Le National 2 reprend avec, pour la deuxième année consécutive, sa nouvelle formule de 3 groupes et 48 équipes. Un resserrement par le haut qui fait dire aux spécialistes que jamais cette compétition, qui se rapproche de plus en plus de son grand frère, le National, n’avait été aussi relevée. C’est certain, la saison 2025-2026 s’annonce… passionnante !
Par la rédaction / contact@13heuresfoot.fr – Photos de couverture US Créteil
La saison de National 2 s’ouvre dès ce vendredi par trois matches : Chantilly – Epinal dans le groupe B, Saint Priest – Hyères et Créteil – Rumilly Vallières dans le groupe C. Depuis la saison dernière, le quatrième niveau a été ramené à 48 clubs (trois groupes de 16) par la grande réforme des compétitions nationales.
Le resserrement de l’élite a pour effet d’élever manifestement la compétitivité, au point que de nombreux témoins ou techniciens estiment que le National 2 d’aujourd’hui n’a plus grand chose à envier au National d’il y a dix ans…
Aujourd’hui, 80% des joueurs de N2 font du football leur métier et 95% des clubs s’entraînent désormais le matin et non plus le soir.
Une preuve que le niveau du championnat a grimpé ? Au terme du National 2024-2025, trois des quatre promus de N2 ont terminé 3e (Boulogne), 5e (Bourg en Bresse) et 6e (Aubagne). Et Boulogne, barragiste malheureux pour la montée en L2 face à Clermont, a finalement enchaîné une deuxième montée de suite (le club nordiste a été repêché après la rétrogradation administrative de l’AC Ajaccio) et joue aujourd’hui en deuxième division !
Le N2 est tellement exigeant qu’il n’accueille plus qu’une seule réserve professionnelle, celle du FC Lorient, là où il y en avait une bonne demi douzaine il y a peu : le FC Lorient est donc la seule exception, et encore parce qu’il a retrouvé sa place après avoir été relégué en N3 il y a un an.
Groupe par groupe, voici les forces en présence, les favoris et les outsiders, et quelques clubs au passé prestigieux, dont les Girondins de Bordeaux et Cannes…
- La formule
Trois groupes de 16 équipes. Le premier de chaque groupe est promu en Ligue 3 (le FC Lorient ne peut pas monter). Les 15e et 16e sont rétrogradés en N3 ainsi que les deux moins bons 14e.
- La participation
– Un relégué de National : Nîmes (le deuxième relégué, Châteauroux, a été repêché).
– Quatre repêchés parmi les neuf relégués sportivement en N3 : Wasquehal, Granville, Goal FC et Saumur. En revanche, Balagne, Marignane-Gignac et Bergerac, maintenus sur le terrain, ont été sanctionnés et envoyés en N3 (Balagne) ou en championnats de Ligue (Marignane-Gignac, Bergerac) par la DNCG.
– Dix promus de N3 : Aviron Bayonnais, FC Chauray, FC Lorient B, FC Montlouis (groupe A), FC Borgo, FC Dieppe, Colmar SR (groupe B), Lusitanos Saint Maur, FC Limonest DSD et FC Rousset (groupe C).
– Les trois champions de N2 à l’issue de la saison 2024-2025 ont accédé en National : le Stade Briochin, Le Puy Foot 43 et le FC Fleury 91. Cinq clubs ont été relégués en N3 : Villers-Houlgate, Aubervilliers, Vendée Le Poiré, Jura Sud et Anglet.
Groupe A
Les Girondins de Bordeaux sous forte pression

Aux Girondins de Bordeaux, personne ne se voile la face : une troisième saison en N2 serait inconcevable pour un club six fois champion de France mais passé tout près de l’extinction l’été dernier pour ses dettes abyssales.
Les Girondins sont encore en vie, mais ils attaquent la saison avec une énorme pression, sans joker, sans droit à l’échec. Une non montée en mai prochain pourrait même être cette fois vraiment fatale. Un club comme Bordeaux ne peut pas vivre éternellement à ce niveau.
La découverte du N2 a été semée d’embûches. Les buts de la star anglaise Andy Carroll ont un moment masqué les lacunes d’un groupe construit dans l’urgence, et seulement 4e à l’heure du verdict. Cette fois, le recrutement n’a pas été improvisé mais le turnover est massif : 14 départs (dont Andy Carroll) pour 15 arrivées dont quelques jolies pointures pour le N2 : Steve Shamal (Martigues), Nadjib Cissé (QRM), Matthieu Villette (16 buts avec La Roche sur Yon la saison dernière), Éric Vandenabeele (Rodez) où l’ex-concarnois Faissal Manai.

