Ligue 3 / Pierre Blois (VAFC) : « Je paierais cher pour un resto avec Wenger ou Arteta ! »

Nommé en février dernier à la tête de Valenciennes pour un simple intérim, puis reconduit cet été, le Nordiste, grand fan d’Arsenal, n’est pas seulement ce coach de 32 ans, un âge qui en fait le plus jeune de la division, il est aussi celui qui bouscule les codes et n’hésite pas à imposer ses idées et sa personnalité, mélange de proximité et d’autorité. Le tout sur un ton parfois cash et directif.

Par Anthony BOYER – mail : aboyer@13heuresfoot.fr / Photos : Philippe LE BRECH

Parce que la Ligue 3 est ce championnat fourre-tout, qui lance et révèle de jeunes joueurs et permet à d’anciens pros de « finir » leur carrière, l’on y trouve toutes sortes de profils. Même constat pour les coachs, et les dinosaures sont légion à cet échelon (Pochat, Brouard, Chabert, Reculeau, Moulin, Rossi, Della Maggiore, Peyrelade et même Pujo), certains traînant leurs guêtres depuis plus de 20 ans.

Et puis, il y a la très jeune garde, incarnée par Pierre Blois (32 ans), l’entraîneur de Valenciennes, véritable ovni de la division. Nommé le 17 février en remplacement de Stéphane Moulin pour un intérim avant d’être confirmé jusqu’en fin de saison, il a finalement été officialisé à son poste le 29 juillet dernier, à une semaine de la reprise de la nouvelle Ligue 3. C’est très tard, direz-vous, mais l’explication est simple. Officieusement, en interne, l’intéressé avait l’assurance de sa hiérarchie d’être à la tête de l’équipe cette saison, simplement, il fallait régler les problèmes administratifs liés à son admission au BEPF (en Écosse), ce qui a pris du temps.

Première licence à Valenciennes à 6 ans

Photo Philippe Le Brech

Pierre Blois est né le 24 mai 1994 à Condé-sur-l’Escaut – à 900 mètres de la frontière belge et à 15 kilomètres de Valenciennes. C’était un an et quatre jours après la triste affaire VA-OM, épisode le plus marquant de cette décennie pour le club de l’Escaut. Il n’a donc pas vécu ce traumatisme mais connaît l’histoire par cœur.

Quand il a signé sa première licence au VAFC, en 2000, à l’âge de 6 ans, le club, alors en pleine phase de reconstruction, pansait encore cette plaie très longue à se refermer. Il végétait entre le CFA (N1 aujourd’hui) et le National (Ligue 3) mais allait ensuite renaître de ses cendres, au point de retrouver la Ligue 1 en 2006, pour un bail de 8 saisons.

Pendant un peu plus de 45 minutes, dimanche après-midi, Pierre Blois, coupe de cheveux impeccable, vêtu du nouveau maillot collector commercialisé quatre jours plus tôt – il explique pourquoi il le porte à la fin de l’entretien -, s’est prêté au jeu de l’interview.

La déception du match nul obtenu sur le terrain du FC Rouen (1-1, 5e journée), moins de 48 heures auparavant, était ravalée, en même temps que son club publiait un communiqué lié à l’événement marquant de cette soirée : le dysfonctionnement du Football Video Support (FVS).

Appelé par le coach nordiste pour vérifier si le penalty sifflé en faveur des Normands était justifié, l’arbitre, Mr Dasque, n’a pu visionner les images en raison d’une incompréhensible panne technique (un câble débranché ?). Il s’en est donc tenu à son coup de sifflet initial, et voilà comment VAFC s’est retrouvé mené 1 à 0 juste avant la pause après le penalty de Malik Tchokounté.

« Une putain d’injustice »

Le discours mobilisateur de Pierre Blois dans les vestiaires, à la pause, que l’on peut visionner sur le compte Instagram du club, s’il a produit son effet, a également permis de découvrir quelques-unes des facettes de sa personnalité. Grand, imposant, Pierre Blois a de l’aura. Il est écouté, pas seulement parce qu’il parle fort et que son timbre de voix est grave, mais parce qu’il est autoritaire, direct et cash : « Y’a une putain d’injustice » (…) « Lâchez les chevaux » (…) « Vous êtes capables ». Et aussi très expressif et nerveux sur un terrain, tout l’inverse en dehors !

