N3 / Marvin Emmanuel (Racing CFF) : « Je ne pensais pas exploser sur le tard ! »

Depuis deux saisons, l’attaquant du Racing-club de France empile les buts en National 3 : 23 l’an passé et déjà 17 cette saison. À bientôt 30 ans, celui qui fut l’un des joueurs majeurs de la première Kings League en France en mai et juin dernier aspire toujours à jouer plus haut.

Par Laurent Pruneta

Avec 23 buts inscrits la saison dernière et déjà 17 cette saison en National 3 avec l’actuel leader de sa poule, le Racing CFF, Marvin Emmanuel est devenu un sérial-buteur sur le tard à bientôt 30 ans. Sa participation à la Kings League (1) où il a aussi été très performant, lui a permis d’acquérir une nouvelle notoriété au-delà des suiveurs habituels des championnats de National 2 et National 3 qu’il fréquente depuis dix ans (Quevilly-Rouen, Oissel, Boulogne-sur-Mer, Évreux et le Racing où il est arrivé 2023). Son parcours a aussi été marqué par deux longues périodes d’arrêt. Pour 13 heures Foot, il a longuement revisité sa carrière de joueur amateur, a évoqué la Kings League et ses ambitions de jouer plus haut.

1. La  Kings League est un mélange détonnant entre le football traditionnel, le jeu vidéo et la téléréalité. Lancée en Espagne fin 2022 par l’ancien footballeur Gerard Piqué, cette compétition de football à 7 a pour but de rendre le sport plus dynamique et imprévisible pour capter une audience plus jeune (celle de Twitch et TikTok).

Interview
« Je n’ai rien accompli encore »

Photo Tiago Moreira

Vous avez affolé les compteurs en N3 avec le Racing et vous avez gagné une notoriété nouvelle grâce à votre participation à la Kings League avec l’équipe Unit3d. Comment avez-vous vécu cette année 2025 très riche ?
J’ai toujours aimé jouer au foot. Déjà, dans un premier temps, c’est une passion. C’est aussi une échappatoire, puisque dans la vie, il y a plein de soucis. Ça permet de se vider la tête. Mais honnêtement, le fait d’avoir explosé sur le tard, je ne pensais pas que ça allait m’arriver. Mais c’est maintenant et je suis fier. Je me suis relevé de plusieurs épreuves. Après, je n’ai rien accompli encore, je ne joue qu’en N3.

Êtes-vous obligé de travailler à côté du foot ?
Avant d’arriver au Racing en 2023, j’ai été commercial dans une société de déménagement puis principalement chauffeur-livreur pendant plusieurs années. La première année au Racing en N2, on s’entraînait le matin. Je ne bossais pas, mais je m’ennuyais car j’ai toujours eu l’habitude de travailler à côté du foot. Quand on est descendu en N3, on est passé à des entraînements le soir et je ne me voyais pas ne rien faire pendant la journée en attendant l’entraînement. Là, je travaille dans une école de formation (IFCV, un partenaire du club) à Levallois (92). Je gère le recrutement dans la partie sécurité. Je recrute les jeunes qui veulent soit s’inscrire au bac pro, soit au BTS, et je démarche la mission locale pour ceux qui sont intéressés par la sécurité.

Photo GNVisual 00 Gabriel Nohra / Racing CFF

À 29 ans, vivre du foot, reste-t-il un objectif ou un rêve encore lointain ?
Comme tout joueur, j’aspire à jouer plus haut, en National ou à l’étranger. J’ai eu des contacts lors de la dernière intersaison mais j’étais encore sous contrat avec le Racing. Parfois, ces questions me passent par la tête. Mais j’essaye de ne pas trop penser à tout ça et de me concentrer sur le présent. Le plus important est déjà de remettre le Racing en N2. Après, on verra ce qui se passera au mois de juin. Le plaisir que j’ai perdu en U17 ou à Boulogne-sur-Mer, quand je me suis fait les croisés, je suis en train de le retrouver maintenant. Il me reste peut-être encore 5-6 ans à jouer et je vais me donner à fond pour prendre le plus de plaisir possible.