Suffisant pour être tranquille ? Évidemment pas. Bruno Irles a appris à connaître les pièges du N2 et la qualité de plusieurs équipes. Qui peut challenger Bordeaux ? Les Herbiers d’abord, 2es du groupe la saison passée derrière le Stade Briochin, et qui cherchent à retrouver enfin le National 7 ans après sa finale de Coupe de France (0-2 contre le PSG) … et sa relégation concomitante en N2 !
Mais le coach vendéen est obligé de reconstruire après la perte de plusieurs cadres recrutés en National : Nathan Yavorski et Shelton Guillaume par Versailles, Sambaly Keita par Villefranche, Anderson Goncalves et Brahima Magassa par Châteauroux…
Saint Malo a aussi vu partir des éléments majeurs au dessus : Bilal Cissé à Versailles, et le buteur Raphaël Gerbaud au FC Rouen. Guillaume Heinry, le boss du milieu, figure également au niveau départs..
Mais le recrutement malouin a de l’allure avec Lucas Capoue (Blois), Tom Lebeau (Le Puy), Nathanael Bai (Bordeaux), Augustin Pascaud (Chateaubriant), Bissouma Touré (Marignane Gignac). L’attaquant Junior Burban (Progrès Niederkorn, Luxembourg) fera-t-il oublier Raphaël Gerbaud ?
Dominateurs jusqu’à Noël, les Corsaires ont longtemps cru que 2024-2025 serait enfin leur saison. Encore raté… 5e en 2023, 2e en 2024, 3e en 2025, l’US Saint Malo y arrivera forcément un jour.
Quelques sérieux outsiders peuvent troubler le jeu : Avranches qui veut renouer avec son passé en National avec Cédric Hengbart sur le banc; le Vendée Foot Club de Frédéric Reculeau (nouvelle appellation de l’ex-Vendée La Roche sur Yon) qui a fini très fort l’exercice précédent; et pourquoi pas Angoulême, 6e du groupe sud la saison passée et ravi de retrouver « sa » poule ?
Enfin, les promus pourraient troubler les cartes, notamment l’Aviron Bayonnais d’Alain Pochat, voire le FC Chauray, désormais seul représentant de l’agglomération niortaise au niveau national, très performant dans ses matches de préparation.
Groupe A – journée 1
Samedi 16 août, 18h :
- Girondins de Bordeaux – US Avranches MSM
- Voltigeurs Châteaubriant – Les Herbiers VF
- Saumur OFC – Bayonne Aviron
- US Saint Malo – FC Montlouis
- Angoulême CFC – Dinan Lehon FC
- Stade Poitevin – FC Lorient 2
- VFC La Roche-sur-Yon – SC Locminé
- US Granvillaise – FC Chauray
Groupe B
Pas de favoris mais un trio de costauds

Les trois clubs d’Ile de France étrangement versés dans le groupe sud (Creteil, FC 93-Bobigny, Saint Maur Lusitanos), ce groupe Est-Nord-Corse semble extrêmement indécis. Puisque le champion (Fleury) et son dauphin (FC 93) ne sont plus là, il faut regarder vers la suite du classement de la saison passée, donc vers le FC Chambly-Oise (3e) et l’US Thionville Lusitanos (4e).
Dans l’Oise, où Stéphane Masala entame une troisième année, on est souvent placé depuis le retour en N2 : deux fois 3e (2023, 2025), une fois 4e (2024). Avec son stade Walter-Luzi, l’un des plus beaux de N2 (4200 places assises), le FCCO espère retrouver au plus vite le niveau qui fut le sien pendant une décennie (7 saisons en National, 2 en Ligue 2).
Trois de ses cadres sont partis en National (Paul Bellon à Dijon, Bilal Mehadji à Paris 13 Atletico, Djibril Diarra à Châteauroux) mais le club a engagé une dizaine de joueurs références en N2 comme le buteur Anthony Petrilli (Paris 13 Atletico), Andrea Marques, le capitaine du voisin Beauvais, Kemo Kenneh (Creteil), Johan Rotsen (FC 93), William Vouama (Marignane Gignac), mais aussi avec une belle expérience en Ligue 2 comme Antoine Valerio, passé par Nîmes et Rodez… Sans parler bien sûr du retour de Thibault Jaques, le capitaine des grandes années National/Ligue 2.

