Le recordman du nombre de buts marqués en National (87) vit aujourd’hui près de Cannes, sur la Côte d’Azur, et s’épanouit dans son nouveau métier de responsable d’un magasin. Et il s’est trouvé une nouvelle passion : le footgolf.

Sous le maillot du Red Star. Photo Philippe Le Brech.

Et le meilleur buteur de l’histoire du championnat National s’appelle … Kevin Lefaix ! Pas de trophée du peuple pour lui, juste une reconnaissance dont le natif de Rennes ne semble d’ailleurs pas tirer de fierté particulière, du moins, pas plus que cela.

Et pourtant, c’est bien lui, l’avant-centre qui n’est jamais passé par un centre de formation, qui a connu la Promotion d’Honneur au début de sa carrière en seniors, à Bréquigny, qui a fait trembler les filets à 87 reprises en 174 matchs de National (Orléans, Le Poiré-sur-Vie, Red Star et Chambly).

On vous laisse calculer le ratio, c’est impressionnant ! Surtout que le Breton a découvert ce championnat à 28 ans, c’est à dire sur le tard, et qu’il n’y a passé que six saisons et demi. C’est simple, en National, Kevin, c’est un but tous les deux matchs. Alors pourquoi ce joueur, cette gâchette, n’a quasiment jamais pu exprimer ces qualités de buteur plus haut et surtout plus longtemps ? L’intéressé a quelques explications, il les livre d’ailleurs dans l’interview « Du tac au tac » (lire plus bas).

Aujourd’hui, celui qui a tapé ses premiers ballons à Janzé, près de Rennes – « J’avais eu une dérogation pour y jouer à l’âge de 4 ans, j’y suis resté jusqu’à mes 12 ans avant de partir au Stade Rennais » -, a mis le ballon de côté, après que sa carrière s’est arrêtée net à l’AS Cannes en National 3, en mars 2020 (28 matchs, 12 buts), avec la Covid-19.

Depuis, Kevin n’a plus bougé de la Côte d’Azur. Il est installé au Cannet et travaille juste à côté, à Cannes. Et pour pallier le manque de ballon, il a trouvé une nouvelle passion : le foot-golf ! Entretien.

« Je suis passé complètement à autre chose »

Avec l’AS Vitré, en 2008-2009. Photo Philippe Le Brech

Kevin, tu as joué au Stade Rennais, et pourtant, tu n’y as jamais intégré le centre de formation…
Non, c’est vrai. J’y ai joué de l’âge de 12 ans jusqu’en moins de 17 ans, puis je suis parti au Cercle Paul Bert de Bréquigny, juste à côté, où, pour ma première saison en seniors, j’ai dû mettre 54 buts je crois en Promotion d’Honneur !

Ensuite, je suis revenu en Division d’Honneur au Stade Rennais après une coupure d’un an.

Pourquoi cette coupure d’un an, à 19 ans, à un âge où c’est souvent là que ça se joue ?
En fait, quand j’étais à Bréquigny, j’avais déjà commencé à travailler en intérim, dans plein de domaines.

Sous le maillot d’Orléans, en 2009-2010. Photo Philippe Le Brech

Je ne pouvais plus jouer au Stade Rennais alors je suis parti en PH avec des potes, malheureusement, on n’est pas monté. J’ai eu un peu de lassitude, je n’avais plus trop d’ambition…

Et j’ai coupé un an. Après, je suis allé à Saint-Malo, en CFA, mais j’ai eu beaucoup de blessures et puis Franck Portier, le coach de l’AS Vitré, m’a appelé, d’abord pour jouer en réserve, en DSR, avec la possibilité ensuite de jouer en CFA. Cela a bien fonctionné avec l’équipe B et j’ai pu intégrer l’équipe A.

Aujourd’hui, tu as choisi une voie différente. Rester dans le foot, ou dans le sport, ça ne te tentait pas ?
Pas forcément. J’adore le foot mais j’adore surtout jouer au foot. A la rigueur, transmettre aux jeunes, ça m’aurait bien dit, mais je n’ai pas eu trop l’occasion de le faire. A l’AS Cannes, Ludovic Pollet, l’entraîneur des U19 Nationaux, m’a proposé de passer des formations et de m’occuper des spécifiques attaquants avec les U17 Nationaux, mais je travaille, il fallait dégager du temps, j’ai une fille, j’ai dit non.

Du coup, tu as coupé avec le foot…
Oui. Mes week-ends sont consacrés à la famille et au footgolf, une discipline que j’ai découvert, et ça me plaît beaucoup. Je participe à des compétitions régionales et même des étapes du championnat de France avec le club que l’on a créé l’an passé avec des anciens potes du Stade Rennais, le Rennes Footgolf Club.

Sous le maillot de Chambly, en 2016-17. Photo Philippe Le Brech

Y’a des anciens pros qui pratiquent cette discipline, comme Camel Meriem et aussi Florent Sinama Pongolle ou Anthony Le Tallec. Ludovic Obraniak aussi s’y est mis. Le foot ? Je le regarde à la télé, la Ligue des Champions, le Stade Rennais, mais je ne vais pas voir de match.

Qu’est ce qui te plaît au foot-golf  ?
Déjà, ça me permet de continuer à jouer au foot sans traumatisme. On peut jouer en individuel et aussi en double, c’est très sympa, ça change de rythme, le mental et la patience sont importants.

Et puis il y a les cadres magnifiques dans lesquels on joue, on est en plein air. J’avais un peu joué au golf avant, d’ailleurs, j’ai toujours les clubs que « Romu » Marie m’avait donnés quand j’étais au Red Star, ils appartenaient au président Patrice Haddad avant !

Et la semaine, c’est boulot…
Oui, je suis responsable d’un magasin alimentaire à Cannes. Je suis passé à complètement autre chose. J’ai fait du service de conciergerie avec un pote, en multi-services, notamment comme paysagiste, mais je voulais passer en CDI et faire quelque chose de plus stable. L’objectif, ce sera de devenir mon propre patron.

Kevin Lefaix, du tac au tac
« Au Red Star, je suis passé du paradis à l’enfer »

Avec Chambly en 2017. Photo Philippe Le Brech

Meilleur souvenir sportif ?
L’accession avec le Red Star en Ligue 2, en 2015, parce que c’était un rêve de gamin, et je l’ai réalisé, sur le tard, à l’âge de 32 ans, non 33 ans !

Malheureusement, je n’ai joué que six matchs (1 but) en L2.

Il y a eu pas mal de changements au club, beaucoup de recrues, et tous les cadres de la saison précédente se sont retrouvés sur la touche, moi y compris, sans compter le changement d’entraîneur aussi, avec l’arrivée de Rui Almeida.

Je ne rentrais pas dans ses plans, c’est comme ça. J’ai eu une proposition pour partir à Tubize, en D2 belge, et comme j’ai toujours voulu jouer à l’étranger, j’y suis allé, j’ai passé une très belle saison, avec une mentalité un peu à l’anglaise. J’ai eu Colbert Marlot et Régis Brouard comme coach.

Au Poiré-sur-Vie, en 2012. Photo Philippe Le Brech

Pire souvenir sportif ?
De ne pas avoir avoir assez joué en Ligue 2 et d’avoir été mis sur la touche sans explication, ça a été dur à vivre car je me suis toujours battu pour arriver à cet objectif, j’ai gravi tous les échelons. En fait, au Red Star, je suis passé du paradis à l’enfer. On m’a mis à la cave.

Tu as gardé de la rancoeur envers le Red Star ?
Aucune ! C’est juste qu’il y a eu un changement de staff, je ne suis plus rentré dans les plans. C’est la manière avec laquelle ça s’est passée, surtout que l’année où j’avais été recruté, j’étais la première recrue. Mais je ne garde que des bons souvenirs de mon passage là bas.

Ton plus beau but ?
A Avranches, avec le Red Star. Il y avait toute ma famille ce soir-là. Il a été élu plus beau but de l’année en National ! Et en plus, dans ce match, j’en ai mis trois (victoire 4 à 2).

Le but de Kevin Lefaix à Avranches avec le Red Star… un bijou !

Ton plus beau loupé ?
Avec Chambly, je crois que c’était à Créteil. Il y a un centre rasant qui passe devant tout le monde, je suis au 2e poteau, seul, je reprends le ballon et ça passe au-dessus alors qu’il n’y avait plus qu’à la mettre au fond !

Avec le Red Star. Photo Philippe Le Brech

Un geste technique préféré ?
C’est à l’image de mon but à Avranches : amorti de la poitrine et reprise de volée, et du gauche, alors que j’étais droitier !

Qualités et défauts sur un terrain ?
J’étais un battant, je ne lâchais jamais rien, je croyais toujours en la possibilité de marquer. Mes défauts étaient liées à mes qualités : j’étais tellement volontaire et combatif que j’en devenais trop hargneux, j’en venais à oublier mes copains, j’étais dans ma bulle.

L’équipe où tu as pris le plus de plaisir ?
C’est avec le Red Star, l’année de la montée, on avait une équipe de fous, avec des joueurs d’expérience comme Bellion, Planté, Marie, on s’entendait à merveille, on était des chiens.

Je pensais que tu allais dire Vitré…
J’ai hésité ! C’est vrai que je parle peu de Vitré dans les interviews, mais avec Le Red Star, ça se vaut !

Le club où tu n’aurais pas dû signer ?
Ce n’est pas une erreur de casting puisque j’y ai effectué une belle saison mais c’est vrai que ce n’était pas prévu que j’aille au Poiré-sur-Vie, en National. J’y ai fait une grosse année et j’ai beaucoup appris avec Oslwald (Tanchot, le coach). En fait, j’étais à Orléans, et je ce n’était pas prévu que je parte. Avec mon agent, on a cherché un club, on avait Carquefou et donc Le Poiré : je suis allé visité la ville… bon… finalement, j’ai signé mais j’ai habité à La Roche-sur-Yon. Et au final, cela a été un bon tremplin (17 buts en 36 matchs). La saison a été enrichissante et aussi très fatigante, avec beaucoup de déplacements.

« J’aurais bien voulu jouer en Angleterre »

Avec Orléans en 2010-2011. Photo Philippe Le Brech

Le club où tu as failli signer ?
A côté de chez moi, où ma mère et née, à Vannes, en Ligue 2, pour un contrat pro, mais à l’époque, Orléans n’a pas voulu me laisser partir. J’ai mis du temps à m’en remettre après ça et à me relancer avec Orléans.

Le club où tu aurais rêvé de jouer ?
Ce serait en Angleterre, où j ai toujours voulu jouer. D’ailleurs, mon père m’a appelé Kevin à cause de Kevin Keegan ! J’ai effectué des démarches pour essayer d’y aller quand j’avais 18 ans. Cela ne s’est pas pas fait. J’aurais bien voulu jouer dans un club anglais. A choisir, Arsenal, j’aime beaucoup ce club.

Un stade et un club mythique ?
Le RC Lens et le stade Bollaert : j’y ai joué en Ligue 2 lors de la 2e journée de championnat avec le Red Star en 2015 (1-1).

Un coéquipier marquant ?
C’est Naïm Sliti au Red Star.

Sous le maillot du Rennes Footgolf-club.

Le joueur adverse qui t’a le plus impressionné ?
Laurent Koscielny, que j’ai affronté quand je jouais à Vitré, en CFA, et lui était en réserve à Guingamp : je me souviens d’une action, où je suis lancé en profondeur, il est battu, j’arrive aux 18 mètres, pour moi il était largué et je là, je le vois, il me prend le ballon en taclant, je suis surpris, il se relève et relance propre, ça m a marqué !

Le joueur avec lequel tu t’entendais le mieux sur le terrain ?
David Bellion, au Red Star. On avait des automatismes naturels, il avait une vision du jeu incroyable. Avec lui, ça fonctionnait bien.

Un coéquipier perdu de vue que tu aimerais revoir ?
Les anciens coéquipiers de Vitré et justement, dernièrement, ils ont fait une journée avec les anciens du club et je n’ai pas pu y être. A Vitré, toute l’équipe m’a aidé à m’intégrer. J’ai beaucoup de souvenirs avec eux, comme en coupe de France aussi. Je n’oublie pas non plus mes anciens coéquipiers du Stade Rennais quand j’étais jeune, même si j’arrive un peu plus à les voir quand je rentre à Rennes.

Sous le maillot du Rennes Footgolf-club.

Le joueur le plus connu de ton répertoire ?
Yann Lachuer je pense, ou Johan Micoud, mon président à Cannes, et Moussa Marega (ex-Porto et Guimaraes) aussi.

Combien d’amis dans le football ?
Pas beaucoup. Comme on dit, on les compte sur les doigts de la main, donc 5 à peu près !

Un coach perdu de vue que tu aimerais revoir ?
Bernard Lebreton, je l’ai eu longtemps au Stade Rennais, et aussi Bernard Moreau et Jacques Chilou en moins de 15 ans et moins de 17 ans, même si je les ai en amis sur facebook.

Un coach que tu n’as pas forcément envie de revoir ?
Celui-là il est facile à trouver ! Rui Almeida, qui est à Niort aujourd’hui. Bon, je lui souhaite quand même bonne chance, mais il n a quand même jamais trop réussi…

Un président marquant ?
Le président Patrice Haddad, au Red Star.

Sous le maillot du Rennes Footgolf-club.

Une causerie de coach marquante ?
Pas une causerie en particulier mais celles de Régis Brouard étaient motivantes. Il insistait beaucoup sur les détails et les points essentiels d’un match. Il avait une faculté de bien nous préparer. Il ciblait bien les joueurs.

Une anecdote de vestiaire que tu n’as jamais racontée ?
Oui (rires) mais si je la raconte il va m’en vouloir ! C’était à Chambly, avant un match, mais c’est un peu… pas gore… mais trash… Anthony Soubervie est sorti des toilettes avec une feuille de papier coincée à l’arrière de son short, je ne rentrerais pas dans les détails, il va m’en vouloir sinon ! Et il m’a dit qu’il l’avait fait exprès ! J’ai ça en vidéo !

Des rituels, des tocs ?
Le caleçon fétiche; dès que je marquais, je le gardais, et même quand je ne marquais pas, je le gardais quand même. J’avais des trucs avec les chiffres aussi, le 8 et le 2 (il est né en 1982) et quand je rentrais sur le terrain, je pensais à ma tante, Geneviève, qui est decédée très jeune. Je pensais toujours à elle.

Une devise ?
Oui, elles est inscrite sur mon bras (il la montre), c’est de l’anglais : « We all have two lives, the second one starts when we realize that we only have one ». C’est de Confucius.

Sous le maillot d’Orléans en 2011. Photo Philippe Le Brech

Que t’a-t-il manqué pour jouer plus longtemps en Ligue 2 ?
Déjà, d’arriver plus tôt à ce niveau-là, et peut-être la confiance du coach aussi. Mais je suis persuadé que j’avais ma place dans cette équipe du Red Star en Ligue 2 pour jouer, beaucoup me l’ont dit. En même, est-ce que j’avais la mentalité pour jouer en Ligue 2 ? Je ne sais pas, car j’ai vraiment senti une grosse différence entre les deux, entre le National et la Ligue 2. Peut-être que je n’avais ni l’état d’esprit ni la mentalité pour y être.

Tu étais un joueur plutôt …
Réaliste.

Au Poiré-sur-Vie, en 2012. Photo Philippe Le Brech

Un modèle de joueur ?
Jean-Pierre Papin.

Une idole de jeunesse ?
Ronaldinho.

Ta plus grande fierté ?
Ma fille.

Le milieu du foot, en deux mots ?
Passionnant et intransigeant. Tout peut basculer très vite, ça ne tient à rien, un choix, une blessure…

Texte : Anthony Boyer / Mail : aboyer@13heuresfoot.fr / Twitter : @BOYERANTHONY06

Photos Philippe Le Brech (et Rennes Footgolf-club)

Le recordman du nombre de matchs disputés avec le Stade Brestois en première division a longtemps détenu un autre record, celui du but le plus lointain ! Il raconte cet exploit et retrace sa carrière très riche, très longue et surtout … truffée d’anecdotes truculentes ! Un régal !

Aujourd’hui, son but des 60 mètres ferait le buzz sur les réseaux. En février 1986, l’image était plus rare mais elle existe et le « Téléfoot » de Thierry Roland l’avait passée en boucle. C’est un des grands moments de la carrière de Jean-Pierre Bosser qui a fait valoir ses droits à la retraite en avril dernier et qui nous a reçus chez lui, à Peumerit, en plein coeur de son Pays Bigouden, dans le Finistère. Une heure et demie d’échanges pour refaire ce but et ce match de première division avec le Stade Brestois contre le Sporting-club de Toulon au stade Mayol. Et pour refaire aussi défiler sa vie de footballeur, qui sort vraiment des sentiers battus.

