Ligue 3 / Thionville Lusitanos
a toujours un coup d’avance !

En seulement cinq saisons, l’US Thionville Lusitanos, née en 2021 de la fusion de deux clubs et de l’alchimie entre un maire passionné, un chef d’entreprise déterminé et un coach ambitieux, est passée du Régional 2 à la Ligue 3 ! Une ascension fulgurante qui ne doit rien au hasard et qui en fait aujourd’hui le 2e club professionnel de Moselle, derrière le grand FC Metz.

Par Anthony BOYER, à Thionville / mail : aboyer@nicematin.fr / Photos Philippe LE BRECH, 13HF  (sauf mentions)

François Ventrici, président de l’USTL depuis 2021. Photo Philippe Le Brech

À Thionville, le bonheur est simple comme deux coups de fil ! Le premier, celui passé fin 2019 par François Ventrici à Julien François pour lui confier une mission maintien au CSO Amnéville, le club de National 3 qu’il préside. Le second, celui du maire de Thionville, Pierre Cuny, qui, en 2021, a décroché son combiné pour appeler François Ventrici, démissionnaire d’Amnéville.

Dans la presse locale, Ventrici, PDG du groupe SynergiePlus, une entreprise qu’il a fondée avec son épouse et spécialisée dans l’installation et la maintenance de systèmes de chauffage et de génie climatique (15 millions d’euros de CA), à la tête d’Amnéville depuis 6 ans, demande un rendez-vous avec le premier édile de la Ville, Éric Munier, après que ce dernier a décidé de réduire la subvention municipale de 150 000 à 100 000 euros. Une pilule qui ne passe pas en pleine période de Covid : « J’attends encore son appel. Il a toujours refusé de me rencontrer. J’avais dit à ce moment-là que si je n’avais pas de nouvelles de sa part, je prendrais mes responsabilités en démissionnant. Mais c’était du bluff. Et finalement c’est Pierre Cuny, le maire de Thionville, qui m’a téléphoné. Voilà comment tout a commencé ! ».

Cinq ans après, le club, qui est devenu tout d’abord l’US Thionville Lusitanos après la fusion le 2 mai 2021 du Thionville FC et du Thionville AS Portugais Saint-François, tous deux pensionnaires de Régional 2, a grimpé de 4 divisions en seulement 5 saisons !

Le pays des trois frontières

Photo Philippe Le Brech

François Ventrici (52 ans), originaire de Moyeuvre-Grande, entre Metz et Thionville, a donc trouvé ce qu’il cherchait pour mener à bien son projet : une ville dynamique et un maire ambitieux, qui aime le sport. Et ça fait toute la différence. « J’avais une idée en tête depuis une quinzaine d’années, née d’un constat très simple. La Moselle est un très beau département, riche de plus d’un million d’habitants, avec un tissu économique important, de belles entreprises. C’est le pays des trois frontières : on est à 15 minutes de Luxembourg, 25 minutes de l’Allemagne et une demi-heure de la Belgique. Il n’était pas normal que le département n’ait qu’un seul grand club, le FC Metz. Je l’ai toujours revendiqué auprès des instances, qu’elles soient nationales, régionales ou départementales. Je me suis dit que ce serait quand même bien d’avoir un deuxième « grand club » en Moselle, bien sûr, pas en Ligue 1 ou en Ligue 2, mais plutôt en National. Je trouvais que ce championnat (devenu cet été la Ligue 3) était tout à fait dans les cordes d’une ville d’un tel potentiel. Avec Pierre Cuny, j’ai trouvé un maire qui avait le même projet que le mien, et qui a très vite compris l’intérêt du sport et en particulier du football pour sa ville, un vecteur extraordinaire en terme de communication. Aujourd’hui, Thionville est connue dans toute la France, ce qui n’était pas le cas il y a quelques années en arrière. »

Au bon endroit au bon moment

Connue dans toute la France, notamment celle du football, grâce aussi à la belle médiatisation qui a accompagné le lancement de cette nouvelle Ligue 3 professionnelle, à la fois sur les réseaux sociaux, où l’on a senti un réel engouement et un phénomène de curiosité, et à la télévision, avec les retransmissions sur la chaîne Ligue1+. Quelque part, l’US Thionville Lusitanos est arrivée au bon en droit au bon moment.

