C’est l’entraîneur de la remontada dunkerquoise ! Grâce à un parcours exceptionnel après son arrivée sur le banc (31 points sur 36 !), l’USLD a retrouvé la Ligue 2, un an après l’avoir quittée. Le Biterrois de 44 ans est devenu le spécialiste des montées après celles vécues à Béziers (2018) et Bastia (2021). Entretien exclusif.

Lorsque Mathieu Chabert a signé le 2 mars, Dunkerque était alors 7e de National avec 9 points de retard sur Martigues et 8 sur Concarneau. Grâce à une extraordinaire série (10 victoires, 1 nul, 1 défaite soit 31 points sur 36), le club nordiste, vainqueur (3-2) au Mans lors de la dernière journée, a gagné sa place en Ligue 2, un an après l’avoir quitté.
Successeur de Romain Revelli, Mathieu Chabert, 44 ans, qui avait lui-même été écarté de son poste à Châteauroux début décembre, a transformé cette équipe de Dunkerque.
C’est sa 4e montée en six saisons après celle en Ligue 2 avec Béziers en 2018 avec déjà une série exceptionnelle (9 victoires sur les 12 derniers matchs) et les deux avec le SC Bastia, de N2 en National (2020) alors que son équipe était largement distancée par Sedan lors de son arrivée en octobre 2019 puis de National en L2 (2021).
L’ancien conseiller à Pole Emploi, au parcours atypique, est passé maître dans l’art d’emmener son groupe vers le haut lors des fin de saisons. Après avoir fêté la montée des Maritimes et commencé à rencontrer ses joueurs, Mathieu Chabert, malgré un emploi du temps très chargé, est revenu en longueur sur cette montée pour 13HeuresFoot.
C’est votre 3e montée en Ligue 2 avec trois clubs différents. Parvenez-vous à établir une hiérarchie entre elles ?
La dernière est forcément la plus belle. C’est celle en tout cas dont je suis le plus fier par rapport à ce qu’on est arrivé à mettre en place dans un laps de temps aussi court. C’est la première fois que des joueurs me pleurent dans les bras. Ça, je m’en souviendrai toute ma vie. Sur les trois montées en L2, aucune n’est pareille. Avec Bastia, c’était la fin du Covid et on est monté en regardant le match de QRM à la télé dans un salon du stade Furiani… Attention, c’était magnifique mais il manquait quelque chose. Avec Béziers, on était sur le terrain, on a regardé la fin du match Grenoble – Entente Sannois Saint-Gratien sur nos téléphones et on a explosé ensuite. C’était très fort. Celle-là, avec Dunkerque, c’était différent car on savait que si on gagnait, on ne dépendrait de personne. Tiens, je vais vous raconter ma causerie…
Allez-y…
On leur a montré une vidéo sur les réactions à la fin des équipes qui gagnaient une finale ou montaient… Il y avait La Rochelle en Coupe d’Europe de rugby, la fin du match et la montée d’Amiens en L1 en 2017 avec ce but à la 96e minute, celle de l’AC Ajaccio l’an dernier ou celles d’Annecy et Laval en L2 la saison dernière. C’était des caméras fixes sur les bancs de touche où on voyait de la tension sur les visages car la libération était proche, puis l’explosion. Les joueurs ont vu tout ça une heure avant le match. Trois heures après, c’est nous qui vivions les mêmes scènes. C’est ça qui est le plus beau émotionnellement. A Dunkerque, c’est la première fois que je fais douze causeries motivationnelles. A la fin, c’était devenu un jeu pour les joueurs. Ils disaient : « qu’est-ce que le coach nous a préparé cette fois ? » Ce qui est sûr, c’est qu’on a aussi bien rigolé. J’ai fait des causeries vidéos sur des combats de boxe, de MMA, sur des loups qui chassaient des buffles, le parcours de Benzema avec le Real Madrid en Ligue des Champions la saison dernière ou la compilation de leurs plus beaux buts. Mais j’ai déjà prévenu les joueurs : en Ligue 2, je n’aurai pas la capacité à en faire 38 comme ça.
