L’entraîneur de Nîmes Olympique (Ligue 2), en déplacement ce soir à Quevilly Rouen, évoque à la fois sa carrière de joueur, essentiellement  construite en National, et celle d’un entraîneur professionnel à Istres (adjoint en National et en L2), Marseille-Consolat (Nat), Sedan (N2), Châteauroux (L2) et, depuis janvier dernier, chez les Crocodiles.

C’est dans le bus menant du côté de Rouen que Nicolas Usaï, l’entraîneur du Nîmes Olympique, a accepté de se prêter au jeu du tac au tac hier pour 13heuresfoot.

A la veille de mener ses troupes contre Quevilly Rouen Métropole (11e journée de Ligue 2 BKT ce soir à 19h), le coach nous a fait le plaisir de revenir, à travers de nombreuses questions, sur sa carrière de joueur et aussi celle de coach.

Depuis 2018, Nicolas Usaï (48 ans) a troqué son étiquette d’entraîneur de National pour celle d’entraîneur de Ligue 2 : la Berrichonne de Châteauroux fut d’ailleurs le premier club a lui faire confiance au poste d’entraîneur principal dans le monde professionnel (il avait déjà été adjoint à Istres en Ligue 2). Depuis janvier 2022, il est à la tête du Nîmes Olympique (il avait remplacé Pascal Plancque).

Le natif de Marseille, formé à l’OM, où il a d’ailleurs côtoyé un certain Olivier Echouafni, qu’il retrouvera ce soir sur le banc adverse au stade Robert-Diochon, évoque ses débuts, sa relation au Sud, les hommes qui ont balisé son parcours, sa vision du National, qu’il a très longtemps côtoyé (il a joué à à cet échelon à Cherbourg, Angoulême, Alès, Istres ou encore Valenciennes), et parle de son métier.

Le genre d’échange toujours enrichissants, invariablement passionnant. Et avec le sourire en prime !

Nicolas Usaï, du tac au tac – partie I (le joueur)

« Le National, c’était mon niveau, tout simplement »

Quel est votre meilleur souvenir sportif en tant que joueur ?
Mes années de formation à l’OM. Quatre années qui sont vraiment un très bon souvenir. Mais aussi ma saison en National à Angoulême. J’étais allé au club en reculant, et j’y ai passé une super saison, que de bons souvenirs.

Votre pire souvenir sportif ?
La non-montée avec Istres en 1995-96. On joue la montée toute la saison, et on nous avait retiré quatre points sur tapis vert à quelques journées de la fin.

Le club ou l’équipe où vous avez pris le plus de plaisir ?!
Le FC Istres ! Car j’y ai joué cinq ans, et ensuite, j’y suis revenu pour entraîner.

Le club où tu n’aurais pas dû signer ?
Pas de regrets. J’arrive sur mes 50 ans donc il faut arrêter d’avoir des regrets ! Sincèrement chaque aventure a été enrichissante, tant sur le plan sportif que sur le plan personnel. Parce qu’en National, on ne gagne pas forcément bien sa vie, on part avec sa famille, il y a cet exode, c’est toujours enrichissant sur le plan humain.

Un stade et un club mythique qui vous a marqué pendant votre carrière ?
Le stade Bollaert à Lens.

Un public qui vous a marqué ?
Il y en a trois. Le public des Costières. Quand je suis venu aux Costières avec Istres, c’étaient toujours des matches bouillants. Les trois ambiances les plus chaudes que j’ai connues dans ma modeste carrière en National, c’est à Nîmes donc, c’est Furiani à Bastia, et c’est Mezzavia, face au Gazélec Ajaccio.

Un club où vous avez failli signer ?
J’ai failli signer dans plusieurs clubs. D’ailleurs au Gazélec Ajaccio, en tant que joueur puis comme entraîneur; ça, ça reste un regret. Et un autre club où j’ai failli signer, c’est à Louhans-Cuiseaux, avec à l’époque Philippe Hinschberger comme entraîneur. Et j’ai failli signer aussi à Dijon, ça ne s’est pas fait, je ne sais pas pourquoi ! Philippe Hinschberger, c’est quelqu’un avec qui on s’appelait pendant la période de confinement, une très bonne personne humainement.

Un coéquipier avec qui vous vous entendiez bien en dehors du terrain ?
Oui, il y a plusieurs personnes que j’ai rencontrées pendant ma carrière qui sont devenues des proches. Madjid Adjaoud, l’entraîneur adjoint de Sedan, Miguel D’Agostino, l’entraîneur adjoint de Mauricio Pochettino, avec qui j’ai a joué à Angoulême, que j’ai encore eu la semaine dernière au téléphone. Après j’ai eu des tas de partenaires avec qui j’ai passé des bons moments, comme David Romo à Cherbourg, qui est devenu un de mes meilleurs amis. Le football, c’est ça aussi, une aventure humaine.

Le coéquipier qui vous a le plus impressionné, qui était au-dessus de la mêlée ?
Julien Féret. A Cherbourg en National. Il était d’une finesse technique… Il était jeune, il sortait du Stade Rennais, il était venu à Cherbourg quand on était en National, c’était avec Patrice Garande comme entraîneur. J’adorais ce joueur. Il jouait couloir gauche, je jouais latéral gauche, c’était un vrai plaisir de jouer avec lui.

Qui est le joueur le plus connu de votre répertoire ?
Naby Keita (aujourd’hui à Liverpool, ndlr, passé par Leipzig, notamment). C’était à Istres. Il était arrivé à Istres à 16 ans, du Mans, sans papiers, un joueur de talent.

C’est sûr que quand vous dédoubliez, la balle arrivait dans les pieds lors des montées !
Ah oui, là c’était propre !

Passons du coup aux adversaires, celui qui vous a le plus impressionné ?
Sans hésitation, Franck Ribéry, contre Brest, en National. Je l’ai croisé, j’ai joué deux fois contre lui. Il était déjà au-dessus, le joueur qu’on connaît. Avec beaucoup de caractère.

Un coéquipier perdu de vue que vous aimeriez revoir ?
Il y en a quand même pas mal… Mais je dirais Patrice Scrimenti au VAFC. C’était un joueur qui jouait à Valenciennes depuis des années, mais c’était aussi un sudiste, qui avait été adorable pour m’accueillir moi et ma famille. Je n’oublie pas la gentillesse de Patrice.

Une causerie de coach marquante qui vous vient en tête ?
Je n’en ai pas une en tête précisément. Mais les causeries de René Le Lamer à Istres. Il avait un paper-board de 30 pages. C’était quelqu’un de très carré.

Une anecdote de vestiaire que vous n’avez jamais racontée ?
Ouh là, il y a des horreurs ! Donc il y a des choses que je ne pourrai jamais raconter ! J’ai le souvenir d’une anecdote dans le vestiaire, ma première année à Istres, avec Madjid Adjaoud, on avait un tout petit salaire, on habitait à Marseille, et on faisait les allers-retours. Et généralement, quand on jouait à l’extérieur et qu’on avait décrassage, on dormait dans le vestiaire ! Une fois on a été réveillés par le coach le lendemain qui arrivait… Il nous a dit « mais qu’est-ce que vous faites-là ?! » et on a été obligés d’avouer qu’on dormait tout le temps sur les bancs du vestiaires en déplacement.

Autre truc de vestiaire, est-ce que vous aviez des rituels, des tocs ?
Ouais, c’était même trop avec le recul, avec l’âge… Si j’en vois un faire autant que ce je faisais, je l’envoie chez un psy pour être suivi quoi ! Je faisais toujours pareil. C’étaient les mêmes choses, les veilles de matches, les repas, le coucher, l’heure du coucher, la préparation, le rituel des crampons, c’était même trop, j’en devenais esclave, je m’en suis aperçu avec le recul.

Quelles étaient vos qualités et vos défauts sur un terrain ? Quel joueur étiez-vous ?
Je n’avais pas de très grandes qualités sur le plan technique, par contre j’étais assez teigneux, assez méchant. J’avais le sentiment de me transformer, mais tout simplement parce que j’étais conscient que je n’avais pas des qualités supérieures aux autres. J’étais un besogneux quoi, un besogneux qui était conscient de la chance qu’il avait de vivre de sa passion. Il fallait en « mettre ». De temps en temps j’en « mettais » peut-être un peu trop. Et j’ai pris pas mal de cartons !

Qu’est-ce qui vous a manqué pour jouer en L2 (il a joué en National toute sa carrière, à Cherbourg, Angoulême, Alès, Istres ou encore Valenciennes) ?
J’aurais pu jouer en Ligue 2 à Toulon, par exemple. Mais sincèrement, le National, c’est un très bon championnat et je suis fier d’y avoir joué 10 ans, et si j’y ai joué autant, c’est que c’était mon niveau, tout simplement.

Un match de légende qui vous a donné la passion du football ?
La finale de la Ligue des Champions 1993, Marseille contre le Milan AC, à Munich !

Vos idoles de jeunesse ?
Diego Maradona, j’en suis fan. Et puis mon modèle absolu c’était Éric Di Meco, tout simplement car j’ai grandi à l’OM, avec la génération des minots, et que j’allais voir au stade.

Quelle est votre plus grande fierté en tant que joueur ?
Si j’ai pu être le coach que je suis aujourd’hui, c’est aussi grâce au National. Partir, l’aventure humaine, ne pas avoir de gros salaires… Par contre, on s’enrichit sur le plan humain. Je pense que l’entraîneur que je suis aujourd’hui s’est passionné à travers le championnat de National.
Ma plus grande fierté sincèrement, c’est je n’étais pas destiné à vivre du football comme joueur. J’ai été formé à Marseille, j’étais accroché à ce club, et je voulais simplement rester au club pour entraîner les jeunes de l’OM. Et donc, finalement, j’ai pu jouer en National. Ce dont je suis fier c’est l’abnégation que j’ai eue pour rester ne serait-ce qu’à ce niveau-là, ce qui m’a permis aussi de passer mes diplômes d’entraîneur, et devenir entraîneur. Le truc, c’est que je prends plus de plaisir dans ma vie d’entraîneur que de joueur. C’est plus important pour moi. Le sentiment que j’ai, c’est que ma vie de joueur, ça a été simplement une chrysalide pour devenir l’homme que je suis aujourd’hui.

Nicolas Usaï, du tac au tac – partie II (le coach)

« Consolat a été très important pour moi ! »

Avec Marseille-Consolat, il a terminé 4e en National en 2016, à 1 point de la Ligue 2. Photo Philippe Le Brech

Votre meilleur souvenir sportif en tant que coach ?
La montée avec Istres en Ligue 2. C’était ma deuxième ou troisième année comme coach, lors de la saison 2008-2009 ! Sur le plan humain, c’était un bon souvenir.

Votre pire souvenir ?
La non-montée en Ligue 2 avec Marseille Consolat (en 2015-2016, le club marseillais a terminé 4e après avoir longtemps figuré dans le trio de tête, à 1 point du 3e, Amiens, promu).

Un stade et un club mythique qui vous a marqué pendant votre carrière ?
Bollaert, quand j’y suis allé avec Châteauroux.

Le club où vous avez pris le plus de plaisir ?!
Eh bien c’est avec Consolat. Tout simplement car c’est un club qui a été très important pour moi dans ma trajectoire. On était dans le dur, dans le très très dur. Pareil, j’ai rencontré des gens importants pour moi, et même si la cicatrice de la non-montée ne partira jamais, ça reste une aventure magnifique. Consolat, ce n’est même pas un quartier, c’est une cité. C’est que des bons souvenirs. J’ai fait des rencontres magnifiques là-bas. Consolat, c’est un stade qui donnait mal à la tête aux adversaires, adossé à l’autoroute, avec un terrain pas terrible. C’est un club qui avait une grosse signification pour beaucoup de personnes.

Photo Nîmes Olympique

Le club que vous rêveriez d’entraîner ?
Sincèrement je suis très très bien à Nîmes. Mais le club que je rêverais d’entraîner, ce n’est pas difficile de le trouver… C’est Marseille !

Le club où vous n’auriez pas dû signer ?
Aucun !

Le club où vous avez failli signer ?
J’ai eu des entretiens avec Quevilly Rouen et Grenoble, l’année dernière, juste avant de signer à Nîmes.

Qui est votre modèle de coach ?
Comme beaucoup de monde, je suis admiratif des très grands coaches : Jurgen Klopp, Pep Guardiola… Après il y en a qui sont inspirants, je vais reparler de René Le Lamer à Istres qui m’a beaucoup marqué, José Pasqualetti, avec qui j’ai travaillé, mais le truc avec les entraîneurs c’est qu’on ne peut voir que la partie immergée de l’iceberg. La façon dont ils jouent. On n’est pas dans leur intimité. Quand je passais mes diplômes, j’ai beaucoup aimé Mauricio Pochettino à Tottenham, sa relation avec son staff, avec beaucoup de chaleur humaine. Et puis il y en a un que j’aime énormément, c’est Marcelo Bielsa.

Un président qui vous marqué ?
Bertrand Benoît à Istres, aujourd’hui décédé. Et à Consolat, Jean-Luc Mingallon.

Un coach perdu de vue que vous aimeriez revoir ? 
Hervé Goursat, à Angoulême.

Un coach que vous n’avez pas forcément envie de recroiser ?
Non… Au moment où j’ai été joueur, il y a un coach que je ne pouvais pas encadrer, mais avec le recul et maintenant que je connais le métier, je me rends compte que j’étais un petit con.

Le coach le plus connu de votre répertoire ?
Patrice Garande. Et mon tuteur au BEPF, Philippe Montanier. Je crois qu’on échange au moins une fois par semaine. Un coach capital pour moi, une personne très compétente, très humaine, qui est pour moi une source d’inspiration.

Vous êtes un coach plutôt… 
Responsabilisant. Je pars du principe qu’il faut faire confiance au groupe. Je suis aussi exigeant, bienveillant… Mais c’est difficile de parler de soi. Après, ce que je sais, c’est que j’ai une vraie passion pour ce métier-là, pour le métier d’entraîneur, le fait de manager un groupe de personnes aux ambitions diverses et variées.

Quelle est votre philosophie de jeu, votre style ?
De manière utopique, la possession. Mais il y a une chose importante, c’est le rapport de force, la confrontation avec l’adversaire. Chaque entraîneur fait également avec les moyens qu’il a.

Votre match référence avec vous sur le banc ?
Peut-être avec la Berrichonne, contre Lens. Malheureusement, quinze jours après, Philippe Montanier se fait débarquer. On gagne 3-2.

Pour conclure, le milieu du foot, en deux mots ?
C’est un reflet de la société. Avec du bon, du mauvais, des rencontres diverses et variées. C’est aussi un microcosme, où moi je me sens très bien. Certains critiquent ce milieu, car il paraît un peu opaque, mais on y rencontre des très belles personnes, d’autres moins.

Samedi 8 octobre 2022, Ligue 2 BKT (11e journée) : Quevilly Rouen Métropole – Nîmes Olympique, à 19 heures, au stade Robert-Diochon.

Texte : Clément Maillard / Mail : contact@13heuresfoot.fr / Twitter : @MaillardOZD

Photos de couverture : Philippe Le Brech

Photos : Philippe Le Brech, DR et Nîmes Olympique

 

 

L’ancien buteur de Saint-Etienne, Caen et Montpellier ne fait plus partie du projet N2 du Hyères 83 FC : il vient d’être licencié de la SASP. Avant de se remettre sur le marché, il revient sur sa carrière sur et en dehors des terrains, durant laquelle il a « mis les mains dans le cambouis ! » Entretien.

Pour connaître et comprendre Lilian Compan, rien de plus simple : tapez « Lilian Compan, que la fête commence » sur YouTube, et vous verrez ! Vous verrez que, dans cette vidéo de près de 4 minutes qui compile quelques-uns de ses buts (il n’y sont pas tous, il en a inscrits plus d’une centaine entre la L1 et la L2 !), il existe un style Compan. Une touche. Une marque de fabrique. Tellement révélatrice de son caractère.

« Je n’ai jamais rien lâché »

Photo Hyères 83 FC

C’est simple, tous ses buts se ressemblent plus ou moins. Aucun n’est facile. Et à chaque fois, on voit Lilian tomber, se relever, plonger, accélérer, sauter, courir, trébucher. En un mot, on le voit S’arracher. Et ça, c’est tellement révélateur ! « C’est tout moi, oui (rires), concède l’ancien attaquant des Verts; Mais c’est toute ma carrière qui est « à l’arrache », depuis le début ! Mes buts reflètent vraiment ma personnalité. Je n’ai jamais rien lâché ! »

Lilian Compan ne lâche jamais. Ce sont les autres qui le lâchent ! Ou plutôt plutôt la SASP du Hyères 83 FC. Vendredi dernier, l’ancien avant-centre de Saint-Etienne, Caen et Montpellier, clubs avec lesquels il a eu le bonheur de connaître trois accessions de Ligue 2 en Ligue 1, a reçu un courrier recommandé de son président, Mourad Boudjellal, qui lui a signifié son licenciement du poste de directeur sportif du National 2.

