N1 : Rabie Zeroual, l’âme et l’esprit du Poiré-sur-Vie !

Près de 20 ans de présence au club, neuvième saison consécutive dans la peau de l’entraîneur principal… Le coach des « Genôts », qui avait repris l’équipe en Régional 2 en 2018 après une carrière de joueur et d’éducateur chez les jeunes, affiche une fidélité rare en même temps que des résultats sportifs probants, avec quatre accessions à son actif.

Par Anthony BOYER, au Poiré-sur-Vie / mail : aboyer@13heuresfoot.fr / Photos : Philippe LE BRECH et 13HF

Photo Philippe Le Brech

Making of. Avec Rabie Zeroual, on avait prévu de se rencontrer au stade Henri-Desgrange, à La Roche-sur-Yon, la commune où il réside, à l’occasion du match de Ligue 3 face à Cannes. Sauf que l’actuel coach du Poiré-sur-Vie, le club de National 1 situé à quinze minutes de la préfecture de Vendée, est resté à la porte, devant les guichets. Complet ! L’ancien joueur de La Roche (43 ans) faisait donc partie des quelque 500 personnes qui se sont vues refuser l’entrée, faute de place, une péripétie qui a d’ailleurs poussé le club phare du département à pondre un communiqué afin de s’excuser.

Pas grave, Rabie Zeroual est allé voir le match chez Lucas Pezant, son adjoint au Poiré. Et le lendemain matin, il est venu nous chercher à 8 heures pour une petite visite guidée des installations du stade de l’Idonnière, au Poiré-sur-Vie, avant de se prêter au jeu de l’interview, bien installé dans le bureau du staff technique. On le remercie chaleureusement pour ça, car nous étions « veille de match » (déplacement à Saint-Brieuc pour la journée 1 de N1). Le natif de Poitiers (Vienne) a consacré une heure et demie de son temps précieux pour nous, et quand on sait l’emploi du temps très chargé des techniciens… « L’article sortira après ton deuxième match de championnat » le prévient-on.

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Le deuxième match, c’est Saint-Malo. Juste après celui de Saint-Brieuc. Saint-Malo, Saint-Brieuc, difficile de faire plus difficile pour commencer la saison, surtout pour un promu, même si le club a déjà affronté ces deux équipes il y a deux saisons, après la première accession. Seulement voilà, cet exercice 2024-2025 fut raté dans les grandes largeurs. Et si celui qui vient de commencer s’annonce également compliqué, ce ne sont pas les trois premiers revers, à Saint-Brieuc donc (1-0), face à Saint-Malo à l’Idonnière (0-4) et à Granville (2-1), qui vont saper le moral des troupes, armées pour se maintenir.

Les deux grosses cylindrées, annoncées comme les favoris du championnat avec Bayonne et Angoulême aussi, sont passées : place maintenant au « vrai » championnat, celui qui concerne un peu plus les Genôts. Celui de la deuxième partie de tableau. Finalement, il a fallu attendre la 4e journée pour assister à la première victoire du Poiré-sur-Vie, samedi dernier, face à Saumur Olympique (2-0, buts de Mathias Lopes et Emilien Chauvet). On espère simplement qu’ils n’attendront pas la 11e journée pour remporter leur deuxième succès comme cela avait été le cas durant la saison cauchemar évoquée plus haut, surtout qu’il n’y en avait pas eu d’autre par la suite. Quant à cet article, il est paru un peu plus tard que prévu finalement. Personne ne nous en tiendra rigueur !

Entretien / Rabie Zeroual :

« Il y a des valeurs fortes chez nous »

Photo Philippe Le Brech

Peux-tu retracer ton parcours en ballon ?
Je suis né le 8 juillet 83 à Poitiers mais à l’âge de 4 ans, on est parti à Ancenis, pour le travail de mon père, où j’ai commencé à jouer au foot, en débutant. J’ai gravi les catégories jusqu’en équipe première, qui, à l’époque, était en DH. Mais j’ai connu Ancenis en Division 2 ! J’avais 10 ans quand le club était pro (entre 1991 et 1993), j’étais à fond, j’allais voir les matchs au stade de la Davrays. Puis, quand j’avais 20 ans, La Roche-sur-Yon m’a contacté pour jouer : j’y ai passé 4 saisons, de 2003 à 2007, avant de signer au Poiré-sur-Vie, et 19 ans après, je suis encore là ! En fait, je n’ai connu que trois clubs.