  • Le but de 60 mètres de Jean-Pierre Bosser avec Brest, à Toulon, en Division 1 (saison 1985-1986)

Alors Jean-Pierre, toujours entraîneur ? « Non terminé ! Je touche ma retraite depuis le 1er avril (il a eu 62 ans le 22 mars) et je n’ai plus envie d’aller me « geler les couilles » sous la pluie pour seulement cinq ou six joueurs à l’entraînement alors que les autres n’en ont rien à foutre ».

Du Jean-Pierre Bosser dans le texte. Une figure du foot breton et français dans les années 80. Mais on vous parle d’un temps que les moins de… 40 ans ne peuvent pas connaître. Sauf qu’ils ont raté quelque chose, ces « jeunes ». Et 13 heures foot leur propose, ainsi qu’aux autres d’ailleurs, de (re)découvrir le personnage.

« Une légende »

Du temps l’US Crozon-Morgat, lorsqu’il étaitentraîneur-joueur. Christian Rose Cornouaille Photo.

« Une légende » disent ceux qui l’ont côtoyé. Sur les terrains, au poste de défenseur axial ou latéral, d’abord au Stade Quimpérois, quand il n’avait pas encore ses jambes de 20 ans (en D2 de 1977 à 1979), puis au SCO Angers (D1 de 1979 à 1981), à Montluçon (D2 en 1981-82), au Stade Brestois (180 matchs en D1 de 1982 à 1988, le record à Brest !), à l’OGC Nice (D1 en 1988-89), au Paris Saint-Germain (de 1989 à 91 en D1) et enfin à Mulhouse (de 1991 à 1993 en D2).

Ou, plus tard, juste à côté des terrains, lorsqu’il était entraîneur-joueur, puis entraîneur, exclusivement en Bretagne, dans son Sud-Finistère natal, à Pont l’Abbé, au TGV (Treffiagat – Guilvinec), Plozévet, Coray, Crozon, Landudec, Tréogat, Pouldreuzic… Mais en passant quand-même par une escale exotique, à Saint-Denis de la Réunion en 2013.

Son cheval d’orgueil

Jean-Pierre Bosser, dit « Bobosse », comme l’avait surnommé Georges Cadiou, l’ancien journaliste de Radio-Bretagne-Ouest (RBO), est né en 1960 à Pouldreuzic, au pays du paté Hénaff, là où Pierre-Jakez Hélias, l’auteur bigouden, situe son « Cheval d’orgueil ».

Mais pour le Big Boss, « Big » pour le double sens Bigouden / grand (1,86m), et « Boss » comme Bosser, son cheval de bataille, son orgueil, c’est la longévité de sa carrière : presque 400 matchs (396) en D1 et D2 sur 15 ans. Une belle tranche de vie de footballeur ponctuée d’exploits et d’anecdotes.

« Le joueur qui a disputé le plus de matchs de Division 1 avec Brest »

Le Stade Quimpérois : « On avait une grosse équipe ! »

« C’est là que tout démarre. En 1977. J’ai 17 ans, c’est le pied à l’étrier. La deuxième saison, on avait une grosse équipe avec Dusé, Jankovic, Castellan et les régionaux, Roger Le Corre ou Jean Cariou. Après, je pouvais partir à Saint-Etienne, à Nantes ou à Angers, et j’ai signé au SCO Angers sur les conseils de mon père. Il m’avait dit que ce serait plus facile pour moi de pointer mon nez en D1 en passant par Angers. »

Les années brestoises (1982 – 1986) : « J’étais le poteau de l’équipe ! »

180 matchs de Division 1 au compteur avec le Stade Brestois ! Qui dit mieux ? Personne. « Six ans ! J’étais le poteau de l’équipe et François Yvinec, le président, m’avait demandé de prendre en charge les joueurs étrangers quand ils arrivaient pour qu’ils ne mettent pas deux mois à s’acclimater. En un week-end, c’était réglé et je disais à Yvinec que je lui permettais de faire des économies. Avec lui, quand on se téléphonait, on se parlait en Breton car il était sur table d’écoute après les histoires en Colombie pour ramener Cabanas ! »

Son but de 60 mètres : « Olmeta ne m’en a pas voulu »

« Robert Dewilder, mon coach à l’époque à Brest, m’avait alerté sur les sorties parfois aventureuses de Pascal Olmeta, le gardien toulonnais. On savait qu’il faisait un peu le dingo et ce but, ça lui a d’ailleurs coûté sa place de troisième gardien à la Coupe du Monde 86 au Mexique. J’étais à un mètre du rond central quand je récupère le ballon dans ma partie de terrain et que j’envoie une frappe de mule. C’était ma marque de fabrique, passe longue, intérieur et extérieur du pied. Du coup, je me suis retrouvé dans le Guinness book. Après, j’ai revu Olmeta quand il était au Matra Racing et moi au PSG. On habitait dans le même lotissement. Je lui avais dit désolé pour le Mondial. Il ne m’en voulait pas. »

OGC Nice : « J’ai invité Yves Montand au stade du Ray ! »

« Quand j’étais à l’OGC Nice (1988-89), je jouais aux boules avec Yves Montand à Saint-Paul-de-Vence et je l’avais invité à un match au Ray. Il n’avait jamais vu un match de football mais il est venu, tout en blanc, même le chapeau. Toute la presse était autour de lui. Il est même descendu dans les vestiaires et il m’a invité au resto à Juan-les-Pins. J’étais tout seul avec lui, il avait bloqué le resto pour nous deux. Après, il m’avait vendu sa bagnole, une Golf GTI, pour trois fois rien. J’ai revendu la plaque d’immatriculation à un antiquaire pour bien plus cher. »

Paris Saint-Germain (1989-91) : « Michou m’a dit que j’avais de belles cuisses ! »

« C’est Tomislav Ivic qui m’avait recruté. Il voulait un grand gabarit avec une grosse frappe. Il y avait Susic, Bibard, Jeannol… Je jouais latéral droit. Je me souviens que Michou était venu dans les vestiaires, il s’était assis à côté de moi et m’avait dit que j’avais des belles cuisses ! Après, il m’avait invité chez lui à l’apéro avec Joël Bats et avait voulu me faire passer pour son fiancé pour faire revenir celui qui l’avait quitté. Et ça avait marché, il était revenu ! Je devais rester au PSG, Borelli m’avait proposé trois ans de plus car j’avais fait les trois derniers matchs au poste de libero en récupérant à chaque fois les cinq étoiles France-Football. Mais Canal + avait racheté le club et ne gardait aucun des joueurs en fin de contrat. J’étais en contact avec le Sultanat d’Oman, c’était 30 briques (300 000 francs, Ndlr) dans une boîte à chaussures au début de chaque mois. Ils payaient tout sauf le lavage du linge. J’ai refusé et je le regretterai toute ma vie. J’avais aussi le Red-Star et Mulhouse, où je suis parti. »

Christian Rose Cornouaille Photo.

Mulhouse : « Genghini, je l’aurais étripé ! »

« C’est Robert Dewilder qui m’avait fait venir (1991) mais la deuxième année, c’était Bernard Genghini le coach et là ça s’est très mal passé. Il ne me faisait plus jouer, ou très rarement, et je crois que si les autres joueurs ne m’avaient pas retenu, un jour, je l’aurais étripé. »

Frédéric Johansen : « Il me double en voiture et… terminé… »

« A Mulhouse, Fred, il était tous les jours chez moi. C’était mon petit poulet. Il était international espoirs, il avait 20 ans, et tous les espoirs, justement, lui étaient permis. Mais un jour, en allant chez moi, il me double en voiture alors qu’il y avait une camionnette devant et il a pris un arbre. Terminé (1992). »

94 plombs de chasse dans la cuisse

Sur la jambe de « Bobosse », on aperçoit les traces de plomb (les points blancs). Photo D. V.

« C’est à la suite d’une embrouille dans une boîte de nuit avec la femme d’un copain qui s’était fait bousculer par trois types.

J’en avais chopé un mais ils m’attendaient à la sortie 2 heures plus tard.

Ils sont passés en bagnole et m’ont tiré dessus au fusil de chasse : 94 plombs dans la cuisse.

Heureusement que ce n’était pas plus haut ! J’étais à l’armée (1981) et je me suis retrouvé à l’hôpital militaire à Brest où on me parlait d’amputation. Je ne voulais plus dormir de peur qu’ils en profitent pour me couper la jambe qui avait doublé de volume.

J’ai mis six mois à me remettre mais je suis revenu à la Rambo. Mon père m’a dit que j’avais été costaud. Quand ça allait mieux, j’en ai profité pour faire des matchs d’essai avec Brest et Rennes. Les deux me voulaient. J’ai choisi Brest. »

L’expérience de la Réunion

« Le soleil ce n’est pas mon pain-beurre », avait-il confié au « Télégramme » au retour de son expérience d’entraîneur à Saint-Denis de la Réunion (2013). « C’était trop chaud. Il fallait s’entraîner à 6 ou 7 heures du matin. Ou le soir. Et il y avait un problème de président. Les joueurs n’étaient pas payés et s’asseyaient sur le terrain. Je suis tombé dans le mauvais truc au mauvais moment. Mais quand je suis parti, sur mes vingt joueurs, il y en avait dix-huit à l’aéroport pour me dire au-revoir. Je n’avais pas dû faire du trop mauvais boulot. »

Jean-Pierre Bosser du tac au tac

« Ma femme m’a dit qu’un « monsieur Houillière » m’avait appelé… »

Le plus beau souvenir de footballeur ?
« Celui qui m’a le plus ému, le plus poignant, c’est au Stadio Comunale, quand on joue en Coupe d’Europe avec le PSG à la Juve (1989). On sort du couloir des vestiaires pour monter vers le terrain et là, les projecteurs s’éteignent et les briquets des 120 000 spectateurs s’allument. C’était pour rendre hommage à Gaetano Scirea qui s’était tué dans un accident de la route. »

Le pire ?
« A Brest, quand j’ai été écarté de l’équipe car j’avais donné mon accord pour jouer à Nice et je n’ai donc pas pu dire au-revoir au public (1988). Il y a eu Mulhouse aussi mais là je m’en fous. »

Le plus beau souvenir de coach ?
Quand j’entraînais Crozon, contre Brest, au 6e tour de la Coupe de France, avec Franck Ribéry en face (2003). Il y avait 2500 spectateurs au match. Frédo Le Borgne, le président, m’avait dit qu’il fallait que je joue pour qu’on ne prenne pas une valise. Finalement, on perd 5-3 mais on avait marqué un quatrième but qui avait été refusé alors qu’il était valable. Mais il n’y avait pas la VAR. »

Le pire souvenir de coach ?
« Pont l’Abbé en DH (2000). On était co-leader avec Concarneau et on recevait trois fois sur quatre; je pense qu’on serait monté à la place des Concarnois. Mais alors que l’on joue à Saint-Pol-de-Léon, les dirigeants font le choix de renforcer la B pour la sauver. Finalement, elle était descendue quand même et nous on perd 5 à 1. Je marque le but, celui du pastis 51. »

Ton meilleur entraîneur ?
« J’ai bien aimé Tomislav Ivic à Paris. Il adorait ses joueurs. Le tandem Henri Michel / Gérard Banide était excellent aussi, avec des séances d’entraînement très diversifiées. Il y a eu aussi Raymond Kéruzoré à Brest. Sans oublier mon père à mes débuts à Pouldreuzic. »

Ton pire entraîneur ?
« Genghini à Mulhouse. »

Le partenaire le plus impressionnant sur le terrain ?
« Julio César à Brest. Un immense joueur et un super mec. Celui-là aussi je l’ai baptisé au bar en tombant sur lui dans une discothèque. »

Et le plus fêtard ?
« Hors concours, le duo Bernard Pardo / Joël Henry à Brest. Et on les suivait de près avec Jocelyn Rico. »

Le plus beau stade ?
« Saint-Etienne et Lens, pour l’ambiance. »

Le choix que tu ne referais pas comme joueur ?
« Ma plus grosse connerie c’est de signer à Montluçon en D2 (1981) alors que je faisais mon service militaire. »

Et le choix que tu ne referais pas comme entraîneur ?
« Je ne veux pas être méchant mais j’ai mon idée. »

Avec Fredo Le Borgne, sur le banc l’US Crozon-Morgat. Christian Rose Cornouaille Photo.

Ton plus grand regret de joueur ?
« Ne pas avoir été international. Mais je l’ai loupé de peu car quand j’étais à Nice, ma femme m’avait dit qu’un monsieur « Houillière » m’avait appelé… Je n’avais pas compris le nom et je n’ai pas donné suite. Mais j’ai quand même été international militaire … J’ai eu le coq. »

Ton plus grand regret d’entraîneur ?
« A Pont l’Abbé car je pense qu’on avait les moyens de monter en CFA 2 à la place de Concarneau (en 2000). »

Le meilleur président ?
« En pro, Borelli au PSG et Yvinec à Brest. En amateurs, Alain Furic au TGV et Frédo Le Borgne à Crozon. »

Le pire président ?
« Il n’y en a pas. Je me suis toujours entendu avec mes présidents. »

Le dernier match auquel tu as assisté ?
« Brest – Bordeaux pour les 70 ans du Stade Brestois en mai dernier. »

Et le dernier match à la télé ?
« L’équipe de France car elle passe sur TF1. Je n’ai ni Canal ni Bein car je ne cautionne pas le fait qu’on doive payer un abonnement pour voir du foot à la télé. »

Ta plus grande troisième mi-temps ?
« Y’en a quelques unes mais la plus mémorable c’est à Crozon avec Frédo Le Borgne, le président, dans une voiture auto-école. Lui avait le volant à droite, et moi les pédales à gauche. Je précise qu’on avait bouclé le centre-bourg de Crozon pour fêter notre montée. »

Une causerie d’avant-match qui t’a marqué ?
« La plus rigolote, à Brest avec Nemkovic qui ne parlait pas bien le Français. Radovanovic devait traduire mais il disait autre chose que le coach. Le duo Kéru / Jean Prouff, c’était bien aussi. Jean Prouff savait nous capter par ses mots. »

Ta plus grosse prime de match ?
« C’est sûrement au PSG, peut-être en Coupe d’Europe, le tour avant la Juve (2009), mais je ne sais plus combien. N’importe comment, je n’ai jamais gagné beaucoup de pognon. A l’époque, ce n’était pas comme maintenant. »

Le joueur ou l’entraîneur le plus connu de ton répertoire téléphonique ?
« Ni un joueur, ni un entraîneur, mais un humoriste : Bernard Ménez, le chanteur de « jolie poupée ». J’ai joué avec lui dans l’équipe des Polymusclés. J’ai aussi de temps en temps le père d’Higuain au téléphone. »

Texte : Denis Vergos / Mail : dvergos@13heuresfoot.fr / Twitter : @2nivergos

Photo : D. V. et DR et Christian Rose Cornouaille Photo.

Malgré un emploi du temps surchargé, entre l’organisation express du déplacement en outre-mer pour le compte du 7e tour de coupe de France (déplacement sur l’île de Tahiti en Polynésie et match face à l’AS Vénus, dimanche 30 octobre) et la préparation du match de National 2 de son équipe à Metz (2-2 samedi dernier), l’entraîneur de Belfort (N2) nous a accordés une petite heure de son temps pour faire un flash-back sur sa carrière. Un entretien à son image, posé et sincère.

Né à Lure (Haute-Saône) et biberonné au ballon rond depuis sa tendre enfance par un papa responsable de l’école de foot du club local, Anthony (36 ans) démontre vite des qualités au-dessus de la moyenne. Mais c’est à l’âge de 12 ans que sa carrière décolle véritablement. Coéquipier à la JS Lure d’un certain Romain Hamouma, les deux copains flambent contre Sochaux lors d’un tournoi de foot en salle. Il n’en faut pas plus pour taper dans l’œil des recruteurs du FCSM.

Après des tests passés avec succès, Anthony et Romain poussent ensemble les portes du centre de formation du FC Sochaux. Anthony passe 9 saisons au château de Seloncourt, où il effectue toutes ses classes.