Plus jeune, à quoi aspiriez-vous ?
Déjà, à jouer au foot. Quand j’étais au FC Rouen, j’ai eu des contacts pour aller en centre de formation, à Bordeaux notamment. Mais mes parents n’ont pas voulu. J’ai participé aux premiers tours de sélection pour intégrer Clairefontaine aussi. Mais en U17, j’ai eu la maladie d’Osgood-Schlatter, une maladie de croissance (inflammation douloureuse de l’os et du cartilage de la tubérosité tibiale, Ndlr). J’ai eu une inflammation au niveau des deux genoux. Mes tendons étaient enflammés. Je ne prenais plus de plaisir. Quand je jouais, j’avais mal. Je rentrais chez moi, j’avais les genoux qui étaient chauds tout le temps. J’avais mal quand je montais les escaliers. Franchement, ce n’est pas marrant quand on est jeune. J’ai arrêté le foot pendant plus d’un an. En U17, j’étais avec Thomas Leyssales, qui entraîne maintenant les U19 du PSG. C’est un super entraîneur, mais malheureusement, je n’ai pas pu en profiter.

« Je ne voulais plus entendre parler de foot »

Photo Tiago Moreira

Vous avez en plus vécu un drame personnel…
Oui, j’ai perdu mon papa. L’enchaînement entre ma blessure et le décès de mon papa, c’était très dur à vivre. C’est pour cela que je ne voulais plus entendre parler de foot. J’ai connu des années compliquées. Je tiens à souligner que ma femme Elle m’a beaucoup aidé. Je l’ai connue très tôt. J’avais 17 ans, elle avait 16 ans. Je ne jouais quasiment plus au foot. Et franchement, elle m’a épaulé, elle était là. C’est grâce à elle que je suis là aujourd’hui. Ça fait 13 ans, on est toujours ensemble. C’est vrai que c’est beau.

C’est votre papa qui vous a donné la passion du foot ?
Oui, il y avait joué et il était éducateur au FC Rouen. Il me suivait tout le temps quand j’étais jeune. Il fallait qu’il soit là pour faire le cri de guerre avec mon équipe… Son décès a fait mal à beaucoup de monde. Chez nous, dans ma famille, c’était le pilier. On est quand même dix frères et sœurs. Quand tu perds ton pilier, tu as toutes les fondations qui s’écroulent surtout quand on est jeune. Il a fallu surmonter cette épreuve. Mais petit à petit, j’ai repris goût au foot. J’ai repris à Oissel en U19 (R1) puis QRM est venu me chercher pour jouer en U19 Nationaux. J’ai ensuite joué avec la réserve en Régional 1 puis CFA 2 (National 3) puis je suis parti à Boulogne-sur-Mer. Mais après cette saison à Boulogne, j’ai encore arrêté le foot pendant plus d’un an.

Que s’est-il passé ?
J’avais signé pour la réserve en N3 et je commençais à effectuer des séances avec l’équipe National entraînée par Olivier Frapolli. J’aurais pu gratter quelque chose cette année-là, mais j’ai eu ma rupture des ligaments croisés. Malheureusement, c’est le destin… Je suis rentré chez moi à Rouen. J’ai arrêté parce que je n’avais plus trop goût au foot. La blessure, ça m’avait un peu dégoûté. Après un an, un an et demi sans jouer, je suis retourné à Oissel. Je connaissais le coach, je lui ai demandé si je pouvais m’entraîner avec la N2 mais que si je devais jouer avec la R1, ça ne me posait pas de problème. Il m’avait pris et au fur et à mesure des matchs amicaux, j’avais fait des bonnes performances, donc il m’a gardé dans le groupe N2 pour m’entraîner et potentiellement, je jouais avec la N2 et si je ne pouvais pas, je jouais avec la R1. Ensuite, il y a eu la Covid, et après on est descendu en N3, parce que le championnat s’est arrêté. Là, je suis parti à Évreux en N3 avec un vrai projet.

Lors de la saison 2021-2022, vous aviez marqué 16 buts en 19 matchs de N3 avec Évreux…
Oui et en plus je jouais piston gauche à l’époque. Mais j’avais mis pas mal de buts quand même. Ensuite, on est monté en N2. On a réalisé un bon début de saison. Après, malheureusement, on a eu des problèmes de paiement au club. C’était une année super compliquée financièrement. Par contre, sportivement et humainement, elle a été magnifique. Je n’étais qu’avec des bonnes personnes. On a beaucoup rigolé. Après j’ai signé au Racing, une année en National 2 et depuis deux ans on est en N3.