Son parcours, sa personnalité, ses expériences de joueur (latéral/défenseur central) et d’entraîneur, son âme de formateur, ses idées de jeu, son image, son tempérament – très démonstratif sur un banc -, le coach de VAFC a évoqué tout ça. Seuls deux sujets n’ont pas obtenu son aval : sa vie privée et les clubs voisins de Ligue 1 ! On vous laisse deviner lesquels !

Interview
« Il n’y a pas un chemin tout tracé, mais des chemins… »

Entretien réalisé dimanche 6 septembre 2026

Photo Philippe Le Brech

Pierre, revenons sur ton parcours…
J’ai commencé le foot à 6 ans, au VAFC. Je me souviens de mon premier éducateur, monsieur (Patrick) Maigret. Il était en binôme avec Cédric Rjillo, qui était aussi attaquant au club. J’ai passé 2 ans à Valenciennes puis je suis allé au LOSC de l’âge de 8 à 11 ans. J’aurais pu rester à Lille mais c’était quand même à 60 kilomètres de chez moi, mon père m’emmenait quatre fois par semaine, c’était compliqué. Du coup, je suis revenu à Valenciennes pendant 4 ans et à l’issue de ma saison en 14 ans Fédéraux, j’ai été remercié. De là, je suis parti à Lesquin une saison, à 15 ans, puis à l’USL Dunkerque où j’ai disputé ma meilleure saison avec les 17 ans Nationaux. Ce qui m’a permis d’avoir quelques sollicitations. Je suis allé à Mouscron pendant 3 ans, en Belgique. Le club évoluait en D2 mais ça me permettait d’intégrer l’équipe réserve et de faire mon cursus universitaire. Après ça, j’ai joué un an à Courtrai, toujours en Belgique : là, j’étais entre le groupe pro et la réserve. En fait, j’ai le parcours d’un jeune joueur qui ne parvient pas à s’imposer en équipe pro.

Photo Philippe LE BRECH

Quand on habite, comme toi, aussi près de la Belgique, cela explique que tu sois tourné vers ce pays…
Pas tellement en fait. Aujourd’hui, j’y vais pour aller chercher des frites (rires !). J’y ai joué 4 ans, donc je connais un peu le foot là-bas.

Après ton expérience belge, tu reviens en France…
Oui, je joue à Neuville-en-Ferrain, près de Tourcoing, pendant 3 ans, en Régional 2 et en Régional 1. C’est d’ailleurs à ce moment-là que je commence à entraîner des équipes de jeunes. Ensuite, j’ai joué à l’Iris club de Croix en R2 et en N2, et quand j’ai intégré la formation au VAFC (en 2021, adjoint en U17 Nationaux), j’ai mis mon parcours de joueur de côté. J’avais quand même gardé une licence pendant deux ans, pour jouer avec des potes à Villeneuve-d’Ascq, en Régional 3. Le club n’existe plus aujourd’hui. Je ne m’entraînais quasiment pas de la semaine, et je jouais le dimanche. Il y avait notamment Jonas Vanschamelhout, qui est l’entraîneur des U19 ans Nationaux de l’USL Dunkerque, et Romain Decool, le directeur du recrutement du Havre.

À 100 % au football depuis cette année

Tu évoquais ton cursus universitaire : tu as un diplôme de masseur-kinésithérapeute, c’est ça ?
Oui, j’ai fait mes études jusqu’à l’âge de 21 ans, j’étais en école de kiné à Lille, à l’IKPO (Institut de Kinésithérapie Podologie Orthopédie), pendant 3 ans. J’ai redoublé une année de médecine aussi avant ça.

Si le foot tourne mal, tu peux toujours te reconvertir…
Mais je bossais ! Même encore l’an passé, j’étais dans un cabinet de kiné. Je ne me consacre au football à 100% que depuis cette saison. Avant, je faisais les deux.

