Le coactionnaire et directeur général, plus discret que son binôme Alexandre Mulliez, dont il loue la complémentarité et l’association, évoque une passion entrepreneuriale et assume un management différent, basé sur le développement des gens et la collaboration. Malgré les obstacles, le FC Versailles (Ligue 3) avance à contre-courant, toujours sans stade et avec un modèle économique à réinventer. Autant de défis complexes à relever.
Par Anthony BOYER / mail : aboyer@13heuresfoot.fr
Making of
La dernière fois que j’ai regardé une série à la télé, c’était à la fin des années 80. C’était Dallas. Alors, je ne sais pas ce qui m’a pris ce lundi de début août, je me suis avalé d’une traite les six épisodes de la saison 1 de « Le Club », la série consacrée au FC Versailles. J’ai vu que la saison 2 était disponible. Ce sera pour plus tard.
Plus de 35 ans se sont écoulés entre les deux séries. Est-ce que j’ai manqué quelque chose durant tout ce temps ? Tout le monde m’assure que oui. « Mais tu n’as pas vu celle-ci ? Ni celle-là ? » Désolé, non. Mais dans quel monde je vis ?
Disons-le franchement, en regardant « Le Club », je cherchais aussi un angle différent dans l’optique d’interviewer Alexandre Mulliez, le président du FC Versailles. Celui que l’on voit partout. Qui a déjà (presque) tout dit. Omniprésent sur les réseaux sociaux, au point d’être surnommé par ses détracteurs « le président LinkedIn ».
Et puis, Fabien Lazare est apparu comme une évidence. Un personnage clé de la série. Plus discret. Plus en retrait. Dans l’ombre. Posé. Mesuré. Le coactionnaire et CEO du club (directeur général). Pourquoi n’avais-je pas pensé à lui avant ?
« Quand on est spectateur, on ne connaît qu’un millième de ce que c’est que gérer un club »

Le Vauclusien de 37 ans, natif de Carpentras, donne peu d’interviews. J’ai cherché. J’ai trouvé trace d’un très long entretien pour le site de l’EDHEC-Alumni, au demeurant très intéressant, où il retrace son parcours et se met à la place des étudiants : « Ils me sollicitent parfois pour des conseils et m’envoient des messages, malheureusement, et je m’en excuse, je n’ai pas assez de temps pour répondre. »
En tout cas, Fabien Lazare n’a pas tardé à répondre à mon message, lorsque je l’ai sollicité pour un entretien. Il a dit oui d’emblée. Il connaissait le site 13heuresfoot.
Ce diplômé de l’EDHEC Business school de Lille, titulaire d’un Master, s’est donc lancé dans le football il y a un peu plus de 3 ans, aux côtés d’Alexandre Mulliez, qu’il a rencontré à Auchan et pour lequel il a travaillé pendant près d’un an.
Pendant une heure, il a évoqué son enfance dans un milieu agricole, en Provence, au pied des cerisiers de l’entreprise familiale (et au pied du Mont Ventoux !), son rêve de devenir pro quand il était ado, son parcours, le monde de l’entrepreneuriat et le FC Versailles bien sûr, où, avec son binôme Alexandre Mulliez, il forme un tandem indissociable dont la principale difficulté est de construire un club sans stade et sans véritable ancrage, mais avec une conviction forte : au foot, jouer ne suffit plus. « Quand on est spectateur, on ne connaît qu’un millième de ce que c’est que gérer un club ».
Entretien / Fabien Lazare :
« Ce qui nous excite, c’est le challenge à relever et la dimension entrepreneuriale »

Fabien, alors, c’est comment, le foot ?
C’est dur. Dur et passionnant à la fois. C’est l’ambivalence du métier. Je n’avais jamais prévu de diriger un club de football un jour dans ma carrière. En revanche, comme beaucoup d’enfants, j’avais rêvé de devenir joueur professionnel. Quand on découvre ce milieu, on se rend compte que, quand on est seulement spectateur, quand on est à l’extérieur, on ne connaît qu’un millième de ce que c’est vraiment que gérer un club. Et nous, à Versailles, cela va même au-delà de gérer, c’est construire un club de foot. On ne part pas totalement de zéro, parce qu’il y a quelques fondations, mais elles sont fragiles.
La particularité d’un club de foot, c’est la diversité des métiers et des activités. Pour créer un modèle économique viable, jouer ne suffit pas. C’est bien plus complexe. Il faut savoir créer du contenu pour attirer une communauté, vendre du merchandising, organiser des matchs et des événements B2B pour les partenaires, être une agence créative pour proposer des choses aux marques. Dans un club, il y a des dizaines de métiers. C’est une plateforme presque infinie de développement de métiers potentiels.
« On peut penser qu’on se la pète, mais c’est une stratégie pour exister »
Cela fait beaucoup de paramètres…