L’aventure hyéroise du Hyérois de naissance, commencée à l’été 2018, lorsque l’ancienne direction lui a donné les rênes de l’équipe de N2, est donc terminée. Ou presque. S’il n’a plus aucune fonction au sein de la SASP constituée et présidée par l’ancien boss du Rugby-club Toulonnais, Lilian conserve son poste de directeur technique de l’association, qu’il occupait déjà en parallèle.

Au club, les relations étaient inexistantes entre lui et Karim Masmoudi, le nouvel entraîneur arrivé cet été en remplacement de Hakim Malek, son successeur en septembre 2021. Vous suivez ? Non ? Rassurez-vous, vous n’êtes pas les seuls.

Cannes, Cannes-la-Bocca, Saint-Etienne…

Sous le maillot de l’AS Cannes, en 2010. Photo S. H.

Aujourd’hui, Lilian est apaisé. Il va se consacrer à l’asso, attendre quelque temps avant, peut-être, de rebondir ailleurs. Dans quel rôle ? L’intéressé lui-même ne le sait pas. Il faut dire que depuis qu’il a mis un terme à sa carrière de joueur à l’AS Cannes en février 2012, dans le club qui l’a vu débuter en Division 1 la même que sa victoire en Gambardella, en 1995, il a multiplié les expériences : c’est bien simple, il a déjà touché à (presque) tout !

Son premier poste ? Entraîneur des U17 Nationaux de l’AS Cannes. Puis, en 2014, il dirige sa première équipe seniors, en DHR (Régional 2), à l’US Cannes-la-Bocca. « En fait, il fallait que je patiente avant de retourner à Saint-Etienne, alors j’ai accepté ce poste. Je voulais vivre quelque chose, une aventure. Attention, c’était dur mais ça m’a apporté plein de choses, c’était enrichissant. Je suis tombé dans l’affection avec certains même. C’était mieux de faire ça plutôt que de ne rien faire. A La Bocca, j’ai mis les mains dans le cambouis ! »

En 2015, c’est le début d’une nouvelle aventure à Saint-Etienne, « son » club, celui où il a vécu ses plus belles heures. D’abord dans un rôle de recruteur PACA pour le centre de formation, où il rédige des rapports pour Bernard David, le directeur, avant de devenir l’entraîneur des attaquants. « Au début, j’allais à Sainté’ trois jours par semaine, et puis je me suis à nouveau installé là-bas ».

Entraîneur puis directeur sportif à Hyères

Photo Hyères 83 FC / HDS

En 2016, il devient l’adjoint de Laurent Batlles avec l’équipe réserve de l’ASSE en N2 (2016) puis coach principal des U19 Nationaux en 2017. Et ce n’est pas tout : il anime même des « spécifiques » pour les attaquants avec la Ligue 1 sous l’ère Christophe Galtier. Formateur.

Mais l’appel du Var est plus fort que tout ! En juin 2018, il est nommé entraîneur de Hyères : « J’ai fini 7e, 9e puis à nouveau 7e en 2021. Honnêtement, avec peu de moyens, on a réussi trois maintiens, c’est une performance. Mais le club n’était pas attractif. Il n’avait pas d’autre ambition que le maintien. Je me suis mis à la recherche de partenaires et la piste Mourad Boudjellal est arrivée, indirectement, par mon biais. »

L’ex patron du RCT lui fait dans un premier temps confiance, avant de lui retirer la responsabilité de l’équipe après cinq matchs de championnat et une défaite à domicile contre Martigues (0-1), pour un bilan de 5 points sur 15 possibles. « J’ai proposé au président de devenir directeur sportif. Avec Hakim Malek, mon successeur, on a appris à se connaître, ça s’est bien passé, on remonte au classement, on a fait du bon boulot je pense. Je voulais rester dans la continuité avec lui. Mais l’été dernier, le président a décidé de tout changer. »

Treize mois plus tard, donc, c’est le licenciement : « Je suis très déçu de la la façon dont ça se termine, comme ça, par lettre recommandée, sans me l’annoncer directement. Mais je suis soulagé. Le coach, Karim Masmoudi, ne voulait pas travailler avec moi, que vouliez-vous que je fasse ? Pour l’heure, je reste à mon poste de directeur technique à l’association. J’y suis très bien et ça se passe bien. Mais je me donne jusqu’à janvier et après on verra si je me remets sur le marché. Je veux me laisser un peu de temps. »

Lilian Compan, du tac au tac

« J’aimerais bien revoir Guy Lacombe »

Meilleur souvenir sportif ?
La montée avec Saint-Etienne de Ligue 2 en Ligue 1.

Pire souvenir sportif ?
Ma fracture du tibia pendant le derby Lyon – Saint-Etienne. Avec Cris… Je l’ai retrouvé quand j’étais à la tête de Hyères en N2 et on a affronté son équipe, GOAL FC à l’époque, et ça s’est très bien passé, on en a parlé, c’est un super mec. On en avait déjà parlé au téléphone. C’est le foot.

Ton plus beau but ?
Euh… Mon plus beau but ? A L’arrache (rires) ? Saint-Etienne – Sochaux en demi-finale de la coupe de la Ligue. Celui-là je suis allé le chercher très très haut ! On avait 3-2 aux prolongations.

Ton plus beau loupé ?
C’est contre Saint-Etienne en plus, avec Caen, et on m’a déjà demandé si je n’avais pas fait exprès ! Centre d’Anthony Deroin, je suis à 50 cm devant la ligne, je la mets au-dessus. Voilà !

Ton geste technique préféré ?
J’adore la bicyclette pied gauche, et je suis droitier !

Le club ou l’équipe où tu as pris le plus de plaisir ?!
J’ai vraiment pris un pied énorme à Caen, ça attaquait tout le temps, cette saison-là, on a battu ou on n’a pas été loin d’égaler le record du nombre de buts marqués je crois. Dans les 70 buts. Avec Franck Dumas, on ne faisait qu’attaquer.

Le poste d’entraîneur où tu as pris le plus de plaisir à ce jour ?
C’est différent, forcément, du poste de joueur, en plus, j’ai fait les jeunes, des équipes premières, des réserves… Tout est très différent mais où j’ai pris le plus mon pied c’était quand même quand j’étais à la tête de Hyères en National 2, même si c’était très difficile et très stressant. La compétition m’a rappelé certains souvenirs.

Un stade et un club mythique ?
Geoffroy-Guichard, Saint-Etienne. Après, y’a d’autres stades qui résonnent énormément, Lens, le Parc des Princes, mais Marseille à mon époque ça ne résonnait pas trop.

Le club où tu as failli signer ?
Y’en au eu, notamment à l’étranger ! J’aurais bien voulu jouer à l’étranger ! A 17 ans, j’ai failli signer à la Juventus de Turin, quand j’étais à Cannes. J’ai failli signer à la Sampdoria de Gênes quand j’étais à Auxerre et quand j’étais à Caen, j’ai failli aller aux Queens Park Rangers.

Le club où tu aurais rêvé de jouer ?
Barcelone ! Mais je n’avais pas le niveau.

L’erreur de casting ?
Auxerre. J’étais jeune, international espoirs, on en a reparlé après avec Guy Roux, je ne lui en veux pas, même lui, il était content de voir la carrière que j’avais pu faire ensuite. J’ai su rebondir après Auxerre même s’il m’a mis des bâtons dans les roues mais je ne suis pas rancunier, je respecte l’homme.

Un coéquipier ?
C’est difficile. Celui que je connais depuis très très longtemps, avec qui on a fait nos gammes ensemble, à Cannes, c’est Romain Ferrier. On est toujours en contact. Je citerais aussi Benoît Costil.

Le joueur avec lequel le feeling est le mieux passé sur le terrain ?
Sans se regarder, avec Mickaël Marsiglia, on était capable de faire des choses très faciles, à Cannes, chez les jeunes. J’ai retrouvé ça ensuite avec Benjamin Nivet : j’ai eu la chance de jouer avec lui à Auxerre, Châteauroux et Caen. Pareil. Sans se regarder, on se trouvait !

Le joueur qui t’a le plus impressionné ?
Ronaldinho au PSG et sinon Patrick Vieira, dont j’ai été le coéquipier. Et beaucoup d’autres !

Le défenseur que tu n’aimais pas croiser ?
Cris en faisait partie, très agressif et très chiant sur l’homme. Mais je dirais Emir Spahic, de Montpellier, et je suis content de ne pas avoir joué contre lui puisque nous étions coéquipiers !! C’est un animal. Il ne te lâchait pas ! Je n’aurais pas aimé l’avoir sur le dos.

Un coéquipier perdu de vue que tu aimerais revoir ?
Yohan Eudeline, qui est à Caen aujourd’hui (il occupe le poste de directeur sportif).

Un coach perdu de vue que tu aimerais revoir ?
Antonetti, Courbis, même si je suis en contact de temps en temps, Dumas, aussi. Mais celui que j’aimerais bien revoir, c’est Guy Lacombe. C’est lui qui m’a lancé en D1.

Le coach que tu n’as pas envie de revoir ?
Jean-Marc Pilorget. C’était à la toute fin de ma carrière. Le club venait d’être rétrogradé en N2 et il était arrivé à Noël, en remplacement de David Guion. On n’a pas eu de relation. En fait, je me blessais souvent. J’allais sur mes 36 ans. Je lui avais demandé de gérer un peu ma semaine, pour répondre présent le week-end, mais il m’a dit qu’il voulait des mecs à fond toute la semaine. Bon. J’ai dit OK, sachant que je pouvais me blesser, et je me suis blessé… C’est juste ça en fait. ça n’a pas matché.

Le président qui t’a marqué ?
J’ai eu des présidents exceptionnels mais y’en a un qui est au-dessus, quand même, c’est Louis Nicollin.

Une causerie de coach marquante ?
Courbis. Dans l’envie, dans la motivation. Dans la prévision des événements, on aurait dit qu’il anticipait les choses. C’était pas forcément dans les choix tactiques mais plutôt dans la motivation et la détermination. C’était exceptionnel.

Une devise ?
Lâche rien. Comme on l’a déjà évoqué, ma vie ça a toujours été ça, ça a toujours été à l’arrache, je suis quelqu’un qui n’a jamais lâché. J’essaie de rester moi-même, humble. Il faut toujours croire en soi et aller au bout de ses idées.

Le joueur le plus connu de ton répertoire ?
Forcément, des internationaux de l’époque, Vieira, Zidane, Henry, Trézéguet… J’en ai côtoyé certains en équipe de France jeunes et espoirs.

Des rituels, des tocs ?
Oui, un attaquant recherche toujours quelque chose pour se mettre en confiance, moi je faisais des trucs bizarres, je touchais quelque chose, je mettais un truc dans la chaussure, et dès que ça marchait, je recommençais.

Qualités et défauts sur un terrain ?
Je n’avais pas les plus grosses qualités physiques et techniques sur le terrain par contre j’étais régulier dans tout. Je dirais ma grosse qualité de jeu de tête et mon timing. J’avais aussi une bonne finition, j’avais le feeling, je sentais le but, et j’ai réussi, tout seul, à développer cette envie de marquer, cette sensation de marquer un but qui est un grand manque aujourd’hui. J’étais impulsif aussi, avec le recul je me dis que j’étais gaga (!), mais mon principal défaut, c’était le manque de vitesse.

Tu étais un joueur plutôt …
C’est compliqué ton truc ! Euh.. finisseur.

Tu es un conseiller gestion en patrimoine plutôt…
Proche des joueurs.

Ta philosophie de jeu, c’est quoi ?
J’aime le jeu. Par contre, je veux bien attaquer, mais tactiquement, j’aime avoir des équipes en place sur le plan défensif. C’est dans les valeurs du club. Il faut garder cela. Je voulais apporter une touche offensive en arrivant mais je me suis aperçu qu’on n’avait pas les moyens de le faire alors je m’en suis remis à ce que l’on faisait avant, je pense que j’ai bien fait, sinon je me serais peut-être « viandé ». Par le jeu, on a quand même essayé de faire des belles choses, de créer, tout en gardant un gros bloc.

Ta plus grosse prime de match, tu t’en souviens ?
Montpellier, quand on est monté. Nicollin nous a gâtés.

Ton premier match en Division 1 ?
A Coubertin, avec Cannes, contre Bastia. J’ai dû rentrer dans le dernier quart-d’heure. En février 1995. On gagne 2 à 1. C’est Guy Lacombe qui me lance.

Mon dernier match en L1 ?
PSG-Montpellier au Parc, et je marque, et je pars après à Cannes en National (NDLR, le 15 mai 2010, 38e et dernière journée de Ligue 1, victoire 3-1 de Montpellier).

Ton premier but en Ligue 1 ?
Je ne m’en souviens pas. (NDLR : Martigues – Cannes, en décembre 1995).

Un match de légende ?
OM-Milan en 1991, en 1/4 de finale retour de la Ligue des Champions, avec le but de Waddle.

Un modèle de joueur quand tu étais gamin ?
Quand j’étais petit, Michel Platini, j’avais d’ailleurs effectué des stages à Saint-Cyprien, près de Perpignan, puis un peu plus tard, j’adorais Christian Vieri, à l’Inter Milan. Il lâchait rien, il me stimulait.

Une idole de jeunesse ?
Une idole non, mais j’admire Messi. J’allais souvent voir le Barça jouer. Je pense que c’est le meilleur joueur de l’histoire du football.

Ta plus grande fierté ?
D’être resté la personne que j’étais quand j’étais enfant. Quant à ma carrière, je suis fier de ce que j’ai fait, bien sûr j’aurais pu faire mieux, mais je suis resté moi-même, je suis droit et j’ai des valeurs.

Le milieu du foot…
Fermé et très compliqué.

Joueur, Lilian Compan a porté les maillots de l’ASPTT Hyères, Hyères FC, AS Cannes, AJ Auxerre, La Berrichonne de Châteauroux, US Créteil, AS Saint-Etienne, Stade Malherbe de Caen et Montpellier HSC.

Texte : Anthony BOYER / Mail : aboyer@13heuresfoot.fr / Twitter : @BOYERANTHONY06

Photos : Hyères 83 FC, HDS, SH et DR

Le gardien international malien, formé à Metz, n’a pas hésité à quitter le monde pro pour filer en N3 à Besançon il y a 2 ans. Un choix sportif payant puisque le club du Doubs a accédé en N2 cette saison.  Rencontre.

Oumar Sissoko n’a pas de limite. A 35 ans, le portier formé au FC Metz, passé notamment à l’AC Ajaccio, Orléans ou encore Le Havre, poursuit aujourd’hui sa route aujourd’hui Racing Besançon, club tout juste promu en National 2. Après une carrière riche qui l’a conduit en Ligue 1, en Ligue 2 et en sélection nationale avec le Mali, le natif de Montreuil (Seine-Saint-Denis) a pris, par la force des choses, la décision d’évoluer au niveau inférieur. Rien de déshonorant selon l’international malien. C’est juste que, parfois, il faut se rendre à l’évidence et ne pas hésiter à descendre d’un cran. Pour mieux rebondir ?

Rencontre pleine de franchise avec le gardien au CV bien garni, qui s’est résolu à quitter le monde professionnel il y a désormais 4 ans pour (re)découvrir le milieu amateur, d’abord à Fréjus/Saint-Raphaël, en National 2, et donc à Besançon depuis deux ans, en National 3 tout d’abord, et enfin en National 2 puisque le club de la préfecture du Doubs est monté en mai dernier, avant de décrocher son premier succès de la saison 2022-2023 samedi dernier, face à Sainte-Genviève-des-Bois (3-2). Il le fallait, car le départ des joueurs de David Le Frapper avait été poussif (trois défaites pour commencer puis deux nuls) !

Oumar, après deux saisons au Havre (Ligue 2), tu prends la décision, en 2019, de partir en National 2. Pourquoi ce choix ?
Après un passage difficile au Havre, avec ces deux années ou je n’ai pas joué, je devais trouver un nouveau projet, retrouver les terrains et surtout le plaisir. Olivier Frapolli, l’entraineur de Boulogne-sur-Mer, m’appelle à ce moment-là, on a discuté, mais sur le plan financier ce n’était pas possible à cause de mon expérience professionnelle, et ça ne s’est pas fait. Puis après deux ou trois mois sans club, Fréjus/Saint-Raphaël (N2) me contacte et me propose un projet de montée en National. On était déjà en contact la saison précédente, et j’ai signé.