Les arguments de Thionville sont du même ordre : certes les Lorrains ont dû lâcher leur meneur de jeu Amine Groune (Sarrebruck, D3 allemande), révélation du dernier exercice, mais ils se sont renforcés notoirement en attaque avec Bryan Labissière (Bourg en Bresse, National), Alexis Gouletquer (12 buts avec Haguenau la saison passée) et Chafik Gourichy, de retour dans le club où il avait marqué 23 buts en N3 lors de la saison 2023-2024.
Encore en Régional 2 en 2021, l’US Thionville Lusitanos surfe en outre sur une impressionnante dynamique.
Le troisième candidat arrive du groupe Ouest : boosté par le soutien de la star Sadio Mané, le Bourges FC ne cache pas ses ambitions malgré une décevante 8e place lors du dernier exercice. Certes, le buteur Gwen Foulon et le milieu Samba Dembele sont partis chez le voisin Châteauroux, mais le coach Romain Revelli peut se satisfaire d’un recrutement ambitieux, avec notamment le gardien Leopold Maître (Blois), Allan Ramos (La Roche Vendée), Enzo Couto (Monaco U23), Adélaïde Hitouss (Mâcon), Paul Mbelek (Creteil) ou Rosario Latouchent (FC 93).
Dans ce groupe, on rentrera tout de suite dans le vif du sujet avec un Chambly-Thionville pour commencer dès samedi puis un Bourges-Chambly une semaine plus tard…
Saint Pryvé Saint Hilaire aura aussi un rôle à jouer s’il renouvelle son très bon début de saison passée, comme Biesheim et Furiani Agliani, valeurs sûres du groupe, à la condition de se montrer plus réguliers.
Ancien pensionnaire de National, le SAS Epinal sort d’une saison ratée (12e) au contraire de l’AS Beauvais-Oise, 6e, mais ensuite reléguée en N3 par la DNCG puis réinstallée en appel, et qui aura sans doute l’équipe la plus jeune du championnat. Le maintien suffira cette saison au club de Sebastien Piocelle, et ce sera aussi le cas pour Haguenau et les trois promus (Borgo, Colmar, Dieppe) même si deux d’entre eux jouaient en National il n’y a pas si longtemps (Borgo, Colmar).
Enfin, Blois continuera de faire avec des moyens limités (et sans Cédric Hengbart, parti sur le banc d’Avranches), tandis que Chantilly, Feignies Aulnoye et Wasquehal semblent mieux armés que la saison dernière. Mais l’exercice du pronostic est aléatoire dans ce groupe vraiment ouvert…
Groupe B : journée 1
Vendredi 15 août, 17h :
- US Chantilly – SA Épinal
Samedi 16 août, 17h :
- FCSR Haguenau – Feignies Aulnoye EFC
Samedi 16 août, 18h :
- FC Borgo – Bourges FC
- FC Chambly Oise – Thionville Lusitanos
- Wasquehal Football – Colmar SR
- Blois Foot 41 – FC Dieppe
- Biesheim ASC – AS Beauvais Oise
- Saint Pryvé Saint Hilaire – AS Furiani Agliani
Poule C
Créteil favori, vraiment ?

D’aucuns diront que c’est la poule la plus relevée de National 2. La plus relevée, même, de l’histoire du championnat. Mais ça, ce sont des idées reçues. Sur le papier, en effet, il y a du beau monde. Des beaux clubs. Mais ce sont toujours un peu les mêmes dans cette poule amputée de son plus fidèle participant en N2, Jura Sud, qui, après 22 ans d’affilée en CFA/N2, a chuté en National 3.
Non, la différence, vraiment, on la trouve dans les compositions des effectifs, avec, il est vrai, beaucoup de noms, beaucoup d’individualités. Et c’est sans doute là où se situe toute la différence avec les deux autres poules : plus de meilleurs joueurs, capables de faire des différences, moins de jeu collectif peut-être. On caricature, bien sûr, mais c’est souvent ce que les techniciens disent. La qualité de jeu (et aussi celle des pelouses) n’est peut-être pas aussi léchée que dans l’ouest, pour ne parler que de cette région, mais les particularités sont nombreuses, comme ce fameux « contexte du sud », mais la légende a dépassé la réputation : plus de duels, plus d’engagement, plus de paroles, plus d’hostilité, plus de rivalité, moins d’accueil, moins de chaleur, c’est vrai, mais ce n’est tout de même plus ce que c’était avant.