Photo Philippe Le Brech

Tu as commencé à entraîner dès l’âge de 21 ans : c’était une vocation ? Comment cela s’est-il matérialisé ?
C’était en 2016, à Neuville-en-Ferrain, avec des U14, en binôme avec Stéphane Debailleul, on est monté en U15 R1. Cela a duré deux saisons. J’ai toujours été attiré par ça. Petit, je passais mes nuits sur Football manager et sur LFP manager. J’ai aussi eu deux coachs, Frédéric Basire à Dunkerque et Jérémy Dos Santos en réserve à Mouscron, qui m’ont donné cette envie de mettre ça en pratique, de matérialiser tout ça. Fred Basire, c’était l’aspect mental, et Jérémy Dos Santos (son coach à l’Iris Croix aussi, Ndlr), lui, a changé ma manière de voir le jeu et le système d’entraînement.

À Mouscron, il y a eu Philippe Saint-Jean aussi chez les pros, pour son aura et son management. Quand je rentrais des séances d’entraînement, je notais tout ce que l’on avait fait, je me disais qu’un jour, je m’en servirais pour mes premières séances. Après ma saison à Courtrai, j’ai su que je ne ferais pas carrière comme joueur, alors j’ai décidé de franchir le cap à Valenciennes (arrivée en 2021 au centre), ça m’a plu et derrière, j’ai enchaîné.

Ndlr : après avoir entraîné les U14, U15 et U18 de l’Iris Croix entre 2018 et 2021, Pierre Blois a entraîné les U17 nationaux de VAFC (adjoint + entraîneur principal), les U19 Nationaux et la réserve.

« Je ne suis pas du tout revanchard »

Photo Philippe LE BRECH

Supporter de Valenciennes ?
Quand j’ai commencé à jouer au club, mon père m’amenait à tous les matchs ! Je me souviens que l’équipe était en National quand je suis allé au stade Nungesser la première fois. C’était contre Sète. Ils étaient montés en Ligue 2 à la fin de la saison (Ndr, en 2003, lire plus bas). On avait l’abonnement, on y allait avec ma soeur aussi, pendant une bonne dizaine d’années. Quand je n’ai pas été conservé, je n’y suis plus retourné.

Tu n’as pas été conservé au VAFC et aujourd’hui tu es à la tête de l’équipe Une : est-ce une revanche pour toi ?
Non, pas du tout. C’est mon parcours, ça m’a amené autre chose. J’étais timide avant, introverti, ça m’a fait grandir et ça m’a endurci. C’est ce moment post-Valenciennes, à Lesquin, à Dunkerque, qui a changé mon état d’esprit et qui m’a inculqué un mental de battant. Donc non pas du tout revanchard. Si je n’ai pas été conservé, c’est que ça devait se passer comme ça. Cela ne m’a pas empêché de faire un petit parcours après. En fait, mon parcours, il est à l’image de cette histoire de diplôme en Écosse, on voit qu’il n’y a pas un chemin tout tracé, mais DES chemins. Et celui-là, quelque part, c’était celui qu’on a choisi de me faire suivre. Chaque expérience apporte des choses, et sans cet épisode, peut-être que je n’aurais pas vécu toutes ces choses qui m’ont beaucoup apporté et que je n’aurais peut-être pas eues si j’avais été conservé.

« J’avais dit à mon père qu’un jour, je serais sur la pelouse de VAFC »

Du coup, cela doit être une fierté pour toi d’entraîner Valenciennes ?
Oui. Je me souviens, une fois, on marchait le long du Stade Nungesser avec mon père un soir de match, le Stade du Hainaut était au fond, en construction. Je devais avoir 12 ou 13 ans. Mon père m’a demandé : « Tu seras sur la pelouse avec un maillot de VA un jour ? » Je lui avait dit « Oui, un jour, j’y serai ». Même si ce n’est pas en tant que joueur, c’est en tant que coach. Comme quoi, c’est une belle histoire que je vis en ce moment.

À 32 ans, tu es le plus jeune coach des trois premières divisions françaises : ça te « saoule » que l’on dise toujours cela de toi ?
Non. Et honnêtement, je m’en fous (sic), je ne m’attache pas ça. Je dis toujours qu’il n’y a pas de chemin tracé. Et le mien, c’est celui-là.

