Le président du FC Fleury 91 (National 2 et D1 Arkema) évoque les projets du club de l’Essonne qu’il dirige depuis 35 ans et qui est aux portes du National après être parti de la 4e division de District ! Surtout, il livre sa vision du football et donne des axes de développement.
L’événement est suffisamment rare pour être signalé. Samedi 29 avril dernier, on joue la 26e journée de National 2, dans la poule B. Dans cinq matchs, la saison sera terminée. Les trois premiers du classement, qui se tiennent dans un mouchoir de poche et passent leur temps à se « chiper » le fauteuil de leader, vont chacun s’incliner ! Epinal à domicile face à la réserve de Reims (0-4). Bobigny (FC 93) à Saint-Maur-Lusitanos (4-1) et le FC Fleury 91 à Besançon (1-0). Une première dans cette saison où l’on attendait également Créteil à la fête mais les « Béliers » ont lâché prise assez tôt. Si bien que la lutte pour l’unique accessit en National se résume à un mano a mano entre Fleury, Bobigny et Epinal.
2 points d’avance à 3 journées de la fin
A trois journées de la fin, ce sont les joueurs de l’Essonne qui sont les mieux placés, avec 2 points d’avance sur le FC 93 (Bobigny-Bagnolet-Gagny) et 3 sur les Vosgiens. Quid du classement final, le 3 juin ? Bien malin qui peut le dire.
Devancés d’un tout petit point la saison passée après un exercice pourtant remarquable (20 victoires, 5 nuls et 5 défaites, 65 points), les joueurs de l’emblématique président Pascal Bovis n’avaient cependant pu empêcher Paris 13 Atletico d’accéder en National (66 points, 20v-6n-4d).
Une fois la déception évacuée, le FC Fleury 91 Essonne s’est remis dans le bain : cette fois, malgré deux défaites au mois d’avril (à Saint-Quentin et à Besançon), les « Rouge et noir » ont toujours leur destin en mains : « Que les trois premiers aient perdu en même temps, cela ne me surprend pas, commente le président, à la tête du club depuis 1987; Les équipes se tiennent. Regardez, dans notre poule, du 6e au 14e , il y a très peu d’écart (5 points). Tous les matchs sont « à la vie à la mort », ce sont comme des matchs de coupe où ça se joue à rien, et ça va être comme ça jusqu’en fin de saison. Il ne reste plus que 3 matchs, ça peut basculer, on le sait. »
« Il doit y avoir un vrai travail de fond »

Pragmatique, Pascal Bovis ? Plutôt, oui. Et si l’accession venait à nouveau à lui échapper, il prendrait la chose avec philosophie. Son argumentation est béton : « Si on ne monte pas cette saison ? Non, ce ne serait pas une déception, poursuit celui qui est issu du milieu de la natation et plus particulièrement du water-polo; Bon, au départ, quand on prend la présidence d’un club, on est comme tout le monde, on est en quête d’absolu. C’est vrai qu’au début, je voulais gagner, je m’arrachais les cheveux, mais finalement, je crois qu’il ne faut pas chercher cette quête, ni celle du résultat, mais une quête de fond. C’est ce que on « met dedans » qui compte. Si on monte « à l’arrache » comme certains clubs le font, ça ne sert à rien. Il doit y avoir un vrai travail de fond. Il faut bien sûr être des compétiteurs, mais pour moi, la montée en National, c’est juste la cerise sur le gâteau. Elle ne sert à rien si on n’a pas fait le gâteau avant. Il faut avoir des principes. Après, ça viendra tout seul. Et si ça vient pas là, ça viendra à un autre moment. On a un très bon état d’esprit dans l’équipe, y’a un fonds de jeu, y’a une bonne ambiance et une âme dans le club : je préfère avoir une équipe avec une âme en N2 que sans âme à l’étage supérieur avec des mercenaires. On sait qu’à Fleury, on a des valeurs. Ici, les gens prennent du plaisir et sont là pour longtemps. C’est important. Vous savez, en N2, on est déjà à un très haut niveau. Si on le franchit le cap, tant mieux, et ensuite, à nous de nous inscrire dans la durée. Et là, il n’y a pas d’école : regardez cette saison, Martigues a peu recruté et figure en tête en National; d’autres ont recruté et font aussi une belle saison, d’autres non. Il n’y a ni règle, ni vérité. »
Structures, infrastructures et sportif
Le message est clair. Et pondéré. Pascal Bovis n’entend pas accéder en National juste pour y accéder, façon de parler. Le plus important, ce sont les fondations.