L’autre particularité, et pas des moindres, c’est qu’il y a beaucoup de derbys régionaux. Et les derbys, dans le sud, sont « disputés » et engagés, rivalité oblige, et accouchent souvent de matchs nuls. Et à force de faire des matchs nuls, c’est mathématique, vous n’avancez pas.
C’est pour cela que nous avons fait de l’US Créteil le favori du championnat, quand bien même le club phare du Val-de-Marne, qui a pesté contre son déménagement dans la poule sud (un courrier signé avec les deux autres clubs franciliens, Saint-Maur et Bobigny, a été envoyé à la FFF), n’a pas forcément convaincu lors de ses matchs de préparation et devra se coltiner des longs déplacements dignes d’un club de Ligue 2 qu’il était encore il y a 9 ans (Créteil a quitté l’antichambre de la L1 à l’issue de la saison 2015-16).
Il y a 9 ans, Karim Mokeddem, lui, n’était pas encore un coach professionnel (il a depuis passé et obtenu son BEPF en 2019) mais figurait dans cette poule sud de N2 (CFA à l’époque), qui a quand même un peu changé depuis.
Il y a 9 ans, il fut aussi celui qui propulsa Lyon-Duchère en National, au nez et à la barbe du géant grenoblois, avant de jouer, trois années durant, la montée en Ligue 2 (7e, 6e et 5e) sans toucher au Graal. Mokeddem, qui jouit d’une belle réputation en National, mais qui n’a pas encore goûté à la Ligue 2, n’a pas hésité à prendre un nouveau virage et redescendre d’un niveau cet été pour embrasser le projet cristolien, tout comme le manager général Olivier Miannay après 7 ans au Puy, et déjà passé par Créteil. Un projet qui rappelle, à un degré moindre, celui du Paris FC, avec l’arrivée d’un nouvel actionnaire majoritaire, l’une des plus grosses fortunes de France, Xavier Niel (groupe Free).
Voilà pourquoi nous faisons de Créteil le favori… sur le papier. C’est solide défensivement, et sur le plan offensif, avec des noms comme Ben Fredj, Montiel et Benkaïd, il y a du potentiel. Mais pour l’heure, ce ne sont que des noms… qui devront vite se mettre au rythme et au diapason du National 2. Un seul but marqué en match amical, c’est peu. Et la bagarre le week-end dernier en amical contre la N3 d’Aubervilliers (0-2), témoigne peut-être d’une certaine tension, à moins que cela ne soit la pression. Elément de réponse dès vendredi, contre un bon poil à gratter de N2, Rumilly.
Les Haut-Savoyards, emmenés par un jeune coach prometteur, Cédric Rullier, sont dans la continuité de leurs deux dernières saisons en N3 et N2 et présenteront un nouveau tandem en attaque, où Raga et Doumbouya ont été remplacés par Hattab (ex-Besançon, N3) et Mendy (ex-Vire en N3), auteurs de 17 buts chacun en 25 matchs la saison passée. Le stade Duvauchelle de Créteil sera en « free access » (entrée libre), pour reprendre la campagne de communication du club, clin d’oeil évidemment à son propriétaire !

Et derrière Créteil ? Pfffiou… Pas facile ! Les « spécialistes » avancent le nom de Toulon, voire celui d’Istres. Et disent que Saint-Priest a vraiment bien recruté, et que Fréjus/Saint-Raphaël pourrait faire très mal avec son duo d’attaque Le Bihan (Sedan, Le Havre, Nîmes, Nice, Auxerre, Dijon, Caen, L2 et L1) – Abdeljelil (16 buts en 30 matchs l’an passé en National à Nîmes) et le retour du « taulier » en défense, Dumas, leader sur et en dehors du terrain, revenu de Saint-Priest après huit saisons déjà sous le maillot étoiliste (2015 à 2023). A eux trois, on approche le siècle d’existence mais on gagne surtout en expérience !
Bizarrement, l’AS Cannes, ogre de la poule la saison passée eu égard à son budget XXL (certains ont avancé les chiffres de 5 ou 6 millions d’euros, c’est à dire un budget de première partie de tableau de National), demi-finaliste de la coupe de France en mai, a moins fait parler de lui, même s’il a disputé un match amical bling-bling à Rome, contre… l’AS Roma, club partenaire du fait de son propriétaire commun, Dan Friedkin (défaite 3-0).