Quatre montée en six ans, ce n’est plus une question de chance ou de hasard. C’est quoi le secret de Mathieu Chabert ?
Dans la vie et le sport de haut-niveau, il n’y a jamais de hasard. Le Mathieu Chabert de la montée de Béziers n’est plus le Mathieu Chabert de la montée de Dunkerque. Je n’ai pas changé. Je suis toujours le même. J’avais des facilités dans le management. C’est primordial et c’est un aspect que j’aime beaucoup.
Mais j’ai surtout beaucoup progressé tactiquement. J’ai un projet de jeu plus clair. Ce qui me fait plaisir, c’est que les joueurs ont apprécié. Le rôle et la fonction de chaque joueur étaient bien définis et étaient clairs. Les joueurs s’y sont retrouvés, ils ont eu un cadre dans lequel évoluer et ça a marché. Je suis fier bien sûr d’avoir réussi cette 4e montée en six ans avec Dunkerque. Mais ma plus grosse fierté, c’est de l’avoir réussi en proposant un jeu qui n’était pas celui que j’avais avec Béziers.
A Châteauroux, vous avez été beaucoup critiqué. Cette montée six mois après votre éviction est-elle une revanche ?
Je préfère profiter des moments que je suis en train de vivre plutôt que d’avoir de la rancœur. Ça ne sert à rien. Je n’ai de revanche à prendre sur quiconque. C’est le foot. Je trace ma route avec les gens qui ont envie de me connaître. Ceux qui n’ont pas envie, je ne m’en occupe pas. Chacun peut penser ce qu’il veut de moi, ça ne m’atteint pas. Je n’ai plus de problèmes avec ça. Avant, j’étais plus jeune. Je suis toujours un jeune entraîneur mais il m’a fallu un temps d’apprentissage pour savoir désormais me concentrer sur l’essentiel. Après, je vais vous dire une chose : si je suis monté avec Dunkerque, je suis persuadé que c’est aussi grâce à mon expérience à Châteauroux.
Expliquez-nous…
Tout simplement, j’ai beaucoup appris là-bas. Sportivement, ça a été le premier échec de ma carrière. Mais j’en ai tiré du positif. Je suis très content que Châteauroux se soit maintenu en National. Je suis content pour Maxence Flachez qui est quelqu’un que j’apprécie humainement, pour Michel Denisot, Patrick Trotignon et tous les gens de United World (le propriétaire saoudien). Après le match, j’ai reçu des messages de United World. Ils m’ont félicité pour la montée et ça m’a fait très plaisir. Je suis aussi content pour certains joueurs mais pas forcément pour tous les joueurs car certains ne sont pas des bonnes personnes… Je suis content pour tous les gens qui m’aimaient à Châteauroux. Et même pour ceux qui ne m’aimaient pas car leur club s’est maintenu.
Petit retour en arrière. Lors de votre départ de Châteauroux, vous nous aviez déjà accordé une interview exclusive dans laquelle vous expliquiez que vous ne vous voyiez pas replonger cette saison. Pourtant, le 2 mars vous arrivez à Dunkerque…
Reprenez mes propos… J’avais dit que si jamais il y avait un projet intéressant et que j’estimais qu’il ne pouvait pas se refuser, je ne m’interdisais pas de retenter le coup. Ça a été le cas à Dunkerque pour plusieurs raisons. D’abord car le terrain me manquait déjà beaucoup.
Contrairement à ce que j’avais vécu entre Bastia et Châteauroux, cette période a été plus longue, du 6 décembre au 1er mars. J’avais bien digéré, j’avais bien profité, je m’étais bien ressourcé. Je commençais à tourner en rond. J’avais cette sensation de manque et quand on a ce manque-là, ça créé une envie. J’ai eu Edwin (Pindi, le président) au téléphone et entre nous, ça a matché de suite.