Le succès de l’USTL ne repose pas seulement sur la rencontre de deux hommes ambitieux. Il faut y associer le troisième homme, l’entraîneur, Julien François, 47 ans depuis lundi. Entre l’ancien milieu de terrain professionnel du FC Metz (et aussi de Grenoble, Tours, Gazelec Ajaccio en L2) et François Ventrici, l’histoire a commencé… à Amnéville justement !

Julien François, un pari gagnant

Julien François, sur le banc de l’USTL pour la 6e saison consécutive. Photo Philippe Le Brech

Adjoint d’Albert Cartier au Gazelec Ajaccio, le Messin de naissance passe donc ce fameux entretien d’embauche par téléphone avec le chef d’entreprise, qui cherche à redonner un nouvel élan à l’équipe Amnéville, engluée en bas de tableau de National 3.

Le 5 décembre 2019, il est nommé à la tête du CSOA en remplacement de Pascal Janin, démissionnaire. Trois victoires, trois nuls et une défaite plus tard, le club grimpe à la 9e place (sur 14) et sauve sa tête au moment de l’arrêt brutal du championnat, Covid oblige.

La saison suivante est tronquée, stoppée dès le mois de septembre 2020 après seulement sept journées : Amnéville (1 victoire, 2 nuls et 4 défaites) est 14e et dernier, certes à seulement 3 points du 8e, mais qu’importe, le club est sauvé puisque la FFF a tout gelé.

Pour Julien François, la suite va s’écrire, elle aussi, à Thionville : « Avec Julien, ça a tout de suite matché, poursuit François Ventrici, qui a aussi présidé le club de Rosselange dans les années 2000, la commune limitrophe de Moyeuvre-Grande. Julien était encore en Corse quand on a fait cet entretien téléphonique et je lui ai donné le poste sans hésiter. Tout le monde nous voyait morts et on s’est sauvés. Après, c’est tout naturellement que je lui ai proposé de nous suivre à Thionville, où les ambitions étaient plus relevées, les moyens aussi. Il a fait le choix de me suivre et je crois qu’aujourd’hui, il ne le regrette pas. On est sur la même longueur d’onde. »

Il fallait avoir un certain cran et un certain courage aussi pour repartir en Régional 2, surtout après avoir entamé une carrière de coach en National 3, niveau convenable pour apprendre et s’aguerrir, de surcroît quand on a foulé des pelouses de Ligue 1 et Ligue 2 l’espace de 450 matchs !

Ce pari, ce tour de force même, a fonctionné : « Quand j’ai parlé de Thionville à Julien, je lui ai simplement dit « Fais-moi confiance et dans 3 ans on sera en National 2 » ! Et trois ans après, on était en National 2 ! J’avais un vrai plan. Après, bien sûr, soit le plan fonctionne, soit il ne fonctionne pas. Il s’avère que ça a marché. C’est vrai qu’à notre arrivée en 2021, on était en Régional 2, mais en fait, dans notre approche, on fonctionnait plutôt comme un club de N3 au quotidien. Jamais on ne s’est considéré comme un club de R2 même si c’était notre niveau. On a toujours eu un coup d’avance sur le plan sportif et c’est pour ça qu’on a réussi à chaque fois à franchir un palier. »

« Julien (François) finira en Ligue 1 »

Bryan Labissiere, milieu de terrain de l’USTL. Photo Philippe Le Brech

Forcément, avec de telles résultats, et avec la réputation qu’il est en train de se forger, Julien François, qui passe en parallèle son diplôme du BEPF cette saison, va susciter des convoitises. D’ailleurs, peut-être en a-t-il déjà suscité ? « J’en suis convaincu, il finira en Ligue 1, assure le président, grand fan de la Juventus de Turin. Julien est un gros bosseur. Avec lui, rien n’est dû au hasard ou à la chance, c’est dû au travail. C’est quelqu’un de déterminé, qui veut atteindre ses objectifs. Il a toutes les qualités pour aller au très-très haut-niveau. Si je m’attends à le perdre un jour ? Je sais bien que cela arrivera, mais on va essayer de le garder le plus longtemps possible même si je suis conscient qu’à un moment donné, il partira, parce que c’est le jeu, je n’ai aucun souci avec ça. »

Travail, détermination, des qualités que l’on retrouve aussi le président, qui aime rappeler qu’avec Amnéville, il avait attaqué la FFF quand son club, promu en N3, avait été interdit d’accession. Il avait finalement obtenu gain de cause et obligé les instances à réintégrer son équipe alors que la saison de N3 avait commencé depuis sept journées ! « Je n’ai pas la prétention de dire que j’ai beaucoup de qualités mais si j’en ai une, c’est bien celle -ci : quand je crois en quelque chose, j’y vais à fond, et en général ça marche. Il ne faut jamais lâcher. Tout le monde m’a pris pour un cinglé quand j’ai attaqué la Fédération mais on a gagné. Au départ, la DNCG a refusé la montée parce qu’on avait des capitaux propres négatifs, or il y avait un règlement qui disait qu’il devait être positifs. Mais ce règlement aurait dû apparaître au moins un an avant et cela n’a pas été le cas, et c’est cela que nous avons contesté. »

Seulement 17% de défaites en cinq ans !