En 2007, sous la responsabilité du duo Perrin-Galtier, les Sochaliens trustent le haut de tableau de Ligue 1 et remportent la coupe de France au dépens de l’Olympique de Marseille. Pendant cette période, Anthony participe à tous les entraînements avec les pros la semaine avant de redescendre en réserve le week-end. Malheureusement, avec le changement de coach et l’arrivée de Frédéric Hantz, le contrat d’un an qui lui était promis tombe à l’eau. Fin de la belle idylle Sochalienne pour l’infatigable milieu de terrain qui, aujourd’hui, n’a pas de regret et reste très lucide : « Je sentais bien que c’était compliqué pour moi de jouer en Ligue 1 mais le club serait en Ligue 2 comme aujourd’hui, je pense que j’aurais eu ma chance ».

« Je la ramenais beaucoup sur le terrain »

Malgré quelques sollicitations en National, Anthony rebondit rapidement à Vesoul en CFA (actuel National 2) sous les conseils de Claude Robin. Après deux saisons réussies, Richard Déziré, alors coach de Raon-l’Etape, également en CFA, lui fait les yeux doux et l’attire dans un projet ambitieux. Là encore, l’aventure dure deux saisons : « Individuellement, cela s’est très bien passé pour moi et j’ai pris beaucoup de plaisir avec Richard Déziré, malheureusement, collectivement les résultats n’ont pas été ceux espérés ».

Avec la naissance de sa première fille, Anthony décide de rejoindre l’ASM Belfort en CFA sous les ordres de Maurice Goldman. A 25 ans, tous les voyants sont au vert pour un projet sportif et extra-sportif intéressant. « Je sentais que le monde pro n’était plus accessible et avec le BE1 en poche, j’avais un beau projet à Belfort en encadrant notamment la section sportive ». L’avenir lui donne raison car il enchaîne 7 saisons pleines dont 2 en National (2015-2017).

Son excellent pied droit et sa belle vision du jeu font des ravages sur les terrains des championnats nationaux pendant presque 15 ans. Tout cela sans jamais prendre le moindre carton rouge. « Pourtant, je la ramenais beaucoup sur le terrain, j’étais pénible, mais je n’ai jamais été irrespectueux. »

Après deux saisons en National, l’Association sportive municipale de Belfort est reléguée en CFA en 2017. Le truculent Maurice Goldman, qui a cumulé plus de 15 ans sur le banc belfortain, menant le club de la DH au National, rempile pour une saison, mais c’est sa dernière. Il est temps pour lui de préparer sa succession et le binôme très soudé qu’il forme avec le président Jean-Paul Simon n’hésite pas à miser naturellement sur Anthony Hacquard.

« Il fallait que je saisisse l’opportunité »

Au printemps 2018, alors qu’ils auraient pu aller chercher un coach chevronné de National 2, le duo convoque le milieu de terrain pour lui faire part de la proposition. « J’avais 32 ans, et j’aurais pu jouer encore quelques années à ce niveau, raconte Anthony Hacquard; mais la réflexion ne fut pas longue et l’opportunité était belle, il fallait que je la saisisse. L’annonce a été faite au groupe avant la fin de saison et j’ai pu diriger les dernières séances pour me faire la main »

Un choix fort du Président Jean-Paul Simon qui a bien cerné le joueur, le futur coach mais surtout l’homme. C’était une parfaite transition tout en gardant les valeurs du club et de la région. Il faut maintenant que la mayonnaise prenne, surtout que Hacquard le coach doit maintenant manager des joueurs plus âgés que lui et des anciens coéquipiers qui sont pour certains de véritables amis, à l’image de Nasser Tahiri. « Ma personnalité est complétement différente de celle de Maurice pour qui j’ai énormément de respect, mais les joueurs ont été très intelligents. Certains n’avaient quasiment connu que lui et étaient curieux de découvrir d’autres méthodes » Et vu que les résultats arrivent vite, Anthony fait rapidement l’unanimité.

Tout n’est pas simple et il doit apprendre à vitesse grand V, notamment dans la gestion du groupe et des différents caractères. La gestion des inter-saisons avec les sollicitations de joueurs et d’agents n’est pas simple non plus à appréhender. Aujourd’hui, Anthony enchaîne sa 5e saison à la tête de l’équipe et obtient des résultats plutôt intéressants avec un budget loin d’être celui des cadors de National 2. Pour pallier ce budget restreint, le jeune coach s’appuie sur une forte identité régionale en recrutant malin dans les divisions inférieures. Son capitaine actuel Lucas Cuenin en est le parfait exemple.

Durant ces années sportives très riches en émotions, Anthony a toujours entretenu un lien très particulier avec la coupe de France. En tant que joueur, il dispute deux fois un 32e de finale et deux fois un 16e de finale.
A cela s’ajoute une magnifique épopée en tant que coach en 2019 où l’aventure s’arrête en ¼ de finale face à Rennes dans un stade Bonal archi-comble, après avoir éliminé Nancy (L2) puis Montpellier (L1).

Cinquième déplacement en outre-mer

Au-delà de ces résultats sportifs, Anthony a la particularité de vivre des expériences magnifiques avec 4 (et bientôt 5) déplacement en outre-mer. La Martinique (2017), la Guadeloupe (2019), et donc Tahiti pour la 3e fois cette saison (2009 avec Raon et 2013 avec Belfort) « Les deux fois précédentes où je suis allé à Tahiti, on s’était qualifié et j’avais marqué un coup-franc… Mais cette fois-ci ce sera difficile ! »

Même si le déplacement, le décalage horaire et la différence de température entraînent beaucoup de fatigue, ce sont des aventures humaines incroyables à chaque fois qui renforcent énormément la cohésion de groupe. « En 2013, quand nous allons à Tahiti avec Belfort nous sommes relégables et mal en point. Au retour du déplacement, nous enchaînons les résultats positifs et nous nous sauvons facilement avant de monter en National la saison suivante. »

Ce dimanche au stade Pater de Pirae sous une chaleur étouffante, Anthony et l’ASM Belfort tenteront de poursuivre l’aventure et d’écrire une fois encore le début d’une belle épopée…

Il est temps maintenant de clôturer le chapitre du passé mais le livre n’en est qu’à son début… « Je n’ai pas de revanche à prendre ou de regret sur mon passé mais je suis très ambitieux pour la suite de ma carrière et je ne me fixe aucune de limite. »

Anthony Hacquard, du tac au tac – le joueur

« Maurice Goldman trouvait toujours les bons mots »

Meilleur souvenir sportif ?
Il y en a beaucoup mais je dirais le match à la Meinau, à Strasbourg, avec Belfort, en National : nous étions 2es et nous avons affronté le Racing qui était leader, devant plus de 20 000 personnes. C’était le jour de mes 30 ans, dommage que nous nous soyons inclinés.

Pire souvenir sportif ?
Un ¼ de finale de coupe Gambardella avec les U18 de Sochaux face au Lyon de Benzema et Ben Arfa un mercredi après-midi dans un stade Blum de Montbéliard comble. Malgré un super match nous nous inclinons 2 à 1. Cela aurait pu être un super souvenir mais finalement ce sont de gros regrets.

L’équipe dans laquelle tu as pris le plus plaisir à jouer ?
La première année avec Raon, nous avions une très belle équipe et au milieu de terrain, nous avions une belle complémentarité avec Romain Chouleur. Le coach Richard Déziré avait une philosophie de jeu très joueuse.

Le club dans lequel tu aurais pu signer ?
Je devais signer pro à Neuchatel-Xamax en D1 Suisse mais le club a changé de direction et peu de temps après ils ont déposé le bilan.

Le stade où tu as préféré jouer ?
En 2003 j’ai eu la chance de pouvoir joueur au stade de France avec les U16 de Sochaux en lever de rideau de la finale de la coupe de la ligue Sochaux – Monaco.

Le coéquipier qui t’a le plus impressionné ?
Mevlut Erding, coéquipier au centre de formation de Sochaux. En arrivant, il était déjà très puissant mais il avait beaucoup de lacunes techniques. Il était impressionnant de répétition de travail, notamment sur les gammes.

Un coach marquant ?
Philippe Anziani, un excellent formateur que j’ai eu à Sochaux de 15 ans à la CFA.

Une causerie marquante ?
Ce n’est pas une causerie en particulier mais plutôt l’ensemble des causeries de Maurice Goldman. Il était très fort sur le côté émotionnel, il trouvait toujours les bons mots. Il ne jouait pas un rôle, c’était naturel chez lui.

Une anecdote de vestiaire ?
En 2014, je me blesse aux ligaments croisés du genou dès le début de saison mais je suis resté très proche de mes coéquipiers. Lors de chaque match à domicile, le coach Maurice Goldman me consultait à la mi-temps pour que je lui donne mon ressenti du match.

Anthony Hacquard, du tac au tac – le coach

« 20 000 personnes à Bonal qui chantent Merci Belfort, c’est beau ! »

Meilleur souvenir sportif ?
L’épopée en coupe de France avec le ¼ de finale dans un stade Bonal à Guichet fermé. 20 000 personnes qui chantent « Merci Belfort » en fin de match c’était très beau.

Pire souvenir sportif ?
La saison dernière, une élimination en coupe de France sans gloire à Jura-Lac face à une équipe de R1. Je n’avais pas fait les bons choix sportifs.

Le club que tu rêverais d’entrainer ?
Pas de club en particulier mais j’ai une grosse envie de passer mon diplôme pour entraîner au niveau professionnel et ensuite voir les opportunités. Et pourquoi pas retrouver le National avec Belfort.

Meilleur joueur entrainé ?
Mamadou Magassouba, un joueur à l’état d’esprit exemplaire qui a énormément progressé chez nous, en N2, ce qui lui a permis de jouer ensuite en National à Bastia Borgo.

Ta philosophie de jeu, c’est plutôt Pep Guardiola ou Diego Simeone ?
Je suis plutôt un adepte de Guardiola mais il faut rester pragmatique par rapport au niveau de jeu et à la qualité des joueurs.

Tes passions en dehors du foot ?
Depuis quelques temps, je joue au golf. C’est très intéressant car ça permet de penser à autre chose et ça demande beaucoup de concentration.

Texte : Aurélien Triboulet / Mail : contact@13heuresfoot.fr / Twitter : @Aurelref

Photos : ASM Belfort

Le Nancéien, qui fêtera ses 41 ans demain, revient sur sa fidélité à « Jarville Jeunes Football ». L’ex-avant-centre a passé 32 ans de sa vie dans son club de toujours, où il a terminé sa carrière dans les cages la saison passée, avec une accession en N3, avant de prendre les rênes aux côtés de l’ex-pro Michel Engel.

Avec Michel Engel, son acolyte à la tête de la JJF, en N3. Photo Jarville JF.

Cette fois-ci, c’est la bonne. En tout cas, « sûrement… à 95% ». Comme si la retraite était un mot qu’Antony Rigole ne voulait pas prononcer officiellement. Bien plus franc au moment de crucifier un gardien de but que de se retirer de son club de coeur, celui de (quasiment) tous les succès : Jarville Jeunesse Foot.

A bientôt 41 ans (il les fêtera ce mercredi !), le goleador jarvillois s’est mis de côté, sur la touche, pour devenir entraîneur de l’équipe A de Jarville, promue en National 3.

Trente-six ans de football, trente-deux dans le club de la banlieue nancéienne avant et après des expériences chez les pros de l’AS Nancy Lorraine et avec la réserve de l’OCG Nice, soit autant de souvenirs et d’anecdotes. Avec à la clé : 613 matches pour 424 buts. Ça ne rigole pas !

« On va dire que c’est vraiment l’arrêt de ma carrière ! »

Ça y est, cette fois, c’est vraiment l’arrêt de carrière ?
Oui et non (rires). Sincèrement, oui je pense… Même si là, je joue avec l’équipe III en D2 de district pour rigoler. On va dire que c’est vraiment l’arrêt de ma carrière… mais à 95%. On est jamais sûr de rien.
On ne met pas fin à 36 ans de football d’un coup d’un seul… Et à 32 ans de foot à Jarville surtout.

Combien de fois vous-êtes vous dit que vous alliez arrêté ?
C’est la première fois que je le dis. Ça faisait deux ou trois saisons que ça me trottait dans la tête et je trouvais toujours des arguments pour rempiler. Et surtout, ce que je faisais sur le terrain me confortait dans cette idée de continuer. L’an dernier, en cours de saison, je l’avais annoncé sans savoir qu’on allait monter de Régional 1 en N3. Finalement, c’était une fin en apothéose. Je ne pouvais pas rêver mieux.

Surtout que vous, l’attaquant, vous avez terminé la saison en tant que… gardien !
Oui (rires). Notre gardien Sonny (Lautar) a mis du temps à se remettre d’un Covid long. Donc je l’ai remplacé vu qu’en plus j’avais de plus en plus de douleurs aux genoux. Sur la fin de saison, on a profité de la dynamique pour ne pas bousculer l’équipe et ça nous a menés jusqu’à la montée en passant par les barrages.

« J’ai toujours voulu être gardien ! »

 Quel poste, autre qu’attaquant, vous a donné le plus de plaisir ?
Gardien de but. Sans hésitation. J’ai toujours voulu être gardien depuis tout jeune. C’est mon père (Alain, au club depuis 1974 et actuel président, Ndlr) qui ne voulait pas car il voulait me voir plus utile sur le terrain. J’ai vraiment pris du plaisir à jouer dans les cages.

Rejouer en National 3, objectif pour lequel vous vous êtes battu, ça ne vous disait pas ?
Le niveau donne envie, c’est vrai. Mais c’est une N3 très relevée et j’ai bientôt 41 ans. Je connais ce championnat pour y avoir joué il y a quelques années, il aurait fallu que je fasse une grosse et belle prépa, sans pépin. Surtout que dans cette N3, il y a des réserves de clubs pros avec des jeunes qui courent partout et tout le temps ! Sans entraînement, j’aurais été largué.

Comment on se maintient en forme ?
Je me suis toujours entraîné. La clé, c’est de ne jamais trop s’arrêter. Même si à partir de 35/36 ans, j’avais ma propre préparation pour être prêt au début de saison et ne pas me blesser, je ne loupais pas d’entraînement. Je me connaissais, je connaissais mon corps, donc je pouvais me le permettre pour gérer. Une grosse prépa, complète, avec le reste du groupe et les jeunes, j’aurais explosé.

« Je suis fier d’avoir fait parler de Jarville en France »

613 matches, 424 buts : qu’est ce que cela vous inspire ?
De la fierté. Je sais ô combien c’est difficile de marquer des buts. Je suis fier d’avoir offert des victoires à mes coéquipiers, d’avoir concrétisé leurs efforts parce que j’étais au bout de la chaîne. C’était à moi de marquer. Je suis fier d’avoir fait parler de Jarville, d’avoir fait d’une petite ville de 8 000 habitants une place forte du football lorrain. Sur 10 ans, on a quasiment tout gagné localement. Fier d’avoir fait parler de nous en Lorraine avec nos Coupes de Lorraine mais aussi dans l’Hexagone avec des épopées en Coupe de France, en jouant contre six clubs pros dont certains à Marcel-Picot. Je suis un enfant d’ici, alors jouer à Nancy et y emmener 12 000 personnes, c’était grand.

Quelle était la recette de ces exploits ?
Aucun joueur n’a de salaire fixe à Jarville, donc il faut bien les motiver avec autre chose. Nous, c’était notre esprit de famille. Et puis, on avait surtout de bons joueurs de ballon. Les générations 1981-82-83 ont fourni beaucoup de très bons joueurs sauf qu’avec les catégories de jeunes, nous n’avions jamais joué tous ensemble. Arrivés en seniors, ces jeunes qui avaient performé en 17 et 19 ans Nationaux ont pu se retrouver et donc accumuler tous ces talents pour enchaîner les montées en passant de PH à CFA2 (N3) en quelques années.

Avant de tenter l’extérieur ailleurs…
Oui, dans des niveaux intéressants. Jessy Savine a joué en pro à l’AS Nancy Lorraine, Rodolphe Couqueberg à Raon-l’Etape, Sebastien Denay à Forbach en CFA. Il y a aussi Romain Ferraro qui n’a jamais voulu faire des tests pour aller plus haut, mais il avait 100 fois le niveau… Et puis, en 2003, on est tous revenu au club et là, c’était régalade. On prenait tellement de plaisir. On a fait 5 finales de Coupe de Lorraine (4 gagnées), on a joué six clubs pros en Coupe de France et on a fait 9 années de suite en CFA2 en terminant entre la 2e et la 6e place.