Tu es plutôt un entraîneur jeune ou un jeune entraîneur ?
C’est des « conneries » tout ça (sic), ça fait 10 ans que j’entraîne !

Photo Philippe Le Brech

La saison passée, tu avais repris l’équipe en cours de saison, et cette année, tu as totalement préparé cette nouvelle saison : ce n’est pas le même métier, n’est-ce-pas ?
Non pas du tout, en plus, quand on arrive en février avec Rudy (Mater), c’est pour deux ou trois semaines. Dans la tête, on se dit ça. On a eu de la chance que ça se passe bien, on a eu de bons résultats, il y a eu une bonne dynamique qui s’est créée. Parce qu’il était prévu que l’on retourne en équipe réserve. En fait, ça s’est passé comme dans mes rêves et on a fini la saison comme ça.

Il faut reconnaître aussi que l’effectif avait beaucoup de qualité, il y avait des bons joueurs, d’ailleurs, on en avait parlé avec Stéphane (Moulin, son prédécesseur) : c’est juste que la mayonnaise n’a pas pris. Maintenant, préparer une saison, c’est très différent. Les attentes aussi sont différentes. Et puis il y a un recrutement à préparer, je ne suis pas tout seul, VAFC appartient à un groupe (Sport Republic). Bien sûr, j’ai des requêtes, il y a des joueurs que j’ai choisis, d’autres qui sont arrivés par ailleurs, c’est normal. Ce qui est différent aussi, c’est que je sens qu’il y a une attente plus grande. L’an passé, avec Rudy, on n’avait pas trop de pression même si on était là pour sauver le club. Une fois le maintien assuré, on a eu plus de liberté. On nous a demandés de faire jouer les jeunes pour les évaluer. Du coup, les résultats sont devenus secondaires. Là, cette fois, il faut faire la meilleure saison possible.

« On paie un peu l’histoire du club »

Photo Philippe Le Brech

Justement, au VAFC, qui entame sa 4e saison au 3e niveau, les attentes sont grandes, de par l’histoire du club et ses longs passages en 1re et 2e division : as-tu un objectif de montée cette année ?
Je suis d’accord. Pour moi, VAFC est un club de L1 ou L2, nos installations sportives le montrent aussi. Le constat que l’on a fait est le suivant : on a un environnement exigeant qui est dans l’attente, mais il y a les faits aussi. On a fini 10e la saison passée, et l’année d’avant, le club a fini 9e. Cela fait plusieurs années que le club est instable, qu’il a vu défiler beaucoup de coachs.

Alors oui, l’attente est gigantesque autour du club, mais la réalité c’est qu’aujourd’hui on joue avec un excentré droit et un excentré gauche qui évoluaient en 4e et en 5e division l’année dernière. Nous, le staff, on le sait, on en a conscience, on est là pour construire. Donc ça passera par de la patience. Mais l’environnement, il n’a pas conscience de cela. Il faut être patient. Je pense que l’on paie un peu l’histoire du club. Pour répondre à la question, on a dit qu’on partait sur un projet de 2 ans. Il n’y a pas vraiment d’objectif de montée, et le discours général, c’est juste de faire mieux que l’an passé. Après, en interne, on a un objectif avec les joueurs.

Lancer des jeunes, cela doit te convenir, pour toi qui a une âme de formateur ?
C’est vrai que depuis notre arrivée, on a lancé 7 ou 8 jeunes du centre de formation. J’aime bien développer des joueurs, les accompagner. En ce moment, comme on a beaucoup de blessures et que le recrutement s’est fini tard, on a intégré beaucoup de jeunes qui jouent. Par la suite, il faudra trouver le juste milieu et ouvrir la porte quand c’est vraiment le bon moment. Il ne faut pas non plus que cela devienne trop facile pour eux.

« Je n’aime pas trop me renier »

Photo Philippe Le Brech

Tu aimes que ton équipe joue comment ?
Quand je regarde les équipes que j’ai dirigées avant, mon football est plutôt offensif, positif, attractif, avec et sans ballon, même si j’avoue que je suis en train de m’adapter en ce moment… On en parlait récemment avec Jordan (Gonzalez, entraîneur du FC Versailles) : quand il est arrivé en National, il s’était un peu adapté lui aussi, parce qu’il voulait attaquer, dominer les matchs, avoir tout le temps le ballon, défendre haut, mais je me rends compte, et je le vois bien sur notre début de saison, que l’on est obligé de nous adapter.