Finalement, tu subis la première vague Covid-19 là-bas ?
Oui, c’est bien ça. Le plus important pour moi était de retrouver un club avec des ambitions et reprendre confiance après ces deux années sans jouer au Havre, hormis les quelques matchs avec la réserve. Je voulais juste retrouver mon niveau. Malheureusement, à Fréjus, la saison a été arrêtée à cause de la situation sanitaire, ça n’a pas été facile. Durant cette période, Jeremy Guyen, le directeur sportif de Besançon, m’a contacté, il m’a clairement dit qu’il tentait sa chance (rires). Il m’a dit aussi que j’étais sur ses tablettes, m’a présenté le projet sportif du club, qui évoluait alors en National 3. Je partais dans l’optique de retrouver les terrains, préparer aussi ma reconversion. Besançon avait tous les aspects positifs pour moi.

« Je voudrais me spécialiser dans la formation de gardiens de but »

Passer du monde pro au monde semi-pro/amateur, ça implique aussi des sacrifices financiers ?
Financièrement, tu es obligé de faire un sacrifice, c’est sûr. Le plus important pour moi était le côté sportif, de jouer la montée également avec le Racing. Le club a fait un sacré effort financier, moi aussi, mais on s’est entendu. Le but était de travailler sereinement aux entraînements, de jouer, sans me dire « comment je vais payer mon loyer ? » Je ne suis pas un dépensier, ça va (rires). Le sportif avant tout.

Quel est le projet du club actuellement ?
L’objectif de l’accession en National 2 a été atteint, maintenant le plus important sera le maintien. On vient de monter, on va construire petit à petit, on ne va pas avoir la prétention de dire qu’on peut monter en National, tout en sachant qu’il y a la nouvelle réforme des championnats, avec les nombreuses descentes. Il faudra être très prudent.

Tu es désormais en N2, gardien titulaire, comment vois-tu la suite de ta carrière ?
Je viens de souffler ma 35e bougie. Au poste de gardien, la carrière peut être un peu plus longue qu’un joueur de champ, je n’ai pas envie d’arrêter, je le ferai quand je ne serai plus performant ou sans club (rires). Je suis dans un club semi-pro, j’optimise mon temps libre en passant mes diplômes. J’ai obtenu mon BEF la saison dernière, je vise le CEGB (Certificat d’entraîneur des gardiens de but) car je voudrais me spécialiser dans la formation du gardien de but. Je n’ai pas pu être inscrit cette année mais je compte le passer la saison prochaine. Quand j’aurai pris la décision d’arrêter ma carrière, je pourrai transiter sans m’arrêter. J’ai aussi ma propre gamme de gants désormais.

Justement, parle nous de ta gamme. Comment est venue cette idée ?
Il y a quelques années, j’ai été contacté sur les réseaux sociaux afin que je puisse lancer ma gamme. J’étais réticent au début puis j’ai réfléchi à un concept. D’abord, j’ai commandé 20 paires de gants pour un usage personnel puis j’ai contacté quelques amis gardiens et coachs afin qu’ils puissent les tester. J’ai eu un super retour de leur part. Je voulais juste proposer de la qualité à un prix plus raisonnable car il faut savoir qu’une bonne paire de gants coûte plus de 100 €. Aujourd’hui, je suis plus que satisfait du produit, je joue avec depuis deux ans et c’est parfait.

Tu as une belle carrière professionnelle : quels sont tes plus beaux souvenirs ?
Quand je passe mes tests à Clairefontaine et que je suis pris, clairement, c’est là que tout commence pour moi. J’ai en tête ma première signature à Metz comme stagiaire professionnel puis dans la foulée, mon premier contrat lors de la saison 2006/2007, l’année où on monte en Ligue 1, c’était fou. Evidemment, il y a mes premières sélections en équipe de France de moins de 17 ans, puis avec l’équipe première du Mali lors de la Coupe d’Afrique des Nations en 2008. Il y a la montée en Ligue 2 avec Orléans aussi en 2016 et celle de Besançon dernièrement, tout ça, ce sont de très bons moments.

Comment as-tu vécu ces premières sélections nationales ?
C’est forcément un honneur. Je suis de la génération 1987, on a été champions d’Europe avec l’équipe de France U17, j’y ai croisé de belles personnes comme Rémi Riou, Benoit Costil, Atem Ben Arfa, Samir Nasri, Karim Benzema. Certains ont réussi, d’autres moins, c’est le jeu. Avec le Mali, j’ai connu la CAN, j’ai pu visiter à nouveau le pays que j’avais connu plus jeune, visiter d’autres terres africaines, c’est important et plaisant.

« On m’a déjà appelé « Pépito », j’ai pris ça au 4e degré ! »

Au cours de ta carrière, tu as dû croiser des joueurs avec un palmarès important. Ce sont de simples collègues ou il y a tout de suite une cohésion d’équipe ?
Dans toute carrière, on joue contre de grands joueurs, que ce soit en club ou en sélection nationale. J’ai eu la chance de côtoyer Seydou Keita, Mamadou Diarra, Mohamed Sissoko, Sadio Mané, Bouna Saar, Samir Nasri entre autres. Forcément, j’ai joué avec des grands noms, mais quand on est plus jeune, on est insouciant. Au début ce sont des collègues, et puis d’autres deviennent des frères même si on est amené à se quitter. On se voit, on passe du temps ensemble, ce sont des vrais amis. On garde contact, sur les réseaux ou par téléphone.

Le rôle de gardien est spécifique, au-delà du poste, tu es à quelques pas des supporters. Comment vis-tu les remarques que tu peux subir ?
C’est déjà arrivé de devoir régler des choses avec les supporters. Parfois on reçoit des propos sur la famille, des propos racistes, en fonction du match ou de l’évolution du score, tu peux parfois bien le prendre, des fois c’est beaucoup plus dur.

As-tu souvent été victime de propos racistes ?
Ça remonte surtout au début de ma carrière. On m’a déjà dit « Pepito », je l’ai pris au quatrième degré, ça m’a plus fait rire qu’autre chose à ce moment-là. En revanche, on entend également des « sale noir » « retourne dans ton pays », si tu fais un bon match ça te passe au-dessus, si tu perds au score ça te touche différemment. Une insulte sur ma mère ou autre c’est de la provocation, une insulte raciste c’est juste là pour te blesser.

Texte : Charlotte Gruszeczka / Mail : cgru@13heuresfoot.fr / Twitter : @chagru59

Photos : Maxime Dubois, Racing Besançon et DR

A 36 ans, le capitaine de l’épopée qui a vu le club de la Sarthe passer du National 3 à la Ligue 2 en trois ans, entre 2016 et 2019, a réussi sa reconversion. Il dirige un cabinet de conseil en gestion de patrimoine. Et garde un oeil attentif sur son ancien club.

Photo Le Mans FC

Au Mans, il n’y a pas de statue de Mamadou Soro, ce n’est pas prévu. Soro, vous savez, l’homme qui a inscrit le but libérateur sur la pelouse du Gazelec Ajaccio, le 2 juin 2019, lors du barrage retour d’accession en Ligue 2.

Ce soir-là, l’Ivoirien est entré dans la légende du Mans FC en propulsant son équipe en Ligue 2. L’avant-centre, qui évolue aujourd’hui au Koweit (à Qadsia SC) après avoir joué en Arabie Saoudite, à Al Shoulla, avait déjà contribué à la montée de N2 en National en 2018 (16 buts en 28 matches !). Pour l’ensemble de son oeuvre, il l’aurait bien méritée, sa statue !

Au Mans, il n’y a pas non plus de statue de Stephen Vincent. Ce n’est pas prévu. Pourtant, l’ex-capitaine a connu quatre saisons et autant de divisions au Mans FC, et il a participé aux trois montées consécutives, du National 3 jusqu’en Ligue 2 ! Le natif de Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis), recruté par Saint-Etienne à l’âge de 13 ans alors qu’il portait les couleurs de Villemomble Sports, était ravi de retrouver ce niveau, onze ans après l’avoir connu avec le FC Gueugnon (2008-2009). Pour l’ensemble de son oeuvre, Stephen, aujourd’hui âgé de 36 ans, l’aurait bien méritée, sa statue !

Sous le maillot du Paris FC (2010-11) / Photo Philippe Le Brech

Jamais de toute sa carrière Stephen n’était resté aussi longtemps dans un club. Auparavant, il a écumé les terrains de National à Raon-l’Etape, Cannes, Paris FC, Rouen et Boulogne-sur-Mer. Il est même redescendu d’un cran le temps d’une saison, en National 2, à Martigues (2013-14), courtisé par Jean-Luc Vannuchi.

« Au FC Rouen, Didier Ollé-Nicolle m’était « rentré dedans » et je lui étais « rentré dedans » aussi, raconte-t-il; ça m’avait fait du bien, car j’avais eu du des débuts difficiles avant de faire une très bonne fin de saison, au point que le club voulait me prolonger. Mais c’était les prémices des soucis financiers à Rouen. Amiens aussi était intéressé en National, c’était juste avant qu’il ne monte en L2. Et comme Jean-Luc Vannuchi me faisait un travail au corps depuis quelque temps en me vendant le projet de Martigues, qui était cohérent, j’y suis allé, surtout pour le projet familial. On s’est plu là-bas. On s’est ressourcé. Je sais bien que certains l’ont interprété comme un recul dans ma carrière, comme si ça n’allait pas sportivement, alors qu’en fait, pas du tout ! C’est même le contraire. Mais Jean-Luc Vannuchi est parti à Auxerre en cours de saison alors qu’on était premiers, ça nous a fait mal. Au niveau des statistiques, j’avais effectué une de mes meilleures saisons avec 8 buts et 14 passes décisives, ce qui m’a permis de rebondir en National, à Boulogne. »

« Maintenant, je parle du Mans FC comme un supporter ! »

Sous le maillot du FC Rouen FC (2011-13) / Photo Bernard Morvan

Pas de statue donc pour les hommes qui ont marqué l’histoire récente du club. Qui ont contribué au renouveau du Mans FC, passé de la Ligue 1 à la DH (Régional 1) en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire. Pour cette histoire de statue, Stephen a son idée sur le sujet. « C’est vrai que nous, les joueurs, on avait été surpris que Mamadou (Soro), même si sa saison avait été difficile, ne soit pas conservé après l’accession et son but qui nous a permis d’aller en Ligue 2, mais c’est le choix du club. »

Stephen ne cache pas « un lien très fort avec Le Mans FC », où il a gardé de nombreux contacts : « D’ailleurs, je vois le président, Thierry Gomez, aujourd’hui. On va parler de patrimoine ! ». Mais si, une fois les crampons rangés, il n’est pas resté au club dans un rôle à définir, la question s’est tout de même posée : « C’est un sujet qu’on avait évoqué avec le président, même lors de la saison en National. Après, peut-être que si on était resté en Ligue 2… Disons que cela aurait pu être dans les tuyaux. Maintenant, le fait d’avoir préparé ma reconversion en parallèle, et de m’épanouir grandement dans ce que je fais, ça a changé la donne. Mais j’ai pris mon abonnement « partenaire », j’essaie d’aller à tous les matchs à domicile. J’étais là vendredi dernier contre Avranches (3-0); ça fait deux ans que, sportivement, c’est un peu difficile, enfin, surtout la saison passée. Là, cette année, ce n’est pas le démarrage que l’on aurait souhaité mais on commence à se reprendre, c’est le supporter qui parle là ! J’ai envie que le club grandisse. Il y a tout ici pour l’installer en L2, c’est sa place. »

A la tête de VS Invests

Dans l’ancien club de Didier Drogba, Stephen Vincent a donc mis un terme à sa carrière en 2020, avant de rapidement tourner la page football. C’est que, durant son passage à Boulogne-sur-Mer (2014-2016), il avait repris ses études et préparé son avenir : « En fait, en 2016, j’ai hésité à rester à Boulogne, mais j’avais eu Richard Déziré, le coach du Mans, au téléphone, et son projet est tombé à une période où j’effectuais mes études en parallèle. A ce moment-là, j’étais déjà titulaire d’un BTS « professions immobilières » et aussi d’une licence en économie. J’avais 30 ans. Mon idée, c’était de préparer l’après-football. Comme je n’ai jamais jouer en Ligue 1, je savais que je ne serais pas rentier (rires) donc cette idée de travailler, de préparer mon Master de conseiller en gestion de patrimoine, je l’avais en tête depuis longtemps. Bien sûr, je descendais de deux divisions, mais je ne venais pas en National 3, je venais au Mans. Déjà, je pensais que le club allait monter. Et puis, il y a autre chose : cela faisait 10 ans que je jouais en National et je n’avais encore jamais connu d’accessions ! J’avais besoin d’un challenge collectif et je savais qu’avec Richard, qui sait fédérer autour d’un projet commun, on allait réaliser quelque chose sportivement. »

Sur ce coup-là, Stephen a eu du nez : avec son club, il connaît trois montées. Et deux ans après avoir dit stop, le voilà à la tête de sa propre entreprise, VS Invest’s (VS pour … Vincent Stephen), et qui est installée dans le quartier d’affaires Novaxis du Mans. « Je voulais être mon propre chef ! Ce n’est pas que j’avais un problème avec l’autorité, non, mais quand on a eu des coachs pendant autant d’années tout le temps sur le dos… Je ne voulais plus avoir quelqu’un au-dessus de moi pour ma vie professionnelle d’après. Mon épouse travaille avec moi et une alternante nous a rejoints en septembre. J’ai bon espoir de recruter un agent commercial assez rapidement. »

Optimiser, investir, prévoir

Sous le maillot de l’AS Cannes (2008-10) / Photo Philippe Le Brech

Aujourd’hui, l’ancien pensionnaire du centre de formation de Saint-Etienne n’est plus un joueur de football mais un homme d’argent. Bon, il n’aime pas que l’on dise cela. Il préfère que l’on rappelle le leitmotiv de sa boîte : optimiser, investir, prévoir. « Voilà, c’est exactement ça ! Je suis plutôt un homme de conseils ! C’est vrai que je rentre dans l’intimité financière des gens. Mon métier, ce n’est pas d’éluder les impôts, mais de les optimiser, puisqu’il faut bien en payer. En fait, mon moteur, ce n’est pas forcément l’argent, c’est tout ce que je vais « mettre dedans » qui va faire que derrière je vais avoir de l’argent. »

Si sa clientèle est, pour 50 %, composée de footballeurs, ce n’est pas un hasard, mais gagner la confiance des joueurs n’était pas gagné d’avance. Sauf que Stephen a fait la différence par la bonne image qu’il a toujours véhiculée partout où il est passé.

Sous le maillot du FC Rouen (2011-2013) / Photo Philippe Le Brech

« C’est vrai que j’ai un réseau dans le foot et que, forcément, c’est une porte d’entrée plus facile. Mais je suis quand même assez « select », car souvent, les footballeurs veulent tout, tout de suite. Je m’épanouis aussi avec les autres clients, ceux qui ne sont pas footballeurs. C’est vrai aussi que la réputation que j’ai laissée dans le milieu du foot, ça aide, et comme tout le monde se connaît, que tout le monde se parle… Quand des anciens coéquipiers souhaitent travailler avec moi, c’est une reconnaissance, ça fait plaisir, ça me valorise. J’en reviens au capitanat : quand je portais le brassard, je n’étais partisan ni des joueurs ni des coachs, j’essayais toujours de faire la part des choses, je ne voulais pas que mon message soit biaisé, que l’on pense que je fasse de la politique devant le coach ou le président. »

Un jour, Noah (14 ans) ou Louka (10 ans), ses deux fils, auront peut-être leur statue au Mans. Tous deux font du foot. Le grand évolue au Mans FC. « Noah se débrouille bien ! Il avait intégré le pole espoirs l’an passé à Saint-Sébastien-sur-Loire. Il est en avance athlétiquement pour son âge et il va plus vite que moi quand je jouais ! On verra ce que ça donnera ! Louka, lui, joue à Mulsanne, là où on habite. Il intégrera peut-être Le Mans FC, on verra. »

Stephen Vincent, du tac au tac

« J’aurais aimé jouer en pro à Saint-Etienne »

Meilleur souvenir sportif ?
La montée de National en Ligue 2 aux barrages avec Le Mans ! Surtout le barrage retour, avec le scénario de fou qu’il y a eu au Gazelec Ajaccio, c’était quand même assez exceptionnel. C’est la première fois de ma carrière que j’ai eu les larmes aux yeux !