À part votre saison tronquée à Boulogne-sur-Mer, c’était la première fois que vous quittiez vraiment la Normandie ?
Oui, c’était la première véritable année où je suis vraiment sorti de la Normandie en jouant à un bon niveau avec le Racing. On a réussi six bons mois, on était 2e, on a disputé un 16e de finale de Coupe de France face à Lille en janvier 2024. Mais après la Coupe, on a dégringolé au classement, on n’arrivait plus à gagner. On aurait juste gagné un match de plus, on se serait maintenu… Mais c’était la saison où il avait 5-6 descentes. C’était compliqué pour le club. Surtout que la saison précédente, le Racing aurait dû monter en National à la place de Rouen.

« Vivre une descente, honnêtement, ça fait chier »

Photo Tiago Moreira

Ça a été compliqué de repartir en N3 pour vous ?
Je ne vais pas vous mentir, c’est chiant. De vivre une descente, honnêtement, ça fait chier. Mais après, de repartir en N3, non, c’est juste le fait de descendre. Je pense qu’on aime tous le foot. Moi, même si je descends, je vais toujours continuer à jouer au foot jusqu’à ma retraite, parce que j’aime ça. Et c’est ça mon moteur. Et je pense que c’est ça aussi le moteur de toute l’équipe.

Après avoir été au coude à coude avec l’US Lusitanos Saint-Maur vous avez raté la remontée la saison dernière…
Ça a été très frustrant. Mais les Lusitanos avaient une grosse équipe. On le voit encore aujourd’hui en National 2, ils sont dans la continuité, ils sont premiers de leur groupe. Non, franchement, on ne peut pas leur enlever leur montée. Nous, on aurait pu mieux faire sur certains matchs. Et malheureusement, on a laissé trop de points en janvier-février.

« Je préfère rire que de bouder »

Photo GNVisual 00 Gabriel Nohra / Racing CFF

Après avoir marqué 23 buts, vous aviez des approches en National et en National 2. Comment avez-vous vécu le fait d’être obligé de rester au Racing en N3 ?
Je ne vais pas vous mentir, à un moment, j’étais un peu dégoûté parce que c’est vrai que moi, mon objectif a toujours été de jouer le plus haut possible. Mais j’étais encore sous contrat avec le Racing. Il y a des moments où malheureusement, on ne peut pas faire ce qu’on veut. Quand j’ai repris la saison en juillet, j’étais très revanchard mais dans le bon état d’esprit. J’étais revanchard pour montrer sur le terrain qu’en gros j’étais là mais que j’aurais peut-être mérité d’être plus haut. Mais de nature, je ne suis pas quelqu’un qui arrive à faire la tête longtemps. Je préfère rire que bouder. Donc non, ce n’était pas dans mon état d’esprit de bouder. Ce que j’avais au fond de moi, je ne l’ai pas montré.

Comprenez-vous pourquoi le Racing a fermé la porte pour un départ et demandé une somme d’argent ?
Je comprends qu’aucun club n’a voulu mettre de l’argent pour un joueur de N3. Le Racing a fermé la porte parce qu’il avait besoin de moi. Je ne dis pas que je suis déterminant car je suis comme tout joueur de l’équipe mais ils avaient besoin de moi pour aller chercher cette montée. Je l’entends et honnêtement, je le comprends. Après avoir beaucoup parlé avec le coach Guillaume Norbert, le président Patrick Norbert, j’ai compris leur discours. Je me mets à leur place aussi. C’est sûr que c’était important que je reste au club et il n’y a pas de souci avec ça. Et je me donnerai à fond pour, déjà, laisser le club là où je l’ai trouvé en arrivant parce que c’est ça le plus important.

Photo Tiago Moreira

La meilleure réponse que vous pouviez donner, c’est sur le terrain. Avec déjà 17 buts, vous êtes encore parti sur des bases aussi élevées que la saison dernière ?
C’est vrai que le plus dur dans le foot, c’est de confirmer. Là, il reste encore pas mal de matchs, je peux faire encore mieux que la saison dernière. Mais en toute honnêteté, je ne cours pas après mes stats. Si je dois finir, je vais finir. Si c’est un de mes coéquipiers qui doit finir, je serai content comme si c’était moi qui avais marqué. Il ne faut pas courir après les buts, ça vient tout seul.

