Le Ligérien de 36 ans incarne cette nouvelle génération de jeunes techniciens guidés par le jeu, la transmission, l’accompagnement, le travail et une ambition professionnelle assumée. Itinéraire d’un passionné obsessionnel, à la tête du club des Monts d’Or depuis fin janvier 2025, et auteur d’un sauvetage spectaculaire dès son arrivée.
Par Joël PENET – Mail : contact@13heuresfoot.fr / Photos Philippe LE BRECH
Formé à l’US Feurs, club emblématique de la Loire, près de Saint-Etienne, Pierre Thimonier (36 ans) a construit son parcours autour de deux passions indissociables : le jeu et la transmission. Il découvre très tôt les exigences du football amateur, entre investissement quotidien, dépassement de soi et nécessité de concilier terrain, études et vie professionnelle.
Son parcours de joueur (jusqu’au niveau N3) est pourtant loin d’être un long fleuve tranquille. Une pubalgie, trois ruptures des ligaments croisés et plusieurs opérations viennent freiner sa progression. Mais ces épreuves contribuent aussi à façonner sa personnalité : « J’avais souvent l’impression d’être freiné par les blessures, d’être sans arrêt en réathlétisation et en reconstruction » confie-t-il.
Á 16 ans, il encadre des jeunes

Une période difficile qui renforce sa passion pour l’entraînement. Car, au-delà du terrain, c’est bien dans le rôle d’éducateur qu’il trouve rapidement sa véritable vocation. Dès l’âge de 16 ans, le natif de Saint-Priest-en-Jarez, dans la Loire (ne pas confondre avec Saint-Priest dans le Rhône !), il commence à encadrer des équipes de jeunes. Une évidence pour celui qui se définit avant tout comme un passionné de l’apprentissage : « Ce n’est pas parce que l’on comprend que l’on sait faire et ce n’est pas parce que l’on maîtrise que c’est acquis. Le football évolue très vite et il y a un vrai travail à faire sur la transmission. »
Au fil des années, il multiplie les expériences, affine sa méthode et gravit progressivement les échelons du football amateur. Une évolution qui le conduit au GOAL FC en 2022, un club dont il apprécie immédiatement la dimension humaine et les ambitions sportives. Au sein du club rhodanien, Pierre Thimonier occupe successivement plusieurs fonctions : entraîneur de l’équipe réserve, adjoint de l’équipe première en National puis entraîneur principal. Des responsabilités qui lui permettent d’aborder toutes les facettes du métier, de la formation des jeunes joueurs à la gestion d’un groupe seniors.
Son parcours témoigne d’une progression patiemment construite, guidée par une remise en question permanente : « Plus les années passent, plus on comprend qu’on ne sait finalement pas grand-chose » reconnaît-il avec humilité. Entre expérience du terrain, passion pour la formation et ambition assumée, il incarne une nouvelle génération d’entraîneurs issus du football amateur. Un technicien qui ne cache pas ses objectifs : « Je ne me fixe aucune limite. Je veux aller dans le monde professionnel. » Une ambition forte, portée par une conviction simple : dans le football, le travail reste le meilleur moyen de transformer les rêves en réalité.
Entretien
« L’intensité ne se résume pas à courir : c’est décider vite, analyser vite et agir vite »
Les débuts du joueur