« La coupe de France, c’est le rêve, et on lui a donné vie ! »

Avec le maillot du FC Metz, où Anthony Rigole avait effectué un essai en 2003. Photo Philippe Le Brech

Les clubs de Ligue 2 viennent de rentrer en Coupe de France. Vous en avez éliminé plusieurs avec Jarville. Que gardez-vous en tête ?
La Coupe de France, ce sont des souvenirs qui restent. Une accession n’a pas la même saveur, même la saison passée avec des barrages qui ressemblaient à une coupe d’Europe. Au-delà des matches, au-delà de jouer des clubs professionnels, dans des grands stades, c’est surtout un engouement à part. Que ce soit à l’entraînement, avec une intensité totalement différente, ou après, quand on avait des discussions qui partaient dans tous les sens, parce qu’on se mettait à rêver. La Coupe de France, c’est le rêve et on lui a donné vie.

Quel est ton principal souvenir ?
Personnellement, contre Libourne Saint-Seurin (janvier 2007, club de Ligue 2) parce que je marque trois buts même si on est éliminés (3-5). Mais, plus globalement, c’est contre Sochaux en 2011 avec 12 000 personnes à Marcel-Picot, face à Ryad Boudebouz et Marvin Martin ! Sochaux a fini européen en fin de saison (5e). En plus, on ne perd que 1-0.

L’impact d’Alain, votre père, dans votre carrière ?
Je lui dois tout. Il a quasiment toujours été mon entraîneur. Que ce soit depuis tout jeune à Jarville ou en seniors. Même quand je suis parti à l’ASNL, c’était mon entraîneur, car il était adjoint de Moussa Bezaz. Il a passé un temps fou derrière moi. Au-delà des deux ou trois séances collectives quand on était petits, il faut savoir qu’il me les faisait doubler avec des surentraînements à la maison à faire du jonglage, des passes, de la conduite de balle. J’étais un peu gentil, il m’a forgé un gros caractère. Un gros caractère de marseillais, un peu dur.

Une dizaine de matchs en pro à Nancy

Avec Jarville, en CFA2, en 2004-2005. Photo Philippe Le Brech

De 2000 à 2003, vous rejoignez la réserve de l’ASNL puis les professionnels pour quelques apparitions en D2 (11). Comment vous jugez cette carrière professionnelle ?
Je ne vais pas dire « frustrante » mais je suis arrivé au mauvais moment et je me suis blessé deux fois au pire moment. Sinon, je la trouve bonne. J’arrive de Jarville sur la pointe des pieds. A Nancy, je fais un an et demi de CFA où j’étais capitaine. Lors de ma deuxième saison, je fais 10 matches en D2 (dont un en Coupe de France) avec Francis Smerecki comme coach. A l’intersaison, Moussa Bezaz arrive à la tête des pros, je suis le banc et je ne rentre pas. A l’entraînement, je prends un tacle par derrière; verdict : double entorse de la cheville. Et quand je reviens, le jour où Pablo Correa reprend l’équipe parce que Moussa Bezaz s’est fait virer, je me blesse aux ligaments interne et externe. Et je n’avais signé mon contrat pro que pour un an.

Et donc ?
Je mets 8 buts en 13 rencontres avec la réserve pour mon retour. J’arrive tout de même à refaire un bout de match avec Pablo Correa comme coach, contre Istres. Mais le club avait des difficulté financières et avait décidé de ne pas renouveler des fins de contrats dont Youssouf Hadji ou Youssef Moustaid. Il n’y avait plus d’argent, donc la direction ne pouvait pas se permettre de renouveler les contrats et voulait passer dans une autre ère. C’est dommage parce que ce n’est pas moi qui allait couter cher, encore moins pour mon club de coeur pour qui j’aurais tout donné.

Donc vous retournez à Jarville pour deux saisons avant de rejoindre la réserve de l’OCG Nice à l’été 2005. Pourquoi et comment cela s’est fait ?
Michel Engel (ex pro à Dijon, Beauvais, Epinal et Nancy en D1 et D2), avec qui je partage le rôle de coach, avait une connaissance dans le staff de Nice. Je sortais d’une saison à 30 buts en 30 matches pendant laquelle je frappais de n’importe où et n’importe comment, ça rentrait, donc il glisse mon nom. Surtout qu’à l’époque, j’ai 23 ans. Je fais un essai, mais je ne le réussis pas. A mon retour, quand je le raconte à Michel, il me dit qu’il va insister pour que j’en fasse un second. Et celui-là, je le réussis avec deux buts et une passé décisive pour une victoire 3-0.

Quel était le projet ?
C’était de signer avec la réserve. Mais on m’avait dit que le staff des pros voulait dégraisser l’effectif et passer de 28 à 22 joueurs. Alors, je me disais qu’avec peu de pros, si j’étais bon, j’aurais ma chance. Sauf que dans le renouvellement de l’effectif, ils ont d’abord acheté sans parvenir à vendre. C’était alors plus compliqué de me faire une place.

Avec Hugo Lloris à l’OGC Nice

Pourquoi être parti dès six mois alors ?
Vu que ça se passait bien dans le relationnel qu’on avait, le club m’a proposé de signer à Raon-l’Etape comme porte de sortie, sauf que je connaissais Raon, vu que c’était à 70 km de chez moi. Je n’étais pas du tout chaud. En fait, vu que l’équipe réserve était sauvée, ils ont souhaité faire monter la jeune génération. A ma place, ils fondaient beaucoup d’espoir sur Anthony Modeste, j’ai donc quitté le club au bout de six mois car j’allais manquer de temps de jeu. En plus, Jarville, où je suis reparti, était en difficulté en championnat à la trêve hivernale, donc j’avais pour mission de les sauver. Ce qu’on a fait.

Six mois à Nice mais suffisant pour jouer avec le jeune Hugo Lloris. Etait-il déjà impressionnant ?
Je vais vous étonner, mais non. Il avait déjà les dents longues car il voulait prendre la place de Damien Gregorini et ne se privait pas de le « tailler » d’ailleurs. Mais dans les faits, les fois où il était venu avec la réserve, il nous avait couté deux buts et donc deux matches. Il avait des qualités, une grosse ambition, il aimait travailler mais il était très jeune (19 ans en décembre 2005) et n’avait pas encore pris cette épaisseur. Ce n’était pas le phénomène que l’on connaît aujourd’hui.

« Le début de saison est difficile, mais on le savait »

Quel avenir maintenant pour l’entraîneur Antony Rigole ?
J’étais déjà entraîneur-joueur sur ma fin de carrière avec Michel (Engel) sur la touche, pour faire des changements même si je faisais les causeries et les compositions. Aujourd’hui, on est en doublon. Je suis salarié de la mairie de Jarville, mis à disposition à temps plein pour le club. Donc l’avenir d’Antony Rigole, je touche du bois si tout va bien, c’est Jarville pour faire la même carrière que mon père jusqu’à la fin. Tant que le club se tiendra debout… et on va tout faire pour.

Un début de saison compliqué (dernier, 5 défaites en 5 matches, 1 seul marqué), notamment avec un match non joué et finalement perdu sur tapis vert contre Epernay pour cause de terrain en herbe impraticable et de mauvais hauteur de buts…
On a fait le choix de ne pas changer l’équipe qui était montée pour récompenser les acteurs de l’accession. Vu qu’on ne paie pas les joueurs à Jarville, on ne pouvait pas se permettre de recruter des mercenaires et de perdre dix joueurs en cas de redescente. On a misé sur la stabilité. C’est difficile, mais on le savait.

Texte : Alexandre Plumey / Contact@13heuresfoot.fr / Twitter : @AlexandrePlumey

Photos : Jarville Jeunes Football, DR et Philippe Le Brech

Formé au Paris FC, Amine Cherni (21 ans) a choisi de rejoindre Chambly (National 2) cet été plutôt que de découvrir le National avec le Paris 13 Atletico. International tunisien en U20 et chez les Olympiques, il veut construire sa carrière patiemment, en progressant, « sans brûler les étapes ».

Avec le FC Chambly Oise, samedi dernier, à Rennes, en National 2. (Photo Philippe Le Brech)

A 13 heures Foot, on aime bien retrouver des joueurs, aujourd’hui retraités, qui ont marqué leur époque ou leur club. Mais on regarde aussi vers l’avenir en dénichant quelques pépites.

Amine Cherni a 21 ans, il est latéral gauche et joue à Chambly (National 2) après avoit été formé au Paris FC (L2).
Contrairement à beaucoup de joueurs de sa génération, plutôt pressés, il a choisi de construire sa carrière patiemment, sans brûler les étapes.

Garçon posé et réfléchi, le titulaire d’un bac commercial qui a grandi et vit dans le XXe arrondissement de Paris, a pourtant déjà touché au très haut niveau international dans sa catégorie. Chose plutôt rare pour un joueur de National 2, il est en effet international, d’abord chez les U20 puis avec l’équipe Olympique de Tunisie. « Lors du dernier rassemblement en juin face à la Palestine, j’étais le seul joueur de l’équipe à évoluer dans un club amateur, sourit-il. Mais je ne m’enflamme pas parce que je suis international. Grâce à la sélection tunisienne , je me suis endurci mais je dois encore beaucoup travailler. »

En Tunisie, on parle déjà beaucoup de lui. Ses prestations l’an dernier avec le Paris 13 Atletico, en N2 (accession en National) et depuis le début de saison avec Chambly sont remarquées. « Amine Cherni, c’est un futur joueur de Ligue 2 au moins », glisse un observateur averti des championnats amateurs. Portrait-découverte d’un espoir de l’Oise à Tunis en passant par Paris.

« La sélection tunisienne, c’est une fierté »

Avec le FC Chambly Oise. (Photo Philippe Le Brech)

Au moins de juin, votre choix de quitter le Paris 13 Atletico avec qui vous êtes monté en National pour rester en National 2 à Chambly a beaucoup surpris.
Je sais… Au départ, mes parents, ma famille et certains de mes proches, n’ont pas compris. Ils étaient même déçus pour moi. Mais j’ai bien réfléchi. Ok, j’aurais pu jouer en National. Mais je savais que le Paris 13 Atletico allait recruter un joueur plus expérimenté à mon poste et j’aurais peut-être eu moins de temps de jeu et au final, j’aurais pu me perdre. Ce n’est pas du tout un manque d’ambition ni un choix financier. J’ai demandé des conseils à des anciens entraîneurs comme Abasse Chanfi (adjoint au FC 93 Bobigny et sélectionneur des U20 des Comores), que j’ai eu en U14 au Paris FC. C’est un peu un grand frère pour moi. Il sentait que je n’étais pas trop emballé par l’entretien que j’avais eu au Paris 13 Atletico.

Avec le FC Chambly Oise, samedi dernier, à Rennes, en National 2. (Photo Philippe Le Brech)

Que vous ont-ils proposés ?
J’avais une proposition pour rester mais c’était en mode bizarre, je ne l’ai pas trop senti. Ce que je voulais, c’est poursuivre ma progression sans me « cramer ». Je n’ai pas envie de brûler les étapes. Je n’ai qu’une seule vraie saison « seniors » derrière moi au Paris 13 Atletico. Ma génération a presque perdu un an et demi à cause du Covid avec les deux saisons arrêtées. Je suis encore jeune, j’ai encore une grosse marge de progression. Si je dois jouer un jour en National, c’est en étant un meilleur joueur avec davantage de bagages. Je n’ai pas envie de devenir un joueur qui fait la navette entre le National et le N2. Je veux gravir les échelons mais sans me presser. Et puis, je n’ai pas signé n’importe où. Chambly est certes en N2 mais ce n’est pas un club de N2. Je ne regrette pas du tout mon choix. Si c’était à refaire, je le referais.

« j’ai beaucoup appris avec Fabien Valéri »

Qu’est-ce qui vous a surpris à Chambly ?
Les infrastructures, c’est un truc de fou. Ça me rappelle ce que j’ai connu au Paris FC. On pourra bientôt jouer dans le nouveau stade, on a déjà découvert les nouveaux vestiaires. C’est top ! Par rapport au Paris FC et au Paris 13 Atletico où j’étais en quelques minutes à l’entraînement, j’ai maintenant plus d’une heure de trajet pour aller à Chambly. J’habite toujours chez ma mère dans le XXe, je me lève plus tôt (sourire) mais je suis vraiment content d’aller tous les matins à l’entraînement. Il y a pire comme vie…

Avec le Paris XIII Atletico, la saison passée, en National 2, club avec lequel il est monté en National. (Photo Philippe Le Brech)

A Chambly, vous avez retrouvé votre entraîneur en réserve du Paris FC et au Paris 13 Atletico, Fabien Valeri…
Il a forcément beaucoup compté dans ma venue. C’est mon formateur. C’est ma 5e saison avec lui, une en U17 Nationaux et deux en N3 au Paris FC, une au Paris 13 Atletico. C’est lui qui m’a fait découvrir le poste de latéral gauche alors que je jouais milieu en U17. Grâce au coach, j’ai découvert ce poste de défenseur, j’ai beaucoup appris au niveau tactique et mental. Il m’a fait progresser sur tout. En continuant avec lui, je savais que j’allais encore progresser comme l’an dernier au Paris 13. Il a joué en L2, il passe le plus haut diplôme d’entraineur (BEPF), il sait de quoi il parle.

Vous avez aussi retrouvé beaucoup d’anciens coéquipiers à Chambly…
Oui, j’ai connu Jean-Loïc Nolla, Lucas Valeri, Noé Masevo, Romain Bouvie et Isyakha Touré au Paris FC. Joël Saki était mon capitaine la saison dernière au Paris 13 Atletico. On a vraiment une bonne équipe.

« Au Paris FC, j’étais un peu bloqué »

Vous étiez au portes du groupe pro au Paris FC. Avez-vous été déçu de devoir partir en 2021 ?
Le Paris FC, c’est mon club. C’est le club de mon quartier, le stade Déjerine (où s’entrainent les jeunes), c’est à cinq minutes de la maison. J’étais un enfant du Paris FC. J’y suis resté dix ans, de 9 à 19 ans, ça marque forcément. Quand j’ai signé au Paris 13 Atletico, ça m’a fait bizarre de jouer avec un autre logo même si ça restait Paris. Bien sûr, j’étais déçu de devoir partir du Paris FC qui a beaucoup investi pour les jeunes. Mais en 2021, on me proposait juste de rester avec la réserve en N3. J’ai compris que je devais partir ailleurs pour réussir. C’est la vie. Je suis quelqu’un de patient. Aller au Paris 13 Atletico m’a déjà permis de gagner un niveau en passant du N3 à la N2.

Avec les U20 de la sélection nationale tunisienne.

Qu’est-ce qui vous a manqué pour signer pro selon vous ?
Lors de ma dernière saison au Paris FC, il y avait trois latéraux gauche très forts devant moi, Ali Abdi, Florent Hanin et Jaouen Hadjam. Il est plus jeune que moi mais lui avait déjà signé pro, joué en L2 et était en équipe de France U18. Forcément, c’était compliqué pour moi de me faire une place dans le groupe pro. J’étais un peu bloqué. Jaouen, c’est un top profil. Il a déjà le niveau L2. Lui et Ousmane Camara (qui a signé pour 1,2 millions à Angers en août) étaient vraiment au-dessus. Ousmane est très grand, il est arrivé tôt en L2. C’est un profil rare qu’on ne voit pas à chaque coin de rue. Moi, j’étais encore loin d’eux au Paris FC.

Au Paris FC, vous avez fait la connaissance d’Ali Abdi, l’international tunisien. Il a aussi joué un rôle important pour vous…
Oui. Un jour, il est venu me voir à l’entraînement pour me dire qu’il connaissait bien le sélectionneur des U20 tunisiens Maher Kanzari, qu’il lui avait parlé de moi et que j’étais suivi. En décembre 2019, j’ai été convoqué pour un stage au Japon puis j’ai disputé la Coupe Arabe U20 en Arabie Saoudite en mars 2020. On est allé en finale.

Ali Abdi, c’est un modèle pour vous ?
On joue au même poste. Donc oui c’est un exemple. Je le suis à Caen et avec la sélection. Il est puissant, endurant. Physiquement, c’est un monstre. J’espère m’inspirer de lui.

« Je ne vais pas me la raconter parce que je suis international »

Avec les U20 de la sélection nationale tunisienne.

Qu’avez-vous ressenti lorsque vous avez été sélectionné pour la première fois avec la Tunisie ?
Ma mère est née à la Marsa (banlieue nord de Tunis) et mon père au Kef (Nord-Ouest du pays), je suis très fier de mes origines tunisiennes. J’y vais toujours en vacances, j’ai toute ma famille là-bas. Depuis tout petit, je regardais la CAN avec mon père, supporter de l’Espérance de Tunis, et mon grand frère, pour encourager la Tunisie. C’est un immense honneur de porter ce maillot. Quand j’ai été appelé, ça a été une belle surprise. On avait caché la convocation à mon père, il n’y croyait pas, il était ému…

Jouer en National 2 et être international, c’est rare…
C’est une fierté. La sélection tunisienne m’a donné plus de visibilité. Mais je ne vais pas me la raconter parce que je suis international. Encore une fois, je n’ai qu’une saison seniors derrière moi. Je raisonne à long terme. La sélection tunisienne est toujours dans un coin de ma tête. Mais je dois d’abord faire une saison complète avec Chambly.

