des championnats. C’est pour cela qu’il faudra vraiment énormément travailler et être prêt si on veut retourner là haut (en L2) et s’y établir.

Si Dunkerque joue en Ligue 3 en 2024, ça vous embêterait ?
Non. C’est un championnat que je respecte. Je pense que c’est un des championnats français les plus difficiles avec le National 2, où, là, il faut être exclusivement premier pour en sortir. En National, on côtoie trois catégories de clubs : des associations qui n’ont pas eu l’obligation par la DNCG de passer en société, des sociétés qui sont des structures « amateurs », avec des contrats fédéraux, comme nous l’étions avant de monter en 2020, et enfin des clubs sous statut professionnel, pour ceux qui descendent de l’étage supérieur. C’est pour cela que ce championnat sort autant de joueurs de qualités. Gilbert (Guérin, le président d’Avranches) le disait dans l’entretien que vous lui avez consacré, il y a énormément de joueurs qui sont sortis du National pour aller en Ligue 1 et même en équipe de France. Donc quelque part, pour le haut niveau, le National est une source, un fournisseur de très bons joueurs. Et puis, il y a la problématique des clubs amateurs, qui peuvent perdre un joueur et ne rien percevoir.

L’USLD a conservé son statut pro malgré la descente…
Le statut pro, c’est prévu qu’il reste à la discrétion du club, mais un club peut redevenir amateur s’il le souhaite. La première année après la descente, c’est mieux de conserver le statut pro par rapport à ce que la Ligue reverse. Mais un club perd le Centre de formation s’il redevient amateur, donc…

‘L’actionnariat ? Il se dit beaucoup de bêtises… »

Le coach actuel, Romain Revelli, a été très souvent « attaqué » l’an passé, notamment sur les réseaux sociaux. Comment avez-vous géré cela ?
On a fait une réunion avec les supporters en fin d’année civile, où l’on a essayé de montrer que Romain n’était pas celui que l’on décrivait sur les réseaux sociaux. C’est vrai, je les regarde, je lis les commentaires, parfois j’en fais, mais je prends de plus en plus de recul par rapport à tout ça. J’ai remarqué que, en fait, quand tu gagnes, tu as 80 commentaires sur Facebook et quand tu perds, tu en as 110, mais ces 110-là ne sont jamais là quand tu gagnes et sur les 80 qui commentent quand tu gagnes, y’en a 2 ou 3 qui viennent défendre l’équipe quand elle perd. Je pense tout simplement qu’il y a des gens aigris qui profitent des défaites pour « baver » sur l’ensemble des personnes du club. En fait, c’est ça les réseaux sociaux !

Le journal La Voix du Nord a récemment évoqué l’actionnariat du club et la possible vente de leur part de deux des quatre actionnaires de la SAS : vous confirmez ?
Alors effectivement cette information est sortie début août dans La voix du Nord, j’ai lu ça quand j’étais en vacances. Je vais vous répondre exactement la même phrase qu’au journal : il se dit beaucoup de bêtises !

Vous dîtes que vous avez pris un peu de détachement, du recul, on a quand même du mal à l’imaginer…
J’ai pris du détachement par rapport à certaines choses. Au début, tu arrives dans tes nouvelles fonctions de président, tu gères pour faire en sorte que ça fonctionne, etc, et tu ne fais pas à trop attention à l’environnement mais tout ça, très vite, te rattrape, et donc, tu as tendance à réagir. Mais en fait, non, il ne faut pas réagir. Il faut rester soi-même. A la fin de la saison dernière, les Ultras ne voulaient pas quitter le stade tant qu’Edwin (Pindi) et moi n’allions pas les voir. Alors nous sommes allés les voir, on a discuté avec eux, calmement. J’ai aussi appris à prendre du recul sur le résultat match, à ne pas réagir à chaud, à l’analyser après, et à en parler avec les joueurs le lundi, car ça ne sert à rien de le faire tout de suite. Sinon on peut dire des choses qui peuvent dépasser la pensée. En foot, les émotions immédiates ne sont pas forcément les bonnes. Même si, parfois, il faut que cela sorte, comme lors de ce match face à Bourg-en-Bresse/Péronnas (lire plus bas). J’ai plus de recul. De la sagesse ? Non, d’ailleurs je ne sais pas si je deviendrai sage un jour. Si les joueurs ont fait le maximum sur le terrain, si l’équipe a fait ce qu’elle a pu, cela ne sert à rien d’en rajouter.