Pierre, avant d’être entraîneur, tu as été joueur. Comment le football est-il entré dans ta vie ?
Comme beaucoup d’enfants, j’ai toujours eu un ballon dans les pieds. Mon parcours n’a rien d’exceptionnel (sourire). J’ai commencé dans mon petit club de Villechenève (Rhône) et j’ai suivi un parcours assez classique, en prenant une licence chaque saison jusqu’à l’âge de 32 ans.
Tu as effectué toute ta formation à l’US Feurs. Quels souvenirs gardes-tu de tes premières années dans ce club ?
L’US Feurs occupe une place très importante dans ma vie. C’est un club familial qui m’a vu grandir, progresser et me construire, aussi bien en tant que joueur qu’en tant qu’entraîneur. Il y a évidemment le côté sportif, mais il y a surtout le côté humain. Mes témoins de mariage et certains de mes amis les plus proches sont issus de cette période. Cet été, lors des 80 ans du club, j’ai eu l’occasion de revoir beaucoup de personnes qui ont marqué mon parcours. Cela m’a rappelé à quel point ce club a compté dans ma vie. J’y ai effectué la plus grande partie de ma carrière de joueur jusqu’en CFA 2 (N3). Ensuite, mes études et ma vie professionnelle m’ont conduit vers Paris. J’ai suivi un cursus en STAPS, obtenu une licence en entraînement sportif, puis le CAPEPS avant de devenir professeur d’EPS. Mon parcours de joueur est resté relativement modeste, notamment à cause des blessures. J’ai connu une pubalgie, trois ruptures des ligaments croisés et plusieurs opérations. Mais, paradoxalement, ces épreuves ont renforcé mon envie d’entraîner. Je prenais autant de plaisir à transmettre qu’à jouer.
Tu as évolué en National 3. Qu’est-ce que cette expérience t’a appris sur les exigences du football amateur ?
Cette période m’a appris à faire preuve de résilience. Entre mes études en faculté de sport, les blessures à répétition et les longues phases de rééducation, j’ai souvent eu l’impression d’être freiné dans ma progression. En même temps, j’ai eu la chance d’évoluer aux côtés de joueurs expérimentés qui m’ont beaucoup apporté. Aujourd’hui encore, je m’inspire de certains d’entre eux. J’ai compris que le football était avant tout une aventure collective, fondée sur la complémentarité et la capacité à créer une véritable synergie au sein d’un groupe. En 2019, j’ai décidé de me consacrer exclusivement à ma carrière d’entraîneur.
La naissance d’une vocation d’entraîneur

Tu as commencé à entraîner à seulement 16 ans. Pourquoi avoir choisi de t’investir aussi tôt dans l’encadrement ?
Le côté apprentissage m’a toujours passionné. Je suis convaincu que comprendre quelque chose ne signifie pas forcément savoir le transmettre. Et ce n’est pas parce qu’on maîtrise un sujet qu’il est définitivement acquis. Le football évolue en permanence. Il faut sans cesse apprendre, s’adapter et réfléchir à la manière dont on transmet les connaissances aux joueurs.
Tu as entraîné pratiquement toutes les catégories de jeunes. En quoi cette expérience a-t-elle façonné ta vision du football ?
On apprend très vite à faire preuve d’humilité. Quand on débute, on pense parfois avoir trouvé certaines réponses parce que les résultats sont bons. Mais plus les années passent, plus on comprend qu’on ne sait finalement pas grand-chose. Ce qui fonctionne dans un contexte ne fonctionne pas forcément dans un autre. Chaque génération, chaque groupe et chaque environnement sont différents. Cette remise en question permanente fait partie intégrante du métier.
Quelles sont les principales différences entre l’entraînement des jeunes et celui des seniors ?
Lorsque j’entraînais les jeunes, j’accordais énormément d’importance au contenu et au développement des joueurs, parfois davantage qu’au résultat. Avec le recul, je me demande parfois si c’était la bonne approche. Aujourd’hui, je pense qu’il faut réussir à concilier les deux. Chez les seniors, le résultat est omniprésent. Il influence les choix, l’environnement et la manière de travailler. La principale différence réside dans la culture de la compétition. Chez les seniors, la volonté de gagner est permanente. La peur de la défaite est beaucoup plus présente et c’est un aspect qu’il faut apprendre à gérer quotidiennement.
Quelles ont été les plus grandes difficultés rencontrées lors de tes débuts comme entraîneur ?
La plus grande difficulté a été d’apprendre à prendre de la distance sur le plan affectif. Lorsqu’on entraîne, il faut être capable d’accompagner tout le monde tout en gardant suffisamment de recul pour prendre les bonnes décisions.
L’arrivée à GOAL FC