Vous n’aviez jamais marqué autant dans votre carrière. Comment expliquez-vous cette plénitude depuis deux ans ?
Franchement, même moi je ne sais pas… Je joue mon foot, libéré et je kiffe. Le coach m’a replacé en numéro 9 quand on est descendu en N3. Depuis, je joue comme il veut que je joue. On est en 4-4-2, on va chercher, on récupère les ballons hauts, donc on se procure beaucoup d’occasions. Moi, j’en ai beaucoup et ça me permet de concrétiser. Je suis aussi plus mature dans mon jeu. Avant, j’étais un peu plus dribbleur. Au fur et à mesure des années, je me suis davantage concentré sur tout ce qui est finition, le dernier geste, ce qui me faisait beaucoup défaut avant. Et depuis, ça marche bien pour moi. En N2, devant le but, j’étais vraiment maladroit. Quand on enchaîne les matchs et qu’on marque pas mal de buts, après, on devient plus relâché devant le but, ça, j’appris à le faire, à jouer à l’instinct et ne plus me poser de questions. Mais au Racing, on a la chance de vraiment pouvoir jouer au foot, avoir des libertés grâce au coach. Entre nous, il y a une bonne alchimie. On arrive à se trouver facilement.

Avec l’équipe Unit3d en Kings League. Photo DR

En fin de saison dernière, il y a eu la Kings League où vous vous êtes fait remarquer. Mais au départ, votre club ne voulait pas que vous y participiez…
Quand je me suis inscrit pour les détections, je l’ai fait parce que c’était nouveau et je ne voyais pas forcément le problème. Je pense qu’on est plein de joueurs en N3 ou R1 à faire des Five le dimanche après avoir joué le samedi. La Kings League, c’était un contexte où j’avais quand même une petite rémunération. Et puis, tu joues au foot, c’est super bien. Donc, j’y suis allé. Je ne pensais pas que ça allait prendre autant d’ampleur, que ce soit positif ou négatif.

Comment votre coach a pris au départ le fait que vous lui avez en quelque sorte désobéi ?
Techniquement, j’ai respecté les termes de mon contrat. Si je n’avais pas respecté les termes de mon contrat, il n’y aurait pas eu de soucis, je lui aurais désobéi. Mais là, je n’ai rien fait de mal. Mais bon, après, je comprends ses arguments et son point de vue. Je me suis aussi mis aussi à sa place. J’ai entendu ce qu’il m’a dit. Mais je pense que tous ceux qui sont dans mon cas, ils savent que l’appel du foot, parfois, est trop fort, on a trop envie de jouer et c’est impulsif… Donc je ne vais pas dire que je lui ai désobéi, mais voilà, on n’était pas d’accord. En France, la Kings League n’est pas encore très développée comme en Italie, en Espagne ou en Allemagne. Il y a des périodes de mercato, les joueurs sont payés à jouer à la Kings League. Ils ont des meilleurs salaires que des joueurs de N3, N2. C’est une sorte d’alternative à une carrière à onze qui peut ne pas décoller pour certains jeunes et qui souhaitent tenter leur chance. C’est quand même un truc qui te permet d’avoir de la visibilité (l’équipe de Unit3d est entraînée par Grégory Campi), Ndlr).

Avec l’équipe Unit3d en Kings League. Photo DR

Avez-vous l’impression justement que les deux mois de Kings League vont ont permis d’avoir plus de notoriété que durant toute votre carrière de joueur de N2/N3 ?
Oui largement ! J’ai des petits qui viennent me voir et qui me demandent « C’est toi Malikos ? (son surnom) ». C’est vrai que sur les réseaux, j’ai beaucoup plus de demandes depuis la Kings League. J’ai un peu de notoriété. Mais ce n’est pas du tout ce que je cherche. À la base, ce que je voulais, c’était de pouvoir jouer au foot et de connaître quelque chose de différent en vivant une nouvelle expérience. Cette saison, on a joué des matchs de Coupe de France. J’entendais les gens dans les tribunes qui me chambraient en disant « Ce n’est pas la Kings League ici. Mais justement, ça me fait rire. En vrai, c’est marrant, c’est bon enfant.

« Malgré mon âge, je suis un enfant ! »

Allez-vous refaire la Kings League cette année ?
Oui, il y a de grandes chances. Mais j’irai quand le championnat sera fini ou si on a la chance de pouvoir être champion avant. Il y aura la Coupe du monde au Brésil au mois de juin pendant la trêve. Pour moi, la Kings League, c’est jouer au foot et connaître des nouvelles choses. Au lieu d’aller faire des Five, pourquoi je ne pourrais pas aller jouer au foot avec des gens que j’apprécie dans une équipe où je touche aussi un petit billet pour le faire ? C’est encadré. Malgré mon âge, je suis un enfant. Moi, je kiffe le foot. On va m’appeler ce soir, on va me dire qu’il y a un Five à 22 heures, je vais venir. Le foot, c’est d’abord une passion. Ce n’est pas que l’argent ou ce genre de choses qui me motivent.