Quelles sont vos prochaines échéances avec la Tunisie ?
La saison dernière avec la sélection olympique, j’ai joué deux fois contre la France puis contre la Palestine. En mars 2023, il y a la CAN U23. Pour l’instant, je n’ai pas trop eu de nouvelles de la Fédération tunisienne. Mais je suis le seul joueur en sélection olympique à être dans un club amateur. Donc ça serait compliqué pour moi de rater un mois de compétition avec Chambly. On verra bien. Je n’y pense pas encore. L’objectif et le rêve, ce serait bien sûr la sélection A. Je vais bosser pour ça. J’ai 21 ans, je suis encore dans les temps. En toute humilité, j’aimerais être à la CAN 2026.

Le 30 novembre, il y a France-Tunisie à la Coupe du Monde…
Je vais forcément supporter la Tunisie en famille. Dans le groupe C, le plus fort, c’est le Danemark. Moi, je vois un nul de la Tunisie face à la France, puis une victoire contre l’Australie. Comme ça, la Tunisie sera au 2e tour. J’y crois. Il y a Hannibal (Mejbri) qui vient aussi du XXe arrondissement et du Paris FC. Il a fait un bon choix en étant prêté par Manchester United à Birmingham. C’est le leader de la nouvelle génération tunisienne pour les années à venir. Il y a beaucoup de jeunes. J’espère être aussi avec eux dans quelques saisons. Je ferai tout pour y arriver.

Amine Cherni, du tac au tac

Première fois dans un stade ?
Je devais avoir 5-6 ans. Mon père m’avait emmené au stade du quartier dans le XXe arrondissement.

Meilleurs souvenirs de joueur ?
La montée en National avec le Paris 13 Atletico au mois de mai dernier et la Coupe arabe U20 en mars 2020 avec la Tunisie en Arabie saoudite. On avait battu l’Irak, la Mauritanie, l’Algérie et le Maroc. On s’était qualifié pour la finale.

Pire souvenir de joueur ?
Le meilleur souvenir s’est transformé en pire… Toujours à la Coupe Arabe U20, je dirais la défaite en finale contre le Sénégal. On perd 1-0.

Une manie, une superstition ?
J’ai mes habitude, je me fais masser avant le match et j’écoute de la musique, surtout du rap français comme Ninho et Jul.

Le geste technique préféré ?
La feinte semelle.

Le joueur le plus fort que tu as affronté ?
Il y en a plusieurs mais je dirais Pape Mattar Saar qui évolue actuellement à Tottenham. C’était en finale de la Coupe Arabe avec le Sénégal.

Le joueur le plus fort avec qui tu as joué ?
Noé Masevo. Au Paris FC et maintenant à Chambly.

Les entraîneurs qui t’ont marqué ?
Fabien Valéri bien sûr. Et aussi Samir Gueza en U16 et U17 DH au Paris FC. Ce sont deux entraîneurs qui ont beaucoup contribué à ma progression.

Ton club ou équipes préférées ?
Moi, je supporte le Real Madrid. En France, j’aime bien suivre Lyon, Paris SG et Marseille. En Tunisie l’Espérance de Tunis.

Ton joueur préféré ?
Mon joueur préféré est Cristiano Ronaldo. A mon poste, j’ai un modèle, Marcelo.

Un stade mythique ?
Santiago Bernabeu.

Un pays ?
L’Espagne car c’est un pays où le jeu est axé sur la technique, le beau jeu.

Tes amis dans le milieu du foot ?
Grâce au foot j’ai rencontré des amis avec qui je partage de très bonne relation en dehors. J’en ai beaucoup. A Chambly, je m’entends bien avec tout le monde. Je suis un peu plus proche de Noé (Masevo), Lucas (Valeri) et et Isyakha (Touré).

Activités pratiquées en dehors du foot ?
Sortir pour aller manger, regarder des match de foot et faire des siestes.

Texte : Laurent Pruneta / Mail : lpruneta@13heuresfoot.fr / Twitter ; @PrunetaLaurent

Photos : Philippe Le Brech

Vous avez loupé un épisode de la série « 13heuresfoot » cette semaine ? Voici la séance de rattrapage !

  • Samedi 22 octobre 2022

Le Pays du Valois, le nouveau Chambly de l’Oise !
https://13heuresfoot.fr/actualites/le-pays-du-valois-le-nouveau-chambly-de-loise/
Qualifié pour le 7e tour de la Coupe de France pour la première fois de sa jeune histoire, l’Union Sportive Le Pays du Valois semble s’inspirer de la trajectoire fulgurante de son voisin. Après six accessions en onze ans, le voilà en Régional 1 des Hauts de France. Une simple étape pour ce club issu d’un village de 1 120 habitants ?

  • Vendredi 21 octobre 2022

National : Vincent Magniez, le micro du peuple
https://13heuresfoot.fr/actualites/national-vincent-magniez-le-micro-du-peuple/
Depuis 10 ans, l’ancien gardien de but pro devenu comptable commente les matchs de National sur FFF TV aux côtés d’Emmanuel Moine, son indissociable et inséparable compère. Ensemble, ils donnent une bonne image et un vrai ton à ce championnat qui n’a plus de secret pour eux et qu’ils mettent en valeur.

  • Jeudi 20 octobre 2022

Karim Mokeddem : « Saint-Brieuc est une terre de football »
https://13heuresfoot.fr/actualites/karim-mokeddem-saint-brieuc-est-une-terre-de-football/
Le nouvel entraîneur des Griffons a accordé un entretien à notre partenaire « 100 % Foot National », accompagné du capitaine James Le Marer, que nous vous proposons d’écouter en podcast !

  • Mercredi 19 octobre 2022

Anthony Beuve, l’autre monument d’Avranches
https://13heuresfoot.fr/actualites/anthony-beuve-lautre-monument-davranches/
En août dernier, le portier de l’US Avranches Mont-Saint-Michel a entamé sa 9e saison consécutive en National, sa 13e depuis ses débuts à Rodez. A 34 ans, il n’a pas l’intention de s’arrêter là. Et n’a pas tiré un trait sur ses ambitions. Portrait.

  • Mardi 18 octobre 2022

Yann Lachuer : « C’est la société qui a changé, pas le foot »
https://13heuresfoot.fr/actualites/yann-lachuer-cest-la-societe-qui-a-change-pas-le-foot/
Le coach de l’US Lusitanos Saint-Maur (N2) revient sur sa carrière professionnelle de joueur (Auxerre, PSG, Bastia, etc.) et sur son métier d’entraîneur. Un entretien long et… profond !

  • Lundi 17 octobre 2022

Bagaliy Dabo, de Clichy-la-Garenne à Limassol
https://13heuresfoot.fr/actualites/bagaliy-dabo-de-clichy-a-limassol/
L’ancien milieu offensif de Créteil a fait le choix d’un football « exotique » en 2016 en signant à Gabala, en Azerbaïdjan, où il a découvert la Coupe d’Europe, puis à Bakou. Aujourd’hui, il évolue à Chypre, à l’Apollon Limassol, où il a décroché deux titres en 2022.

Qualifié pour le 7e tour de la Coupe de France pour la première fois de sa jeune histoire, l’Union Sportive Le Pays du Valois semble s’inspirer de la trajectoire fulgurante de son voisin. Après six accessions en onze ans, le voilà en Régional 1 des Hauts de France. Une simple étape pour ce club issu d’un village de 1 120 habitants ?

La joie en coupe de France après la qualification pour le 7e tour !

Il est forcément tentant de mettre en parallèle l’ascension spectaculaire de l’Union Sportive Le Pays du Valois avec celle de son voisin de l’Oise, le FC Chambly, sorti des tréfonds du championnat de District pour se hisser jusqu’en Ligue 2 en 2019 mais redescendu aujourd’hui en N2.
D’autant que les deux présidents, Denis Moreau et Fulvio Luzi, entretiennent des relations très cordiales… L’USLPV ne voit pas si haut, quoique…

« On s’est donné deux ans pour accéder au National 3, notre prochain objectif, explique Denis Moreau. Le premier a été atteint en juin. Il s’agissait d’avoir nos deux principales équipes seniors en championnat régional des Hauts de France. L’équipe première en est à sa deuxième saison de R1 et l’équipe B vient d’être promue en R3. L’équipe C est d’ailleurs elle aussi montée d’une division. Le parcours peut être comparé à celui de Chambly mais en réalité nos histoires sont différentes. Chez nous, ce n’est pas une aventure familiale comme avec les Luzi et l’ancrage n’est pas comparable. »

Le président Denis Moreau.

L’USLPV vit en effet en Régional 1 dans une commune (Betz) de 1120 habitants, ce qui doit être un record à ce niveau. A l’extrême sud est de l’Oise, aux frontières de la Seine et Marne, les alentours du petit stade Francois Brisset sont parfois très surveillés, non pas à cause de son club de foot, plutôt de la présence de la propriété du Roi du Maroc, Mohammed VI, qui jouxte le terrain.

Un club de 600 licenciés

L’US Le Pays du Valois résulte de deux fusions successives : la première rassembla en 2002 les clubs des deux villages ruraux de Betz et d’Acy-en-Multien (834 habitants) pour donner l’ES Valois Multien.

La seconde, en 2020, engloba le club du Plessis-Belleville (3500 habitants) pour former l’USLPV, et c’est d’ailleurs dans le joli stade rénové du Plessis-Belleville que la R1 s’installera prochainement.

Sébastien Defaix, le coach de l’équipe fanion.

Une addition de villages se traduit quand même par un club de 600 licenciés, dont quatre équipes seniors, et des jeunes en pleine progression comme les U18, leaders invaincus de leur championnat de R2, et toujours qualifiés en Coupe Gambardella pour laquelle ils rencontreront dimanche … le FC Chambly-Oise !

Là bas, tout le monde vous dira cependant que sans Denis Moreau, il n’y aurait rien eu de tout ça.

Propriétaire de l’hypermarché Leclerc du Plessis-Belleville, le président (56 ans) est un dingue de foot. Originaire des Deux Sèvres, il est arrivé un peu par hasard dans l’Oise et a même été actionnaire et membre du comité directeur de l’AS Nancy-Lorraine, au temps de Jacques Rousselot, un proche.

Entre 350 et 400 000 euros de budget

En tout et pour tout, l’USLPV touche 15 000 euros de subvention et Denis Moreau apporte une grande partie du reste pour boucler un budget qui oscille entre 350 000 et 400 000 euros.

Président depuis plus de vingt ans, il aurait pu mettre son argent dans un club beaucoup plus important de l’Oise ou d’ailleurs.

« En fait, tout est parti en 1998 d’une histoire entre potes, notamment certains salariés de mon magasin, on voulait jouer au foot ensemble et faire la bringue ensemble, se rappelle-t-il. On a signé à Betz, en Départementale 4. Nous n’étions que 18/19 joueurs et il n’y avait que 30 licenciés quand j’ai définitivement pris la présidence en 2002. Mais je me suis pris au jeu. On a grandi progressivement. L’équipe première n’est jamais restée plus de trois saisons au même niveau. Trois saisons, c’était en R2. Nous en sommes à six accessions en onze ans. J’ai aussi structuré l’école de foot avec des éducateurs diplômés. Aujourd’hui, j’ai 15 matches à caser chaque week-end. On joue à Betz et au Plessis-Belleville, mais aussi à Rouvres-en-Multien, à Montagny-Sainte-Félicité et à Lagny-le-Sec, d’autres villages proches où il y a des terrains mais plus de clubs. Il y a un bassin de population intéressant pour notre développement, entre cette partie de l’Oise et les communes proches de Seine et Marne. »

Début de saison mitigé en championnat

Les U13 féminines.

Le N3 semble donc une ambition réaliste. Atteindre le huitième tour de la Coupe de France aussi. La semaine prochaine, pour le premier septième tour de sa jeune histoire, l’USLPV ira à Nozay, dans l’Essonne, rencontrer le FC Marcoussis-Nozay-La Ville du Bois (Départementale 1), petit poucet francilien.

Malgré une infirmerie actuellement bien remplie et un début de saison mitigé en R1 (un nul, une défaite, aucun but marqué), l’équipe entraînée par Sébastien Defaix (arrivé cet été du FC 93-Bobigny, N2) a quelques belles cartes de visite sur la pelouse comme son gardien international ivoirien Jean Malick Ble Zadi Hortalin, passé par l’Africa Sports et l’Arabie Saoudite, le défenseur Kevin Zonzon, qui a fréquenté le N2 et le N3 dans plusieurs clubs d’Ile de France (dont le Paris FC), le turc Mehmet Bulut, qui arrive de Drancy (N3), ou la petite pépite gabonaise Kevin Nguechoung, 22 ans.

A 65 kilomètres au nord est de Paris, Betz et l’USPLV méritent vraiment le détour.

 

Les U18, en tête de leur poule en R2.

Texte : Jean-Michel Rouet / jmrouet@13heuresfoot.fr

Photos : FC Pays du Valois

Depuis 10 ans, l’ancien gardien de but pro devenu comptable commente les matchs de National sur FFF TV aux côtés d’Emmanuel Moine, son indissociable et inséparable compère. Ensemble, ils donnent une bonne image et un vrai ton à ce championnat qui n’a plus de secret pour eux et qu’ils mettent en valeur.

Vincent Magniez a bien dû griller trois ou quatre cigarettes et se lever autant de fois pour passer du salon à la terrasse pendant cet entretien d’une heure.

C’était mercredi matin, juste avant de prendre un vol pour Biarritz et rejoindre ses copains du Variété Club de France pour un match de gala le soir-même face à l’Aviron Bayonnais FC, dans l’antre du rugby, au stade Jean-Dauger.

Un match au profit des Pièces Jaunes et de l’association Haur Eri, qui s’occupent des enfants hospitalisés, et qui a permis de récolter 12 000 euros.

Le « Variété », où il est la doublure de Gaëtan Huard, est son 18e club. On a compté ensemble, avec les doigts ! Vous voulez connaître les 17 autres ?

Allez, prenez votre souffle, les voici dans l’ordre : Amicale Constantine de Calais, Coulogne (tout près de Calais), Calais Racing Union FC (CRUFC), Dunkerque, Gravelines, Bourges, Wasquehal, Calais, Evry, Montauban, Les Lilas (là où il a commencé à travailler pour la première fois, à 31 ans), Moissy, Poissy, Issy, Drancy, Fleury, Racing. Oui, ça fait beaucoup de « Y » tout ça ! « Pour mes enfants, c’est vrai, j’aurais pu choisir un prénom en Y aussi, pas sûr que mon épouse aurait validé !! »

Poissy, le déclic

C’est qu’il a beaucoup bourlingué, l’ami Vincent ! Joueur, il a écumé les terrains de National et de National 2 (CFA), où il a multiplié les rencontres, dont une, déterminante, avec Karl Olive.

Au Red Star, stade Bauer, avec Manu Moine. Photo Philippe Le Brech

L’actuel député de la XIIe circonscription des Yvelines, maire de Poissy de 2014 à juillet dernier, qui était à l’époque président du club et journaliste, lui a mis le pied à l’étrier et sans cette rencontre, pas sûr que Vincent commenterait sa dixième saison de National au micro de FFF TV en compagnie de son alter ego Emmanuel Moine (voir la plateforme FFF TV : https://ffftv.fff.fr/ .

Moine-Magniez. Magniez-Moine. Les deux font la paire ! Indissociables de ce championnat qu’ils adorent, connaissent sur le bout des ongles, ne cessent de mettre en valeur et prennent plaisir à disséquer le vendredi soir, avant, pendant et après les matchs.

C’est simple, au fil des ans, le duo vedette de la chaîne est devenu incontournable.

Comptable dans la vie, consultant à ses heures, gardien de but de temps en temps, le planning du natif de Calais, âgé de 49 ans aujourd’hui, est bien chargé. Sa carrière, ses rencontres, ses expériences, pour une fois, il a délaissé son micro pour évoquer tout cela et répondre à nos questions. On appelle cela inverser les rôles !

« Joueur, j’étais sérieux… sauf le week-end ! »

Avec Evry, lors de la saison 1998-1999 avec l’accession en National à la clé ! Photo Philippe Le Brech

Vincent, tu es donc toujours comptable ?
Oui, pour le groupe Colas, depuis bientôt 6 ans, mais je bosse depuis que j’ai 31 ans. Je suis jeune dans le monde du travail ! Avant, je ne faisais que du foot.

