Le dirigeant charismatique du FC Borgo (N2) est un personnage truculent qui a su « casser les tabous » et instaurer des valeurs de convivialité, de partage et d’échange avec les autres clubs, même dans l’adversité. Portrait d’un personnage parfois sanguin, souvent attachant, dont la voix et l’aura pèsent.

Une journée. C’est le temps qu’il faudrait, dixit Stéphane Rossi, pour parler d’Antoine Emmanuelli ! L’entraîneur emblématique du CA Bastia* pendant 18 saisons (*de 2000 à 2003 au Cercle Athlétique Bastia Gallia Lucciana puis de 2003 à 2017 au CA Bastia et enfin au FC Bastia-Borgo en 2021-22) n’a pourtant que dix minutes – c’est le temps qu’on lui a donné ! – pour évoquer « son » président, son ami, son ex-coéquipier aussi !
Les deux hommes sont indissociables de l’histoire et de l’aventure du CABGL (et donc du CA Bastia et du FC Bastia Borgo, vous suivez ?) ! « Des anecdotes sur Antoine ? J’en ai plein ! » Stéphane Rossi, sans club actuellement depuis son départ de Cholet (National) le 1er mai dernier, aime raconter celle-ci : « L’année où on était en Ligue 2 (2013-2014), il s’était auto-exclu du banc de touche ! Il n’était pas d’accord avec l’arbitre, alors il lui a dit « Vous n’avez pas besoin de me mettre de carton rouge, je me le mets tout seul ! » Je lui disais souvent de se calmer sur le banc, j’ai essayé de le canaliser. Antoine, il faut le connaître, il peut péter les plombs, mais c’est toujours pour le bien du club, pour défendre le collectif ».
Chaleureux et impulsif

Quand on lui décrit Emmanuelli comme quelqu’un de charismatique, convivial, chaleureux mais aussi d’impulsif, Rossi acquiesce : « Oui, c’est ça, il est très convivial, charmant. Quand tu passes un moment avec lui ou un repas, tu te régales, mais sur le terrain, il change ! Une fois, à Aix-en-Provence, à mes débuts de joueur, donc ça remonte hein, et alors que l’on était coéquipier, Antoine jouait défenseur et a traversé tout le terrain pour « allonger » un mec qui m’avait marché sur le pied ! Il voulait me défendre ! Du coup, il a dû jouer cinq minutes avant de se faire expulser ! »
Ces épisodes, tellement représentatifs du personnage, c’était avant. Depuis peu de temps, Antoine Emmanuelli ne s’assoit plus, ou beaucoup moins souvent, sur le banc de touche, aux côtés des joueurs et du staff. « Ce n’est pas bon pour le coeur, sourit ce personnage truculent, figure du monde amateur; le professeur m’a posé deux stents, l’un avec un moteur de Porsche et l’autre avec un moteur de Ferrari, donc ça va ! »

Il est comme ça, Antoine Emmanuelli ! Il a un côté pile et un côté face. Chaleureux, convivial et en même temps impulsif et sanguin. Capable de convier dirigeants et administratifs d’un club adverse à une réception d’avant match autour d’un bon verre de vin rouge et de la charcuterie (produits corses, évidemment !) et dans l’heure suivante de s’énerver après eux ! Mais ça se termine bien, en général. « C’est vraiment un mec entier, poursuit Rossi; il aime bien partager, mais il ne faut pas lui faire à l’envers ! On est toujours en contact, bien sûr. Quand il m’a rappelé pour entraîner Bastia-Borgo en cours de saison 2021-22, j’ai retrouvé le même fonctionnement au club. Je n’ai passé que 6 mois cette fois mais j’ai eu l’impression de revenir 15 ans en arrière ! Il y avait de la sérénité dans le travail, au club, malgré la situation sportive difficile. Antoine dégageait de la confiance aussi. Il avait toujours un super-état d’esprit, et ça, je peux vous dire que ça manque aujourd’hui dans le football. »
Impliqué dans la vie régionale et fédérale

Ce caractère haut en couleur, ces frasques, ont bien sûr contribué à la « notoriété » d’Emmanuelli, mais il serait réducteur de résumer cet homme de 66 ans, attachant, truculent et sensible, à cela. Car Antoine, c’est aussi et surtout les valeurs, le partage, l’échange, la convivialité, même dans l’adversité : « Parfois je m’accroche, c’est vrai, reconnaît-il; mais ensuite, c’est la passion qui nous rapproche. On est arrivé à instaurer ce fonctionnement avec les autres clubs. On s’invite, on se remet un petit présent, ça ce sont les valeurs de partage. Après, le foot c’est le foot ! »
Le Bastiais a tout connu au club, où il a commencé joueur avec une première licence en minimes, pour en devenir le président, en 2013, au temps du CA Bastia. Aujourd’hui, avec José Orsini, il co-préside aux destinées du FC Borgo, la nouvelle entité créé l’année dernière, alors que le club évoluait encore en National (il est descendu en National 2 cette saison). Il est également vice-président de la Ligue de Corse (depuis 12 ans) et ses fonctions fédérales – il est membre du collège des acteurs du football amateur à la Ligue fédérale amateur (LFA) – font de lui un dirigeant écouté, respecté, qui pèse. Même s’il n’aime pas qu’on le dise. Même s’il n’aime pas trop en parler. « J’essaie de m’impliquer pour faire avancer les choses, pour protéger les clubs. Je reste actif, sans prétention. Je reste à ma place. C’est cette passion qui me permet de rester dedans. Je n’oublie pas que c’est Toussaint Rossi, le papa de Stéphane, qui m’a introduit dans le giron fédéral ».