« On a une équipe homogène qui porte les valeurs de Dunkerque »

Un mot sur la saison actuelle : comment la voyez-vous ?
Le travail qui a été mené, et il inclut le dernier recrutement de Junior Senneville en provenance de Boulogne, est intelligent, homogène, et cela permet d’avoir une stabilité par rapport à des joueurs de qualité qui connaissent le National. Surtout, ces joueurs correspondent à l’USLD dans l’état d’esprit. De plus, les jeunes qui viennent du dessous sont aussi des joueurs de talent qui ne demandent qu’à s’exprimer, comme Rayan Ghrieb par exemple. On a une équipe homogène, qui a surtout toutes les valeurs de Dunkerque, des valeurs que l’on a un avait un peu perdues pendant notre deuxième saison de Ligue 2 : je pense à l’engagement physique, où on ne lâche rien, où on joue pendant 90 minutes. L’exemple du match à Nancy, où on gagne à la fin, ça s’est Dunkerque ! Je ne peux que féliciter Jocelyn Blanchard, le responsable de la cellule recrutement et aussi responsable du secteur sportif, l’entraîneur Romain Revelli et bien sûr, Edwin (Pindi, directeur général) qui compte les sous et qui dit ce qu’il peut faire et ce qu’il ne peut pas faire, puisque je ne mets pas mon nez dedans ! Mais je peux quand même dire « les gars, vous faites une connerie ».

Vraiment, vous ne mettez pas le nez dans le recrutement ?
Non. Les noms des recrues, je les apprends par Edwin. La seule chose sur laquelle je pourrais intervenir, c’est pour les gardiens (rires), mais le reste, ce n’est pas mon métier (rires) ! (Jean-Pierre Scouarnec a joué gardien de but).

Encore une question … une question qui fâche : quand est-ce que vous allez vous rabibocher avec Fabien Mercadal ?
Euh on n’est pas… enfin, moi à titre personnel, je n’ai rien contre lui. On a refait une saison ensemble, et j’ai demandé à la fin à ce que l’on se sépare. Cette saison (2020-2021) a été longue, fatigante, douloureuse, pour tout le monde, pour lui aussi. J’ai vu qu’il était le parrain de « 13heuresfoot », j’ai lu son interview ici, et il a raison sur une chose quand il dit qu’il a maintenu le club en Ligue 2, factuellement ça c’est vrai, sur le reste, je ne suis pas sûr qu’il avait raison sur tout. Mais Fabien est quelqu’un que je respecte, c’est un garçon entier, vrai, et ce qui il a fait à Quevilly Rouen a encore prouvé sa qualité d’entraîneur. Ce qui m’embête le plus, c’est de le savoir loin du foot, mais je pense qu’il y a des choses qu’il doit gommer, de la même manière que moi aussi, j’ai des choses à améliorer, mais à part ça, ça m’embête, parce qu’il manque au football. Il a des qualités indéniables pour ce métier là. Mais si le football ne lui manque pas…. J’ai su bien après malheureusement qu’il avait perdu son papa… J’ai vécu ça aussi, ça marque, je ne l’ai pas su, c’est dommage. C’était quelqu’un de très important pour lui, donc je peux comprendre comment il fonctionne aujourd’hui. Fabien, il manque au football !

Jean-Pierre Scouarnec, du tac au tac

Le questionnaire « Président »

Meilleur souvenir de président ?
C’est l’année de la montée en Ligue 2.

Le pire souvenir ?
La légère bagarre sur le terrain entre Marc Fachan, Damien Fachan et l’ancien avant-centre de Lyon-Duchère (Cédric Tuta, Ndlr) pour tirer un penalty… Je n’avais jamais vu ça de ma vie, ça a fait le tour des réseaux sociaux dans le monde entier. C’est incroyable pour une telle connerie.