À Paris 13 Atlético, on a 62 % de possession et on perd 2-1 sur deux transitions. Je n’aime pas trop me renier mais c’est pourtant ce que je suis obligé de faire en ce moment pour prendre des points. J’espère juste que je vais pouvoir remettre en place ce que je fais depuis mon début de parcours d’entraîneur, c’est à dire un football plus attractif que ce que l’on fait en ce moment.

Ton style de jeu préférentiel, c’est le 4-2-3-1 ?
Les styles de jeu, ça varie… Oui, une défense à 4, et en base défensive, en 4-2-3-1, et quand on a le ballon, ça bouge. Mais les systèmes, ça ne veut plus rien dire.

« Après la défaite à Paris 13, on s’est remis en question »

Photo Philippe Le Brech

En Ligue 3, on voit que, souvent, les équipes qui gagnent ne sont pas forcément celles qui ont le ballon, que beaucoup jouent en contre-attaque…
Après notre match perdu à Paris 13, on s’est beaucoup remis en question avec le staff, et même déjà après le match de Caen, quand on a pris 4-0 (J1)Il n’y avait pas tout à jeter à Caen, parce qu’on a essayé de les chasser tout terrain, mais à l’arrivée, on a pris 6 buts sur ces deux matchs.

On a regardé beaucoup de matchs, notamment des matchs des équipes de tête comme La Roche-sur-Yon, Rouen et même Versailles parce qu’à ce moment-là, Versailles venait de gagner deux matchs, et il y a une constante chez ces équipes, qui jouent avec deux attaquants, qui ne prennent pas beaucoup de buts, qui sont disposées en 3-5-2 ou 4-4-2 losange. Beaucoup de buts sont marqués en transition ou sur coups de pied arrêtés, c’est vraiment une particularité de ce championnat. On a axé nos deux dernier matchs là-dessus, sur l’aspect défensif, pour reconstruire. Mais j’ai hâte de remettre un peu plus d’allant et de vie dans notre style de jeu, ce qui me correspondrait un peu plus.

Tu as la réputation d’être un entraîneur cérébral, porté sur la tactique, avec une âme de formateur, doté d’une autorité naturelle : toi, tu te définirais plutôt comment ?
Je suis proche des joueurs. J’essaie de ne pas changer ma manière d’être même si, depuis que je suis numéro 1 en pro, il faudrait que je prenne un peu plus de distance mais je n’y arrive pas, c’est ma nature de beaucoup discuter avec eux, de déconner avec eux quand c’est le moment. C’est ma manière d’être. Je suis humble aussi.

Photo Philippe Le Brech

C’est vrai que tu n’as pas une énorme différence d’âge avec certains joueurs, dont certains sont plus âgés même, comme Gaëtan Courtet…
Oui mais quand il faut faire des choix, je les fais. J’ai mis sur le banc des joueurs qui ont une carrière de L1, je fais le cri de guerre avec eux quand on gagne, je fais le con avec eux. Je suis de la même génération que notre capitaine Samir Belloumou par exemple. Bryan Passi a 3 ans de moins que moi, Gaëtan Courtet a 5 ans de plus, bien sûr, il y a ce côté générationnel mais c’est ce qui nous a fait réussir la saison passée, quand on repris l’équipe, il y avait cette proximité et cette légèreté, ça nous a servi, parce qu’on n’a pas eu beaucoup de temps : deux jours après notre nomination, il y avait déjà un match de championnat sur le synthétique de Paris 13 et la semaine suivante, on recevait Caen.

Tu la trouves comment, cette nouvelle Ligue 3 ?
Elle est plus dure que les autres années. Beaucoup d’équipes peuvent monter, les équipes qui veulent jouer se font punir, ce n’est pas facile de trouver le bon dosage. En L2 et en L1, c’est plus ouvert, plus technique et il y a moins d’erreurs. C’est mon sentiment. La L3 est un championnat particulier : certains joueurs auraient plus de facilité à jouer en L1.