Il faut appréhender tout ça avec une énergie qui varie d’une semaine à l’autre en fonction des résultats sportifs et avec un niveau d’exposition et de regards extérieurs très élevés. On est scrutés. C’est encore plus vrai pour nous, parce que nous communiquons beaucoup. Certains peuvent penser que l’on se la pète, mais c’est une stratégie pour exister. C’est indispensable quand on reprend un club comme Versailles, qui, entre guillemets, n’existe pas encore comme club de football et n’a pas d’histoire. Cela rend la tâche encore plus complexe. D’autant plus que le contexte économique est compliqué, dans un monde où le modèle économique d’un club de foot n’existe plus, du moins, ne tient plus la route.
À cela s’ajoute une autre complexité : c’est notre manière de faire les choses pour réussir. Notre modèle de management consiste à miser sur le développement des personnes qui nous accompagnent. Cela prend plus de temps que si nous considérions les gens comme des pions. Nous, on prend le temps de les faire monter en compétences. Quand on ajoute tout ça, ça rend la chose hyper complexe. Mais on se nourrit de cette complexité. Avec Alex (Mulliez), on en parlait récemment : si demain on nous proposait d’être à la tête d’un grand club, cela ne nous intéresserait pas forcément. Ce qui nous excite, c’est le challenge à relever et la dimension entrepreneuriale.
« J’étais un numéro 10 à l’ancienne »
Racontez-vous votre parcours footballistique ?

J’ai commencé à jouer à Villes-sur-Auzon, le petit club de mon village, puis à Carpentras jusqu’à mes 13 ans 1re année. Ensuite, je suis allé à la MJC Avignon. En 13 ans 2e année, on avait fini 2es derrière Burel en DH. Burel avait refusé la montée, donc on avait été proposés pour monter en 14 ans Fédéraux. À ce moment-là, j’étais en sélection de Ligue Méditerranée. L’entraîneur de la MJC nous avait appelés pour savoir s’il pouvait compter sur nous, parce qu’il voulait faire une équipe pour monter. Finalement, des parents ont eu peur. Ils n’ont pas voulu que leurs fils jouent avec cet entraîneur, qui avait la réputation d’être un peu « fou ». Donc on n’est pas montés. C’était une opportunité en or. Mon père, ça l’a rendu dingue. Cet épisode m’a marqué.
Je suis retourné à Carpentras en 15 ans Excellence, puis au Pontet, en 15 ans 2e année, en DH. J’ai aussi joué avec les 18 ans 1re année, en équipe réserve et quelques matchs en équipe première. Ensuite, je me blesse au péroné, c’est devenu compliqué, je suis parti à Bédoin, près de Villes-sur-Auzon. J’ai tout de même gagné la Coupe de district Rhône-Durance en 13 ans avec la MJC Avignon, en 15 ans avec Le Pontet et en 17 ans avec Bédoin contre Le Pontet, mon ancien club ! Puis je suis parti en études. J’ai continué un peu, pour m’amuser. J’ai découvert le futsal aussi, mais j’ai arrêté le foot en club.
À quel poste jouiez-vous ?

J’étais numéro 10, à l’ancienne. L’organisateur du jeu, celui qui aimait faire des passes. Malheureusement, j’ai connu le futsal trop tard. Le futsal développe des aptitudes que l’on ne développe pas de la même manière dans le foot à onze : les gestes plus rapides, la prise d’information, l’efficacité dans les petits espaces. Au futsal, je me suis aussi découvert une capacité à marquer des buts. Si j’avais connu ce sport à l’époque, j’aurais peut-être été un joueur de foot plus complet, j’aurais marqué plus de buts !
« Je suis né avec les cassettes vidéo de l’OM ! »
Et les études ?
Après une classe préparatoire de 2 ans à Nîmes, j’ai intégré l’EDHEC à Lille, un choix qui a surpris mes amis du sud, mais contre toute attente, ce furent 4 années incroyables. Mon dossier n’avait pas été retenu à Lyon et dans le classement des écoles de commerce, c’est la meilleure que j’ai eue. Des potes dans ma « prépa » m’avaient dit « Tu verras, Lille, tu ne vas pas regretter », ils avaient raison ! Je suis un mec de la campagne : Nîmes, déjà, c’était une grande ville, mais alors Lille ! On oublie vite la météo là-bas ! On sortait tout le temps, c’est une ville étudiante, j’ai passé quatre années géniales. Je n’étais pas le plus assidu dans les études, mais j’ai rejoint la « Junior Entreprise » (1) et ce fut une véritable révélation : j’ai pu vite faire mes premiers pas dans l’entrepreneuriat, je voulais découvrir, voir ce que cela faisait d’avoir des responsabilités. J’ai rapidement fait chef de projet, responsable du développement commercial, et la 3e année, j’ai pris la présidence de l’association.
(1) Une « Junior-Entreprise » est une association étudiante, sorte de cabinet-conseil qui permet aux étudiants de réaliser des missions rémunérées pour de vraies entreprises.
Vous alliez voir des matchs du LOSC à l’époque ?

