N1 / Zaki Noubir (Istres FC) : « Un entraîneur est un éternel étudiant »

Dans la tête de l’entraîneur provençal de 36 ans, qui évoque sa construction méthodique, sa rigueur au travail, son exigence, mais aussi ses doutes et ses remises en question. Le portrait d’un cartésien.

Par Anthony BOYER / aboyer@13heuresfoot.fr – Photos Philippe LE BRECH et Istres FC

Zaki Noubir connaît Marseille comme sa poche. Chaque quartier. Chaque recoin. Chaque arrondissement. Le 8e, là où il est né, à l’ancienne clinique La Renaissance. Le 10e, à La Sauvagère, là où il a passé la majeure partie de son enfance, pas très loin du massif des calanques.
Il connaît chaque terrain de foot aussi. Surtout ceux, forcément, qui l’ont vu jouer, grandir, se façonner, au point de devenir aujourd’hui un entraîneur respecté, diplômé (titulaire du DES), écouté. Un entraîneur rigoureux et méthodique, ce qui fait de lui quelqu’un de « cartésien ».

« J’aime lire »

Photo Philippe Le Brech

Si le Marseillais de 36 ans se définit comme tel, c’est non seulement parce qu’il a garni sa bibliothèque d’un premier livre intitulé « L’erreur de Descartes – la raison des émotions », d’Antonio Damasio (1994), mais aussi parce qu’il s’appuie sur ce que l’on appelle la méthode globale. Où le développement individuel du joueur est au coeur du projet et où le match est le point de départ et le point d’arrivée des séances de la semaine, lesquelles intègrent à la fois la dimension technique, tactique, psychologique et physique.

Dans sa bibliothèque désormais bien garnie – « J’aime lire » -, prend également place la biographie du journaliste-économiste Thibaud Leplat, « Le cas Mourinho (2013) » : « C’est la première que j’ai lue. Mourinho, c’est lui qui m’a donné le goût d’entraîner. Il m’a insufflé cette envie d’avoir un jour une équipe. J’aime sa confiance, ses idées, sa communication, son parcours fantastique. J’admire le personnage, ce qu’il dégage. Quant au livre d’Antonio Damasio, il est hyper-intéressant, il parle de l’aspect émotionnel, de l’aspect cognitif ».

« Parfois je passe plus de temps à regarder l’entraîneur que le match »

A Lusitanos/Saint-Maur la saison passée. Photo Philippe Le Brech

Forcément, quand on naît à Marseille, on aime sa ville, on aime son club… l’OM ! « J’habite à une minute de La Commanderie, le centre d’entraînement ! ». Mais il ne va pas souvent au Vélodrome. « Je préfère être posé chez moi, regarder des matchs sur les plateformes, tranquillement. Mais quand je me déplace sur un stade, c’est pour une raison, voir des amis ou voir un joueur. La dernière fois que je suis allé voir l’OM, c’était contre Newcastle en Ligue des Champions (en novembre 2025), je suis fan aussi de ce club, j’aime ce que propose leur coach, Eddie Howe. J’étais installé derrière leur banc, je suis arrivé tôt, j’ai filmé les échauffements, j’ai regardé sa posture… Parfois, je passe plus de temps à regarder l’entraîneur que le match ! »

L’actuel entraîneur d’Istres en N1 (*) n’a jamais joué pour l’OM, mais, vous le lirez plus loin, il y a entraîné les jeunes pendant quatre saisons, de 2011 à 2015 : « C’est pour ça que je n’ai jamais eu la chance d’aller sur les terrains de La Commanderie, sauf le lundi matin, mais c’était juste pour les « débriefs » de nos matchs ! Sinon, nous, on s’entraînait dans l’ancien campus. »

(*) Le National 2 a été remplacé cette saison par le National 1

« J’avais un niveau modeste »

Joueur, Zaki est un arrière gauche plutôt rapide, qui change de clubs comme de caleçons – « Je remue beaucoup moins depuis que je suis coach (rires) ! » – et qui, très vite, vers l’âge de 17/18 ans, s’oriente vers le rôle d’éducateur chez les jeunes. « J’ai tellement aimé cette période quand on était gamins. J’ai plein de souvenirs, d’anecdotes… J’avais un niveau modeste, je courais beaucoup, j’étais assidu, on allait aux entraînements en bus, en métro ou même parfois à pied avec les copains, mais j’ai tout de suite été attiré par ce rôle d’éducateur, par le fait d’avoir un groupe de jeunes joueurs à ma charge, de les faire progresser, de tisser des liens fraternels avec eux. En fait, cela a été un coup de foudre avec cette activité qui est aujourd’hui mon métier-passion. »

