N2 / Mapril Baptista (Lusitanos Saint-Maur) : « On profite de notre classement ! »

Président depuis 2019, le chef d’entreprise franco-portugais passe en revue de nombreux sujets : son arrivée, le particularisme, l’identité, les racines et les forces du club, le « vieux » stade Chéron, le retour des « anciens » dont celui, gagnant, d’Helder Esteves, les erreurs, les ambitions et l’excellent début de saison de l’équipe, leader surprise de N2.

Par Anthony BOYER, à Saint-Maur-de-Fossés / Mail : aboyer@13heuresfoot.fr / Photos : Philippe LE BRECH

Entretien réalisé mardi 27 janvier 2026

Mapril Baptista, le président de l’US Lusitanos Saint-Maur. Photo Philippe Le Brech

À l’US Lusitanos Saint-Maur comme ailleurs, nul n’est prophète en son pays, sauf peut-être… quelques « anciens » ! Sauf peut-être Helder Esteves, l’entraîneur de l’équipe seniors, intronisé sur le banc en novembre 2023 en remplacement de Mohamed Tazamoucht, pour une mission maintien en National 3 dans un premier temps. C’était il y a un peu plus de 2 ans seulement. Depuis, que de chemin parcouru !

Il est encore un peu tôt pour dire si l’ancien goaleador des Lusitanos, dont le record de 40 buts inscrits sur une seule saison de CFA (N2) en 2000-2001 tient toujours, est ou sera l’homme providentiel des Rouge et vert, mais depuis son quatrième retour au stade Chéron (il a porté le maillot en 1998/99 avant de partir à Grenoble, puis il est revenu en cours de saison 1999/2000 jusqu’en 2001 et enfin de 2012 à 2014 !), les faits sont là. Implacables. Et les chiffres aussi. Impressionnants.

Seulement 7 défaites en 60 matchs sous l’ère Esteves

Helder Esteves, l’entraîneur de l’équipe de N2. Photo Philippe Le Brech

Depuis le premier match officiel (en championnat) du coach portugais sur le banc le 25 novembre 2023 à Montrouge (succès 2-1), l’US Lusitanos Saint-Maur affole les compteurs. Et affiche un bilan comptable incroyable, inégalé, de 35 victoires, 18 nuls et 7 défaites en 60 matchs (chiffres à jour au 30 janvier 2026) ! Qui dit mieux ?

Un maintien en 2024, une accession en 2025 et une première place en National 2 après une demi-saison et un match en 2026, en attendant le résultat du match en retard (J14) de Rumilly-Vallières à Bobigny (vendredi 30 janvier à 19h30) : le nouveau maillon fort du club, Helder Esteves, est pour beaucoup dans cette symphonie. Mais il n’est pas le seul.

Nul n’est prophète en son pays, certes, mais au club de Saint-Maur-des-Fossés, un peu moins qu’ailleurs sans doute. Et si l’embellie coïncide avec le retour de l’enfant du club, la nomination du directeur sportif Kevin Diaz, en juin 2023, lui aussi ancien joueur du club, y est également pour quelque chose. Ce n’est pas Mapril Baptista, ravi de ce retour au premier plan tant espéré, qui dira le contraire.

Une si longue attente

L’équipe de N2 2025-26. Photo Philippe Le Brech

Le président des Lusitanos, 69 ans, à la tête de ce club historique, fondé en 1966 par des immigrés portugais, est à l’origine du retour des deux hommes forts, en particulier de celui d’Esteves, qu’il avait déjà essayé d’attirer dans ses mailles en 2019, au moment de sa prise de fonction. Le PDG des « Dauphins », une entreprise prospère spécialisée dans les transformations de véhicules utilitaires en ambulances, et leader français dans le domaine, raconte d’ailleurs dans cet entretien donné au lendemain du difficile succès face à Andrézieux (2-1) ce dîner durant lequel il a tenté, il y a plus de 6 ans, d’enrôler l’ancien attaquant de Dijon, Troyes et Créteil. À ce moment-là, Helder Esteves venait à peine de quitter le banc du FC Annecy en National 2 après trois saisons (3e, 2e et 3e), et habitait encore en Haute-Savoie.