En 2022, tu rejoins GOAL FC. Qu’est-ce qui t’a convaincu d’intégrer ce projet ?
J’avais envie d’apprendre et de continuer à progresser en tant que jeune entraîneur. Le projet correspondait parfaitement à mes attentes. J’allais prendre en charge l’équipe réserve tout en évoluant dans un environnement encadré par des entraîneurs expérimentés au niveau de l’équipe première. Le club est ambitieux tout en conservant une dimension humaine. C’est ce qui m’a séduit.
Comment décrirais-tu l’identité du club ?
GOAL FC est un club assez paradoxal. Vu de l’extérieur, on a l’impression d’une structure immense avec un nombre impressionnant de licenciés. Mais, au quotidien, le fonctionnement du club repose sur une équipe relativement restreinte, composée de personnes passionnées et investies. Cette proximité constitue une véritable force, notamment grâce à l’énergie transmise par le président.
Quelles ont été tes premières missions en arrivant au club ?
J’ai remplacé Mickaël Mendez, qui devenait directeur sportif et quittait son poste d’entraîneur de la réserve. C’était un championnat que je connaissais bien, ce qui a facilité mon adaptation.
« Le plaisir doit être omniprésent »
Le travail sur la formation

Pourquoi la tranche d’âge 14-15 ans est-elle si importante dans la construction d’un joueur ?
C’est une période charnière. À cet âge-là, beaucoup de jeunes vivent football du matin au soir. Ils mangent football, respirent football et leur principale préoccupation reste le terrain. Leur capacité d’écoute est exceptionnelle. Ils sont particulièrement réceptifs aux apprentissages, qu’ils soient techniques, tactiques ou moteurs. Ce sont de véritables éponges et c’est probablement la période la plus importante pour transmettre une culture du jeu.
Tu parles souvent d’un équilibre entre le plaisir et l’exigence. Comment appliques-tu ce principe au quotidien ?
J’essaie toujours de me poser la même question : est-ce que j’aurais aimé vivre cette séance lorsque j’étais joueur ? Le plaisir doit rester omniprésent, mais il ne doit jamais être opposé à l’exigence. Être exigeant ne signifie pas uniquement demander plus d’efforts. Cela peut aussi passer par le dépassement de soi, la capacité à souffrir ensemble ou encore l’envie de progresser collectivement.
Peut-on être à la fois un club formateur et un club ambitieux ?
Oui, totalement. Former des joueurs demande du temps. C’est un processus qui ne produit pas des résultats immédiats. Mais la formation et l’ambition sont parfaitement compatibles, à condition d’accepter que la progression s’inscrive dans la durée.
« Patience, écoute, caractère »
Quelles sont les qualités indispensables pour qu’un jeune puisse intégrer un groupe seniors ?
Je retiendrais trois qualités : la patience, l’écoute et le caractère. Les jeunes joueurs talentueux sont souvent impatients. Ils veulent jouer immédiatement. Pourtant, l’intégration dans un groupe seniors demande du temps. Il faut continuer à travailler avec rigueur et sérieux, même lorsqu’on ne joue pas. L’écoute est également essentielle. Les jeunes qui progressent le plus sont souvent ceux qui savent s’appuyer sur l’expérience des anciens. Enfin, il faut avoir du caractère. Il ne faut jamais s’excuser d’être là.
L’expérience avec l’équipe première