L’AS Cannes a pris son temps, inquiété ses supporters (ils étaient près de 8000 à Coubertin contre Reims) et, compte tenu des nombreuses incertitudes administratives des clubs à l’inter-saison, sans doute secrètement un peu espéré être promue en National au titre de 2e meilleur de N2 (derrière Bobigny). Du coup, le club part un peu plus loin sur la ligne de départ cette saison. Ce n’est peut-être pas plus mal. Mais la coupe de France, sil elle a mis en lumière ce club lui aussi historique, a aussi dévoilé quelques talents, on pense évidemment au goaleador Dominguez parti à Dijon (et déjà buteur vendredi dernier), au latéral Fischer parti à Versailles (et déjà passeur vendredi dernier), ou encore à Trinker (titulaire à Châteauroux vendredi dernier en National) et Vinci (Toulon). Mais dans l’ensemble, l’équipe de Damien Ott, l’entraîneur le plus expérimenté de la poule, qui accueille Grégory Coupet dans un staff renforcé au poste d’entraîneur des gardiens en remplacement de l’historique François Lemasson, et aussi Morgan Amalfitano, a conservé son ossature. Doumbouya (Rumilly), le revenant Boussaïd (Le Mans, Avranches) et Corchia, que l’on ne présente pas, sont les principales recrues des Dragons dont l’ambition reste la même : monter dans la future Ligue 3.
A Toulon, « Momo » Sadani disposera d’un arsenal – un pléonasme dans cette ville militaire ! – impressionnant. Des recrues sont arrivées, Soilihi (QRM, Martigues), Vinci (Cannes), Nouri (ex-Châteauroux, Béziers, Saint-Brieuc en National et Ligue 2), Fall (Sparta Prague B), Bouameur (Istres), et récemment Bennedine, un latéral gauche qui pourrait composer n’importe quel effectif de National. En attaque, où Bennekrouf arrive pour épauler Diallo, le meilleur buteur 2024-25, seulement revenu cette semaine du Sénégal (23 buts l’an passé, 50 buts en 108 matchs sous le maillot azur et or), on attendra mieux de Vialla et de Diarra, d’autant que Khaled et le jeune Marius Reymond frappe à la porte. Si la mayonnaise prend… Le problème, c’est que le Sporting, qui rêve de retrouver son lustre d’antant, risque de ne pas disputer son premier match à Bobigny, le club du 93 ayant demandé à la FFF de reporter le match après l’imbroglio Ajaccio.

Bobigny justement. Le « dindon » de la farce, à l’instar de GOAL FC la saison passée, a menacé de ne pas disputer la saison de N2 s’il n’était pas repêché en National à la place des Corses, exclus mercredi des championnats nationaux. Bobigny, qui clame son droit à un repêchage en National au titre de meilleur 2e de N2, a déposé un référé-suspension devant le Tribunal administratif. Mais il y a des règlements, qui sont ce qu’ils sont : et à la FFF, on ne touche plus au calendrier et à sa compo une fois la date du 17 juillet passée… Mais on imagine que si les Franciliens ont enrôlé un goaleador comme Durbant (Sochaux, Châteauroux, Laval, Sedan), dont le CV siérait à n’importe quel club de l’étage supérieur, ce n’est pas pour déclarer forfait…
La surprise pourrait venir des bords de l’étang de Berre, d’autant qu’avec les « disparitions » de Martigues (de Ligue 2 à R1) et de Marignane-Gignac (de National à R1 en deux saisons après un passage en N2 l’an passé), la place est bonne à prendre : c’est sans doute ce que se dit Istres, longtemps place forte du football professionnel en Provence, dans l’ombre de l’OM. Le club a beaucoup recruté et s’est tourné vers les deux autres poules de National 2, sans oublier la touche « sud » bien entendu : Abergel (Le Puy), Dihad (Jura), Marre (Furiani), Amir (Le Mans, National), Quemard (Locminé), Relange (Blois), Niakaté (Bergerac N2, Orléans National), Gueye (buteur d’Argeles avec 20 pions en 35 matchs de N3), Ben Boina (ex-Consolat, Epinal), Khechmar (Toulon). Il sera donc intéressant de voir comment se comportera ce Istres « new look », qui a fait très bonne impression pendant les matchs amicaux.