Photo Philippe Le Brech

L’ascension fulgurante de l’USTL ne s’est pas arrêtée en National 2. Après un premier exercice 2024-25 très convaincant, ponctué à la 4e place, l’équipe mosellane a survolé la saison 2025-26, au point de se rapprocher du record historique du CS Sedan Ardennes à ce même niveau (13 victoires consécutives en 2019-2020 en N2), n’échouant qu’à la 12e marche après 11 succès de rang. Si bien que, très vite, Thionville a tué tout suspense pour la montée en Ligue 3. Plus surprenant encore, les coéquipiers du capitaine Cachito Wanduka ont très vite pris la mesure du monde professionnel, en s’installant en tête de cette nouvelle Ligue 3 à l’issue des trois premières journées (trois succès consécutifs en ouverture !).

Ce n’est pas fini : depuis son arrivée il y a presque 5 ans, Julien François a dirigé 141 matchs de championnat (chiffres arrêtées à la J7 de Ligue 3) pour un bilan impressionnant de 88 victoires (62,5 %), 29 nuls (20,5 %) et 24 défaites (17%). Qui dit mieux ?

Jusqu’où vont-ils aller et, surtout, jusqu’à quand cela va-t-il durer ? Un premier élément de réponse a déjà été apporté : l’USTL a ralenti son rythme (trois nuls et une lourde défaite 0-4 à domicile contre le FC Rouen lors de ses quatre derniers matchs) mais reste installé dans le premier tiers du classement (5e) avant la venue, ce samedi (20h45), dans ce bon vieux stade Guentrange (prononcez « Gainetrange ») d’une autre belle surprise, le promu vendéen de La Roche-sur-Yon, 2e et toujours invaincu (4 victoires et 3 nuls).

5206 spectateurs en 1979, le record, en D2 !

La sortie du tunnel au stade Guentrange, derrière le terrain, comme à Thonon ! Photo 13HF

Posé à environ 3 kilomètres du centre-ville de Thionville (comptez 35 à 40 minutes de marche), ce stade des années 70, qui a une âme et du charme, porte le nom d’un quartier prisé et résidentiel. Son long « tunnel » avec ces escaliers sous terre, la sortie des joueurs sur le côté, près du poteau de corner, rappellent un peu le côté pittoresque du stade Moynat, à Thonon-les-Bains.

L’histoire retient qu’il a déjà abrité une équipe de football professionnelle – la Sportive Thionvilloise, ancien nom du club – entre 1979 et 1981, en Division 2, juste avant un dépôt de bilan, un retour en Division 4 (l’équivalent du N2 aujourd’hui) et un changement de nom (Thionville FC).

Le 29 septembre 1979, il a même établi un record lors de la venue de l’AJ Auxerre, avec 5206 spectateurs. Mais durant ces deux saisons de D2, l’affluence moyenne étaient légèrement en dessous de 2500.

Quand on voit qu’aujourd’hui, l’USTL a disputé ses trois premiers matchs à domicile à chaque fois à guichets fermés (3000 spectateurs), on mesure mieux le nouvel engouement suscité par le récent parcours et les résultats de l’équipe. Et encore, le stade Guentrange aurait pu accueillir plus de monde contre Caen (4-2), Paris 13 Atletico (1-1) et Rouen (0-4) : « Actuellement, la jauge est de 3000, poursuit François Ventrici, mais sur nos trois premiers matchs, on avait le potentiel pour faire 5000, parce qu’on a refusé beaucoup de monde. La commission de sécurité est passée lundi (21 septembre), elle a donné un avis favorable pour augmenter la jauge à 4700, cela devrait être officialisé mi-octobre. Vous voyez, tout cela prend son sens ! C’est ce que je vous disais, il y vraiment la place pour un 2e grand club en Moselle, parce qu’il y a un vrai engouement. On est dans un bassin de population qui est quand même important, la preuve, au stade, il y a du monde. »

Un public « bourgeois » à Guentrange ?