À GOAL FC, tu as été l’adjoint de Fabien Pujo en National (en 2023-24). Qu’as-tu appris à ses côtés ?
Fabien est un passionné du jeu. Il est constamment dans la recherche. Le métier d’entraîneur ne s’arrête jamais. On réfléchit sept jours sur sept, 24 heures sur 24. Il faut analyser, observer et anticiper en permanence. Il regarde énormément de matchs, quel que soit le championnat en France, en Angleterre… Mais ce qui m’a le plus marqué, c’est l’importance qu’il accorde à l’aspect humain. J’étais un jeune entraîneur très centré sur le jeu et la possession du ballon. Il m’a permis de comprendre qu’il existait beaucoup d’autres paramètres, surtout lorsque chaque point devient déterminant.
Comment passe-t-on du rôle d’adjoint à celui d’entraîneur principal ?
J’ai eu la chance d’effectuer cette transition dans un environnement que je connaissais parfaitement. Lorsque j’ai pris mes fonctions (en janvier 2025), nous étions derniers du groupe en N2 (N1 aujourd’hui). Beaucoup nous considéraient déjà comme condamnés. Je n’avais rien à perdre. Les résultats sont rapidement arrivés. Nous avons réalisé le 4e meilleur parcours sur la 2e partie de saison, ce qui nous a finalement permis d’être repêchés.
Justement, comment le club a vécu à travers toi cet épisode ?
Je dirais que cet épisode n’a finalement pas été particulièrement traumatisant au niveau du club. La stabilité du staff a été rapidement actée, avec un travail mené avec Enzo Reale (conseiller sportif du club) pour anticiper les deux scénarios possibles. Il y avait donc une certaine sérénité en interne, même si les joueurs, eux, étaient dans l’attente d’une réponse concernant le repêchage en N2 (N1 aujourd’hui), dont l’officialisation est intervenue assez tardivement. Le club s’y était préparé, mais cette incertitude a rendu la construction de l’effectif plus compliquée.
Le management d’un vestiaire change-t-il lorsqu’on entraîne une équipe première ?
Oui, parce qu’on entraîne avant tout des hommes et non pas uniquement des footballeurs. Chaque vestiaire est différent. Chaque groupe développe une relation particulière avec son entraîneur : les entretiens individuels, les stages de cohésion et tous les moments informels sont essentiels. Il faut apprendre à connaître les joueurs en profondeur pour comprendre leur fonctionnement.
La formation du coach

Pourquoi était-il important pour toi d’obtenir le DES ?
Le DES est indispensable pour entraîner au niveau auquel j’évolue aujourd’hui. C’est une sorte de passeport. Mais, au-delà du diplôme, la richesse de la formation réside surtout dans les échanges. On apprend évidemment grâce aux contenus proposés par la Fédération, mais on apprend surtout grâce aux autres entraîneurs. Clairefontaine permet de créer un réseau et d’échanger sur des méthodes de travail très différentes.
Le diplôme change-t-il la manière d’entraîner ?
J’ai des principes et une méthodologie assez affirmés. Mais considérer que tout est acquis serait une erreur. Retourner en formation permet justement de se remettre en question. Même les plus grands entraîneurs continuent d’apprendre. C’est cette capacité à évoluer qui permet de continuer à progresser.
Philosophie et management
Comment définirais-tu ta philosophie de jeu en trois mots ?
Je dirais : acteur, courageux et ambitieux. J’aime les équipes qui prennent des initiatives, avec ou sans ballon. J’aime les équipes capables d’imposer leur rythme, de récupérer le ballon haut et de perturber l’adversaire.
Quel entraîneur t’inspire le plus aujourd’hui ?
Je ne pourrais pas en citer un seul. J’admire la capacité de Pep Guardiola à se réinventer en permanence. J’apprécie aussi le courage et la radicalité de Marcelo Bielsa. J’aime l’énergie de Jürgen Klopp, l’intelligence situationnelle de Pierre Sage et la qualité des relations humaines développées par Carlo Ancelotti. J’essaie surtout de me nourrir de différentes influences.
« L’intensité, c’est décider vite, analyser vite et agir vite »
Comment crée-t-on une culture de travail dans un club amateur ?
J’ai récemment lu une interview de Habib Beye dans laquelle il expliquait avoir placé l’intensité au centre de son projet. Cette idée me parle beaucoup. Mais l’intensité ne se résume pas à courir davantage. L’intensité, c’est décider vite, analyser vite et agir vite. Dans le football moderne, le temps est devenu une ressource précieuse. Chaque détail compte. C’est pour ça qu’on essaie d’optimiser chaque séance afin d’éviter toute perte de temps.
Les ambitions et l’avenir