Tu as donc connu Ancenis en Division 2 ?
Bien sûr ! J’avais 10 ans ! Je jouais en lever de rideau et j’étais ramasseur de balles. Je regardais comment les pros s’échauffaient, je me souviens de plein de joueurs de la D2 et du National, Mustapha Ousfane, Daouda « Papy » Leye, Bruno Périer, Bruno Clément, Roland Guela, Marc Eschbach, et aussi Bruno Vérien bien sûr, qui a ensuite entraîné l’équipe et qui m’a pris avec lui en seniors, en DH, en 2002. Je me souviens même du record historique du nombre de spectateurs au stade de la Davrays : c’était le derby contre Angers, en Division 2, il y avait 5526 spectateurs ! Je crois que c’est affiché au club (Ndlr, le chiffre exact est 5543, le 13 février 1993, désolé Rabie, mais tu n’étais pas loin !!).

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À quel poste évoluais-tu ?
J’étais attaquant chez les jeunes et je suis passé arrière gauche quand je suis arrivé en seniors à La Roche. J’ai joué jusqu’en CFA, la première année au Poiré et aussi lors de la dernière année en N2, en 2010/11, la saison de la montée en National. Mais j’ai très peu joué cette saison-là, même si je faisais partie du groupe. Parce qu’en parallèle, je passais mon brevet d’état et j’étais aussi éducateur à temps partiel au club, avec la responsabilité de l’école de foot. Ce fut vraiment une saison très coûteuse en énergie et en fin d’exercice, avec l’accession en National, le développement du club chez les jeunes, j’ai obtenu un poste de salarié à temps plein : je suis devenu responsable de l’école de foot.

Avant de passer à plein temps en 2011, tu travaillais à côté du foot ?
Oui, jusqu’en 2010, quand j’étais encore joueur, j’étais aussi surveillant dans un établissement scolaire, au collège Renoir, à La Roche-sur-Yon; j’ai fait ça pendant 5 ans. C’était le deal avec mon père, il fallait que j’ai un bac+2, du coup, j’ai obtenu un diplôme, j’ai passé un BTS Assistant de Gestion PME-PMI (aujourd’hui devenu le BTS GPME, pour Gestion de la PME). Au début, ça m’a servi, quand je suis devenu responsable de l’école de foot, parce qu’il a fallu beaucoup communiquer avec les parents, les institutions, le District, la Ligue, faire des présentations PowerPoint, ça m’a servi aussi pour avoir un peu de crédit auprès des enfants, etc., et ça m a aidé pour formaliser les dossiers du BEF et du DES.

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Aujourd’hui, tu peux entraîner jusqu’en N2. Envisages-tu un jour de te présenter au BEPF et rêves-tu du monde pro ?
J’aimerais me présenter au BEPF, oui, d’autant que j’ai les pré-requis, puisque ça fait déjà 7 saisons que j’entraîne entre N2 et N3. Mais je ne l’ai pas encore fait. Il faut que j’en discute avec mes dirigeants, parce que cela a un coût. Cela dépend également du projet du club. Je sais que les places sont chères : chaque année, ils sont une quarantaine à se présenter pour seulement dix places, mais déjà, il faut postuler. De toute façon, pour moi, c’est important de continuer à me former, à m’ouvrir, ce que je fais, je discute avec d’autres coachs, j’échange sans cesse, et dès que je le peux, je vais voir des séances d’entraînement. J’en parlais encore récemment avec mon staff, hier soir, il y avait le match La Roche-sur-Yon / Cannes, on évoquait ces coachs-là, les Fred Reculeau, les Mathieu Chabert, on est obligé de rester connectés, parce qu’il y a de plus en plus de jeunes coachs qui arrivent, avec de nouvelles idées. Fred Reculeau a fait quelque chose de fort : après avoir longtemps entraîné en National, quand il s’est retrouvé sans club, il est redescendu en National 3 pour entraîner La Roche-sur-Yon alors qu’il a le BEPF depuis des années, c’est fort !

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Tu la trouves comment cette jeune génération d’entraîneurs qui arrivent ?
Je trouve qu’elle a plus de culture foot que la nôtre. Elle a plus d’informations qui lui parviennent et il y a plus de médias aussi, de réseaux sociaux. Aujourd’hui, on ne peut plus entraîner comme moi je l’ai été il y a 20 ans : il faut que ça soit cohérent, qu’il y ait un projet de jeu clair, qu’il y ait du sens dans tout ce que l’on fait. Idem dans le management : avant, c’était très directif et aujourd’hui, il faut réussir à convaincre un groupe d’adhérer au même projet.