Souvent bien placé, jamais gagnant (2e en 2020 et 2022, 3e en 2023 et 2024, 4e en 2025), le RC Grasse de Loïc Chabas, avec une nouvelle direction à sa tête depuis six mois, a changé beaucoup de choses. Quelques cadres sont toujours là (Corain, Medjian, Abt, Ako et le revenant Chatelain) mais il a fallu pallier la quinzaine de départs, et pas des moindres. Or, peu d’arrivées sont à signaler, si ce ne sont celles de Valette, l’ancien gardien de Nancy en Ligue 2 (et aussi Sochaux), mais qui s’est blessé, des attaquants Koné (venu de Belgique) et Bekhechi (Poitiers). Pas sûr que le club de la cité des parfums parviennent à faire aussi bien cette saison.
Faire mieux que la saison passée, c’est ce que visera Andrézieux qui espère garnir aussi un peu plus un magnifique « Envol stadium », sans doute l’un des plus beaux outils de la poule. L’équipe a été complètement remodelé autour du nouveau coach Roland Vieira, qui a joué au club il y a 13 ans quand il terminait sa carrière d’attaquant, juste avant de « construire » le club du Puy sur le banc (2013 à 2023). Avec les arrivées, un peu comme à Istres, de joueurs issus des autres poules ou autres régions – signatures de Ley (Granville), Latour (Granville), Da (Bobigny), Mangonzo (Paris 13), Abdelmoula (FC Rouen), Kashi (Créteil), Lehoux (FC Rouen), ou encore des attaquants Misiak (16 buts en 23 matchs avec Thonon Evian) et Doucet (8 buts en 21 matchs avec Istres) -, le club du président François Clerc a l’air bien armé pour faire une belle saison, du moins bien meilleure que la précédente.
Saint-Priest pourrait être l’une des bonnes surprises de la poule avec un effectif chamboulé et une douzaine d’arrivées, dont les expérimentés Flochon (Boulogne), Chapuis (Marignane), Ephestion (Créteil), Séance (La Roche-sur-Yon) ou encore Goteni (Angoulême), des joueurs qui ont tous déjà évolué plus haut, sans oublier Valtriani (Granville) et Raga, l’ex-buteur de Rumilly.
A Hyères, sans trop de moyens, mais avec de bonnes idées et un coach, Lilian Compan, Hyérois d’adoption, au club depuis 2018, qui effectue un super job, on sera dans la continuité de la saison passée, terminée à la 5e place après avoir dominé le championnat pendant près de six mois : Tressens (Angoulême), Hoguet (Saint-Priest), Hari (Dinan-Léhon) et Moutault (Andrezieux) sont tous arrivés de N2. Mais il faudra confirmer, et c’est parfois ce qu’il y a de plus dur.
Pour Nîmes, qui a repris avec quinze jours de retard sur tout le monde, l’heure est à la reconstruction. Les « crocos » repartent d’une feuille blanche, ont recruté beaucoup de jeunes joueurs et aussi quelques cadres ultra-expérimentés (le gardien Salomone de Créteil, le milieu Orinel de Martigues ou encore l’attaquant nîmois Depres de Rodez). Et pour le repêché GOAL FC, il sera intéressant de voir comment se comportera l’équipe de Pierre-Marie Thimonier, conforté à son poste après quatre mois très concluants la saison passée.
Enfin, pour les trois promus, les Lusitanos de Saint-Maur avec sa recrue phare Ibrahima Seck et un ancien goaleador à sa tête, Helder Esteves; Limonest et Rousset, qui a beaucoup recruté et n’a pas hésité à faire son marché dans les autres poules de National 2, un peu à l’instar d’Istres et Andrézieux (Badji de Beauvais, Leonil d’Andrézieux, Chapelle de Blois, Zerfaoui, GOAL FC, etc.), l’heure est plutôt à la découverte. « On entre dans un nouveau monde » disait même Nordine Assami, le coach de Rousset Sainte-Victoire, après l’accession de N3 en N2 au printemps dernier ! Une nouvelle dimension même pour ces trois clubs.
Groupe C – journée 1
Vendredi 15 août, 19h :
- AS Saint-Priest – Hyères FC
- US Créteil – GFA Rumilly Vallières
Samedi 16 août, 17h30 :
- FC 93 BBG – SC Toulon (?)