Vidéo : revivez le court résumé des barrages aller-retour face au GFC Ajaccio et l’exploit du Mans FC !

Pire souvenir sportif ?
La descente de National en CFA avec Raon-l’Etape, parce que, humainement, j’ai sans doute passé l’une de mes meilleurs saisons là-bas. Raon, c’était mon « premier club » entre guillemets, j’étais prêté par Saint-Etienne, et pour l’anecdote, je ne voulais pas y aller, je devais être prêté à Angers, qui était en National à ce moment-là : tout était ficelé avec le président du SCO, Olivier Pickeu, et Jean-Louis Garcia le coach, mais le 29 août au soir, Omar Da Fonseca, le directeur sportif de l’ASSE de l’époque, me dit « Stephen tu pars à Raon-l’Etape », et à 1h30 du matin, je signe là-bas, et je pars en voiture le lendemain matin, avec Samy Houri ! Ca s’est fait comme ça, c’était un peu compliqué. Au final, ça reste un super souvenir sur le plan humain et même sportivement, à titre individuel, j’avais plutôt fait une bonne saison.

C’était déjà Richard Déziré, ton père spirituel, le coach de Raon ?
(rires) Non, non, le fils spirituel de Richard, c’est Vincent Créhin !! Même s’il m’a mis capitaine très tôt au Mans ! C’était Farid Touileb le coach de Raon à mon arrivée : il s’était fait limoger en cours de saison et avait été remplacé par Richard (Déziré).

Tu savais placer Raon-l’Etape sur la carte de France ?
Sincèrement, pas du tout !!! Je me souviens, j’étais avec Samy Houri, qui était avec moi en voiture ce premier matin-là, et qui était aussi prêté par l’ASSE, je voyais les paysages, je me demandais « Je suis où ?? » Sur le moment, ça ne faisait pas rêver !

Mon plus beau but ?
Une frappe contre Boulogne avec Le Mans, en National (voir son but ci-dessous).

Ton but le plus important ?
Cela aurait pu être lors du barrage retour avec Le Mans au Gazelec Ajaccio, je marque, mais mon but a été annulé ! En coupe de France, avec le Paris FC contre Toulouse, je marque, on gagne 2-1, c’était une belle émotion, contre une Ligue 1.

Ton plus beau loupé ?
Avec le FC Rouen, mais je ne me souviens plus contre qui : j’avais eu une occasion incroyable, j’étais seul devant le but, j’avais tiré au-dessus !

Ton geste technique préféré ?
Je n’en avais pas énormément ! J’avais quand même un geste phare, ma marque de fabrique, comme on dit, l’inter-exter, et passement de jambes puis je poussais le ballon extérieur du gauche !

Le club ou l’équipe où tu as pris le plus de plaisir ?!
J’ai quand même fait quelques clubs mais on ne va pas se le cacher, je vais dire Le Mans, avec ces trois accessions d’affilée, puis le fait d’être resté dans cette ville après ma carrière.

Un stade et un club mythique ?
Saint-Etienne et Geoffroy-Guichard

Un public ?
Geoffroy-Guichard aussi, même si je n’y ai jamais joué en pro, sinon, le stade Diochon, à Rouen, m’a particulièrement marqué. Et Le Mans aussi, quand le stade était plein !

Le club où tu as failli signer ?
Je ne veux pas le dire mais plus jeune, quand j’étais dans les équipes de France, j’ai eu des contacts avec des clubs anglais…

Le club où tu aurais aimé jouer ?
J’aurais aimé jouer en pro à Saint-Etienne. J’y ai juste disputé quelques matchs amicaux et un banc de touche en pro. En fait, je devais d’abord aller à Clairefontaine mais comme mon frère, qui a 2 ans de plus que moi, partait à Saint-Etienne, alors j’y suis allé avec lui. J’avais 13 ans.

L’erreur de casting ?
Alors je n’ai pas de regret sur mes choix de carrière, même si je ne voulais pas aller à Raon-l’Etape après le centre de formation de Saint-Etienne, mais à l’arrivée ça s’était très bien passé, et ça m’avait appris la vie, alors qu’à Saint-Etienne, on s’occupait de tout à notre place, le linge, la carte vitale, etc.

Un coéquipier ?
Je peux en citer plusieurs ?? Je vais faire du tac au tac ! Paul Maisonneuve, que j’ai connu à Martigues, je l’ai encore eu hier, on joue ensemble à la Play (!), Antoine Ponroy aussi et Samy Houri.

Le joueur avec lequel le feeling est le mieux passé sur le terrain ?
Et bien Samy Houri justement, j’aimais bien faire des appels en profondeur et lui, avec sa technique, il arrivait facilement à me trouver.

Le joueur qui t’a le plus impressionné ?
Quand j’étais à Gueugnon en Ligue 2, on avait affronté Le Havre et ce jour-là, Hoarau m’avait vraiment impressionné. Il survolait le championnat.

Un coéquipier perdu de vue que tu aimerais revoir ?
J’ai vu l’article que tu as consacré à Cyril Arbaud, et j’avais un vrai feeling avec lui ! J’aimerais bien le revoir, même si je l’ai vu y’a quand on a joué à Marignane en National avec le Mans en 2019. C’est un coéquipier qui marques les esprits !

Un coach perdu de vue que tu aimerais revoir ?
Quand j’étais à Villemomble, j’ai eu un coach, Arnaud Lacourt, qui m’a marqué, et sinon, à Cannes, j’avais beaucoup aimé humainement Albert Emon, même si à la fin c’était un peu plus compliqué, j’avais beaucoup aimé son aspect humain. Sinon j’ai toujours des contacts avec Richard Déziré et Alain Ravera, qui m’a lancé en pro, et que je revois de temps en temps.

Une causerie de coach marquante ?
La causerie de Richard Déziré avant le match retour des barrages, il avait montré des vidéos de « remontadas ».

Une anecdote de vestiaire que tu n’as jamais racontée ?
Avec Hamza Hafidi, au Mans, en N2, on faisait des tennis-ballons, on faisait des paris, et puis Thibault Ferrand, le 2e gardien, en perd un et lui donne un jeu à gratter, un « black jack » : Hamza gratte une très très très belle somme, il fait l’avion dans le vestiaire !!!

Une devise ?
J’ai des principes. Et j’aime les conserver. J’ai toujours voulu me regarder dans une glace à la fin de ma carrière. Alors je dirais, « rester fidèle à soi-même ».

Le joueur le plus connu de ton répertoire ?
Bafé Gomis, ou Loïc Perrin.

Des rituels, des tocs ?
Le caleçon, forcément, et même si je ne suis pas très croyant, je me faisais mon petit signe de croix en entrant sur le terrain.

Qualités et défauts sur un terrain ?
Ma capacité de provocation. J’étais passeur. Mais peut-être pas assez porté vers le but.

Et dans la vie de tous les jours ?
Loyal mais pas adepte du contrôle (rires).

Que t’as-t-il manqué pour t’inscrire durablement en Ligue 2 ?
Un peu de continuité dans les clubs. J’ai souvent choisi des clubs de National qui voulaient monter en Ligue 2, Cannes, Rouen, Boulogne, Paris FC, même Martigues en N2 qui voulait monter en National. Mais aucun n’est monté ! Peut-être un manque de pot aussi : je me suis fait une double fracture de la mâchoire à Gueugnon en D2 en fin de saison, j’ai pris un ballon dans la « gueule » de Jean-Jacques Pierre, et j’ai raté les douze derniers matchs de la saison. Après, quand on reste trop longtemps dans un championnat comme le National, on est vite catalogué. Mon idée, ça a toujours été de monter avec un club, et finalement, j’y suis parvenu, mais tard, avec Le Mans !

Tu étais un joueur plutôt …
Généreux.

Tu es un conseiller gestion en patrimoine plutôt…
Compétent !

Ta plus grosse prime de match, tu t’en souviens ?
Oui, c’était avec Le Mans quand on est monté en Ligue 2.

Un match de légende ?
La finale de la Ligue des Champions entre le Bayern de Munich et Manchester United en 1999 (avec les deux buts dans le temps additionnel de Solskjaer pour Manchester alors que son équipe était menée 1 à 0).

Un modèle de joueur quand tu étais gamin ?
Sylvain Wiltord. Pourquoi tu ries ?? Tu imaginais que j’allais te dire Zizou ou Thierry Henry (rires) ?

Texte : Anthony BOYER / Mail : aboyer@13heuresfoot.fr / Twitter : @BOYERANTHONY06

Photo principale : Philippe Le Brech

Photos : Philippe Le Brech, Bernard Morvan, Le Mans FC et DR

Après avoir fait vibrer le stade François-Coty avec l’AC Ajaccio, où il a ensuite démarré sa carrière d’entraîneur chez les jeunes, le Messin a poursuivi sa carrière sur l’île de Beauté. Cet été, il a entamé sa 8e saison consécutive sur le banc du stade Santos Manfredi, à l’US Corte, en National 3.

L’AC Ajaccio, lors de la saison 1999-2000, année de l’accession en Ligue 1. David Faderne est 4e en haut en partant de la gauche.

Le culte de la gagne. Voilà ce qui anime David Faderne. Le natif de Metz (52 ans) fait partie du cercle très fermé des joueurs ayant connu quatre montées au sein d’un même club. De N3 en N2, de N2 en National, puis en Ligue 2 (67 matchs et 28 buts en deux saisons !) et enfin en Ligue 1, l’ex-attaquant de l’ACA a souvent fait exploser le stade François-Coty.
L’actuel coach Cortenais a démarré sa carrière de joueur dans sa ville natale, à Metz. Non pas chez les Grenats mais du côté de l’ASPTT Metz, qui a formé un certain Sylvain Kastendeuch ou encore Eric Bertrand, qui ont par la suite tous les deux évolué au FC Metz.
Si le corse d’adoption n’a pas foulé la pelouse du stade Saint-Symphorien, chez lui, dans sa ville, avec les pros, l’attaquant fan des « Papinades » a trouvé un autre club, Blénod, en Division 4, à 30 kilomètres de chez lui, pour voir sa carrière décoller en 1989. Aujourd’hui, il parle ce passage comme « le meilleur choix » de sa carrière. Dans le club qui a connu une saison en Division 2 (1982-83) et disputé deux 8es de finale de coupe de France en 1996 (alors en N3, le club fut éliminé par l’Olympique de Marseille) et en 1986, David Faderne dispute deux saisons pleines et inscrit la bagatelle de 33 buts ! Des « stats » qui lui permettent de tomber dans la marmite du monde professionnel, d’abord à Gueugnon en D2 en 1992, puis à Amiens en 1993. La suite, on la connaît !

« Je suis arrivé en Division 1 trop tard, à 30 ans »

Pourquoi n’as-tu jamais joué en pro au FC Metz, dans ta ville ?
J’ai y ai joué lorsque j’étais jeune, en cadets Nationaux. Je n’y suis pas resté car je voulais entrer au centre de formation mais toutes les places étaient prises par des joueurs de l’extérieur. La politique de l’époque m’a beaucoup déplu. J’étais attaquant, je marquais pas mal de buts et j’estimais que je devais intégrer le centre pour progresser. Le problème, c’était vraiment cette politique de Metz à l’époque, qui était de faire venir des joueurs d’un peu partout, ce qui change d’aujourd’hui.

Tu as fait un passage au SC Bastia pendant une saison avec très peu de temps de jeu. Que s’est-il passé ?
Quand je suis arrivé à Bastia, je n’ai pas pu effectuer la préparation. Je sortais de deux saisons pleines avec l’ACA où j’avais mis 13 puis 15 buts. Pas mal de clubs me voulaient et je ne voulais pas me tromper. Je suis parti faire des essais en Angleterre, en Italie et en Ecosse et j’ai choisi Bastia fin septembre alors que le championnat avait déjà démarré et que l’équipe marchait super bien. En plus de ça, j’étais en concurrence avec des attaquants comme Pierre-Yves André ou Pierre Laurent, ce n’était pas n’importe qui.

Tu as une grosse expérience en D2, assez peu en D1. Qu’est-ce qui t’a manqué selon toi pour t’installer au plus haut niveau ?
Il aurait fallu que j’y joue plus tôt. Je suis arrivé en première division avec Bastia lorsque j’avais 30 ans. J’ai débarqué dans une équipe qui tournait super bien, avec de grands attaquants, c’était compliqué de jouer. Après, quand je suis retourné à l’AC Ajaccio, le club était certes en première division, mais j’avais 32 ans et j’étais plutôt sur la fin. Ce qu’il m’a manqué, c’est vraiment de jouer plus jeune, peut-être entre mes 22 et 28 ans où j’étais nettement mieux physiquement. Pour un attaquant, c’est plus difficile que pour un défenseur ou un milieu de terrain car le championnat était très relevé, il y avait très peu d’espaces.

« Corte n’a pas les épaules pour jouer la montée »

Devenir entraîneur, c’était une suite logique pour toi ?
A la fin de ma carrière professionnelle à l’AC Ajaccio, Michel Moretti, président à l’époque, m’a proposé de donner un coup de main au centre de formation et j’ai commencé par faire des entraînements spécifiques pour les attaquants. Par la suite, un éducateur chez les débutants est parti et j’ai pris la relève. L’année suivante, j’ai pris en charge les U15, puis les U19 Nationaux et, de fil en aiguille, je me suis rendu compte que c’était quelque chose qui me plaisait ! Je suis resté 10 ans à l’ACA, avec la formation. J’avais envie de transmettre, de voir si mes idées pouvaient coller, de faire progresser des joueurs. Finalement, ce sont les événements qui ont fait que je suis devenu entraîneur. Je n’avais pas envie de tourner le dos à mon sport non plus, je suis un passionné et avant d’être pro, j’étais un gamin acharné de football. Cette passion reste intacte et on n’a pas envie de faire autre chose lorsqu’on a vécu dans ce milieu-là toute sa vie.

Tu es inscrit dans le projet de l’US Corte depuis un moment maintenant. On en est où ?
C’est ma 8e saison à Corte. On a construit un projet qui s’est mis en place tout doucement. On était en Régional 1 avec une équipe moyenne la première année. Cette équipe est devenue meilleure en travaillant chaque jour sur des principes de jeu. Néanmoins, on savait que l’un des axes les plus importants était le recrutement. On savait que si on voulait monter dans un championnat national (N3), il fallait passer d’une équipe moyenne de R1 à une équipe forte, ce qui a pris quelques saisons. Tout ce travail fait qu’on a été champion de Corse deux années d’affilée. Après les années Covid, on a de nouveau attaqué ce championnat de N3 l’année dernière avec le même groupe. On avait fait un bon début de championnat avant de souffrir d’une succession de blessures, ce qui a eu des conséquences sur l’effectif, décimé. A ce moment-là, on avait seulement dix joueurs de champ à notre disposition. A la trêve, on était relégable, tout le monde nous voyait condamnés. Lors de la deuxième partie de saison, on s’est maintenu à trois journées de la fin, en réalisant notamment une série de 6 victoires en 7 matchs.

L’objectif de Corte, cette saison ?
L’objectif reste le maintien. On est à Corte, on n’a pas les moyens dont disposent certains clubs et il y a des grosses écuries dans notre championnat. Il y a encore Cannes, le GFC Ajaccio ou Istres et tant qu’il y aura des clubs comme ça, il sera compliqué de voir nos ambitions à la hausse. Néanmoins, Furiani a prouvé l’année dernière qu’il était possible de finir en tête du championnat et monter en National 2, avec des moyens bien moins importants. L’objectif est d’être de plus en plus costauds, pour peut-être avoir des ambitions dans les prochaines années. A l’heure actuelle, on n’a pas les épaules pour jouer la montée.

« On s’est fait voler un titre et une accession en N3 »

En 2019, Corte avait gagné son billet pour le National 3 avant que la FFF n’annule votre accession. Après coup, quel sentiment t’anime ?
On s’est fait voler un titre. Fin de saison 2018-2019, nous sommes champions de R1. Trois jours après la fin du championnat, la FFF nous retire notre titre et l’attribue au second, le FC Balagne (Île Rousse), qui avait fait porté des réclamations sur des joueurs, sur un match qu’ils avaient perdu. La Ligue Corse confirme leur défaite par deux fois mais la Fédération donne victoire à la Balagne. On nous a donc volés le titre. On a choisi d’aller devant le tribunal administratif et il s’avère qu’il nous a donnés raison. On est réintégré en N3 mais trois jours avant le début du championnat, la Fédé nous a ressortis du groupe N3 pour remettre Balagne ! La FFF est allée à l’encontre d’une décision du tribunal administratif. On n’a pas lâché, on a refait appel, le tribunal administratif nous a encore une fois donnés raison. Malheureusement, le championnat avait déjà commencé et il a été estimé qu’il n’y avait pas d’urgence. Nous voilà repartis en Régional 1. C’était très dur pour nous psychologiquement en sachant qu’on devait recevoir Mandelieu le samedi en National 3 et que le président vient nous voir à l’entraînement le mercredi pour nous dire qu’on va rester en R1. Après tout ça, on est quand même resté debout en finissant la saison invaincue et en montant en National 3. La morale de l’histoire, c’est que l’on est montés l’année ou le FC Balagne est redescendu en Régional 1.