Où t’imagines-tu dans cinq ou dix ans ?
Je suis quelqu’un d’ambitieux et je ne me fixe aucune limite. Je pense qu’il faut rêver grand tout en restant humble. Mon objectif est clair : je veux découvrir le football professionnel. Certains trouveront peut-être cette ambition présomptueuse, mais je l’assume totalement.
Quels sont les défis du football amateur aujourd’hui ?
Le football évolue vers une professionnalisation de plus en plus importante. L’arrivée de la Ligue 3 est venue confirmer une tendance déjà existante. Aujourd’hui, les clubs de National fonctionnent déjà selon des modèles très proches du monde professionnel.
« Être capable de reconnaître mon équipe sans même regarder le banc de touche »
Comment GOAL FC peut-il continuer à se développer ?
GOAL FC est un club atypique. On a parfois l’impression d’un « village gaulois » perdu au milieu des terrains, mais cette singularité peut devenir une véritable force. Le club dispose d’ambitions importantes, notamment en matière d’infrastructures. À nous, sur le plan sportif, d’être à la hauteur de ces ambitions.
Si tu devais résumer ton parcours en une phrase ?
Je dirais que c’est le parcours d’un entraîneur passionné qui essaie de compenser l’absence d’une carrière de joueur professionnel par le travail. Mon ambition est simple : être capable de reconnaître mon équipe sans même regarder le banc de touche.
Pierre Thimonier du TAC au TAC

Le dernier film que tu as regardé ?
Le Comte de Monte-Cristo. Un grand film populaire, une vraie histoire de revanche, de patience et de détermination. Le genre de film dans lequel tu rentres facilement et qui te tient jusqu’au bout.
La dernière série que tu as dévorée ?
GIGN. J’aime tout ce qui touche à ces unités : la préparation, la maîtrise de soi, la solidarité et la capacité à rester lucide sous une pression extrême. Il y a forcément des choses qui me parlent en tant qu’entraîneur.
Le dernier livre que tu as lu ?
Carlo Ancelotti – Mes secrets d’entraîneur. J’aime lire des entraîneurs qui ont connu le très haut niveau. Chez Ancelotti, ce qui m’intéresse particulièrement, c’est sa manière de manager les hommes et les ego, avec beaucoup de calme et d’intelligence.
Le dernier match auquel tu as assisté en tant que spectateur ?
Un match de jeunes. J’aime regarder le football là où il est encore spontané, avec moins de calcul et parfois beaucoup de fraîcheur.
Le dernier match qui t’a fait vibrer devant ta télévision ?
PSG-Bayern en Ligue des champions, sur la double confrontation aller-retour. Du très haut niveau, énormément d’intensité et cette sensation permanente que chaque détail peut faire basculer la qualification. C’est ce football-là qui me fait vibrer.
Le dernier stade que tu as découvert ?
Le Groupama Stadium à Lyon. C’est incontestablement un très bel outil, moderne et impressionnant.

L’application que tu consultes le plus dans une journée ?
WhatsApp. Entre le staff, les joueurs, le travail et l’organisation du quotidien, difficile d’y échapper.
La première chose que tu fais en te levant ?
J’embrasse ma femme et mes filles et je pars au boulot ! Je déjeune même souvent sur la route : chaque minute de sommeil gagnée est bonne à prendre.
La dernière chanson que tu as écoutée ?
Ma fille, de Kofs. C’est aussi l’une de mes chansons préférées.
Le joueur que tu prends le plus de plaisir à regarder actuellement ?
Vitinha. J’aime son intelligence de jeu, sa capacité à jouer sous pression et à donner le tempo. Il voit souvent les choses une seconde avant les autres.
L’entraîneur qui t’inspire aujourd’hui ?
Luis Enrique. Pour ses convictions, son exigence et sa capacité à donner une identité très forte à son équipe. Il veut gagner, évidemment, mais avec une vraie idée de la manière dont il veut le faire.
Le meilleur conseil que l’on t’a donné ?
« N’écoute pas les critiques de personnes dont tu n’écouterais pas les conseils. » Avec le temps, je trouve cette phrase de plus en plus juste.
Le mot que tes joueurs utilisent le plus pour te décrire ?
Passionné. Et selon les jours, je pense que certains diraient même obsessionnel ! (rires) Quand j’aime quelque chose, j’ai du mal à le faire à moitié. Ça peut être une qualité comme un défaut.
Le mot qui te définit le mieux ?
Bienveillant. L’exigence est importante pour moi, mais elle doit toujours avoir pour objectif de faire progresser les gens.
Le plat que tu pourrais manger toute la semaine ?
Un burger. Malheureusement, je ne suis clairement pas dans la team healthy, à mon grand désespoir !

