Après avoir écumé les terrains dans toutes les divisions, de la Ligue 1 au National 3, le Vendéen a rejoint l’ES Marsouins Brétignolles-Brem, en Régional 2, où il pourra apporter son expérience sur le terrain et préparer sa reconversion. Portrait.

Talentueux, Charly Charrier l’était dès ses débuts sur les terrains de son premier club, La Chapelle-Achard, en Vendée.
L’attaquant aujourd’hui âgé de 37 ans, passé ensuite par Les Sables-d’Olonne et La Roche-sur-Yon, sa ville natale, avant de lever les voiles vers la Sarthe et Le Mans puis Cannes en National, va signer son premier bail professionnel du côté de l’En Avant de Guingamp en 2010 et goûtera aux joutes de la Ligue 2, puis de l’Elite.
Un premier passage chez les pros, un retour à Luçon en National, puis l’épisode Amiens. Mais une pubalgie et un faible temps de jeu vont écourter son aventure en Picardie avant un énième retour en Vendée qui se profilera à l’été 2018, d’abord aux Herbiers, puis de nouveau à La Roche-sur-Yon, son éternel amour. Une longue aventure auréolée d’une montée en National 2 au printemps dernier, à laquelle il aura largement contribuée.
Pour 13heuresfoot, l’attaquant, qui vient de signer à l’ES Marsouins Brétignolles-Brem (Vendée), entre Saint-Gilles-Croix-de-Vie et Les Sables-d’Olonne, va aussi entamer sa reconversion au sein du club promu en Régional 2.
Charly Charrier revient sur les meilleurs moments de sa carrière et évoque un avenir qui s’écrira désormais sur les terrains amateurs.
Interview : « J’ai toujours fonctionné au feeling ! »
Tout débute pour toi sur les terrains de La Chapelle-Achard : quels sont tes souvenirs de cette époque ?
Dans mon club formateur, je n’ai que des bon souvenirs, à cet âge-là, tu ne penses à rien d’autres que t’amuser entre amis.
Tu vas ensuite sillonner le département avant de prendre la direction du Mans. Un des premiers tournants de ta carrière, non ?
C’est la première fois que je découvre un club professionnel sans vraiment y comprendre les codes, j’y passe une seule saison mais j’ai énormément appris.

Tu vas connaître deux fois le National avec l’AS Cannes et Luçon : comment comparerais-tu ces deux expériences ?
Ce sont deux expériences qui n’ont rien à voir bien évidemment. Quand je pars à Cannes, j’ai 20 ans, j’y vais seul, dans un championnat où je n’ai jamais joué. Je ne suis pas prêt. En plus j’arrive dans un contexte particulier où le président (Michel Scotto) m’impose au coach (Michel Dussuyer) et honnêtement, la marche est trop haute. Je n’ai pas le niveau National à cette période. Luçon, c’est tout autre chose, je suis dans un environnement qui m’est familier car c’est mon deuxième passage dans le club et j’arrive de Guingamp ou j’ai fait deux saisons de Ligue 2.
L’honnêteté de Jocelyn Gourvennec
Guingamp, un club où tu passais professionnel il y a plus de 10 ans maintenant !
J’ai 24 ans à cette époque, ça peut paraître tardif mais je saisis l’opportunité. Tout comme à Cannes, j’arrive à la mi-saison donc pour l’adaptation, ce n’est pas l’idéal, surtout quand il y a des supers joueurs à côté ! Je me sens super bien en Bretagne et les deux exercices qui suivent vont se conclure par deux montées jusqu’en Ligue 1. Donc ça reste gravé (sourires).