Vivaux Maronniers, le point de départ

Photo Istres FC

Petit, Zaki accompagne Yassine, son jeune frère, à tous ses entraînements, à Vivaux Marronniers Sports. Et assiste aux séances. « Un jour, des dirigeants, je pense à Richard Gallo, Fayçal Chelalli, et aussi le président Omar Keddadouche, qui est une personne importante dans mon quotidien, me proposent de prendre l’équipe II des benjamins Honneur, et c’est là, à Vivaux, que tout commence ! La première année, j’étais en duo avec un jeune entraîneur aussi. A ce moment-là, j’étais encore joueur, à La Sauvagère, le club de mon quartier, au sud de Marseille (les deux clubs ont fusionné en 2011 pour devenir l’ASC Vivaux Sauvagère 10e, Ndlr). C’est là que j’ai passé mon enfance, que mon amour du foot s’est éveillé. Nos journées, on les passait de 8h à 20h sur le grand stade de La Sauvagère, où il y avait de très-très bons joueurs. En fait, tout était sujet au foot. Je suis nostalgique de cette période-là ! ».

Il écume les clubs de Marseille

Zaki jouera ensuite au SC Cayolle, à l’US Michelis, à l’AS Sainte-Marguerite, aux Bosquets-Néréïdes et au FC Saint-Menet, un petit club du 11e arrondissement, en seniors, et même avec l’équipe III des seniors de l’OM : « On était des collègues, on se suivait, on changeait souvent de clubs ! ».

Maintenant qu’il est éducateur, Zaki développe ses compétences et met en application ses acquis dans différents clubs de la ville : Vivaux Marronniers, donc, au commencement, puis au FC Rouguière (U11, U13), à l’OM (école de foot, U11), au SC Air Bel (U17 Nationaux), à chaque fois avec les jeunes. A L’US Endoume-Catalans aussi, où il rejoint Thierry Falzon, un nom qui résonne bien dans le football marseillais, il s’occupe des U17 Excellence.  Et puis, après une saison à l’arrêt, c’est le grand saut chez les seniors, au FC Rousset, qui vient de monter en N3, « malheureusement, pendant la Covid-19 », avec le coach Nacim Abdelali. Puis direction Nîmes Olympique pour prendre la tête des U19 nationaux avant de rejoindre Karim Masmoudi, comme adjoint, à Hyères, en National 2.

« Je savais où je voulais aller »

A Lusitanos/Saint-Maur la saison passée. Photo Philippe Le Brech

Forcément, évoquer avec lui son parcours, ses étapes, sa construction, réveille en lui des souvenirs : « A Vivaux, je me souviens de mon premier match, contre l’ES Vieux Cyprès, derrière le centre commercial Auchan à Saint-Loup… Au FC Rouguière, il y avait ce côté familial : c’est un club qui souhaitait grandir, avec une belle génération de joueurs, j’y ai rencontré Abdel Bekaddour, une personne importante du club, il y avait Mohamed Simakan avec moi (Strasbourg, Leipzig, Al-Nassr). A l’OM, où j’ai atterri grâce à Freddy Assolen, un des gros recruteurs du club, et Robert Nazaretian, ce fut le grand boom psychologique et structurel : là c’est le travail, la rigueur, la posture, la communication, je passe des diplômes importants, j’évolue… J’étais en équipe 7 chez les jeunes à l’OM mais je savais où je voulais aller ! »

« Après, il y a le passage au foot à 11 à Endoume, pendant six mois, avec Thierry Falzon et Didier Samoun, deux rencontres importantes. Ils m’ont fait confiance. Ce sont mes premières années en U17. Et puis Franck Tognarelli, le directeur sportif du SC Air Bel (recruteur à l’AS Monaco), qui m’a donné le goût du recrutement et qui, depuis de nombreuses années, fait partie de mon cercle proche, et Chaïb Draoui, le président, me proposent de prendre les U17 DH à la mi-saison… et on monte ! Suivent trois années intenses en U17 Nationaux, on remporte des trophées, des joueurs rejoignent des clubs pros… Après mes quatre saison à Air Bel, j’ai des contacts pour intégrer des clubs professionnels, mais je suis barré par le diplôme. C’est là que je fais un arrêt d’an. Ensuite, j’ai la chance que Hakim Lahouel, qui est devenu un ami, directeur sportif au FC Rousset, me propose de rejoindre le club comme adjoint. Là, je passe des U17 au monde seniors ! Et puis Reda Hammache, le directeur sportif de Nîmes Olympique, me recrute pour prendre en charge les U19 Nationaux. Là, je rejoins un club de renom, malheureusement, je ne suis pas arrivé à la bonne période, il y a eu la fermeture du Centre, le départ massif de joueurs, j’ai dû travailler dans l’urgence mais j’ai rencontré des personnes fantastiques, Reda Hammache bien sûr, Mickaël Gas, Adil Hermach, Salim Fiorentino, Fadil Mohamedi le légendaire intendant… Quand Reda s’en va à la fin de la saison, je sens que le club prend une autre orientation et c’est là que Karim Masmoudi me demande de l’accompagner à Hyères, là encore comme adjoint. Je n’hésite pas. Même s’il y a la Covid, c’est intéressant parce que je me mesure une deuxième fois au monde seniors. Il y a ce goût de la compétition. J’apprivoise ce milieu-là.« 