Meilleur joueur passé sous les couleurs dunkerquoises sous votre présidence ?
Je vais en citer deux : Cyril Mandouki, et celui qui aurait dû être encore plus …. Alex Araujo.

Joueur le plus emblématique ?
Jérémy Huysman.

Le coach qui a marqué le club ?
Fabien Mercadal.

Le match mémorable ?
C’est Dunkerque contre Les Herbiers je crois, en National, on a terminé à 9, et Fabien (Mercadal) me donne sa démission sur le banc de touche !

Le pire match de l’USLD sous votre présidence ?
Y’en n’a pas eus, même si j’ai encore en mémoire en fin de saison dernière, deux matchs qui m’ont irrité, les deux derniers à domicile, j’ai même fini le dernier match dans les vestiaires à la mi-temps, ce qui ne m’était jamais arrivé.

Plus grosse fierté de président ?
Que le club fonctionne, perdure, que ça se passe bien entre l’Agglomération, la Ville, le club, les supporters, qu’il y ait cette osmose entre toutes les composantes, sans esclandre. C’est un ensemble. Le nouveau stade Tribut ? Oui, aussi, mais il fait partie de cet ensemble, il fait partie de l’évolution du club et aussi des relations avec l’agglo. On est en train de faire un Centre de formation aussi. C’est très important.

Le président de club le plus sympa ?
C’est dur de donner des noms, forcément, en National, je retrouve Gilbert (Guérin, président d’Avranches) et Jacques (Piriou, président de Concarneau), mais je vais en vexer si je ne donne que ces noms-là, parce qu’il y en a plein d’autres, et j’espère que mon ami Fulvio (Luzi, président de Chambly) va vite revenir avec nous pour reformer l’équipe ! Après je peux en citer en L1 ou en L2, « Lolo » Nicollin à Montpellier, Max Marty à Grenoble (Directeur général), POM à Rodez (Pierre-Olivier Murat, président du RAF), j’apprécie aussi Patrice Haddad au Red Star, etc. Je n’ai pas de problème relationnel avec les présidents de clubs, je ne me crois pas m’être fâché avec l’un d’entre eux.

Un club de coeur ?
Le club qui m’a donné mes premiers émois sportifs c’est Saint-Etienne, mais le club de mon coeur, celui de ma plus tendre enfance, où j’ai commencé à jouer au foot, c’est le Stade Lesnevien qui maintenant s’appelle le RC Lesnevien, à Lesneven, dans le Finistère.

Un stade mythique ?
L’ancien stade du Havre, le stade Jules-Deschaseaux.

Un modèle de président ?
Noël Le Graët et Jean-Pierre Hureau quand ils étaient respectivement président de Guingamp et président du Havre.

Une négociation difficile ?
Je n’en ai pas eue.

Votre plus grosse prime de match ?
Ce n’est pas mon mode de fonctionnement.

Votre plus grosse colère de président ?
Y’en a eues ! La plus grosse, après un match contre Bourg-Péronnas à Dunkerque, en National, où on est mal, avec Edwin (Pindi), on avait « laminé » le vestiaire à nous deux. On se dit à ce moment-là qu’on va descendre en National 2, et finalement on se sauve à Chambly à l’avant-dernière journée de championnat. Je ne suis pas coléreux. Je suis entier. C’est juste que quand il y a des choses qui me déplaisent, notamment avec les joueurs, je leur dis dans les yeux, et à ma manière. Ils le savent, de toute façon, en début de saison, je les préviens, car je les considère, quelque soit l’âge qu’ils ont, comme mes enfants.

Une tactique de coach que vous n’avez jamais comprise ?
Alors comme j’ai un peu de vécu dans le football, je les ai toutes comprises (rires).

Textes : Anthony BOYER / Mail : aboyer@13heuresfoot.fr / Twitter : @BOYERANTHONY06

Photos : USL Dunkerque

L’entraîneur de Canet-en-Roussillon (National 2) regarde dans le rétroviseur et revient sur son parcours de joueur et d’entraîneur, avec, très souvent, les noms de Charleville et surtout Sedan dans la bouche. Pour un Ardennais, rien de surprenant !