À ce moment-là, c’en était terminé du stade Grimonprez-Jooris, du coup le LOSC jouait à Villeneuve-d’Ascq. J’étais allé voir Lens en Ligue 2 contre Nîmes avec un ami nîmois.
En bon sudiste, vous êtes plutôt fan de l’OM, non ?
Oui. Ma famille aussi. Je suis né avec les cassettes vidéo de la Ligue des champions ! Je me souviens du fameux 5-4 contre Montpellier. Ce sont des souvenirs marquants.
Et un joueur marquant, à l’OM ?
Didier Drogba. Pourtant, il n’est resté qu’une saison. Je ne sais pas trop expliquer pourquoi. On devait aller voir le match contre Newcastle, celui où il avait inscrit un doublé (demi-finale retour de la Coupe UEFA, 2-0, le 6 mai 2004) mais la personne qui devait nous apporter les billets devant le stade n’est jamais venue… On est rentrés à la maison et on a vu la fin du match à la télé.
Vous n’étiez pas supporter d’Arles-Avignon ?
Non. Il n’y a jamais eu de ferveur autour d’Arles-Avignon.
Les Lazare, famille de footeux ?
Mon père est fan de foot, il a joué gardien et défenseur. Mon frère a joué attaquant aussi. Toute ma jeunesse, je tapais dans les murs, je jouais dans les champs, je passais mon temps avec un ballon. Je revois encore l’étendoir de ma mère : j’imaginais une lucarne et je frappais. Pendant la période des cerises, je jonglais. Je pouvais faire 1500 jongles.
« Mes parents souffrent par procuration »
Dans la série « Le Club », on voit votre famille souffrir, on voit votre père Didier souffrir pendant les matchs du FC Versailles… Pourquoi leur infliger ça ?
Mon grand-père aussi a regardé la série ! Être supporter, déjà, c’est dur. Mais être supporter de son fils qui est à la tête du club, c’est encore plus dur. Mes parents m’ont toujours laissé faire un peu ce que je voulais. Ils m’ont laissé cette liberté de tracer ma voie. Le seul truc qu’ils m’ont dit, c’est : « Ne te drogue jamais. Fais ce que tu veux, à partir du moment où tu ne te drogues pas. » Je n’ai jamais fumé une cigarette de ma vie. Mes parents souffrent par procuration. Ils souffrent dans toutes mes aventures parce qu’ils sont inquiets pour moi. Je leur ai dit de me laisser tranquille et de ne pas s’en faire, même si je sais qu’ils sont là pour moi. J’ai envie de faire ce qui me plaît. Ma motivation dans les métiers, ce n’est pas d’être millionnaire. C’est de me lever tous les matins en étant content d’aller travailler. Le travail prend une place très importante dans la vie. Et ils savent que je travaille beaucoup.
Votre papa semble vraiment tenir une place importante…
C’est lui qui m’avait encouragé à prendre le poste de secrétaire général d’Auchan France pour avoir quelque chose de plus stable, de plus gratifiant, parce qu’avant, quand j’avais la boîte de fruits et légumes, je n’étais pas payé. Alors oui, c’est dur de voir ma famille souffrir, mon père surtout. En plus, dans le football, on est sous le feu des projecteurs, on est exposé, et on vous tombe dessus assez fortement. Là, le rôle d’Alex (Mulliez) est important : c’est lui le paratonnerre. Le fait de ne pas être exposé sur les réussites, c’est aussi une contrepartie protectrice. Quand c’est plus dur, ils tapent sur Alexandre Mulliez, alors que je suis aussi architecte du projet.
Mes parents sont contents de voir que ça va un peu mieux, mais ils savent que l’équilibre est fragile. J’ai dû les convaincre aussi de passer dans la série. Ils ne voulaient pas se montrer, ni montrer où ils habitaient. Mais dans tous les cas, cela nous fera des souvenirs à vie.
On a quand même l’impression qu’ils souffrent beaucoup plus que vous…
Oui. C’est l’amour des parents. Je sais ce que c’est maintenant que je suis papa (un petit garçon de 8 mois). Avant, je ne pouvais pas le savoir. Toute l’attention est tournée vers son enfant. On se soucie de lui. Ça change tout.
« Je ne pourrais pas faire autre chose qu’entrepreneur »
Le travail, c’est une valeur forte dans votre famille, une famille d’agriculteurs : vous auriez pu, vous aussi, travailler dans la production de cerises ?