Défendre ses joueurs, son entraîneur, son club, c’est ce qui a frappé Stéphane Rossi, mais pas seulement : « Antoine, c’est surtout quelqu’un de compétent. Il connaît le foot, il a joué jusqu’en Division 4 à l’époque, il laisse faire les gens, ll leur fait confiance. Je suis bien placé pour le dire. Parfois, on a eu des divergences d’opinion, c’est normal, et parfois même des disputes, mais rien de grave. On allait manger un morceau ou boire un coup et c’était réglé. Pareil, quand je suis revenu au club, en 2021, j’ai senti de la confiance, et si tu ne ressens pas ça, c’est compliqué d’y arriver. Bien sûr, parce que je suis un régional de l’étape, parce que tout le monde me connaissait déjà au club et que je connaissais tout le monde aussi, c’était peut-être plus facile pour moi que pour un autre. Mais avec Antoine, il y a beaucoup de sérénité dans le travail, de confiance. C’est vraiment quelque chose qui m’a marqué. Et malgré la situation sportive difficile dans laquelle on était, c’était franchement très agréable dans le travail et tout ça a rejailli sur les joueurs et sur l’état d’esprit général de l’équipe. Mais pour ça, il faut connaître le football, et ça, Antoine, il sait le faire. »
Interview
« C’est pour ça qu’on est devenu le FC Borgo… »

Antoine, votre meilleur souvenir sportif de président ?
C’est la période quand on monte de CFA en National puis de National en Ligue 2, quand on est monté deux fois consécutivement, entre 2011 et 2013. Avec les matchs de la montée à Alfortville d’abord, qui nous propulse en National, et contre Créteil l’année d’après, quand on accède en Ligue 2.
Pire souvenir de président ?
Plus qu’un mauvais souvenir, c’est une réflexion générale, celle de ne pas pouvoir jouer à Bastia. D’être localisé. Sinon, pour les mauvais souvenirs, ce sont les mauvais résultats, mais je garde cette grosse frustration, de voir cette génération de joueurs qui tout connu jusqu’à la Ligue 2 et qui, à la sortie, après tout ça, a été punie, car il a fallu jouer ailleurs, à Porto-Vecchio (le stade Erbajolo n’était plus homologué). On n’a pas pu utiliser les installations bastiaises. Ce qui fait que l’on n’a pas pu développer notre identité bastiaise. Aujourd’hui, la finalité, elle est là. Si on est devenu le FC Borgo, c’est bien pour cette raison.

Un modèle de président ?
C’est une question difficile. Sur le plan de l’amitié, c’est François Nicolaï. Il a été président de Ligue 1 (au SC Bastia) et c’est mon ami. J’ai participé avec lui à la vie du Sporting mais je suis resté à mon niveau.
Vous avez aussi été dirigeant au Sporting ?
Oui, en même temps qu au CABGL, pendant 5 ans, avec Jean François Filippi. L’entraîneur, c’était Antoine Redin : ma « culture vestiaire », ma « culture banc », ça vient d’Antoine, et j’ai essayé de transmettre ça après. J’ai beaucoup appris à leurs côtés.
Des amis présidents ?
Oui, mais j’ai peur d’en oublier, Gilbert Guérin (Avranches) et Jacques Piriou (Concarneau), on a « grandi » ensemble et pu faire évoluer certaines choses, Jean-Pierre Scouarnec (ancien président de Dunkerque), Pierre Ferracci (Paris FC), Olivier Delcourt (Dijon), Benjamin Erisolgu (Cholet), y’en a beaucoup, Jean-Michel Roussier, sans compter les présidents mythiques, qui ne sont pas mes amis, mais que je respecte beaucoup, comme Jean-Michel Aulas, Noël Le Graët qui, malgré tout ce qu’on a pu dire, est un chef d’entreprise qui a su emmener le foot français à ce niveau, en partant de 80 millions de budget à 240 millions et 2,2 millions de licenciés. J’aurais pu les citer dans la question précédente, comme Marc Keller (Strasbourg) aussi. Et j’en oublie certains, comme Gervais Martel (Lens) ou Joël Coué (ex-président de Niort), que j’ai pu côtoyer lors de notre passage en Ligue 2, ) et aussi Philippe Jean quand il était président de Laval , avec lequel on échangeait beaucoup. Partout où je suis allé, j’ai toujours été bien reçu. L’accueil était très bon. C’était aussi l’objectif recherché, avec les autres présidents, de partager un moment de cohésion, de convivialité. On a eu un très bon accueil quand on est arrivé en Ligue 2, on a eu cette période de convivialité où l’on se recevait les uns les autres, à l’aller comme au retour, on a créé ça, on l’a mis en place, dans une démarche de partage et d’échanges. On a su instaurer des codes qui perdurent aujourd’hui, avec des présidents qui se reçoivent; on a cassé un peu les tabous, malgré la compétition, malgré le contexte de rivalité.