Le rêve de Mapril Baptista de le voir prendre en main les Rouge et vert s’est finalement concrétisé, quatre ans plus tard. Cela valait le coup d’attendre ! « Effectivement, nous nous étions rencontrés, nous avions eu un bel échange, raconte Helder Esteves, interrogé sur la question; mais à l’époque, je venais d’annoncer mon départ d’Annecy, où j’habitais encore, et le contexte familial était compliqué, avec notamment une fille en bas-âge. Et ensuite j’ai pris une année sabbatique. »

Une surprise en mai ?

Photo Philippe Le Brech

S’il ne tarit pas d’éloges sur son coach, Mapril Baptista, qui a pris la succession d’Arthur Machado en septembre 2019, reconnaît cependant avoir perdu du temps. Pas seulement à cause de cette longue attente, mais parce que la Covid-19 et la refonte des championnats sont aussi passés par là, et les Lusitanos ne sont pas parvenus à prendre le bon wagon en 2023, relégués en National 3.

Un coup d’arrêt finalement bien digéré quand on voit la trajectoire qui a suivi et la position de l’équipe aujourd’hui : car qui aurait pu prédire au début de cette saison que le promu Saint-Maurien ne quitterait pas les deux premières places de sa poule ? Et sur ce que les joueurs ont montré la semaine dernière dans l’engagement et dans l’intensité face à une très belle équipe d’Andrézieux, au football bien léché, on se dit qu’après tout, une surprise peut vite arriver !

Interview

Mapril Baptista : « Nous sommes tellement soudés ! »

Président, parlons d’Helder Esteves : on a l’impression qu’il a transformé les Lusitanos…
Helder fait un travail remarquable. Il ne lâche jamais rien. Je le vois, il travaille. Et on a aussi un directeur sportif qui ne lâche rien lui non plus, Kevin (Diaz), toujours présent avec le groupe, avec le staff, il est très sérieux, et on a aussi Tony (Sebastiao), l’adjoint, un autre historique. Je ne vais pas citer tout le monde mais nous sommes tous très soudés. On ne va rien lâcher. On va faire de notre mieux.

« Helder (Esteves) nous apporte beaucoup »

Photo US Lusitanos

Helder Esteves, c’est le monsieur plus, la plus-value, non ?
Il colle parfaitement au club. Il tire tout le monde vers le haut. C’est un très grand psychologue. Il est arrivé à faire un travail que d’autres ont eu du mal à faire, c’est à dire être proche de ses joueurs, ce qui fait qu’ils jouent pour lui. Vous savez, Saint-Maur est une équipe sans star. Je vais vous faire une confidence : quand j’ai pris la présidence en 2019, j’ai appelé Helder et je l’ai rencontré à Paris. On a dîné ensemble. Je voulais le faire venir chez nous. Je pense que l’on n’en serait pas là s’il nous avait rejoints à cette époque. J’avais ce pressentiment que c’était lui qu’il nous fallait absolument.

Alors, en 2023, dès que j’ai su qu’il partait de Créteil (où Helder Esteves était directeur sportif), je peux vous assurer qu’on s’est dit, avec mon directeur sportif Kevin (Diaz), qu’il nous le fallait. Qu’il fallait aller le chercher. Aujourd’hui, je suis ravi et fier qu’il soit avec nous. Je le connaissais un peu, il a été joueur et meilleur buteur de CFA avec 40 buts dans une seule saison, record de tous les temps. Et maintenant je le connais beaucoup mieux ! Il s’avère que c’était la personne qu’il fallait aux Lusitanos, et pas un autre. Dans quelques années, ce sera peut-être un autre, c’est comme ça, mais aujourd’hui, il est là, il apporte beaucoup à notre club.

Photo Philippe Le Brech

On peut dire qu’il vous a échappé une fois, mais pas deux !
Oui, c’est un peu ça (rires !)