Samedi 16 août, 18h :
- RC Grasse – EFC Fréjus Saint Raphaël
- Nîmes Olympique – FC Limonest / Saint-Didier
- GOAL FC – Istres FC
- FC Rousset Sainte-Victoire – Andrézieux- Bouthéon FC
- Saint Maur Lusitanos – AS Cannes
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Quelle poule ! On voit les effets de la réforme des championnats et le vrai travail de la DNCG cette année, qui n’a pas fait de concession, sans doute suite aux élections « officielles » de la FFF (le 14 décembre 2024, Philippe Diallo a été élu président). La poule ressemble au National de l’époque, qui va devenir la Ligue 3 et va s’approcher encore plus du professionnalisme mais nous aussi, en National 2, on tend vers ça, surtout quand on voit un club comme Créteil avec le projet de Xavier Niel, sans oublier les Cannes, Toulon, Bobigny, Nîmes qui renaît de ses cendres, Grasse, Hyères… On connaît la poule du sud. Les places vont être chères. Cette poule va nous faire progresser, beaucoup de joueurs ont fait des carrières en Ligue 2 ou en National et sont là parce qu’ils se sont retrouvés sur le carreau. Ils vont tirer le championnat vers le haut. Et puis on aura des derbys, dont celui contre notre voisin
Je me suis demandé pourquoi ils étaient là. Bon, pour nous, qui sommes entre le sud et Paris, ce n’est pas très dérangeant, mais pour eux, il y a quand même 1000 km entre Paris et le Sud. Je ne sais pas comment ils réfléchissent au BELFA (Bureau exécutif de la Ligue du Football Amateur). Je n’ai pas forcément de commentaires à faire là-dessus. Certains diront que les Girondins de Bordeaux ont été protégés, parce qu’au départ, ils devaient être avec nous, mais bon, on n’est pas dans ce calcul-là.
La DNCG n’a pas fait son boulot en temps et en heure, et ce qui n’est pas normal, c’est que le BELFA ne nous a pas inscrit dans les listes. Il suffisait juste de mettre la mention « ou » entre Bordeaux et GOAL FC, en National et en National 2, et l’histoire aurait été terminée. Cela n’a pas été fait. Pourquoi ? Je ne sais pas. Il y a peut-être des subtilités qui appartiennent à l’ancien directeur juridique de la FFF dont je tairais le nom (Jean Lapeyre, Ndlr) et qui est parti à la retraite le 31 janvier. Il y a eu beaucoup de politique autour de tout ça. Tout ce que je vois, c’est que la FFF a fait plus de 400 000 euros d’économie, frais d’arbitrage compris, avec 17 clubs au lieu de 18 en National. Pendant ce temps, GOAL FC a perdu 600 000 euros en capacité de financement pour ne pas avoir été repêché, ça fait beaucoup. Ce qui est difficile aussi, c’est de disputer un championnat contre des équipes qui ne paient plus leurs joueurs pendant l’année.
Il le fallait afin de pouvoir attaquer la Fédération, qui m’a appelé toute la semaine avant le match contre Marignane pour nous dire qu’il fallait jouer, que l’on s’exposait à des amendes. Bordeaux, en National 2, a eu droit à deux matchs de préparation alors que le championnat commençait, et nous, on nous demande de jouer alors que l’on ne sait pas si on est en National ou en N2. On prend 10 000 euros d’amendes, dont 5 000 avec sursis, on perd 3-0 par forfait avec le point de pénalité en plus… Elle est où l’équité ? Et la Fédé nous répond « Vous le saviez, vous étiez en N2 »… Enfin bon, un peu de respect, au bout d’un moment, ça suffit ! Ça ne sera jamais digéré. Comme l’avait dit ancien sélectionneur des Bleus, Aimé Jacquet, « je ne pardonnerai jamais » (2).




C’est de « bosser » sur le projet du stade à Chasselay d’ici 4 ou 5 ans. On va déjà voir le cahier des charges pour la Ligue 3, parce qu’en 2023, on a déjà répondu aux obligations pour jouer au « stade Ludovic Giuly » en National. Le degré d’exigence sera sans doute plus élevé en Ligue 3 parce que l’idée c’est d’y aller un jour. Il n’y a pas d’urgence. S’il faut, on n’y retournera jamais, je ne sais pas. Mais on doit tendre vers ça, se préparer et parfaire nos installations sur le site de Chasselay. Cela reviendrait à 3 à 4 millions d’euros en travaux, financés sous forme d’un partenariat public/privé en faisant participer le club, le Département, la Région, la ville, etc., avec un bail emphytéotique afin de récupérer les droits à construire. Je suis dans le domaine de la construction, donc ce sera plus simple pour moi d’organiser tout ça.