C’est ça, la culture du foot amateur ?
Quand vous allez jouer dans un club où il y a des enjeux, et si vous, vous n’en avez plus, et qu’en plus vous gagnez… On vous convie quand même à la fin du match, c’est ça la convivialité. Quelque part, c’est un peu une reconnaissance. C’est ça la culture du football amateur. Même lors de notre passage en Ligue 2, on pouvait passer pour le petit, le candide, mais on avait gardé nos valeurs, notre identité, notre caractère. Avec nos qualités et nos défauts, comme l’impulsivité. mais on était restés nous-mêmes.
Nostalgique de la période Ligue 2 ?
Non. On a profité. On a pris. On a appris. Aujourd’hui, quand je vais voir le président de Granville, d’Aubervilliers ou de Boulogne-sur-Mer, je suis très content. Je garde mes valeurs d’échanges et de partage, peu importe la division, elles sont là. C’est sûr que c’est plus valorisant de jouer en L2 mais ça ne me pose aucun problème de disputer un championnat de National 2 ou de National. J’en profite pour rendre hommage à Julien Boronat et Ange Paolacci qui, lorsque nous sommes montés en Ligue 2, nous ont accompagnés sur le plan administratif.
Vous êtes un président plutôt …. ?
A l’écoute. Je suis un homme de terrain, respectueux des codes et des principes, qui pense que l’entraîneur doit entraîner, que le président doit gérer, en cloisonnant les choses, en mettant des passerelles.

L’idée une Ligue 3 pro, vous en pensez quoi ?
J’ai lu l’article de Thierry Gomez que vous avez publié. Ce projet de professionnaliser le National, on l’a porté pendant plusieurs années, notamment avec Gilbert Guérin (Avranches) et Jacques Piriou (Concarneau) dans le rôle des principaux acteurs, qui se sont beaucoup investis, comme d’autres aussi. Malheureusement, il y a eu un coup d’arrêt énorme avec l’échec de Mediapro. On a « régionalisé » les 13 Ligues, et on s’aperçoit que certains font marche arrière et veulent reprendre leur « liberté ». On a mis tout notre vécu, toute notre expérience au service de la Fédération pour faire avancer, évoluer les niveaux, protéger les championnats, les joueurs, dans une démarche collective. Mais pour ça, il fallait que le modèle économique suive. La faillite de Mediapro a fait faire un bond en arrière de 10 ans. Et puis la Covid est arrivé aussi… Malgré tout, la Fédération Française de football a accompagné les clubs, au prix du « quoi qu’il en coûte » selon l’expression consacrée, jusqu’à un certain niveau. Il y a eu une certaine solidarité, c’est comme ça que je l’ai ressenti. Mais quand la rivalité nous rattrape, quand le quotidien nous rattrape, on s’aperçoit que l’on refait un bond en arrière.

La Fédération revient sur des obligations, comme la Licence club, même si elles accompagnent par un signal fort ses clubs, ses licenciés, de manière conséquente, contrairement à d’autres fédérations. Bien sûr, on peut toujours mieux faire, mais il ne faut pas toujours aller dans le « tout licence, toute obligation ». Le danger, c’est que certains clubs risquent de sortir du giron et ne plus accepter la démarche de la Fédération, parce qu’il y a des obligations qui, si elles sont trop fortes, risque de conduire à un désaveu et un décrochage de beaucoup de clubs. La réforme peut arriver au bon moment pour redistribuer un peu l’argent. Il va falloir aussi consolider le National 2 et le National 3, et préparer cette réforme, afin qu’elle « atterrisse » dans de bonnes conditions. Il y a des groupes de travail qui se créent, on est en train de le finaliser ça pour 2025. Après, quid du haut de la pyramide du niveau 1 amateur (le National) ? Qui va payer le fonctionnement ? Aujourd’hui, pour reprendre les propos de Thierry Gomez, le National, c’est 9 clubs pros et 9 clubs amateurs. Et l’année prochaine ? Et qui va gérer ? La LFP ou la FFF ? Si c’est pro, c’est pris en charge par la LFP, donc par le collège de la Ligue 2. Et la courroie de transmission, ce sera le National 2, qui deviendra le haut de la pyramide amateur : et là, il faudra voir comment ces clubs de N2 pourront se projeter pour toucher l’échelon supérieur : est-ce qu’être champion donnera le sésame ? Tout ça, on le met sur la table, calmement, sans polémique.