Arriver jusqu’en Ligue 1, c’était forcément inespéré en voyant ton parcours, non ?
Suite à la montée en Ligue 1 avec Guingamp, il me reste un an de contrat, mais le coach (Jocelyn Gourvennec) me convoque en fin de saison pour m’expliquer qu’il serait préférable pour moi d’aller trouver du temps de jeu ailleurs en deuxième division.
Le club comptait recruter des joueurs avec plus d’expérience et ça risquait d’être difficile pour moi. Il savait que je n’étais pas le genre de joueur qui se contente d’être sur le banc, peu importe la division, que j’avais besoin de jouer pour être heureux. C’est un discours difficile à entendre mais j’ai adoré son honnêteté et son courage, chose tellement rare dans ce milieu.
Avais-tu un plan de carrière avant d’y arriver ?
Non, j’ai toujours fonctionné au feeling, c’est pour ça qu’après Guingamp, je ne repars pas en Ligue 2 malgré quelques approches. Mon choix se fait très rapidement et je décide de retourner à Luçon, en National, pour optimiser mes chances d’être heureux sûr et en dehors du terrain.
Amiens, des émotions indescriptibles…

La Ligue 1, c’est aussi Amiens avec des moments forts…
Après trois saisons en National, Luçon dépose le bilan donc il faut trouver un point de chute. J’ai la chance d’avoir plusieurs options mais je choisis Amiens, parce que j’avais eu de bonnes sensations dans leur stade quand on y avait joué avec Luçon. L’objectif était de se maintenir parce qu’on venait juste de monter en Ligue 2. La suite appartient à l’histoire.
Un scénario comme on les aime !
38e journée, 96e minute, nous sommes 6es et on marque…. On passe 2es et nous sommes propulsés en Ligue 1 ! Le genre d’émotions que j’évoquais : indescriptibles. Quelques mois plus tard, on est dans le grand bain, premier match au Parc des Princes, Geoffroy-Guichard deux journées plus tard… c’est la découverte pour beaucoup d’entre nous et de magnifiques souvenirs !
Un passage en pro jusqu’en 2018 puis un retour en Vendée, aux origines : comment as-tu axé ta réflexion à ce moment ?
Pendant la saison de Ligue 1, j’ai une pubalgie qui dure des mois. Je vis une saison très difficile car je ne vois pas le terrain. Nous nous quittons au mois de juin en bons termes avec l’Amiens SC et je reste trois mois sans club. Je soigne ma blessure et je réfléchis à ce que je veux réellement faire. J’ai mon ami qui est coach des Herbiers en National 2 (Stéphane Masala), j’ai besoin de temps de jeu, donc je m’engage avec eux pour le reste de la saison.
La Roche, retour à la case départ

Puis vient le nouvel épisode à La Roche-sur-Yon…
A l’été 2019, je choisis de revenir à La Roche dans le club où j’ai passé 5 ans de formation. Il y a une nouvelle ère, Philippe Violeau est président, Charles Devineau est coach… ça faisait trois vendéens qui ont connu le haut niveau dans le même projet – ambitieux – et à des postes différents. J’ai un vrai feeling avec le coach qui me laisse la possibilité de travailler sur le recrutement avec mon ami Kevin Hautcoeur. Je prends ça comme une marque de confiance donc je m’engage et on construit une belle équipe.
Quatre saisons riches, perturbées aussi notamment par le Covid… mais qui se concluent par une montée en National 2 !
Paradoxalement, la saison qui sera la plus aboutie sportivement restera aussi la plus frustrante car le Covid stoppera tous les championnats en 2019-20. Châteaubriant a accédé en N2 au quotient alors que nous étions leaders. Ensuite, une saison blanche, très difficile à vivre pour tout le monde mais il fallait relativiser malgré les difficultés ; nous étions juste des sportifs privés d’activité pendant que d’autres tombaient malade ou perdaient la vie.