Photo GNVisual 00 Gabriel Nohra / Racing CFF

Votre année 2025 était déjà belle. Peu de gens le savent mais elle aurait pu se terminer en apothéose à la Coupe d’Afrique des Nations au Maroc avec le Bénin, le pays d’origine de votre Père…
J’ai eu des contacts avec la Fédération Béninoise. Il y avait deux joueurs offensifs qui devaient aller à la CAN qui se sont malheureusement blessés. On a essayé de faire le nécessaire pour pouvoir me faire rentrer dans la sélection, mais ça s’est fait trop tard au niveau administratif. C’était trop juste pour la CAN. En fait, j’aurais dû faire mes papiers bien avant.

Si vous continuez à marquer autant, ce n’est peut-être que partie remise ?
La Fédération Béninoise m’a dit qu’il faudrait que je sois au minimum en N2 pour pouvoir être sollicité par la sélection. J’espère donc que ce sera pour l’an prochain.

En cas de montée avec le Racing, vous vous voyez rester ?
Je ne suis pas fermé au projet du Racing. C’est un projet que j’ai rejoint il y a déjà trois ans parce que je le trouvais super intéressant et il est toujours super intéressant. Je pense que quand il y aura le stade (le club évolue depuis 3 ans et demi hors de Colombes et à Poissy depuis deux ans), le Racing va prendre une autre dimension. Je pense que tout le monde le sait. Donc non, clairement, si je peux faire partie de tout ça, ce serait vraiment avec un grand plaisir.

Marvin Emmanuel, du tac au tac

Photo Tiago Moreira

Votre meilleur souvenir de footballeur ?
Le challenge Pierre-Vas, le plus gros tournoi de jeunes de la région que j’ai gagné quand j’étais au FC Rouen. C’est la première fois que je jouais sur le stade Robert-Diochon. Pour un petit du FCR, Robert Diochon, c’était notre Parc des Princes à nous. On avait une super équipe. Je m’en souviens encore.

Votre pire souvenir ?
Ma rupture des ligaments croisés début 2018 quand j’étais à Boulogne-sur-Mer. En plus, j’ai eu la varicelle en même temps… Honnêtement, on ne peut pas savoir si sans cette blessure, ma carrière aurait décollé. Mais c’est vrai que je faisais des bonnes choses à Boulogne et que des joueurs avec qui je jouais en réserve sont ensuite montés dans le groupe National. Je me dis : « ça aurait pu être moi, j’aurais pu faire des bancs, des rentrées ». C’est peut-être une opportunité de raté mais ça ne sert à rien de repenser à tout ça. Car en vrai, je ne peux pas savoir et personne ne peut savoir.

Votre plus beau but ?
À Sainte-Geneviève lors du match retour la saison dernière. Une demi-volée en dehors de la surface sous la barre. Je sais que Vivien (Cédille, gardien de Sainte-Geneviève lors de ce match) n’aime pas que j’en parle. Mais maintenant qu’il a signé au Racing, comme je ne peux plus lui en mettre en match, je lui en mets à l’entraînement (rires) !

Votre geste préféré ?
La feinte de frappe.

Votre célébration préférée ?
Pour Madame, avec un signe avec mes doigts en langage des signes.

Photo GNVisual 00 Gabriel Nohra / Racing CFF

Le club où vous vous êtes senti le mieux ?
Évreux restera toujours dans mon cœur. Mais forcément le Racing depuis trois ans. C’est ici que j’ai un peu explosé et que j’ai rencontré de très bonnes personnes, que ce soit le staff ou tous mes coéquipiers. Quand je joue, je ne fais pas attention au bruit qu’il y a autour. Mais on peut compter sur des supporters qui sont nombreux. On sent qu’il y a un vrai engouement autour du Racing et ça fait plaisir. Avec les anciens du club, on échange beaucoup sur le Racing d’antan et le match. Je parle aussi avec les supporters sur Instagram et quand on se voit. Je pense que ce club, il mériterait d’aller le plus haut possible, de revenir en Ligue 1.