Un public « bourgeois » au stade Guentrange ? Photo 13HF

Du monde, mais pas beaucoup de bruit. Et c’est vraiment surprenant. Voire déconcertant. A tel point que même le coach du FC Rouen, Régis Brouard, a été surpris de l’ambiance feutrée lorsque son équipe est venue jouer à Guentrange (le 12 septembre, journée 6, succès 4 à 0), lui qui s’attendait à un chaudron et avait mis ses joueurs en garde.

Mais à défaut de chaudron, et malgré les efforts de la quinzaine de supporters du nouveau kop « Brigade Thionvilloise 26 », ce fut une ambiance de cathédrale. Et la physionomie du match n’a rien à voir là-dedans. Alors, Guentrange, public de spectateurs ? Gérard, 66 ans, et Jean-Marie, 79 ans, tous deux abonnés et habitués des anciens bancs en bois de la grande tribune couverte – ils ont été remplacés par des sièges numérotés cet été -, ont leur explication : « Ici, à Thionville, ce n’est pas un public chaud, mais un public bourgeois ». Ventrici : « On a un public varié, familial, avec beaucoup de partenaires. c’est vrai qu’il n’est pas très pas démonstratif mais je vous assure que l’on a eu de belles ambiances, comme contre Valenciennes en Coupe de France il y a 2 ans, ou contre Caen récemment en championnat. »

Bourgeois. Le mot est lâché. Et peut surprendre dans une ville à l’image industrielle, qui a fait sa renommée autour de la sidérurgie, mais c’est oublier que beaucoup d’habitants de Thionville et son agglomération travaillent au Luxembourg où les salaires sont plus élevés. C’est oublié aussi que Thionville a opéré sa mue (mobilité, transition verte, etc.), où l’impact du travail frontalier au Luxembourg se fait fortement ressentir. « C’est dû aussi à l’emplacement géographique et à la proximité des frontières, plus précisément celle du Luxembourg, étaye Ventrici. Il y a un énorme pouvoir d’achat à Thionville parce que la plupart des gens travaillent au Luxembourg, où les salaires sont, sans exagérer, au moins le double, donc on peut dire que c’est un peu bourgeois ».

Une stratégie tarifaire payante

Gérard et Jean-Marie, fidèles habitués du stade Guentrange. Photo 13HF

Cette « bourgeoisie » n’est en tout cas pas la raison de l’augmentation des abonnements annuels en tribune, qu’ont bien noté Gérard et Jean-Marie, nos deux fidèles supporters, qui, contrairement au président – « J’étais trop jeune » – ont connu les grandes heures de la Division 2 et vu jouer ceux qui ont fait l’histoire, les Nicolas Braun, Bobby Brown, Eric Bedouet, Fernand Jeitz ou le gardien Patrick Barth, pour ne citer qu’eux. « L’an passé, on payait 100 euros en tribune pour la saison et cette année, c’est passé à 280 euros. Et la place au match, toujours en tribune, est passée de 10 à 20 euros » déplorent-ils.

François Ventrici assume cette augmentation et la justifie : « Pour être aux normes de la Ligue 3, la Ville a réalisé une première phase de travaux cet été (pour un coût d’environ 920 000 euros, Ndlr), notamment dans la tribune où le nombre de places assises, avec l’installation des sièges numérotés et les places réservées aux partenaires, aux VIP, aux collectivités territoriales, est passé de 1800 l’an passé à 1500 environ. Du coup, il restait moins de places assises à commercialiser et on a fait le choix d’augmenter le prix en tribune, que l’on a jugé correct, parce que d’une part, c’est quand même la tribune, et d’autre part, cela permettait d’avoir plus de monde en gradins, tout autour du terrain, où c’est beaucoup moins cher. La stratégie a plutôt bien marché. Je n’avais pas d’intérêt à faire des prix à moindres coûts en tribune. Bien sûr, on aurait pu faire 15 euros le match, mais voilà… Les gradins, c ‘est 7 euros, et l’abonnement annuel est à 50 euros, c’est très accessible. Et cela permet de contenter un public pour qui le tarif en tribune ne convient pas. »

Des travaux en trois phases à Guentrange

Face à la tribune, il est prévu de couvrir les gradins. Photo 13HF

Cette politique tarifaire fonctionne : Guentrange est plein ! Et un stade plein, même vétuste, ça fait plaisir à voir et donne de belles images. Tout ça, c’est bon pour les souvenirs même si François Ventrici pense à l’avenir et notamment au développement à la fois structurel et sportif de l’USTL.