Personnellement, comment l’as-tu vécu ?
A 34 ans, le plus difficile a été de garder la motivation de rester compétitif et performant pour la reprise des championnats un an et demi plus tard. Finalement, la montée en National 2 il y a quelques semaines est l’aboutissement des quatre dernières saisons où l’effectif n’avait pas beaucoup bougé : on était dans une certaine continuité avec moins de concurrence chez nos adversaires par rapport aux précédents exercices.
« Il y a eu une usure mentale »
Pourquoi partir au moment où La Roche atteint son objectif ?
Il y a plusieurs raisons. Pour commencer, je souhaitais choisir ma sortie moi-même. Il y avait une forme d’usure mentale des saisons précédentes donc je sentais qu’il ne fallait faire celle de trop. Ensuite, je ne voulais pas tricher vis-à-vis de mes coéquipiers qui m’avaient connu avec un certain niveau de performance et une certaine exigence. Et pour finir, même si sportivement nous avons vécu de belles choses, extra-sportivement, ça a été très compliqué. Le projet ne ressemble plus à celui pour lequel j’étais venu en 2019. Beaucoup trop de personnes compétentes et surtout bienveillantes ont dû quitter le navire à cause d’individus au club qui veulent être sur le devant de la scène.
Tu as dû apprendre à relativiser pendant ces dernières années…
C’est aussi ça un club de football, vous y trouverez toujours des gens qui se veulent importants plutôt qu’utiles, donc quand vous n’êtes pas d’accord avec ce fonctionnement, il faut faire preuve de courage, prendre ses responsabilités et partir. Aujourd’hui, j’ai la chance que l’on me propose un projet neuf dans le rôle que je souhaitais, avec un bon coach que je connaissais déjà (Alexandre Leudière), ou je peux travailler sereinement en essayant de me rendre le plus utile possible dans l’intérêt du club…
Comment as-tu vécu ces adieux et ton dernier match ?
C’était particulier parce que j’avais annoncé mon départ aux joueurs depuis quelques semaines. L’idée était de soigner ma sortie tout en n’accaparant pas l’attention. L’enjeu de la rencontre était bien plus important que ma dernière avec La Roche. Je remercie les joueurs qui m’ont offert une sortie plutôt sympa avec une montée à la clé et quelques remerciements à la fin du match.
Les émotions d’un grand stade

Le football était devenu ton métier depuis une dizaine d’années…
Depuis tout jeune, je suis passionné de foot, je ne pensais qu’à jouer, tout le temps et partout. Mon envie était d’aller le plus haut possible. Une carrière est faite de rencontres, d’opportunités mais également de choix. Même si je pense que j’aurais pu faire encore mieux, je n’ai pas de regret, on a la carrière qu’on mérite.
Quels souvenirs garderas-tu de ce chapitre ?
Quand j’arrêterai définitivement, le souvenir le plus fort sera les émotions que procurent les grands stades où j’ai pu jouer. Ce que l’on ressent quand on foule une pelouse où tu rêves de jouer depuis ton plus jeune âge n’a pas d’équivalent…
Justement, comment analyses-tu l’évolution de ce sport depuis tes débuts ?
Le foot a certes un peu évolué mais pas tant que ça. Ce sont les gens qui l’entourent qui changent. Aujourd’hui, beaucoup pensent qu’ils peuvent être président de club, agent de joueur, recruteur ou coach sans une véritable connaissance du milieu. Le foot génère de plus en plus d’argent et de notoriété, donc beaucoup de personnes essayent de se frayer un chemin afin d’en profiter ; c’est le fléau du foot.
Vers un rôle de manager général…

Ta carrière n’est pas finie mais le foot ne sera plus ton métier…
J’ai décidé de continuer de jouer parce que j’adore ce sport et je mesure à quel point il me manquera quand j’arrêterai. Au-delà du niveau, ce dont j’ai besoin, c’est de jouer en ayant des objectifs à atteindre, que le club où j’évolue ait une perspective. Le plus difficile quand on descend de quelques divisions, c’est de ne pas se faire aspirer par le niveau, c’est pour ça qu’il faut garder la même exigence de travail et de rigueur envers soi-même.
Comment as-tu imaginé ta reconversion ?
Si je choisis de rester dans le foot, je pense que c’est dans le rôle de manager général que je serai le plus performant. Faire partie d’un club qui me laisserait l’opportunité de gérer sa stratégie sportive tout en étant dans l’analyse et la constitution d’un effectif en collaboration avec le coach. C’est le cas aujourd’hui au club de l’ES Marsouins Brétignolles-Brem et j’en suis ravi.
Pourquoi le poste de directeur sportif à l’ESMBB ?
Je viens de passer les quatre dernières saisons à participer au recrutement de La Roche VF. C’est une expérience et ça n’a fait que confirmer mon envie de rester sur ce chemin. De plus, j’ai toujours trouvé la période du mercato fascinante, et j’ai surtout constaté au fil de ma carrière qu’une saison dépendait beaucoup de cette période.
Charly Charrier du Tac au Tac