« En coupe de France, il y a un problème d’inégalité sportive pour les clubs corses »

Entraîner sur le continent, ça fait partie de tes projets ?
Je suis arrivé en Corse en 1995 en signant à l’AC Ajaccio. Je pensais que ça n’allait durer qu’un an et je suis encore sur l’île de beauté 27 ans plus tard ! J’ai acheté un appartement à Ajaccio, ma femme est ajaccienne, mon frère a fait sa vie ici aussi. Je ne peux pas vous dire que je n’irai jamais entraîner sur le continent mais je serais étonné si je devais quitter la Corse et encore plus Corte. J’ai trouvé un club et des gens qui m’ont accueilli comme si j’étais des leurs, c’est une famille et je le vis réellement, ce ne sont pas que des paroles. Beaucoup de clubs s’identifient comme « club familial » mais assez peu le sont vraiment finalement.

Récemment, tu as fustigé le règlement de la coupe de France qui, selon toi, défavorise les clubs corses…
En Corse, on est désavantagé. Là, à ce stade, au 5e tour, on a une demi-finale régionale avec Furiani, qui est en National 2, et qui affronte Borgo, qui évolue en National. Par exemple, j’ai comparé avec la Ligue du Grand-Est, où il y a des R3, des R4, des clubs de district alors que chez nous, on n’a que des équipes du championnat de France amateurs (National, N2 et N3) et de Régional 1. Les équipes corses « basculent » sur le continent au 6e tour or je pense que l’on devrait être « rebasculé » plus tôt avec la Méditerranée pour une meilleure équité sportive. Le FC Balagne (N3) est déjà éliminée, nous aussi, et là, avec le choc Furiani-Borgo, il va encore y avoir un « gros » qui va être éliminé. Si on regarde au niveau sportif, on est désavantagé. Il y a deux ans, pour passer, on avait le GFCA, Furiani, Bastia Borgo et le SC Bastia. Ce qui veut dire que si vous tombez contre Bastia Borgo en demi-finale régionale et que vous faites un exploit en l’emportant, vous pouvez prendre le SC Bastia au tour d’après et il faudra refaire un exploit avant d’aller au 6e tour sur le continent pour jouer contre des R2, des R3, etc. Si on récapitule, seulement 4 clubs peuvent représenter la Corse sur le continent : deux clubs à partir du niveau National et 2 clubs pro, le SC Bastia (qui rentre au 7e tour) et l’AC Ajaccio (qui rentre au 8e tour). Le problème c’est qu’on ne peut pas en avoir plus, c’est 4 maximum. C’est forcément frustrant. Pour ma part, la Coupe de France ne m’intéresse pas du tout, c’est un support de travail, rien de plus. Je sais pertinemment qu’il faut faire deux voire trois exploits pour passer, c’est pratiquement mission impossible. C’est un débat qui mérite d’être posé. Pour avoir vécu la Coupe de France sur le continent, on a envie de flamber et on se dit que c’est possible sans être obligé de multiplier les exploits. En Corse, des clubs ne s’inscrivent pas alors qu’ils sont en Régional 1, car ils savent que c’est impossible. Il y a un vrai problème de fond qui n’est pas soulevé.

David Faderne, du tac au tac

Meilleur souvenir sportif ?
La montée en Ligue 2 avec l’AC Ajaccio

Ton plus beau but ?
Un ciseau retourné avec Blénod dans un derby

Le club où tu as failli signer, où tu aurais pu signer ?
A l’AS Nancy Lorraine, par deux fois.

Le meilleur joueur avec lequel tu as évolué ?
Xavier Gravelaine, mais il y en a beaucoup d’autres.

Une causerie de coach marquante ?
Celle de Rolland Courbis, à Lucciana, à l’hôtel « Chez Walter », avant un derby à Bastia !

Une anecdote de vestiaire que tu n’as jamais racontée ?
Ce qu’il se passe au vestiaire reste au vestiaire !

Texte : Melvin Brun / Mail : mbrun@13heuresfoot.fr / Twitter : @melv1br1

L’ex-latéral droit de l’US Créteil, passé aussi par Sedan, le Gazelec Ajaccio et Orléans, sa ville natale, prend toujours du plaisir sur les terrains. Il évolue aujourd’hui en N3, à Argelès, dans les Pyrénées-Orientales, où il est également coordinateur sportif du club. Et il a même monté son académie !

Comme pour le bon vin, le temps n’a pas d’emprise sur Boris Mahon de Monaghan. Bien au contraire. À 36 ans bien tassés, « Bobo » pour les intimes continue de traîner ses guêtres sur les terrains de football. Champion de France en National avec Créteil en 2013, le latéral droit/milieu offensif/défenseur central – mais jamais buteur ! – de formation prend aujourd’hui du plaisir du côté du FC Albères*/Argelès en National 3 (Ligue Occitanie), mais aussi dans une Coupe de France chère à son coeur, sous la direction d’un ex-pro Raphaël Girardot (Louhans-Cuiseaux, Pau, Besançon). Ce dernier est de retour à la tête de l’équipe (il avait déjà entraîné l’équipe fanion) en remplacement d’un autre ex-pro, le « régional » de l’étape, Guillaume Boronad, reparti quant à lui entraîner la réserve du Canet-en-Roussilon. Entre deux biberons, des séances d’entraînements, une formation « technico-commercial », un poste de responsable de la section sportive (des jeunes de la 6e à la 4e) et coordinateur sportif au FCAA, Boris Mahon de Monaghan, dont la carrière est riche de plus de 450 matchs de la N3 à la Ligue 2, a pris le temps de revenir sur une vie de passion.

Comment as-tu attrapé le virus du ballon rond ?
Je l’ai eu tout petit. Mes parents étaient au stade tous les week-ends du côté de Jargeau, tout près d’Orléans. À 5 ans, j’avais ma première licence et j’ai commencé à jouer au foot. Et comme je me débrouillais bien, on m’a très vite donné l’opportunité de jouer à tous les postes. À droite, à gauche, défenseur central, numéro 10 !

Après le centre de formation de Châteauroux, tu fais un passage à Sedan où l’on peut dire que tes cheveux t’on coûté ta place !
(Rires) Alors on ne va pas polémiquer ou remuer le couteau dans la plaie, mais oui. J’avais les cheveux longs et bouclés et ça ne plaisait pas à tout le monde. À un dirigeant plus particulièrement. C’était devenu plus un problème qu’autre chose. Il fallait que je me fasse couper les cheveux pour espérer un contrat. À 17/18 ans, je trouvais ça quand même limite. J’étais même un peu dégouté du monde pro (Sedan évoluait en Ligue 2). D’autant que l’entraîneur de l’époque, Serge Romano, voulait me faire signer. Et c’est sur internet que j’ai appris que je n’étais pas conservé ! Comme j’étais parti de la maison à l’âge de 13 ans, j’ai pensé qu’il était temps de rentrer chez moi, à Orléans.

« J’ai beaucoup appris aux côtés de Duhamel, Esteves, Outrebon, Trivino… »

C’est alors un retour aux sources avec en 2006 des vrais débuts pour toi à Orléans, ta ville natale. C’était un rêve de porter ce maillot ?
À ce moment là non, parce que je me retrouvais en CFA en descendant du coup de deux échelons, moi qui rêvais de national ou de Ligue 2… La signature s’est faite rapidement avec Pascal Moulin et cela a été un vrai plaisir de porter le maillot de l’USO. Je n’ai hélas jamais eu le bonheur de jouer en Ligue 2 avec Orléans. C’était une équipe qui comptait beaucoup pour moi lors de mon passage dans la région. Au même titre que Jargeau.

Photo USCL

Ta plus longue histoire d’amour, tu vas la vivre avec l’US Créteil avec qui tu disputes plus de 200 matchs.
Absolument, et ce n’était pas prévu que j’aille là-bas puisque j’étais encore sous contrat. A Orléans, Yann Lachuer devait reprendre l’équipe en remplacement de Pascal Moulin et je sentais que ça allait être compliqué pour moi. Cet été-là, je suis à la plage avec des copains et je vois que Bruno Germain, le directeur sportif d’Orléans, n’arrête pas de m’appeler. Je finis par décrocher et il me dit que son pote « Lolo » Fournier veut me faire signer à Créteil ! Mais, par contre, pas en numéro 10, mais en latéral droit. À la fin du premier match amical, Fournier m’attrape, comprend que ce n’est pas mon poste de formation et me « drive » pour m’aider à progresser. Dès le match suivant, il me dit que je ferais un très bon latéral droit. On termine cette première saison à la 4e place en National derrière Troyes, Reims et Évian-Thonon-Gaillard. À 23 ans, j’étais le petit jeune de l’équipe et j’ai beaucoup appris aux côtés de Mathieu Duhamel, Helder Esteves, Julien Outrebon, Michel Rodriguez, Johann Paul, Richard Trivino, Sébastien Gondouin, et j’en passe. Laurent Fournier part alors à Strasbourg avec deux joueurs de l’effectif. Je devais être le troisième, mais le président cristolien a dit « stop » ! Je ne l’ai pas regretté car la saison suivante, la saison 2012-2013, fut incroyable. Sur le plan collectif, c’était impressionnant, même de l’intérieur. Rien ne pouvait nous arriver. Lorsque nous encaissions le premier but, nous savions que nous allions revenir sans problème. On nous a appelé le rouleau compresseur. On avait des joueurs de « ouf » avec Ndoye, Seck, Diedhiou, Kerboriou… Jean-Luc Vasseur, le coach, nous disait souvent d’en profiter car ce genre de saison arrive rarement dans une carrière. Dès février ou mars, la montée était déjà quasi actée.

« Au bout d’une semaine, je signe à Albères/Argelès »

Sous le maillot de l’US Créteil (photo Philippe Le Brech)

A 32 ans, tu fais un passage éclair d’une saison au GFC Ajaccio en L2, puis un retour express à l’US Créteil (2017-2018), puis tu descends en National 3 à Canet-en-Roussillon. Comment atterris-tu là-bas ?
J’étais en fin de contrat à Créteil et je devais partir. J’avais fait le tour. Alors que je suis à l’époque au Gazelec (2016-2017), je reçois un appel de William Prunier qui est alors à Toulon. Le club termine 2e et Prunier part pour Canet-en-Roussillon qui recherche un latéral droit. William me propose de venir. Je suis hésitant après deux saisons difficiles, mais j’ai encore faim de foot. Son discours me plaît, les déplacements ne sont pas longs en National 3, alors je me lance dans l’aventure. La première saison, nous finissons 3es derrière Montpellier et Alès, puis la deuxième, nous décrochons la montée en National 2 ! Derrière, le coach change, mais nous vivons notre épopée en Coupe de France contre Marseille et Montpellier. Je passe mon BEF en même temps ce qui rend la tache plus compliquée pour être dans le groupe. Le plaisir commence à disparaître.

Aujourd’hui, tu portes les couleurs d’Albères/Argelès en N3 : tu y retrouves l’esprit pote et plaisir que tu avais pu perdre ?
J’aurais pu rester au Canet qui voulait que je m’occupe de l’ensemble des sections féminines. C’était intéressant, mais je ne m’y retrouvais pas car je devais faire une croix sur la N2. Je n’étais pas loin de rebondir à Fréjus en N2 avec Jean-Guy Wallemme. Pour être en forme, je demande à m’entraîner avec Albères/Argelès. Au bout d’une semaine, on m’a proposé de signer avec le club. J’ai vite accepté et je ne le regrette pas. Je fais une saison pleine en loupant seulement deux matchs au moment de la naissance de mon fils en janvier dernier.

Footballeur, papa à temps plein de trois enfants, tu as trouvé le temps de lancer ton académie de foot. Quels sont les objectifs et comment t’es venue cette idée ?
Je veux avant tout partager mon expérience de pro tant sur le plan humain que sur le plan sportif. L’idée, c’est d’accompagner les joueurs dans leur quotidien, mais aussi de les aider à préparer l’après football. La tête est aussi importante que le corps. Je suis également sur du baby-foot avec les 3/5 ans pour aider à la motricité des enfants avec le ballon. C’est ma 3e année et je m’éclate au quotidien. Et comme mes journées ne sont pas assez longues, je suis le coordinateur sportif du club des U7 au U20. J’accompagne notamment les éducateurs pour l’organisation des plannings, ce qui n’est pas simple avec un seul terrain à notre disposition pour le moment.

Boris Mahon de Monaghan, du tac au tac

Avec le FC Albères/Argelès (Photo FCAA)

Premier match en pro ?
En 2004 à Dieppe en Coupe de France où l’on passe aux tirs-au-but. Je rentre à 20 minutes de la fin (il avait remplacé Liri, qualification de Sedan aux tirs au but, 3-3 à l’issue du temps réglementaire). Je fais une grosse entrée et la semaine suivante, je suis dans le groupe pour jouer contre Troyes en championnat. On gagne 2-1 chez nous, mais, surtout, le match est diffusé sur Eurosport. Pour l’occasion, mes parents avaient pris un rétroprojecteur pour que toute la famille puisse en profiter. J’ai joué une petite demi-heure.

Le joueur le plus fort avec qui tu as joué ?
Je ne l’ai pas cité tout à l’heure lors de mon passage à Créteil, mais Jean-Michel Lesage, c’était quand même très très fort. Il avait un sacré pied. C’était vraiment le métronome de l’équipe à Créteil avec son pied gauche incroyable. Il régulait le jeu de l’équipe. J’ai aussi joué avec Flo Mollet (aujourd’hui à Schalke 04, en Bundesliga) et Cheikh Ndoye (au Red Star), mais « Jean-Mi », c’était quelque chose.

Boris (en bas au milieu) avec l’US Orléans où il a passé trois saisons en CFA de 2006 à 2009. Photo Philippe Le Brech

Le joueur le plus fort contre qui tu as joué ?
C’était au début de la saison 2013 lors d’un match à Auxerre et je ne peux pas dire que Jean-Luc Vasseur ne m’avait pas prévenu ! Je devais m’occuper de Paul-Georges N’tep et il m’avait tué ce soir-là. Fanéva (Andriatsima) était venu m’aider avant de vite me dire « démerde toi » (rires). Il me mettait toujours dans le vent. Un coup à droite, un coup à gauche. Je n’étais pas loin d’avoir des crampes au bout de 20 minutes. Quelque temps plus tard, en décembre 2014, je l’ai retrouvé à Rennes en Coupe de la Ligue. On perd 1-0 et Sylvain Armand, le buteur du soir, avait été surpris que je « gère » N’tep aussi bien.

Ta plus grande joie ?
Mes premières émotions viennent de la Coupe de France. C’est par là que j’ai fait mes débuts avec Sedan à Dieppe. En 2006, je me souviens d’un déplacement avec Orléans sur le terrain de l’AC Ajaccio. On va là-bas et on se qualifie facilement (3-0) et en plus je marque le 2e but. J’ai souvent vécu de belles émotions grâce à la Coupe de France. Quand tu es le petit et que tu bats le gros, tu ne peux pas faire mieux. C’était toujours un moment fort. La montée avec Créteil, c’est autre chose, car le championnat, c’est la continuité de toute une saison.

Ta plus grande déception ?
C’est l’année de la descente de L2 en National avec Créteil en 2016. Là encore, nous avions une belle équipe et nous ne devions pas descendre. D’ailleurs, souvent les adversaires nous disaient qu’ils n’étaient pas inquiets pour nous, que ça allait le faire. Et puis finalement… La descente est officielle lors d’un déplacement à Niort que l’on perd 4-2. On fait une bonne entame et derrière, on prend un rouge avec Yann Kerboriou, notre gardien. On en prend un autre en fin de match. On était quasiment tous touchés et en larmes à la fin du match. C’est un souvenir d’autant plus mauvais que quelques jours plus tard, les médias ont parlé d’un match arrangé, ce qui n’était pas le cas.

*Albères est le nom de la chaîne montagneuse qui domine la plage et la commune d’Argelès.