C’est important de sentir qu’il y a des dirigeants qui vous veulent et que moi j’avais envie d’y aller. Entre nous, c’était gagnant-gagnant. Moi, je n’avais rien à perdre. Et sincèrement, j’avais quand même une idée derrière la tête car on veut toujours faire le maximum…
Ça veut dire que vous pensiez pouvoir revenir sur le haut de tableau malgré vos 9 points de retard ?
J’avais joué Dunkerque avec Châteauroux. J’avais trouvé que c’était une équipe très cohérente, bien structurée, avec un effectif de qualité. Je pensais que si on enclenchait une série, il pouvait y avoir une belle surprise. Mais la priorité réelle quand je suis arrivé était déjà d’assurer le maintien rapidement. On a débuté cette série et c’est parti !
Vous êtes rentré dans le cerveau de vos joueurs en leur disant « On va monter » dès votre arrivée. Certains ont avoué qu’il s’étaient dits « il est fou »…
Oui, c’est comme ça que ça s’est passé. Je leur ai dit : « La priorité, c’est de gagner rapidement trois matchs. Ensuite si on gagne ces trois matchs rapidement, je suis persuadé qu’on peut faire une série et gagner les 12 matchs. Et si on gagne les 12 matchs on va monter… ». Quand j’arrive, on est 7e avec 31 points en 22 matchs. Ça veut dire qu’en 12 matchs, on a doublé ce capital en prenant également 31 matchs. C’est juste exceptionnel.
L’acte fondateur, c’est cette victoire (3-2) contre Villefranche avec deux buts inscrits lors du temps additionnel le 17 mars pour votre 3e match avec l’USLD ?
On venait de gagner contre Châteauroux et Saint-Brieuc. Le club n’avait jamais remporté trois victoires de suite. Mais ce match contre Villefranche est effectivement fondateur pour plein de choses. Il valide notre projet de jeu, il valide le fait que cette équipe est mentalement capable de retourner des situations très très mal embarquées et il valide mon discours auprès des joueurs.
Que leur avez-vous dit à la mi-temps alors que vous étiez menés 2-0 ?
Ils pensaient que j’allais les pourrir. Mais je leur ai dit : « Bon les gars, qui a le plus d’occasions ? » Les joueurs me regardent et me répondent : « C’est nous, coach ». Je leur répond : « On est d’accord ». Je leur demande ensuite : « Depuis que vous jouez au foot, même en poussins ou pupilles, avez-vous déjà remonté deux buts et gagné 3-2 ? ». Tous me répondent « oui ».
Et là, j’enchaine par une dernière question : « Selon vous, combien de temps il faut pour marquer un but en moyenne, que ce soit en phase de récupération, en attaque placée ou en transition ? » Ils me regardent tous, ils ne comprennent pas trop… Je leur dit alors : « Il faut 30 secondes en moyenne. Il reste 45 minutes, potentiellement on peut donc marquer 90 buts. Ce n’est pas 3 buts qui vont nous faire peur…»
Visiblement, vos mots ont fait mouche…
Les mecs s’attendaient à ce que je les pourrisse et je leur tiens ce discours. Il fallait juste que ce soit nous qui marquions le 3e but du match. A partir du moment où on arrivait à le marquer, cela pouvait faire basculer le match. Freddy Mbemba marque vers la 55e minute et ça bascule. Sur le moment, je ne me dis pas que c’est un match fondateur. Mais avec le recul, je m’en suis rendu compte. Car derrière, on gagne notre 4e et 5e victoires de suite à Sedan et face au Red Star. Mais pour moi, il y a un autre match qui a compté dans notre parcours.
Lequel ?
Contre Le Puy lors de la 31e journée. C’est celui qui vient après notre défaite à Martigues (1-0), qui arrivait après sept victoires consécutives. Le Puy, c’est certainement notre plus mauvais match, on n’a pas beaucoup d’occasions. Mais on le gagne 1-0 à la 75e minute. Ce match est très important car beaucoup de personnes pensaient qu’à partir du moment où on allait subir notre première défaite, on aurait du mal à s’en remettre et à rebondir. Mais cette victoire 1-0, elle nous a relancé. Elle nous a permis de remettre un coup et de finir comme on a fini. Personnellement, elle m’a rassuré sur la capacité de réaction du groupe. J’avais fait 7 matchs, 7 victoires avant Martigues. Je ne connaissais pas l’attitude de mes joueurs dans la défaite.