Meilleur souvenir sportif ?
Les deux montées en Ligue 1 avec Guingamp et Amiens.
Pire souvenir sportif ?
La période Covid.
Plus beau but marqué ?
Mon premier but avec Amiens, une reprise de volée du gauche.
Un but facile que tu as loupé ?
Un centre parfait, j’ai juste à marquer de la tête, il n’y a plus de gardien et je ne touche même pas le ballon (rires).
Pourquoi as-tu choisi d’être footballeur ?
C’est ma passion pour le foot qui a fait que je suis devenu footballeur !
Ton but le plus important ?
Au Red Star avec Amiens, on gagne 1-0 chez eux et ça nous sort d’une période délicate.

Ton geste technique préféré ?
Le reprise de volée.
Combien de cartons rouges dans ta carrière ?
Deux et aucun de mérité (rires) !
Si tu n’avais pas été footballeur, tu aurais fait quoi ?
Commercial dans un magasin de sport.
Qualités et défauts sur un terrain, selon toi ?
Défauts : le jeu de tête, je déteste ça… et sinon de toujours vouloir le ballon ! Qualités : je dirais, le sens du jeu, que ce soit pour le bien de l’équipe ou pour trouver la faille chez l’adversaire.
Le club, l’équipe ou la saison où tu as pris le plus de plaisir sur le terrain ?
La saison 2014-15, avec Luçon, en National, nous pratiquions un football de qualité et nous avions un bon vestiaire.

Le club où tu n’aurais pas dû signer ?
Quand je suis revenu à La Roche VF en 2019, mes proches m’ont déconseillé d’y retourner parce qu’il y avait des personnes contre-productives qui parasitaient toutes sortes de projet… Cela dit, même s’ils avaient raison sur leur analyse, il n’y a aucun club où je regrette d’avoir signé.
Le club où tu as failli signer ?
Le Racing Club de Strasbourg en National à l’été 2015 mais j’ai refusé pour essayer de monter en Ligue 2 avec Luçon. Beaucoup m’ont pris pour un fou.
Le club où tu aurais rêvé de jouer, dans tes rêves les plus fous ?
L’OM.
Un stade et un club mythique pour toi ?
Le Vélodrome.

Un public qui t’a marqué ?
Celui de Bollaert (Lens). J’ai eu la chance d’y jouer deux fois et de marquer, les Corons à la mi-temps sont incroyables… Dans un autre style, Goeffroy-Guichard (Saint-Etienne) est incroyable aussi !
Un coéquipier marquant ?
Je dirais Lionel Mathis et Mathieu Bodmer. J’ai été surpris de leur humilité et leur simplicité compte tenu de la carrière qu’ils avaient eues.
Le coéquipier avec lequel tu avais le meilleur feeling sur le terrain ?
Jérémy Billy, le numéro 9 à La Roche-sur-Yon, qui savait exactement ce que j’allais faire du ballon avant même que je ne l’ai dans les pieds… Je pourrais en citer pleins d’autres.

Les joueurs adverses qui t’ont le plus impressionné ?
Cavani et Falcao pour leurs activités, leur sens du déplacement, c’est incroyable ! Dans un autre registre, je vais dire Benjamin Nivet, pas le plus connu mais joueur exceptionnel, sous coté.
L’équipe qui t’a le plus impressionné ?
Troyes. On perd 4-0 à la 60eme avec Amiens je crois… le genre de match où tu peux jouer 4 heures, il ne se passera rien (rires).