À Hyères, l’apprentissage à vitesse grand V

À Hyères, en National 2, les rencontres sont enrichissantes : « Il y a Karim (Masmoudi), un coach intéressant humainement et sportivement, expérimenté. Il a beaucoup voyagé et a connu l’exigence du haut niveau. Avec lui, c’est l’apprentissage à vitesse grand V ! Il est coach à Aubagne aujourd’hui, en Ligue 3. Et puis, j’ai connu le président Mourad Boudjelall, quelqu’un d’humain, bienveillant, avenant, il comprend très vite les choses. Il est vraiment différent de l’image qu’il donne. Cette saison-là, à Hyères, je passe mon DES et je suis aussi entraîneur des U17 Régionaux du SC Montredon-Bonneveine, donc c’est une ultra-chargée, mais j’obtiens mon diplôme ! Je vais pouvoir passer de l’autre côté ».

Il refait toute sa base de données

A Lusitanos/Saint-Maur la saison passée. Photo Philippe Le Brech

L’autre côté, c’est s’asseoir sur un banc en seniors. Seul. Aux commandes. Mais les choses n’arrivent pas toutes seules. D’abord, il y a cette période creuse de quelques mois. « Après Hyères, je m’arrête, je souffle, je fais comme une année sabbatique. Je refais toute ma base de données joueurs, entraîneurs, équipes, j’analyse tout. »

L’année sabbatique dure en fait sept ou huit mois : « Benjamin Pastor, le directeur sportif d’Istres, m’appelle. Fin janvier 2025, le club provençal se sépare d’Anthony Sichi. Je rencontre « Benga » (le surnom de Benjamin Pastor) et Laurent Thomas, le manager général. Ils me proposent de prendre l’équipe avec l’objectif de se maintenir en National 2, ce que l’on a fait difficilement, surtout après les départs de deux joueurs, Samir Ben Brahim et Abderrezzek Saidi (à Versailles et à Sochaux). Dans la foulée, je fais venir Mohamed Abdallah et Karim Chaban, on arrache le maintien avec une victoire au Puy 1 à 0. A l’inter-saison, on décide de faire un « mix » entre la jeunesse et l’expérience. C’est là que le travail de base de données que j’avais effectué a servi : le vivier, le réservoir de joueurs de la région, l’analyse et les caractéristiques des joueurs, j’ai tout ça, et avec le directeur sportif, on travaille main dans la main, il me laisse un droit de parole, et je le remercie pour ça, pour sa confiance. »

« Je voulais casser l’image du garçon sûr de lui »

Photo Istres FC

Zaki évoque aussi à demi-mots une période plus sombre, pendant cet arrêt post-Hyères : « Je ne m’en rends pas compte, je fais comme une dépression, mais je ne me morfonds pas, c’est juste que je regarde des matchs toutes les nuits, je ne dors pas. Je me réfugie dans le foot. Mon épouse me dit de bouger un peu, alors je pars faire des stages d’observation. Je vais en Bretagne, à Vannes, à Concarneau avec Benoît Cauet. Je vais voir des matchs, beaucoup chez les jeunes, un peu en seniors. J’échange beaucoup avec  Osama Aroun (directeur technique de l’équipe nationale des Seychelles), qui me donne de bons conseils. En fait, il y a une grosse remise en question sur ma personne… Parce que j’avais l’image d’un garçon qui pouvait être trop sûr de lui. Je voulais casser ça. Pourtant, je ne pense pas être comme ça. C’est juste que je masque une forme de timidité. Plus jeune, on m’a collé une étiquette qui m’a joué des tours, même dans mon parcours de formation. Il faut apprendre à me connaître. Je dis toujours qu’il faut d’abord lire le livre avant de bruler sa couverture ! Mon entourage, ma famille, m’ont beaucoup aidé. Aujourd’hui, c’est fini tout ça. J’ai une phrase à ce sujet : « Un entraîneur est un éternel étudiant » ! On apprend notre métier au quotidien, on se remet à jour. J’aime ce que je fais. Je suis passionné. »