Vous n’avez pas eu peur du fameux dicton « nul n’est prophète en son pays ? »
Là, ça prouve le contraire ! C’est différent. Cette fois, Helder est venu avec une autre étiquette que celle de joueur. J’ai l’impression qu’il se sent très bien avec nous, très bien dans ce club, c’est important. S’il avait la tête ailleurs, cela ne pourrait pas marcher comme cela.

Quand vous l’avez rencontré en 2019, qu’est-ce qui vous avait convaincu chez lui ?
Nous étions restés trois heures à parler. Il m’avait dit tout ce que je voulais entendre, c’est ça le problème. Je n’ai jamais retrouvé ça chez d’autres entraîneurs que j’ai pu rencontrer après, et je peux vous dire que j’ai rencontré d’autres entraîneurs de tous les niveaux. Helder m’a marqué. Il m’avait convaincu. Mais à cette époque, il y avait des questions de moyens aussi. Je n’ai pas perdu espoir, simplement du temps.

« J’ai peut-être perdu 3 ans »

Photo Philippe Le Brech

Vous estimez qu’entre 2019 et 2023, le club a perdu du temps ?
Disons que durant cette période, j’ai eu des entraîneurs qui étaient bien, ce n’est pas le souci, mais effectivement, j’ai peut-être perdu 3 ans. Attention, cela ne veut absolument pas dire que nous serions en National aujourd’hui, pas du tout, mais l’ambiance s’est beaucoup améliorée, cette ambiance familiale, propre au club, exactement comme dans mes entreprises, où le midi, on déjeune ensemble, où on fête les anniversaires des uns et des autres salariés. En fait, on est tous ensemble, et aux Lusitanos, c’est comme ça aussi.

Photo Philippe Le Brech

Faire revenir des anciens historiques du club, c’était important ?
Au départ, quand cela n’a pas fonctionné comme je l’ai voulu, il y a eu une réflexion de ma part. Je me suis dit que la seule solution pour que ce club puisse reprendre des couleurs et vivre, c’était d’aller chercher les anciens, ceux qui ont aimé ce maillot rouge et vert, et pas ceux qui aiment l’argent. On a la chance aux Lusitanos d’avoir beaucoup d’anciens joueurs qui sont très attachés à ce club et en discutant avec le comité directeur, j’ai eu l’idée d’aller chercher des anciens comme Kevin Diaz, qui a été joueur, et qui est notre directeur sportif (depuis juin 2023). Il y a aussi Tony donc (Sebastiao), Miguel (Almeida), Teddy (Da Piedade), et j’en oublie ! Ce ne sont que des anciens du club, et à partir de là, a pris une direction complètement différente. On le sent au quotidien. L’US Lusitanos Saint-Maur est un club qui vit, une grande famille. Je suis fier de participer à son aventure et de l’aider à aller de l’avant. On remplit Chéron de plus en plus, on retrouve un peu le succès et cet ADN, cette volonté de bien faire.

« J’ai fait des mauvais choix »

Le « vieux » stade Chéron de Saint-Maur-des-Fossés et sa tribune en bois. Photo Philippe Le Brech

Vous évoquez le stade Adolphe-Chéron : en 2019, à votre arrivée, vous avez parlé de Ligue 2… Mais quand on voit les installations, certes charmantes et bucoliques mais vétustes, avec une tribune en bois, un éclairage insuffisant, un synthétique vieillissant, on est loin du professionnalisme…
Je ne vous cache pas que je discute beaucoup avec le nouveau maire de Saint-Maur-des-Fossés, Pierre-Michel Delecroix, parce que, même si on n’en est pas là, l’idée, c’est (il coupe)… Vous savez, je suis un chef d’entreprise : si on n’est pas positif dès le départ, si on prend un club de N2 juste pour rester en N2, il n’y a aucun intérêt. L’idée, effectivement, est d’aller un peu plus haut. Cela ne veut pas dire que l’on va aller en Ligue 2 ou en Ligue 1 bien entendu, mais je pense qu’on peut faire quelque chose, on est en train de le prouver. L’idée, c’est de monter en National. Les Lusitanos ont déjà évolué à ce niveau.