Un coéquipier perdu de vue que tu aimerais revoir ?
Benjamin Guillou (Le Poiré, La Roche), j’aimais beaucoup ce gars.
Un coach perdu de vue que tu aimerais revoir ?
Tous ceux qui me faisaient jouer, je serais ravi de les revoir, les autres non (rires) !
Un président que tu n’as pas forcément envie de revoir ?
Thierry Barbarit (La Roche), un président que je n’aimerais jamais revoir, un océan d’ignorance ce monsieur. Les joueurs l’appelaient le « dos d’âne ». Il ralentissait tous les projets.

Un président ou un dirigeant marquant ?
Noël Le Graët (Guingamp), Bernard Joannin (Amiens).
Une causerie de coach marquante ?
Les meilleures causeries, c’était quand le coach oubliait d’en faire une (rires) !
Une consigne de coach que tu n’as jamais comprise ?
« On joue comme on s’entraîne ». Cette phrase n’a aucun sens, tout simplement parce qu’il est impossible de ressentir les mêmes émotions ou l’adrénaline d’un match de compétition lors d’un entraînement.

Une anecdote de vestiaire que tu n’as jamais racontée ?
J’ai connu un coéquipier qui avait un problème psychologique, il sortait en dernier du vestiaire pour bloquer les téléphones des autres en faisant des faux codes. Un jour, je l’ai pris en flagrant délit et j’ai pris une photo parce que personne ne pouvait se douter que c’était lui…. C’était « Sackré Gbohou » (rires), j’ai encore la photo d’ailleurs !
Le joueur le plus connu de ton répertoire ?
Sûrement Mathieu Bodmer.
Le stade qui t’a procuré le plus d’émotion (en dehors des clubs où tu as joués) ?
Le Vélodrome parce que j’étais un fan de l’OM étant gamin, et La Beaujoire, parce le club du FC Nantes reste particulier pour nous les Vendéens.
Texte : Joël PENET / Twitter : @PenetJoel
Photos : Philippe Le Brech (sauf mentions spéciales)
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Côté objectif, la direction de Virton n’a mis aucune pression : « Ce sera de faire du mieux possible. On a déjà une équipe à reconstruire car il manque beaucoup de joueurs et on n’a pas énormément de temps devant nous. Il faut faire un bon recrutement. Le match de coupe de Belgique va arriver vite. Le championnat aussi. »
Virton, c’est aussi un stade. Et aussi incroyable que cela puisse paraître, le stade Yvon-Georges ressemble un peu à celui… du Red Star !!! « Exactement, vous ne vous trompez pas ! C’est ce qui m’a plus quand j’ai visité les installations. Le stade m’a sauté aux yeux. Je l’ai trouvé chaleureux, fermé, les supporters sont proches des joueurs, il y a du vert partout. C’est un terrain un peu à l’ancienne. J’ai effectivement vu beaucoup de similitudes avec le stade Bauer. On a fait 800 personnes en amical, contre contre le RFC Seraing (D2, 1-1), ça chante, il y a beaucoup de passion, il est situé dans le centre-ville, les gens vont boire un coup avant le match. On peut faire, d’après ce qu’on a mis, 3000 personnes si ça tourne bien. »
Autre écueil : l’image. Celle d’un coach qui, pour l’heure, n’a entraîné qu’en région parisienne. N’a-t-il pas peur que certains dirigeants se disent « Fabien Valéri, il ne peut entraîner que là… ? »

C’est hélas une spécificité bien française. Nous sommes en effet le seul pays de football incapable de fournir une liste précise de participants jusqu’aux premiers instants d’une compétition majeure, à force de procédures à rallonge, de règles kafkaïennes, de décisions renversées, d’appels, de contre appels, de CNOSF, de Comex, de tribunal administratif.
Dans la très grande majorité des clubs, les effectifs ont également subi de profondes modifications, et il n’est donc pas simple d’établir une hiérarchie. Beaucoup d’inconnues subsistent un peu partout, y compris sur la compétition elle même. Va-t-on enfin vers une Ligue 3 professionnelle, comme le souhaitent les clubs ? Un jour c’est oui, le lendemain c’est non… Incompréhensible.
Ils sont donc trois puisque Annecy s’est accroché in extremis à une bouée de sauvetage miraculeuse en Ligue 2. Les turpitudes des autres (Sochaux) ont fait son bonheur mais il y a évidemment une forme de justice car, sinon, le club haut savoyard aurait été la victime collatérale et innocente de l’affaire Bordeaux-Rodez.