Le staff technique de VAFC 2026-27. Entraîneur : Pierre Blois. Adjoints : Rudy Mater, Samuel Goethals; entraîneur des gardiens : Damien Perquis; vidéo : Matthieu Coppin; préparateur physique : Valentin Romero; médical : docteur Marc Chasselat; kiné : Lucas Vinchon et Matthieu Saison; intendant : Eddy Duquesnoy.

Pierre Blois, du tac au tac

Photo Philippe Le Brech

Je vais te donner quelques dates et quelques années en lien avec VAFC, pour tester tes connaissances sur le club, mais ce n’est pas un piège hein ! 1913 ?
Facile, c’est l’année de création du club !

1935 ?
Euh… Un titre peut-être ?

Non, mais une place de vice-champion de D2 qui permet au club d’accéder en D1 pour la première fois. Question suivante : 26 juillet 2011 ?
L’ouverture du stade du Hainaut, j’avais 17 ans ! Rudy (Mater) jouait encore !

Samedi 12 avril 2003 ?
En 2003 ? Le titre de champion de Ligue 2 et on monte en Ligue 1, non ?

Non, ce n’est pas ça…
Je ne l’ai pas celui-là…

C’est le jour du match Valenciennes-Sète, en National, tu avais 8 ans…
Ah oui ok (rires) ! Mon premier match en spectateur à Nungesser ! Tribune présidentielle, victoire 2 à 0 de Valenciennes je crois de mémoire !

Exact, 2 à 0, buts de Silvestri et Bourgeois.
Je me souviens qu’Orlando (Silvestri) jouait, il a aussi été entraîneur adjoint au club en L2.

Rétro / 12 avril 2023 – Championnat National / Valenciennes – Sète 2-0 (1-0). Stade Nungesser. 3915 spectateurs. Arbitre : M. Cailleux. Buts : Silvestri (1′), Bourgeois (57′). L’équipe de Valenciennes : Lambay – Savigny, Piorun, Pochot, Vigier – Toraman, Assou, Mater (Cadiou 60′), Silesvtri (Lachaab 84′), Bottelin (Traoré 74′), Bourgeois. Entraîneur : Didier Ollé-Nicolle. 

29 juillet 2026 ?
L’officialisation de ma nomination cette saison.

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Exact. D’ailleurs, comment psychologiquement as-tu vécu cette période estivale, quand il a fallu préparer une saison de Ligue 3 alors même que le club ne t’avait pas officialisé au poste d’entraîneur, en raison du diplôme ?
Je savais que j’allais être l’entraîneur de l’équipe donc j’avais déjà switché. C’est plus en raison du diplôme. Là, je suis dans un processus de tests depuis le mois d’avril, et la dernière étape, c’était la réponse de l’Écosse pour savoir si j’étais admis, et on a eu la réponse positive début juillet, donc quand j’ai effectué la reprise des entraînements avec Valenciennes, on ne le savait pas encore, même si on m’avait laissé entendre que ce serait bon. Après, il a fallu attendre trois semaines avant de signer mon contrat parce qu’il y avait des démarches à effectuer en France. En fait, j’ai su que je serais pris la veille du match amical de Dunkerque. Je m’étais dit dans ma tête que ce serait bon, donc j’étais vraiment focus sur l’équipe.

Passer son BEPF en Écosse, c’est inédit comme solution, ça ?
En France, pour la VAE (Validation des Acquis de l’Expérience), le timing était trop serré pour rendre les documents à temps. Là, je passe vraiment le BEPF, mais en Écosse, et c’est sur 2 ans. J’ai des cessions de deux jours où je dois y aller, d’ailleurs j’y vais mardi soir (entretien réalisé dimanche 6 septembre). Jusqu’à la trêve hivernale j’y vais deux fois, la deuxième fois en présentielle, ce sera en décembre. Entre-temps, j’ai des cours de deux jours en visio, mais je peux les suivre l’après-midi, après les entraînements. Il y aura des stages aussi. Je dois en trouver un et il y en a un autre que l’on va nous trouver. J’ai fait des demandes. J’attends les réponses.