Il répète inlassablement le même triptyque : structures, infrastructures et sportif. Les trois volets indissociables d’une éventuelle promotion. « Fleury n’est ni une mégalopole ni une grosse ville, il n’y a que 10 000 habitants. Alors en matière d’infrastructures, on fait avec ce qu’on a. On se débrouille. On y arrive. Et on essaie toujours d’améliorer les choses. Surtout, on n’a jamais mis le toit ni la charpente avant les fondations ou les murs. C’est pour ça qu’on n’est pas pressé de monter. Il faut structurer le club pour que, le jour où on monte en National, on ne redescende pas. Il ne faut pas précipiter les choses. Beaucoup sont montés et redescendus. Il faut être très vigilant là-dessus. »
Le PDG du groupe Bovis, une boîte familiale spécialisée dans les transferts et déménagements industriels ainsi que la manutention lourde, fondée par son papa en 1977, et dont il a pris la succession en 1988, à l’âge de 26 ans seulement (il en a 61 aujourd’hui), fait preuve d’un discours à la fois ambitieux et réaliste.
Il sait la difficulté de ce championnat National. « Il est très dur et l’année prochaine, il sera encore plus dur, ce sera quasiment une Ligue 2 bis… Quand vous voyez que Nancy lutte pour ne pas descendre avec un budget énorme comparé à d’autres clubs… Il faut avoir conscience de ça. Récemment, je suis allé voir Orléans contre Bourg-en-Bresse, je suis allé voir Paris 13 Atlético aussi, parce que c’est important de se rendre compte des niveaux de structures et d’infrastructures, du niveau sportif. Mais bon, pour l’instant, on est en National 2… Il faut déjà que l’on monte. »
« Une réforme intéressante si le National passe pro »

S’il qualifie le National et le National 2 de « durs », ce n’est pas seulement en raison du niveau sportif. C’est aussi pour la nouvelle réforme qui fait tant parler. Et sur le sujet, il a un avis tranché : « Cette réforme est assez nécessaire en National 3 parce qu’il ne fallait pas que ce championnat devienne une super DH. En revanche, elle est assez sévère pour le N2. Que l’on resserre l’élite, pourquoi pas à partir du moment où les clubs y trouvent des intérêts économiques et sportifs, et à partir du moment où le National passe pro et devient rattaché à la LFP. J’attends de voir. Mais si ce n’est pas le cas, alors ce serait mieux d’avoir une pyramide avec 8 poules de N3, 4 poules de N2 et deux poules de National : le 8-4-2, ça me paraît plus équilibré. Parce que cette réforme va faire des malheureux. Il y a quand même 1300 contrats fédéraux et avec les staffs ça fait entre 1500 et 1800 emplois directs… Il ne faut pas que cette restructuration limite les emplois directs, idem pour les arbitres, il y aura des matchs en moins à arbitrer. Je le répète, la réforme peut être intéressante à condition que le National passe pro, sinon je n’y vois pas un grand intérêt. »
Et quand on lui rétorque que le 8-4-2 existait déjà il y a 30 ans au début du National et que la création de la Ligue 3 est loin d’être acquise, voilà sa réponse : « Pour la Ligue 3, comptez sur moi pour revenir à la charge si le National ne passe pas pro ! Quant au 8-4-2, parfois, certaines choses étaient mieux avant (rires) : ce que faisaient les anciens n’étaient pas dénués de bons sens, dans le sport comme dans d’autres domaines, comme la construction. Mais bon, cette évolution des championnats nationaux, c’est fait c’est fait ! »
« Tout est prêt en cas d’accession »

Pour le chef d’entreprise et mécène du club, tout est prêt en cas d’accession. Mais il refuse toujours de mettre la charrue avant les boeufs. De s’enflammer. « Le club est bien armé si jamais on monte. Tout est carré, que ce soit les structures, les infrastructures et le sportif, on est prêt. On a deux stades homologués pour le National (le complexe Gentelet et le stade Bobin à Bondoufle). Le National, ce serait un beau challenge, mais ça l’est déjà en National 2. On verra ce qui se passe. Bien sûr que c’est excitant d’aller jouer dans des beaux stades, au Mans, à Châteauroux, à Orléans, à Sedan, sur des pelouses impeccables, dans une compétition beaucoup plus intense, beaucoup plus intéressante. On va essayer d y aller, on verra. »
S’il se veut prudent, c’est aussi parce qu’il a encore en mémoire l’exercice précédent, bien sûr, et parce qu’il mesure le chemin parcouru de son club, depuis qu’il en a pris la présidence, il y a 35 ans. Et c’est vrai que le club, fondé en 1970, devenu le FC Fleury 91 en 2015 (en remplacement de US Fleury-Mérogis), est passé de la 4e division de District au National 2, et de 5 à 50 équipes ! Et grâce à son équipe féminine de Division 1 Arkema, il a su placer Fleury sur la carte de France et faire (presque) oublier sa célèbre prison !