Farid Fouzari s’est présenté devant la caméra – l’entretien a été réalisé en visio ! – avec son CV à la main, histoire de ne rien oublier de son parcours et de ses très nombreuses expériences, de joueur tout d’abord, à Sedan et à Charleville, où il a connu la Division 2 au début des années 90, et d’entraîneur bien entendu.

D’ailleurs, à la fin de l’entretien, il n’a pas manqué de nous rappeler qu’il avait un match à préparer pour demain, avec son club de National 2, Canet-en-Roussillon (Canet RFC), à domicile, face à Fréjus/Saint-Raphaël.

Il aurait surtout pu venir avec son bouquin sous le bras ! Pas celui de ses mémoires, après tout, il est un jeune coach de 55 ans, et il a sans doute encore de belles aventures à écrire, comme celle avec Canet, au printemps 2021, lorsque le club des Pyrénées-Orientales a « sorti » l’OM en Coupe de France avant de chuter en 1/4 de finale face à Montpellier. Pas celui de ses mémoires, mais celui de ses … anecdotes ! Tant il en a vécues !

Le bouc rasé – « Je l’avais laissé pousser pendant la coupe de France l’an dernier mais après Montpellier, je l’ai enlevé, et parfois, je le laisse repousser ! » –, détendu, posé, Farid le Carolomacérien (c’est le nom des habitants de Charleville-Mézieres, sa ville natale, dans les Ardennes), a répondu parfois du tac au tac, parfois avec beaucoup plus de détails, aux nombreuses questions de 13heuresfoot, et a retracé son parcours. Du moins une partie, sinon, il aurait fallu … un bouquin supplémentaire !

Son parcours d’entraîneur adjoint (1998-2012)

« De 1998 à 2001, je suis resté trois saisons avec Patrick Remy, on a même joué l’intertoto. Ensuite j’ai travaillé un an et demi à la formation avant d’être rappelé en mars 2003 avec Dominique Bathenay, puis avec Serge Romano de 2004 à 2006. J’ai connu un an de chômage avant de partir au Paris FC en National en 2007-2008 avec Jean-Guy Wallemme, puis avec Jean-Marc Pilorget l’année suivante jusqu’en octobre 2009. Tout le monde a été surpris que je parte à paris mais je me suis très vite adapté ! Le pauvre « paysan », entre guillemets, qui arrive ! J’ai une faculté à m’adapter. Et puis je garde un excellent souvenir des personnes avec qui j’ai travaillé, j’ai vu l’évolution du club, je suis vraiment content pour eux. En novembre 2009, je retourne à Sedan comme adjoint de Landry Chauvin, avec qui j’ai beaucoup appris également, jusqu’en 2011, et avec Laurent Guyot la saison d’après.
En novembre 2012, je n’avais plus de club, mon contrat venait de s’arrêter à Sedan, j’ai refusé des propositions de CFA et finalement je remplace Laurent Hatton à Quevilly en National. Si c’était difficile à Quevilly ? Non, ce n’était pas difficile, c’était très très très difficile, à tous les niveaux du club. Je n’avais jamais connu ça. Des clans, des jalousies, des personnes qui veulent ta place… Pour ma première expérience de coach seul, j’ai beaucoup payé pour apprendre, ça m’a servi pour la suite. Là-bas, j’ai écrit un bouquin comme ça (il montre avec les doigts).

Retour à Sedan en 2013, en CFA2

Je suis rentré dans les Ardennes, retour aux sources, en famille. Y’a eu la reprise par les frères Gilles et Marc Dubois de Sedan en CFA2, après la rétrogradation de Ligue 2. Cela a été une aventure exceptionnelle et unique. Il restait l’entraîneur chargé de la préparation physique, Teddy Pellerin, avec qui j’avais déjà bossé, et l’entraîneur des gardiens, Régis Roch. Il restait aussi quelques joueurs de 18 ans de la Gambardella. On est monté grâce à notre place de meilleur 2e derrière Croix. Et on a enchaîné la saison suivante avec une montée de CFA en National, avec un record de victoires je crois, 23 victoires. Et puis là, Olivier Miannay, le directeur sportif arrivé la saison précédente, ne se met pas d’accord avec ses dirigeants et s’en va, et là, je vois des « satellites » arriver, tourner autour du club, c’est comme ça que je les appelle. Directeur sportif, c’est un vrai métier. Il a fallu gérer ce domaine mais ce n’est pas mon métier, même si j’ai un peu plus d’expérience maintenant. Je suis limogé en novembre 2015. Il y a eu une histoire avec Pascal Feindouno, que le club a voulu recruter, or moi je m’y suis opposé. Cela a été le début de la fin.