C’est vrai, mes parents sont producteurs de cerises, même s’ils ont aussi fait de la fraise et un peu de tout. Ils se sont spécialisés dans la cerise. Carpentras, c’est aussi le pays de la fraise, mais chez nous, c’est surtout la cerise. Mais je n’ai jamais voulu faire ce métier. Je sentais qu’il fallait que je fasse autre chose. Ce n’était pas ma passion première.
Parlez-nous de vos expériences dans le domaine agricole ?
Avec plusieurs producteurs agricoles, on avait monté une sorte de coopérative (AAA pour Agriculture Avenir Ambition) pour développer des stands de fruits et légumes en vente assistée dans les magasins Auchan. Malheureusement, la personne qui avait eu cette idée avec qui je me suis associé, Loïc Popioleck, est décédée pendant le Covid. Il était agent d’agriculteurs et aussi agent de footballeurs. Il mettait en relation les bons agriculteurs avec les grandes enseignes de distribution. C’est lui, par exemple, qui a fait travailler mon père avec Grand Frais. Perdre un associé, ce n’est pas un épisode facile. J’ai essayé de tenir la société, dont j’avais pris la direction générale, jusqu’au bout. Il serait fier de voir l’aventure que l’on est en train de mener avec Alexandre.
Mais vous n’avez jamais travaillé dans l’entreprise familiale, « Cerises Lazare » ?

Si, j’ai travaillé un peu dans l’entreprise de mon père, mais pas longtemps. Quelques mois. Juste avant le projet de coopérative AAA. Mon idée première était de refondre l’identité visuelle de la marque, de refaire le site internet et de développer le e-commerce en direct, notamment à Paris. J’avais commencé à travailler sur le site e-commerce, avec l’idée de distribuer directement aux détaillants et aux particuliers à Paris. Mon business plan était prêt. Jusqu’au moment où je me suis fait embarquer dans l’aventure AAA. Vous savez, je ne suis pas un gros contributeur de l’entreprise familiale, il faut être clair là-dessus. Mon père a tout construit avec mon grand-père avant lui. Et c’est mon frère Florent qui a tout repris.
Grandir au milieu des cerises, forcément, cela vous a donné le goût de ce fruit ?
Ce n’est pas mon fruit préféré ! Sans doute parce que j’en ai trop mangé. J’essaie quand même d’en ramener au bureau de temps en temps !
Ces expériences dans le domaine agricole, ça vous a apporté quoi ?
Cela m’a donné le goût de l’entrepreneuriat et la liberté de construire ce que l’on veut. Mon père travaillait beaucoup, il se levait à 4 heures, mais il avait aussi une forme de liberté : rentrer à 13 heures, manger avec nous, faire sa sieste, repartir travailler… Il avait un équilibre de vie. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui, je ne pourrais pas faire autre chose qu’entrepreneur.
« Je n’ai pas besoin de communication pour exister »
Dans la série Le Club, Alexandre Mulliez est très présent. Vous êtes beaucoup plus discret. C’est un choix ?

Il y a plusieurs facteurs. Je n’ai pas besoin de communication pour exister. Pour la série, il a fallu beaucoup de débats avec Alex pour me persuader de la faire. Je préfère vivre dans l’ombre. Après, une fois qu’on est dedans, on s’habitue, on se prête au jeu. C’est aussi un choix stratégique de répartition des rôles. Nous sommes tous les deux coactionnaires, mais nous avons des rôles différents en fonction de nos qualités et de nos capacités. On se répartit bien les tâches. On a aussi appris à orienter nos rôles respectifs pour apporter un maximum de valeur au club. Et puis il y a un facteur logique : Alexandre Mulliez, ça fait plus parler. C’est normal. Le club, au final, c’est une combinaison de personnes. C’est ce qui fait le charme de cette aventure. Ce qui nous regroupe tous, ce sont des valeurs communes.
Êtes-vous sollicité par les médias ?
Pas par les grands médias. Ce sont surtout des jeunes, des étudiants, des gens qui veulent en savoir plus sur la gestion opérationnelle, sur l’entrepreneuriat. Je n’ai pas le temps de leur répondre et je pense que certains doivent se dire que je suis un con parce que je ne réponds pas. Mais j’ai tellement de sujets à traiter… On a énormément de sollicitations, encore plus depuis la série, notamment sur LinkedIn. Cela apporte beaucoup de richesse, mais cela prend aussi beaucoup de temps.
« Avec Alex, on ne se cache rien »
Vous avez immédiatement accepté ma demande d’interview, alors que vous êtes discret dans les médias : pourquoi ?
Ce que j’aime dans ce que vous faites sur votre site 13heuresfoot, c’est que vous allez moins en surface et plus en profondeur. Votre valeur ajoutée est là-dedans. Vous essayez de comprendre les hommes, d’aller chercher l’histoire des gens. C’est authentique. C’est ce qui me plaît. Je vais vous faire une confidence : c’est en lisant aussi un article sur votre site de Jordan (Gonzalez), avant même de le rencontrer, quand on cherchait un entraîneur, qu’on l’a mieux connu.
- Alexandre Mulliez est-il au courant de cet entretien ?
Oui. Avec Alex, on ne se cache rien. Et il y a aussi Cédric (Landu), qui gère les relations presse.
- Vous décidez ensemble ?