Texte : Julien Leduc. Mail : jleduc@13heuresfoot.fr / Twitter : @JulienLeduc37

Photos : Philippe Le Brech, FC Albères/Argelès, USCL et DR

Vous avez loupé un épisode de la série « 13heuresfoot » cette semaine ? Voici la séance de rattrapage !

Samedi 24 septembre

Ludovic Genest : « Arbitre, c’est un vrai travail au quotidien »

Le lien : https://13heuresfoot.fr/actualites/ludovic-genest-arbitre-cest-un-vrai-travail-au-quotidien/

A 35 ans, l’ancien milieu offensif professionnel (Auxerre, Bastia, Laval, Clermont, Istres, Créteil) a entamé une nouvelle carrière d’arbitre. En parallèle, il est… pompier volontaire dans la caserne de Saint-Florent, en Corse. Une passion qui lui procure les mêmes émotions qu’au football.

Lundi 26 septembre

Xavier Collin (US Orléans) : « Il faut faire preuve d’humilité »

Le lien : https://13heuresfoot.fr/actualites/xavier-collin-us-orleans-il-faut-faire-preuve-dhumilite/

L’ancien joueur d’Ajaccio et Montpellier, vainqueur de la coupe de la Ligue avec Gueugnon en 2000, espère conduire l’USO en Ligue 2. Il est conscient que la concurrence est rude dans ce championnat National homogène, qu’il voit hyper-serré.

Mardi 27 septembre

Coupe de France : des buts, des occasions et du suspense à Douarnenez

Le lien : https://13heuresfoot.fr/actualites/un-dimanche-de-coupe-dans-le-sud-finistere/

Des buts (un peu, trois), des occasions (beaucoup, une bonne quinzaine), de la passion et du suspense (passionnément) pour les acteurs et les 600 spectateurs qui ont vécu un joli 4e tour de Coupe de France dimanche à Douarnenez, entre la Stella-Maris et l’US Trégunc de Stéphane Guivarc’h. C’était le derby du jour dans le Finistère entre deux équipes de R1 !

Mercredi 28 septembre

Frédéric Pereira (Paris 13 Atletico) : « Je suis là par passion, pas pour faire du business »

Le lien : https://13heuresfoot.fr/actualites/frederic-pereira-paris-13-atletico-je-suis-la-par-passion-pas-pour-faire-du-business/

En dix ans, Le président des « Gobelins » a connu un développement exponentiel, que ce soit avec son club qui a réussi sept montées pour atteindre le National pour la première fois de son histoire cette année qu’avec sa société Skita qui équipe aujourd’hui 400 clubs. Son histoire, c’est celle d’une réussite et d’une certaine philosophie basée sur l’humain. Portrait.

Jeudi 29 septembre

Cyril Arbaud : « J’ai préféré rester grand chez les petits »

Le lien : https://13heuresfoot.fr/actualites/cyril-arbaud-jai-prefere-rester-grand-chez-les-petits/

Après avoir raccroché les crampons en 2014, le 2e meilleur buteur de l’histoire du National s’est lancé dans le métier d’entraîneur. L’actuel coach de Salon Bel Air (Régional 2) revient sur sa carrière, ses choix, et évoque son caractère, qui lui a peut-être fermé les portes de la Ligue 2. Portrait.

Vendredi 30 septembre

Albert Cartier (Nancy) : « On se devait de retrouver de la crédibilité » – Volet 1

Le lien : https://13heuresfoot.fr/actualites/nancy-volet-i/

L’entraîneur de l’AS Nancy Lorraine revient sur la préparation de la saison après l’épisode douloureux de la descente en National. Il évoque beaucoup le lien avec les supporters, la communication, le recrutement, les méthodes de travail. Il parle aussi de la formation et de ce championnat exigeant qu’il connaît bien, du début de saison, de la performance de résultats et des objectifs. Avec, en ligne de mire, un retour en Ligue 2.

Samedi 1er octobre

Suite du dossier sur l’AS Nancy Lorraine / Albert Cartier (volet II) : « J’ai toujours dit que je reviendrais à Nancy ! »

Le lien : https://13heuresfoot.fr/actualites/albert-cartier-volet-ii-jai-toujours-dit-que-je-reviendrais-a-nancy/

Suite et fin de notre long entretien avec Albert Cartier, l’entraîneur de l’ASLN, qui s’est livré comme rarement et a passé en revue de nombreux sujets : le nul face à Cholet, son image, le championnat National, Arsène Wenger, son parcours et ce qui le préoccupe aujourd’hui : son club.

 

 

Suite et fin de notre long entretien avec Albert Cartier, l’entraîneur de l’ASLN, qui s’est livré comme rarement et a passé en revue de nombreux sujets : le nul face à Cholet, son image, le championnat National, Arsène Wenger, son parcours et ce qui le préoccupe aujourd’hui : son club.

Le stade Marcel-Picot, hier soir, face à Cholet. Photo A. P.

Albert Cartier est un bavard lorsqu’il s’agit de parler de football et des deux clubs lorrains de son coeur : l’AS Nancy Lorraine et le FC Metz. C’est en partie pour cela que l’entretien qu’il nous a accordés a duré près de deux heures au sortir de la douche, après une séance d’entraînement en Foret de Haye.

Après être revenu, hier, sur le début de saison et la remise à plat à tous les étages chez les Rouges et blancs cet été, l’entraîneur évoque dans cette deuxième partie d’interview le championnat de National, sa carrière et l’impact d’Arsène Wenger dans celle-ci.

Après le match nul concédé dans les dernières secondes hier soir à Marcel-Picot face à Cholet (1-1), l’ASNL est 6e. Confirmation que l’équipe, encore perfectible, menée par le Lorrain d’adoption (il est né à Vesoul en Haute-Saône) répond de plus en plus à ses attentes dans un championnat qu’il sait homogène et qui laisse peu de place au relâchement. Cela tombe bien, ce n’est pas son genre. « Le scénario face à Cholet est frustrant mais le résultat est logique, concédait Cartier hier soir à l’issue du match. Notre première mi-temps est moyenne. On ne s’est pas suffisamment lâchés en première mi-temps, on n’a pas beaucoup utilisé les côtés et on n’a pas assez accompagné Thomas (Robinet). On tire trois ou quatre fois au but… On ne pèse pas assez offensivement, surtout à domicile. Le pire, c’est qu’on a les occasions pour mettre le deuxième but et être un peu plus à l’abri. Sur le but encaissé, on ne doit pas faire cette faute-là. Les joueurs mettent beaucoup de cœur et de générosité. Mais c’est nécessaire de jouer avec sa tête pour savoir gérer cette fin de match. Il y a un réel goût de défaite même si la série d’invincibilité (5 matches) continue tout de même. »

« Parfois j’ai un discours autoritaire avec mes joueurs »

Le public de Marcel Picot, toujours présent, même dans les moments délicats. Photo ASNL

Hormis un court passage à Bastia Borgo (2021), cela faisait dix ans que vous aviez quitté le National. Quelles similitudes et quels changements depuis dix ans ?
C’est toujours aussi compliqué de dégager un ou deux favoris. Avant c’était trois pour la montée, maintenant c’est deux. Le championnat est toujours aussi homogène. Les changements, c’est que le championnat a pris une dimension tactique et technique avec les arrivées de Cris (Le Mans) et Habib Beye (Red Star) par exemple. Il y a des anciens joueurs qui ont joué en Ligue 1 ou Ligue des Champions, donc ils amènent toute leur expertise et leurs connaissances. Il y a dix ans, la plupart des équipes « déboîtaient ». Il y avait un bon joueur dans l’équipe et le reste, ça courait et ça mettait des « pains ». Aujourd’hui c’est fini. Même les défenseurs jouent et ont des qualités techniques. Ils ont au moins une qualité forte : pied gauche, jeu de tête, vison etc. Ça reste un championnat exigeant mais plus forcément musclé.

Suffisant pour justifier un passage dans le monde professionnel à travers la Ligue 3 ?
J’ai hâte que ça arrive pour lui donner une autre dimension encore. Je pense notamment aux dix-huit joueurs sur la feuille de match. On a seize joueurs actuellement et on peut faire cinq changements. Tu n’as aucune marge, à part si tu ne prends pas de deuxième gardien, ce que je fais parfois. Il faut permettre aux entraîneurs qui sont de plus en plus compétents avec de vrais projets de jeu, de faire leur job du mieux possible. Évidemment, quand vous changez quatre à cinq joueurs par match en ayant le choix, vous allez garder de la qualité dans les matches et donc dans le championnat.

Pas un problème de revenir à Nancy après être passé par Metz (2012-2015) ?
J’ai toujours dit que je reviendrais à Nancy. Ce que j’ai fait avec Metz, j’en suis fier. C’est du passé. J’ai un ami à Metz qui m’a appelé le lendemain de ma signature à Nancy pour me rappeler ce que je lui avais dit un jour. Mais je ne m’en souvenais plus vu qu’on s’appelle toutes les semaines ! Sa réponse : « Et ben tu m’avais dit que tu reviendrais à Nancy ! ». Ben voilà, j’y suis.

« Je n’étais pas encore pro que j’avais déjà envie d’être entraîneur ! »

Votre image de « militaire », à la dure et avec des valeurs, vous l’assumez ou vous la trouvez exagérée ?
Militaire, je ne sais pas. J’aime la rigueur et la discipline, après si ça, ça suffit à être militaire… Oui, des fois j’ai un discours autoritaire avec mes joueurs. C’est aussi parce que je les aime. J’ai eu la chance d’être footballeur professionnel avec zéro qualité à part le mental et un physique. Je sais que c’est difficile de faire carrière, que l’on peut passer à côté pour des détails. Je n’ai pas envie que mes joueurs, qui eux en ont (des qualités), ne puissent pas faire carrière car il leur manque la rigueur et l’exigence.

Devenir entraîneur, c’était une vocation ou un concours de circonstances ?
Je n’étais même pas footballeur professionnel que j’avais déjà envie d’être entraîneur et c’est pour cela que j’ai vite passé mes diplômes, dès 18 ans à l’INF Vichy. La rencontre avec Arsène Wenger a été le détonateur de la vocation qui sommeillait en moi. Il était Alsacien comme ma mère et rigoureux et discipliné comme mon père. L’éducation que j’avais à la maison, je la retrouvais avec cet entraîneur. Quand le PSG, l’OM et le Matra Racing m’ont demandé, j’ai rejoint Nancy en partie pour rester avec Arsène Wenger. Je me nourrissais de ces séances, je me notais les échauffements, les exercices sur un cahier en rentrant chez moi. Il avait cette exigence… Mon épouse me dit toujours « Qu’est-ce qu’il était dur avec vous ». Cette rigueur est inspirante et formatrice. Qu’est-ce que je l’ai aimé ! Qu’est-ce que je l’aime ! J’ai même fait mon mémoire de deuxième degrés (UEAF B) sur Arsène Wenger. « Entraîneur de football : profession ou destin ? » Comme lui, je pense qu’on est destiné.

Sans Arsène Wenger, seriez-vous devenu coach ?
(Longue reflexion). J’ai signé à Nancy en laissant ma femme et mes deux enfants à 900 km. Mes filles m’ont dit « On est heureux pour toi », parce qu’elles savent que je suis content de faire ce métier. Ma femme vient dix jours par mois. Je suis parti pour six mois et maintenant un an. J’ai la chance de faire ce métier. Mon père m’a dit « Tu veux être heureux dans la vie, fais deux métiers qui te plaisent : j’ai été footballeur et coach. » Je ne pouvais pas rêver mieux. Alors que je ne sais pas vous répondre, hormis que grâce à lui c’était devenu une évidence.

Est-ce qu’on devient un type de coach similaire au type de joueur que l’on était ?
En ce qui me concerne, oui. On peut tout donner et pas forcément être bon. J’ai fait des matches où j’étais nul mais j’étais cramé à la fin. J’avais juste pas les cannes. Je tombais sur des mecs plus forts que moi qui me faisaient la musique. J’étais nul mais je donnais tout. C’était impossible pour moi de tricher et de me cacher. Je veux que mes joueurs aient cet état d’esprit. A la seule différence que je ne jouais pas. Je n’avais pas de pied. Philippe Hinschberger me disait « Joue ! ». Je partais du principe qu’en jouant en une touche je n’avais qu’une chance de me tromper et qu’en deux touches j’en avais deux. Je savais ce que je devais faire et ne pas faire. Si je faisais des choses que je ne savais pas faire, j’allais mettre l’équipe en danger et moi, j’étais très attentif à ça. Mais ce n’est plus possible aujourd’hui. Le football a évolué. Aujourd’hui, je veux que mes joueurs aient cette envie et cette intensité. Mais je veux aussi qu’ils sachent jouer au ballon. La différence entre le coach et le joueur est principalement là.

Prend-on du plaisir à défendre sans faire de passe et en dégageant en une touche ?
J’ai pris du plaisir à défendre sur un terrain. Par contre, je ne me suis jamais amusé. Nuance.

Albert Cartier du tac au tac

Le meilleur joueur avec lequel vous avez joué ?
Robert Pirès.

Le meilleur joueur que vous avez entraîné ?
Intrinsèquement à l’instant ou je l’ai coaché : Diafra Sacko à Metz.

Meilleur souvenir de joueur ?
Ma sélection en équipe de France.

Meilleur souvenir de coach ?
La remontée de National en Ligue 1 avec le FC Metz. Surtout le passage L2 – L1.

Pire souvenir de joueur ?
La descente en Ligue 2 avec l’ASNL avec mon coach, Arsène Wenger. Ça a été un traumatisme. Sept ans encore j’y pensais encore. Ça a traîné des années.

Pire souvenir de coach ?
Je pourrais vous parler de la descente avec l’ASNL de l’an dernier mais je n’ai officié qu’une moitié de saison. Je vais dire la descente avec Eupen (Belgique, 2010-2011)… Enfin, descente entre guillemets. Le président me vire à deux journées de la fin pour ne pas me payer les primes de maintien. Il nous reste deux matches à jouer contre le dernier et l’avant dernier et un point à prendre. Il me vire pensant que ça ira. Et bien non… Au-delà de la descente, c’est le fait de m’enlever un défi, un projet que j’avais envie de réussir. Uniquement pour des raisons financières…

Une anecdote de vestiaire jamais racontée ?
L’altercation entre Sylvain Kastendeuch et Eric Black à la fin d’un match à domicile avec Metz contre Nice. On doit le gagner largement car on rate deux pénos et on fait finalement 1-1. Il y a une énorme altercation à la fin du matin entre l’attaquant et le défenseur qui étaient deux amis pourtant. Ils étaient si calmes d’habitude. Sauf que là, c’était deux compétiteurs qui voulaient gagner. C’est fou comme la compétition vous envoie loin des fois. La frustration de ne pas gagner les a fait sortir d’eux mêmes. Ce ne sont pas deux mecs qui ne s’aiment pas, c’est des mecs qui s’aiment mais compétiteurs.

Un coach qui vous a marqué ?
Arsène Wenger.

Un modèle de coach ?
A votre avis ? Arsène Wenger.

L’équipe où vous avez pris le plus de plaisir à entraîner ?
Le FC Metz lors de la double-montée. Ce qui m’impressionnait le plus, c’était cette faim. Plus on leur en donnait, plus tu leur demandais, plus ils en voulaient.

Après une défaite, que faites-vous ?
(Longue hésitation…)

Et après une victoire ?
J’essaie d’avoir la même attitude dans la victoire comme la défaite. C’est pas de monter sur la table après une victoire – je parle pour les joueurs – et faire la gueule et parler à personne après une défaite. C’est ça être professionnel. Ça vient avec le temps. Au début, on est plus dans les extrêmes.

Saint-Symphorien ou Marcel-Picot ?
(Longue hésitation…) Finalement, j’ai fait la boucle. J’ai commencé à Nancy en tant que joueur, puis à Metz. J’ai commencé à entraîner à Metz en tant qu’adjoint, je suis revenu pour être coach principal. Et je suis à Nancy aujourd’hui. Mon père m’a toujours dit, « Gamin, faut toujours pouvoir repasser là où t’es passé. » C’était une manière de me dire qu’il fallait toujours laisser une bonne image.

Texte : Alexandre Plumey / Mail : contact@13heuresfoot.fr / Twitter : @Alex_Plums

Photos : AS Nancy Lorraine

 

L’entraîneur de l’AS Nancy Lorraine revient sur la préparation de la saison après l’épisode douloureux de la descente en National. Il évoque beaucoup le lien avec les supporters, la communication, le recrutement, les méthodes de travail. Il parle aussi de la formation et de ce championnat exigeant qu’il connaît bien, du début de saison, de la performance de résultats et des objectifs. Avec, en ligne de mire, un retour en Ligue 2.