Comment es-tu devenu comptable ?
J’ai passé le BEP et un bac pro comptabilité par correspondance quand j’étais au centre de formation à Dunkerque, et puis je suis rentré chez Carrefour pour mon premier job où j’étais opérateur de saisie, et j’ai eu la chance de tomber sur une directrice comptable qui aimait le sport, et je lui ai dit que j’avais besoin de travailler, j’en ai profité pour passer mes équivalences. Et après, j’ai pris mon envol.

Tu es né à Calais, mais tu as joué à Dunkerque…
J’ai commencé à Calais aussi, j’ai joué dans trois clubs là-bas, dont le CRUFC, jusqu’en cadets nationaux ! Ensuite, je suis parti au centre de formation à Dunkerque de 1989 à 1993. Le club était en Division 2. Mais je ne suis pas passé pro. Là-bas, j’ai eu Alex Dupont comme coach, mon deuxième papa ! Et quand le club l’a limogé, ils ne m’ont pas gardé non plus.

Du coup, quand tu commentes Dunkerque aujourd’hui, tu as de la rancoeur ?
Absolument pas ! Et puis, depuis, les gens ont changé, même si j’y ai connu Jocelyn Blanchard à l’époque, qui était aussi au centre, et aussi Jean-Pierre Scouarnec, l’actuel président, qui faisait déjà partie du comité. Quand je vais là-bas, au stade Tribut, c’est toujours un plaisir. Je m’entends bien avec Jean-Pierre (Scouarnec), même si je suis plus « 62 » que « 59 » ! »

« On m’appelait le Xavier Gravelaine des gardiens de but ! »

Album souvenirs à Calais ! Photos Eklablog.com

A la lecture de ton parcours de joueur, il en ressort beaucoup de changements et des choix de carrière qui n’ont pas payé…
C’est vrai, à l’époque, on m’appelait le Xavier Gravelaine des gardiens de but ! Après Dunkerque, où j’étais stagiaire-pro, je suis allé en Division 3 à Gravelines, puis à Wasquehal en National en 1995, juste l’année avant la montée en Division 2, mais j’étais parti ! J’étais jeune, j’avais des contacts, Guingamp, Rennes, Saint-Brieuc et Ajaccio me faisaient la cour. Alex Dupont m’avait conseillé de rester à Wasquehal. Mais Saint-Brieuc a déposé le bilan, Rennes c’était comme 3e gardien et un an de contrat, bref, j’ai trop attendu pour Wasquehal, et finalement, en 1996, je suis reparti à Calais, dans mon club de coeur, en CFA. Malheureusement, on est descendu. Du coup, je ne suis pas resté, je ne me voyais pas jouer en CFA2 à mon âge (24 ans) et je suis parti à Evry en National 2 en 1997. Le club a terminé premier en 1998 et il est remonté en National avant de redescendre, alors j’ai signé à Montauban en CFA mais là-bas, les promesses d’emploi n’ont pas été tenues, donc retour en région parisienne, aux Lilas, en CFA, où je m’étais proposé. Je touchais 400 euros par mois. Aujourd’hui, avec ça, je serais le smicard du National 2 ! J’y ai découvert un club extraordinaire, certainement l’un des plus beaux où je suis passé. Avec Les Lilas, on s’est maintenu en CFA deux années de suite et ensuite j’ai joué à Moissy puis Poissy où là, ce fut le tournant de ma carrière grâce aux personnes que j’ai rencontrées. Ensuite, il y a eu Issy en DH et encore Drancy en CFA, Fleury, et j’ai terminé à 39 ans au Racing en CFA2 !

Sous le maillot de Drancy. Photo Philippe Le Brech

Tu disais que Calais était ton club de coeur, ça t’a fait quoi de les voir en finale de la coupe de France en 2000 ?
Calais, forcément, c’est ma ville, j’y suis né ! Toute ma famille y a joué et avant que le club ne s’appelle le CRUFC, il y avait deux clubs dans la ville, le Racing et l’Union : et dans les buts du Racing c’était mon oncle, et dans ceux de l’Union, c’était mon père !

Du coup, quand j’ai signé au CRUFC, j’ai mis toute la famille d’accord, j’étais devenu en quelque sorte le symbole de cette fusion. Je suis parti trois ans avant leur parcours en coupe : à ce moment-là, je m’étais dit que j’aurais pu faire partie de l’aventure, mais j’avais plein de copains dans cette équipe, des potes d’école, des joueurs avec qui j’avais joué 3 ans plus tôt ou d’autres croisés au centre de formation à Dunkerque.

Quand Calais a atteint la finale, moi, je jouais à Evry et je me souviens que, cette saison-là, notre coach Bernard Touret prenait souvent Calais en exemple dans ses causeries quand nous avions besoin de points pour nous maintenir, en fin de saison.

« J’ai eu cette image de fêtard »

En 2012, avec le Variété club de France de Steve Savidan et Rudy Garcia. Photo Philippe Le Brech.

Que t’a-t-il manqué pour jouer en Division 2, pour aller dans des clubs plus haut ?
De la chance, et puis j’ai fait des mauvais choix de carrière. Je n’ai pas su écouter certains conseils. Des clubs ont connu une rétrogradation administrative, d’autres ont déposé de bilan, comme à Bourges, où j’ai connu la D2 et le National.

Pourtant, j’ai beaucoup bossé car je n’avais pas de qualités naturelles, et je savais que cela passerait pas ça, mais le truc, c’est que j’aimais bien faire la fête avec les potes… donc j’ai eu cette image-là, de fêtard : du coup, personne ne voulait se mouiller pour moi à cause de cela, de peur d’être grillé. Pourtant, j’étais sérieux, sauf le week-end, et ça… Quand tu aspires à jouer au haut niveau, ce n’est pas possible, tout se sait, les gars se parlent entre eux dans les clubs. J’étais grande gueule aussi, mais grande gueule au coeur d’or : je ne pense pas avoir laissé de mauvais souvenirs là où je suis passé, sauf à Moissy, où je ne m’entendais pas avec le nouveau président.

Dans les cages du Variété club de France ! Photo Philippe Le Brech

Si tu n’avais pas joué à Poissy, tu ne serais sans doute pas consultant pour FFF TV  ?
A Poissy, j’ai connu des gens qui m’ont permis de donner un tournant à ma carrière. J’ai connu Karl Olive, alors directeur des sports de Canal +. C’était aussi mon président et un jour, il m’a dit qu’il aimait bien ma manière de m’exprimer. Dans Le Parisien, il a même dit que j’étais un mélange de Jean-Charles Sabattier, par rapport à mon amour du foot allemand, et de Dany Boon ! J’avais pris ça pour un super compliment !

Avec lui, j’ai fait une émission sur la TNT, « cap 24, la chaîne capitale » sur le foot amateur en région parisienne, puis sur L’Equipe TV, et tout est parti de là ! Karl voulait que je garde mon phrasé, ma manière de parler. Je n’ai jamais pris de cours de communication et je pense que si j’en avais pris, je ne serais pas moi-même. Les gens qui regardent les matchs sur FFF TV, sont comme moi, parlent de de la même manière, on bégaye parfois, on fait des fautes de français, mais ce n’est pas grave.

Après le Ballon d’or du peuple, tu es un peu le micro du peuple…
(Rires) C’est joli ça !

Photo Philippe Le Brech

Qui a eu l’idée d’appeler les interviews grand format d’avant match « Dans les 16 mètres » ?
C’est Manu (Moine) ! Il m’a dit, « faut que tu prennes quelqu’un dans ta surface, c’est ta surface, tu la connais bien, on va appeler ça « Dans les 16 mètres » ! »

Tu entames ta 10e saison, déjà, comme consultant en National. Comment tout a commencé ?
En fait, on l’oublie souvent, mais c’est l’ancien joueur, David Théophile, qui est au coeur du projet. Filmer le football amateur, c’était son idée. Il a fait un travail énorme. Il a commencé avec sa caméra, sur un toit, avec sa société, Visio prod, et la FFF l’a engagé. Un jour, il m’a parlé du projet de filmer les matchs de National avec la FFF. Au début, un seul match par journée de championnat était diffusé. Et il m’a envoyé sur un match au Poiré-sur-Vie, contre le CA Bastia. Il m’a dit « Tu seras accompagné d’un jeune journaliste-commentateur comme ça tu feras connaissance avec lui sur le trajet, dans la voiture ». Et ça s’est super-bien passé ! On est tombé un peu « amoureux », façon de parler, malgré nos 15 ans d’écart ! On a les mêmes délires ! Ce qui m’a plu au départ, c’est qu’il aimait ma musique dans la voiture, ça a compté au début ! Je lui mettais Sinatra, Brant, Sardou, Balavoine ! La première année, j’étais « bord de terrain », car il y avait un consultant avec Manu. Moi, je pouvais tutoyer les joueurs ou les coachs. David (Théophile) me disait de faire un peu comme Paganelli. Comme j’étais un ancien joueur, ça se passait bien. Par contre, avec un président, je devais utiliser le vouvoiement. Aujourd’hui, on est toujours tous les deux, avec Manu, à commenter, et ça fait 10 ans que ça dure !

Vincent Magniez, du tac au tac
« Je peux donner un avis, mais pas de conseil »

Photo Philippe Le Brech

Le dernier match commenté ?
Versailles – Le Mans (2-1).

C’était bien ?
C’était un très joli match. A l’image du niveau du championnat. Beaucoup de gens qui découvrent le National sont surpris par le niveau. Là, on a eu deux belles équipes, et ce ne sont pas les seules dans ce championnat.

Le prochain match que tu vas commenter avec Manu ?
Je devais commenter Versailles contre Cholet ce soir mais le match a été décalé à lundi mais je ne serai pas là.

Le pire match que tu as commenté ?
Alors des matchs où il ne se passe rien, on en a commentés quelques uns, on ne pas se mentir ! Après, l’avantage avec Manu, c’est qu’on va en profiter pour raconter plein d’anecdotes et rendre le match moins mauvais.

Sous le maillot des Lilas ! Photo Philippe Le Brech

La pire équipe croisée en National ?
On ne commentait pas encore mais je me souviens de Calais, après la coupe de France, en 2001, ils n’avaient gagné que 2 matchs dans la saison, et ça c’est rare. Mais ce qui est dingue en National c’est que, parfois, la pire équipe peut se transformer en équipe de fou, comme Béziers l’année de la montée en Ligue 2, en 2018.

La meilleure équipe que tu as commentée en National ?
L’équipe de Villefranche des saison précédentes, avec des petits gabarits au milieu, m’a beaucoup plu et m’a fait vibrer. Ils viennent de faire deux fois les barrages. Ils ont obtenu cette 3e place en jouant au foot et pas en misant sur l’aspect athlétique.

Le meilleur joueur que tu as vu en National ?
Umut Bozok, quand tu vois ce qu’il a été capable de faire, et Vincent Thill à Pau aussi, exceptionnel, et je ne sais même pas où il joue aujourd’hui… (Il évolue à l’AIK Solna, en D1 suédoise, Ndlr). On a vu passer des tonnes de joueurs.

Un club que tu n’as jamais commenté ?
Il doit y en avoir, oui… Faut les trouver, ou le trouver… Je ne trouve pas.

Avec Issy-les-Moulineaux, en coupe de France, en 2009-2010. Photo Philippe Le Brech.

Un match à problème ?
On a eu un match à Colmar avec une panne d’électricité, et l’an passé, avec Cholet, je fais un interview d’avant-match, avec Richard Déziré, qui dit au micro que l’on n’a pas commenté son match précédent de la meilleure des manières, mais il avait mélangé les équipes de commentateurs, il nous avait mis dans le même panier, alors que l’on a toujours été derrière lui.

Y a-t-il un club qui te manque en National ?
Le SC Bastia par exemple, avec ce public de fanatiques et de connaisseurs. Le Racing aussi, j’aimerais bien les revoir en National.

En 10 ans, quelles évolutions as-tu remarqué ?
L’évolution, elle vient des joueurs de Ligue 1 ou de Ligue 2, que l’on peut retrouver de plus en plus souvent et de plus en plus nombreux en National. Y’a beaucoup d’anciens qui ont été de très bons joueurs des niveaux au-dessus, et les clubs pros n’hésitent plus à prêter leurs pépites. Avant, le championnat était plus « bucheron » et il y avait moins d’expérience.

Es-tu le porte-bonheur d’un club ?
Dunkerque, l’année où ils montent, même si le championnat n’est pas allé à son terme : Jean-Pierre Scouarnec aimait bien que je vienne commenter ! Inversement, je sais que Manu a souvent été le chat noir de Karim Mokeddem, à l’époque où il était Lyon-Duchère. Ce sont des fois où je ne suis pas allé commenter avec lui !

Un club que tu aimes bien commenter ?
Cette saison, j’aime bien commenter Le Mans. Je trouve que c’est un club plaisant. Même s’ils ont perdu contre Versailles, tu vois que les jeunes ont leurs chances dans cette équipe, avec des joueurs expérimentés à côté.

Est-ce que tu as déjà outrepassé tes fonctions de commentateurs ?
Non, mais je peux donner mon ressenti à un coach, mais sans me permettre de lui dire par exemple « Il ne faut pas jouer à trois derrière ». Ce sont juste des discussions, un peu comme on fait là tous les deux. Ce sont des discussions de footeux. Je ne donne pas de conseils, juste un avis. Je connais la difficulté d’être coach et d’être joueur. J’ai fait partie d’un staff pendant 6 ou 7 ans à Poissy (il était entraîneur des gardiens), dont la dernière saison, en 2020, avec Laurent Fournier, son fils et Habib Beye aussi.

Emmanuel Moine : « Demande à Vincent… »

Nous avons demandé à Manu Moine, son acolyte le soir des matchs, de poser quelques questions à Vincent Magniez. Voici le tac au tac du duo Magniez-Moine !

Demande à Vincent pourquoi la Fédération a pensé arrêter de lui payer une nuit d’hôtel les soirs de match ?
(Rires) Parce qu’on n’en profite pas assez (rires) !

Pourquoi la blanquette de veau est ton plat préféré en déplacement ?
(Rires) Parce qu’on avait droit à 15 euros de note de frais pour le repas et que la blanquette est à 15,50 euros !

Pourquoi Maurice Goldman, l’ancien coach de Belfort, et Vincent Demarconnay, le gardien du Paris FC, sont les deux meilleures interviews de ta vie ?
(Rire) Ah ah ah il est bon ce Manu ! Au Paris FC, j’arrive à la bourre, j’appelle Manu pour l’interview d’avant-match et il me dit que Vincent Demarconnay vient d’avoir des jumeaux. Je le félicite pendant l’interview et là il me dit « Ce sont des jumelles » ! Et avec Maurice Goldman, là, je me mélange les pinceaux dans la présentation, dans les résultats de son équipe, et il s’énerve un peu ! Lui, c’était un personnage ! Une fois, il était au micro avec moi, et son président rigolait derrière, ils étaient amis, et là, Maurice Goldman me dit « Tu vois, mon président, il rigole, mais si je perds ce soir, il va me virer ! »

Il paraît que tu as commenté un match sur une nacelle, à Laval ?
Ah oui, la tribune était en réfection, on m’a dit que j’allais commenter sur une nacelle mais je n’en avais jamais vu d’aussi haute ! J’avais l’impression qu’elle tenait sur des ressorts, on avait un cameraman debout à côté qui tremblait, il était gelé, il faisait trembler la nacelle, je leur ai dit « à la mi-temps, je descends, je ne remonte plus »; ça bougeait de tous les côtés, j’ai cru que j’allais mourir !

A Créteil, avec son compère Manu Moine ! Photo Philippe Le Brech

Il paraît que, joueur, tu es passé en commission de discipline pour avoir montrer ton cul au public ?
Avec Evry, oui ! On avait gagné un match en Bretagne je crois, j’avais été insulté, chambré, j’avais pris des crachats. Du coup, à la fin du match, on va danser devant les supporters adverses pour les chambrer et y’en a un qui me dit « Et toi Magniez avec ton gros cul » … Je réponds « Quoi mon gros cul ? Tu veux le voir ? » Et je baisse mon short !!! Je prends 7 matchs de suspension quand même mais j’ai réussi à faire réduire la sanction à 2 matchs fermes.

Il paraît que tu as eu un fou rire avec Bilel El Hamzoui ?
C’était à Tours, il est venu avec Dunkerque, j’ai été perturbé par le passage d’une dame avec une tête de dessin animé !! Cela n’avait pas été coupé au montage, et on nous voyait en plein fou rire, moqueurs.