Au Poiré, un nom revient constamment, celui de la famille Cougnaud, à la tête du club depuis 25 ans : quelle relation as-tu avec elle ?
J’avais 24 ans quand je suis arrivé au club, j’en ai 43 aujourd’hui… Quand je suis arrivé, c’était Patrice Cougnaud le président, et aujourd’hui c’est son frère Jean-Yves, mais Patrice est encore présent. J’ai une relation saine avec Jean-Yves Cougnaud, une relation de confiance. Les Cougnaud, ce sont des gens simples, qui savent ce qu’ils veulent : chez eux, l’humilité et le travail sont des valeurs fortes. Je partage les mêmes valeurs. Ils veulent travailler avec des gens qui sont dans cet esprit-là. Tu sais, ils sont là depuis le début de l’année 2000 : d’abord, c’était leur papa qui était à la tête du club. Ils sont de la commune, tout le monde les connaît, ils sont ancrés ici. Ils ont vraiment un lien fort avec le club, ils y ont joué aussi ! Et surtout, ils laissent les gens travailler.

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C’est pour cette raison que, malgré la descente de N2 en N3 en 2025 après quatre montée, ils t’ont conforté à la tête de l’équipe ?
On se voit souvent avec mes dirigeants. Pas toujours pour parler du sportif. Et là, quand on est descendu en National 3 l’année dernière, j’ai eu mon rendez-vous de fin de saison, on a discuté, ils m’ont demandé des explications, mon ressenti, les raisons de la descente, etc., même si on avait déjà eu des discussions pendant la saison. J’ai apporté mes arguments. Je leur ai dit que si mon histoire avec Le Poiré-sur-Vie devait se terminer comme ça, eh bien ce serait une déception, surtout que je n’avais jusqu’à présent connu que des montées, de R2 en R1, de R1 en N3, de N3 en N2… Mais je l’aurais compris. Finalement, je pense que mes dirigeants voulaient avoir une stratégie à long terme et ils m’ont prolongé de deux ans.

Tu descends et tes dirigeants te prolongent : c’est rare !
Je ne m’y attendais pas. J’étais en fin de contrat. C’est une grande preuve de confiance mais c’est vrai que dans le foot, personne ne fait ça ! Attention, quand j’ai eu ce rendez-vous de fin de saison avec eux, je n’y suis pas allé avec la tête sous le couperet, pas du tout, c’était un échange. Ils cherchaient à comprendre, tout simplement.

Après coup, pourquoi êtes-vous descendus de N2 en N3 en 2025 ?
On s’est planté. Complètement. Quand La Roche-sur-Yon est monté de N3 en N2 il y a 3 ans, j’étais allé les voir, et je m’étais dit que la marche n’était pas si grande, du coup, on a quasiment conservé tout le monde, environ 90 % de l’effectif, et on a juste pris un joueur par ligne. On a commencé le championnat avec deux recrues et on « prend une tarte » dès notre premier match, on en prend 4 à Bourges (défaite 4-2) puis on perd à Saumur (3-1), et là, on s’est dit il fallait recruter. Et on recrute 9 joueurs ! Mais le problème, c’est que quand la saison a déjà commencé, tu n’as pas les premiers choix, et même pas les seconds, parce que tu es Le Poiré-sur-Vie. En plus, quand on recrute, on est déjà en difficulté sportivement… Toutes les semaines, voire toutes les deux semaines, un joueur arrivait, et ça a cassé la dynamique. Ceux qui étaient là lors de la montée et qui étaient installés se sont dits « Ah ouaip, deux ou trois mauvais résultats, et ça y est ? On disparaît ? » et c’est comme ça que l’on s’est retrouvé avec un groupe de 30 joueurs, dont une dizaine de recrues. Là, c’est impossible à manager, ça ne peut pas marcher, et le vestiaire est devenu très compliqué à gérer. Pourtant, on avait des bons joueurs, mais on n’avait pas d’équipe. Le discours était dilué. Je faisais tout sauf entraîner. Je m’occupais même de trouver des logements aux joueurs !

Photo Philippe Le Brech

Le club n’a pas de directeur sportif : un choix assumé ?
Oui. Mais depuis cette année, on a pris Arnaud Bosquet pour nous donner un coup de main dans le recrutement, il est basé à Amiens, mais sinon, au Poiré, on fonctionne en circuit très court : il y a le président et l’entraîneur pour le sportif, et le staff consulte. Amener une personne de l’extérieur ? Pour cela, il faut qu’elle connaisse bien connaître le contexte du Poiré, qui est une petite commune. Il y a des valeurs fortes chez nous : accessibilité, proximité, famille, humilité, simplicité… On est constamment au contact des gens. Alors si on ramène quelqu’un de Paris par exemple, il faut le briefer. Parce que chez nous, toutes ces valeurs sont très importantes. L’humilité, la simplicité, ce sont des valeurs qui me correspondent.