Photo Philippe LE BRECH

Peux-tu citer trois ou quatre internationaux qui ont joué à Valenciennes ?
Steve Savidan déjà, même s’il n’a qu’une sélection et qu’il jouait à Caen quand il a été pris en équipe de France, Jean-Pierre Papin le ballon d’or, Serge Masnaghetti, Dayot Upamecano.

Le joueur le plus capé de l’histoire du VAFC ?
Bah oui, c’est mon adjoint, Rudy (Mater) !

Et le record historique de Valenciennes, tu le connais ? C’est une histoire de buts, inscrits dans un laps de temps très court ?
Non, ça ne me vient pas.

Il s’agit du triplé inscrit dans le laps de temps le plus rapide, 7 minutes ! Il est l’oeuvre de Serge Masnaghetti, contre Nice, en 1966. Le record a été battu depuis (Loïs Openda, 3 buts en 4 minutes et 30 secondes, en 2023 !).
Pour Masnaghetti, j’aurais dit 3 buts en 4 minutes mais je me serais enflammé (rires) !

20 mai 1993 ?
Ah… Mon père m’en a tellement parlé… C’est l’affaire VA-OM. Je n’étais pas né. J’ai vu des vidéos, c’est une cicatrice pour le club, les supporters. J’ai vécu des Valenciennes-Marseille plus tard, c’était chaud.

Le joueur emblématique de Valenciennes ?
Rudy (Mater).

Le coach le plus emblématique ?
Antoine Kombouaré.

Le match de légende de l’histoire du club ?
Contre Marseille, quand Steve Savidan marque d’un pointu sur coup franc… (le 15 août 2007, victoire de VAFC, 2-1, doublé de Savidan).

Le 2e but de Steve Savidan à la 87e minute du match VAFC-OM

VALENCIENNES – MARSEILLE : 2-1 (0-0). 15 août 2007, stade Nungesser. 16 018 spectateurs. Arbitre : M. Hamer. Buts : Savidan (62e, 87e) pour VA Ziani (57e) pour Marseille. Avertissements aux Valenciennois Mater (28e), Jeovânio (38e) aux Marseillais Cana (48e), Cheyrou (63e).

– VALENCIENNES : Penneteau Mater, Ouaddou (cap.), Chelle, Rippert (Ducourtioux, 71e) Doumeng (Belmadi, 68e), Sanchez, Jeovânio, Bezzaz (Roudet, 58e) Savidan, Pujol. Entraîneur : Antoine Kombouaré.

– MARSEILLE : Carasso Beye, Rodriguez, Givet, Bonnart Ziani, Cheyrou (Oruma, 76e), M’Bami (Ayew, 89e), Cana, Zenden (Valbuena, 56e) Cissé. Entraîneur : Albert Emon.

L’ancien stade Nungesser, en 2003. Photo A.B./13HF

Un souvenir du stade Nungesser ?
La tribune de Fer, pour l’ambiance.

Dernier match auquel tu as assisté comme spectateur ?
L’an passé, Valenciennes – Stade Briochin, en National, trois jours avant que l’on ne prenne l’intérim (1-2). Sinon je suis allé voir des matchs en Angleterre, je suis fan du foot anglais et d’Arsenal ! Je suis allé voir aussi Aston Villa et Southampton. Tous les ans, j’essaie d’aller voir un match ou deux d’Arsenal.

Dernier match regardé à la télé ?
Fleury contre Villefranche en Ligue 3 (rires !) On reçoit Fleury samedi.

Dernier film vu au cinéma ?
Avatar 3 je crois.

Des passions en dehors du foot ?
J’aime bien courir et partir en vacances, voyager.

Une destination de vacances ?
J’adore la Grèce.

Dernier livre lu ?
« Ma vie en Rouge et blanc » d’Arsène Wenger.

Une chanson que tu écoutes en ce moment ?
Café con ron (Bad Bunny).

Chanteurs, groupes ?
J’aime bien Drake, et après, je suis plutôt musique « old school », Céline Dion, Jean-Jacques Goldman.