Nous sommes trois actionnaires, avec une structure, All time (2) gérée par le frère de Charles Leclerc. C’est lui qui a fait la mise en relation avec Pierre Gasly. Ils ont une toute petite part. Avec Alex, nous détenons plus de 90 % des parts du club. Pour les décisions, cela dépend du niveau. Les décisions courantes, opérationnelles, les micro décisions, je prends l’exemple du choix de maillots, on les gère directement avec nos équipes. Les gros sujets stratégiques et structurants, on les prend à deux avec Alex.
Alex gère la levée de fonds que l’on mène en ce moment. On définit ensemble les critères des personnes que l’on veut faire entrer. On définit la vision et la stratégie globale du club ensemble. Il apporte beaucoup de valeur sur la capacité à aller chercher des investisseurs, des partenaires, à se connecter avec des personnes qui peuvent faire aller les choses beaucoup plus vite. Moi, je suis davantage sur la gestion humaine au quotidien : manager les personnes au club, les faire grandir. Évidemment, nos sujets se croisent, c’est juste que la différence se fait surtout dans la répartition des tâches.
(2) All Time est une entreprise cofondée par Lorenzo Tolotta-Leclerc, le frère aîné du pilote de Formule 1 Charles Leclerc. Cette structure est spécialisée dans l’accompagnement et le conseil aux sportifs de haut niveau et s’occupe de gérer leur carrière et leur patrimoine.
Votre lien avec Alexandre Mulliez dépasse-t-il le cadre du football ?
Oui. On est devenus amis. Ce qui a été étonnant, c’est qu’il m’a tout de suite fait confiance à Auchan, où le lien a été fluide très vite. Vu le temps que l’on a passé ensemble, on se connaît par cœur. À part nos femmes respectives, on est probablement les personnes qui se connaissent le mieux. On parle de tout : santé, famille… Pas trop de politique, parce que c’est un sujet dans lequel je n’ai pas envie de rentrer. Mais il y a un lien de confiance qui va bien au-delà du foot.
Vous êtes pourtant très différents…

Oui mais nous avons un socle de valeurs communes très fort : la bienveillance, le travail, la remise en question, la sincérité, l’entièreté. Alex est une personne entière. S’il était snob, s’il ne considérait pas les gens, s’il s’en foutait d’eux, je ne serais jamais avec lui. Je peux vous assurer qu’il est vraiment soucieux des gens et de les aider. On a fait le tour des magasins Auchan ensemble pendant un an, il sait que c’est grâce aux gens qui ont travaillé qu’il a la vie qu’il a aujourd’hui.
Que vous apportez-vous mutuellement ?
À Auchan, c’est lui qui m’a mis au « Lean Management » (3). Il m’a fait lire sur le sujet, puis il m’a présenté son projet : revenir à la culture et à l’ADN d’Auchan, responsabiliser les gens sur le terrain, considérer que tout le monde a une intelligence et qu’il faut développer le potentiel de chacun. Je ne pouvais qu’être aligné avec lui. Je me nourris aussi de lui. Il a des traits de caractère que je n’ai pas et que je devrais parfois avoir davantage. Il me pousse à confronter plus certaines situations, à dire plus les choses. Et moi, j’essaie de lui apporter de la tempérance, de la patience. On se complète. Je pense que l’on devient meilleurs en se côtoyant.
(3) Le « Lean Management » est un système de gestion qui vise à mieux satisfaire les clients en développant continuellement les compétences des salariés et leur capacité à travailler ensemble.
Vous êtes le seul à pouvoir lui dire non ?

Non. Mais il y a peu de personnes capables de lui dire ce qu’elles pensent réellement. Et il y a peu de personnes qu’il écoute, en qui il a confiance et dont il tient compte. Les autres personnes du club ont aussi tissé une relation de confiance avec lui. On est devenus un groupe. C’est la confiance qui permet d’accepter la vulnérabilité, de s’ouvrir, de dire et d’entendre les choses. Demain, si Salomon Kashala (le directeur sportif), Jordan Gonzalez (l’entraîneur) ou d’autres personnes lui font remonter un truc, il sera ouvert. Et moi, je les encourage à le faire.
« Le manque d’ancrage, c’est le sujet le plus dur »
Quel est l’aspect le plus compliqué que vous ayez eu à gérer depuis votre arrivée il y a 3 ans, que vous n’aviez pas suffisamment appréhendé ?