Lors de votre arrivée, vous avez effectué un choix fort en titularisant dans les buts Arnaud Balijon, presque 40 ans, à la place de Sullivan Péan ?
On sait que pour faire une saison exceptionnelle comme ça et réussir à monter, le gardien doit être une pièce maîtresse.
On ne peut pas monter si notre gardien ne nous gagne pas de points. Arnaud, il nous gagne les trois points contre le Red Star (1-0) et il a souvent été décisif.
Oui, c’était un choix fort. Mais il n’était pas évident. J’arrive le 1er mars. Le jeudi, je dirige mon premier entraînement. La première chose que je dis à Sullivan, qui était juste irréprochable jusque-là, c’est qu’il n’allait pas jouer le lendemain. Quand on est entraîneur, ce sont des moments qu’on n’aime pas trop sur le plan humain. Car on sait qu’on va faire du mal à un de ses joueurs.
Mais les faits vous ont donné raison…
Aujourd’hui, je suis content d’avoir effectué ce choix car ça a marché. Mais ce qui me rend encore plus content, c’est de voir Sullivan, qui a mis du temps à comprendre ma décision et c’est normal, partir en courant et célébrer avec ses coéquipiers nos buts lors des derniers matchs. Quand on réussit à emmener tout le monde, même des joueurs à qui on a fait beaucoup de mal sportivement, c’est ça la plus belle réussite d’un entraîneur.
Après cette montée, on imagine que vous allez continuer avec Dunkerque ?
J’avais une clause d’un an, elle est donc activée. Donc pour l’instant, oui je continue. Mais il faudra aussi que si le futur repreneur arrive, il veuille bien travailler avec moi. J’apprécie beaucoup la manière de travailler d’Edwin Pindi et de Jocelyn Blanchard. Quand on sent la confiance de ses dirigeants, c’est important.
On entend beaucoup parler des problèmes financiers de Dunkerque, de plaintes. Avez-vous des craintes ?
Moi, je profite de l’instant présent et je me projette pour préparer la saison en L2. Le reste n’est pas de mon ressort. Je n’ai pas fondamentalement de craintes pour la suite. C’est juste mon avis, mais déjà avec la manne des droits TV en L2, cela permettra au club de faire les choses de manière cohérente.
Votre derrière expérience en L2 a été écourtée avec un limogeage au SC Bastia en septembre 2021, cinq mois après votre montée. Y a-t-il chez vous une volonté de montrer ce que vous êtes capable de réaliser à ce niveau ?
Ma carrière, je l’ai toujours construite étape par étape. Je pense avoir prouvé ce que je sais faire dans le championnat National avec ces trois montées. Donc oui bien sûr, j’ai beaucoup de détermination et de motivation pour prouver ce que je sais faire à un niveau dessus. Parce que je pense que je le mérite, c’est tout.. Je mérite d’avoir cette opportunité de travailler sereinement en L2.
Texte : Laurent Pruneta / Mail : lpruneta@13heuresfoot.fr et contact@13heuresfoot.fr / Twitter : @PrunetaLaurent et @13heuresfoot
Photos : USL Dunkerque
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Au hit-parade des mots les plus entendus, samedi dernier à Guy-Piriou, à l’occasion de la fiesta organisée pour la montée en Ligue 2 de l’US Concarneau et, cerise sur le gâteau, pour l’officialisation de son titre de champion de National 2023, il y avait une grosse concurrence entre « historique », « incroyable », « magnifique », « extraordinaire » et « formidable ». Mais ça c’était au début. Parce qu’après, on n’entendait plus rien. Trop de bruit, trop de musique, trop d’ambiance. Trop… Trop bien !