Le café du matin ou la sieste de l’après-midi ?
Le café du matin. Sans hésitation.
Ville ou campagne ?
Campagne. Pour le calme et pour couper un peu.
Mer ou montagne ?
Mer. Pour l’horizon et la sensation de déconnexion.
Un endroit où tu aimerais partir en vacances demain ?
La Corse. La mer, la montagne, le soleil… tout ce qu’il faut pour vraiment couper.
Une qualité indispensable chez un joueur ?
L’intelligence. Pas uniquement l’intelligence tactique : savoir comprendre une situation, ses partenaires, un moment du match et ce dont le collectif a besoin.
Une qualité indispensable chez un entraîneur ?
La capacité d’adaptation. Il faut avoir des convictions fortes sans devenir prisonnier de ses certitudes. On entraîne des hommes avant d’entraîner un système.
Le plus grand défaut du football amateur ?
Tout ce qui peut parasiter l’environnement du joueur. Dans le semi-professionnel notamment, certains jeunes sont très mal accompagnés et parfois conseillés par des personnes qui défendent davantage leurs propres intérêts que ceux du joueur. À un âge où ils auraient justement besoin d’un entourage solide et bienveillant, ça peut faire beaucoup de dégâts.
Le plus beau souvenir de ta carrière de joueur ?
Les vestiaires. Avec le temps, tu oublies certains résultats ou certaines actions, mais beaucoup moins les personnes avec lesquelles tu les as vécus.
Le plus beau souvenir de ta carrière d’entraîneur ?
Les tournois à l’étranger avec les jeunes de Pontcharra. Certains quittaient leur famille ou partaient à l’étranger pour la première fois, parfois avec des moyens modestes. Pouvoir leur faire vivre une expérience dont certains me parlent encore aujourd’hui, ça a énormément de valeur à mes yeux. Bien au-delà du résultat sportif.
Le match que tu aimerais rejouer ?
Créteil, à l’extérieur, la saison dernière. Un match complètement fou, près d’une dizaine de buts (5-4 pour Créteil !) et énormément de rebondissements, qui nous échappe dans les toutes dernières secondes. Typiquement le genre de match que tu refais cent fois dans ta tête après coup.
« L’accompagnement, l’éducation et la transmission »

Le joueur avec lequel tu aurais aimé partager le terrain ?
Zinédine Zidane, sans hésiter. C’était mon idole de jeunesse. Au-delà du joueur exceptionnel, j’aurais aimé ressentir de l’intérieur cette capacité qu’il avait à rendre le football simple et à donner l’impression que le temps ralentissait autour de lui.
Si tu n’avais pas travaillé dans le football, quel métier aurais-tu exercé ?
C’est assez facile pour moi de me projeter puisque je suis également enseignant d’EPS et que j’ai longtemps travaillé comme éducateur, en foyer et en centre. Finalement, il y a un fil conducteur dans tout ça : l’accompagnement, l’éducation et la transmission.
Un rituel avant un match ?
Le crâne rasé à la perfection (rires) ! Je ne sais pas si ça me fait gagner des matchs, mais au moins, quoi qu’il arrive, je suis impeccable sur le banc. Plus sérieusement, j’aime aussi avoir quelques minutes seul avant le match. Je repasse les choses importantes dans ma tête. Ensuite, quand je retrouve les joueurs, toute mon attention est tournée vers eux.
Trois mots pour définir GOAL FC ?
Ambition. Identité. Travail.
Un rêve qu’il te reste à accomplir ?
Connaître une montée avec un groupe que j’ai construit. Aller chercher quelque chose que peu de gens pensaient possible au départ et vivre cette aventure avec les joueurs et le staff. C’est pour ce genre d’émotions qu’on fait ce métier.
Championnat National 1 (Journée 3) – samedi 5 août 2026 – Bourges FC / GOAL FC, à 18h, au stade Jacques-Rimbault, à Bourges.
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- Texte : Joël PENET / mail : contact@13heuresfoot.fr
- Photos : Philippe LE BRECH
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