Le football aujourd’hui

Ce sont les comportements qui sont difficiles aujourd’hui, c ‘est de plus en plus dur de fédérer autour d’un projet d’équipe, on ne parle même plus de projet club. La mission d’un coach, c’est un projet d’équipe. J’ai vu des joueurs, qui me disaient, je suis gaucher, je veux jouer à droite… Non, non, tu vas jouer à gauche. Il va vite, il a un pied gauche. OK. Tu lui expliques une fois, deux fois, tu le mets sur le banc, il rumine, tu le mets dans les tribunes, il va voir les dirigeants. ça devient frappant. Dès fois j’ai l’impression de parler chinois. Je parle comme un vieux con, je leur dis la porte est ouverte, mais les joueurs, ils ne viennent plus ! Bon, après, c’est le métier. Fédérer, c’est compliqué. Et les jeunes qui arrivent, alors là… L’idéal, on peut dire ce que l’on veut, ce sont les jeunes qui sortent d’un centre de formation, ça bosse, ça écoute.

Canet-en-Roussilon (depuis 2020, en N2)

 « C’est ma 3e saison. La première saison, il y a eu la Covid-19. Heureusement qu’il y a eu la coupe. Cela a été extraordinaire, avec un 1/4 de finale, on avait les crocs ! On s’était arrêté en octobre puis on a repris en janvier quand on a su que la coupe de Franc allait reprendre. Cela nous a permis de nous entraîner d’abord, et puis on a passé des tours… L’année suivante, on a fait une préparation de huit semaines, car certains n’avaient pas joué depuis des mois. On a recruté une dizaine de joueurs. On a fait un super début de championnat, on a pris beaucoup de points et heureusement car on a eu notre histoire de Covid derrière… On a perdu 11 points sur tapis vert. Une erreur a été faite, ça a nui au club. Je ne veux pas en parler, des noms sont montés. Bien sûr, on était en haut de tableau, mais on n’est pas structuré pour monter. On y a pensé au début, avec notre bon départ, c’est tout, mais après, on s’est retrouvé à jouer le maintien à cause des points de pénalité, et là, l’approche n’est plus la même. Il restait six matchs. Ce n’était plus la même musique. »

Sedan ou Charleville ?

Sedan c’est mon club de coeur ! J’ai passé plus de 20 ans dans ce club, j’ai eu la chance d’être entraîneur, entraîneur adjoint, joueur, éducateur, j’y ai vécu plus de belles choses que de mauvaises, même si cela n’a pas été non plus facile en 1986, quand le club est descendu de D2 en D3, c’était une période un peu noire, compliquée. Et j’ai vécu la restructuration dans les années 80, la construction du centre d’entraînement à Bazeilles, avec les terrains d’entraînement, le président de l’époque, Urano, a fait un travail exceptionnel. Sportivement, pendant les travaux du centre, ça a été un peu l’aventure car on n’avait pas de vestiaires, on a dû aller dans des communes voisines, j’ai aussi vécu la construction du stade Louis-Dugauguez.

On aurait puis lui parler aussi de l’AS Prix-les-Mézières, club de CFA2 qu’il a emmené en 16e de finale de la coupe de France en 2017, ou encore de son bref retour à l’Olympique Charleville Neufmanil Aiglemont en Régional 1 encours de saison  2018-19, et aussi de ses aventures rocambolesques au FC Martigues, en N2 (2017-18), quand le mannequin Baptiste Giabiconi était aux commandes… On a préféré embrayer sur un bon vieux questionnaire « tac au tac » des familles !