Mon problème de tous les jours ! On attend la première démonstration et on essaye de passer en troisième.

















« La pelouse, on m’en parle souvent, mais ce n’est pas le chantier le plus important aujourd’hui » lance d’emblée Louis Poggi, 39 ans, présent dans le club house aux côtés d’Alex Da Costa, le responsable du nouveau centre d’hébergement pour les joueurs U17 et U19 Nationaux, et également éducateur en U9 et U14.
Parce que je veux aider le club, au sens large du terme, aider le coach aussi (Jean-Marie Ferri), et faire le tampon entre lui, les joueurs et la direction. En cas de besoin, je jouerai. La saison passée, en National 3, j’avais effectué une première préparation tout seul, pendant deux mois avant la reprise officielle avec l’équipe, parce que j’avais pris du poids. J’avais perdu mes 12 ou 13 kilos en trop. Bon, là, j’en ai repris 5 ou 6… J’étais dans le groupe assez fréquemment, j’ai dû disputer deux ou trois matchs titulaire. Parce qu’il fallait montrer un peu le chemin aux autres, d’autant plus que l’on avait eu du mal à commencer le championnat. Malheureusement, on sait ce qu’il est advenu du club…
Pas peur, non. Je n’ai pas peur de jouer, parce que cette responsabilité du terrain est plus simple que celle de président.
Ecoutez, pendant des mois, on avait la tête baissé, on n’avait pas le temps de la relever. Là, je pense que fin août, on va commencer à le faire. Parce qu’on a des choses importantes qui nous attendent. Depuis le mois de février jusqu’à aujourd’hui, on n’a pas arrêté. Sincèrement, je ne pensais pas qu’il y avait autant de choses à faire et qu’on en ferait autant. Notamment sur le plan administratif, qui n’est pas notre domaine et que nous n’avions pas forcément prévu non plus. Mais on a réussi à avancer tout doucement avec des personnes compétentes, je les remercie, je ne les citerai pas de peur d’en oublier ! Je remercie aussi les associations, celle des partenaires les « socios », les « I Diavuli » (supporters) et l’Amicale des anciens. Et je n’oublie pas les parents, qui ont vraiment fait un travail énorme pour nous soulager dans pas mal de domaines : sans eux, on ne serait plus là.
Oui, mais la pelouse, ce n’est pas grave, ce n’est pas un défi qui m’inquiète. C’est le défi administratif qui m’inquiète même si je suis un peu plus serein maintenant, car les choses se mettent en place tout doucement, les finances aussi.
Ce club a une identité, et il faut une équipe première pour que les enfants puissent s’identifier. C’est comme dans la vie de tous les jours. Mes enfants – il est papa de deux garçons, Raphaël et Andria – s’identifient à moi, donc je n’ai pas le droit à l’erreur, de leur montrer des mauvaises choses. Je dois être irréprochable. Façon de parler. Je peux quand même boire une bière ! Mais si je ne dis pas « bonjour », « merci », « s’il te plaît », des trucs simples de la vie de tous les jours, s’il n’y a pas ce respect…
Non, je fais juste des constations, et je n’ai aucun regret. J’aime les risques, mais j’aime les minimiser. Je ne veux pas aller au-delà. Parfois, je parle tout seul. Au moins, personne ne m’entend.
La montée en Ligue 2 en 2013 avec le Gazelec en 2012 et on fait demi-finale de Coupe de France la même saison. Ce n’est pas anodin. On perd 4 à 0 contre Lyon ici, enfin, pas ici, « en face », chez les voisins, parce que notre stade ne pouvait pas accueillir ce match-là. Bon, je pense qu’aujourd’hui, il ne pourrait pas l’accueillir non plus (il regarde la pelouse…) mais voilà… C’est mon meilleur souvenir. La montée en Ligue 1 fut belle aussi mais là, cette accession en L2, c’était le début de l’aventure, parce que tout est parti de là. C’étaient les débuts de l’ascension du club qui a pris une autre dimension à partir de ce moment-là.
Non, pas compliqué, car je suis Bastiais, je suis né à Bastia, j’ai toute ma famille là-haut. Ce n’est pas pareil. Le Sporting, c’est un autre club, c’est différent, il n’a pas d’égal en Corse. Le Sporting, c’est vraiment une histoire et un peuple derrière un club. On voit ce qui s’est passé depuis le National 3 jusqu’en Ligue 2, en l’espace de 4 ou 5 ans, c’est énorme. Après, mon club, c’est le Gaz. Le Sporting, j’y ai passé une belle année, on a perdu contre Caen en coupe de France après un beau parcours aussi. Je ne regrette rien.
Ce vendredi 28 juillet, Faïssal Mannaï, l’un des grands artisans de la montée en Ligue 2 de l’US Concarneau, va découvrir un autre monde. Avec l’US Monastir (Tunisie), le milieu offensif de 27 ans va débuter la phase de poule de la Coupe Arabe des clubs champions par un déplacement au Zamalek, le mythique club égyptien.