Malheureusement, avec les décisions qui ont été prises par la Fédération française de football, nous sommes descendus de N2 en N3 en 2003 et je me considère fautif, parce que j’ai fait des mauvais choix à l’époque. On a essayé de se relever rapidement et c’est à partir de là qu’on a pris la décision de faire revenir les anciens, comme je vous le disais, et d’aller chercher des gens proches du club; ça va dans le bon sens, puisque, en deux saisons, nous sommes remontés en N2. Et cette saison, on n’est pas trop mal, mais nous sommes loin de la fin de la saison. On profite de notre classement, c’est sympa, surtout que le groupe Sud est compliqué, avec des déplacements lointains.

Photo 13HF

En cas d’accession en Ligue 3, pourriez-vous jouer au stade Chéron ?
Avec Chéron, la mairie de Saint-Maur-des-Fossés a l’impression d’avoir le plus beau stade en France, ce qui n’est pas le cas. On voit la différence quand on va à Créteil par exemple. Chez nous, le synthétique commence à être fatigué, les vestiaires sont « limites », l’éclairage bien entendu pose quelques petits soucis, mais je ne perds pas espoir. Je continue d’échanger avec le maire, puisqu’au départ, quand je suis arrivé, c’était un autre maire (Sylvain Berrios, devenu député du Val-de-Marne en 2024) et je pense que l’on va trouver un compromis. Lusitanos Saint-Maur représente la Ville à travers la France, je pense que pour une commune, c’est important d’avoir un club de football qui fasse parler d’elle. En plus, Saint-Maur est une grande commune (76 000 habitants), les prix y sont aussi chers qu’à Paris qui est à 5 km, la communauté portugaise y est extrêmement importante : le maire doit tenir compte de tout cela et ce serait bien que l’on puisse continuer à jouer à Saint-Maur, à Chéron, et que l’on ne soit pas obligé d’aller jouer ailleurs. C’est mon rôle de trouver des solutions pour améliorer le stade Chéron.

« Nous n’avons pas de stars »

Tony Sebastiao, l’un des historiques du club. Photo Philippe Le Brech

Le stade Chéron, c’est la seule faiblesse du club ?
Oui. Parce que, pour être franc avec vous, nous n’avons pas de faiblesse en fait. Nous sommes tous tellement motivés pour aller de l’avant. Tellement soudés. Nous n’avons pas de stars dans notre équipe mais tous les joueurs sont déterminés. Ils sont là pour le football et pour jouer au football. Ils sont proches les uns des autres, ils sont tous camarades, ils vont de l’avant, ils font au mieux et on verra bien où ils nous amèneront.

En 32e de finale de coupe de France, vous avez dû vous replier à Créteil, au stade Duvauchelle, pour recevoir Lille (0-1) …
Oui, et contre notre volonté, parce qu’on aurait voulu jouer ce match à Chéron, c’est notre stade, il aurait mérité ça. Bon, on a joué à Créteil, il y a eu beaucoup de monde (7000 spectateurs), le match a été magnifique, mais c’est dommage. Je ne m’en rendais pas compte avant, mais même à l’étranger, ce match contre Lille a beaucoup été suivi. J’ai eu beaucoup de retours, et ça a attiré aussi des clubs comme Benfica Lisbonne, qui veulent me rencontrer. C’est magnifique !

Pas de contact avec le Sporting Portugal, votre club de coeur ?
Non, c’est vrai, mais je connais son président, on échange de temps en temps.

« On veut garder nos racines franco-portugaises »

L’équipe de CFA de la saison 1998-1999. On reconnaît Helder Esteves accroupis à gauche. Photo Philippe Le Brech

Dans l’éventualité où Saint-Maur accède dans la future Ligue 3, peut-on envisager le prêt, par exemple, de joueurs du Benfica, du Sporting ou d’ailleurs au Portugal ?
C’est très difficile à mettre en place. Un club comme Benfica ou le Sporting, par exemple, voudra que l’on prenne son identité or, justement, nous ne voulons pas perdre la nôtre. On veut garder nos racines franco-portugaises. Le club des Lusitanos de Saint-Maur fait partie de cette immigration portugaise de l’époque. Dans notre équipe, d’ailleurs, et c’est ça qui est beau, on trouve différentes nationalités. Il n’y a pas de problème de racisme. Et il y a une amitié qui s’installe.