« Une carrière, ça se construit »

Photo Istres FC

Finalement, près de 20 après ses premiers pas d’éducateur, sans brûler aucune étape, le voilà sur le devant de la scène, pas loin de Marseille, à Istres, un club qui a longtemps connu le monde professionnel (National, Ligue 2 et même Ligue 1). En juin dernier, il a rempilé pour une saison supplémentaire, après deux maintiens assurés (9e et 7e), le deuxième avec la manière, après avoir flirté avec les premières places. « Je pense qu’une carrière, ça se construit. C’est ce que l’on m’a toujours inculqué. J’ai suivi ce conseil. J’ai appris mon métier dans les diverses catégories avec, à chaque fois, une certaine posture à avoir, un cadre d’apprentissage à installer, et toujours cette envie de faire progresser les joueurs, de leur donner le goût du football. Et puis, quand arrive le passage au foot à 11, la compétition entre en jeu, les aspects tactiques, techniques, athlétiques, aussi. Avoir connu toutes les générations a été un plus au moment d’appréhender le niveau seniors. Je n’ai pas beaucoup de qualités, je n’ai pas le talent de mes enfants (il est papa de trois garçons âgés de 6, 9 et 12 ans, tous licenciés au foot), mais en revanche, j’ai une résilience, une passion et une envie quotidienne de travailler qui font que j’ai envie d’avancer. »

« On ne peut pas dissocier éducateur et entraîneur »

Photo Istres FC

Cet été, le Provençal a été contacté, par des clubs de sa poule notamment : « Oui, c’est vrai, mais une chose est primordiale : à Istres, j’ai la confiance et l’adhésion de la direction. Le manager Laurent Thomas, qui peut être détaché émotionnellement, me fait confiance, et avec le directeur sportif, ils me mettent au centre du projet. Cela va être intéressant de continuer avec Istres, de confirmer la bonne saison de l’an passé dans un championnat de N1 que je vois plus homogène que l’an passé, d’apporter des axes d’amélioration » poursuit celui qui se considère autant comme éducateur qu’entraîneur : « On ne peut pas dissocier les deux. On forme des joueurs et on les entraîne dans le but de gagner. J’essaie de mettre la manière dans ce que l’on fait. On a un modèle de jeu, des organisations de jeu, des principes, mais les deux marchent de pair. »

Les principes, la philosophie de jeu, parlons-en ! Zaki Noubir, qui s’inspire aussi de Bielsa – « J’aime son acharnement au travail » – et Allegri – « J’ai eu la chance de le rencontrer à la Juventus, en stage d’observation, il jouait avec ce système que j’affectionne » – est un adepte du 3-4-3. « Ma conviction, c’est que l’entraîneur moderne, celui du XXIe siècle, est celui qui s’adapte à son contexte, à son environnement. Ma méthodologie de travail me permet de m’adapter à l’environnement. Parfois, on peut imposer sa philosophie, son style, son modèle de jeu, parfois non, d’où l’importance de travailler sur l’état d’esprit, sur les joueurs, sur les principes de jeu, sur les objectifs. Ici, à Istres, j’ai la chance de jouer dans ce système, même s’il y en a d’autres en option. On doit aussi surprendre de temps en temps. »

« Derrière un footballeur, il y a un homme »

Coach exigeant, voire énergivore, Zaki Noubir réclame beaucoup d’efforts, de courses, et aime que son équipe ait beaucoup de volume de jeu et mette de l’intensité. « Même si je ne suis pas un adepte de Guardiola, il a dit : « Pour pouvoir mettre en place son projet de jeu, il faut déjà avoir des joueurs qui, sur le plan athlétique, sont en capacité de répéter les efforts, modérés ou à haute intensité ». Et c’est un de mes socles importants dans mon projet de jeu. C’est ce qui fait que ça colle avec le club et avec les attentes de la direction à Istres. »

Et avec ses joueurs, il est plutôt… humain : « Derrière un footballeur, il y a un homme. J’analyse les profils que j’ai en face de moi pour passer les messages de la meilleure des manières. Certains ont besoin d’avoir un accompagnement plus dur, d’autres un accompagnement plus affectif. Ma force, c’est de m’adapter en fonction de la personne. Je n’ai pas de qualités à part entière, mais je suis très passionné par ce que je fais, je travaille à mes heures perdues, je mets de la rigueur, j’ai ces qualités-là. »