Le manque d’ancrage, en lien avec l’impossibilité de jouer dans notre stade à Versailles. Je crois qu’Alex avait rencontré assez rapidement Gervais Martel (ex-président du RC Lens), qui lui avait dit : « Mais tu es fou de reprendre un club sans infrastructure. » Avec le recul, si nous avions eu la connaissance du football que nous avons aujourd’hui, peut-être que nous ne serions pas allés dans ce projet. Mais d’un autre côté, notre côté fleur bleue, notre naïveté, nous permet d’être ici aujourd’hui. Et je pense que c’est une bonne chose.
En arrivant, Alex est allé voir le maire, qui lui a dit : « Je vous préviens tout de suite, il n’y aura jamais de foot à Versailles. » On s’est dit qu’il fallait tisser une relation de confiance avec lui. Au départ, on n’était pas SDF. On avait le stade Jean-Bouin. Certes, cela nous coûtait très cher, 60 000 euros par match, mais on se disait : on est Versailles, on a le côté Paris-Versailles, on a ce stade magnifique qui nous permet de nous projeter sur 15 ans. On pensait pouvoir construire notre histoire là-bas. C’était un investissement, ça allait prendre du temps pour développer les hospitalités, mais c’était un outil incroyable. On s’était dit qu’on était tranquilles. On avait même négocié une prolongation pour y rester.
Au final, perdre cette possibilité-là, être totalement déracinés de notre ville, parce qu’on ne s’entraîne pas à Versailles, cela pèse énormément. On se rend compte que l’on n’est pas un acteur de la ville de Versailles. Les gens ne nous connaissent pas suffisamment, même si ça s’est un peu amélioré. La réalité, c’est que l’on devrait être tout le temps dans la ville. On a installé nos bureaux à Versailles, mais ce n’est pas suffisant. Je n’ai plus les statistiques exactes en tête, mais je crois que 20 à 25 % de notre public est versaillais, environ 30 % vient du 92 et de Paris, et autour de 50 % du 78.
L’ancien maire de Tours (2017-20), Christophe Bouchet (et ancien président de l’OM) avait eu cette phrase il y a une dizaine d’années : pour réussir, un club professionnel doit réunir le bassin économique, les infrastructures et la volonté politique…
Il nous en manque deux. Et c’est vrai que cela rejoint votre question précédente : ce que l’on n’avait pas appréhendé, c’est la volonté politique. C’est le plus dur. Je le dis d’ailleurs dans la saison 2 : une personne peut faire que ton projet réussisse ou bien peut faire mourir ton club. On ne l’avait pas perçu. Si le stade de Versailles avait été tout bétonné, impossible à développer, on l’aurait accepté. Mais là, il y a Montbauron, dans la ville, avec 6000 places, il y a déjà eu 17 000 personnes ici. C’est là que l’on se rend compte de l’aberration du truc. Cela nous a fait perdre énormément de temps et d’argent. Cela se compte en millions d’euros.
« Le soutien politique, c’est la plus grande complexité »
Dans la série, et dans les médias, on vous voit visiter des grandes enceintes, évoquer des grands projets : pourquoi ne pas envisager un projet plus raisonnable au départ et évolutif ?

C’est ce que l’on a en tête depuis le début. On a plusieurs temporalités. Aujourd’hui, on travaille sur un potentiel projet pour étudier la possibilité d’aménager une tribune de 3000 places au stade Georges-Lefèvre à Saint-Germain-en-Laye. On sait que l’on doit travailler sur le long terme aussi. On a beaucoup de discussions avec des présidents, et certains, comme Thierry Gomez, nous disent que ça peut aller très vite au-dessus. On l’a vu au Mans, qui est passé du National à la Ligue 1 en deux saisons. J’aimerais que ça nous arrive un jour, bien sûr (sourire). Mais même en Ligue 2, on passe déjà un « step » important et on peut très vite être à l’étroit. Cette tribune de 3000 places dont je vous parle, en Ligue 3, je pense que l’on peut la remplir sans trop de difficulté avec le travail que l’on fait. L’outil stade, dans un club où le modèle économique est compliqué, reste quelque chose de très stratégique.
En parallèle, on continue de prospecter avec d’autres villes ou communautés d’agglomération autour de Versailles, pour trouver un site qui permette, à terme, de faire sortir de terre un stade raisonnable, plutôt autour de 15 000 places, qui permette de se projeter dans la durée. On en revient au soutien politique : oui, c’est la plus grande complexité. Et nous n’en avions aucune idée.
Paris FC jouait devant quelques centaines de spectateurs il y a 20 ans au stade de la Porte de Montreuil, et même au début à Charléty : ça prouve bien que l’on peut y arriver…
Oui mais ça prend du temps. On est convaincu que tout le travail que l’on fait va payer. Le gros point noir, qui limite notre projet, on l’a dit, c’est le stade. Puis on a quand même des soutiens, comme celui de la Région, qui nous accompagne en proximité. Sans eux, on ne peut pas réussir.
« Notre ambition, c’est que Versailles ne soit plus seulement connu pour son château »
Si vous montez en Ligue 2, pourriez-vous envisager de changer de nom, par exemple FC 78 ?