Photo ASNL

Ce soir, pour la réception Cholet, au stade Marcel-Picot, joueurs et supporters de l’AS Nancy Lorraine auront à coeur de montrer que le chardon pique encore !
Car si la fleur arrête de fleurir à la fin août, c’est à cette époque le chardon lorrain a, lui, repris des couleurs. Grâce à leurs quatre matches sans défaite en septembre, les Nancéiens (6es) ont recollé au bon wagon dans un championnat de National très resserré. De quoi redonner des couleurs à des rouges et blancs très pâles la saison dernière, malades de ces mauvais choix sur et en dehors du rectangle vert.
Depuis la descente de Ligue 2 en National en mai dernier, 25 joueurs sont partis, des administratifs sont arrivés, d’autres ont quitté le navire. Et le coach dans tout ça ? Albert Cartier a longtemps hésité avant de repartir pour un nouvel exercice, dans un championnat qu’il connaît, conscient que les garanties devaient être nombreuses pour y performer.
L’été a permis une remise à plat à tous les étages : bureaux administratifs et sportifs, centre d’entraînement et stade. Le Lorrain, formé au club avant de briller à Metz, mesure le chemin à parcourir pour renouer le lien avec ses supporters. Les victoires y contribuent. Mais pas que… Entretien.

Albert, est-ce que l’on peut dire que l’ASNL respire un peu mieux après quatre match sans défaite ?
Si je continue cette métaphore, je dirais qu’en National, on respire tous le même air mais c’est la façon de respirer qui est différente d’un club à l’autre. On sait que c’est un championnat très difficile. Je l’ai dit aux joueurs dès le départ. Même à trois quatre journées de la fin, je vois bien cinq à six équipes en trois ou quatre points. Il n’y a jamais eu une équipe qui a survolé de quinze points le National.

Même vous, avec le FC Metz, lorsque vous avez entamé votre double remontée de National à la Ligue 1 ?
On l’oublie souvent, mais quand on remonte avec Metz (saison 2012-2013), c’est Créteil qui finit en tête de National et nous étions deuxièmes. Et pourtant, avec quasiment ce même groupe on a fini avec 20 points d’avance en Ligue 2 la saison suivante.

Comment expliquer ce retard à l’allumage de l’ASNL ?
Je ne parlerais pas de retard à l’allumage. Les résultats ont tardé à venir mais il y avait du contenu positif et pas qu’à l’entraînement. Dans le football, il y a une performance de résultat et une performance de travail. C’est vrai, en début de saison, il y avait une grande différence entre les deux. Je l’ai dit, c’était anormal. On n’a pas validé le travail que l’on a fait pendant la préparation par exemple.

« J’ai cherché à retrouver des associations qui avaient existé par le passé »

Les deux défaites à Marcel-Picot contre Bourg-en-Bresse/Péronnas et Dunkerque ne vous ont pas inquiétées ?
On a fait un très bon match contre Bourg-Péronnas à domicile mais on prend un but à une minute de la mi-temps sur coup de pied arrêté et au retour des vestiaires. La force de ce groupe, c’est qu’après les deux défaites, on est resté serein, il n’y a pas eu de discorde, on a continué à travailler. On savait qu’en gardant la même intensité, exigence, rigueur, les choses allaient rentrer dans l’ordre. On n‘est pas plus fort qu’auparavant. C’est la capacité à rester sereins dans les moments difficiles qui fait qu’on a réussi enchainer des résultats ensuite. C’est un bon signe pour la suite et ce qui nous attend.

Le National est un championnat bien spécifique : est-ce que s’adapter y est plus difficile qu’en L2 ? Même pour des joueurs qui ont connu les niveaux supérieurs…
Ce n’est pas facile, effectivement. Comme dans tous les mercatos, on vous propose de tout : des joueurs en déclin, des joueurs qui sont partis dans des pays exotiques. J’ai voulu des joueurs qui ont connu ce championnat-là. Diafra Sacko et Gaëtan Bussman ont connu la Premier League et la Bundesliga mais à leur début, ils ont connu ce championnat-là.

Comment créer un groupe avec quasiment que des nouveaux joueurs ?
Pour gagner du temps, j’ai cherché à retrouver des associations qui avaient existé par le passé. On a renouvelé notre effectif à 99%, avec 25 départs. Prince Mendy et Baptiste Aloé ont fait leur formation ensemble à l’OM. Isaak Umbdenstock et Alexandre Cropanese ont joué ensemble à Bastia-Borgo. Pareil pour Mayoro Ndoye, Diafra Sacko et Gaëtan Bussman au FC Metz. Alexis Giacommini et Baptiste Etcheverria n’ont jamais joué ensemble mas ils étaient à l’école ensemble de 8 à 14 ans.

Le mercato de l’an passé avait été très contesté. Avez-vous eu les mains libres sur ce recrutement ?
On a recruté tous les joueurs ensemble avec le président, avec des dossiers que chacun connaissait. Si l’un de nous n’était pas d’accord sur un joueur, on se disait « on ne le fait pas ». C’est une force aujourd’hui. Parce qu’en cas de désaccord, si la saison tournait mal, ça aurait pu ressortir dans trois ou quatre mois en se disant « tu vois, je te l’avais dit » et on n’avait pas besoin de ça.

Quel type de joueurs avez-vous recherché ?
Ça nous a permis de monter un groupe sur lequel on fonde beaucoup d’espoir, mais cet espoir c’est surtout dans l’exigence. On veut un groupe qui humainement va pouvoir nous suivre. On a recruté des joueurs qui n’ont pas peur d’aller à Saint Brieuc en novembre ou en février. Si vous arrivez là-haut avec des joueurs qui ne connaissent pas le championnat ou Saint-Brieuc, ils peuvent être surpris et ça peut être des moments très délicats à gérer. Je voulais des joueurs qui, humainement, comprennent notre projet de jeu dans ce championnat et l’exigence qu’il demande pour être un prétendant à la montée.

« On avait besoin de recréer du lien avec nos supporters »

Après avoir longtemps été considéré comme absent, le président Gauthier Ganaye est donc de retour aux affaires ?
L’extérieur a été très critique avec le président, j’ai lu beaucoup de choses. Personnellement, quand je le contactais, il m’a toujours répondu rapidement, même pendant des moments difficiles pour lui et le club. Il ne venait plus à Picot mais je l’ai vu à l’extérieur, à Toulouse et Valenciennes par exemple. On a rediscuté de notre nouvelle façon d’aborder cette saison. Il est là à tous les matches à domicile désormais. Le président a choisi de mettre en place Thorsten Theys, un directeur général qui ne s’occupe pas du sportif. Il est très compétent et impliqué mais au-delà de ça, j’adore cette personne. Il adore bouger comme moi et ne reste jamais dans son canapé. Il n’hésite pas à bouger les personnes autour de lui quand ça ne va pas dans son sens.

C’est ce qui manquait à ce club en perdition ?
On avait surtout besoin de recréer du lien avec nos supporters. Ce n’était même pas gagner des matches, gagner de l’argent, bien communiquer, parce que ça, évidemment, tout le monde veut le faire. On devait retrouver de la crédibilité. On l’avait perdue l’an dernier aux yeux des supporters, des partenaires et du football. Les adversaires venaient à Nancy en disant « ils peuvent pas jouer comme ça, ce n’est pas possible ». Il faut que les supporters se retrouvent dans cette équipe.

Photo ASNL

D’où toutes les actions de communication à destination des supporters cet été ?
Oui. On a fait un entraînement non annoncé en fin d’après midi au mois d’août sur la place Stanislas à 19h. On est arrivé par surprise et on a tapé le ballon avec des locaux et des touristes. Du tennis ballon et jonglage brésilien, du 4 contre 4 pour finir avec un 9 contre 9, en allant chercher petits et grand aux terrasses. Au regard de la saison dernière, c’était à nous de faire le premier pas. Ça me tenait à coeur. C’est difficile de se comprendre quand vous vous voyez deux fois par an avec une personne. Il y a toujours une glace. Alors qu’en multipliant les échanges, l’échange est facilité et les incompréhensions sont moins grandes.  Avant les matches, les joueurs pas convoqués, blessés ou suspendus, sont dans les VIP, par exemple.

C’est suffisant pour monter en National ?
Tout le monde veut des résultats. Vous pensez que Cholet ne veut pas gagner ce soir ? Cette relation avec les supporters est, elle, primordiale . Les supporters ont vécu quelque chose de très difficile l’an dernier.

« L’ASNL n’est pas un club lambda »

De la situation dont vous avez héritée l’an dernier, est-ce que rapidement il y a des éléments sur lesquels vous souhaitiez vous appuyez pour cette nouvelle saison ?
Le nombre de personnes à l’intérieur du club qui m’ont témoigné leur amitié, leur confiance. Tous les messages que j’ai reçus m’ont conforté dans l’idée que dans ce club-là, celui que j’ai connu étant gamin, il y avait quelque chose de positif à faire. Les gens n’ont pas baissé les bras, loin de là. Ils voulaient retrouver de l’allant et de l’élan. « On a déjà connu des périodes difficiles, on va repartir », c’était leur mot d’ordre. Tenez, je suis allé rencontrer Claude Cuny (88 ans), le fondateur de l’ASNL, la semaine dernière. Il est toujours aussi passionné, le verbe toujours aussi haut. Ce club n’est pas mort. Et surtout, l’ASNL n’est pas un club lambda.

Sauf que les supporters, eux, n’avaient pas forcément le même optimisme…
Les supporters s’étaient retournés contre le club. J’ai discuté avec eux cet été et j’ai vite compris qu’ils allaient être avec nous pour remonter et nous soutenir, mais à condition qu’on le mérite. Vous savez, on est Lorrains, nos grands-grands-parents ont gratté le sol en étant agriculteur ou plus souvent dans les mines. Ces valeurs sont restés dans la tête des habitants. On se doit aujourd’hui de gratter également. Gratter des ballons, gratter des points. On ne peut pas mettre notre costume d’ex de Ligue 2. Si on l’oublie, nos adversaires vont vite nous le rappeler.

Le stade Marcel-Picot répond présent à chaque match. Etes-vous étonné ?
On a des supporters avec un gros bassin de fans autour de Nancy, en Meuse, dans les Vosges. Quand vous avez vécu le traumatisme de la saison précédente, nos supporters, comme toute personne qui a touché le fond, veulent remonter.

« Le coeur, l’âme de l’ASNL, c’est la formation »

Elle était devenue inexistante, quelle relation avez-vous avec le centre de formation ? Un centre de formation, qui lui aussi, a navigué à vue l’an passé…
Je me dois d’avoir un regard sur lui. Pour la première réunion du Centre de formation, nous avions demandé à y participer avec mon adjoint. On va voir les matches, jusqu’aux 14 ans. Mon interlocuteur principal pour le point de vue technique, c’est Benoît Pedretti. Quand j’ai besoin d’avoir un avis sur des joueurs à intégrer, c’est vers lui que je me tourne. De par son expérience de joueur et ses qualités d’entraîneur. Il connaît tous les jeunes car il reçoit énormément de remontées. C’est mon référent technique et tactique. Je n’ai pas besoin de passer par sept intermédiaires pour avoir un avis sur un joueur.
On a quatre jeunes joueurs de 17 et 18 ans avec nous jusqu’au mercredi / jeudi et après ils retournent s’entraîner avec la réserve. Mais vu qu’ils le méritent, je les garde avec moi. Le coeur, l’âme de l’ASNL c’est la formation. Regardez dans l’histoire, toutes les équipes pros qui ont brillé étaient grandement issues de la formation.

La cellule de recrutement, est quant à elle de plus en plus en maigre, par contre…
On ne va plus chercher le 4 ou le 5e choix à Paris ou Marseille, on ne peut plus se le permettre. Il faut déjà qu’on soit capable de prendre le premier choix chez nous à Dombasle, Vandoeuvre ou Mirecourt.

Pourquoi Nancy ne peut plus se le permettre ?
On n’a plus la capacité de jouer la finale de Gambardella ou le haut du tableau en permanence, il faut recruter différemment. Repartir avec ces garçons-là en se recentrant sur du local, pour qu’ils adhèrent au projet.

« Il faut être dans les six premiers à la trêve »

Photo ASNL

Avec cette série en cours, craignez-vous d’être encore plus attendu ce soir contre Cholet ?
On a joué Bourg-Péronnas et Alain Pochat, le coach, m’a dit « C’est le match de l’année ». On a joué à Concarneau, la veille, le coach a dit que c’était le match de la saison. Depuis le premier match, on est attendu. Jouer à Marcel-Picot, dans cette enceinte qui a connu l’Europe, de très grands joueurs, évidemment que ça donne envie d’avoir envie de jouer dans ce stade, contre nous. C’est un bonheur de jouer ici, avec une si belle pelouse (deuxième l’an dernier au classement LFP), les adversaires ont plaisir à jouer. Tous les matches vont être difficiles. Il n’y a pas de surprise pour mes joueurs. Je l’ai dit dès le premier jour de la prépa. Et même dès le recrutement : « Tu te rends compte de la difficulté ? Ce ne sont pas trois quatre matches qui vont être difficiles, c’est tous. Tous avec le même niveau d’intensité chez nos adversaires. »

En coupe de France, vous avez hérité de Nilvange (D2). Où placez-vous cette coupe dans vos objectifs pour cette saison ?
J’ai dû mal a dire à mes joueurs : « Ce match, si on ne le gagne pas, ce n’est pas important ». La compétition c’est la compétition. On ne gagnera pas tous les matches, c’est sûr. Mais au moment de serrer la main à l’adversaire à la fin du match, il faut avoir tout donné pour pouvoir le regarder dans les yeux. Après, pour la Coupe de France, il y a d’abord le match de Cholet ce soir, et j’aurai le temps d’y penser après. Et au-delà de ça, je n’ai pas de tour minimum à atteindre en tête.

Quand vous êtes devant le classement, vous regardez en haut (un point de retard sur le leader) ou en bas (trois points d’avance sur le premier relégable) ?
Je suis concentré sur les matches les uns après les autres. Il faut être dans les six premiers à la trêve.

Avec six descentes en fin de saison, qu’est-ce que cela implique ?
Ça met une pression sur les joueurs, les entraîneurs, les clubs, mais surtout sur les arbitres. Ils ont une pression terrible.

Plus tôt dans la saison qu’auparavant ?
Oui. Dès août c’était le cas. La tension n’est pas crescendo vers mars avril comme avant. Dans ce championnat, tu ne peux pas perdre de temps. Une équipe qui prend du retard ne pourra jamais revenir. Ces six descentes impactent psychologiquement tout le monde.
Est-ce vital de remonter cette saison pour l’ASNL ?
Pour le club, je ne sais pas. Mais pour moi, ça l’est. Pour l’ASNL on a un projet de remontée sur 2 ans avec le président. Moi, en tout cas, c’est mon objectif. Celui que j’ai voulu me donner.

Championnat National (8e journée), ce soir, à 19h30, au stade Marcel-Picot : Nancy – Cholet.

La suite de notre dossier sur l’AS Nancy Lorraine demain, à 13 heures !

Texte : Alexandre Plumey / Mail : contact@13heuresfoot.fr / Twitter : @Alex_Plums

Photos : AS Nancy Lorraine

Après avoir raccroché les crampons en 2014, le 2e meilleur buteur de l’histoire du National s’est lancé dans le métier d’entraîneur. L’actuel coach de Salon Bel Air (Régional 2) revient sur sa carrière, ses choix, et évoque son caractère, qui lui a peut-être fermé les portes de la Ligue 2. Portrait.

Photo C3M – Salon Bel Air

Cyril Arbaud était un joueur très convoité dans les années 2000. Pour une raison simple : il mettait des buts ! Forcément, les clubs voulaient s’attacher les services de ce finisseur, de ce « baroudeur » qui a beaucoup bourlingué durant sa carrière. Un buteur estampillé « National », la division où il a le plus souvent évolué (224 matchs à Louhans-Cuiseaux, Roye, Laval, Istres, Cannes et Rouen), la division où il a le plus marqué, donc, au point de devenir le 2e meilleur buteur de l’histoire du championnat, avec 85 buts, derrière Kevin Lefaix et ses 87 réalisations. « 85 ? Mais il me semble que l’on a oublié de me comptabiliser certains buts, je ne suis pas sûr, lance celui que tout le monde appelle Cissou ».

L’OM, son club de coeur

Photo C3M – Salon Bel Air

Depuis la fin de sa carrière, à Marignane-Gignac, en National 2, en 2014, « Cissou » est passé de l’autre côté. Désormais, il ne compte plus les buts mais les ballons dans le sac à la fin des entraînements qu’il dirige.