A Villefranche, le milieu de terrain, qui a disputé 115 matchs de championnat (10 buts) et 11 en coupe de France (2 buts) au FCVB, et délivré de nombreuses avant-dernières passes ou passes décisives, était un des cadres de l’équipe qui a échoué deux années de suite au barrage d’accession en Ligue 2 : la première fois contre Niort (2021) et la seconde fois contre son ancien club, Quevilly Rouen Métropole (2022).









L’histoire d’Anthony Scaramozzino, elle est quand même à peine croyable. Dingue même. Parce que, quand il avait 13 ans, à son arrivée à l’OGC Nice, ou même 8 ans plus tard, quand il fut prêté à l’AS Cannes en National, pas grand monde aurait misé sur lui ni même pensé qu’il serait toujours dans le circuit à 38 ans et, surtout, qu’il embrasserait une carrière professionnelle de près de 20 ans !
Et puis, pour le tournoi mondial pupilles de Plomelin, dans le Finistère, en Bretagne, Joseph Flachi, le coach des 13 ans Ligue, décide de convoquer tout le monde, « tous les joueurs nés en 1985, même ceux de l’équipe IV ! Et j’ai fait un excellent tournoi, ce qui m’a permis de rester en moins de 13 ans 2e année, sinon je n’aurais pas été conservé. Et tout est parti de là… »
« Lorient, ce fut ma première expérience en Ligue 2, avec Christian Gourcuff. J’ai eu pas mal de bons coachs quand même ! Bon, Gillingham, ce fut une catastrophe : je n’ai pas été payé pendant un an. Je ne savais pas que si je ne jouais pas, je ne serais pas payé. Disons que ça m’a appris à connaître la valeur des choses. Après, à Cannes, je revenais d’une saison blanche, cela a été compliqué sportivement, en plus, je me suis « pris la tête » avec les supporters parce que sous mon maillot, j’avais le T-shirt de la Brigade Sud Nice (BSN) ! Donc bon, forcément… Mais cette saison fut une année d’apprentissage et ça m’a permis de refaire une préparation avec l’OGC Nice l’année d’après, avec le groupe de Frédéric Antonetti : « Il m’a dit, « tu fais la prépa et on voit ce que ça donne » et c’est comme ça que je suis sur le banc dès le premier match de championnat ».
Son arrivée en Artois ? Encore une histoire de dingue. Presque un conte de fées. « C’est fou, raconte celui que l’on surnomme « Scara »; en fait, quand j’arrive en Grèce, je dispute mon premier match à domicile, titulaire, contre Atromitos je crois, et il y a un agent français qui est au match : il est venu voir un de ses joueurs. Et lors de ce match-là, je marque et je fais une passe décisive. On gagne 4-1 chez nous. Quelque temps après, cet agent me contacte sur Facebook et me dit « Si t’es libre cet été, on peut voir ce qu’on peut faire, j’ai des contacts à Lens ». Bon, moi, je n’avais pas d’agent officiel, je lui ai dit « On verra. Si ça arrive, tant mieux, si ça n’arrive pas, ce n’est pas grave ». Je ne me prends pas la tête, et finalement, c’est arrivé ! L’agent est revenu vers moi, il a eu Antoine Kombouaré, le coach, et mon profil lui a plu. J’ai pu résilier avec Nicosie et arriver libre à Lens, qui descendait de Ligue 1, et dont la masse salariale était encadrée. Le club ne pouvait pas recruter ou payer de transfert. Cela a vraiment été un concours de circonstances ! Cela s’est fait comme ça ! C’est dingue ! Parce qu’avant ça, j’avais déjà eu plein de messages d’autres agents qui n’avaient jamais abouti et avec lui, ça a marché ! C’est pour vivre ça que je suis rentré en France, sinon, j’aurais baissé mon salaire et je serais resté à Chypre. »
Après deux saisons à Lens et un petit passage à l’UNFP, direction Laval, en National, avec Jean-Marc Nobilo et aussi Manu Pires, qu’il a connu à la formation à Nice, et François Ciccolini. Il termine meilleur latéral gauche de National lors de sa 2e saison en Mayenne avant de signer à Boulogne, toujours en National, où Laurent Guyot arrive, alors qu’Olivier Frapolli, qui l’a fait venir quelques jours plus tôt, s’en va à … Laval ! « Quand Laurent Guyot est arrivé, j’avais déjà signé à Boulogne ! Je suis toujours en contact avec le coach, on s’envoie des messages, et quand je vais voir « Bosette » (Alexy Bosetti) à Annecy, je passe voir le coach. » C’est aussi à Laval qu’il passe un diplôme universitaire, le DUGOS (Gestion des organisations sportives).
A 35 ans, la fin approche. Du moins le croit-on. Car Didier Tholot et Pau lui offrent l’occasion de retrouver la Ligue 2 ! « Il voulait de l’expérience et du leadership dans l’axe, même si parfois j’ai aussi rejoué à gauche à Pau ! Il me restait 2 ans de contrat à Boulogne mais Laurent Guyot et Aurélien Capoue ont été classes, ils m’ont libéré et permis de retrouver la Ligue 2, à 35 ans. »
Alors, trop franc Antho, qui s’épanche plus sur les réseaux sociaux que dans les interviews ? « En fait, si je ne donne pas beaucoup d’interviews, c’est parce qu’on ne m’en demande pas ! Sinon, je ne suis pas fermé aux interviews. »
Et le voilà qui repart, à 37 ans, en National 2, un niveau qu’il n’avait plus fréquenté depuis sa jeune époque niçoise, avec la réserve. « Au début, c’était dur, la poule Sud est compliquée… On a eu des matchs chauds, comme à Toulon, à trois journées de la fin, qui jouait sa survie. Après, pour les jeunes, c’est bien, ils apprennent, parce que, parfois, c’est le folklore ! Encore que, maintenant, ce n’est pas comme avant. Tout est filmé. Je me souviens, quand j’étais jeune, avec Gérard Buscher, en CFA (National 2), quand on allait à Vénissieux, aux Minguettes, on se prenait des gifles nous les p’tits jeunes ! Aujourd’hui, c’est plus cadré, plus pro. Les matchs de N2 étaient diffusés sur Fuchs TV même si ça s’est arrêté en fin de saison. »
Ma première titulaire au stade du Ray. C’était contre Auxerre, c’est Gernot (Rohr) qui m’avait lancé.