La posture « fédérale », c’est une chose, et celle de Borgo… Comment voyez-vous la chose ?
Nous à Borgo, à part la solidarité, à part un transfert d’un joueur à l’étranger, le club n’a rien, contrairement aux clubs professionnels qui peuvent toucher quelque chose sur un transfert dans un autre club français : c’est ça la différence entre les clubs pros du National et les clubs amateurs. Il faut parvenir à trouver l’égalité, l’équilibre. Il faut en discuter, avec le syndicat « foot uni », avec l’U2C2F, etc. Tout le monde travaille de concert. Il faut y intégrer la Ligue 2 jusqu’au National 3 et je le répète souvent, attention, personne n’est à l’abri d’une descente. Aujourd’hui, des clubs sont en Ligue 2 et demain, ils seront peut-être en National 2, donc il faut rester humble, ça va vite dans le foot.
Le National, voire le N2, ce serait donc le purgatoire pour les clubs pros ?
Aujourd’hui, en Ligue 1, pour rester dans le haut du tableau, il faut entre 45 et 50 millions d’euros, en sachant qu’il existe toujours l’incertitude sportive. En Ligue 2, tu as aujourd’hui 10 clubs qui peuvent descendre en National… Si la Ligue 3 pro voit le jour, ce ne sera pas le purgatoire, non, mais il ne faudra pas y vivre à crédit. Je pense, plus généralement, que si vous n’avez pas un projet de territoire, une histoire, un centre de formation, c’est compliqué. Des clubs comme Nancy, Le Mans, Sochaux, essaie de monter en Ligue 2 pour donner une valeur marchande à leur club, c’est légitime. Mais tout le monde est en danger. Quand vous gérez l’humain c’est difficile, il faut rester prudent; économiquement c’est difficile.

C’est quoi, l’avenir du FC Borgo à long terme ?
C’est de continuer à ce structurer, parce qu’on a l’outil pour. Au niveau des jeunes, c’est franchir les échelons nationaux pour pouvoir être crédibles et attractifs (le club joue en U17 Nationaux), pour construire une équipe en N2 ou en National où l’on puisse se dire, « Voilà, c’est des joueurs qui sortent du sérail », mais ça demande du temps, c’est fragile. Cela demande aussi beaucoup d’investissement et d’engagement de la part de nos partenaires et de la municipalité. Est-ce que l’on pourra y arriver ? Je ne sais pas parce que, à côté de nous, il y a un club qui prend énormément de place, où il y a une énorme attente, et que l’on souhaite revoir en Ligue 1, moi le premier, c’est le Sporting-club de Bastia. J’ai toujours pour habitude de dire « On vit à côté ». Avant, on échangeait, et le SC Bastia nous rendait, nous donnait, mais aujourd’hui, il n’est pas en position de le faire, car il est toujours en phase de construction. Forcément, on subit un peu cette situation-là, dans le sens où on a du mal à échanger naturellement, pas contractuellement, non, car on n’a jamais eu de soucis de ce côté-là, on a toujours su voir l’intérêt de l’un ou de l’autre; par exemple, on récupérait des joueurs qui ne jouaient pas trop chez eux. Mais il devrait y avoir des vases communicants naturels. On pourrait avoir plus de joueurs « locaux », ce qui permettrait d’avoir une plus forte identité, mais on a un peu perdu ça… On nous dit « oui, mais il n y a plus de Corses »… Il faut laisser le temps au temps, laisser les clubs travailler, terminer leur restructuration, et quand on aura retrouvé un équilibre, chacun y trouvera son compte.

Comment fonctionne le club ?
On n’a pas tout à fait 1 million d’euros de budget, avec plus de 350 licenciés, et des frais de déplacements qui atteignent les 250 à 300 000 euros par saison. Mais on fonctionnera toujours comme ça, avec l’un des plus petits budgets, quelles que soient les divisions dans lesquelles on joue. Ce que l’on souhaite, c’est rester attractif : ici, il y a une qualité de vie, on travaille dans de bonnes conditions et sur de bonnes installations. Il y a une culture sportive et un fonctionnement qui nous permettent tout cela. Depuis 2017, on bénéficie d’un nouveau complexe à Borgo très fonctionnel (complexe Paul-Natali), avec deux terrains et on a aussi le stade Paul-Antoniotti. On a tout ce qu’il faut. Mais le club, c’est beaucoup de sacrifices, d’effort et d’investissement.
Le FC Borgo, c’est un club plutôt…
Bien ancré dans la région, qui a une histoire, qui a su garder sa forte identité, même avec la fusion. Un club où on peut travailler sereinement et progresser.
Le meilleur match de l’histoire du FC Borgo, c’est lequel ?
Celui qui nous a permis de gagner à Saint-Brieuc en National 2 (en 2019), à trois journées de la fin, et de nous positionner pour la montée. En gagnant là-bas, on s’était donner les moyens de monter en National, ce que l’on a réalisé en gagnant ensuite à Vannes à la dernière journée.