Le joueur le plus fort que vous avez affronté ?
Kingsley Coman en U17 Nationaux lors d’un Rouen – PSG. Il était super fort.

Le joueur le plus fort avec qui vous avez joué ?
Jean Gomis à Évreux, un numéro 10 super fort, à l’aise techniquement. Franchement, c’était abusé. Et Abdelrafik Gérard au Racing. Il avait joué à Lens en Ligue 2, à l’étranger (Saint-Gilloise, Qabala). Malheureusement, il a été blessé mais il était vraiment trop fort.

Photo GNVisual 00 Gabriel Nohra / Racing CFF

Le joueur avec qui vous avez eu le meilleur feeling sur le terrain ?
Celui avec lequel on n’a même pas besoin de se regarder pour se faire la passe, c’est Ahmed (Ibrahimi). On est connecté, je ne sais pas comment l’expliquer. Il ne va pas me regarder, mais je sais qu’il va me la mettre. Du coup, moi, je prends la profondeur directement. Il y a aussi Youri (Tabet) et les autres offensifs. Mais en vrai, je pourrais citer tous les gars de l’équipe. J’ai un lien particulier avec chacun d’entre eux. Si j’arrive à conclure les actions, c’est grâce à eux.

Un entraîneur marquant ?
Guillaume Norbert au Racing. Il m’a bien marqué. On a eu des hauts et des bas tous les deux. Mais humainement, c’est une bonne personne. En tant que 9, il m’a fait énormément progresser. Ça, je ne peux pas lui enlever. J’ai envie aussi de citer Serge (Gnonsoro) qui est dans le staff du Racing et donner une mention spéciale à « Titif » à Évreux.

Vos modèles dans le foot ?
Didier Drogba et Thierry Henry. C’est pour ça qu’avant, je faisais beaucoup de brossés comme Henry mais ça ne marchait pas…

Votre équipe préférée ?
Monaco. J’avais 8 ans lors de leur parcours en Ligue des champions en 2004. Depuis, j’ai continué à les supporter.

Photo GNVisual 00 Gabriel Nohra / Racing CFF

Si vous n’aviez pas été joueur de foot semi-pro, vous auriez travaillé dans quel domaine ?
J’aurais travaillé dans la finance ou la comptabilité. C’est un domaine qui m’intéresse. Je trouve que l’éducation financière, c’est important de nos jours. Ça m’intrigue et j’aimerais bien travailler dans ce secteur. Parfois, on a de l’argent mais on l’utilise mal, on aurait pu faire de meilleures choses avec. Moi, je suis quelqu’un de pas trop dépensier. Je place plus mon argent que je ne le dépense. Mais je me vois bien me reconvertir dans la finance plus tard, pas forcément faire quelque chose dans le foot. Je ne me vois pas entraîneur, même chez les jeunes. Mais si j’ai un fils, j’aimerais vraiment le suivre dans le foot. Mais ça serait un projet fun, pas un projet Mbappé.

Comment occupez-vous votre temps libre après le foot et votre emploi ?
Je suis plutôt casanier. J’aime bien jouer à la console, je ne sors pas beaucoup. Je suis un vrai passionné de foot mais je n’aime pas trop en regarder à la télé. Je préfère le pratiquer. Par contre, je regarde beaucoup de basket américain. Si on me dit gros match de NBA ou gros match de Ligue 1, je ne vais pas vous mentir, je pense que je vais aller regarder le match de basket. J’ai aussi de la famille qui vient me voir régulièrement. Dans la famille, on n’est pas beaucoup à aimer le sport. Mais mes frères et mes cousins viennent régulièrement me voir aux matchs, c’est sympa.

Normandie ou région parisienne ?
Je reste très attaché à ma région mais je commence à devenir un Parisien. J’habite au Blanc-Mesnil (93), ça fait un peu loin du Racing à Colombes et de Levallois où je travaille. Mais je me déplace en transports en commun, car les bouchons c’est un peu compliqué.

  • Texte : Laurent PRUNETA / X @PrunetaLaurent/ mail : lpruneta@13heuresfoot.fr
  • Suivez-nous sur nos réseaux sociaux (Facebook, X et Instagram) : @13heuresfoot
  • D’autres articles ? Visitez le site web : 13heuresfoot
  • Un commentaire, une suggestion, contactez-nous (mail) : contact@13heuresfoot.fr