Est-ce que c’est vrai que le 8 juillet 1982, le soir du match de légende France – RFA à Séville en coupe du Monde, tu étais le seul français heureux ?
J’avais 9 ans, à 3-1 pour la France je pleurais, et à 3-3, je pleurais de joie. Pourtant j’aimais bien cette équipe de France en 82. Mais j’ai toujours adoré la mentalité allemande. La Bundesliga est le championnat le plus sous-côté au monde.Et j’adore l’équipe nationale allemande. J’ai toujours aimé me ranger du côté de ceux que l’on n’aime pas. J’aime cette mentalité, la rigueur. Pas trop de réseaux sociaux. Ils ne font pas trop parler d’eux alors qu’ils ont des joueurs de classe mondiale. C’est très différent en France…

Pour terminer, Manu veut que tu nous parles de ta « compile » avant un match, ta routine en voiture ?
Dans ma compile, il y a « My way », forcément, de Sinatra, dont je suis fan, après, je peux écouter les Communards, Mike Brant, Sardou, Balavoine, tout ce que je peux chanter en fait !

Avec le Variété club de France, mercredi soir, à Bayonne. Photo Facebook VCF.

Texte : Anthony BOYER / Mail : aboyer@13heuresfoot.fr / Twitter : @BOYERANTHONY06

Photos : Philippe Le Brech

 

Le nouvel entraîneur des Griffons a accordé un entretien à notre partenaire « 100 % Foot National », accompagné du capitaine James Le Marer, que nous vous proposons d’écouter en podcast !

Photo Philippe Le Brech

Cinq mois. C’est le temps que Karim Mokeddem a mis pour retrouver un banc après ses huit mois passés à La Berrichonne de Châteauroux.

L’ancien coach de Lyon-Duchère, où il s’était révélé lors de la saison 2015-2016 en CFA (aujourd’hui National 2), en a profité pour regarder de nombreux matchs.

Au début du mois, il s’est engagé en faveur du Stade Briochin, actuellement dernier de National, et seul club à ne pas (encore) avoir remporté le moindre match en championnat.

Le Lyonnais sait l’ampleur de la tâche mais son expérience du championnat et la bonne réputation dont il jouit ont sans doute pesé dans la balance au moment de trouver un successeur à Didier Santini, l’homme qui avait conduit les Griffons à une très jolie 5e place la saison passée (2e meilleure équipe sur la phase retour !).

Avec le Stade Briochin. Photo Philippe Le Brech.

Le nouveau pari de Mokeddem ne sera pas simple, il le sait, mais, c’est un euphémisme, aucun pari n’est simple en football ! Et après tout, le jeu en vaut la chandelle.

Depuis son passage à « La Duch », l’ex-coach de Vénissieux-Minguettes (2009-2013, National 3), âgé de 48 ans, s’est forgé une solide réputation. Proche de ses joueurs et adepte d’un jeu offensif, il avait tout d’abord conduit Lyon-Duchère de CFA en National au nez et à la barbe du géant grenoblois, en 2016, avant de boucler trois exercices dans le haut de tableau : 7e (2017), 6e (2018) et 5e (2019). A chaque fois, son équipe avait été dans le coup mathématiquement pour accéder en Ligue 2, mais ça n’était pas passé loin.

Stoppé par la Covid à Bourg

A l’été 2019, alors que la rumeur l’envoyait à l’Olympique Lyonnais pour s’occuper de la réserve, après sa décision de ne pas repartir avec la « Duch », c’est finalement sur le banc du FBBP01, toujours en National, qu’il s’est installé.

Avec les joueurs du FBBP01, où la Covid-19 a malheureusement freiné l’élan de l’équipe en 2020. Photo Philippe Le Brech.

A Bourg-en-Bresse, dans un club d’un standing supérieur, affublé du statut professionnel (quelques mois plus tôt, il venait d’obtenir son diplôme d’entraîneur professionnel, le BEPF), il a joué l’accession, l’objectif affiché des dirigeants après la relégation de Ligue 2 en 2018. Malheureusement, la Covid-19 a brutalement contrarié ses plans.

Au moment de l’arrêt des championnats, décrété par la FFF le jeudi 12 mars 2020 au soir, le club bressan était 5e, avec 11 victoires, 9 nuls et 5 défaites, à 5 petits points seulement de Dunkerque, le second du championnat et futur promu – sur décision fédérale – en Ligue 2.

Autant dire qu’il était dans la course pour les fameuses deux premières places synonymes d’accessit, et aussi pour la place de barragiste (3e).

Surtout, le FBBP01 restait sur une belle série de 4 victoires et 4 nuls et était invaincu depuis la reprise de janvier. Voilà ce qui s’appelle être coupé dans son élan, même si d’autres clubs, comme Boulogne-sur-Mer, 3e au moment de l’arrêt de la compétition, à seulement une longueur de Dunkerque, avaient également le vent en poupe (les barrages ont été annulés), et ont pâti de cette décision fédérale. On ne va pas refaire l’histoire.

Avec Mathieu Chabert au BEPF et à Châteauroux

Avec Mathieu Chabert, à La Berrichonne de Châteauroux. Photo Philippe Le Brech.

Celui qui avait effectué ses premières armes de coach au Ménival FC, dans la banlieue proche de Lyon, ne terminera pas la saison suivante, remercié en février 2021 en raisons de résultats décevants et surtout une 15e place synonyme de relégation (le FBBP01 parviendra à éviter la descente).

En octobre 2021, il devient, un peu à la surprise générale, l’adjoint de Mathieu Chabert à La Berrichonne de Châteauroux, toujours en National.

L’ancien coach de Béziers, Mathieu Chabert, remplace en effet Marco Simone et impose à ses côtés Karim Mokeddem, son camarade de promotion lors du BEPF la saison précédente. Les deux hommes sont amis depuis qu’ils se sont connus lors de leur formation au diplôme, et ont chacun une grosse expérience de ce championnat si atypique et particulier. Pourtant, c’est ce même Mathieu Chabert qui, là encore à la surprise générale, pousse Karim Mokeddem vers la sortie, en mai dernier, après huit mois ensemble.

Depuis le 4 octobre, Mokeddem est le nouvel entraîneur du Stade Briochin, son quatrième club de National. Interrogé par « 100 % Foot National », le podcast sur le championnat, et partenaire de 13heuresfoot, Karim Mokeddem, résolument optimiste, a livré ses premières impressions et ses ambitions au micro de la journaliste de France Bleu, Mélanie Durot, qui a ensuite passé le micro au capitaine du Stade Briochin, James Le Marer.

Karim Mokeddem : « Je vais arrêter d’être l’Abbé Pierre et Mère Teresa en même temps avec les joueurs »

Les premiers mots de Karim Mokeddem au micro de Mélanie Durot :

Avec les joueurs du Stade Briochin, le club où il est arrivé le 4 octobre dernier. Photo Philippe Le Brech.

« A Saint-Brieuc, j’ai trouvé un club avec des vraies valeurs, familiales, d’entraide, avec des valeurs de travail aussi, à l’image de mon staff. Il y a une culture du beau jeu aussi ici. C’est ma première expérience en Bretagne qui est une terre de football ! Je suis là pour travailler et grappiller des places au classement. On voit souvent des équipes avec des crises de résultats, y ‘ a des périodes comme ça, j’ai plein d’exemples. Il faut travailler l’aspect mental. Contre Concarneau  en championnat (défaite 1-2 à domicile, entretien réalisé au lendemain de ce match), on a vu nos défauts, qu’il faudra corriger. Notamment dans la perte de balle. Et les sorties de balle.  J’ai observé toutes les équipes quand je n’étais pas en activité et pour moi, Concarneau est la meilleure équipe du championnat. Quant à Saint-Brieuc, je connaissais la plupart des joueurs, c’est mon job, et puis je les ai vus à la vidéo et je les avais affrontés la saison passée avec Châteauroux. En ce qui me concerne, j’ai évolué, je voulais toujours aider les joueurs, mais je vais arrêter d’être Mère Teresa et l’Abbé Pierre en même temps, j’ai un peu changé là-dessus, même si je reste proche de mes joueurs. Pour moi le match de Concarneau et celui de Nancy qui va arriver (ce vendredi) sont des axes de travail et j’espère, début novembre, lorsque cela fera un mois de travail commun, que l’on sera opérationnel contre Borgo.« 

Photo Stade Briochin

Ecouter le podcast complet (cliquer sur le lien) : https://bit.ly/3CUpM1k

Texte : Anthony BOYER / Mail : aboyer@13heuresfoot.fr ou contact@13heuresfoot.fr / Twitter : @BOYERANTHONY06 et @13heuresfoot

Photos : Philippe Le Brech (et Stade Briochin)

Le coach de l’US Lusitanos Saint-Maur (N2) revient sur sa carrière professionnelle de joueur (Auxerre, PSG, Bastia, etc.) et sur son métier d’entraîneur. Un entretien long et… profond !

Photo US Lusitanos

Ancien milieu de terrain phare de l’AJ Auxerre, Yann Lachuer a vécu une carrière de joueur bien remplie. De Châteauroux à Châteauroux, le milieu de terrain, un des derniers numéros 10 à l’ancienne de D1, a disputé plus de 450 matches en pro.
Au PSG, à Auxerre, à La Berrichonne, au SC Bastia ou encore à Créteil, Troyes ou Orléans, l’actuel entraîneur de l’US Saint-Maur Lusitanos a trimballé sa vision du jeu et son sens du football, toujours avec une idée bien précise de ce que doit être ce sport. Une exigence que le double vainqueur de la coupe de France (2003 et 2005 avec Auxerre) et également champion de France 1996 (avec Auxerre encore, même s’il n’a disputé qu’un seul match cette saison-là), raconte pour 13heuresfoot, narrant ses souvenirs avec Guy Roux, son parcours « tout sauf linéaire », et, bien sûr, un mental qu’il a transposé du terrain à sa fonction de coach.

Yann, vous êtes un joueur dont l’image est invariablement attachée à Auxerre, avec une riche carrière. Mais vous êtes né du côté de Paris, à Champigny-sur-Marne, et avez fait vos armes en Île-de-France. Racontez-nous vos débuts.
Ca s’est passé de manière un peu atypique. Dans le sens où je n’ai pas fait de centre de formation. Ce n’est pas faute d’avoir voulu y rentrer, mais j’avais été refoulé de tous les clubs à qui j’avais écrit, quasiment à chaque fois. Puis je suis allé à Créteil, en D2, avant d’effectuer mes vraies premières classes en D3, après la descente. Je n’ai pas eu un cursus traditionnel. J’ai été recruté à 18 ans par Auxerre (en 1993), plutôt en post-formation, comme on appelle ça. A mon entrée dans le « monde adulte », j’ai un peu tâtonné, j’avais un profil atypique, je n’étais pas précoce sur le plan physiologique et athlétique, même si sur le plan du football ça allait.

Votre parcours, très tôt, se conjugue avec l’AJ Auxerre.
Oui, mais à l’image de ma carrière, ça n’a jamais été rectiligne. J’ai eu trois périodes à Auxerre, la première en arrivant de Créteil, où j’ai très peu joué, où il m’a fallu me mettre au niveau, j’ai dû progresser à tous les niveaux, footballistique, athlétique, mental, donc j’ai très peu joué. En revanche, j’ai beaucoup joué avec la réserve en N2. Ca correspondait aussi aux premiers trophées d’Auxerre, le titre de champion de France, le doublé, l’heure de gloire de l’AJ Auxerre. C’était difficile de se faire une place, donc j’ai demandé à être prêté à Châteauroux (D2). J’en avais un peu assez, j’avais fait le tour du National 2, des opportunités pour jouer professionnel, et ça s’est fait sur le tard, je suis parti en septembre (1996). A ce moment-là, Guy Roux avait un peu lâché l’affaire avec Yann Lachuer ! Il avait demandé à tous ses scouts de préparer l’après-Martins (Corentin Martins, joueur de l’AJA de 1991 à 1996). Et au bout de deux mois, ses scouts lui disent : ‘’On a trouvé’’, ‘’Ramenez-le moi’’, ‘’Bah c’est Yann Lachuer’’ !

« J’ai une flèche devant, il me faut un archer »

A La Berrichonne, ça se passe bien, avec plus de 30 matche, 10 buts et une accession en Division 1 !
J’ai fait mon année à Châteauroux, on est monté, et j’ai été nommé dans les quatre meilleurs joueurs de Ligue 2. Je suis revenu à Auxerre, car il me restait un an de contrat, même si je voulais continuer dans à La Berrichonne. C’est la deuxième période à l’AJA, où on fait 1/4 de finale en coupe Intertoto. Là, j’ai vraiment découvert la première division. Je suis parti libre au Paris Saint-Germain, j’ai joué à Bastia, et Guy Roux est revenu me chercher pour encadrer les jeunes. Il m’a dit ‘’J’ai une flèche devant, il me faut un archer’’. Donc tout ça résume ma carrière, qui n’a jamais été rectiligne, que ça soit au début, pendant, et presque à la fin (rires).

Photo US Lusitanos

Au début, Guy Roux n’était pas convaincu donc… C’est intéressant, ce n’est pas linéaire, vous avez réussi à le faire changer d’avis !
Je n’arrête pas de répéter ça à mes garçons, mais au-delà du don et des qualités évidemment footballistiques, il faut du travail au quotidien, mais il faut surtout un mental. Là, c’était une endurance mentale. A Auxerre, je suis arrivé à un moment où ils récoltaient les fruits d’une longue politique, c’était un peu l’apogée du club. Il fallait attendre, être patient, et puis surtout, il fallait être prêt ! Parce que le jour où vous aviez 15 minutes à jouer, il fallait montrer des signes, que vous pouviez assurer l’après. Guy Roux fonctionnait comme ça. Quand la relève était prête, il laissait partir le titulaire, il le monnayait, et il gardait un niveau de performance.
C’était très très formateur sur le plan mental, mais il ne fallait pas lâcher le morceau. C’est ce que j’ai fait, et c’est comme ça que j’ai un peu retourné la situation. Au départ il n’avait plus confiance en moi car il estimait que je ne progressais pas forcément, mon passage à Châteauroux lui a prouvé le contraire, même s’il n’était pas fan des prêts. Ma fierté, au-delà des trophées, c’est d’avoir gagné l’avis de Guy Roux. Et de manière très sincère, il disait qu’il s’était trompé sur moi. Bon, il ne s’est pas trompé beaucoup dans sa carrière, mais voilà, je suis peut-être une exception; ça a été une fierté de partir libre au PSG, et de revenir avec le brassard de capitaine, pour encadrer la nouvelle génération, des Cissé, Mexès, Kapo… Quand vous ne lâchez rien, que vous continuez de travailler, à un moment donné vous avez les récompenses. Benzema a remporté le Ballon d’Or à 34 ans, mais aujourd’hui, les jeunes générations, la nouvelle société, il leur faut tout très vite. Benzema ou moi, on est des contre-exemples.

« Certains se trouvent des excuses, mais ne trouvent pas des solutions »

Jean-Marc Furlan, qui vous a entraîné, parle de « football multifactoriel » : c’est un peu de ça dont on parle depuis tout à l’heure.
C’est ça, et c’est aussi le mental. Comme je dis toujours, certains se trouvent des excuses, mais ne trouvent pas des solutions. Ce que j’en ressors de tout ça, c’est qu’avec la persévérance, le travail, en toute humilité, vous récoltez les récompenses. Ce qu’on ne maîtrise pas, c’est le temps. La patience, à un moment donné, c’est de prendre le temps, et de retourner une situation.

Le foot a changé, donc ?
Non non non ! Le foot n’a pas changé, car l’exigence du haut niveau est la même. Ce qui a changé c’est le public, c’est l’entourage, la communication, la presse. Mais le foot n’a pas changé, les buts font la même taille, le terrain c’est la même chose, on joue à onze… C’est plus l’humain qui a changé. Et pas forcément dans le bon sens, notamment sur le plan mental. Quand on voit les clubs français, on n’est pas calibré pour le haut niveau, ce n’est pas vrai.

C’est votre regard d’entraîneur, mais aussi d’ancien joueur ?
D’ancien joueur, surtout. Avant, il fallait faire 50 matches pour être reconnu en Ligue 1, passer des étapes. Voilà, Guy Roux disait qu’il fallait ces 50 matches pour être prêt, que si tu n’avais pas fait 20 matches en Coupe d’Europe, eh bien tu n’étais pas un joueur européen… C’étaient des critères à deux balles, mais c’étaient de vrais critères. Aujourd’hui, tout va très vite, tu fais 5 matches en L1, t’es déjà transféré, etc. Auxerre a subi ça dans les dernières années. Mais forcément, vous n’avez pas tout à 16 ou 18 ans pour faire face au monde professionnel. Alors il y a des exceptions comme Mbappé, mais il y a des lacunes pour moi. C’est logique, voilà. Pour moi le niveau général du foot français baisse, parce que tout va très vite et on a galvaudé le niveau de formation.