« En début de saison, on était parti avec un peu de déception par rapport à ce qu’il s’était passé quelques mois avant malgré un très bon championnat (l’US Concarneau avait fini 4e après avoir longtemps été leader). On savait qu’il y avait un gros danger en raison des nombreuses descentes. Alors vivre ce que l’on a vécu jusqu’au bout, jusqu’à la 34e journée et jusqu’à la 86e minute car on finit le championnat sur le but de « Rabi » (Antoine Rabillard), ce sont des moments très très forts, uniques, imprévisibles. C’est la beauté du foot. J’avais dit aux joueurs avant le match à Orléans qu’ils devaient être fiers de ce qu’ils avaient déjà fait, quelque soit l’issue de la soirée, fiers d’avoir joué à l’US Concarneau durant cette saison 2022-2023. Mais je voulais qu’ils soient fiers aussi après le match et ils l’ont été en donnant ce qu’il fallait. Je suis très content d’avoir eu ces joueurs-là qui ont adhéré à ce que l’on a mis en place. Même quand ça a été plus difficile durant l’hiver, on n’a pas lâché, on est resté sur les mêmes idées et ça c’est une grande fierté. »
« On savait qu’on arrivait au bout et ce n’est pas là qu’on est le mieux car on est gêné mentalement avec tout ce qui se passe dans l’environnement, ça se joue au mental plus qu’au niveau technique, on est tous un peu perturbé. Mais un des tournants de la saison, c’est quand on rentre au vestiaire après la défaite au Puy (2-1, 32e journée) et que l’on apprend que nos concurrents n’en ont pas profité, que les autres résultats nous sont même favorables et qu’on est toujours deuxièmes ! Là, ça nous a donné un coup d’énergie et je pense même que l’on ne serait jamais revenu si on avait perdu la 2e place ce soir-là. Les joueurs ont été formidables et l’un des exemples c’est Antoine (Rabillard), un joueur expérimenté qui a déjà connu une montée en Ligue 2 avec Béziers et qui jouait moins en fin de saison en raison de mes choix. Et quand je fais appel à lui en fin de matchs, il rentre en jeu avec une attitude formidable (double buteur sur les deux derniers matchs). »
« Je crois que ce qui nous a fait passer cette année, c’est l’attitude des joueurs qui jouaient moins. Je pense à « Rabi » parce qu’il a été le plus visible en étant décisif et je suis très content qu’il rentre dans l’histoire du club avec ces buts-là. On a Fahd (El Khoumisti) qui est meilleur buteur, Amine (Boutrah) qui est meilleur joueur, mais derrière on a une attitude extraordinaire avec Ambroise Gboho, Georges Gope-Fenepej, Adrien Julloux, tous ces joueurs qui ont moins joué parce que l’équipe performait. Mais ils ont eu une attitude exceptionnelle jusqu’au dernier match. Tout le monde a compris le message : malgré les déceptions il fallait que l’on reste unis comme jamais. Quand on sent que les joueurs qui jouent moins vous soutiennent, ça crée beaucoup de choses, et je pense aussi aux jeunes qui étaient avec la Régional 1 et qui ont apporté leur touche technique et hissé le niveau des entraînements. On n’avait pas pas ça l’année précédente parce qu’on avait un groupe moins nombreux et je pense que c’est aussi une pierre importante à l’édifice de notre réussite. »
Le président de l’US Concarneau s’est lui aussi confié après cette accession tant attendue : « On ne pouvait pas rêver mieux! Même si le final a été extrêmement stressant et angoissant, tout est bien qui finit bien. Quand on fait l’analyse de la saison, ça me semble mérité et je ne suis pas le seul apparemment à le penser car de nombreux présidents de club m’ont envoyé des messages pour nous féliciter et dire que cette première place était méritée. Ce n’est pas volé en tout cas. Il y avait beaucoup de tension chez les joueurs, on a essayé de détendre tout ça, de les mettre dans les meilleures conditions possibles, les encadrer, leur expliquer ce qu’était le club. On a fait des interventions avec les bénévoles, avec les éducateurs, moi-même je suis intervenu pour essayer de relativiser les choses… Mais il y avait un tel enjeu que ce n’était pas facile, on a essayé de faire le mieux possible et ça n’a pas trop mal marché. »