Mieux encore, l’équipe entraînée par Fabrice Abriel, l’ancien joueur du PSG, de l’OM et de Nice – notamment – s’est rapprochée des deux ogres que sont PSG et Lyon, avec une 4e place au classement (3e la semaine dernière avant la défaite face à Montpellier) et, peut-être, une participation à la Ligue des Champions à venir…
Un dirigeant très engagé

Surtout, ce sont les grands projets et les grandes idées qui animent ce dirigeant, également porte-parole des clubs de D1 et D2 à la commission du football féminin, présidée par Jean-Michel Aulas, et représentant des clubs nationaux à la Ligue de Paris/Ile de France : « En ce qui concerne mon rôle à La Ligue de Paris IDF… J’ai droit à un joker ? Je ne suis plus vraiment invité aux réunions depuis que j’ai dit ce que je pensais au président… Mais ce n’est pas un souci. Je travaille comme représentant des clubs nationaux avec la FFF, mais au niveau de la Ligue, non, je n’ai pas d impact. En revanche, à la commission du football féminin, mon engagement est concret. Il y a 10 membres. Je représente les clubs « dits » amateurs mais en fait, on travaille tous ensemble, on essaie de faire avancer le foot féminin. Mais là, au moins, je peux m’exprimer clairement et directement. Je pense c’est nécessaire. Plus généralement, il faut qu’il y ait des présidents de clubs dans les instances du football, parce qu’aujourd’hui, les instances sont très institutionnalisées, avec des représentants de « ceci » ou de « cela ». Il y a beaucoup de gens mais peut-être pas assez de personnes qui sont confrontées à la réalité du terrain, à la réalité de la vie d’un club au quotidien, or ça me semble important, car on amène des idées et on soulève les problèmes concrets. Il faut que la Fédération Française de football soit connectée au terrain et pour ça, il n’y a rien de mieux que les présidents qui vivent ça au quotidien. Attention, je dis ça, mais à la commission du football féminin, on est écouté, c’est un vrai travail d’équipe. Elle a une grande expérience et puis Jean-Michel Aulas, son président, nous fait aussi bénéficier de la sienne. Depuis 5 ou 6 ans, on a fait un pas de géant, il y a eu de grosses avancées, il faut continuer. »
« Il faut travailler les uns pour les autres »

Titulaire d’une maîtrise d’anthropologie (étude de l’être humain sur tous les aspects), Pascal Bovis, très attaché à l’océan indien et à « son » île, Madagascar, a pris une décision importante le mois dernier : il a élargi les fonctions de Fabrice Abriel, promu « directeur du football », et a confié la direction technique du club à Christophe Horta, ancien manager général des équipes de France militaires. « Je pense que Fabrice (Abriel) peut nous apporter encore plus que ce qu’il nous apporte déjà, explique Pascal Bovis; c’est pour ça qu’on l’a nommé à ce poste-là. C’est un travail de tous les jours, tourné à 80 ou 90 % vers les féminines, mais on a le projet de centre de formation, donc avec lui, on va gagner du temps, parce que je pense qu’il sait bien ce que c’est. Il sait ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire. Fabrice a aussi une activité support-conseil au niveau du National car là on a des gens qui n’ont pas encore une grande expérience. Par exemple, je suis très content de ce que fait l’entraîneur, Habib Boumezoued, ça fait longtemps qu’il est au club, il a déjà entraîné les jeunes, les filles, et il a une marge de progression… On a tous une marge de progression. Il faut travailler les uns pour les autres. »
Formation oui, vedettariat non

En évoquant le centre de formation, Pascal Bovis pose là l’un des axes de développement des prochaines années de son club, dont il a une vision bien précise : « Si j’avais un modèle de club a suivre, ce serait un club qui se sert de son centre de formation et où il n’y a pas de vedettes. Ce serait un club où c’est d’abord le sportif qui prime avant l’économie, même si cette dernière reste importante. Ce que je veux dire, c’est que cela ne m’intéresse pas de prendre un joueur qui va vous faire vendre des maillots. Moi, je préfère le foot-spectacle, avec des joueurs qui nous apportent quelque chose au niveau de la mentalité et du jeu. Le sport, ça doit être notre moteur. L’économie doit être notre gouvernail, mais pas la finalité, juste un outil, même s’il ne faut pas faire n’importe quoi. Or il y a beaucoup de clubs qui font l’inverse et ça dénature le sport. Le foot, c’est avoir la meilleure équipe possible et les meilleurs résultats sportifs possibles, avec la contrainte budgétaire que vous avez, faire vibrer les spectateurs. C’est un spectacle. On n’est pas là pour faire du business même si on doit avoir des compte fiables, solides. On n’est pas là pour acheter un joueur et faire notre plus-value, même si à un moment donné cela peut arriver, mais ce n’est pas du tout le but de départ. » Et d’avouer : « Jaime beaucoup Auxerre ».