Le pire match de Borgo ?
Je ne sais pas, les mauvais souvenirs, je les efface (sourire). Ce sont toujours des défaites.
La plus grosse prime ?
Allô ? Désolé, je suis un peu sourd (rires) ! Y’a souvent des cloches qui sonnent fort dans les vestiaires !
Votre plus grosse erreur de président ?
D’avoir fait du sentiment à un moment, de ne pas avoir pris la bonne décision à un certain moment. C’était juste après l’épisode de la Ligue 2. Je ne parle pas de Stéphane (Rossi), non, bien sûr.
Plus grande satisfaction de président ?
Un match référence, en 32e de finale de la coupe de France, quand on a battu le SC Bastia 2-0 à Ajaccio (en janvier 2013), qui était en Ligue 1, et une qualification contre Nancy, alors en Ligue 1, à Ajaccio aussi (2 à 0, en février 2017); ça, ce sont des grosses satisfactions, comme des matchs qu’on a joués à Porto-Vecchio où on a trouvé un accueil formidable. Pareil à Ajaccio. C’est important de le dire. L’échange, le partage, c’est ça aussi ma satisfaction.
Votre plus grosse colère de président ?
Tu me pièges là ! Je ne m’en souviens plus (rires) ! Oui, je peux piquer une crise… comme l’année de la montée en Ligue 2, en 2013, à Rouen, après un match contre le FC Rouen (match en retard perdu 3-2, à trois journées de la fin) : je me revois monter sur la table de massage en train de dire mes quatre vérités, mais toujours en restant lucide, sans crier, pour être crédible. Il y a eu une prise de conscience après ce match et moi, je ne suis plus rentré dans le vestiaire lors des trois derniers matchs et on les a remportés les trois, et on est monté à la dernière journée !
Le joueur emblématique du club ?
C’est difficile ! Il y a Stéphane (Rossi), et aussi Nanou (Antoine) Battesti, un joueur qui a eu des statistiques jamais égalées. Il y a aussi Sébastien Lombard, qui est aujourd’hui l’adjoint de Mickaël d’Amore, notre entraîneur en National 2, et Jean-François Grimaldi, bref, toute la génération de copains aussi qui est monté de CFA en Ligue 2. Aujourd’hui, le joueur emblématique, ce serait Cheick Doumbia, car ça fait 8 ans qu’il est au club.
L’entraîneur emblématique ?
L’entraîneur, c’est Stéphane (Rossi), je n’oublie pas Jean-André Ottaviani aussi, avec qui on a eu une relation très forte.
Une devise ?
Non. Une réflexion plutôt : savoir écouter les gens.
Lire aussi (interview de Thierry Gomez, président du Mans FC) :
https://13heuresfoot.fr/actualites/thierry-gomez-la-ligue-3-cest-le-sens-de-lhistoire/
Texte : Anthony BOYER / aboyer@13heuresfoot.fr / Twitter : @BOYERANTHONY06
Photos : Philippe Le Brech
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N’attendez pas de Thierry Gomez qu’il fasse de grandes déclarations fracassantes ou qu’il cherche à faire le buzz avec une formule bien sentie. Ce n’est pas trop le style de cet homme de 60 ans, dont l’imposante silhouette laisse transparaître, de prime abord, une certaine forme d’assurance. Le président du Mans FC (depuis 2016) pourrait dérouler son CV bien garni, montrer ses diplômes (Université Paris X Nanterre et Paris Dauphine, Master en économie de gestion et maîtrise en droit et économie), ou faire la leçon. Il n’est pas comme ça.
S’il a le sens de la formule et du slogan, le natif de Poissy (Yvelines), la ville où il a aussi tapé ses premiers ballons, a le goût du collectif et du partage. Le goût des autres. C’est simple : réussir en équipe est son fil conducteur. Il ne raisonne jamais pour son intérêt personnel, mais pour l’intérêt général. Un trait de caractère qui transpire chez lui. A Troyes, son ancien secrétaire général, Henri Camous, se souvient qu’il fut le premier président à offrir le sandwich et la boisson aux supporters adverses.
(Rires) ! Il n’existe pas de modèle de réussite dans le football, ça c’est une conviction forte. On peut réussir de différentes manières et tant mieux. Après, chacun a sa philosophie. La mienne, c’est l’envie de réussir par cette capacité à créer une dynamique collective forte; ça passe forcément par le talent individuel car c’est ça qui, parfois, arrive à débloquer un match, permet de prendre les quelques points en plus et vous font aller plus haut.
A un moment donné, au Matra Racing, on a devancé ce qu’est devenu le sport aujourd’hui. Les loges n’existaient pas dans les stades, c’était nouveau; l’importance de l’économie autour du sport, être un acteur très important dans un territoire, ce n’était pas encore ça… Le président était souvent un notable du coin qui allait parfois à la buvette préparer les sandwichs. Les enjeux financiers et médiatiques n’étaient pas ceux d’aujourd’hui. On ne parlait pas d’entreprise comme quelque chose qui allait devenir un vrai secteur économique d’un pays mais on parlait d’association, d’esprit Coubertin.
C’est le sentiment de ne pas pouvoir créer quelque chose et de ne pas aller au bout de vos idées : quand vous dirigez un club, vous pouvez mettre en place votre stratégie, encore plus quand vous tombez dans un club comme Le Mans FC, où c’est sain, où vous pouvez mettre en place vos idées, un projet global. Vous essayez de construire pas seulement une équipe, mais un club. C’est différent que de s’occuper d’un joueur.
En fait, c’est l’environnement qui n’est pas patient, pas le président. On ne comprend pas que le football n’est pas une entreprise classique; il y a plein de paramètres extérieurs qui font que sa gestion économique est très différente. Il y a des codes. On a une stratégie, mais parfois on peut se tromper, parce que tout est basé sur l’humain, et il n’y a rien de plus fragile que l’humain. Parfois dans le puzzle, les pièces ne s’imbriquent pas, ça ne matche pas.
C’est le discours de dire aujourd’hui « Voilà, ce sera plus facile de mettre la Ligue 3 sur la table si on obtient le milliard ». Or, par expérience, je sais que dans les deux cas de figure, ce sera pareil : c’est à dire que, s’il y a moins d’argent, ce sera compliqué, et s’il y a plus d’argent, ça sera compliqué aussi parce que les clubs voudront garder leur argent pour eux. C’est comme un héritage : quand il n’a pas d’argent, vous passez un bon moment parce que vous voyez plein de gens que vous n’avez pas vu depuis longtemps, et quand il y a de l’argent, on se déchire. Je ne sais pas si, en cas de milliard d’euros de droits TV, il faut se rassurer ou pas. J’ai vécu de l’intérieur Media Pro : on dépassait le milliard d’euros, on a mis quasiment un an et demi pour décider de sa répartition, ce n’est pas logique, et en plus, à une semaine de la reprise du championnat ! Et ensuite, tout a capoté.
Ah ben oui ! Il a joué à l’Arago d’Orléans, à Quevilly, à Poissy. Mon histoire dit que, un quart-d’heure après ma naissance, mon papa m’emmenait dans un stade pour voir un match ! J’ai des origines espagnoles, par mes deux parents, ma mère de Barcelone, mon père de Madrid, et ça a fait un beau mariage, qui n’aurait pas pu avoir lieu en Espagne, où un Madrilène et un Catalan n’aurait pas pu se marier ! Ils se sont rencontrés à Orléans. Leur déportation et leur arrivée en France pour fuir le régime de Franco a rendu leur rencontre possible, c’est pour ça que j’ai une relation particulière avec Orléans et son président Philippe Boutron, avec ce combat qu’on a mené ensemble en 2000.
Grâce à mon père, le foot est une partie de moi, je suis sur les terrains depuis l’âge de 5 ans, et quasiment chaque week-end, et ils ne se passe pas une journée sans football, sans un appel pour Le Mans FC par exemple, c’est une partie importante de ma vie, après, c’est aussi pour moi compte tenu de mes responsabilités, de gérer un club professionnel, où il y a une grosse attente, c’est aussi quelque chose qu’il faut faire avec sérieux, une vraie volonté de gérer tous les paramètres, et aujourd’hui ce n’est pas simple. J’ai conscience de cela. Et encore plus dans notre championnat qui est déséquilibré, injuste et pas reconnu à sa juste valeur. On va essayer de faire bouger ça.

