« Il faut profiter au maximum, ce sont des moments à vivre, des moments rares dans une carrière (il est déjà monté en Ligue 2 avec Béziers en 2018). J’ai moins joué en fin de saison, ce sont des choix du coach. Que l’on ne soit pas content c’est une chose, mais si on boude et que l’on ne fait pas le travail derrière, ça ne sert à rien. Il faut continuer à y croire, à espérer. Personne n’a boudé dans cette équipe, c’est ça qui est extraordinaire, il y a un groupe qui est vraiment uni depuis le début. On l’a senti. Que le groupe vive bien, c’est facile quand on gagne, mais même quand on a eu des moments plus difficiles, on est resté soudés et unis. Le coach a su créer un groupe et on y a toujours cru. C’est la récompense d’un travail de longue haleine qui avait débuté en juin. »

























































Mais j’ai vu que le travail de Maxime se mettait en place. Je ne dis pas ça aujourd’hui parce que l’on monte : je disais exactement la même chose de lui il y a un an et demi. Vous n’avez cas regarder les articles de presse de l’époque. Je n’écoute pas forcément la pression populaire. Et si demain cela se passe moins bien, je ne changerai pas comme ça, on ne peut pas brûler aujourd’hui ce que l’on a aimé la veille, mais là, ce n’est pas le sujet. J’aime travailler sur la durée. Un mois après son arrivée, la saison passée, on fait un super match à Granville, on fait 0-0, alors qu’on aurait dû gagner, mais ça a servi de déclic. Et puis, à l’issue du match il y a eu une grosse échauffourée entre nos joueurs et nos supporters. J’étais vraiment désolé que ça se passe comme ça avec eux. Bien sûr, je condamne cette violence, mais en même temps, ce fut un acte fondateur. Et après Granville, on termine la saison invaincu ! On était une machine. On finit 4e mais on est 2e sur la phase retour (31 points), derrière Versailles.













Les derniers moments de bonheur vécus par les supporters de Nancy remontent à la saison 2015/2016, à l’issue de laquelle le club au chardon est sacré champion de France de Ligue 2 et retrouve l’Élite 3 ans après sa descente.
Mais le début de saison 2021/22 est cataclysmique : 10 matchs sans victoire ! Nancy démarre sa 5e saison de rang en Ligue 2 de la pire des manières avec aucune victoire en dix rencontres. Daniel Stendel, erreur de casting, est remercié, façon de parler. Le technicien n’a jamais réussi à mettre en place ses idées. Le recrutement de joueurs en manque de temps de jeu n’a pas aidé, et que dire de la data, pourtant si chère à Gauthier Ganaye. Cette sacro-sainte technologie aura mené Nancy à sa perte et fait un gros pied de nez à son jeune président, si présomptueux et si sûr de sa force. Un président à tel point sûr de lui qu’il dirige Nancy… en télétravail ! Ses apparitions se font rares, que ce soit à Nancy ou Ostende, les deux clubs qu’il dirige.
Les Lorrains connaissent une parenthèse enchantée dès la reprise en janvier 2022, avec les 32èmes de finale de la coupe de France. En déplacement à Picot, les Rennais se cassent les dents sur une équipe solidaire qui élimine les pensionnaires de Ligue 1 ! L’aventure s’arrête un tour plus tard, avec une élimination par Amiens au terme d’un non-match, comme souvent cette saison-là.
A saison inédite, effectif inédit. Albert Cartier sort d’une expérience en National à Borgo (où il a été remercié en cours de saison). Quand il arrive à l’ASNL, début janvier 2022, il a les mains libres pour réaliser son recrutement, dans un championnat qu’il connaît bien.
Premier match de la saison 2022-2023. Bourg-en-Bresse, club au statut pro, se présente au stade Marcel Picot avec beaucoup plus de certitudes que l’effectif nancéien totalement remanié. Après un match solide, les Bressans s’imposent 2 buts à 1.