« Redonner un sens à ce club »

Photo Istres FC

S’il s’est adapté à son nouvel environnement chez les Violets, à 50 kilomètres de chez lui, il s’est aussi imprégné de l’histoire du club, de son écosystème. A Istres, il n’y a pas ou peu de ferveur. Le club, à l’image de son proche voisin Martigues, s’est construit dans l’ombre du géant olympien. De plus, depuis plus de 20 ans, Istres évolue à Fos-sur-Mer, dans un stade Parsemain surdimensionné, pas très convivial. « Je sais tout ça, poursuit-il; même si je n’ai pas connu l’ancien stade Bardin, qui a été démoli. J’étais trop jeune mais je l’ai vu en vidéo, il y avait une certaine ferveur, un certain engouement. Il n’y a pas un désamour, mais presque, parce qu’aller jouer à Fos… Les gens n’ont pas forcément envie d’y aller. Ils viendraient plus naturellement s’il y avait un stade à Istres. Je prends ça comme un challenge : mon objectif est aussi d’amener de l’attractivité, comme la saison passée, avec notre belle saison et notre parcours en coupe de France (élimination en 16e de finale contre Laval, club de Ligue 2). On a vu la tribune du bas, derrière les bancs de touche, remplie, ça m’a fait plaisir. On doit redonner de l’amour aux passionnés d’Istres, redonner un sens à ce club. »

« Je ne me fixe aucune limite »

C’est vrai que la saison passée, en février, Istres a flirté avec les premières places (3e après la journée 16, à 3 points du leader, Lusitanos-Saint-Maur), avant de craquer en mars : « Après le match de Laval en coupe, on a enchaîné par trois succès contre Créteil, Nîmes et Rousset, On n’était pas loin mathématiquement, on aurait pu jouer quelque chose. Février, c’est la période entonnoir, ça filtre; on avait réussi à passer ce step, mais on s’est écroulé en termes de points en mars, avec 2 nuls et 3 défaites. On a eu des blessures, de la fatigue, on a manqué de profondeur de banc, de fraîcheur, d’expérience aussi pour aller chercher quelque chose. Mais les joueurs ont fait le maximum. C’est dommage mais d’un objectif initial – un maintien aisé – on a pu avoir un petit avant-goût de haut de tableau, en étant, à un moment donné, dans la course à la montée. »

« Obtenir le BEPF, un réel objectif »

Photo Istres FC

Et après ? A seulement 36 ans, Zaki est encore un jeune entraîneur, qui ne se fixe « aucune limite ». « Aujourd’hui, j’ai la chance de vivre de ma passion. Je me souviens que, quand j’ai commencé, je traçais les lignes blanches du stade avec la brouette ! Franchement, je n’ai pas de plan, je suis avec une belle équipe d’Istres, je joue des matchs de championnat de National 1, des matchs de coupe de France… Bien sûr, l’idée, c’est de progresser, de faire progresser, de répondre à des attentes que la haute compétition réclame. J’ai un parcours linéaire, atypique, marqué par la remise en question, l’écoute, la passion. J’ai pris mon temps, là, j’ai 36 ans, c’est le moment ! J’ai la chance d’avoir une épouse qui me soutient et me suis depuis près de 15 ans, elle m’a connu quand j’étais jeune entraîneur à l’OM, j’ai aussi ma famille qui est derrière moi, mes frères, mes soeurs, ma mère. »

Côté diplôme, là encore, Zaki ne vise rien d’autre que le BEPF : « J’ai le DES, il ne me manque que ça. L’obtenir un jour, c’est un réel objectif. J’ai passé mes premiers diplômes d’initiateur 1 en 2008, j’avais 18 ans ! J’ai passé le BMF (Brevet de moniteur de football) avec une superbe promo, il y avait Pancho Abardonado, Ahmed Nouri, Emerse Fae, Fabien Campioni, j’ai passé le BEF en 2019, j’ai obtenu un diplôme d’analyste vidéo en 2017, quand il commençait à y avoir le boom de la vidéo, j’ai attendu mon heure pour entrer au DES… Suivre une formation dans ce lieu mythique, à Clairefontaine, quelle fierté pour moi, issu du football d’en bas ! ».

  • Texte : Anthony BOYER / X @BOYERANTHONY06 / mail : aboyer@13heuresfoot.fr
  • Photos : Philippe LE BRECH et Istres FC
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