Vous étiez déjà venu à des matchs en National à la fin des années 90 et au début des années 2000, quand le club évoluait à cet échelon (de 1996 à 1999 et en 2001/2002) ?
Bien évidemment puisque le club, je l’ai toujours suivi. J’ai même eu des collaborateurs qui ont travaillé pendant de nombreuses années avec moi, à Chelles, où j’ai mes installations, qui ont joué aux Lusitanos ! J’ai aussi des films de l’époque des années 80 ! Je suis ami avec Armand Lopez depuis le milieu des années 70 : il a fait un travail exceptionnel aux Lusitanos, dont il a été le président (de 1975 à 2002), pendant tant d’années, ce n’est pas rien. Il a été un grand monsieur pour notre club et c’est vrai qu’aujourd’hui, beaucoup de choses nous rappellent un peu la période « Armand Lopez ».

« On a déjà fait de belles choses »

Photo Philippe Le Brech

Racontez-nous votre arrivée au club ? Pourquoi avoir pris la présidence ?
Premièrement, je suis amateur de foot. Je jouais quand j’étais jeune. J’ai même eu une petite équipe dans les années 90, dans ma commune, que je gérais, à Pomponne (Val-de-Marne), avec mon beau-frère. Le football est toujours resté très proche de moi. Les Lusitanos, c’est une histoire un peu complexe dans le sens où mon prédécesseur, monsieur Arthur Machado, qui a été président pendant 9 ans, a essayé à un moment donné de me convaincre de prendre le club. Il a tourné autour de moi (sic) pendant deux ans mais je refusais à chaque fois, pour plusieurs raisons.

Mon emploi du temps ne me le permettait pas, en plus, j’étais adjoint à l’Urbanisme de ma commune, à Pomponne, donc j’étais archi-débordé (il est aujourd’hui conseiller municipal de la commune). C’était très exigeant. Je faisais cela en plus de mon travail, et entre les usines, mes installations ici à Chelles, la municipalité, ce n’était pas évident de dégager du temps.

Ceci dit, j’étais sensible à ce club. Monsieur Machado a été un peu malade à un moment donné, son épouse aussi, il voulait arrêter, et j’ai trouvé ça dommage. Ce club historique comme les Lusitanos, qui fut la première association portugaise créée par un Portugais en France à l’époque, mi-juin 1966, à un moment difficile en France, la pauvreté régnait, et tous ces immigrants portugais sont arrivés et ont fait partie de l’histoire, cela m’a tellement touché… Je suis franco-portugais à 1000 % et je me suis dit que je n’avais pas d’autre choix que d’y aller ! J’ai donc pris la présidence de ce club et j’en suis fier. Je suis fier de participer à son histoire, de l’aider. On a déjà fait de belles choses : on était 250 et on est à plus de 800 licenciés aujourd’hui, et plus de 100 éducateurs.

Photo Philippe Le Brech

Arthur Machado, vous le connaissiez avant ?
Dans la communauté portugaise, tout le monde se connaît, vous savez ! Moi-même étant portugais, c’était un ami déjà, il a juste fallu faire ce pas important. Il est resté vice-président du club, donc il est à mes côtés, participe toujours et nous aide, seulement, les responsabilités sont les miennes, c’est moi qui gère le club.

Si le club accède en Ligue 3, avez-vous le projet de « monter » une société pour gérer l’équipe fanion ?
On en parle, on en discute, mais ça sera une décision à prendre un peu plus tard. Pour l’instant, on n’en est qu’à la moitié du championnat de N2. Je vous rappelle que le but, au départ de la saison, c’était de se maintenir. Là, on sait qu’on va se maintenir, c’était le premier objectif, il est atteint. Après, on verra. Ce n’est pas facile de rester premier et ce n’est pas forcément ce que l’on cherche aussi. Mais si cela arrive en fin de saison, j’en serais fier.