L’hiver dernier, la France découvre ce club, niché au cœur des Flandres, entre Lille et Dunkerque, la nuit du 23 janvier 2023 au stade Bollaert-Dellelis à Lens. Ce soir-là, le Paris Saint-Germain du récent vice-champion du monde Kylian Mbappé joue sa place en 8e de finale contre le petit Poucet, alors pensionnaire de Régional 1 (DH).

Derrière, plus difficile encore, il a fallu enclencher une dynamique. Combien d’équipes se sont pris les pieds dans le tapis après des épopées en Coupe ? Beaucoup. Pas le Pays de Cassel, comme le raconte le directeur sportif nordiste, Gabriel Bogaert : “On a convoqué les joueurs et on leur a expliqué que ce serait dommage de compromettre une belle fin de saison en championnat avec des résultats négatifs.” Ni une, ni deux, le groupe imprime le message et signe un match nul chez le leader, Marck-en-Calaisis (1-1) : “On méritait de gagner le match”, précise Gabriel Bogaert.
Forcément, l’exposition médiatique a tapé dans l’oeil de certaines équipes plus huppées, qui n’ont pas manqué d’attirer chez elles quelques joueurs : Baptiste Leclerc, qui a ébloui de sa classe le match à Lens, a eu une proposition de Furiani (N2). L’USPC l’a laissé partir, comme convenu. D’autres sont restés au même niveau ou en dessous, mais avec de meilleures conditions financières. “On a un petit budget, donc on ne peut pas partir dans des sommes astronomiques. On ne pouvait tout simplement pas rivaliser sur le plan financier.”