La vision du football de ce fan de l’OGC Nice se décline d’ailleurs dans son projet club. « Oui, j’aime bien Nice, ce n’est pas loin de la région de ma famille, à Châteauneuf-de-Grasse ! D’ailleurs, quand j’ai pris la présidence de Fleury, on jouait un peu dans les couleurs du FC Rouen, hauts rouges avec shorts blancs et chaussettes rouges, j’ai fait évoluer les couleurs, on est passé en Rouge et noir, comme Nice, même si on joue plutôt en blanc. »
« Il ne peut pas y avoir deux familles et un seul monde »
Ce projet-club, il le détaille : « Fédérer beaucoup plus le département de l’Essonne autour de deux locomotives, la D1F et le N2M. Il faut créer notre centre de formation mixte. Ensuite, travailler, franchir encore un cap sportivement, que cela soit avec les filles ou avec les garçons et travailler avec la FFF afin que la formation effectuée par les clubs amateurs soit reconnue et valorisée au niveau national alors qu’elle est reconnue à l’international, et ça, ce n’est pas normal. Les droits à la formation (de 12 à 23 ans) n’ont pas été revus depuis 1984. C’est un souci. Parce que 5000 euros, c’est rien. Les gamins ne se forment pas tout seul… Pendant que des millions d’euros sont brassés à côté, nous, les amateurs, on ne touche presque rien alors qu on a formé les minots, que du travail a été effectué en amont. La formation, c’est le poumon des clubs. Si on veut continuer à effectuer ce travail, il faut qu’on incite les clubs à améliorer leur formation, car c’est bon tout le monde : c’est bon pour la sélection nationale, pour les clubs pros et ça sera bon pour les clubs amateurs à condition que l’argent soit mieux réparti. Il ne peut pas y avoir deux familles et un seul monde. On a l’impression, sur ces thèmes de fond, qu’on ne prend pas suffisamment conscience de tout cela. D’ailleurs, en National 2, comme en National, on est sur la même ligne de fracture entre le monde amateur et le monde pro. »
« Je suis là pour donner un sens, une direction »
Autre axe de développement : la dépendance financière. Pascal Bovis est un mécène mais aussi un passionné, « Heureusement, sinon… mais ce n’est pas facile ! On connaît bien les championnats de District pour y avoir joué, les championnats régionaux, on a des gens qui sont là depuis très longtemps au club, on essaie de faire en sorte que le club soit moi dépendant par rapport à cela… cela fait aussi partie des objectifs du club. »
Passionné, donc, et très occupé, forcément aussi. Gérer une entreprise de 1400 salariés et diriger un des plus grands clubs français en termes de licenciés ne sont pas des choses simples : « Avoir des journées chargées comme les miennes, c’est la seule solution pour avancer ! Après, que ce soit dans mon entreprise ou dans le club, on est bien structuré. Je n’ai pas besoin d’être tous les jours au club même si j’ai des contacts au quotidien, même si je prends des décisions chaque jour. Le but, c’est que ces structures ne dépendent pas que d’un homme. Moi, je suis là pour donner un sens. Une direction. Mais c’est un travail commun. »
Lire aussi l’article de 13heuresfoot sur Valentin Lavigne :
Texte : Anthony BOYER / Mail : aboyer@13heuresfoot.fr et contact@13heuresfoot.fr / Twitter : @13heuresfoot et @BOYERANTHONY06
Photos : FC Fleury 91
Photo de couverture : Philippe Le Brech
Entretien réalisé juste avant son nouveau doublé inscrit vendredi 12 mai face à Concarneau (succès 2 à 1)


Il traverse la première partie de saison sans réussir à trouver le chemin des filets en N2. Le 22 décembre 2018, l’OM affronte Endoume pour un derby marseillais. Rentré à la 79e minute, l’attaquant rate une grosse occasion d’égaliser. « Ma frappe manquait de tranchant. Ce qui s’est passé ensuite, je m’en souviendrai toute ma vie…»
Sur la phase retour, il a inscrit 8 buts lors des dix derniers matchs. « J’étais l’attaquant numéro 1 de la réserve, j’allais m’entraîner avec Rudi Garcia en L1. Tout allait mieux. »
A l’été 2020, la France tourne encore au ralenti. Mais ses agents se démènent pour lui trouver un projet afin de rebondir. Il signe finalement un contrat amateur pour la réserve avec Auxerre. Proche de sa famille, le dépaysement est total à 670 km de chez lui dans le Var. « Mais j’étais déjà content de trouver une structure pro, surtout comme Auxerre. Ça s’est bien passé. J’ai mis 2 buts en 9 matchs en National 2. »
Le 20 avril 2021, il effectue ses grands débuts en Ligue 2 en rentrant à la 87e minute à Pau juste avant de parapher son premier contrat pro. La saison suivante, celle de montée, il effectue sept apparitions. « Il y avait Gaëtan Charbonnier à mon poste qui a fait une grosse saison. Mais j’ai beaucoup appris. En Coupe de France, j’ai mis un triplé contre Limonest puis un doublé contre Chambéry; ça a un peu changé la donne pour moi. »
C’est le Puy, promu en National, qui obtient son prêt. En Haute-Loire, Ben Fredj passe un cap et affiche des « stats » plutôt intéressantes : 8 buts et 3 passes décisives en National. En Coupe de France, il a inscrit 4 buts. Mais le plus important restera forcément celui de la qualification en 32e de finale contre Nice (1-0) dès la 3e minute après une belle action personnelle. « C’était un sacré exploit ! C’est après ce but qu’on a commencé à parler de plus en plus de moi en Tunisie. »
Sous contrat jusqu’en 2024, il va retourner à Auxerre, du moins dans un premier temps. « Le président et le directeur sportif d’Auxerre ont continué à me suivre au Puy. On a échangé. Ils m’ont envoyé des messages pour me féliciter après mes buts. Il me reste un an de contrat à l’AJA. On va prendre le temps de bien faire le point et on verra bien ce qui se passera pour moi pour la suite. »
Meilleur souvenir de joueur ?