Farid Fouzari, le joueur

Ton meilleur souvenir sportif ?
Un 8e de finale de coupe de France avec Charleville-Mézières. On avait dû jouer à Lens au lieu de jouer chez nous, c’était magnifique.

Pire souvenir sportif ?
Une grave blessure l’entraînement, avec Sedan, j’ai eu fracture du crâne, du péroné, des deux malléoles et beaucoup de difficultés à revenir et un an après, je suis passé adjoint de Sedan avec Patrick Remy. C’est le destin.

Un coéquipier ?
Fabrice Jacquier à Sedan, on est encore ami, on faisait partie de la charnière centrale à Sedan en D3 et on est monté en D2 aussi, j’ai joué une saison à Sedan en D2 avant de partir 4 ans en D2 à Charleville. Y’en d’autres aussi, mais quand je rentre dans mes Ardennes, avec Fabrice, on est obligé de se voir !

Le coach qui t’a marqué ?
Y’en a plusieurs, Pierre Tordo, Bruno Metsu, Moussa Bezaz, Michel Leflochmoan, ce sont des bons entraîneurs et ce sont des hommes surtout !

Des amis joueurs de l’époque ?
Je suis toujours en contact avec quelques anciens, Cédric Elzéard, Cédric Mionnet, Olivier Quint, Frédéric Barbin, on reste en contact, j’en oublie plein !

Une anecdote de vestiaire ?
Avec Sedan, on était revenu à 4h du matin de je ne sais plus où et en arrivant sur le parking, là le coach, Brunoi Metsu nous dit de ne pas rentrer chez nous, car … il y a entraînement !

Un adversaire ?
Plutôt un derby alors, les derbys Sedan – Charleville, des matchs âpres à jouer, à l’époque, c’était les années 90, y’avait beaucoup d’engagement. J’ai fait les deux clubs en plus, alors…

Un stade ?
Le stade Emile-Albeau de Sedan, maintenant, il n’existe plus, car le stade Louis-Dugauguez a été construit à sa place. Je suis un peu nostalgique, oui, c’était un vieux stade, les gens étaient debout, sur les gradins, en pourtour, on a y a vécu une montée en Division 1 et une demi-finale contre Le Mans extraordinaire en Coupe de France (4-3 après prolongations en 1999 puis défaite en finale 1 à 0 contre Nantes au Stade de France). On a des souvenirs extraordinaires dans ce stade.

Un match référence ?
Non, j’étais assez régulier, j’avais une certaine moyenne, des fois je descendais en dessous (rires !).

Le club où tu as failli signer ? Au Mans ! J’étais allé faire un essai là-bas, c’était la seule fois que je partais des Ardennes, y’a avait énormément de monde, j’avais été surpris. Ils étaient en D2.

Farid Fouzari, l’entraîneur

Meilleur souvenir de coach ?
La première année avec Sedan, comme adjoint de Patrick Remy, on a eu la réussite de monter en Division et de faire la finale de la coupe de France.

Pire souvenir ?
La descente en Ligue 2 avec Sedan, en 2007, j’étais à la formation, Dominique Bathenay avait repris l’équipe, le club m’avait rappelé pour être adjoint.

Meilleur joueur sous tes ordres ?
Plusieurs joueurs m’ont surpris en élevant leur niveau de jeu, je pense à ceux de Sedan à la fin des années 90, qui ont joué en National puis en Ligue 2 et en Ligue 1, les Cédric Mionnet, Madjid Adjaoud, Cédric Elzéard, Pierre Deblock, etc. Je jouais avec eux l’année d’avant mon premier poste d’adjoint. Bruno Metsu était parti à Valence et le président Pascal Urano m’a proposé de travailler avec Patrick Remy. Je sortais d’une année compliquée, je n’étais plus compétitif. Je n’ai pas retrouvé mon joueur, donc j’ai accepté de suite le poste.

Un rituel de coach ?
Oui, j’aime bien faire mes causeries le matin du match.

Un coach avec qui tu pourrais partir en vacances ?
Avec Patrick (Remy), je suis resté en relation avec lui, on s’est vu y’a un mois et demi, c’est celui celui qui m’a fait démarrer.