Exactement. Chez nous, on peut faire un vrai centre d’entraînement, construire une salle de muscu, un centre médical, un petit centre d’hébergement, mettre deux tribunes avec rapidement 2000 places couvertes… Je lance l’idée comme ça, mais vous savez, je suis très copain avec les dirigeants de Limonest, on se connaît tous, il y a Sidney Govou (conseiller sportif), il y a Nicolas Barbosa, qui est dans l’immobilier ! On part du stade de Chasselay, on passe par les petits chemins, et on arrive à Limonest ! Peut-être qu’un jour ça se fera.
















« Ce que fait Sébastien Cuvier à Nueillaubiers depuis son arrivée (en 2022), c’est franchement exceptionnel ! » On taira volontairement le nom de celui qui a lancé ce compliment lorsque nous lui avons confié que l’ancien joueur des années 90, buteur patenté et courtisé à l’époque de l’ancienne D3 puis de la création du National, serait le prochain « interviewé » de 13heuresfoot !
Et l’entraîneur Cuvier ? Là encore, la vie ne fut pas toujours un long fleuve tranquille pour celui qui commence à embrasser cette seconde vie avec la réserve de Jura Sud, de 2002 à 2004 (DH), lorsqu’il était encore joueur. La suite le conduit en Bourgogne, à Imphy Decize en CFA2, où, en janvier 2005, il remplace le coach Christian Felci, évincé à Noël. Le tout en continuant de jouer et, bien sûr, de marquer ses 12 buts avec Imphy !
Non, 70 exactement ! Ton plus beau but, selon toi ?
La saison où tu as pris le plus de plaisir ?
Celui que tu n’as pas envie de recroiser ?
Le joueur avec lequel tu avais le meilleur feeling sur le terrain ?
Un modèle d’attaquant ?

Pourquoi ne pas essayer d’aller dans un staff pro ?
Le meilleur joueur que tu as entraîné ?


Comment as-tu atterri à Nueil-les-Aubiers ?
Djilalli Bekkar n’a jamais raconté cette histoire. Un essai, quand il avait une petite vingtaine d’années, avec la réserve du Paris Saint-Germain alors entraînée par un Antoine Kombouaré sur le point d’enfiler son nouveau costume de coach de Ligue 1.
Mardi, avant de se rendre au club, et après avoir déposé ses enfants à l’école, celui qui vient de fêter ses 44 ans s’est confié pendant une bonne heure. L’ancien attaquant de Sannois/Saint-Gratien, La Vitréenne, Changé, Compiègne, Le Poiré-sur-Vie, Mantes ou encore Grand Quevilly, s’est montré très loquace. Ce n’est pas toujours le cas dans la vie de tous les jours, où il peut parfois être froid, fermé à double tour, telle une porte de prison. Aurait-il une double personnalité ? « Quand on parle foot, ça pourrait durer des heures, sinon, je suis réservé de base » lance-t-il.
On sent que cette épisode t’a marqué…
Tu as beaucoup fréquenté les championnats amateurs quand tu étais joueur : que t’a t-il manqué pour être pro ?
C’est quoi qui te guide ?
En préparant l’interview, on a découvert que tu étais fan de l’OM… Surprenant pour quelqu’un qui est né à Sarcelles, et qui y a grandi jusqu’à ses 21 ans…
C’est à Saint-Brice que tu as fait tes armes de coach en seniors ?
Dans ton parcours de coach, ce qui frappe, c’est cette « liberté » de décider du moment de partir d’un club, on pense à Saint-Lô ou Compiègne par exemple…
As-tu des modèles de coach ?
Avec le FC Dieppe, tu es passé du 3-4-3 au 3-5-2 : c’est quoi, ton système de jeu préférentiel ?
On dit que tu aimes avoir des joueurs qui te correspondent…
Accéder en National 2 sur une défaite à domicile, ça doit faire bizarre, non ?
Le FC Dieppe a survolé sa poule de N3 mais le début de saison avait été moyen… C’est quoi le déclic ?
Du coup, avec cette accession en National 2, tu as redonné goût au foot à ton président, Patrick Coquelet, qui avait pourtant annoncé son départ dans un premier temps ?
Cette ferveur autour du FC Dieppe, ce monde au stade, c’est rare en N3…