(Catégorique) Ah non, pas du tout ! Ce serait une erreur stratégique monumentale. Le nom Versailles fait la valeur de l’actif. Nous avons des discussions avec des communautés d’agglomération qui nous demandent si elles pourront associer leur nom. Bah non, jamais de la vie. Le nom Versailles, c’est la valeur intrinsèque du club. Aujourd’hui, on écrit notre histoire. On nous dit tout le temps que l’on n’en a pas. On en est conscient. On le sait. Mais on la construit. On construit cette légitimité par l’histoire, en lien avec le football. On commence à être crédibles. L’an passé, on a fini 5es. Nous sommes dans une Ligue 3 professionnelle. C’est cohérent.
À long terme, notre ambition est que Versailles ne soit plus seulement connu pour son château. On ne va pas renier le nom Versailles, qui est un atout fondamental pour créer un modèle économique. Il faut que la réalité soit connue des gens : si économiquement cela ne tourne pas, il n’y a pas de club de football, donc le nom Versailles, c’est un « asset » (un actif, Ndlr) sur lequel on veut travailler et capitaliser. Sa légitimité comme nom de club de football doit se faire avec le temps. Quand, avec Alexandre Mulliez, nous regardions les clubs possibles à reprendre, on ne s’était pas arrêtés sur Versailles parce que, pour nous, Versailles n’était pas un club de foot. Mais on est en train de le faire devenir.
Même si vous n’êtes pas les bienvenus dans votre propre ville ?

Ce n’est pas tant que l’on n’est pas les bienvenus. Ce que vous dites, c’est le discours du maire : « On n’a pas besoin du foot pour rayonner. » C’est aussi le discours de quelques personnes à Versailles. Mais les gens oublient que la ville de Versailles, ce n’est pas seulement une typologie de personnes tournées vers la culture ou l’architecture. C’est faux. Aujourd’hui, beaucoup de personnes aimeraient pouvoir profiter du foot et de la manière dont on le conçoit, parce qu’on essaie de proposer quelque chose de différent. C’est cela que l’on veut casser et ça nous dérange que Versailles ne soit vue que sous un seul prisme et que le sport, notamment le sport de haut niveau, ne soit pas reconnu à sa juste valeur. Rien n’empêche une ville comme Venise ou Versailles d’être une ville sportive et d’accompagner le sport de haut niveau. Le sport a toute sa place avec la culture, l’architecture et l’histoire. L’exemple le plus fort, ce sont les Jeux olympiques : on a fait venir l’équitation au cœur du château de Versailles ! Combiner le sport avec une ville au patrimoine et à l’histoire exceptionnels, c’est là que ça peut faire des étincelles.
Notre enjeu est d’obtenir le soutien d’un maximum de personnes de notre communauté : entreprises, population, partenaires. Il faut devenir tellement incontournable que les quelques avis des « puissants » de la ville, entre guillemets, qui pensent que Versailles, ce n’est que le château, voient que ce n’est pas forcément ce que pense la majorité. On ne fera pas changer d’avis certaines personnes individuellement. Mais si la population va dans notre sens, si on continue de progresser, d’attirer, si on monte en Ligue 2, s’il y a du monde au stade, au bout d’un moment, il ne faudra plus nous ignorer.
« On essaie d’être à l’intersection de plusieurs modèles »
Avez-vous un modèle de club ?

On en a plusieurs. On essaie de s’inspirer de pas mal de clubs, de plusieurs typologies de clubs, et de se placer à l’intersection. Il y a des clubs qui ont une identité très forte, marquée par une culture qui dépasse le club. Je pense à l’Athletic Bilbao, au RC Lens, à Sankt Pauli. Il y a aussi des clubs-marques, avec une notoriété et une visibilité à l’international hyper fortes : Venise, Athens Kallithea, l’Inter Miami. Ce sont des clubs qui ont des attributs qui font qu’ils sont connus pour leurs marques. Ensuite, il y a les « smart performing clubs » : des clubs qui performent sportivement en le faisant intelligemment. Bodø/Glimt, Midtjylland, Nordsjælland, mais aussi des clubs de notre niveau, comme Boulogne-sur-Mer, qui a réussi à monter en Ligue 2 avec peu de moyens et qui a su appuyer sur tous les leviers de la performance, la stabilité, la cohésion, la fierté de porter le maillot, et pas seulement sur les leviers financiers.
Quand on imagine tous ces cercles qui se croisent, nous, notre objectif, c’est d’être au milieu de tout ça. C’est d’exploiter la puissance de la marque Versailles, de développer une culture de club, une identité hyper-forte. Aujourd’hui, c’est quoi Versailles ? C’est un club un peu différent, disruptif, créatif, qui casse les codes, etc., mais qui a des valeurs humaines très fortes avec la bienveillance, la considération, et qui peut réussir en faisant les choses intelligemment. Voilà ce qu’on essaie de porter.
Pour ça, on essaie de trouver des leviers, comme le développement des gens, le recrutement des personnes qui ne sont pas forcément des stars tout de suite mais qui ont du potentiel, que cela soit sur le terrain ou en dehors, et que l’on va faire rentrer au club. Et avec le modèle que l’on va mettre en place, on va les aider à progresser, parce qu’on va leur apporter du soutien, de l’accompagnement, du développement, pour que progressivement on arrive à être meilleurs individuellement et collectivement.
Boulogne-sur-Mer, un club qui vous inspire ?