Votre plus beau but ?
L’ entraîneur ou les entraîneurs qui vous ont marqué ?
Non, Roland Vieira n’est pas le 12e entraîneur à se faire limoger cette saison en championnat National (le chiffre, impressionnant, ne tient pas compte des intérims) ! Le coach du « Puy Foot 43 Auvergne » sera bien sur le banc pour les trois dernières journées de championnat, contre Concarneau le 12 mai, à Nancy le 19 et aussi contre Borgo pour le baisser de rideau, le 26.
Roland, vous avez vu vos dirigeants mercredi soir : que leur avez-vous dit ?
De quel autre club avez-vous suivi le modèle ou auriez-vous voulu ressembler ?
Il devait y avoir de l’émotion avec les dirigeants, non ?
Dix ans sur le même banc, dans le football moderne, et à ce niveau, c’est très rare : n’aviez-vous pas l’impression d’être un cas à part ?

C’est vrai que ce 2-2 face à Martigues et surtout ce scénario a été ressenti comme un énorme coup d’arrêt, comme une défaite même…
Que retenir de positif de cette saison ?
Quelles images, quels souvenirs garderez-vous en premier ?

Il avait 14 ans, donc, et était sur le point de signer sa licence au club de la « grande ville » voisine, après des débuts à Onet-le-Château, la commune limitrophe. C’est dire si celui que l’on appelle « Greg » a les couleurs « sang et or » dans les veines.
Il n’a que 28 ans à son retour chez lui, en Aveyron (il est né à Rodez), mais ses blessures à répétition l’ont freiné et, surtout, il sait que son cursus universitaire peut l’aider dans sa reconversion, lui qui a toujours poursuivi des études en parallèle. « Poursuivre les études parallèlement avec le foot, c’était une volonté de mes parents, de ne jamais lâcher les deux. Il y a toujours eu ce double projet, foot et études, c’est pour ça que j’avais choisi Bordeaux au départ, parce que le club était organisé pour mener les deux projets à la fois. J’ai d’abord fait un cursus STAPS à Bordeaux puis à Rennes. Ensuite, j’ai fait un Master – ça s’appelait « maîtrise » à l’époque – et quand je suis rentré à Rodez, à 2005, j’ai fait un Master 2 à l’IAE de Toulouse (l’IAE est devenu le « Toulouse school of management ») en « Ingénierie et management des organisations sportives ». Enfin, j’ai passé un DU (diplôme universitaire) de manager général à l’université de Limoges. »
Avec 7 points d’avance sur le premier relégable le club est enfin plus tranquille aujourd’hui ?
Avec 7 points d’avance, le maintien en L2 est quasiment acquis, non ?
Comment décrirais-tu le RAF de l’extérieur ?
L’avenir du club, c’est de l’installer en Ligue 2 ou, pourquoi, de rêver un jour à la Ligue 1 ?
Sur ton CV, on constate que tu as aussi été entraîneur de Rodez…


Fabien Lemoine n’est pas prêt d’oublier son dernier été. « J’ai vécu plusieurs semaines compliquées. C’était tempête dans ma tête », se souvient-il. A 35 ans et après une saison tronquée par une blessure à un mollet avec Lorient (21 matches de L1, 13 titularisations), le milieu de terrain à la chevelure grisonnante espérait prolonger le plaisir en L1 dans un rôle différent de « complément ».
Pour s’engager le 12 septembre 2022 avec l’ambitieux promu yvelinois, il a néanmoins dû effectuer des concessions sur le plan familial. Il s’est installé seul à Versailles, laissant sa famille en Bretagne. « J’ai fui les problèmes quotidiens pour finir ma petite aventure ici, à Versailles. Il y a le téléphone, mais avec trois enfants de 7 à 13 ans, la gestion du quotidien n’est pas toujours facile. Ce n’est jamais simple de vivre comme ça, surtout qu’on n’y était pas habitué. J’ai la chance que ma femme me laisse la possibilité d’essayer ce mode de vie pour me permettre d’être comme je pense être le mieux possible mentalement. C’est un sacrifice. Je rentre tous les week-ends, c’est pour ça que quand nos matchs sont programmés le lundi, comme souvent ces derniers temps, ça me fait vraiment ch… »
« C’est forcément différent de ce que j’ai connu, sourit-il. Mais ça fait presque huit mois que je suis là, et aussi bien sportivement que humainement, je n’ai jamais regretté mon choix de venir à Versailles. Je suis en National pour l’amour du foot, l’adrénaline et les émotions qu’il provoque. »
Depuis ses débuts à Rennes, puis à Saint-Etienne et Lorient, Fabien Lemoine a toujours véhiculé l’image d’un joueur d’abord axé sur le collectif. Sur le terrain, il n’a jamais rien lâché. « C’est ça qui me rend le plus fier. J’ai réussi à durer en optimisant mes qualités intrinsèques de base qui n’étaient pas fantastiques. Ce n’est pas que je me dénigre. Mais j’ai compris rapidement qu’il fallait que je donne toujours plus pour pouvoir jouer. Je n’ai jamais été le joueur à avoir des notes de 8 ou des 9 dans les journaux. Mais des 2 ou 3, non plus. J’étais fiable, régulier et j’ai toujours réussi à m’intégrer dans un collectif. Des joueurs comme moi, il en faut deux ou trois dans une équipe. »
Sa carrière aurait pu néanmoins pu brutalement s’arrêter en août 2010. Lors d’un match Nancy – Rennes, il est victime d’un gros choc qui lui a causé l’ablation du rein droit. Cet accident revient inévitablement lorsqu’on évoque son nom.