Le club a aussi une autre particularité : celle d’avoir volontairement quitté le National en 2015 pour repartir à un niveau plus bas. Aucun club ne fait ça !
C’est vrai ! On a quitté le National alors qu’on s’est maintenu sportivement il y a 11 ans, mais le club a décidé de ne pas se réengager parce que les contraintes administratives et économiques de l’époque étaient trop importantes. Ce n’était pas viable sur le long terme. A l’époque, la décision des dirigeants avait choqué et marqué. J’étais éducateur à ce moment-là. En plus, rien n’avait filtré. Les dirigeants ont été bons dans la communication : ils ont expliqué leur décision et, surtout, ils sont restés au club ! En fait, ils ont juste fermé une page et en ont ouvert une autre, et ça a redonné une nouvelle impulsion forte. C’était un choix courageux, parce qu’on voit tellement de clubs qui déposent le bilan, qui disparaissent. Chez nous, il n’y a rien eu de tout ça. Stratégiquement, ils ont super bien géré la situation, en anticipant les choses, c’était très fort de leur part. Ils ont gardé le club viable. On peut même dire que c’était un coup de maître car cela a remis de l’élan au club, avec de la jeunesse, des éducateurs, et on voit les résultats aujourd’hui. Le club ne fait pas n’importe quoi.

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Mais quitter le National de cette manière, ce fut un coup dur tout de même, non ?
Pas un coup dur, non, je ne vois pas les choses comme ça, même si de l’extérieur, on peut l’interpréter comme ça. Mais sincèrement, non. Il y a eu de la déception, bien sûr, mais on a eu les exemples de Carquefou et de Luçon à côté de chez nous, en National. Les Cougnaud ont expliqué la situation et évité le dépôt de bilan, parce qu’en tant que salarié du club (responsable technique des jeunes), j’aurais pu être impacté, mais finalement pas du tout. Ils comptaient sur les forces vives du club pour prendre le relais. C’est là qu’on voit la force des Cougnaud : ils ont beaucoup d’expérience. Ce sont des chefs d’entreprise, avec une vision à 5 ou 10 ans. Du coup, la saison suivante, on est reparti au niveau de la réserve en CFA2 avec Loïc Lambert aux commandes. Benjamin Guillou, qui a joué au club, a pris la réserve et je suis devenu son adjoint. Mais sportivement, cette saison-là n’a peut-être pas été bien préparée et on est descendu de CFA2 en DH. C’est là où les jeunes sont montés en U17 Nationaux, pendant 4 saisons. « Benji » (Benjamin Guillou), lui, a pris la tête de l’équipe Une, le club est remonté en CFA2 et puis, en 2018, est arrivée la rétrogradation administrative en Régional 2… Là, « Benji » est parti aux Herbiers avec Stéphane Masala, et on m’a confié l’équipe 1 seniors en Régional 2.

Avec succès, puisque le club est remonté 5 fois, donc 4 fois sans descente…
C’est dur de monter ! Même de R2 en R1 ! Mais toutes les accessions sont dures. On dit que les deux montées les plus dures sont de N3 en N2 et de N2 en National. L’avantage, au Poiré, c’est que l’environnement est très stable. Le président laisse travailler, le coach entraîne, les joueurs jouent, le comité directeur est force de proposition et à la fin, le président décide. Ici, chacun doit rester à sa place, et ça fonctionne très bien. En fait, à chacun son domaine.

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Encore une particularité propre au Poiré : l’affluence au stade de l’Idonnière. On sent qu’ici, comme en Vendée d’ailleurs, il y a un vrai public.
Il y a toujours une belle affluence au stade de l’Idonnière, et puis il faut dire qu’on a eu beaucoup de derbys en National 3, c’est la folie ! Cet été, en match de préparation, on a joué contre Saint-Philibert (N2) en amical, il y avait 700 personnes. En amical ! Personnellement, moi, j’aime beaucoup les derbys. On se connaît tous, il y a Charly Charrier aux Sables d’Olonne (directeur sportif), il a joué ici aussi, et Charles Devineau, qui était mon voisin à La Roche, entraîne La Châtaigneraie, on est tous assez proches. Et puis les derbys, ça stimule les joueurs, il y a une bonne intensité. Ce sont des matchs qui amènent du monde au stade, qui apportent de la ferveur. On en gagne, on en perd, c’est comme ça ! Je me souviens, en N2, il y a 2 ans, on s’est fait « taper » par Les Herbiers et La Roche, mais en National 3, j’en ai gagné beaucoup (rires) ! Je sais que Fred Reculeau, en N3, avec La Roche, n’aimait pas trop les derbys, moi c’est l’inverse. Une saison, on a eu jusqu’à sept derbys dans notre groupe en N3 !