Un des buts de Yann Lachuer avec Bastia :

Pourtant, énormément de joueurs français sont titulaires dans tous les plus grands clubs en Europe.
En France, on forme des joueurs individuellement très bons. Mais collectivement, dans la culture du football, la lecture du jeu, l’intelligence de jeu, on est des cadets par rapport à l’Espagne ou d’autres pays. Après, c’est ma philosophie de football, voilà, et je rejoins Karim Benzema quand il dit que le foot est un sport collectif. Mais la société a changé, elle est plus individualiste, l’amour du maillot, tout ça… Ce n’est pas une critique. Le foot est juste un reflet de la société. Il faut vivre avec son temps, je ne dis pas que c’était mieux avant, mais je fais juste le constat qu’on galvaude des étapes importantes, et que le niveau du foot français baisse.

Dans cette idée de mental, vous revenez à Auxerre une 3e fois, en 2001, après un an au PSG et deux au SC Bastia. Vous y restez cinq ans. Pourquoi ?
Je suis revenu car Guy Roux m’avait vendu le projet de la jeune génération à encadrer. Il s’est battu pour me récupérer auprès de Bastia. Je m’étais relancé pendant deux ans au SCB, l’opportunité s’est présentée au bon moment, c’était une reconnaissance du travail accompli, de la maturité, il m’a donné le brassard et les clefs du camion. Comme j’ai dit dans le football il faut de tout, des précoces ou des joueurs comme moi, qui arrivent sur le tard; ça ne m’a pas empêché de faire ma carrière.

Ce qui est drôle, c’est que le curseur était inversé. Vous êtes parti jeune, et vous êtes revenu dans la peau de l’ancien. L’expérience, vous l’avez trouvée à Paris et Bastia.
A Paris, c’était l’arrivé de Michel Denisot, je suis arrivé blessé, mais n’empêche que j’ai remporté un Trophée des Champions, il n’y en pas 30 titres à remporter dans le foot français, je suis fier d’avoir rapporté ça au PSG. Après, pour moi, c’était une étape, j’ai connu deux présidents, trois entraîneurs, j’arrivais d’Auxerre, le PSG c’est une machine à laver, soit ça passe, soit ça ne passe pas. J’ai été blessé quasiment toute l’année, ça fait partie des expériences, qui m’ont endurci, enrichi, mais j’ai un petit regret, car je n’ai pas réussi dans un des plus grands clubs français. Ca fait partie d’une carrière.

« Je me suis éclaté à Bastia ! »

Et là… Créteil, Auxerre, Châteauroux, Paris, puis la Corse !
J’avais des a priori sur le football corse. J’étais un peu à la cave à Paris, et donc Bastia m’appelle, j’y suis allé, j’ai discuté avec le coach Frédéric Antonetti, et ça a collé tout de suite. Ils avaient cette politique, comme Auxerre, de relancer des joueurs à relancer, des jeunes. Je suis rentré complètement là-dedans. Je me suis éclaté pendant deux ans. La Corse est une vraie terre de football, avec toute sa passion, sa ferveur, un cadre de vie exceptionnel, et à Bastia il y a un vrai club, une histoire et un passé. Ca m’a parlé en tant que fan de foot. Ca avait une cohérence d’aller à Bastia, et je me suis régalé.

Il y a eu un autre come-back dans votre carrière, à la fin, après Auxerre, à Châteauroux. Là encore, c’est le projet, l’amour du foot qui expliquent cela ?
Ce qui a fait mes choix, ce sont les valeurs humaines. Les choses simples, avec du travail, un coach qui porte ça. Pour Châteauroux, je ne sais pas si c’était bien ou pas bien, le côté affectif a joué, venir aider en Ligue 2. Avec le recul, je n’avais pas fait le deuil de la Ligue 1, je n’étais pas prêt. J’ai fait une saison très moyenne, blessé tout de suite. Ca n’a pas collé. L’année d’après, cette fois, j’étais préparé à ça, je signe à Orléans (2008), et je me suis éclaté, en National 2 ! J’ai pris du plaisir, j’ai marqué des buts, on était relégables et on a fini 3es, et derrière j’ai embrayé sur un poste d’entraîneur à l’USO.

Photo US Lusitanos

Juste avant de parler de votre parcours de coach, il y a une dernière identité chez vous : la Bretagne. Elle peut se voir à travers deux choses, une sélection en équipe régionale en 2008, et puis il y a Mathis, votre neveu, formé à Rennes ! (Il joue à Amiens, en L2).
Ce sont mes origines. Le côté sympa en sélection, c’est qu’il y avait mon frère aussi. C’est la seule fois où j’ai pu jouer avec lui. C’est l’originalité du football, des sélections comme ça ! Pour mon neveu, il a connu lui aussi un début de carrière atypique. Il était un joueur pilote au centre de formation, puis il n’entrait plus dans la philosophie de jeu avec le changement de direction. Il a mangé son pain noir, et il est revenu par la petite porte à Amiens, en U19 nationaux, et il a signé son premier contrat pro. Depuis il essaie de faire sa place. L’année dernière, il a pas mal joué quand Amiens cherchait son maintien. Cette saison il est un peu impatient, en recherche de temps de jeu. Mais comme moi, c’est un joueur collectif, il a besoin des autres pour que son jeu soit valorisé. Il a un peu mon ADN. Il a du potentiel, à lui de le valoriser. Mais voilà, il est dans le cursus des Lachuer, il n’aura rien tout cuit, à lui d’aller chercher les choses et de s’imposer. Le haut niveau c’est ça, c’est la place aux forts, sinon ça ne s’appellerait pas l’élite.

 » Je dis aux joueurs Ecoutez et récoltez »

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Ce que vous dîtes là, vous lui donnez comme conseils, comme à vos joueurs aujourd’hui en tant qu’entraîneur ? Votre carrière de joueur vous sert forcément en tant que coach ?
Tout à fait. Pour Mathis, je ne lui donne pas trop de conseils, il a déjà un entraîneur à Amiens ! Mais oui, j’essaie de transmettre mes valeurs, ma philosophie et mon regard du foot à mes joueurs, basée sur le travail, l’humilité, le plaisir. J’aime que mes équipes jouent au foot, qu’il y ait du contenu. Il faut évidemment de l’exigence, au haut niveau, dans le football de compétition. Je parle beaucoup foot de compétition en National, car il y a un gap avec le haut niveau.
Ma plus grande difficulté c’est de toucher ces nouvelles générations, qui n’ont pas la même éducation que moi, le même vécu, et le rapport au travail est différent. Encore une fois c’est un parallèle avec la société. La concentration, l’écoute, ce sont des choses défaillantes dans le footballeur moderne. Je leur dis ‘’celui qui écoute, il va récolter. Ecoutez, récoltez’’. Il y a le résultat du match, mais il y a le contenu.

Ca fait déjà 10 ans que vous entraînez. Il y a des longues périodes, comme à Orléans (2009-2012) ou Romorantin (2018-2022), et des plus courtes. Ce n’est, encore une fois, pas rectiligne…
C’est la carrière d’un footballeur ! Il y a eu Créteil oui, où j’arrive en cours de saison, les dés étaient déjà jetés, car je n’avais pas fait le recrutement, et puis il y a la réalité du football moderne, le contenu était plutôt bon à Créteil, mais on ne marquait pas assez. Des fois, ça ne fonctionne pas, vous ne savez pas pourquoi. A Saran, juste avant, je suis resté un an, mais je me suis éclaté, j’étais en charge des jeunes, des U19, la R1, avec une montée en N3 avec une moyenne d’âge de 20 ans. Orléans, j’ai relancé le club, avec la montée en National, j’ai tout façonné, j’ai mis les premières pierres à l’édifice, même si tout s’est arrêté plus tôt que prévu.

« Furlan m’a donné envie d’être coach »

Photo US Lusitanos

Vous finissez votre carrière à l’USO, et vous passez donc coach en 2009. Vous aviez pensé à votre reconversion ?
Honnêtement, je n’y avais pas forcément pensé. J’y ai vraiment pensé sur la fin en rencontrant Jean-Marc Furlan (à Troyes, en 2006-2007), qui m’a donné envie d’être coach. Il a mis des mots sur ma façon de voir le foot, ça m’a servi de déclic. Et puis ça s’est fait naturellement. Je devais être entraîneur-joueur, mais je n’avais pas les diplômes, et il y a eu la rééducation de ma blessure des croisés, avec en plus l’objectif de montée. Je n’ai pas tout bien fait, je l’avoue, notamment la rééduc ! Mais on est monté dès ma première année, et j’ai passé mes diplômes dans la foulée, sur les années suivantes.

Autre belle expérience, Romorantin, en N2, après Orléans, Saran et Créteil. Désormais vous entraînez l’US Lusitanos Saint-Maur. Quel est votre regard sur votre parcours jusqu’à présent ? Qu’est-ce qui vous porte ?
Le SO Romorantin vient me chercher en novembre 2018 alors qu’ils n’avaient que 5 points, et on réussit à se sauver. C’est un petit club familial, avec peu de moyens, il y a également eu les saisons Covid, c’était spéciale, malgré ça on a fait un 16e de finale de Coupe de France, avec une bonne équipe. Et puis cette année, Saint-Maur Lusitanos, un nouveau challenge… Mais je vous avoue que je prends de moins en moins de plaisir, car le fossé se creuse avec les nouvelles générations, c’est de plus en plus compliqué, l’écoute, ça se distend un petit peu. Même si je suis encore content de faire ce que je fais, qu’il y a toujours la passion de transmettre notre vécu. Encore une fois, aux joueurs d’écouter et de prendre. Je n’ai rien inventé sur l’exigence du football, et je suis toujours curieux d’apprendre et découvrir, de me nourrir d’autres coaches. Après, voilà, je fais du Yann Lachuer, avec une partie de Guy Roux, de Jacques Santini, de Jean-Marc Furlan, d’Antonetti… Il y a ce melting-pot-là, et je fais du Yann Lachuer.

Yann Lachuer, du tac au tac – Le joueur

« Un jour, on a dit que j’étais le Iniesta français ! »

Meilleur souvenir sportif ?
Je ne suis pas bon dans ces questions-là, car je n’ai pas un souvenir qui me vient directement. Tous l’ont été, toute ma carrière.

Pire souvenir sportif ?
Pareil, il y a eu des périodes plus compliquées, mais pas vraiment. Allez, on va dire une défaite, quand vous prenez des 4-0 à domicile… Avec Troyes, contre Monaco et il reste une demi-heure, c’est long (rires). En Coupe d’Europe aussi avec Auxerre, à Eindhoven, on perd, Mexès se fait expulser, il reste 30mn. Tu te dis que ça va être long…

Quelles étaient tes qualités et défauts sur un terrain ?
Ma vision du jeu, je voyais les choses avant les autres, et ma justesse technique, ça me permettait de donner du temps à mes partenaires, de fluidifier le jeu. Je savais où j’allais mettre le ballon, ça donnait du temps à Djibril Cissé par exemple, qui allait déjà vite. Double-lame. Mes défauts, c’était ma vitesse de course. Heureusement, j’avais ma vitesse d’exécution. Le plus gros compliment qu’on m’a fait, il n’y a pas longtemps, c’est qu’une personne m’a dit ‘’tu étais le Iniesta français’’. Ca me plait bien !

Le club ou l’équipe où tu as pris le plus de plaisir ?
Ce serait difficile d’occulter Auxerre, bien sûr. L’année de Châteauroux avec la montée en Ligue 2. Bastia aussi, et même à Troyes, où on joue le maintien, tout… Mais c’est vrai qu’à Auxerre, notamment le dernier passage, ça reste marquant.

Le club où tu as failli signer ?
A Marseille, quand je signe à Paris, Rolland Courbis me voulait, j’étais son choix numéro 1 ! J’ai failli signer à Lens, à Parme… En début de carrière à Nancy avec Olivier Rouyer, c’était ça ou Auxerre… Montpellier, Nantes.

Le club où vous auriez rêvé jouer ?
J’aurais rêvé de jouer à Saint-Etienne et Lens. Mon agent de l’époque c’était Romain Arghirudis, un ancien lensois en plus.

Un stade mythique ?
Je vais vous surprendre, car ce n’est pas dans les grands standards. L’ambiance de fou que j’ai vécu, c’est à Utrecht aux Pays-Bas. Un bruit de fou. Un public connaisseur, comme partout aux Pays-Bas. Alors après il y a eu Liverpool, Arsenal, en Coupe d’Europe, mais Utrecht… Même si pour moi, le stade mythique, c’est Liverpool, Anfield, avec les chants qui filent la chaire de poule.

Le coéquipier qui t’a le plus impressionné ?
Moussa Saïb, à Auxerre. Un des joueurs sous-côtés.

L’adversaire qui t’a le plus impressionné ?
Il y en a deux, où j’ai été en difficulté. Ashley Cole à Arsenal, et Eric Abidal à Lyon.

Un coach marquant ?
Tous. Maintenant que je suis coach en plus, j’ai appris de tous. Même Jacques Santini, alors que je ne l’ai eu qu’un an (à l’AJA). Mais Furlan, Antonetti, Guy Roux, Victor Zvunka à Châteauroux, tous ont marqué ma carrière. Jacky Leméé plus jeune à Créteil.

Une causerie de coach marquante ?
Celui qui m’a le plus touché, c’est Jean-Marc Furlan. Pas une causerie particulière, mais car il ressortait toujours une citation, et parlait de l’actualité. Il avait toujours une citation en rapport avec le match et l’actualité.

Yann Lachuer, du tac au tac – L’entraîneur
« Détail, persévérance, travail, mental »

Meilleur souvenir sportif ?
Les accessions. Que ça soit en N1 avec Orléans, à Romorantin, quand on bat Blois dans le derby, une saison où on se sauve. A Saran en N3, quand on se sauve alors qu’on devait descendre.

Pire souvenir ?
La descente en CFA avec Créteil. Quand tu ne remplis pas tes objectifs, ce n’est pas la saison la plus fun. Les retours dans les clubs, ce n’est pas toujours couronné de succès…

Le club que tu rêverais d’entraîner ?
Le prochain.

Meilleur joueur entraîné ?
A Saran, j’avais un joueur au-dessus. Toutes proportions gardées, mais il était au-dessus. Sinon, pas vraiment.

Un président ?
Le président de Romorantin, qui m’a dit un jour que j’étais trop professionnel.

Ta philosophie de jeu ? Ton style ?
Plutôt offensif, plutôt une maîtrise du jeu, savoir ce qu’on fait.

Ton match référence avec toi sur le banc ?
Plusieurs, mais le dernier qui me revient comme ça, c’est en Coupe de France il y a deux ans, contre Orléans. Ou j’ai parlé du derby avec Blois avec Romorantin, on avait un plan, et tout s’est bien passé.

Ton pire match avec toi sur le banc ?
en N2, contre Lorient, avec Romorantin, avec Régis Le Bris qui dirigeait la réserve. On avait pris 4-0. Une leçon.

Tu es un entraîneur plutôt…
Exigeant, qui peut-être chiant à la longue, car je ne lâche pas les joueurs. Car je sais que le haut niveau c’est du détail, de la persévérance, du travail, du mental, de l’endurance mentale. Comme je suis un gagneur, je me donne à fond, engagé à 2000 %. Des fois à la longue ça peut paraître pénible. Mais je pense que c’est une qualité d’entraîneur.

Tes passions, en dehors du foot ?
J’aime la politique, je m’y intéresse. J’aime l’Histoire aussi, mais j’ai une mémoire de poisson rouge ! J’aime bien aller visiter, dans une ville, faire le petit train etc. (rires). Mais deux heures, après j’ai tout oublié ! La dernière fois, on était passé à Avignon, je ne me souvenais de rien. Mais je suis curieux, ça m’intéresse. Le sport en général aussi bien entendu. La semaine dernière, j’ai regardé un reportage sur Yannick Noah et son fils. J’essaie de m’intéresser aux autres, à la réussite des autres. La politique, l’Histoire, je suis curieux de tout.

Texte : Clément Maillard / Mail : contact@13heuresfoot.fr / Twitter : @MaillardOZD

Photos : US Lusitanos (et DR)