Le football regorge d’incertitudes. Celles inhérentes au terrain, au sport, à ses résultats parfois illogiques ou injustes que l’on ne maîtrise pas. Et puis, comme si cela ne suffisait pas, il y a toutes ces incertitudes liées aux « à-côté », celles que l’on appelle « les coulisses », qui font que ce sport est unique par son irrationalité : et à Nîmes Olympique, les coulisses sont très agitées, même si l’équipe, elle, fait de son mieux pour faire fi d’une situation dégradante, pendant que les supporters s’emploient à mettre dehors le boss de l’entité, Rani Assaf.








































Non. J’ai beaucoup de respect pour les présidents que j’ai côtoyés. J’ai ce respect de la hiérarchie. Pour moi, cela reste des patrons, avec leurs qualités et leurs défauts. Je les apprécie. Après, je n’ai pas eu beaucoup de présidents, le tour est vite fait ! J’ai eu mon père donc… J’ai gardé des relations avec le président d’Avranches, Gilbert Guérin. Forcément, avec celui des Herbiers de l’époque (Michel Landreau), avec un licenciement au bout, c’est plus dur de garder des relations…










Quand il était joueur, Cédric Pardeilhan avait un rêve. Jouer avec Pascal Olmeta ! Ce rêve, il l’a concrétisé en signant au Gazelec Ajaccio, en National, en 1998, alors qu’il touchait un meilleur salaire au Mans et, surtout, qu’il évoluait un échelon au-dessus, en Division 2.