Un coach avec qui tu ne partirais pas en vacances ?
Je n’en ai pas, j’ai été adjoint de beaucoup d’entraîneurs au début de ma carrière, Dominique Bathenay, Serge Romano, Landry Chauvin, Jean-Guy Walemme, Jean-Marc Pilorget, Laurent Guyot, même si avec Guyot, je n’étais pas vraiment son adjoint. C’était particulier.

Un modèle de coach ?
J’observe, j’aime ce que fait Bielsa, sa façon de faire, ses modulations tactiques. J’aime le football anglais. J’adore ce championnat, où c’est l’efficacité avant tout, qui alterne le jeu court et le jeu direct.

Un style de jeu ?
J’ai un système preférenciel, en 4-4-2, parce que j’ai commencé dans c système avec beaucoup de réussite à Sedan ! Mais je ne suis pas figé.

Un club ?
Canet-en-Roussillon, mon club actuel.

Un stade ?
Albeau, et le Stade de France. La première finale de coupe de France là-bas, avec Sedan, waouh, ca m’a marqué !

Un match référence ?
Oui, à Istres, en National 3, avec l’Athlético Marseille, juste avant mon arrivée à Canet. On est 2e, ils sont 1ers, et on va gagner chez eux avec un score… et une prestation très élevée, on gagne 7-0, et compte tenu des soucis extra-sportifs que l’on avait à ce moment-là, c’est marquant (son club avait finalement terminé 1er de son championnat avant de se voir refuser l’accession en N2 et d’être rétrogradé en Régional 2).

Pire match ?
Un match de championnat avec Charleville à Marseille, lors de la deuxième saison de l’OM en D2, je n’ai jamais vu un match aussi long et pénible, on était archi-dominés, ça durait 2 jours, le ballon revenait sans cesse, on prenait des vagues, on a perdu 4 à 0 (en novembre 1995). Pénible.

Le club où tu as failli signer ?
Je ne dirais pas les noms, mais j’ai eu des contacts pour entraîner plus haut mais il me manque le diplôme pour entraîner en pro … Je me suis inscrit l’an passé mais je n’ai pas été pris. C’est comme ça. Je vais refaire ma demande, aller aux tests.

Le club que tu rêverais d’entraîner ?
Un club anglais !

Qu’est-ce qui t’a manqué pour durer en National ?
J’ai peut-être été trop « club » parfois, quand j’étais adjoint, j’aurais peut-être dû partir pour passer mes diplômes, à ce moment-là.

Farid Fouzari, dans la vie de tous les jours

Joueur préféré ?
Un de mes joueurs actuels à Canet, mais je ne vous dirais pas lequel !

Ton match de légende ?
Les matchs de l’équipe de France avec le quatuor que j’adorais, Fernandez-Platini-Tigana-Giresse.

Une idole de jeunesse ?
Mickaël Jackson ! Rien à voir avec le football !

Place Ducale à Charleville ou château de Sedan ?
Place Ducale quand même !

Tes occupations en dehors du foot ?
J’aime bricoler, c’est mon père qui m’a appris ça. J’ai même donné un coup de main à une période à Fabrice Jacquier qui est couvreur maintenant. Sinon, les balades, le cinéma.

Un plat ? Une boisson ?
Le couscous de ma mère. Et je vais dire de l’eau, parce que je ne peux pas dire autre chose, mais mes amis savent ce que j’aime bien boire (rires) !

Une couleur ?
Bleu.

Cinéma ?
Les films d’aventure, d’action.

Une devise ?
Il n’y a que le travail qui paie.

Ce que tu détestes par-dessus tout ?
Les gens hypocrites. Moi je suis franc, alors… Je « perds » des joueurs parfois parce que je ne leur vends pas du rêve en leur disant qu’ils seront titulaires, je ne trouve pas ça honnête.

Ta plus grande fierté ?
Mes parents, ma famille.

La chose la plus importante pour toi dans la vie ?
Etre soi-même, mais c’est de plus en plus dur aujourd’hui !

Texte : Anthony BOYER / Mail : aboyer@13heuresfoot.fr / Twitter : @BOYERANTHONY06

Photos : DR et Canet RCF