« Mon naturel est vite revenu. Je suis passé à côté d’un gros malheur. Au début, j’étais cramé en faisant 10 minutes de vélo. Quand je reviens en Ligue 1, je fais une passe décisive contre Valenciennes. Là, je me suis dit, c’est bon, c’est reparti. Et le match suivant, l’entraîneur Frédéric Antonetti me laisse sur le banc à Caen. Je me mets en colère. Antonetti me dit, « Comment tu peux te mettre dans un état pareil ? Tu as vu d’où tu reviens et tu fais la gueule parce que je te mets sur le banc « ? Le coach pensait que je n’étais pas revenu à 100 % alors que moi je pensais le contraire. Sur mon lit d’hôpital, j’étais capable de relativiser mais en retrouvant les terrains, je n’étais plus lucide, je croyais retrouver ma place comme ça… Il m’a fallu quelques semaines pour comprendre que ça n’allait pas se passer comme ça ! »
A Versailles, qui conserve encore une infime chance de monter en L2, Fabien Lemoine s’était engagé pour un an. Il n’a pas encore décidé pour la suite. « Je pense déjà à finir le mieux possible individuellement et collectivement cette saison. Je prends beaucoup de plaisir et je suis très épanoui dans ce que je fais. Mais je devrai tenir compte des attentes du club, de la direction à mon égard, de ma situation personnelle. J’ai fait un an séparé, loin de ma famille. Est-ce qu’on est prêt à repartir dans ces conditions ? »
Votre meilleur souvenir ?
L’entraîneur qui vous a le plus marqué ?
Dans tous les clubs que j’ai fait, il n’y en pas un où je ne me suis pas senti bien, que ce soit sur le plan professionnel que personnel. Rennes, c’était mes débuts, c’était mon club, celui de ma ville car je viens de Fougères. Tout était simple. A Saint-Etienne, j’ai adoré le club, le stade, les gens… J’ai adoré la mentalité du Forez. Et Lorient, c’est le must au niveau du cadre de vie. J’ai adoré le cadre. J’ai posé mes valises là-bas. C’est là que je vais vivre.
Deux mots, c’est court… Je vais développer un peu (sourire). Ok, le foot c’est un business, une industrie où il y a de l’argent. Mais c’est aussi beaucoup de passion et d’adrénaline. Chaque semaine, ton club, tes joueurs changent de gap. On peut aussi changer de stratégie en cours de saison. Dans le foot, tu es toujours sur le qui-vive. L’adrénaline est toujours liée au résultat. Dans le foot, les hommes changent d’une semaine à l’autre en fonction de ta locomotive qui est l’équipe pro. Tu prends 4-0 le samedi, tu arrives le lundi, tout le monde est dépressif… Nous, en tant que joueur, on a le meilleur rôle. On est acteur, on est toujours proche du sportif. Quand tu es joueur, tu te remets en question, tu te demandes juste « Est-ce que le week-end prochain, je serai titulaire ou non ? » C’est tout. Pour un entraîneur ou un salarié du club, c’est plus compliqué. Un salarié va dépendre de nos résultats. Lui, il n’est pas acteur, il peut juste espérer que les joueurs feront leur travail sur le terrain. Emotionnellement et humainement parlant, je trouve que c’est énorme.


Président, quel sentiment prédomine après ce 0-0 face à Nancy ?
Quels sont vos motifs d’espoir pour cette fin de saison ?
C’est vrai que Concarneau vous a battu trois fois cette saison, avec la coupe…
Président, directeurs sportif, entraîneur de la réserve, chef d’entreprise : vous faites comment pour travailler autant ?
Oui, et il faut le gagner celui-là ! Il faut tous les gagner, parce qu’avec l’équipe II, on est aussi en mode commando. La réserve, c’est aussi mon dada et c’est mon équipe. Je sais que les gens sont focus sur l’équipe de National, et c’est normal, alors ils oublient un peu l’équipe de N3, où dans notre championnat, cette saison, on a 14 équipes et 5 descentes ! Soit plus d’un tiers qui descend ! C’est pire qu’en National !