Tout le monde prend le problème à l’envers. Ce qui fait que l’on peut être en National 2, c’est ce que l’on va faire sur le terrain, et après, si ça arrive, on continuera avec nos moyens. On ne fera pas 20 contrats fédéraux, ce n’est pas un gage de réussite. Y’en a plein qui le font, mais qui n’y arrivent pas, je pense à Poitiers par exemple. Parfois on a des joueurs en face à 2 ou 3000 euros par mois ! Nous, 3000 euros, c’est six joueurs ! Après, forcément, si on monte, on aura un peu plus de partenaires, et sans doute un peu plus de moyens, mais ce n’est pas pour ça que l’on prendra 10 contrats fédéraux ! Peut-être que l’on augmentera un peu nos joueurs et les primes de match, et que l’on en prendra deux ou trois qui auront connu un peu le N2, mais voilà, on ne changera pas notre façon de faire, sauf si un mécène arrive ! Mais je ne suis pas sûr que cela corresponde au club.
Déjà, je ne suis pas décideur. Je ne pense pas que, chez nous, on pense à ça. Même si, et je le dis en tant que personne et pas en tant qu’entraîneur des Genêts d’Anglet, pour avoir un grand club dans le Pays Basque, il faut que les clubs réunissent leur force. C’est l’avenir. Même si chaque club a son identité. On a beaucoup de clubs dans le bassin, Saint-Pierre-d’Irrube (Iriburuko Ainhara), Saint-Jean-de-Luz (Arin Luzien) et les Croisés de Bayonne sont en Régional 1, on a la JA Biarritz et Hasparren en R2, je pense que, par rapport à la conjoncture actuelle, rapprocher les compétences, les identités, les budgets, cela ferait avancer les choses, mais personne ne résonne comme ça. Regardez au rugby, à un moment donné, on a parlé d’un rapprochement entre l’Aviron et le Biarritz Olympique… mais il y a toujours ces problèmes de personne : les gens veulent garder leur poste. Moi, je n’ai pas ce problème là : si demain ça fusionne et qu’on me dit « Cédric, on ne te garde pas pas parce que l’on a quelqu’un de mieux », je dis tant mieux si cela fait avancer le club. Mais je dois être le seul à raisonner comme ça ! La seule chose à faire, c’est une entité forte, juste avec l’équipe première, et à côté, chaque club garderait ses autres équipes, ses réserves, ses équipes de jeunes, son identité.
Cela fait 17 ans que j’entraîne. Je n’y pensais pas forcément il y a 7 ou 8 ans. Mais depuis, j’ai eu quelques opportunités que j’ai refusées, pour des raisons familiales essentiellement. Partir seul, c’était compliqué. Après, je ne dis pas que dans 2 ou 3 ans, cela ne peut plus être le cas. Mais je ne me lève pas le matin en me disant « Faut que j’aille entraîner plus haut », non ! Cependant, je ne m’interdis rien. C’est comme quand je jouais : un jour, mon profil a intéressé des personnes et c’est comme ça que je suis devenu pro, ça m’est tombé dessus. On est venu me chercher. J’ai eu cette chance là. Entraîneur, ce sera pareil, ou pas. Aujourd’hui, je fais ce que j’aime, et si un jour ça doit m’emmener ailleurs, et bien ça m’emmènera ailleurs ! Je raisonne comme ça. Bien sûr que l’on essaie d’aller le plus haut possible, que l’on a envie d’entraîner des joueurs qui ne sont focus que sur le football. Qu’on le veuille ou pas, je suis pro aujourd’hui, à mon niveau. Sans être pro. Mais je ne fais que du foot. J’ai déjà cette chance là. J’essaie d’apporter mon professionnalisme. Maintenant, j’ai décidé d’embrasser cette carrière-là, je sais très bien que je ne ferai pas entraîneur toute ma vie aux Genêts d’Anglet… normalement ! C’est ma 6e saison à la tête de l’équipe fanion, je ne pense pas que ceux qui sont là depuis 6 ans en ont marre de m’entendre ! Simplement, je n’envoie pas de CV, je ne suis pas sur Linkedin ou sur les réseaux sociaux. A un moment donné, je pense que pour être le plus pointu possible, il faut être concentré sur une seule chose, n’avoir qu’un groupe à diriger. Mais il y a tellement de personnes et peu d’élus.
Il y en a beaucoup ! Mon dernier match que j’ai disputé avec mon club formateur, le Pau FC, en National 1, ça remonte, j’avais à peine 18 ans ! Je venais de signer au PSG. Il fallait une victoire pour se maintenir sportivement et administrativement, le club venait d’être repris pour un franc symbolique par le président actuel, Bernard Laporte-Frey, et je marque à la dernière seconde, contre Epinal, qui accédait en D2 cette saison-là ! Je récupère un dégagement du gardien adverse, je dribble plusieurs joueurs et je frappe de loin en lucarne ! Et on s’est maintenu. Un moment fort.
Plus qu’une erreur, je parlerais de choix, mais ça, on le sait plus tard : peut-être que j’aurais dû signer pro au PSG plutôt que d’aller au Mans en Ligue 2 avec Slavo Muslin, qui était déjà mon coach à Pau en National. Peut-être que cela m’aurait permis de faire autre chose derrière. En plus, le PSG, l’année d’après, a fait jouer beaucoup de jeunes… Donc on ne sait pas. Je n’ai peut-être pas fait que des bons choix mais j’ai fait des choix de coeur. Ils n’ont jamais été financiers ou liés à un niveau. A Toulouse, par exemple, je n’avais pas fait mes 15 matchs en pro et pourtant on m’a proposé un contrat, que j’ai refusé. J’ai préféré rejoindre Slavo Muslin au Mans, non pas parce que je le connaissais, mais parce je pensais que je jouerais plus, et puis il connaissait mes qualités et mes défauts. Puis après, je devais rester au Mans, on me proposait 2 ans et une revalorisation salariale, mais je suis parti au Gazelec en National, où je gagnais moins ! Et comme je rêvais de jouer avec Pascal Olmeta… ! Il ne faut pas le dire, hein, mais quand je jouais au PSG mais j’étais fan de Papin, Di Meco, de l’OM ! Après, ce sont des choix. Mes parents m’ont toujours laissé libre et fait confiance.
Non. J’ai eu la chance d’en avoir plein de différents. Luis Fernandez à Paris, c’était une personne exceptionnelle, qui se comportait de la même manière avec les anciens comme et les jeunes. J’ai eu Alain Giresse à Toulouse, un super entraîneur, mais c’était très différent, il était très proche des anciens, et là, peut-être que c’est moi qui n’ait pas été top. J’ai eu Slavo (Muslin), il était top aussi : il avait la panoplie complète, il avait beaucoup de qualités. J’ai eu Marc Westerloope au Mans, pas une grande expérience. A Ajaccio, j’ai côtoyé Jean-Michel Cavalli, le plus fort tactiquement que j’ai eu, dans l’animation des séances, etc. Avec Angel Marcos à Niort, on fait 4e de Ligue 2 et demi-finale de le Coupe de la Ligue, il était proche de nous. J’ai adoré Jacky Bonnevay à Beauvais, il allait chercher plein de choses autour des joueurs, il était très pointu. Et le dernier que j’ai eu, c’est Christian Sarramagna, à Bayonne, puis Henri Olazcuaga, qui est devenu un ami, qui a pris l’équipe première après Sarramagna. C’est lui ensuite qui m’a fait venir à Anglet pour l’équipe réserve et qui m’a pris dans son staff en équipe première. J’ai pris sa suite mais avant ça, je lui ai demandé « Est-ce que ça te dérange que je me propose ? », parce que j’apprécie tellement la personne… Il m’a dit qu’il en avait déjà parlé au président, qu’il avait préparé la suite, et la suite, c’était moi. A Anglet, j’ai aussi la chance d’avoir un directeur sportif, Eugenio Zubialde, exceptionnel. Je n’aurais pas évolué comme j’ai évolué si je ne l’avais pas rencontré. Il est tout le temps en questionnement. C’est le top du top !