« La FFF aurait pu mieux faire »

Photo Philippe Le Brech

L’été dernier, lors de la publication des groupes, le club a crié au scandale, mais finalement, elle vous va bien cette poule Sud…
Mais j’adore le Sud ! Qui n’aime pas le Sud (rires) ? Pour être franc avec vous, je suis quelqu’un de discret. Je n’ai rien dit lorsque les groupes de National 2 ont été publiés. Mais après des discussions avec les clubs de Créteil et Bobigny, on a fait un communiqué signé des trois clubs pour dénoncer cette situation. Faire partir nos joueurs tous les quinze jours dans le sud, ce n’est pas facile, cela coûte cher au club et c’est quand même fatiguant. La FFF aurait pu mieux faire. Et puis, on m’a dit aussi, c’est le « groupe de la mort », même si c’est un plaisir d’aller jouer à Cannes, à Nîmes, à Toulon, à Istres, dans ces clubs qui ont une histoire. On est fier de ça aussi.

Vous diriez que vous êtes un président comment ?
Cela me gêne de parler de moi. J’essaie de faire de mon mieux. J’aime mon club. Je suis entouré de gens très compétents.

« Le foot, on l’aime ou on ne l’aime pas ! »

Photo Philippe Le Brech

Voyez-vous un lien entre président des Lusitanos et chef d’entreprise ?
C’est presque pareil quelque part. Simplement, la différence, ce sont les recettes. Dans une entreprise, on travaille pour avoir des recettes or dans un club de football de National 2, gérée en association sportive, c’est extrêmement compliqué d’avoir des aides, des mécènes, des partenaires. Mais si on enlève cette partie financière, c’est pareil. Il faut un « chef » et des adjoints, et mon idée, c’est que dans un club de football comme dans une entreprise, il n’y ait que des responsables, du plus petit opérateur au plus grand, jusqu’aux ingénieurs. Je ne fais pas de différence entre moi, président du groupe, et qui que ce soit.

Au club c’est la même chose. Chacun est responsable d’un poste. Le seul souci, et c’est ce qui est dur à gérer, c’est qu’il faut de l’argent. On n’est pas trop aidé et je le regrette : la mairie de Saint-Maur n’octroie qu’une subvention de 90 000 euros. Le budget de l’association se situe entre 1,4 et 1,5 million d’euros.

Mais c’est pareil ailleurs, pour tous les présidents, pour tous les chefs d’entreprise : si on a une année difficile, que cela soit pour une équipe de football ou pour une société, ça fait mal, comme quand on a eu la Covid, cela a été dramatique, il a fallu se battre, pour faire face aux inconvénients et aux soucis qui nous tombés dessus et auxquels ne nous ne attendions pas. Et quelque part, on a fini par gagner.

Kevin Diaz le directeur sportif en compagnie de Joël Placido, fils de Jorge Placido, l’une des « legendes » des Lusitanos. Photo US Lusitanos

Là encore, je remercie Helder (Esteves), un très grand pro : grâce à son travail, on a pu retrouver le National 2. Réussir à faire un championnat de N3 comme on l’a fait la saison passée, avec des petits moyens, et faire une saison comme celle que l’on vit actuellement en N2, c’est exceptionnel. Surtout quand on voit les projets ou les budgets de certains de nos adversaires, parfois quatre fois supérieurs. On fait face, on a la volonté. Il n’y a pas que l’argent qui compte dans le football.

Pour terminer, le football, de l’intérieur, c’est comment ?
Le milieu est particulier. C’est difficile de le définir. C’est pour ça que l’esprit familial des Lusitanos me va très bien. Le foot, c’est quelque chose de hors-pair. Il n’y a rien qui ressemble plus au football que le football… C’est compliqué, mais pas que pour le président. C’est compliqué aussi pour les joueurs, les responsables, etc. En fait, le foot, on l’aime ou on ne l’aime pas !

La joie des Lusitanos après le succès 2-1 contre Andrézieux le 24 janvier dernier. Photo US Lusitanos
  • Texte : Anthony BOYER / X @BOYERANTHONY06 / mail : aboyer@13heuresfoot.fr
  • Photos : Philippe LE BRECH
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