Structurel, avec, à terme, la couverture des « pourtours » : « Dans le projet de travaux sur 3 ans du stade acté par la municipalité, l’étape numéro 2 sera de couvrir tous les gradins, ce qui fera un joli stade fermé. L’idée, c’est vraiment d’améliorer Guentrange qui me plaît et me convient. Je préfère avoir un stade de 5000 places rempli plutôt qu’un de 10 000 à moitié vide. C’est ma vision ».

Sportif, avec l’installation durable de l’équipe fanion dans cette nouvelle Ligue 3 professionnelle, la montée en U19 Nationaux chez les jeunes (l’USTL compte déjà une équipe en U17 Nationaux) et la création d’un centre de formation : « Chez nous, ça bosse très-très bien chez les jeunes ! On s’est laissé trois ans pour créer un centre de formation. Chaque année, on a une petite dizaine de jeunes qui partent dans de plus gros clubs et on voit bien qu’au centre de formation du FC Metz, le club voisin, c’est dur d’y entrer, les places sont comptées. Un garçon comme Rémi Himbert (Olympique Lyonnais) est passé chez nous. Il nous manque juste les infrastructures. On envisage de construire un bâtiment, c’est un projet porté par un bailleur social avec l’aide des collectivités territoriales. »

« Avec le FC Metz, on ne veut pas forcer les choses »

Photo Philippe Le Brech

« Beaucoup de gens sont déçus par le FC Metz, le club que l’on supporte dans la région, poursuivent Gérard et Jean-Marie, qui suivent attentivement l’échauffement de leur équipe. Nous allons voir les matchs à Saint-Symphorien aussi, et comme beaucoup, nous sommes déçus. Mais il n’y a pas de rivalité entre les deux clubs. Simplement, on trouve étonnant que le FC Metz ne prête pas de joueurs à Thionville. »

« On a un lien avec le FC Metz, appuie François Ventrici, et ce, depuis des années. Avec le président Bernard Serin, qui est un monsieur extraordinaire, on bosse ensemble, mais on ne veut pas forcer les choses. Bien sûr, j’entends les gens qui disent « Tiens, il n’y a pas de joueurs prêtés par le FC Metz à Thionville », mais il faut que les joueurs nous intéressent et il faut aussi qu’ils veuillent bien venir chez nous, ça ne se fait pas comme ça. Si demain il y a une opportunité, on la saisira ».

« Je trouve que cette Ligue 3 est extraordinaire ! »

Photo 13HF

Cinq ans et quatre mois après la naissance du projet US Thionville Lusitanos, voilà le club de la deuxième ville du département dans le monde pro, en Ligue 3. Et l’on voit bien, compte tenu du début de saison (3 victoires, 3 nuls et 1 défaite avant la journée 8 face à La Roche-sur-Yon), que les joueurs de Julien François ne sont pas là pour faire de la figuration.

L’objectif est clair : assurer le maintien et pérenniser le club à cet échelon, que François Ventrici juge idoine : « Je trouve cette Ligue 3 extraordinaire, vraiment ! Il faut être conscient de ce qu’était le National avant, un championnat amateur pas télévisé, qui avait beaucoup d’inconvénients, moins reconnu, et là, avec la L3, les choses sont carrées. J’estime que c’est vraiment le bon rapport qualité-prix, même si je n’aime pas trop cette expression. La L3 est pro, ok, mais ça reste à taille humaine, avec des budgets encore raisonnables, même si c’est beaucoup d’argent. Cette saison, le club est passé en société (SAS) et nous allons avoir 3 millions d’euros de budget, contre 1,6 l’an passé en N2. Je pense que si on bosse bien, avec ça, on peut se maintenir. Chez nous, la moyenne des salaires est de 2500 balles pour les joueurs. On est loin de la L2 ou de la L1, où là, c’est un autre monde. Et puis, je ne sais pas si ça me plairait d’y aller, parce que ce que j’aime en Ligue 3, c’est que le volet sportif peut encore être prioritaire sur le volet financier, alors qu’en L2 et en L1, c’est le financier qui prime, on ne parle que de trading, on fait jouer le petit jeune prometteur pour mieux le vendre, et ça, ça me plaît moins. En L3, on peut encore se préserver de ça. Ce championnat, c’est un bon compromis ».