Cette saison en N1 (ex-N2), tu vois qui en haut de tableau ?
Je vois bien Saint-Malo ou Saint-Brieuc, qui est entraîné par Julien Fradet (ex-coach des Sables d’Olonne en N3), qui a joué ici et à La Roche, où on était ensemble.

C’est quoi, ton style de jeu ?
J’aime le 4-3-3 sans ballon, pour défendre, et le 3-4-3 avec ballon, avec la sentinelle qui vient s’insérer un peu plus au milieu et qui fait jouer les autres. Je l’utilise depuis 6 ans. La fois où j’ai le moins pratiqué ce système, c’était en National 2 il y a 2 saisons, parce qu’on avait eu beaucoup de changements dans l’équipe comme je disais, et puis, ça ne se fait pas comme ça.

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Le Poiré est-il attractif ? Recrutes-tu les joueurs en fonction du système de jeu ?
Oui, je fais le recrutement par rapport à ça, c’est plus facile aussi de recruter en N3, comme la saison passée, quand on est descendu. Parce le club du Poiré-sur-Vie est un peu connu quand même dans la Ligue, et a une bonne image, celle d’un club stable. Par contre, c’est vrai que lorsque l’on monte en N2, on reste le petit, et là, c’est plus difficile, on n’est pas les premiers choix des joueurs, qui vont d’abord chercher à « taper » des autres clubs comme Saint-Brieuc, Saint-Malo, Angoulême, Avranches ou Les Herbiers, et parfois, on se retrouve avec les 5e ou 6e choix. C’est frustrant, surtout que c’est bien précis : par exemple, les joueurs que je veux recruter, qui rentrent dans le projet de jeu, comme des excentrés qui jouent intérieur, un milieu qui vient s’insérer et fait jouer les autres, etc., c’est difficile de les avoir, car on ne peut pas rivaliser avec les clubs que je t’ai cités. On est entre deux eaux encore aujourd’hui. Un joueur expérimenté, il ne connaît pas Le Poiré-sur-Vie, ça ne lui parle pas, il faut lui répéter deux fois le nom du club (rires !), alors que si tu lui dis Cannes, Nîmes, Toulon, qui sont au même niveau que le nôtre, c’est différent. En fait, la commune n’est pas connue à l’échelle nationale. On doit composer avec ça aussi.

Depuis cette saison, les joueurs du Poiré s’entraînent le matin…
Oui, cela n’était plus arrivé depuis 2015 et l’époque du National. Petit à petit, des choses se mettent en place. Cela faisait partie des points d’amélioration que l’on avait relevés après l’échec de 2025 avec les dirigeants. Il fallait qu’on passe un cap.

Tu parlais tout à l’heure d’un esprit « Poiré » : on voit que dans ton staff, l’ancrage local est présent…
Oui. Nicolas Pavageau, le préparateur physique, je le connais depuis 2009, il était professeur d’EPS au collège de la commune et quand on a commencé à structurer le club au niveau des jeunes, ensemble, on a monté une section sportive au collège ensemble. Avec Cyrille Minguet, l’entraîneur des gardiens, on se connaît depuis 2003, on était ensemble à La Roche. Pareil avec l’entraîneur adjoint, qui est un historique, Thomas Sanogo, on a joué ensemble à La Roche aussi, il est là depuis 2006, et cette année, il a la responsabilité du pôle post-formation. On est un staff proche.