À Boulogne, j’ai vu quelque chose qui représente pour moi la quintessence du foot : tout le monde est pour le club, les gens viennent au stade à pied avec le maillot. On a discuté avec le président, Vincent Boutillier. Le soutien de la Ville est fort. Évidemment, nous ne sommes pas lotis de la même manière. Il y a une vraie culture foot là-bas. Et Boulogne est à l’équilibre ! On regarde les hospitalités, le nombre de places au stade, les salaires qu’ils avaient en National. C’est ça qui nous intéresse. On est un peu des chercheurs. On cherche en permanence. Depuis trois ans, on regarde ce qui se fait ailleurs, ce qui marche. À Boulogne, il y a un recrutement cohérent, des joueurs pas forcément chers, qui correspondent aux valeurs, qui ont la dalle, qui sont complémentaires. Il y a toute une manière de construire un effectif qui rentre dans la culture du club, avec des paramètres autour qui permettent de réussir. Je ne parle pas seulement de la compréhension tactique du joueur ou de ses capacités athlétiques. Je parle aussi de l’environnement bienveillant, de la qualité du coach.
Le Mans aussi est un exemple. Quand on voit qu’ils gardent 70 à 80 % de leur effectif de National et qu’ils montent ensuite, cela veut bien dire qu’il y a d’autres paramètres dans la performance. Laval est également inspirant. J’ai échangé avec Laurent Lairy, le président. J’aime comprendre d’où viennent les présidents, leur approche, leur manière de voir les choses. Le président de La Roche-sur-Yon (Christophe Chabot) nous a aussi conseillé de miser sur un seul truc : la stabilité. Avec Alex, on ne peut qu’être d’accord avec ça. Plus on connaît les gens, plus on monte en compétences ensemble. On est allés à Pau, à Dunkerque. On s’inspire de ce qui se fait ailleurs et on essaie de voir ce que l’on peut adapter chez nous, pour créer notre propre identité et notre propre culture.
« La Ligue 3 renvoie une image beaucoup plus professionnelle »
La Ligue 3 vient de commencer : voyez-vous une différence ?

Je le vois sur la communication. Je ne sais pas si cela vient de mes algorithmes, mais j’ai l’impression que l’on a beaucoup parlé du lancement de la Ligue 3, notamment sur les réseaux sociaux, sur X, sur les gros comptes dédiés au foot. Un peu moins dans la presse écrite, peut-être. Être sur Ligue1+ est un vrai atout pour notre championnat. Avec Alex, on a poussé pour cette Ligue 3 aussi. L’image que cela renvoie est beaucoup plus professionnelle. Pour ce qui est du samedi après-midi à 14h45, il va falloir s’adapter. C’est plus facile à dire pour nous que pour d’autres clubs, comme Villefranche par exemple. Je comprends que pour eux, cela pose problème. Quand tu as des hospitalités, le samedi après-midi peut être une source de revenus importante et cela peut mettre certains clubs dans l’embarras. Mais être sur Ligue1+, qui a vocation selon moi à devenir la chaîne du football français, est important. Ils travaillent bien. Ils tentent des choses. Ce n’est pas parfait, mais à partir du moment où l’on se concentre sur le client, c’est-à-dire le fan, le spectateur, que l’on comprend ses besoins et qu’on lui apporte ce qu’il veut, il sera prêt à payer pour la qualité du contenu.
Quant aux nouvelles mesures, notamment le FVS (Football video support), à date, cela ne peut aider que sur des décisions vraiment flagrantes qui auraient pu être évitées. Avec seulement deux caméras, les angles ne permettent pas toujours de prendre de meilleures décisions. Notre dernier but à La Roche-sur-Yon a été refusé et il était impossible de savoir s’il y avait hors-jeu ou non. Sur le carton rouge que prend La Roche-sur-Yon, franchement, avec l’angle disponible, on ne peut pas vraiment voir. Ligue1+ en est conscient. Ils testent. C’est bien de l’avoir lancé. L’objectif est de voir comment améliorer le dispositif. Nous sommes pour l’innovation et la nouveauté. Cela va dans le bon sens.
Championnat Ligue 3 (Journée 4) – samedi 29 août 2026 – Amiens SC – FC Versailles, à 14h45, au stade Crédit Agricole La Licorne (en direct sur Ligue1+)
- Texte : Anthony BOYER / X @BOYERANTHONY06 / mail : aboyer@13heuresfoot.fr
- Photos : Philippe LE BRECH, FC Versailles, DR et captures écran Canal+
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