La fusion, une vraie réussite

quelques membres de la Brigade Thionvilloise 26, ici à Fleury. Photo Jules Schaub / USTL

Cinq ans et quatre mois après le lancement de l’USTL, François Ventrici est parvenu à ses fins : accéder en National/L3 ! Chose qu’il n’avait pu réaliser à Amnéville. Alors, Thionville, une revanche pour le chef d’entreprise ? « Pas du tout, assure-t-il, catégorique; c’est l’aboutissement d’un projet qui me tenait à cœur. Moi, ce que je voulais, c’était réaliser mon projet de National. Vous savez, Amnéville était un projet qui me tenait à coeur. Je donnais de mon temps, de mon argent, je m’investissais beaucoup, malheureusement, j’avais un maire qui n’était pas sport en général et encore moins foot et là, avec Thionville, j’en ai un autre qui est tout l’inverse et qui voulait un gros projet, ça a matché, et la preuve, les résultats ont suivi. Aujourd’hui, la page Amnéville est vraiment fermée : je n’ai aucune rancoeur, on y a fait de belles choses et ça reste un club que je suis, même si en ce moment ils ont de grosses difficultés. »

À Guentrange, on croise aussi du beau monde. Sylvain Kastendeuch, l’ancienne gloire du FC Metz, monsieur « zéro carton rouge », est là : aujourd’hui, il arbore une nouvelle casquette après celle de l’UNFP. Il est ambassadeur du territoire Thionville Fensch Agglomération. L’on croise aussi des Portugais. Beaucoup de Portugais. Rien que de très normal, c’est aussi leur club. Certains sont bénévoles, et savent accueillir. Ils sont discrets, courtois, dévoués et serviables. Leur influence se fait ressentir. Visiblement, la fusion s’est bien passée.

Photo 13HF

« Oui, ça se passe bien, confirme François Ventrici, c’est une très grosse fierté, une vraie satisfaction, d’avoir ramené leur club à ce niveau. Quand je les ai rencontrés avant la fusion, je leur ai dit « Soit on reste petit, chacun dans notre coin, ou soit on se met ensemble et on fait un gros club dans le but de rêver un peu ! Et tout le monde a adhéré à mon discours. On a ramé tous ensemble dans le même sens. Aujourd’hui, si l’USTL en est là, ce n’est pas le succès du président ou du coach, ou de quelques hommes, c’est un tout, c’est une alchimie, une victoire collective. On a voulu avoir ce deuxième grand club en Moselle, on l’a construit ensemble. C’est une fierté. L’USTL n’est pas un club qui marche à coups de porte-monnaie et moi je ne suis pas un président qui vient avec tout son fric et qui le met sur la table, non, ça, ça ne me plaît pas. Ici, c’est le travail. On a un petit peu de moyens, ok, mais chacun apporte sa pierre à l’édifice et le fric, on va aller le chercher, on va ramener des partenaires. C’est ce qui fait notre réussite. »

Samedi 26 septembre 2026 – Ligue 3 BetClic (journée 8), à 20h45 : US Thionville Lusitanos – Vendée FC La Roche-sur-Yon, à 20h45 (en direct sur Ligue1+)

Lire aussi / Julien François « Je ne suis pas l’entraîneur copain » : https://13heuresfoot.fr/actualites/julien-francois-thionville-lusitanos-je-ne-suis-pas-lentraineur-copain/

  • Texte : Anthony BOYER / mail : aboyer@13heuresfoot.fr
  • Photos : Philippe LE BRECH , 13heuresfoot et USTL
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François Ventrici, le président. Photo Philippe Le Brech
Photo 13HF
Photo Jules Schaub / USTL
Karim Bouhmidi. Photo Philippe Le Brech
Wildrief Bedfian. Photo Philippe Le Brech
Enzo Montet. Photo Philippe Le Brech
Samir Bouzar. Photo Philippe Le Brech
Alexis Gouletquer. Photo Philippe Le Brech
Cachito Wanduka. Photo Philippe Le Brech
Bourama Diarra. Photo Philippe Le Brech
David Luvualu. Photo Philippe Le Brech
Simon Kalambayi. Photo Philippe Le Brech
Samed Kilic. Photo Philippe Le Brech
Muamer Aljic. Photo Philippe Le Brech
Kylian Tubio. Photo Phlippe Le Brech
Beaucoup de monde devant les stands. Photo 13HF
3000 spectateurs ont garni le stade Guentrange de Thionville lors des trois premiers matchs de Ligue 3. Photo 13HF