« Au foot, je suis sanguin »

Photo Philippe Le Brech

Tes qualités selon toi dans la vie de tous les jours ?
Gentil, sociable, passionné, entier. Je suis un Gémeaux, je suis calme dans le vie de tous les jours mais au foot, c’est une catastrophe, je suis sanguin, je démarre au quart de tour. Je sais ce que je veux et je veux arriver à ce que je veux quand ça ne tourne pas dans mon sens. Je suis un peu cash.

Défaut ?
Je suis impatient, et perfectionniste, trop peut-être, même si ce n’est pas forcément un défaut mais moi je le prends comme tel, parce que ça me frustre beaucoup quand on ne gagne pas ou quand on ne fait pas les choses comme que je le souhaite.

Qu’apprécies-tu chez les gens ?
L’honnêteté.

Que détestes-tu ?
L’injustice ? J’ai été servi jeudi à Rouen avec la vidéo. On a eu une main évidente aussi contre Bourg qui n’est pas sifflée, l’arbitre vient s’excuser dans le vestiaire à la fin, pareil à Rouen avec cette histoire de vidéo, ça deux fois déjà.

« La vidéo, c’est une catastrophe »

Avec son homologue du FC Rouen, Régis Brouard. Photo Philippe Le Brech

Tu vois la différence entre la Ligue 3 et le National ?
J’aime bien ce qui est fait en terme de communication, les multiplex, c’est stylé, mais il y a juste la vidéo (la FVS, Ndlr) qui est une catastrophe.

Une ville, un pays ?
Londres et l’Angleterre.

Une couleur ?
Rouge. Mes clubs préférés jouent en rouge.

Un chiffre ?
Le 24 ! Non, je rigole, le 5 ! Je suis né un 24 mai mais je préfère le 5, le chiffre du chef de la défense (rires).

Le 11 de VAFC à Rouen, le 3 septembre dernier (1-1)

Tu as des tatouages ?
Non, je déteste ça !

Une manie, un rituel ?
Oui, le jour de match, il faut toujours que je fasse la même chose. Lever à la même heure, écouter les mêmes chansons, mettre le même caleçon (rires)…

Plat, boisson ?
Moules-frites ! Et je suis addict du coca-cola même si j’essaie de me calmer !

Sur une île déserte, tu emmènerais quoi ?
Un ballon ! Non, à manger ! Je suis un gros mangeur.

Animal ?
Un chien, un labrador.

Ton idole de jeunesse ?
Thierry Henry, Zinédine Zidane.

« Le soleil se lèvera quand même demain ! »

Photo Philippe LE BRECH

Un personnage historique ?
J’aime bien le mythe de la Reine d’Angleterre. Sinon, rien à voir, mais je paierais cher pour faire un resto avec Arsène Wenger et Arteta !

Un héros ?
Rocky Balboa.

Un dicton, un proverbe ?
« Life goes on » et « Le soleil se lèvera quand même demain ».

Peux-tu répéter le premier avec l’accent s’il te plaît ?
« Life goes on » !

La joie des Valenciennois après le but de Rayane Ekra à Rouen (1-1). Photo Philippe LE BRECH

Ah ouaip, pas mal l’accent !
Il vaut mieux, parce que l’accent écossais, c’est chaud (rires) ! J’ai déjà pu m’en rendre compte en visio (rires).

Le don de la nature que tu aimerais avoir ?
C’est personnel ça : j’aimerais pouvoir faire revivre mes grands-parents.

Merci Pierre, l’entretien est terminé !
C’est passé vite ! C’est cool ce format !

Juste une dernière chose : c’est quoi ce maillot que tu portes ?
C’est le 3e jeu de maillot, je l’ai mis pour le montrer à ma famille, là, je leur ai promis (le maillot, qui se distingue par des motifs de dentelle ton sur ton, est un hommage au savoir-faire textile de la ville de Caudry, Ndlr).

Samedi 12 septembre 2026 – Championnat Ligue 3 (6e journée) : VAFC – FC Fleury 91, à 14h45, au stade du Hainaut

  • Texte : Anthony BOYER / mail : aboyer@13heuresfoot.fr
  • Photos : Philippe LE BRECH
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