Après quatre ans à Marignane avec la réserve et une accession de Régional 1 en National 3 (mais son équipe n’a pu accéder à l’étage supérieur en raison de la descente de National en N2 de l’équipe fanion), puis deux ans comme adjoint à l’Entente UGA Ardziv Marseille (N3 et R1), le voilà depuis l’an passé aux commandes de Salon Bel Air, en Régional 2, à Salon-de-Provence, à une petite demi-heure de chez lui : « J’habite aux Pennes-Mirabeau, entre Aix-en-Provence et Marseille, je mets 25 minutes en scooter pour aller au club ! ».

« C’est ma deuxième saison à Salon Bel Air, explique l’ancien « minot », passé par le centre de formation de l’OM dans les années 90; on structure le club petit à petit, il y a eu du renouveau cette saison, on repart quasiment de zéro, avec une politique de jeunes. On s’est donné quelques moyens, on a recruté quelques bons joueurs, des jeunes, que l’on essaie de mettre dans de bonnes conditions. Il faudrait que l’équipe fanion retrouve la R1 même si cette saison ça va être compliqué. On se donne deux ou trois ans. »

Un joueur de … caractère !

Photo Serge Haouzi

Toujours autant passionné de football – « Chaque week-end, je regarde les résultats des clubs où je suis passé, j’ai gardé beaucoup de liens aussi », – Cissou le Marseillais n’a malheureusement jamais pu jouer en pro dans son club de coeur, à l’OM : « J’ai commencé le foot à l’USPEG Marseille, puis je suis allé à l’OM et à l’âge de 14 ans, je suis parti à Vitrolles, avant de revenir à l’OM en U17 nationaux et là, j’ai passé 3 ans au Centre de formation. C’était magnifique. Même si c’était une super époque, c’était compliqué pour les jeunes. En fait, il s’est passé quelque chose lors de ma dernière année : je suis parti faire un essai à Caen, sans que l’OM ne le sache, et j ‘y suis même allé trois fois; ensuite, ça s’est su et l’OM ne l’a pas bien pris. L’histoire s’est terminée comme ça, en queue de poisson. C’est dommage, mais c’était mon choix. J’avais envie de voir ce qui se passait ailleurs. J’ai passé des moments extraordinaires avec les copains au centre, où Georges Prost m’a appris beaucoup de choses. »

Cyril Arbaud faisait l’avion pour célébrer ses buts (ici sous le maillot de l’AS Cannes). Photo Serge Haouzi.

Finalement, Cyril signera à Porto-Vecchio, en CFA, après avoir découvert ce championnat avec la réserve olympienne. Puis il se forger une solide réputation à l’échelon au-dessus, en National, sans jamais connaître la Ligue 2. Une anomalie sur un CV bien garni, qu’il explique par ses choix de carrière, notamment quand il a quitté Istres après une accession en Ligue 2 pour s’engager à Cannes en National, alors qu’il lui restait un an de contrat avec le club provençal, et aussi, peut-être, par son caractère bien trempé, ce qui a pu freiner les ardeurs de quelques dirigeants. « J’avais une réputation de joueur ingérable, de caractériel, parce que quand je n’aimais pas quelque chose, je le disais à ma manière, je le faisais ressentir, je prenais la parole pour tout le monde, et c’était mal perçu. Mais j’étais comme ça, c’était moi, je vivais football, je vivais collectif. C’était pour faire évoluer les choses, pas pour semer la zizanie. »

Cyril Arbaud, du tac au tac
« A Rouen, le stade était bouillant ! »

Meilleur souvenir sportif ?
C’est la montée en L2 avec Istres

Pire souvenir sportif ?
Ma blessure au genou, les croisés, à Roye, j’ai manqué six mois, j’ai mis du temps à revenir, du coup je n’ai fait qu’un match avec l’équipe, c’est dommage car le club est descendu et je pense que j’aurais pu les aider à batailler pour le maintien en National. Je m’étais fait ça à l’entraînement, sur une reprise d’appui, après un duel. La classique quoi.

Ton plus beau but ?
Peut-être pas le plus beau mais celui qui m’a amené le plus de satisfaction, avec Porto-Vecchio, en CFA, contre les Girondins de Bordeaux, en 16e de finale de la Coupe de France (février 2000), à Furiani. On était coaché par François Ciccolini. Le stade était à nos couleurs, en rouge et blanc. J’égalise. C’était une émotion particulière. J’ai ressenti comme une vague de supporters déferler des tribunes contre moi, ça m’a vraiment marqué, c’était au début de ma carrière. Mais ensuite, à 1-1, ils ont fait rentrer Dugarry, il a fait un festival, et on a perdu (1-4). Je n’ai joué qu’une année en corse mais ce fut exceptionnel. En plus, juste après, je suis parti dans le Nord. Vraiment une super expérience. J’ai gardé des liens, notamment Coco Aubanel, on va se retrouver face à face d’ailleurs dimanche en championnat puisqu’il entraîne Saint-Maximin, en R2.

La fiche technique du match (16e de finale de coupe de France, le 12 février 2000).

Porto-Vecchio – Girondins de Bordeaux 1-4 (1-1). Buts. – Porto-Vecchio : Arbaud (38′); Bordeaux : Laslandes (18′), Dugarry (58′, 69′), Martins (76′). 4 000 spectateurs.

Porto-Vecchio : Massoni, Akaouch (Puech 80′), Lassource (Guyot 80′), Estabes, Belarbi, Aubanel (Carapuca 70′), Soliveres, Marchetti, Ouombleon, Aït-Yahia, Arbaud. Entraîneur : François Ciccolini.

Girondins de Bordeaux : Ramé, Afanou, Saveljic, Diabaté, Bonnissel, Grenet, Pavon, Ziani (Martins 74′), Micoud, Wiltord (Dugarry 57′), Laslandes. Entraîneur : Elie Baup.

 

Plus beau raté ?
C’était à Louhans-Cuiseaux, sur une passe en retrait de Loïc Nieto, contre Besançon, qui était monté en L2 cette saison-là. On était au coude à coude avec eux en championnat. A 1-1, alors que j’avais égalisé, j’ai la balle du 2-1, et alors que je suis à un mètre du but, j’arrive à la mettre à côté ! J’avais déjà les bras en l’air ! Ce sont des choses qui arrivent !

Un stade, un club ?
L’Olympique de Marseille et le Vélodrome, ça va de paire.

Le club où tu as failli signer ?
Valenciennes et aussi Bastia, quand j’étais à Cannes : je voulais vraiment y aller mais Cannes m’a bloqué, je me suis disputé avec eux, et finalement, je suis allé à Rouen en National. Je n’ai aucun regret. Mais ce sont deux clubs où j’aurais pu jouer.

Un coéquipier ?
Cédric Rémy. Un ami. Un joueur aussi qui m’a toujours fasciné par sa simplicité et sa qualité technique. C’est un joueur que j’ai connu au début de ma carrière pro, à Louhans-Cuiseaux, et je n’ai plus jamais retrouvé un joueur aussi fort que lui. Il m’a impressionné. Il avait un pied gauche magique. Et pourtant j’en ai côtoyés quelques-uns ! C’était un vrai numéro 10 et pour moi qui suis attaquant, c’était extraordinaire de jouer avec lui.

L’équipe où tu as pris le plus de plaisir ?
Collectivement et individuellement, je dirais Istres, avec l’accession en Ligue 2 au bout.

Une erreur de choix de carrière ?
Je ne suis pas quelqu’un qui regrette les choses, je suis quelqu’un qui s’adapte facilement quelque part, maintenant, avec le recul, je pense que ma troisième et dernière saison à Louhans-Cuiseaux a été très difficile, il y a eu un changement d’entraîneur et j’ai eu des déboires avec mon ancien agent, qui était aussi l’agent de Sylvain Matrisciano, le coach. Je ne voulais pas rester. j’ai fait l’année de trop. C’est la seule dans ma carrière.

Un coach perdu de vue que tu aimerais revoir ?
Dans l’ensemble j’ai toujours eu de bons rapports avec tous mes entraîneurs, même si j’avais un peu cette étiquette de joueur caractériel et ingérable; à Cannes, par exemple, avec monsieur Albert Emon, on avait des divergences, mais on s’est déjà revu, y’a pas de souci avec lui. Mais à Cannes, y’avait des choses qui me dérangeaient, alors que ce groupe avait une qualité folle, et je trouvais aberrant qu’on n’y arrive pas. On s’est pris le bec plusieurs fois, mais j’ai beaucoup de sympathie pour lui. Humainement, il était top. Alors pour répondre à la question, je citerais Alain Ravera ou Denis Troch, qui m’a beaucoup inspiré sur l’approche des matchs et la préparation mentale. Et aussi monsieur Garcin à Rouen, un super-entraîneur, un super-mec, avec qui j’ai perdu le contact. Ces entraîneurs-là m’ont marqué et aidé dans mon cursus, pour devenir entraîneur aujourd’hui.

Ton geste technique préféré ?
Je n’en avais pas un spécialement, moi, du moment que le ballon entrait au fond, ça me suffisait, c’était ma seule satisfaction ! De l’épaule, de la tête, du front, qu’importe. C’est sur que des frappes de 30 ou 35 mètres, je n’en ai pas mis beaucoup. J’étais plus dans la finesse, ouvrir le pied, placer le ballon, assurer, cadrer.

Une causerie de coach marquante ?
Celles de Denis Troch.

Une anecdote de vestiaire que tu n’as jamais racontée ?
Si je ne lai pas racontée, c’est que … Oh, tu vois Anthony, tu veux me faire dire des choses qui ne sont pas bien (rires) ! Bien sûr qu’il y a eu du rififi des fois, comme dans tous les clubs, mais ça reste dans le vestiaire, j’ai eu des frictions avec des joueurs, je m’en excuse. Même avec certains avec qui j’ai eu des histoires, on s’entend super bien aujourd’hui.

Le joueur le plus connu de ton répertoire ?
Certains ont joué en Ligue 1, Eric Bauthéac à Cannes, Julian Palmieri et Gary Coulibaly à Istres, Sigamary Diarra, Fahid Ben Khalfallah, Rémi Gomis, Anthony Gonçalves, Arnaud Balijon, à Laval, y en a quelques-uns.

Le stade qui t’a procuré le plus d’émotion ?
(Il réfléchit) Ah, quand même, le stade Diochon, à Rouen. Quand tu marquais, c’était quelque chose, le stade était bouillant. Rouen, c’est vraiment une ville de foot. J’ai des regrets, car j’ai eu des pépins au genou là-bas, j’ai été mal soigné, et j’ai vraiment eu du mal à revenir physiquement lors de ma deuxième année. Quand j’y étais, y’avait une grosse équipe de National, on sentait les supporters vraiment derrière.

Un modèle d’attaquant ?
Marco Van Basten et bien sûr Jean-Pierre Papin.

Des rituels avant un match ?
J’aimais bien boire un petit thé avant de partir au stade, je prenais toujours un peu de temps pour lire mon journal, j’aimais bien déconner, chambrer, titiller, tout en restant concentré, dans ma bulle. Tout en respectant la préparation des autres. J’aimais bien aller faire le con, ça permettait de détendre un peu l’atmosphère.

La ville que tu as préféré ?
J’ai bien aimé Laval, une ville de football aussi. j’ai bien aimé Dunkerque aussi, l’accueil, les gens. Après, je suis plutôt facile, je me suis intégré partout. J’ai bien aimé Cannes aussi, c’était super.

Même à Roye ?
Alors, figure toi que Roye, c’est une super-ville : là-bas, j’ai gardé de super-contacts, comme avec la personne qui s’occupait du stade, on était un groupe de copains, c’est pour ça que j’ai été frustré de ne pas jouer, je savais que je pouvais les aider en marquant quelques buts.

Comment on passe de Louhans-Cuiseaux à Roye ?
A Louhans, lors de ma 3e saison, j’ai eu ce problème avec cet agent, et j’ai décidé d’arrêter avec lui. J’ai fait une année blanche. Je crois que je n’ai pas marqué un seul but cette saison-là. La situation s’était très vite dégradée, beaucoup de choses m’avaient déplu, ça s’est très mal passé. Et comme je n’avais pas ma langue dans ma poche… Des clubs m’avaient sollicité mais des choses s’étaient racontées sur moi. Roye m’a ouvert ses portes, ça a matché avec le président, et pour moi, peu importe que le club soit huppé ou non. Malheureusement…. tu connais la suite.

Qualités et défauts sur un terrain ?

Avec le FC Rouen, en 2011 (Photo Bernard Morvan)

Buteur je pense. J’avais ce truc de sentir les coups. Quand tout le monde allait au premier poteau, moi je sentais que le ballon allait arriver au deuxième. J’étais trop caractériel, ça m’a sûrement porté préjudice à certains moments. J’ai eu quelques « trucs » avec deux ou trois coéquipiers.

Et puis à Rouen, là, ce fut avec le président Pascal Darmon, car les joueurs n’étaient pas payés, et ça… ça n’est pas passé avec moi. S’il fallait mettre quelques tartes pour faire comprendre certaines choses…

J’étais capable de le faire, mais ça m’a porté préjudice, alors que je n’étais ni violent ni agressif. Mais c’est comme ça, je suis comme ça. Bien sûr, je regrette certaines choses que j’ai faites, notamment à des coéquipiers, mais ce n’était pas contre eux, je pense que j’étais un garçon super gentil, mais sur le terrain, voilà, j’étais un compétiteur, j’avais cette gagne en moi.

Et aujourd’hui, sur un banc ?
Je me canalise, oui, je suis bien obligé, j’essaie de donner la meilleure image possible de mon club, de mon équipe, j’essaie d’inculquer certaines valeurs, même si je reste compétiteur et gagneur. Après, on a des formations, au niveau de la Ligue, qui permettent de nous aider à gérer les situations, à prendre sur soi.

Pourquoi n’as-tu jamais joué en Ligue 2 ?

Avec l’AS Cannes, en 2010. Photo Bernard Morvan.

J’ai eu la possibilité d’y aller, mais c’est des choix personnels : j’ai préféré rester un « grand » chez les « petits », plutôt que l’inverse. J’ai eu des propositions, mais voilà. A Istres, après l’accession en Ligue 2, j’aurais pu rester, j’avais encore une année de contrat. Mais monsieur Fakhri et Cannes sont arrivés… C’est toujours pareil, il y a le ressenti, et les moyens que le président de Cannes a mis, c’était exceptionnel à l’époque, le discours par rapport à moi, ça m’a plus, à la seconde où je l’ai eu au téléphone. J’étais un garçon de challenge. J’aurais tellement souhaité que Cannes retrouve le niveau pro. Aujourd’hui, je sais que Jean-Noël Cabezas y fait du bon boulot en National 3 et j’espère que ce club va retrouver la place qu’il mérite.

Tu étais un joueur plutôt …
Généreux.

Si tu n’avais pas été dans le foot…
J’aurais certainement bossé dans la coiffure !

Ta plus grosse prime de match, tu t’en souviens ?
Oh pauvre, oui ! C’était à Dubaï ! J’ai joué une année là-bas à après ma saison avec Laval où j’avais marqué 22 buts avant de me retrouver à l’UNFP ! Pour le coup, je n’ai eu que des propositions qui ne m’intéressaient pas. J’en avais marre. On fait un match amical contre Clermont, un agent vient me voir et me propose d’aller là bas, au Dubaï Cultural Sport club, mais je suis revenu assez tôt car le championnat a fini tôt, et j’ai demandé à m’entraîner avec la réserve d’Istres, ce que Nicolas Usaï, le coach de l’époque, a accepté. Et avec Frédéric Arpinon, le coach de l’équipe une, ils m’ont proposé de signer la saison suivante, en National. Ah, la prime à Dubaï ? 5000 dollars !

Ta plus grande fierté ?
D’avoir joué pendant autant d’années et d’être resté en forme, sauf la saison à Roye, et d’avoir pu vivre de ma passion pendant presque 15 ans, d »avoir connu des gens, des régions, d’avoir vécu des émotions fortes, des moments exceptionnels. Aujourd’hui, je retrouve ces émotions en tant que coach, je me régale dans ma nouvelle vie d’entraîneur.

Plus grande fierté familiale ?
Mes deux filles, dont une, Loane, joue à l’OM. L’autre, Julia, 11 ans, et fait de la danse.

Texte : Anthony Boyer / Mail : aboyer@13heuresfoot.fr / Twitter : @BOYERANTHONY06

Photos : Christophe Martinez (C3M – Salon Bel Air), Bernard Morvan et Serge Haouzi.