Bien sûr ! On échange beaucoup. Le fait d’avoir un effectif de National avec des blessés et des suspendus fait qu’il vient régulièrement piocher dans le mien pour ses séances d’entraînement. Ce qui lui permet d’avoir une vision globale sur les joueurs du club aussi. D’ailleurs, il y a des joueurs de mon groupe qui ont basculé dans le groupe National. Karim voit tous les matchs de N3, « physiquement » ou en vidéo, puisqu’on les filme tous. C’est ce qui m’intéresse dans cette relation président-coach ou pour le coup, là, coach-coach, c’est qu’on puisse échanger et savoir qui on peut faire évoluer, dans l’intérêt du club. On a deux challenges à gérer, donc on échange sur les meilleures possibilités, les redescentes du banc, pour essayer de maintenir les deux équipes.
Ce club, Saint-Brieuc, vous l’avez dans les tripes, n’est-ce pas ?
Oui, parce que c’était il y a plus de 25 ans et que le foot a bien changé depuis. Même si on était pro, on avait un fonctionnement « amateur », mais c’est ce qui faisait notre force, et c’est ce que j’essaie de cultiver aussi aujourd’hui. Alors bien sûr, il faut se professionnaliser, il faut tendre vers l’excellence, mais aussi garder cet état d’esprit et ne jamais perdre de vue que ça ne reste que du football. Le partage de valeurs, la solidarité, l’état d’esprit de ne jamais se laisser abattre, tout ça est hyper important et c’est ce qui fait que l’on a performé ces dernières années. On a réussi à cultiver ça, malgré nos contraintes financières, nos infrastructures et tout le retard accumulé ces dernières années. On a grimpé les échelons très vite, donc forcément, tout ce qui relève du domaine structurel n’est pas allé aussi vite.
Aujourd’hui, reste-t-il d’anciens pros de cette époque au club ? D’anciens dirigeants ou bénévoles ?
Elles nous soutiennent, même si, forcément, on en veut toujours plus, mais on part de très loin car peu de choses ont été faites depuis 20 ou 30 ans. J’ai bien conscience de leur contrainte. Avec elles, l’idée est d’être constructif. Le problème, c’est que ce sont souvent les résultats sportifs qui entraînent une évolution ou un investissement sur les infrastructures. Cela va souvent de paire. Anticiper, c’est mieux, mais cela n’arrive pas souvent.
Joueur, Julien Outrebon préférait tuer le temps pendant les déplacements en bus ou en avion avec un bon bouquin plutôt que de regarder une série, comme le font la plupart des joueurs d’aujourd’hui. Pas n’importe quel type de bouquin : en général, le sujet concernait le management sportif ou la préparation mentale chez le sportif de haut niveau. Des thèmes à la mode, qui l’ont toujours intéressé. « Oui, je lis beaucoup de biographie de coachs, qui parlent de leur expérience, raconte le natif d’Epernay (Marne). C’est vrai que la préparation mentale est quelque chose de très important dans le foot. Je m’y intéresse beaucoup. C’est même primordial. Je pense que c’est une des facettes du métier d’entraîneur aujourd’hui, et que c’est indispensable d’avoir quelques « billes », de se former sur ce sujet. J’ai encore des progrès à faire dans ce domaine, comme sur le domaine du management. C’est important d’avoir le ressenti des joueurs, de les comprendre. »
Le bientôt quadra – il fêtera ses 40 ans en juin – a stoppé sa carrière pro voilà 6 ans maintenant. Elle avait commencé à l’ASPTT d’Amiens en débutants et surtout à l’Amiens SC, des poussins jusqu’en Ligue 2, pour s’achever à Luzenac.
Après Paris FC, direction Lorient, où il retrouve celui qui l’avait coaché à Luzenac puis à Amiens en National, la saison suivante, Christophe Pélissier : « Avec Christophe, on n’a jamais coupé le lien. On est toujours resté en contact. Même encore aujourd’hui. Je suis allé en stage d’observation récemment à Auxerre, où il est entraîneur depuis quelques mois, en Ligue 1. Et aussi à Guingamp. »
S »il apprécie ce nouveau travail en sélection, différent, Julien, qui a aussi joué à Cherbourg, Sannois-Saint-Gratien, Fréjus et Créteil en National, aspire cependant à retrouver une vie de club au quotidien et, pourquoi pas, se lancer comme numéro 1 : « C’est vrai que j’envisage de prendre une équipe, cela va faire 6 ans maintenant que je suis dans un staff, d’ailleurs, j’envisage de passer mon BEPF même si je sais qu’il y a beaucoup de postulants et peu d’élus. Après, pourquoi ne pas aussi réintégrer un staff technique dans un club professionnel, en Ligue 1 ou en Ligue 2 ? En fait, c’est ça l’idée, être adjoint ou prendre une équipe, un club de National 2 par exemple, ce serait idéal, histoire de mettre les deux pieds dedans ! »

L’erreur de casting ?