Après s’être incliné à Châteauroux (J9) et avoir battu le Stade Briochin (J10), qui n’était pas encore sur la dynamique de sa fin de saison actuelle, Nancy est éliminé en coupe de France par une formation de R1 alsacienne, Reipertswiller, au 7e tour (3-2).
Benoît Pedretti avait laissé le club à la dernière place de Ligue 2 la saison précédente et avait jeté l’éponge face à l’ampleur de la tâche. Le voilà donc de retour aux affaires avec cette fois une autre mission, celle de maintenir le club en National ! Il en va de la survie du statut professionnel de l’ASNL, tout simplement.
Son intuition était la bonne, Nancy connaît des résultats difficiles, en dents de scie et la dynamique se tasse. « L’affaire Pellegrini » va venir entacher tout le travail réalisé sur le terrain avec le retrait d’un point, plus la défaite sur tapis vert face à Concarneau (le défenseur, suspendu, n’aurait pas dû prendre part à ce match). Une terrible bourde et, surtout, des points qui, évidemment, manquent cruellement dans la lutte pour le maintien aujourd’hui.
D’ici là, la bande à El Aynaoui a trois matchs et trois finales à disputer. Le mot n’est pas galvaudé. Et ça commence dès ce soir chez le leader, à Martigues (en direct sur Canal + Foot à 18h30), sans Thomas Robinet, blessé, puis face au Puy à Marcel-Picot, une équipe déjà condamnée mais qui a montré face à Concarneau vendredi qu’elle n’était pas du tout en vacances (succès 2-1) !



Laurent Pruneta (Journaliste au Parisien) : « Pour moi, vu la force que cette équipe dégage depuis quelques matchs, je pense que le Red Star réussira un sans-faute (victoires contre Cholet, Châteauroux et Saint-Brieuc). Elle va récupérer son capitaine et guide Cheikh Ndoye qui était suspendu lors des trois derniers matchs. Martigues est donc condamné au sans-faute avec un gros obstacle contre Nancy qui joue le maintien. Si Martigues bat Nancy, ils seront pour moi quasiment en Ligue 2 car ils affrontent ensuite Borgo puis Versailles, qui est démobilisé et en proie à des gros soucis internes.
Denis Vergos (Le Télégramme) : « Pour la montée en Ligue 2, je voudrais faire une remarque préliminaire : Stéphane Le Mignan avait dit et répété vers la mi-avril qu’il voyait certain(s) concurrent(s) à l’accession gagner la totalité de leurs derniers matchs. Je crois que l’entraîneur concarnois visait en particulier le Red Star que, paradoxalement, son équipe venait de battre (4-1 à Bauer), mais, il faut le rappeler, dans des conditions très particulières : le Red Star avait fini le match à 9. Et il se trouve que les Audoniens restent depuis sur trois victoires consécutives, dont la dernière contre le FC Versailles (0-3) qui a, du coup, été éliminé de la course aux deux accessions.
Jean-Michel Rouet (ex-journaliste à L’Equipe) : « Je mise sur le statu quo, et donc sur le duo Martigues-Concarneau, tout simplement parce que ce sont les deux meilleures équipes du championnat ! Le promu Martigues est épatant depuis le début de la saison et je ne vois pas les Provençaux craquer maintenant. Idem pour Concarneau qui, poussé par un formidable élan populaire et une qualité de jeu remarquable, va selon moi franchir enfin cette dernière marche après s’être arrêté tout près ces dernières saisons…
Anthony Boyer (Nice-matin) : « On peut dire ce que l’on veut, Martigues et Concarneau méritent de monter au moment où l’on se parle ! Sauf qu’il reste trois matchs ! Sauf que Concarneau doit encore se déplacer deux fois, certes contre deux équipes qui ne jouent plus rien (Le Puy ce soir et Orléans), et recevoir Bourg. Je ne sais pas pourquoi, je ne les vois pas faire le plein. Sans doute parce que les Bretons lâchent parfois du lest, perdent des matchs.