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Parlons d’Oswald Tanchot, celui qui a permis au club de se développer et de se faire un nom : onze ans après, son empreinte et son héritage sont-ils encore là ?
Oui. Oswald a passé 4 saisons ici (2011 à 2015). Je me suis inspiré de lui. Le travail au quotidien, la méthodologie, la structure des séances, la vision du foot, le joueur très important dans l’équilibre de l’équipe, qui s’insère, qui régule le milieu, qui fait jouer les autres, ce truc-là, il le faisait déjà, mais un peu différemment, avec Kevin Das Neves à l’époque, un joueur qui ne payait pas de mine et pourtant très important dans l’équilibre de l’équipe, un peu à la Jonathan Beaulieu aujourd’hui à La Roche… Tout ça, c’est lui ! La salle de musculation, le matériel, le lieu de vie que tu vois ici, c’est lui aussi qui a impulsé tout ça avec les dirigeants bien sûr. Oswald fonctionnait déjà en circuit court; ça a toujours été bien comme ça.

Nostalgique de la période Tanchot ?
Pas nostalgique, non, mais ce qui est sûr, c’est que cette période m’a beaucoup aidé dans ma construction d’éducateur et de coach. J’essayais de passer un maximum de temps avec lui. Je voyais bien qu’il pouvait aller loin, c’est un passionné, il connaissait tout, il avait une grosse culture générale, c’est un grand curieux. Je suis un peu pareil : j’ai toujours envie d’apprendre, de me former, d’aller voir les autres, d’échanger, et Oswald est un peu comme ça. Il a aidé le club à s’installer au niveau national.

Photo Philippe Le Brech

Le Poiré, laboratoire avant le passage en professionnel ?
C’est vrai qu’il n’y a pas eu qu’Oswald. Grégory Gaillard, préparateur physique du Stade Rennais, est passé par Le Poiré, Steeven Manda aussi, il est aujourd’hui prépa à l’AS Monaco. Ghislain Chemin, entraineur des gardiens, est ensuite allé au Havre et à Reims, ainsi que Francis Liaigre, ancien joueur du club, où il a entraîné les U17 et qui entraîne aujourd’hui les U17 Nationaux de Nantes. On en a connu du monde ici (rires) ! L’entraîneur du FC Dieppe (N1), Djillali Bekkar et le directeur sportif de Nîmes Olympique, Anthony Dupré, sont passés au Poiré aussi. Pour moi, c’est très enrichissant, idem quand je vais passer des formations à Clairefontaine, on côtoie des Rio Mavuba (entraîneur de Bordeaux), des Cédric Hengbart (entraîneur d’Avranches), des Guillaume Allanou (président du Stade Briochin et ex-coach du club) des Yacoub Yassine (ex-coach de Chantilly), Olivier Blondel (entraîneur des gardiens à l’OM) et plein d’autres, c’est super-enrichissant, ça permet de m’ouvrir, d’élargir mon réseau. Des garçons comme William Stanger, qui entraîne les U19 Nationaux de Rennes, c’est la famille du Poiré ! On pourrait faire un groupe WhastApp avec tous ceux qui sont passés ici !

C’était qui, ton idole de jeunesse ?
Ici, on est très impacté par le FC Nantes, forcément. Mon père m’amenait à la Beaujoire quand j’étais jeune, et il y avait un joueur franco-marocain qui jouait, Noureddine Naybet, et comme je suis marocain d’origine… Et plus tard, de se retrouver éducateur au Poiré à affronter des équipes coachés par Stéphane Da Rocha, Stéphane Ziani, des joueurs nantais que j’admirais, et de pouvoir échanger avec eux, c’était incroyable pour moi et quelque chose de fort. Sinon, je suis un fan inconditionnel de Zidane. Il a fait avancer son sport, comme un Tiger Woods au golf ou un Mohamed Ali à la boxe.

Te souviens-tu de ton premier match en Division 1 comme spectateur ?
Un Nantes/Saint-Etienne, à la Beaujoire, au début des années 90, mais je n’ai plus l’année. Je me revois en train de monter les marches et de découvrir le stade… Quelle émotion ! C’était une époque où Nantes faisait jouer pas mal de jeunes issus de la formation du club. Au Poiré, ça nous a inspiré, car on a pas mal de jeunes formés au club qui jouent en équipe fanion, , comme Leny Vincent (19 ans), et certains sont là depuis longtemps, je pense par exemple à Théo Boucard (25 ans), Maxence Blé (24 ans) ou Yoan Pinson (28 ans), ils sont là aussi pour transmettre les valeurs, je trouve que pour l’âme du club, c’est important.

Samedi 19 septembre 2026 – Championnat National 1 (J5) : FC Lorient B – Vendée Le Poiré-sur-Vie, à 17h, au stade André Badoil à Ploemeur

  • Texte : Anthony BOYER / mail : aboyer@13heuresfoot.fr
  • Photos : Philippe LE BRECH et 13heuresfoot
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