Le coéquipier avec lequel tu avais ou tu as le meilleur feeling sur le terrain ?
« Je me suis rendu sur un match de Régional 3 il y quelques semaines, et ça m’a bluffé de voir les gens dans les tribunes connectés sur le site. Il y avait des jeunes, mais aussi des personnes de 70-80 ans, rembobine-t-il. A la mi-temps, le speaker a annoncé les résultats du groupe de R3 en direct, comme il le ferait à la pause d’un match de Ligue 1 ou Ligue 2 ! »
« Les clubs ont la main sur leur match et mettent à jour instantanément. Les scores de certains matchs ne sont pas renseignés sur le site alors soit les membres du club m’envoient un SMS avec les infos pour que j’actualise, soit je rentre moi-même les résultats manquants. Le dimanche soir, je peux finir à minuit voire une heure du matin. Un joueur que j’ai croisé récemment pensait qu’on était une dizaine à s’occuper du site » se marrerait presque la pieuvre.
« Le dimanche, ce n’est plus mon site, c’est celui des clubs, ils se l’approprient. Et c’est ça le succès. Je n’en retire pas de fierté, soutient-il. Mon plaisir, c’est d’avoir les retours des clubs, comprendre que j’ai créé un outil important pour eux qui valorise leurs joueurs et leurs structures. En quelque sorte, c’est un site d’utilité publique. ».
Mais s’il a toujours véhiculé cette caractéristique depuis le lancement de son site il y a maintenant 13 ans, cela ne fait que depuis 2018 qu’il a pu en tirer le bénéfice financier. Car si Newsouest a désormais la côte en Bretagne, ce n’était pas forcément le but recherché à la base par le Sud Finistérien de 43 ans qui réside à Plomelin.
Et c’est donc en suivant son envie, qu’il a monté le projet, sans particulièrement fixer de cap. « Je partais d’abord avec l’idée de faire quelque chose qui me plaisait sur la période sans emploi. Au début c’était plus une passion qu’une activité, surtout que je partais de zéro. Chaque jour je repartais d’une feuille blanche. Et puis ça m’a plu le premier jour, puis le lendemain, puis la semaine, 2 ans … Et ça va faire 15 ans. »
Dans le même temps, il a aussi vécu un événement qu’aucun club n’est parvenu à réaliser : enchaîner une série de 13 victoires de rang, sans encaisser le moindre but. C’était entre la J1 et la J13 de la saison 2019-2020, en N2, celle-là même qui allait s’arrêter net un soir de mars, le jeudi 12 pour être précis, sur décision de la FFF. Insuffisant cependant pour remonter puisque c’est le Sporting-club de Bastia qui était, à ce moment-là, en tête, à 9 journées de la fin.
A 39 ans, Julien Fernandez entame sa 7e saison au club, sa 6e vraiment pleine : « Je suis arrivé le 22 octobre 2016, en cours de saison » raconte le natif de Fréjus, la ville où il a rencontré un certain Marc Dubois, président-actionnaire du CSSA depuis son rachat à l’été 2013, et qui réside dans le Var, à Saint-Raphaël.


Très vite, il se projette. Au point que l’histoire dure depuis six ans et demi aujourd’hui. » Je me suis imprégné du club et de ses valeurs, raconte celui qui a appris à aimer le CSSA, qu’il qualifie « d’atypique » : « Oui, Sedan est un club atypique car pour moi, en France, hormis Lens, Marseille, Saint-Etienne et Bastia, aucun autre club n’est aussi identitaire et populaire. Et j’insiste sur ces deux mots. Etre salarié du CSSA, c’est se voir confier une mission. Personnellement, j’ai appris chaque jour un peu plus sur l’histoire du club, de la ville, du département, de la région. D’ailleurs, dès 2018, j’ai mis quelque chose en place qui perdure : à chaque début de saison, pendant la préparation, j’organise une réunion avec les joueurs et le staff et on leur montre, au travers d’un reportage vidéo, notamment celui des “Ardents Sedanais”, toute l’histoire du club, de la ville et du département, la guerre, les épopées, afin qu’ils comprennent le contexte, qu’ils connaissent l’histoire, parce que, contrairement à d’autres clubs, et sans leur manquer de respect, ici il y a quelque chose de lourd et d’important. Et si tu n’a pas conscience de cela, c’est dur de porter le maillot après… A partir du moment où tu as vraiment travaillé pour ce club et tout donné avec le coeur et humilité, tu restes marqué à vie. »





S’il est, aujourd’hui, un des attaquants de National 2 les plus côtés, rien n’a pourtant été facile pour lui. Une fin difficile au SC Bastia, un échec à Tours, une longue blessure qui l’avait fait se diriger vers la vie active en parallèle des matchs de N3 avec le Gallia Lucciana, avant le rebond inespéré à Granville, puis encore une aventure inachevée avec Versailles… Avec sincérité et sans concession sur ses erreurs, le Corse a raconté son parcours loin d’être rectiligne pour 13heuresFoot.









